Speaker #0Salut tout le monde, je vous fais un petit épisode de solo cette semaine, comme j'en ai pris l'habitude en ce début de rentrée, pour essayer de répondre à une question que vous me posez beaucoup, à beaucoup de retours que vous me faites sur mes différents réseaux, notamment après mes épisodes, à savoir comment est-ce que je pratique au quotidien de la médecine intégrative, comment est-ce que je fais tous les jours au cabinet, est-ce que j'ai un diplôme particulier, est-ce que je travaille dans un endroit ? propice à cela ? Comment je peux me labelliser médecin intégratif ? Alors je vais vous répondre très sincèrement, en pratique, sur ce que je pense de tout ça, et puis vous donner des infos sur ma pratique personnelle. Alors déjà, qu'est-ce que c'est ? De quoi on parle ? Qu'est-ce que la médecine intégrative ? Beaucoup de personnes ont essayé de bien définir ce que c'était, beaucoup de personnages anglo-saxons notamment, et également en France, depuis de nombreuses années, je pense à mon ami Nathalie Babourage que je salue, Je pense à... beaucoup de gens que j'ai reçus sur le podcast, évidemment, avec qui je suis en contact. J'ai essayé moi-même, dans mon essai sur la médecine intégrative, de définir ce que c'était. Alors, je vais commencer déjà par essayer de la définir, et vous verrez qu'en fin de podcast, je crois qu'il est hyper important de s'affranchir absolument de cette dénomination. Mais, pour le bien de la science, très modestement, il est important de savoir de quoi on parle. Alors, la médecine intégrative, c'est tout de même une médecine qui... étudie scientifiquement et qui promeut les interventions non médicamenteuses, soit tout ce qui fait du bien et qui n'est pas du médicament. C'est une démarche qui vise par exemple à étudier scientifiquement telle pratique de yoga pour telle indication, afin de prouver son efficacité ou non, et de la prescrire ou de la conseiller ou non pour ses patients. Mais ça va évidemment bien au-delà de la médecine intégrative. j'y ajoute une dimension écologique, écosystémique, en considérant que la santé de l'être humain est profondément indissociable de la santé de son milieu, de son écologie et de la santé de la planète. C'est le principe One Health qui est évidemment très important pour tous les microbiologistes, tous les soignants, tous les médecins. C'est aussi considéré avec un certain humanisme, son exercice, je pense, à savoir qu'il ne faut plus considérer un médecin sachant qui donne... son savoir, une ordonnance de façon verticale à ses patients, mais beaucoup plus comme un conseiller expert qui considère son patient comme son propre expert de sa maladie, de son histoire, de sa pathologie, aidé pour cela de plein d'outils, les montres connectées, les AP, etc. Vous avez remarqué que beaucoup de patients connaissent beaucoup mieux leur pathologie que nous-mêmes. Spontanément, je pense aux patients qui ont par exemple la maladie des lèvres dans l'os, ceux qui ont la fibromyalgie, qui nous apprennent... tous les jours des choses sur leurs mots, grands et petits, à nous médecins qui sont censés savoir et qui ne savons en vérité pas grand chose sur beaucoup de domaines, ceci étant dit. La médecine intégrative, c'est considérer selon moi qu'on peut toujours faire quelque chose, qu'il ne faut jamais dire « je ne peux plus rien pour vous » , il y a toujours quelque chose à faire pour son malade, l'écouter, patiemment, faire preuve d'empathie envers lui, essayer de le comprendre, c'est également revenir aux bases avant d'envisager des interventions. complexes, sérieuses, coûteuses, revenir évidemment aux fondamentaux de la santé que sont la qualité du sommeil, la qualité de l'alimentation, la gestion de ses émotions et de son stress, l'activité physique. C'est considérer qu'une ordonnance doit être la plus simple possible, être minimaliste, le plus efficient. On va prescrire le minimum de choses, parce qu'on n'est pas contre les médicaments évidemment, mais essayer de bien peser leurs indications et dans la mesure du possible faire le ménage dans l'ordonnance de nos patients. Ça fait beaucoup de choses, je pourrais rajouter plein de critères, moi ça me passionne, mais pour résumer, pratiquer la médecine intégrative, c'est une philosophie de soins. C'est une idée, c'est une certaine forme d'élégance dans le soin qui nous dit également qu'on est détenteur d'une toute petite portion de la vérité. et qu'il est souvent extrêmement profitable d'adresser nos patients à d'autres confrères, d'autres consoeurs, et même, j'ajoute, je signe, d'autres personnes paramédicales ou exerçant des activités telles que l'hypnose, la sophrologie, l'acupuncture, que sais-je, parce qu'on sait que ça fait du bien que les patients y vont, y payent de leur poche, et, personne n'est stupide dans cette histoire, si on veille à... à ce qu'il n'y ait pas de démarche sectaire, qu'il n'y ait pas de danger, que c'est sérieux, qu'on connaît ses correspondants. Moi, je me suis fait un réseau de toutes ces personnes dans l'environnement dans lequel je travaille, et puis j'explique à mes patients que je pense que ça peut leur faire du bien. Je leur explique aussi que je peux me tromper. Mais pour tout un tas de patients, on en a tous dans nos patientelles, une séance d'hypnothérapie, de psychologie. J'ajoute également la diététique, les diététiciens, les diététiciennes qui font un travail formidable sur l'alimentation et qu'on recommande trop peu. Tout ça, pour moi, c'est une démarche... intégrative, une démarche d'humilité face aux gens, parce que on est souvent, pas incompétent, mais insuffisant. C'est le savoir. Moi j'ai l'impression qu'on est un peu comme des psychiatres, vous voyez, quand on pose la question à des psychiatres, ils répondent bien qu'ils guérissent personne. Et bien c'est une humilité de considérer qu'en fait, en médecine, on guérit pas grand monde. Il y a des choses très satisfaisantes, très simples, enlever un bouchon de série humaine, tout le monde est content, il y a un résultat immédiat. Mais, prendre en charge un diabète, prendre en charge une fibromyalgie, prendre en charge des gens qui ont des symptômes chroniques, invalidants et qui souffrent de polypathologies, je crois qu'il faut faire preuve d'une énorme humilité. Donc moi, ma philosophie, elle est très simple, c'est que vous n'avez pas besoin de changer d'infrastructure, vous n'avez pas besoin de construire une clinique et de recruter des gens avec des diplômes particuliers, d'avoir des locaux particuliers. Vous pouvez commencer dès demain, ça a toujours été mon idée, avec... son matériel, ses habitudes, en adaptant sa pratique, adaptant sa posture pour essayer d'embrasser cette philosophie du soin. Je suis convaincu que c'est extrêmement complémentaire à la pratique de la médecine classique, qu'on appelle allopathique parfois, que ça ne leur remplace pas, que la médecine occidentale, d'elle qu'on la connaît, est capable de prouesse quand on a un infarctus du myocarde. se déboucher les coronaires avec une angioplastie et la pose d'un stent, ça sauve des vies, c'est miraculeux, on ne s'en passera pas, c'est indispensable quand on a une bactérie et qu'on prend un antibiotique, c'est miraculeux, ça évite un choc sceptique et la mort. Par contre, je pense que pour tout ce qui est dans le temps long, pour les symptômes chroniques, pour des patients particuliers, cette démarche de médecine intégrative est nécessaire et, à mon avis, très adaptée. C'est évidemment une démarche qui, selon moi, est... et devrait être profondément scientifique. Alors, j'entends beaucoup de personnes hurler quand on parle de médecine intégrative. Il y a beaucoup de gens sur les réseaux qui se drapent dans leur certitude, grand bien leur face, qui opposent la science à ce qu'on appelle la médecine intégrative. Je constate quand même qu'il y a de plus en plus de gens extrêmement sérieux qui s'emparent de ce sujet. Lorsque c'est fait avec sérieux, avec une démarche scientifique d'évaluation, de test, eh bien, c'est une démarche qui est salutaire. Je pense à mon confrère Grégory Nino, qui est un chercheur à l'université de Montpellier que j'ai reçu sur le podcast, dont le travail est d'étudier ces fameuses INM. Il est à la tête de la société savantes, la NPIS, à qui je vais reverser en petite parenthèse une partie des revenus du podcast cette année, dont le travail est d'étudier scientifiquement ces interventions non médicamenteuses. De façon scientifique, et à mon avis, c'est un argument irréprochable pour... tous les détracteurs de cette discipline. Comme je le disais, je crois qu'il est hyper important au quotidien, quand on épouse cette démarche, de se poser des questions sur les fondations de la médecine. Parce qu'on s'est habitués, en tant que soignant, à répondre de façon assez brutale à la prescription d'une ordonnance de médicaments à tout un tas de problèmes. Ben, la démarche que je vous propose c'est d'être plus fin que ça, plus élégant que ça, essayer d'aller chercher un petit peu plus loin. Je vous donne un exemple typique. Quelqu'un qui vient vous voir pour un syndrome de l'intestin irritable. C'est un syndrome complexe. Si vous êtes un médecin bas de gamme, vous prescrivez un médicament quelconque. Du débrida, un antalgique, que sais-je. Et vous lui dites, vous avez cette maladie. Je sais que ce médicament est indiqué pour cette maladie parce que je le vois dans le vidal. Je vous le prescris, ça ira. Au revoir. Ça, c'est nul. Il est beaucoup plus intéressant de savoir quel patient a une maladie plutôt que de savoir quelle maladie a son patient. Syndrome de l'intestin irritable, il faut s'intéresser à tant de choses dans l'hygiène de vie de nos patients. Évidemment, leur alimentation, ça c'est quand même extrêmement important. Et puis, on sait maintenant qu'il est extrêmement important de savoir l'histoire de nos patients. Quand est-ce que ça a commencé ? On peut demander à ces patients, c'est quand ? la dernière fois que vous vous êtes senti bien. Et puis, essayez de remonter comme ça le fil pour essayer de savoir s'il y a eu un événement déclenchant, par exemple. Se repencher dans la qualité du sommeil de ces patients. On sait que les troubles du sommeil favorisent ces troubles digestifs. Leur activité physique. On sait qu'une activité physique régulière, adaptée. Vous pouvez vous aider aussi des appâts pour faire ça. Vous pouvez même prescrire l'activité physique. Il y a des sites qui vous aident pour ça. Et donc, on peut remonter comme ça. Et évidemment, un suivi diététique pour essayer d'un régime, un protocole sans FODMAP qui doit être accompagné pour ce fameux intestin irritable. Excusez-moi, je suis un peu long, mais vous comprenez la démarche que c'est beaucoup plus compliqué que prescrire un médicament, car il faut s'occuper d'un patient et pas d'une maladie. Je dis ça et je vous décris une pratique que je rêve de faire, parce qu'au quotidien, comme vous, comme beaucoup, il m'arrive d'être vraiment insuffisant, parce qu'on est tous stressés, on court tous après la minute, et il y a beaucoup de fois où je suis moi-même insuffisant. Mais tout le travail que j'essaie de faire avec ce podcast, c'est justement pour me donner un cap. d'excellence que je vise, mais je suis aussi indulgent avec moi-même, et je vous invite à l'être également, c'est qu'il faut aussi se rendre compte qu'on vit dans un monde où on vit de plus en plus rapidement, tout s'est accéléré, on a des charges mentales incroyables, chacun, avec nos vies de famille, avec nos travails respectifs, et parfois, au travail, on est insuffisant. Donc il faut être indulgent avec ses patients, mais aussi avec soi-même. Ce que je vous disais aussi, c'est qu'il est hyper important de connaître son entourage. Regardez autour de vous s'il y a des gens de qualité qui font des pratiques complémentaires, la sophrologie, si vous avez un sophrologue à côté de chez vous, et vous voyez que sa pratique c'est en fait des séances de visualisation, de détente, de cohérence cardiaque. Je pense sincèrement que ça peut être une bonne idée pour beaucoup de cas. Si par exemple il fait des choses un petit peu absurdes avec des séances qui coûtent... très cher avec du matériel que vous ne connaissez pas. Évidemment, vous n'allez pas recommander ce praticien, mais tapez aux portes, discutez avec les gens, demandez des retours, et faites-vous comme ça un carnet d'adresses de tout un tas de pratiques complémentaires qui peuvent faire du bien à vos patients. Et puis, suivez ça pour savoir, est-ce que c'est pas dangereux ? Est-ce que c'est pas un risque sectaire ? Est-ce que le praticien est sérieux ? Est-ce qu'il a des diplômes ? Comment sont ses locaux ? Que disent les gens autour de moi sur lui ? C'est un bon début d'avoir des correspondants de confiance et de qualité pour orienter convenablement tous nos patients. Alors, est-ce qu'il y a des diplômes pour être médecin intégratif ? La réponse est non. Il y en a aux Etats-Unis. Il y a un collège maintenant des médecins intégratifs. Il y a une bible qui sort régulièrement sur l'integrative medicine de David Rackel, je crois. Il n'y a pas vraiment de diplôme de tout ça, je pense. de façon informelle à mon ami Chloé Brami, que je salue également, qui a la fabuleuse école Mu Médecine, qui propose une formation longue en médecine intégrative avec beaucoup d'humanité, beaucoup de réflexion, c'est passionnant, mais vous comprenez bien qu'au vu de tout ce que je viens de vous dire, ça ne peut pas être un programme académique comme peut l'être l'apprentissage de la cardiologie par exemple. C'est beaucoup plus fin et beaucoup plus subtil que ça. Il y a évidemment beaucoup de DU, à titre personnel je suis... une formation en médecine fonctionnelle, qui n'est pas exactement de la médecine intégrative, mais qui s'en rapproche beaucoup auprès de l'IFM aux Etats-Unis, et ça me nourrit incroyablement. Peut-être qu'un jour, je serai une compétence reconnue ou qu'il y aura un diplôme de ça, je ne sais pas. Ce que je peux vous dire pour finir, c'est que c'est évidemment une pratique hyper enrichissante. Quand on met le doigt dedans, c'est ce que j'essaie de développer depuis plusieurs petites années maintenant dans le podcast. Pour moi, ça a été une véritable révélation. C'est un cap. Je constate que mes patients en sont en demande, ils sont ravis de ce type de prise en charge, et que surtout, ça permet également à ceux qui la pratiquent d'embrasser une quête de sens extrêmement importante. Il est extrêmement plus satisfaisant de s'occuper véritablement de son patient plutôt que de bâcler le traitement de sa maladie avec la prescription d'un traitement. Et ça, c'est hyper enrichissant, notamment pour lutter contre... le burn-out, l'anxiété, la dépression, parce qu'on a un métier qui a du sens. On s'occupe des gens, un peu à la manière de nos anciens qui pratiquaient la médecine générale jusqu'à pas d'heure, et écoutaient les gens, et étaient corvéables à merci. Alors, moi, je ne pourrais pas faire ça. Mais nos anciens avaient du bon à simplement s'occuper des gens, parfois avec très peu de matériel, parfois avec très peu de technique, parfois même à l'époque où on n'avait pas d'antibiotiques, où on n'avait pas grand-chose. Retrouvons cette humanité. Cette qualité de la relation. Le but, en fait, c'est d'être le meilleur médecin possible. C'est pas de se comparer entre nous. Et pour terminer, je crois qu'on se fiche des appellations. Je me fiche maintenant qu'on me qualifie de... médecin intégratif, on m'a jamais vraiment appelé comme ça, et c'est pas du tout qualificatif après lequel je cours. J'ai simplement envie de progresser tous les jours, et d'être le meilleur médecin aujourd'hui que je l'étais hier, et que demain je m'améliore encore sur tout un tas de pans de mon activité. J'espère que ça va vous parler. Si c'est le cas, je vous invite à vous abonner à ce podcast. Vous avez des épisodes longs avec des invités qui m'inspirent énormément, très régulièrement, et puis... occasionnellement ce genre de format court, plus direct, sans aucun montage, pris avec mes notes sur ma Remarkable que je suis en train de vous lire, sans IA. Abonnez-vous à ce podcast, faites-moi vos retours, dites-moi ce que vous voulez qu'on développe ensemble. Vous pouvez vous abonner aussi sur la chaîne YouTube pour contribuer à développer ce podcast et me favoriser dans cet algorithme subtil qu'est YouTube. Je vous souhaite le meilleur et à très bientôt.