Speaker #0C'est la dose geek de la semaine, on va parler du retour de Berserk avec le tome 43, et j'ai des choses à redire, du thriller Zazitsu que j'ai maintenant terminé, et de la saison 2 de Doro et Doro que j'aime d'amour. On commence donc avec Berserk, et forcément chaque nouveau tome suit un petit événement, petit rappel important quand même, Kentaro Miura est décédé en mai 2021, et le tome 41 était dernier entièrement composé par lui. Depuis, la série continue. avec le studio Gaga, son ancien studio sous la supervision de son ami Kujimori, à qui Miura avait raconté les grandes lignes de la suite et de la fin de l'histoire. Le tome 42 était déjà le premier volume entièrement réalisé par cette nouvelle équipe, donc ce tome 43, c'est pas vraiment le premier Berserk sans Miura. Mais c'est clairement un nouveau gros test pour cette reprise. Il est sorti chez Glena le 1er juillet 2026. en édition classique, mais aussi dans un très joli collector avec une couverture cartonnée façon cuir et un coffret présentoir genre très mignon. Et là-dessus, franchement, l'objet est beau. Bon, le contenu maintenant. Pour rappeler Berserk, on accélérera. Évidemment, je vais spoiler les tomes précédents. Vraiment, petit spoil, mais si vous connaissez Berserk, vous savez. Je vous laisse avancer si jamais vous ne voulez pas de spoil du tout. On suit Guts. Un mercenaire qui a rejoint autrefois la troupe du Faucon menée par Griffith. Une relation aussi fascinante que complètement toxique va se créer entre eux jusqu'à l'éclipse. Événement qui détruit à peu près tout sur son passage. Et qui laisse Guts et Casca marqués. Griffith sacrifie la troupe du Faucon et devient l'un des God End. Troupe de méchants. Après ça, Guts part dans une énorme quête de vengeance, puis retrouve progressivement Casca et forme un nouveau groupe autour de lui. Au fil des années, l'objectif change, il s'agit plus seulement de tuer Griffith, mais aussi de protéger Casca et de tenter de lui rendre ce qu'elle a perdu. Ils finissent par atteindre F-Helm, où Casca retrouve enfin ses esprits, sauf que Griffith réapparaît, l'île s'effondre, et Casca est enlevé sous les yeux de Guts, complètement impuissant. Et c'est grosso modo là qu'on arrive au tome 43. Donc vraiment quand je dis que j'y suis allé express, j'y suis allé express. Guts est détruit. Le groupe quitte Elfhelm par bateau et tombe dans les eaux Kushan, ce qui lance un nouvel arc baptisé en français l'Exil en Orient. On retrouve donc les Kushan, de vieilles connaissances de la série, dans un monde où Griffith et Falcogna prennent désormais une place de plus en plus énorme. Et moi, je suis partagé. Je suis déjà content de retrouver Berserk. C'est un de mes mangas préférés, donc à chaque tome forcément, j'ai envie d'y croire. Mais là, je ne vais pas le cacher, je suis un peu déçu. Si j'en parle, c'est que j'aime quand même bien. Mais on voit que c'est pas exactement pareil. Les dessins restent beaux, vraiment. Si tu prends le manga sans comparaison, ça reste largement dans le haut du panier. Mais il me manque un petit truc. Et peut-être que le génie de Miura, c'était justement qu'il pouvait mettre une quantité astronomique de détails dans une petite planche et que ça restait ultra lisible. Tout était énorme, chargé, parfois très dark, mais l'œil savait toujours où se poser. Là, je trouve que c'est parfois plus fouillis. ou à l'inverse, un peu plus lisse. Et je ressens aussi davantage le côté transition dans l'histoire. Et visiblement, je ne suis pas le seul. Plusieurs critiques françaises soulignent exactement ce changement. Genre un dessin toujours impressionnant, mais avec une différence sensible avec Newla, un rythme plus rapide, une psychologie moins développée et un sentiment d'un volume qui sert surtout à mettre en place la suite. Je traîne souvent sur Manga News et eux, ils parlent carrément d'un tome d'exposition assez frustrant, tandis que Manga Sanctuary trouve que la reprise reste largement au-dessus de beaucoup de mangas actuels, c'est un peu ce que je disais plus tôt, mais qu'elle a perdu une partie de la profondeur, du rythme et même de l'âme qu'avait l'œuvre de Miura. C'est dur quand même, je suis plutôt d'accord. Mais l'autre problème, c'est les personnages. Parce que Guts, dans ce tome, c'est même plus vraiment Guts. Alors oui, je comprends pourquoi. Il vient de se prendre probablement une des plus grosses claques de sa vie, une sacrée déculottée. Il a été complètement impuissant face à Grifis, mais il n'a pas réussi à protéger Casca. Il a même constaté que son épée, ce truc sur lequel il a toujours pu compter, ne pouvait quasiment rien contre lui. Donc évidemment que le mec est brisé. Mais là, j'ai envie de le secouer. Il passe une bonne partie du tome complètement amorphe, le regard vide, à subir ce qui lui arrive. On dirait un vieux junkie qui ne sait même plus très bien où il est. Et oui, je sais que c'est une dépression, que c'est volontaire, et sur le papier, je trouve même ça intéressant. Mais justement... J'aurais aimé qu'on rentre beaucoup plus dans sa tête. Et autour de lui, ça brasse parfois beaucoup d'air. Zizidro, par exemple, mon dieu, il court partout, il gueule, il tape des trucs, mais j'ai l'impression qu'il sert à rien. Bon là encore, visiblement, je ne suis pas tout seul, puisque Manga News le qualifie carrément d'inutile et agaçant. Shierk, alors je ne sais pas comment on le prononce, mais je toujours dis Shrierk. Bah elle, c'est plus frustrant, parce qu'elle fait quelque chose d'important. Elle quitte son corps pour chercher Casca dans le monde... astrales et elle arrive jusqu'à Falconia. Donc, objectivement, elle est loin de servir à rien. Mais, je sais pas, elle devient presque banale alors que Shriek, ça devrait jamais être banal. C'est quand même une des magiciennes les plus fascinantes du groupe et là, son passage est tellement rapide que j'ai presque l'impression qu'on coche une case. Bon, Shriek fait de la magie. Suivant ! Et pour le coup, celle qui fait vraiment le taf, pour moi, c'est Farnese. Elle a probablement une des évolutions les plus dingues de toute la série, quand on repense au personnage qu'elle était lorsqu'elle apparaît. Et là, on la voit réellement utiliser ce qu'elle a appris, prendre part au combat et protéger les autres avec sa magie. Ça c'est cool, il y a quand même des trucs à retenir de ce tome. Et au milieu de tout ça, le tome pose quand même des trucs assez importants pour la suite. On retrouve les Kushan, mais dans une situation totalement différente dans l'époque Ganishka. Silat, Daiba, Riker, Erika, plusieurs anciennes têtes reviennent. Et surtout, les anciens ennemis commencent à devenir des alliés potentiels. Parce que maintenant, la menace commune, c'est Griffith et Falcogne. Les Kushans comprennent que le joli petit monde présenté par le Faucon de Lumière cache quelque chose, quelque chose de vicieux et dangereux, et du coup, il y a une vraie résistance qui commence à se mettre en place. Silade prend notamment beaucoup plus d'importance dans ce tome, et Raksha vient foutre un sacré bordel au milieu de tout ça. Donc en fait, il y a énormément de choses intéressantes qui se mettent en place, et c'est peut-être même ça qui me frustre autant, parce que je vois parfaitement où le manga veut aller, et j'ai envie d'y aller avec lui, mais pour l'instant, j'ai l'impression qu'on ne fait que survoler ce qui aurait dû être développé. Mais j'ai quand même envie de voir la suite, ça ne m'a pas dégoûté de Berserk, très loin de là. Ce nouvel arc peut devenir super intéressant, notamment avec les Kushans, et ce qui commence à se construire contre Griffiths. Mais pour moi, le tome 44 sera vraiment le gros juge de paix. Parce qu'à un moment, il faudra sortir de la transition, et là on verra vraiment ces Kujimori et le studio Gaga ont les épaules pour emmener Berserk jusqu'au bout. Bon, changement complet d'ambiance, et surtout changement complet de durée, parce que là, pas besoin d'attendre 44 tomes. Zashitsu, c'est fini en 3 volumes. Merci, ça fait du bien. Zashitsu, c'est un manga écrit et dessiné par Masanori Morita. l'auteur de Rokudenashi Blues et Rookies. Et pour le coup, il change complètement de registre puisqu'il part sur du thriller psychologique et horrifique. Ciao les blagues, bonjour les meurtres. Je vous avais d'ailleurs présenté le premier tome lors de sa sortie quand je faisais encore du 100% audio, donc c'était il y a un petit moment. La série a été publiée au Japon entre 2022 et 2024 et Pika nous a sorti l'intégralité en France cette année entre le 15 avril et le 19 août. C'est ultra récent, donc si vous voulez tout lire aujourd'hui, c'est bon, vous pouvez, c'est enfin dispo. L'histoire commence avec Kai Yamauchi, un prof de collège qui apprend qu'un ancien camarade de classe vient d'être assassiné. Au même moment, Tamao, sa petite amie qui travaille dans l'édition, tombe sur un manuscrit qui a été refusé et qui s'intitule Zashitsu. Et ce manuscrit, comme par hasard, il décrit dans les moindres détails le meurtre qui vient réellement. d'avoir lieu. Encore plus gênant, il annonce d'autres victimes. Très rapidement, le lien semble mené vers Haruto Saeki, ancien souffre-dolore de leur classe, victime de harcèlement scolaire des années auparavant. Kai commence à replonger dans son passé pendant que Tamao tente de comprendre d'où vient le manuscrit et comment il peut annoncer des crimes qui se produisent réellement. Et forcément, plus on avance, plus les anciens camarades concernés commencent à se demander qui sera le prochain sur la liste. Sur trois tomes, Morita mélange donc enquête, vengeance, harcèlement, harcèlement scolaire, culpabilité et quelques meurtres bien dégueulasses. Je vous laisse découvrir comment utiliser des rongeurs pour mettre fin à la vie de vos victimes. Jusqu'à une réunion d'anciens élèves qui va permettre de remettre pas mal de pièces du puzzle en place. Visuellement, j'aime beaucoup. Le dessin est réaliste. très lisible, mais Molita se permet des expressions de visage parfois complètement exagérées et particulièrement sur les bouches. Je ne sais pas pourquoi, mais perso, j'adore ça. Ça donne parfois au personnage une gueule presque grotesque, au moment où la tension monte, et ça colle vraiment bien à cette ambiance de thriller légèrement malsaine. Du coup, je dirais que les dessins et le rythme très rapide donnent vraiment envie d'enchaîner les chapitres, et ça rejoint pas mal les retours sur la série. Le rythme, les expressions de Molita, et le côté page-turner sont souvent cités parmi ses grosses qualités. Et au final, j'ai vraiment bien aimé cette petite série. Je pense que le tome 1 reste mon préféré. C'est celui qui profite le plus du mystère, où tu comprends encore absolument rien de ce qui est en train de se passer. La résolution finale, elle n'est pas complètement renversante. J'avais commencé à voir venir certaines choses, mais elle fonctionne quand même. Et surtout, les personnages secondaires ne sont pas juste posés là pour remplir l'histoire. Je pense notamment au romancier Motoyashiki, accusé de plagiat dans le bouquin, qui finit par avoir une vraie utilité dans l'histoire. C'est vraiment un personnage secondaire, et finalement, il a vraiment sa place. On n'est peut-être pas dans la construction d'un Tetsuya Tsutsui ou d'un Naoki Urasawa, mais franchement, ça fait largement le taf. Trois tomes, une histoire complète, une ambiance très cool, des personnages secondaires bien utilisés. Moi, je dis oui. Avant de passer à la suite, si vous aimez bien avoir des recos comme ça, ou si vous aimez les grosses analyses, comme je le fais aussi, n'hésitez pas à donner de la force en vous abonnant, en commentant, en likant, et tout un ton à un souplé. Et alors là, on va parler de quelque chose que j'aime énormément, Dorô et Dorô. Déjà, je suis fan de Die Dark, donc forcément, le cerveau complètement fracassé de QI Ashida, ça me fait quelque chose. Le manga Dorô et Dorô est déjà terminé depuis 2018, avec 23 volumes, et après une première saison diffusée en 2020, il aura fallu attendre 6 ans pour avoir la suite. Cette saison 2 a commencé le 1er avril 2026, elle fait 11 épisodes, et elle est toujours produite par MAPPA, réalisée par Yoichiro Hayashi, et elle est disponible chez nous, notamment sur Crunchyroll en VO ou en VF, et aussi sur Netflix. Et bonne nouvelle ! Une saison 3 est déjà officiellement annoncée, donc on va encore pouvoir retourner dans ce merveilleux bourbier. Pour rappeler l'histoire, Kaiman, c'est un type amnésique, avec une tête de lézard qui cherche le mage responsable de sa transformation. Avec Nikaido, ils chassent donc les mages qui viennent s'entraîner dans le Hall, un monde absolument dégueulasse où les habitants servent plus ou moins de cobayes aux utilisateurs de magie. Sauf que de l'autre côté, on suit aussi En et toute sa bande, Shin, Noi, Fujita et Bissou, qui cherchent eux-mêmes Kaiman. Et ce que je trouve trop fort dans Dorohedoro, c'est qu'il n'y a pas vraiment de gentil d'un côté et de méchant de l'autre. Cette saison 2 poussent encore beaucoup plus loin les mystères autour de l'identité de Kaïman, de Rissou et des yeux en croix, tout en développant le passé de plusieurs personnages. Nikaido doit également composer avec sa propre magie, particulièrement importante et particulièrement dangereuse, pendant que les liens entre tous ces groupes deviennent de plus en plus bordéliques. Et le truc complètement fou, c'est que l'histoire devient de plus en plus compliquée, mais je suis jamais perdu. Enfin, presque jamais. C'est dolo et dolo quand même. Visuellement, je trouve ça phénoménal. On retrouve cette esthétique industrielle, crade, sombre, avec des textures partout, des murs qui ont l'air de sentir le fond de chiottes, et des personnages qui peuvent passer d'une gueule adorable à un massacre complet en un fragment de seconde. On ne s'aima pas le studio, et je pense que c'est un des meilleurs studios aujourd'hui. Ça mélange toujours 2D et 3D, mais je trouve cette saison encore plus fluide et mieux maîtrisée que la première. qui était déjà dingue. Et ce qui est cool, c'est que l'anime ne copie pas exactement le trait qu'on peut dire plus sombre de Kyo Hayashida dans le manga, même si franchement on reconnaît quand même vachement bien certains designs, mais il a quand même développé sa propre identité visuelle. Moi je suis juste fan, on retrouve la noirceur, le côté dégueu, complètement fracassé du ciboulot, mais aussi les grands sourires, les repas, les amitiés, les relations entre les personnages, et surtout ce refus total de manichéisme. Parce que c'est peut-être ça la plus grosse force de Dorô et Dorô, je suis attaché à tout le monde. Kaïman, Nikaido, Noi, Shin, Ebisu, Risu, même quand ils sont dans des camps opposés, j'ai juste envie qu'il leur arrive rien. Ce qui est quand même problématique dans une série où absolument tout le monde découpe absolument tout le monde. Les pouvoirs sont complètement foutraques, les mages produisent cette espèce de fumée noire qui peut faire à peu près n'importe quoi selon la personne. Il y a des démons, des humains, des cafards géants, de la magie, des champignons, des gyozas, et bizarrement tout ça... ça forme un univers parfaitement cohérent. C'est un des trucs les plus étranges que je regarde. Je comprends totalement qu'on puisse voir Doro et dire « Oh non, désolé, absolument trop absurde pour moi, ça va trop loin. » Mais pour moi, c'est exactement ce dont j'ai besoin, c'est exactement ce que je kiffe. Les combats, les personnages, l'ambiance, le dessin, la musique, l'histoire qui te surprend constamment. En fait, je vais juste retourner dans le haut le plus vite possible. Et apparemment, avec la saison 3, je vais pouvoir. On ne sait juste pas encore quand. Et voilà pour votre dose geek de la semaine, les petits geeks ou new. On se retrouve bientôt pour encore plus de geekeries. Bisous, bisous !