- Speaker #0
Superdocteur, c'est le podcast des soignants qui redonne de la noblesse à notre métier pour soigner mieux et différemment. Dans ce deuxième épisode avec Nathalie Babourage, elle est médecin généraliste, autrice et créatrice du documentaire Passeurs de soins, et bien on va aller plus loin. Dans la première partie, on a posé le diagnostic. La perte de sens que vivent tant de soignants aujourd'hui n'est pas un échec individuel,
- Speaker #1
c'est le signal d'un système à bout de souffle. Ici, on passe aux solutions. Mon invitée va nous parler de son projet,
- Speaker #0
Passeurs de soins, et ses initiatives de terrain en France ou ailleurs, qui montrent qu'on peut soigner autrement. Et surtout, elle va nous donner des outils concrets, applicables dès cette semaine, pour tout médecin en exercice, sans quitter son cabinet,
- Speaker #1
sans tout remettre en question. Si vous n'êtes pas encore abonné à Superdocteur, c'est le moment. Un nouvel épisode chaque semaine pour les soignants qui ont choisi de ne pas se résigner. Bonne écoute !
- Speaker #0
Nathalie, ton projet, Passeurs de soins, met en lumière des pratiques extrêmement différentes. ça a l'air passionnant est-ce que tu peux m'expliquer ce que c'est et puis ce que tu cherches à comprendre à travers toutes ces rencontres
- Speaker #1
Merci Mathieu pour la question déjà pour remettre le contexte il y a deux ans j'avais fait un travail de recherche pour l'Institut des Futurs à Paris qui est un organisme de prospective qui traite de plein de sujets comme la démocratie l'éducation, les finances les énergies renouvelables et il y a la santé aussi dans leur... point de recherche et en fait ils ont demandé à plusieurs experts de se projeter sur une santé du futur idéal, une santé désirable pour tout le monde, pour la planète. Donc moi je faisais partie des experts qui ont un peu bûché sur ce sujet et on s'est rendu compte avec ma collègue que le constat c'est qu'on vit relativement plus longtemps dans les pays occidentaux, mais ça ne veut pas dire qu'on vit forcément mieux. On se rend compte, tu vois, avec les chiffres des maladies de civilisation qui explosent, que ce n'est pas l'idéal, on va dire. Les taux de burn-out chez ceux qui prennent soin, ce n'est pas non plus un chiffre acceptable. Et après avoir décortiqué les chiffres qui nous montrent qu'on n'est pas en bonne santé, en termes de société, on va heureusement tourner notre regard vers les solutions qui existent déjà, ces signaux faibles qui existent dans le monde. et en France. Et dans cette partie-là, moi, je me suis réjouie pendant mes recherches de voir qu'il y avait pas mal de choses qui existaient déjà sur les territoires en France, mais aussi dans d'autres pays comme chez nos voisins en Belgique ou en Suisse. Et donc là, c'était un travail vraiment rédactionnel et le lien, je te le mettrai aussi dans le petit note que je suis en train de préparer. Donc, c'est accessible en ligne. Mais j'avais envie d'aller un peu plus loin parce que moi, il y a des émissions télé qui m'ont embarquée. Aujourd'hui, on sait, pour sensibiliser les gens, on connaît les chiffres en écologie, sur le climat, on sait qu'on est dans l'urgence, plus, Mais est-ce que ça nous permet quand même de modifier nos comportements ? Non, en général, ça décale, voire ça fait même une résistance. Pour moi, dans le domaine de la médecine et de la santé, c'est un peu pareil. Au-delà des chiffres, d'aller à la rencontre d'autres personnes, de voir concrètement sur le terrain qu'est-ce qu'elles font pour prendre soin. et peut-être de s'inspirer d'idées pour se dire, « Tiens, moi, comment est-ce que je pourrais, dès demain, mettre en place telle ou telle pratique ? » C'est intéressant ce que tu disais quand tu présentais le projet. Tu parlais de faire autrement, différemment ou de manière alternative. Mais ce qui est intéressant, parce que j'ai commencé les recherches et on a commencé les interviews, on va tourner, si tout va bien, le mois prochain, dans notre premier territoire en Belgique. En fait, c'est beaucoup de bon sens et c'est… c'est de sortir du principe que la santé et la médecine, c'est réservé aux médecins. En fait, ça touche tous les citoyens. On est tous, quelque part, j'ai envie de dire, passeurs de soins. Et là, par exemple, je vais suivre l'initiative d'une jeune médecin belge, qui s'appelle Elodie Pironnet, et qui a créé un collectif de soignants qui s'appelle Miya Sano. Et son collectif, le principe, c'est de réunir des soignants à la fois conventionnels, mais aussi des thérapeutes. de pratiques complémentaires, des enseignants, des patients experts, des citoyens, enfin toute personne qui a envie de se mobiliser sur des sujets, comme par exemple la naissance, la périnatalité, ou l'accompagnement des adolescents qui sont atypiques, ou encore l'accompagnement de fin de vie. En fait, tous ces sujets qui sont transversaux. L'idée, c'est de... d'organiser sur différents territoires des conférences, des ateliers de sensibilisation, de mettre en lien aussi toutes ces personnes qui œuvrent finalement dans le même sens, mais qui ont un background différent. Pour moi, c'est ça aussi l'intégratif. Et en fait, ce qui est beau, c'est que... Dans le monde dans lequel on vit aujourd'hui, on entend tous de plus en plus de soignants se sentent seuls et là de sortir un peu de sa bulle et de se dire mais il y a d'autres personnes qui réfléchissent comme moi, qui ont envie d'oeuvrer comme moi mais qui se sentent coupés ou qui n'ont pas le temps ou qui ne savent pas vers qui s'adresser. Simplement de faire une cartographie de son territoire et de savoir qu'il y a un tel, un tel, un tel qui fait ça, ça permet de se sentir sentir entouré. Et ça permet aussi de créer un peu des cercles. d'évaluation pour qu'on puisse voir si on va tous dans la même direction. Tu vois, c'est une autre chose aussi qu'on observe en France, c'est avec le besoin de rester dans une médecine carrée scientifique, on a tendance à rejeter les autres approches, ou à les dénigrer. Alors qu'en fait, il faudrait vraiment travailler ensemble pour justement éviter les dérives. Et tu vois, c'est ça qui... C'est cet héros-là, en fait, qui manque encore, mais qui commence à émerger. Et de mettre ça en lumière, je pense que ça permet à... toutes les personnes qui ont envie d'embarquer dans cette question de prendre soin du collectif, de se dire « Ah bah tiens, moi aussi je pourrais créer peut-être avec 2-3 personnes des espaces d'échange. » Et ça peut être des enseignants, ça peut être des agriculteurs. L'idée c'est vraiment de varier. Le premier épisode, il va faire 50 minutes. On a déjà une dizaine de personnes qu'on a interviewées. Et j'espère que ça rentrera dans les 50 minutes. Mais l'idée, là j'avais lancé la campagne de crowdfunding en fin d'année dernière. pour l'épisode pilote qu'on va monter cet été et ensuite le diffuser sur ma chaîne YouTube à la rentrée. Mais l'idée derrière, c'est de pouvoir trouver un financement par une fondation, une mutuelle, pour pouvoir produire huit autres épisodes sur huit territoires en France. Parce que figure-toi que dans ma liste, il y aura aussi le Pays Basque. Je te dis ça parce que j'avais entendu l'interview que tu avais faite avec la médecin qui a participé à la création du tiers lieu à l'Anglette.
- Speaker #0
Oui, à Nobel.
- Speaker #1
qui est une des initiatives que j'avais notées justement dans le travail pour l'Institut du futur souhaitable.
- Speaker #0
Génial, je te remettrai en contact avec elle, vous allez très bien vous entendre toutes les deux. Donc ce que je comprends, c'est de donner la parole à des gens qui ne sont pas forcément soignants de profession pour croiser les regards, c'est une idée géniale.
- Speaker #1
C'est ça, mais en fait, la parole sera donnée à des soignants, à des non-soignants, mais qui œuvrent dans la santé. et à des non-soignants, vraiment, mais qui prennent soin aussi, finalement.
- Speaker #0
Trop bien, c'est magnifique. Est-ce que tu penses que ces initiatives dont je participe, moi, c'est ce que je fais avec le podcast aussi, tu vois, j'essaie de rencontrer des gens comme toi, d'apprendre, etc. Moi, ça me passionne, ça m'apporte une énergie incroyable et j'essaie de donner une vision comme ça, une direction pour ma pratique. Essayer très modestement de prendre avec moi par la main certaines personnes et de m'accompagner dans ce projet-là. J'ai l'impression que c'est quand même extrêmement difficile. C'est un travail de basse besogne. On y passe des heures et des heures. On essuie beaucoup de critiques. Je reçois tellement de choses extrêmement positives la grande majorité du temps sur les réseaux. Mais on essuie aussi des gens qui se moquent de nous, qui nous disent... Les médecines alternatives, c'est n'importe quoi, qui ne connaissent même pas les mots, les termes, qui caricaturent, qui ne se tiennent pas au courant des dernières études, etc. Et je trouve ça extrêmement laborieux. Est-ce qu'on va réussir à changer concrètement les choses, tu crois ?
- Speaker #1
J'espère ! J'en discute avec... C'est là où je vais chercher des alliés en dehors de la médecine qui ont connu ça aussi. Une personne qui m'inspire beaucoup qui s'appelle Satish Kumar. C'est un philosophe indien qui va avoir 90 ans bientôt et qui lui a fait une longue marche depuis l'Inde jusqu'aux États-Unis à l'époque pour sensibiliser sur le nucléaire. Et en fait, tous ces pionniers, ce qu'ils nous disent, c'est quand tu sens que tu as envie de défricher des nouveaux territoires et d'avancer ensemble, d'embarquer du monde sur ces chemins de santé. écoutent de soi et des autres, on est pionniers en fait. Ça fait partie du job. On y vient.
- Speaker #0
Et puis, il y a quelque chose que je me dis aussi, c'est que parfois, ça prend une génération. Donc, tu peux être pionnier à un moment donné que de ta vie, tu ne voyais que très peu de fruits de ton labeur, mais qu'en fait, ça a une petite influence sur quelques petites personnes qui, eux-mêmes, par boule de neige, Quand ? le système entier et quand la société sera prête à une bascule ou alors quand on y sera obligé par des problèmes climatiques, des problèmes de guerre, des problèmes d'énergie et bien on aura peut-être semé quelques petites graines qui ont poussé par-ci par-là mais je pense que t'as raison il faut que ça vienne de quelque chose d'assez personnel. En tout cas ton projet je le trouve vraiment extraordinaire. et puis d'aller rencontrer des gens qui ne sont pas soignants de profession, je trouve ça vraiment extrêmement puissant. Dis-moi, est-ce que pour nos confrères, nos consoeurs qui ne peuvent pas sortir de leur cabinet parce qu'ils ont 2000 patients dans leur file active, ils sont à deux semaines de rendez-vous, ils voient des dizaines et des dizaines de patients par jour qui aiment nous écouter mais qui sont pris par leur travail, par le fait de tirer... une rétribution financière de leur travail pour payer un loyer et remplir le frigo. Qu'est-ce qu'ils peuvent faire ? Qu'est-ce qu'on peut faire en pratique, dans un cabinet médical, dès demain, à l'issue de cette conversation qu'on a, toi et moi ? Qu'est-ce qu'on peut changer dans notre manière de faire ?
- Speaker #1
J'aime bien cette question parce qu'à chaque fois, quand je partage justement un peu mon parcours pour donner différentes pistes qui existent, Mon idée, c'est jamais de dire on va tous tout arrêter, tout quitter et partir dans l'Imae. En fait, ce n'est pas ça. Si tu es passionné par ton métier, tu as ton cabinet et des réalités aussi qui font que tu as besoin d'avancer, c'est de commencer par ce fameux 4P. C'est le plus petit pas possible. Si tu sens qu'il n'est appelé par autre chose, mais qu'il y a des réalités qui font que tu as aussi besoin de voir tous tes patients, c'est comment est-ce que tu peux déjà dans ton quotidien t'offrir des bulles ? de respiration. C'est là où les pratiques de méditation, de visualisation, il y a pas mal de choses qui existent aujourd'hui dont on parle. A l'époque chez les pompiers, je proposais des séances inspirées de ce qu'on appelle les TOPs, les techniques d'optimisation du potentiel, où c'est de la visualisation, de la respiration, et c'est des pratiques de préparation mentale. Déjà tu peux apporter ça. dans ton cabinet, tu vois, quand je consultais à la Défense pour les pompiers, j'avais mon petit rituel après le repas du midi, je me prenais 10 minutes dans mon bureau pour me faire une sieste éclair. Et ça me permettait juste de descendre un petit peu la suractivité mentale, et en plus, tu sais, après manger à midi, on est naturellement dans une phase d'hypovigilance, donc il faut résister, prendre un café, deux cafés, alors que si tu t'autorises à faire cette petite pause, cette micro-sieste, en connectant ta respiration, ça te permet de mieux reprendre ton après-midi. tu as plus de clarté, tu as plus de présence aussi à l'autre, puisque pour moi, le prendre au soin, c'est aussi, au-delà d'apporter des réponses techniques, c'est aussi d'être dans la présence, c'est dans l'écoute. Donc voilà, tu peux aussi marcher dans la nature. Tu vois, c'est vraiment d'aller chercher des temps qui vont te permettre de te reconnecter à ce que j'appelle les intelligences sensorielles. Tu vois, on est tellement dans l'intelligence analytique aujourd'hui qu'on part en boucle dans le mental. Alors qu'on a cinq sens qui sont là pour nous aider à revenir dans le corps. Et dans mon dernier bouquin, le Dharma Flow, je parle vraiment de ces huit intelligences sensorielles, en me basant à la fois sur la grille de lecture de l'Ayurveda avec le principe des chakras, et j'en fais une traduction plus contemporaine par rapport à notre physiologie. On a une intelligence proprioceptive qui nous permet de ressentir le corps dans son environnement. Donc ça, en fait, il y a des pratiques aussi où tu peux te faire un automassage des mains ou des pieds, où les beaux jours vont arriver. Si tu as un peu de pelouse, marcher pieds nus dans l'herbe, on sait aujourd'hui, c'est scientifiquement prouvé que ça t'aide à apaiser ton système nerveux. On a une intelligence qui est créative, le flow créateur. C'est un psychologue, Niali, Sirsen Niali, qui a parlé de comment est-ce qu'on peut être absorbé par une activité tellement elle nous nourrit qu'on ne voit pas leur passé. Il y a des moyens.
- Speaker #0
Flow,
- Speaker #1
ouais. Il y a l'intelligence du microbiote, donc ça c'est au niveau de ton alimentation, d'être à l'écoute un peu et de voir quels sont les aliments qui t'alourdissent la digestion et qui t'empêchent d'être dans ta clarté mentale. Il y a l'intelligence du cœur aussi, de développer ses pratiques de gratitude, tu sais, au quotidien.
- Speaker #0
Complètement, ouais.
- Speaker #1
Ça s'est démontré aussi que ça te stimule le cytocine, ça apaise ton système nerveux autonome et ça te crée aussi.
- Speaker #0
J'ai découvert ça récemment par le biais d'une appli. Ah ouais, c'est incroyable. Je ne le faisais pas et j'ai acheté une appli de méditation. Moi, je médite tous les jours. J'avais besoin d'un peu changer ma pratique. Et je me suis mis à découvrir ce genre de choses, notamment de pratiquer la gratitude. Je n'avais entendu parler notamment par Mathieu Ricard et je ne comprenais pas trop comment ça marchait. En tout cas, l'exercice qu'on me donnait n'était pas très satisfaisant. Et c'est vrai que c'est chouette, puissant, c'est relaxant et ça développe l'intelligence du cœur de se rendre compte. des biens que l'on a déjà, de mettre le doigt dessus, de s'en contenter et d'essayer de cultiver sa gratitude. Extrêmement puissant et intéressant.
- Speaker #1
Ça a inspiré des pratiques bouddhistes et c'est Florence Servan-Schreiber qui propose en moi un rituel tout simple à faire le soir en famille ou entre amis. Tu dis, après, tu parles au dessert. Chacun partage un moment de gratitude de la journée qu'il a vécu. Et ça peut être quelque chose de très simple, c'est quelqu'un qui t'a tenu la porte dans le métro. On va toujours chercher quelque chose parfois de compliqué sur « waouh, je suis en remerciement parce que j'ai gagné au loto » , mais ce n'est pas ça en fait la gratitude. Ça m'a apporté un sentiment de bonheur intérieur, un sourire intérieur. Je me suis dit « waouh, c'est beau en fait ce qui est en train de se passer » . Ça c'est vraiment, pour nos neurones, ça fait vraiment du bien. Il y a l'intelligence du cœur, j'appelle ça l'intelligence de la communication. On est des êtres qui avons besoin d'exprimer notre vérité, et les endroits où on n'est pas entendu, ça crée des tensions, des blocages. Il peut y avoir des manifestations aussi, des infections en RL à répétition. Ça peut être aussi une fatigue qui fait qu'on retient trop. Et s'entraîner à poser aussi ce qui est important pour soi, dans son travail, si tu travailles avec des collègues aussi, et que tu as une tendance à... de juste essayer de poser aussi des besoins et des envies. Tu vois, il y a des outils de communication non violente qui sont très utiles. Il y a l'intelligence intuitive. J'aime bien dire qu'on reçoit des infos du cloud qu'on partage tous. Tu ne sais pas pourquoi, il y a une synchronicité. Ah tiens, c'est drôle, je pensais à cette personne depuis plusieurs semaines et là elle m'appelle. Voilà, Jung en parle beaucoup. ça existe et pourquoi ne pas utiliser ça les grecs aussi parlaient du kéros de ce temps opportun qui est différent de chronos, le temps linéaire dans lequel on est tous tout le temps et l'intelligence spirituelle pour moi c'est aussi un espace où tu peux ouvrir sur la quête de sens et le besoin de contribution comme tu me disais précédemment c'est aussi un besoin qui fait partie d'un besoin de la pyramide de Maslow en tant qu'humain Au-delà d'avoir un toit, d'avoir de la nourriture et d'être dans sa sécurité, on a besoin de contribuer.
- Speaker #0
Exactement, c'est un besoin fondamental. C'est hyper riche ce que tu me partages. Il y a beaucoup, beaucoup de choses. On sent qu'on est dans ton sujet de prédilection. Nathalie, avant que tu me dises où est-ce qu'on peut te retrouver, où est-ce qu'on peut retrouver ton projet Passeport de soins, est-ce qu'on peut toujours y contribuer à l'heure actuelle ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. un peu de soin en plus ce sera toujours mieux par rapport au montage comme on a envie aussi de le traduire en anglais et en espagnol parce que là la première saison c'est la France et la Belgique mais si ça prend pourquoi pas aller aussi visiter dans d'autres pays voisins qu'est-ce qui se passe, comment est-ce qu'on prend soin aussi
- Speaker #0
Trop bien, tu vas me donner le lien que je vais mettre dans les notes et dans la newsletter de l'épisode absolument donc J'avais regardé récemment le financement pour l'épisode 1, tu l'avais clôturé. Donc on peut maintenant financer l'épisode 2, peut-être, c'est ça ?
- Speaker #1
Non, on va garder sur l'épisode 1 par rapport à les bonus qu'on veut rajouter.
- Speaker #0
Trop bien.
- Speaker #1
Et je vais le réouvrir pour que les personnes qui sont intéressées et ont envie d'embarquer ne soient là. Si c'est 5 euros, 10 euros, ça fait la différence quand même.
- Speaker #0
Trop bien. Allons-y. Mettons la main à la poche pour Nathalie Baboura et son projet passeur de soins. Nathalie, pour finir, je vais te poser, si tu veux bien, quelques questions pour lesquelles je te demande une réponse extrêmement brève, peut-être même un mot.
- Speaker #1
Leur gueule de la mort, on dirait. Le shabat.
- Speaker #0
Exactement. Sauf qu'à la fin, il n'y a pas de 4-4, Nathalie, je suis désolé. Mais je doute que tu en conduises un de toute façon.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut encore bien soigner en médecine aujourd'hui ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Faut-il quitter le système pour redevenir un bon médecin ?
- Speaker #1
Non, mais parfois une pause peut être nécessaire.
- Speaker #0
Est-ce que la médecine actuelle empêche de bien soigner ?
- Speaker #1
Je ne pense pas que ce soit la médecine qui empêche de bien soigner, et ni les médecins. C'est le système aussi qui bloque, parfois.
- Speaker #0
Un médecin généraliste peut-il encore exercer une médecine exigeante aujourd'hui ?
- Speaker #1
J'espère.
- Speaker #0
Est-ce qu'on se ment quand on dit qu'on peut changer les choses de l'intérieur ?
- Speaker #1
Non, on ne se ment pas. Je pense qu'on a besoin de changer certaines choses de l'intérieur, mais qu'il y a aussi besoin de l'extérieur. Vision intégrative.
- Speaker #0
Soignée autrement, c'est une réalité ou un récit séduisant ?
- Speaker #1
Pour moi, de là où je suis et avec toutes les personnes que je rencontre dans mon quotidien, je pense que c'est une réalité qui est en train d'émerger et qui demande à être démultipliée.
- Speaker #0
Est-ce que quitter la médecine, c'est parfois la seule façon de rester alignée ?
- Speaker #1
Parfois, oui. Mais encore une fois, ce n'est pas une recette miracle qu'on va appliquer à tout le monde.
- Speaker #0
Je te remercie beaucoup, Nathalie. J'ai pris un énorme plaisir à échanger avec toi aujourd'hui. Je mets dans les notes de cet épisode, dans la newsletter, le lien que tu vas me donner. pour t'aider, t'accompagner, devenir partenaire de passeurs de soins, pour que tu puisses aller à la rencontre de gens qui soignent autrement, véritablement.
- Speaker #1
Ce que vous devez retenir de cet épisode tient en trois points. En un, la perte de sens que vous ressentez n'est pas une faiblesse individuelle, c'est la réponse normale d'un individu sain dans un système qui dysfonctionne. Le burn-out des soignants, des agriculteurs,
- Speaker #0
des enseignants est le même phénomène. En deux, vous n'avez pas à tout quitter pour soigner autrement. le plus petit pas possible suffit pour commencer. Une micro-sieste, une pratique de gratitude ou de méditation. Ce sont des actes médicaux sur vous-même et ils vont changer votre présence à vos patients. Et enfin en 3, le collectif est une ressource médicale sous-utilisée. Votre territoire a probablement déjà de nombreux soignants qui ne se connaissent peut-être même pas et qui souhaitent eux aussi, avec vous, soigner autrement. Créer ou rejoindre ce type de cercle informel, c'est déjà un pas pour vous et vos patients. Dans cet épisode, vous avez vu... que changer, ça ne commence pas par un pas de géant, mais par un tout petit pas que vous pouvez appliquer dès demain, vous-même, dans votre cabinet. Alors, quel est celui que vous pouvez faire ? Vous pouvez me marquer en commentaire, je vais tous les lire. Si ce sujet vous intéresse, j'ai encore plein d'autres vidéos sur ma chaîne YouTube que je vous recommande de regarder parce qu'il y en a forcément une qui va vous intéresser. Et puis, si vous n'êtes pas encore abonné à ce podcast, je vous invite à le faire tout de suite en activant la petite cloche pour ne rater aucun de ces épisodes.