- Speaker #0
Super Docteur, c'est le podcast des soignants qui redonne de la noblesse à notre métier pour soigner mieux et différemment. Je reçois aujourd'hui le docteur Cédric Guéguen, médecin généraliste et préparateur mental, avec qui nous avons exploré dans la première partie les bases de la préparation mentale et son lien avec notre pratique médicale. Dans cette deuxième partie, on va se concentrer sur comment utiliser concrètement ces outils en consultation de manière simple, rapide et utile pour nos patients. Cédric, je te retrouve. Si je suis médecin généraliste, dans quelle situation concrète je peux utiliser les outils de préparation mentale en consultation ?
- Speaker #1
Là, à ce moment-là, je pense peut-être que la chose auquel on est soumis le plus fréquemment en consultation, je pense que par exemple les problématiques d'addiction me semblent être vraiment quelque chose qui me semble être très utile en termes de préparation mentale. en tout cas de se dire, les gens pour eux changer une habitude, et quelle qu'elle soit, que ce soit une véritable addiction reconnue comme l'alcool, le tabac, ou des dépendances par exemple aux écrans, ou au sucre, parce que du coup on n'est plus dans, enfin, techniquement pas dans le domaine des addictions, mais quand même ça ressemble beaucoup les addictions, les écrans, le travail, ou plein d'autres dépendances, et bien en fait on a besoin d'aller chercher des ressources pour changer, et pour ça il faut être capable de se projeter. Donc peut-être dans l'outil à mon avis le plus le plus facile à utiliser et le plus important, je pense que c'est aussi basé sur ce qu'on appelle l'entretien motivationnel, qui est plus connu souvent en médecine générale. Mais l'entretien motivationnel, il est issu des techniques d'hypnose brève et solutionniste, de thérapie brève et solutionniste qu'on a retrouvées chez un monsieur qui s'appelait Steve de Ausha. Et moi, j'utilise beaucoup l'hypnose conversationnelle ou les thérapies brèves et solutionnistes en consultation. Par exemple, là, on me parlait de visualisation juste dans le podcast précédent. Et bien en fait, parfois, Alors imaginez simplement, vous allez avoir un petit moment en fermant les yeux, vous pouvez fermer les yeux, et imaginez que cette nuit il va se passer un miracle. Le miracle c'est que vous n'avez plus ni besoin, ni envie par exemple de fumer ou de boire. Et simplement comme c'est un miracle et que ça se passe en plein milieu de la nuit, vous ne pouvez pas savoir qu'il s'est passé quelque chose. Quand vous vous réveillez demain matin, qu'est-ce qui va être différent de d'habitude ? Et là du coup on déroule la journée avec les gens, ça peut prendre pas longtemps, ça prend 5-6 minutes. On déroule un peu la journée en disant, ah ok, en fait, là, si je me réveille le matin et que je n'ai plus ni envie ni besoin de fumer, je pense que je vais me sentir mieux, par exemple, dans mes poumons. Ok, fermez les yeux, essayez de voir si en respirant, vous sentez qu'il y a quelque chose de différent dans votre corps. Et on déroule toute la journée, et par exemple, sur la cigarette d'après-manger. Ok, là, du coup, vous venez de terminer de manger, vous êtes avec vos collègues le midi, on déroule vraiment leur journée comme si on y était, et simplement, vous vous rendez compte que vous n'avez plus ni envie ni besoin de fumer. Ok ? qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce que vous ressentez, qu'est-ce que vous pensez de vous ? Ah bah je me sens fier quand même. Ah ouais, ça c'est bien, vous vous sentez fier, c'est agréable d'être fier de soi. Bien sûr que c'est agréable. Et vos collègues là, qui ne vous voient pas fumer, qu'est-ce qu'ils pensent de vous ? Ah bah je pense que ça peut peut-être leur donner des idées, parce que j'ai d'autres collègues qui veulent arrêter de fumer, et comme moi je suis celui qui fume le plus, bah peut-être ça va leur donner une motivation. Ah donc en fait vous donnez de la motivation à vos collègues ? C'est plutôt bien, c'est plutôt agréable. Et donc on déroule toute la journée jusqu'à la fin, pour se rendre compte que finalement, la journée sans la substance, ça peut apporter plein de choses géniales. Et donc pour un sportif, c'est pareil. Imagine, tu vas à cette compétition et tu y vas absolument comme si tu étais débarrassé complètement de ton stress ou de tes pensées parasites. Comment ça va se passer ? Et donc on est dans une technique de visualisation, donc visualisation comme on parlait tout à l'heure, simplement on va la dérouler un petit peu en hypnose conversationnelle où la personne va raconter un peu comment elle se sent et comment elle perçoit un petit peu cette journée.
- Speaker #0
Wow ! J'adore tes exercices, je vais m'en emparer dès demain. Je ne suis pas formé là-dedans, mais c'est génial.
- Speaker #1
Il faut vraiment juste dérouler comme ça.
- Speaker #0
Ok, ok. Comme ça, en fait, tu fais cet exercice de visualisation auprès de tes patients qui s'imaginent la journée du lendemain après que le miracle ait eu lieu, c'est ça ? Exactement. On projette une vie désirable et donc on déroule le tapis au changement, c'est ça ?
- Speaker #1
On déroule le tapis au changement et comme ça, les personnes imaginent. Ah mais en fait, je n'avais pas imaginé que ça pouvait m'apporter autant de choses positives, de me libérer de telle ou telle substance. Finalement, ça peut être super. Et je me rends compte que ça va amener des choses positives auprès de mon entourage. Parce que par exemple, on n'a pas déroulé, mais ça peut être les enfants. Ah et vos enfants qui voulaient que vous arrêtiez de fumer, comment ils vont vous percevoir s'ils ne vous voient pas fumer ? Ah bah en fait, ça va leur faire plaisir, ils vont être super fiers. Ah et vous, vous rendre fiers à vos enfants, ça vous fait plaisir ? Ah bien sûr que ça me fait plaisir. Bien évidemment que je suis content que mes enfants soient fiers de moi. Ah ok, et donc ? On est là-dedans en allant chercher toutes les petites choses positives au lieu de se concentrer sur ce qui pose problème en disant « ouais, mais je vais être en manque, ça va être difficile. Ah, mais quand je vais faire la soirée avec les amis, ils vont dire qu'est-ce qui se passe » . où j'ai l'impression que je ne vais pas passer une bonne soirée ou une bonne journée, je vais être stressé. Donc on essaie d'aller à l'encontre et d'aider le cerveau à se reprogrammer vers des choses, des pensées positives au quotidien.
- Speaker #0
Excellent. Est-ce qu'il y a des gens qui sont réfractaires à ces approches ?
- Speaker #1
Alors, dans l'hypnose qu'on dit ericksonienne, auquel moi je suis formé, la véritable hypnose ericksonienne, vraiment c'est une hypnose qui est dite suggestive. On n'est pas dans l'hypnose, le hypnose spectacle, c'est 15 à 20% des gens qui vont être... sensible à cette hypnose, 15 à 20% de la population, dans les spectacles d'hypnose, ils prennent les 10 les plus sensibles à ça. Nous, en hypnose médicale ou hypnose électionnienne, c'est 99,9%. À partir du moment où les gens sont d'accord, vous avez mis en place un lien thérapeutique, une vraie relation, déjà un, vous avez vraiment un très grand avantage, c'est que la plupart du temps, les gens ont confiance dans leur médecin. C'est vrai qu'on a une position qui est une position... extrêmement utile et intéressante dans ce cadre-là. Donc à partir du moment où la relation est en place, les gens, ils ont envie, et on va essayer de les aider à ça. S'ils sont dans une position un peu différente, on appelait ça la posture du touriste, la personne qui vient parce que sa femme, je sais pas où, lui a dit, ah oui, ma femme m'a dit, je viens là parce qu'il faut que j'arrête de fumer, sinon ça va pas le faire, et puis ça génère du conflit à la maison, je rentre à la maison, elle m'engueule parce que je fume. Du coup, là, on va aller chercher, ok, en fait, le problème, c'est pas tant la cigarette. Le problème, c'est le conflit avec votre épouse. Ben oui, je n'ai pas envie d'être en conflit avec mon épouse. Ah ben ok, donc on va nous concentrer là-dessus et on va repositionner, recadrer et aller chercher la personne pour qu'elle devienne notre allié thérapeutique qu'on appelle le co-thérapeute. Et ça, à partir de là, quand vous avez ce lien et que la personne est ok pour changer, après c'est parti, on y va.
- Speaker #0
Excellent. Et donc là, tu me décris des séances pour tes patients, pour la préparation mentale. pas forcément d'athlètes d'ailleurs, mais même de patients qui souffrent peut-être de problèmes psychologiques, d'addictions dont tu viens de me parler.
- Speaker #1
Bien sûr. Et c'est aussi des douleurs chroniques.
- Speaker #0
Oui, bien sûr, pour apprendre à vivre différemment avec une douleur chronique, effectivement. Est-ce qu'on peut utiliser certaines de ces techniques quand on est un médecin, comme toi, comme moi, qu'on a des journées chargées, qu'on a du stress, qu'on est soumis parfois à réaliser des gestes techniques stressants, des situations stressantes, humaines, etc. Est-ce qu'on peut utiliser ces techniques qu'on emploie pour nos patients, mais pour nous-mêmes, pour nous aider à affronter des journées parfois difficiles ?
- Speaker #1
Alors là, bien évidemment, je pense que moi aussi, ça fait vraiment partie des choses qui me tiennent à cœur, de former les professionnels de santé à la pratique, non seulement de la communication thérapeutique pour les patients, mais en fait à l'auto-hypnose pour eux. Parce que ce qu'on voit aussi aujourd'hui dans les milieux de soins, c'est que souvent, nous en tant que... que médecin, que professionnel de santé, il y a des moments où on peut aussi être épuisé. Et on a besoin de prendre soin de nous autant que nos patients. Donc quand on regarde un petit peu le jeu de façon très pragmatique, on est soumis à des doses de stress non négligeables. On a des responsabilités importantes, une pression d'attente sur les épaules. Qu'est-ce qui différencie du sportif à part la pratique sportive ? Rien. En fait, c'est la même chose. Donc on peut utiliser les mêmes techniques pour nous en tant que médecin. Je pense que la pratique de l'auto-hypnose, surtout quand on a eu des grosses journées, que vous avez en fonction de votre spécialité, mais là en médecine générale, une annonce de cancer, une maladie chronique, des gens qui viennent dans la plainte, de temps en temps, pour pouvoir rester dans l'empathie et encore mieux dans la compassion. Je le rappelle, la compassion c'est quoi ? C'est de l'empathie plus de l'amour. Ça veut dire l'amour avec un grand A. D'être présent pour nos patients, c'est ce qui va les aider. Mais si nous, personne ne nous aide, comment est-ce qu'on peut être là au quotidien en forme ? Si par exemple... vous avez passé une mauvaise nuit, si en plus vous avez une consultation difficile, être tout le temps en top, ce n'est pas évident. Et donc, je pense que la pratique de l'auto-hypnose me semble vraiment très utile au quotidien. Et des fois, ce n'est pas grand-chose. En neurosciences, il y a des techniques vraiment bêtes comme tout, c'est le baillement. Le baillement, il y a plein d'études neuroscientifiques qui montrent l'intérêt du baillement pour réguler les mécanismes de gestion du stress dans le corps. C'est vraiment très bête, ce n'est pas juste... Je baille, c'est que je m'autorise à bailler, à m'étirer et à bailler en ouvrant grand la bouche régulièrement. Ça peut être toutes les 15-20 minutes, ça serait possible, c'est-à-dire peut-être chaque rythme de consultation. Ça régule dans le cerveau les mécanismes de différentes zones de gestion du stress. Ça rééquilibre un petit peu tout ça et je pense que c'est très utile. C'est tout bête. Ça peut être fermer les yeux quelques instants, je ne sais pas, sur la pause de midi, vous mettez un peu de musique que vous aimez bien, pas forcément de la musique de relaxation, une musique que vous aimez bien, vous posez dans votre fauteuil, vous fermez les yeux. Cinq minutes à rien faire. Cinq minutes, ça suffit. Et donc ça, ça peut être utilisé vraiment au quotidien. Donc le baillement, la respiration, l'auto-hypnose, juste ne rien faire, ça peut apporter beaucoup au quotidien. pour être plus présent avec nos patients et du coup perdre moins de temps aussi.
- Speaker #0
Waouh, merci. Tu me partages énormément de choses super intéressantes. C'est étonnant parce que c'est très simple et en fait, encore faut-il le faire. Et je suis super intéressé par la comparaison que tu fais entre le médecin et l'athlète. C'est très intéressant d'avoir fait ce rapprochement parce que c'est vrai que souvent, par exemple à titre personnel, j'ai parfois des journées qui sont hyper chargées. hyper dense en beaucoup de choses, hyper lourde parfois émotionnellement, et techniquement je dois faire des gestes qui me mettent sous pression, etc. Et je suis souvent en recherche de ce genre de choses pour pouvoir me donner de l'espace, de la confiance et de la sérénité, parce que tu viens de me rendre compte qu'en fait c'est comme une compétition, c'est une mini compétition qu'on répète un peu tous les jours, et on doit être performant en fait, comme des athlètes.
- Speaker #1
Et on a l'impression qu'en faisant ça, on va perdre du temps, comme si c'était du temps perdu. Mais en fait, pas du tout. Et ça a été montré aussi, on était convaincus même à l'hôpital, que la pratique de l'hypnothérapie ou de l'hypnose médicale, c'était une perte de temps. Mais en fait, au final, s'investir un tout petit peu plus va nous faire gagner du temps en général. Et ça, il y a beaucoup d'études qui montrent que ça fait gagner du temps. Mais pour nous, en consultation de médecine générale, prendre juste cinq minutes, je sais qu'il y a des gens qui le font, même entre deux patients, si on a le temps. mais Il y a vraiment plein de choses qui nous montrent que ce n'est pas forcément d'être un grand méditant, de faire une heure de méditation par jour, de faire tout un tas de choses. Les études de neurosciences montrent qu'il vaut mieux faire des choses très courtes, régulières, que des choses très longues qu'on ne fait pas souvent. Et le baillement en est une. Ça peut être aussi des choses qui ont été montrées, qui sont beaucoup utilisées dans les mêmes MBA aux États-Unis. C'est le son du gong tibétain régulièrement. Ce sont des sons avec des harmoniques multiples. qui ont la capacité à vraiment apaiser le cerveau. Donc, même moi, j'ai des amis aussi. J'ai un copain qui est médecin du sport. Il met toujours la musique classique en consultation. Et en fait, il faut s'autoriser parfois à faire ça. Les gens, ça ne les dérange probablement pas. La plupart du temps, les gens disent « Ah, c'est bien, vous mettez de la musique. » Ben oui, comme ça, moi, ça me détend. J'aime bien écouter de la musique, ce type de musique. Et puis en plus, comme ça, les consultations sont plus tranquilles. Et vraiment, notre confort, à mon avis, est le plus important au quotidien pour être un médecin qui est un médecin... le plus souvent présent auprès de ses patients.
- Speaker #0
Oui, je fais ça aussi. Des fois, je mets un petit peu de musique, ça m'aide beaucoup. Et j'ai un ami qui programme un gong toutes les demi-heures. Donc, toutes les demi-heures, il y a un gong.
- Speaker #1
Tout à fait. Et ça a été étudié. Ça a été étudié. C'est des choses qui ont été étudiées en neurosciences de montrer que toutes les 30 minutes, petit baillement, une à deux minutes de pause, vous étirez, vous baillez. Et puis, hop, ça y est, ça peut permettre déjà rien que ça de... permettre au cerveau de se rééquilibrer un petit peu.
- Speaker #0
Excellent. Tu me donnes plein d'outils. J'adore. Je te remercie beaucoup. Est-ce qu'il y a des limites à ces outils ? Par exemple, quand on a des patients, tu me parlais d'addiction. J'imagine qu'on peut très bien employer ça chez des patients anxieux, par exemple, qui ont des pensées envahissantes, etc. Quelle est la limite de l'emploi de ces outils avec le moment où on va se dire, bon, je vais peut-être l'adresser à un psychologue, un psychiatre, le mettre sous thérapie médicamenteuse. C'est quoi le trigger, la limite ?
- Speaker #1
Alors, derrière, et on ne va pas se mentir, ce qui peut se passer, c'est qu'il peut y avoir des problématiques traumatiques derrière tout ça. Et donc, tous les gens qui commencent même à pratiquer un petit peu l'hypnose, je leur dis, commencez par des choses simples. Forcément, si vous allez vous lancer dans quelqu'un qui est polytoxicomane, derrière, il y a du traumatisme. Il y a vraiment des psychotraumatismes derrière qui peuvent être importants. Et ça, c'est vrai que d'avoir cette notion de dire là, je pense, en tant que soignant. de faire confiance à son intuition, et c'est pareil, c'est des choses qui sont très étudiées en ce moment, l'intuition, le gut feeling, je ne sais pas si tu connais ça, qui a été étudié beaucoup aussi dans les études, de dire, là, je ne le sens pas, je pense qu'il faut que j'adresse à quelqu'un, parce que je sens que dès que tu grattes un petit peu, il y a des choses qui viennent, ça peut être par exemple un peu d'agressivité, ou quelqu'un qui va en permanence dévier le sujet en disant, ouais, je pense qu'il y a quelque chose, et à ce moment-là, de dire, est-ce que ça vous dirait d'aller consulter quelqu'un pour vous aider, je pense que ça pourrait vraiment être bien dans votre addiction. ça vous aiderait sûrement à vous libérer. Et donc, c'est vrai que ça peut faire partie aussi des propositions. Mais sur des petites choses, par exemple, je ne sais pas moi, un étudiant un peu stressé, une personne qui fume un petit peu de cigarette qui n'a pas réussi à arrêter ses dernières cigarettes, peut-être quelqu'un qui a des troubles du sommeil, on peut utiliser ces petites choses-là en quelques minutes. Et puis, dès qu'on sent qu'il y a quelque chose de plus lourd derrière, de ne pas hésiter à adresser à des gens dont c'est le travail, soit par exemple des médecins hypnothérapeutes, il y en a. Il y a de plus en plus de professionnels de santé qui font de l'hypnose, mais ça peut être aussi une psychologue, les thérapies, les TCC, thérapie et cognitivo-comportementale, peut-être un psychiatre aussi qui est spécialisé dans les accompagnements. Il y a de plus en plus de psychiatres qui pratiquent le MDR, par exemple.
- Speaker #0
Je ne sais pas si ça te parle aussi.
- Speaker #1
Les thérapies par mouvement oculaire. Donc tout ça, c'est vraiment de dire, il y a souvent, on a tous en fait, des problématiques traumatiques plus ou moins importantes. Parfois, on a besoin d'être accompagné, notamment dans les émotions en lien avec ces traumatismes, pour se libérer.
- Speaker #0
C'est clair. Où est-ce qu'on peut se former à l'hypnose que tu pratiques, l'hypnose médicale et la préparation mentale ?
- Speaker #1
Alors... Pour la partie hypnose, moi, j'ai été formé à l'Institut Milton Erickson du Rhône par un psychologue clinicien qui s'appelle Mohamed El Faricha, qui avait été lui-même formé par un des disciples d'Erickson, donc vraiment dans une lignée. Il y a beaucoup d'écoles aujourd'hui qui sont très, très bien. Donc, les Instituts Milton Erickson, il y en a partout au travers de la France, qui sont souvent reconnus par l'Institut Milton Erickson de Phénix. Il y a aussi certains DU, notamment celui de Jean-Marc Benayen. Il y en a aussi à Nantes. Il y a l'AREPTA à Nantes notamment qui est très bien. Dans le sud-ouest, il y a aussi plein de formations. Et moi, je suis embauché pour donner des cours et des conférences par l'Institut Émergence à Rennes, qui aussi fait des formations partout en France et qui est vraiment très bien. Donc, c'est de regarder vraiment les organismes qui sont reconnus et puis de pouvoir se lancer en fonction peut-être de l'endroit où on est, voir un petit peu ce qu'il y a autour et puis des personnes qui forment. Donc, il suffit de regarder vraiment les écoles diplômes, il y en a beaucoup. Le fait qu'elle soit accompagnée par des médecins, c'est intéressant, d'autant plus s'ils sont psychiatres. Du coup, c'est vrai que la partie psychotraumatisme me semble vraiment importante. Et puis pour la préparation mentale, il y a des U de préparation mentale. Et là, on n'a pas besoin du tout d'être professionnel de santé pour la préparation mentale, c'est quelque chose d'autre. Les coachs sportifs, par exemple, peuvent se former à la préparation mentale, ce qui est vraiment, à mon avis, un domaine différent. Moi, je suis plus dans... promouvoir la formation d'hypnose médicale dans lequel on peut utiliser après en fonction de nos sensibilités dans le sport.
- Speaker #0
Très bien, je te remercie beaucoup. Je mettrai tout ça dans la newsletter de ce podcast. Vous pouvez trouver toutes ces ressources. Cédric, je te remercie infiniment. Pour finir, si tu veux bien, je vais te poser quelques petites questions et je vais te demander de répondre de façon extrêmement brève. Peut-être un mot ou une phrase extrêmement courte. Ok ?
- Speaker #1
Je suis bref.
- Speaker #0
Quelle est l'erreur mentale la plus fréquente que tu vois chez les patients ?
- Speaker #1
De croire qu'on ne peut pas y arriver.
- Speaker #0
Et chez les médecins ?
- Speaker #1
De croire qu'on ne peut pas y arriver. Ou de croire que nos patients ne vont pas y arriver.
- Speaker #0
Ok, pas mal. Ou alors qu'on peut soi-même penser qu'on ne va pas y arriver. Ok, très bien. Qu'est-ce qu'un médecin devrait arrêter de dire à ses patients dès demain ?
- Speaker #1
Alors ça, c'est ce genre de choses, c'est pas évident ça comme question. À mon avis, d'arrêter de dire aux patients, d'arrêter de dire aux patients, c'est pas de votre faute par exemple. C'est de se dire non, en fait. Ayez confiance en vous pour régler ce qui vous appartient. Il y a sûrement plein de choses qui ne sont pas de votre faute, mais ayez confiance en vous pour aller gérer ce qui vous appartient. C'est très stoïcien comme manière de faire. Mets de l'énergie dans ce que tu peux changer. Accepte ce que tu ne peux pas changer.
- Speaker #0
C'est ça. Quelle est la technique la plus simple que tout médecin devrait utiliser en consultation, mais que personne n'utilise ?
- Speaker #1
Pour moi, la technique d'entretien motivationnel ou question miracle, c'est celle que je trouve la plus géniale. imaginez que vous êtes libéré de votre problème demain. Comment ça va être votre journée ? Et là, je pense que c'est vraiment une technique qui peut faire partie de notre consultation.
- Speaker #0
Très bien. Est-ce que c'est grâce à toi que Kaolivas t'a remporté la médaille d'or au JO ?
- Speaker #1
Je ne peux pas dire que c'est grâce à moi, et puis on ne pourra jamais le montrer. En tout cas, je pense que c'est une équipe. Et ce qui a été important, c'est qu'il a su être là au bon moment, sur la vague, la seule vague en finale où il devait être là, il a été là. Et ça, peut-être que l'hypnose a participé à son travail, mais derrière, il y a un immense boulot de préparation physique, de préparation technique, de mon collègue aussi Charles, de ses coachs. À ce moment-là, c'était Jérémy Flores et puis les autres coachs aussi thaïtiens. Et vraiment, je pense que c'était de savoir être là au bon moment et l'hypnose nous permet de savoir être là au bon moment. Donc, j'espère que ça l'a aidé. Lui l'a dit que ça l'avait beaucoup aidé et je suis convaincu que ça a participé.
- Speaker #0
Excellent, je te remercie. Question que je n'avais pas prévue, comment tu l'as dit de gérer des pensées parasites pendant son run ? C'est des runs très courts, c'est extrêmement stressant, donc ok, on peut le préparer, le faire imaginer la victoire, la couleur du maillot, la température de l'eau, le poids de la coupe, mais comment gérer la pensée parasite dans ta finale où tu te dis « putain, je ne vais pas y arriver » .
- Speaker #1
Oui, ça, c'est un truc qui est vraiment très utile. Et on apprend, en fait, à mettre les patients ou les sportifs dans un état, on peut appeler par exemple lieu de sécurité, c'est-à-dire un état dans lequel ils sont en confiance, et ça c'est un travail qui se fait en amont, et ensuite on laisse venir toutes les pensées parasites. Toutes les pensées parasites Elles ont une place. Et François Roustan, justement, que j'aime beaucoup, il dit « Accueillez, en fait, vos pensées parasites comme si c'était une bonne copine ou un bon copain que vous souhaiteriez laisser venir à la maison. » Ces pensées parasites, elles sont vraiment importantes. Il faut juste leur laisser une place, enfin, simplement leur laisser une place juste. Si vous laissez cette pensée venir, elle va partir d'elle-même. Si vous l'empêchez de venir, elle va commencer à prendre de la place, elle va tambouriner à la porte, et ensuite, ça va prendre plein, plein de place dans votre cerveau alors qu'il suffit de la laisser venir. Dire « Ok, en fait, elle est là, je suis stressée, c'est normal d'être stressée. » je suis inquiet, je me sens pas capable. Oui, ça c'est des pensées qui sont normales et logiques, mais tu les laisses venir, puis tu les laisses repartir. Et on travaille, et moi c'est vrai qu'avec un des surfers dont je m'occupe, on était carrément dans l'eau, donc j'étais surfé avec lui, et en fait dans l'eau, je lui ai appris à faire des séances d'hypnose dans l'eau. Du coup, quand il est au moment où il attend les vagues, juste de se repositionner, de se dire ok, en fait, il y a plein de choses qui t'aident à te remettre dans ton état, l'eau justement, la planche, le vent, les sons autour. et de se mettre dans son état en disant « Ok, maintenant, il y a confiance, la vague, elle va arriver. Fais confiance à ton intuition, ton corps l'a fait des milliers de fois. Fais-lui confiance pour faire la suite, il va le faire tout seul. » Et je voulais juste terminer là-dessus parce que dans des définitions qu'on peut donner d'hypnose que je trouve géniales, Manakei, quand je l'avais accompagné pour le titre de champion de Polynésie, on l'avait fait la séance sur la plage juste avant de partir, et il fait la séance, je fais la séance sur la plage, donc c'est génial, il y a le bruit des vagues, il y a plein de choses qui nous aident. Ensuite, il va faire sa dernière série pour le titre. Il gagne et il a dit un truc génial. Après, il m'a vraiment raconté. Il dit, je ne me souvenais plus ce que tu avais raconté. Mais quand je me suis mis sur ma planche, mon corps, lui, se rappelait. Et donc, mon corps savait comment faire pour prendre les vagues. Je me suis dit, mais c'est exactement ça l'hypnose. Ton corps sait, fais-lui confiance. Il saura t'aider.
- Speaker #0
Magnifique. Je te remercie infiniment Cédric pour cet échange. qui montre qu'au-delà des traitements, notre rôle de médecin passe aussi par la manière dont on accompagne nos patients et nous-mêmes sur le plan mental. Je vous invite à vous abonner à la newsletter du podcast. Je vais vous mettre dedans toutes les ressources dont on a parlé dans cet épisode. Vous la recevrez gratuitement tous les vendredis. Si cet épisode vous a inspiré, c'est que vous faites déjà partie de ceux qui veulent soigner autrement. Continuez à chercher, à apprendre et à rester libre. Salut Cédric.
- Speaker #1
Merci Mathieu.