Speaker #0c'est Alita. On dit Gali ! Bon techniquement on a tous les deux raison. Enfin, j'ai un petit peu plus raison quand même. Parce que en vrai, elle s'appelle bien Gali. Alita c'est le nom que nos amis américains lui ont donné quand Viz a publié Gunm chez eux dans les années 90. Parce que genre, Gali c'était trop compliqué pour eux. Donc quand ils ont adapté le manga en film, ils ont gardé Alita. Mais pour moi, Gali, et donc Gunm, le sujet du jour, c'est d'abord un animé que j'ai peut-être visionné un petit peu trop tôt, puisque je devais avoir une dizaine d'années, pas beaucoup plus, et je n'avais pas du tout aimé. Il n'a pas aimé le gamin. Parce que je trouvais ça violent, bizarre, les robots et tout, ça foutait la frousse, ça me mettait les chocottes, j'avais les jetons. Et puis je l'ai revu vers 13 ou 14 ans, et là, changement complet. ce qui m'avait fait flipper quelques années auparavant, était devenu incroyablement stylé. Donc ce côté cyberpunk, la ville dégueulasse, les corps mécaniques, les chasseurs de primes, Zalem au-dessus de tout le monde, et évidemment, Gali. J'étais peut-être un petit peu amoureux de Gali, et je pense que j'étais pas le seul dans ce cas-là. Et en fait, pendant super longtemps, j'ai cru que Gunm, c'était juste un animé ultra stylé, mais je savais absolument pas qu'il y avait un manga. Puis j'ai vu Alita Battle Angel en 2019 avec mon copain Youx. J'avais revu l'animé juste avant d'ailleurs, pour pouvoir me rafraîchir la mémoire. Mais j'avais toujours pas lu le manga. Bon, je savais quand même, entre temps j'avais appris qu'il y avait des bouquins. Parce que oui, les mangas c'est des bouquins. Et j'ai donc maté les deux adaptations avant de lire l'oeuvre originale. C'est honteux, je sais. Bon, j'ai lu Gunm direct après. Et là je me suis rendu compte qu'en 9 tomes, il se passait énormément plus de choses que ce que l'eau avait ou le film. pouvait laisser penser. Aujourd'hui, on va donc parler de la série originale, une oeuvre cyberpunk violente, politique, assez souvent spectaculaire, disons-le, avec une héroïne qui cherche qui elle est dans un monde où le corps est devenu presque entièrement interchangeable. Alors Gunm, c'est un manga écrit et dessiné par Yukito Kichiro, qui commence sa publication en 1991 dans Business Jump chez Shueisha. Et j'ai vu qu'il dit lui-même avoir reçu le feu vert en novembre 90 visiblement pour préparer en urgence le premier chapitre qui devait être destiné au numéro du nouvel an. Et puis ça va continuer jusqu'en 95 avant d'être compilé en 9 tomes. Et du coup, chez nous en France, c'est Glénat qui a sorti le premier tome, L'Ange rouillé, en 95, et le dernier sorti en avril 98, donc le film animé. Enfin, les deux OAV compilés en un film sont sortis et sortis en mai 95, et ça colle parfaitement avec la sortie du manga. Depuis, Gunn m'a connu plusieurs rééditions, bien évidemment, dont l'édition originale actuelle, celle qu'on a en ce moment, au sens de lecture japonais, c'était pas le cas à l'ancienne, et c'est toujours Glenna qui s'en occupe depuis 2016. Et en gros, je résume vite fait, on ira plus loin un peu plus tard dans l'épisode, l'histoire commence à Kuzutetsu, une immense ville, enfin un immense dépotoir, installé sous une autre cité, Zalem, qui est suspendue dans le ciel. Et tout ce que Zalem... rejette, finit en bas, et tout un peuple vit littéralement dans les déchets d'Ozalem. Et un beau jour, Daisuke Hido, médecin spécialisé en cybernétique, tombe sur le buste d'une jeune cyborg, et la petite mémère, elle a encore tout détruit, mais son cerveau est encore intact. Il la reconstruit, lui donne le nom de Gali, et tente de lui offrir une nouvelle vie, un nouveau départ. Alors son cerveau, il fonctionne, mais Gali se souvient de rien. Ou presque. Et oui, parce qu'au moment de la castagne, quelque chose revient assez naturellement. Son corps maîtrise instinctivement le Panzerkunst, un art martial extrêmement ancien conçu pour le combat de cyborgs. Donc elle va commencer à chercher à en savoir plus sur son passé, mais aussi et surtout sur son identité. Alors évidemment, ce qui ressort de Gunn, c'est un truc du genre « Si ton corps est entièrement interchangeable, est-ce qu'au fond, t'es encore la même personne ? » Et bien ça, on va se poser la question. Et ce cheminement de pensée, il vient donc de la plume de Yukito Kichiro, un mangaka né le 20 mars 67, et pépère, il est précoce, puisqu'à seulement 17 ans, en 84, il remporte un concours organisé par Shogakukan, avec le titre Kikai, et 4 ans après, il va devenir professionnel. Et au tout début, Kichiro l'a lui-même raconté, son entourage lui recommandait plutôt de faire du manga scolaire ou sportif, parce que la SF... c'était encore considéré comme difficile à vendre. Ça ne fait pas de la monnaie. Bon, au début, il est trop jeune pour leur tenir tête. C'est normal, c'est tout à fait normal. Puis finalement, au bout d'un moment, il a pris son envol et rien à foutre. Il a fait ce qu'il voulait et je pense qu'on peut tous s'accorder pour dire qu'il a eu raison. Alors, il faut savoir un petit truc. Il bossait sur un projet Rainmaker et dedans, on avait déjà une bonne base de l'univers de Gun. Alors, le héros, c'était un mec. Pfff, berk, un garçon. Zalem n'existait pas, pas encore. Mais il y avait une policière qui portait le doux nom. de Gali, qui était bien présente dans cette histoire. Son éditeur lui a conseillé de garder ce personnage, et finalement le projet ne verra jamais le jour. Mais on peut dire que c'était une sorte d'ébauche, puisqu'à la place il va donc faire le manga dont on est en train de parler en ce moment même. Et le fait d'avoir une héroïne cette fois, ça lui a permis de prendre un petit peu plus de distance avec son personnage, et de moins se comparer à lui, et donc d'être plus efficient sur l'écriture. Bon, il n'a pas fait que ça, hein. Avant Gunn, on peut citer... plusieurs histoires courtes de science-fiction comme Ito, Daimachin ou Mirai Tokyo Henman regroupées au Japon dans un recueil du nom de Ito. Et ces histoires elles sont dispo en mode bonus à la fin de chaque tome de Gun Last Order, dont on ne parle pas vraiment aujourd'hui mais voilà, vous avez l'info. Et il y a même une histoire, plus dans le style fantastique avec Bugbuster qui l'a sorti en 88. Mais ça n'a jamais été traduit, ni en français ni en anglais, donc si vous savez lire le japonais Merci. faites-vous plaisir. Par contre, après Gunm, la quasi-totalité de ce qu'il a fait est sortie chez nous, en France, toujours chez Glenna, et presque tout est lié à l'univers de Gunm. Ashman, qui se déroule dans l'univers du Motorball, Gunm Last Order, Gunm Mars Chronicle, dont le dernier tome vient de sortir le 18 mars, et le recueil Gunm Other Stories. Donc dans toutes ses oeuvres, il ne reste que Aquanite, qui est l'exception, c'est aussi chez Glenna, mais là... On part sur de la fantasy avec des chevaliers et des dragons, donc rien à voir. On est plus dans l'univers de Bug Buster, son oeuvre de 88 dont je parlais un tout petit peu plus tôt. Et c'est pas fini, le 5 mai 2026, il a lancé une quatrième grande série, Gunm Kikujutsu Senki, dont le premier tome est sorti le 21 août 2026 au Japon. Donc 35 ans après les débuts de Gali, le mec est encore dedans. Bon ça j'imagine qu'on aura... un peu plus tard chez nous, pour l'instant c'est toujours au Japon, et juste avant ça, il a fait Taeyo Kei Anto Retsuden. Je sais pas si ça, par contre, on le verra chez nous, mais on peut dire en tout cas une chose, c'est qu'il est vraiment actif, le bougre. Bon, nous, on va rester sur Gunm, premier du nom, sinon la vidéo, elle va faire 3 heures, on n'a pas envie de ça. Et au départ, ça pourrait presque passer pour une histoire assez simple, du genre, Ido reconstruit Gali, elle découvre ses capacités, devient Hunter Warrior, et affronte les criminels de Kuzutetsu. Kuzutetsu, c'est le nom de la ville des charges, je vous l'ai déjà dit, dans laquelle vivent les gens, et qui se trouve donc sous Alen. Mais en vrai, ça va quand même beaucoup plus loin que ça, et je dirais que la série change constamment de forme, en seulement 9 tomes. Bon, si je dois résumer Gunm, dans ses grandes lignes quand même, c'est surtout l'histoire d'une fille qui essaye de comprendre qui elle est dans un monde qui passe son temps à lui rappeler qu'elle ne se souvient de rien en vrai. et qu'elle ne sait rien de son passé. Au début, Gally renaît presque littéralement. Ido lui reconstruit un corps, lui donne un nom, une maison, une sorte de famille. Mais très vite, elle découvre qu'au moment de se battre, son corps sait faire des choses qu'elle-même ne comprend pas vraiment. Et à partir de là, elle va passer toute la série à avancer entre deux trucs. La personne qu'elle était avant est celle qu'elle choisit de devenir maintenant. Et si elle doit combattre, c'est parce qu'au début du manga, on est dans cette décharge, il existe un... trafic de morceaux de cyborgs. Forcément, elle va être impliquée là-dedans, la pauvre, petite choupinette là, mais c'est pas la seule à l'être impliquée. Et dans ses connaissances, il est possible que certains soient du mauvais côté. Elle va être Hunter Warrior, tomber amoureuse, connaître la perte, chercher à se reconstruire dans le motorball, se retrouver mêlée à des histoires de vengeance, puis à des enjeux beaucoup plus gros qui vont finir par dépasser largement Kuzutetsu. Et plus on avance, plus le manga ouvre son univers. On parle de Zalem, de contrôle, de classe sociale, de guerre, de manipulation, de corps très modifiés et de gens qui essayent quand même de rester humains. Il y a d'abord Hugo, pas Hugo, qui est le nom qu'on utilise dans le film de 2019. Et pour faire simple, c'est un peu le love interest de Gali. Je suis un peu jaloux, même si c'est un peu trop résumé de dire ça en vrai. Mais en tout cas, c'est son premier lien affectif avec quelqu'un d'autre que... Ido, qui lui a plus une fonction paternelle. Là, Yugo, il est environ son âge, il est obsédé par Zalem. Pour lui, monter là-bas, ça représente... La sortie, la réussite, il voit ça presque comme une religion. Et moi, j'ai vu le AV en premier, puis après le film Alita Battle Angel, et franchement, on peut avoir l'impression que Yugo est quasiment le deuxième personnage principal de Gunman. Mais quand on lit le manga, il est finalement pas présent si longtemps que ça. Par contre, il est fondamental dans la trace qu'il laisse sur Gali. En vrai, c'est une sorte de déclencheur. Un de nos trucs importants, le motorball. Une sorte de sport mécanique complètement ouf. dans lequel les cyborgs lançaient à pleine vitesse ce massacre pour une baballe. Alors je vais être franc, moi cette partie, balèque. Bon, il fait des rencontres quand même importantes, notamment un certain Jashugan et sa sœur Shumira. Dans l'édition française, c'est Shmila et Jashugan. Vous voyez, je préfère Shumira et Jashugan. Je trouve que ça ressemble plus à comment on le prononce en japonais. Donc, pas si balèque en vrai. Je sais que l'arc est culte et que Kichilo, il fait des trucs... assez dingue en matière de mouvement, mais dans tout Gunm, disons que c'est la partie qui m'intéresse le moins. J'aime pas trop les gros moteurs. J'aime pas trop les courses de bagnole. Même si c'est pas vraiment des bagnoles, c'est plus du roller. Bon bref, ça fait vroum vroum. Et ce qui est ironique, c'est justement que Kichelo a raconté que Gunm était tombé avant dernier dans le classement des lecteurs de Business Jump. Il a paniqué, forcément, et raccourci l'arc. Des années plus tard, le Motorball s'est devenu l'un des éléments les plus iconiques de la saga pour la plupart des gens. Mais comme je le disais, Gunn me change tout le temps, mais Gally reste toujours Gally. Et donc ensuite, on passe à tout autre chose, avec un perso nommé Zapan, qu'on pourrait au début prendre pour un simple Hunter Warrior un peu trop fier, qui devient progressivement beaucoup plus important, parce qu'il a une haine envers elle qui va mener l'un des passages les plus sombres de la série. Et là, pour le coup... Je préfère ça au waterball. Et surtout, il y a Destinova. Nova, c'est le savant fou dans toute sa splendeur. Le scientifique tellement passionné par ce qu'il fait qu'il a depuis longtemps arrêté de se demander s'il devrait le faire. Il y a un petit peu du Victor Frankenstein, du Hammond de Jurassic Park, genre le mec veut aller trop loin dans ses expériences. Il y a peut-être même quelque chose qui rappelle Seth Brundle dans La Mouche. Il est fasciné par la science. petit peu trop fasciné, pépère.
Speaker #0Et ce qu'il fait dans son travail, bah, ça va bouffer tout le reste. Sauf que Nova, il a un petit côté psychopathe. Il expérimente sur les corps et les consciences avec une curiosité malsaine, presque joyeuse. Typiquement le genre de personnage qu'on kiffe détester. Ido, évidemment, probablement l'un des personnages les plus touchants du manga. Il aime Gali comme sa fille. Mais cet amour devient parfois presque douloureux, parce qu'il doit accepter qu'elle fasse ses propres choix, qu'elle change et qu'elle lui échappe. Et petit clin d'œil perso, dans Run to Heaven de Toan, le père de Fi ressemble énormément à Ido, ce qui n'est pas complètement sorti de nulle part, puisqu'il cite Gunm parmi ses influences. Comme quoi Gunm a vraiment laissé une trace sur pas mal de monde. Et il y a plein de personnages, tous ultra différents, genre Gonzu qui est un tavernier protecteur, alors je dis tavernier parce qu'il est une petite échoppe, mais en vrai c'est un scientifique cybernéticien de génie. Tanji, un pote de Yugo qui est lié au trafic de colonnes vertébrales de cyborgs. Vector qui a la main mise sur la décharge et gère des affaires bien louches. Foggia que j'aime beaucoup, figure fort en anglais, je ne sais pas pourquoi comme ça, nous c'est Foggia en édition française, que j'aime beaucoup aussi, qui est donc un mercenaire, pas méchant au contraire, et qui va faire grandir Gali, mais comme il arrive un peu loin dans l'histoire, Je ne veux pas trop en dire. Il y a aussi Chaos et Den, qui sont relativement atteints, et sont très liés au grand méchant Nova. Et Machuchute, derrière Gali bien sûr, ça reste Koyomi, lorsqu'on la rencontre bébé, puis les années passent, elle devient adolescente, traverse l'extérieur du Kuzutetsu, se rapproche du Barjak, une sorte d'armée rebelle menée par Den, qui cherche à renverser l'ordre imposé par Zalem et les usines. Elle récupère un appareil photo, et finit par documenter ce monde. Dans l'épilogue, son travail sur la guerre du Barjak devient même un livre. Elle sert presque d'horloge vivante à Gunn, on la voit grandir pendant que Gali change de corps, et j'adore ce contraste. Et moi quand j'ai enfin lu les 9 tomes, c'est vraiment ça qui m'a frappé. L'imaginaire est beaucoup plus vaste que ce que les adaptations laissent penser, les personnages sont beaucoup plus travaillés, et l'histoire devient de plus en plus ambitieuse, perdre Gali au milieu de l'histoire. Tu m'étonnes qu'il veut faire un second film. Il y a de la matière quand même. C'est de la très bonne science-fiction. Une histoire qui dit de vraies choses avec de la castagne, des cyborgs complètement tarés et une ambiance ultra travaillée. qu'on a du mal à quitter. Et on a tellement du mal à la quitter qu'en 1993 est sortie l'adaptation de Gunm, avec donc ses deux OAV, réalisées par Hiroshi Fukutomi, et c'est donc comme ça que j'ai découvert l'univers. Moi alors je dis deux OAV, mais quand je les ai vus, finalement ça ressemblait à un seul et même film qui condensait essentiellement le début du manga et l'histoire de Yugo, en modifiant tout de même pas mal d'éléments. Par exemple, il crée un nouveau perso, Shiren. Et là où je trouve que c'est marrant, c'est que plus tard, dans le film de 2019, ce perso est aussi présent. Vous savez Jennifer Coddely, avec son petit diamant sur le front là ? Bah il n'existe pas dans le manga. Du coup maintenant que j'ai lu Gunn, je me dis qu'Alita Battle Angel semble à la fois adapter le manga, et aussi cette ancienne O.A.V. Parce que le film de Robert Rodriguez, produit et co-écrit par James Cameron, soit dit en passant, mélange les débuts de Gali, devenu Alita du coup dans la version américaine, l'histoire de Hugo Trop dur de dire Yugo, notre petit pote de l'autre côté de l'Atlantique. Et donc on retrouve Chirène, Vector et déjà pas mal de Motorball. Et Kichiro semble avoir bien aimé les scènes de Motorball justement, et aussi comment la ville a été représentée. Il a été assez dithyrambique sur le film. Et anecdote que j'aime bien, Cameron a découvert Gunm à la fin des années 90, grâce à Guillermo del Toro, qui lui a justement montré l'anime, et après ça, Cameron se plonge dans les mangas. Donc oui, dans le film. C'est normal de voir un peu des deux. Et d'ailleurs, un truc assez cool, je trouve, parlant de James Cameron, c'est qu'il y a quand même pas mal de références à Alien, par exemple, et à d'autres œuvres qu'on peut connaître, de la peinture, par exemple, etc. Etc. C'est certainement ça qui a plu à notre ami James. Je ne sais pas, par contre, si Del Toro lui a conseillé de s'abonner à la chaîne Supplément Geek pour ne pas louper les épisodes, mais moi, je vous le conseille, mes petits geekouniots. En vrai, j'ai bien aimé le film la première fois que je l'ai vu, et même après avoir lu le manga. quand je l'ai revu, j'ai passé un moment assez agréable, même si je trouve que des trois formats, c'est pas le plus marquant, ni le plus abouti. Mais clairement, c'est pas nul. Et apparemment, c'est toujours dans les intentions de James Cameron et Robert Rodriguez de faire une suite. Cameron disait encore fin 2025, qu'il travaillait dessus et envisageait même une architecture pouvant mener un troisième film. Mais bon, là, on est en septembre 2026, et il n'y a toujours ni date de sortie, ni tournage officiellement annoncé. Bon, on verra bien. Je suis vraiment plus attaché au film de 93, dans mes souvenirs des années 90, parce que je suis un vieux papy. Gunm et Ghost in the Shell vont presque ensemble. Évidemment, il y avait déjà Akira, immense porte d'entrée pour l'animation japonaise adulte et la science-fiction, mais Gunm en 93, puis le Ghost in the Shell de Mamoru Oshi en 95, donnaient accès à autre chose que l'image du manga qu'on associait principalement chez nous à Dragon Ball. et au dessin animé Jeunesse du Club de Rotterdam. Enfin, en France, c'est plutôt 95 pour Gunm et 97 pour Ghost in the Shell, puisque je parle des dates VF et pas japonaises. Et on doit être un certain nombre à relier Gunm, Ghost in the Shell et Akira, qui sont régulièrement cités ensemble parmi les grandes références du cyberpunk japonais arrivé jusqu'à nous, public occidental. Décors artificiels, Des identités difficiles à définir, des villes futuristes, écrasantes. Et il y avait quelque chose de franchement nouveau. Et imaginez, dans les yeux d'un tout jeune ado, ce que ça fait de voir ça. C'était juste parfait. Un monde alternatif dans lequel on se projetait et qui avait autant de questions que ce que mes hormones pouvaient produire. Et aujourd'hui, j'ai presque le rapport inverse avec les deux œuvres. Je considère l'anime de Ghost in the Shell comme phénoménal, Alors que... Son manga me paraît beaucoup moins digeste. Pour Gun, au contraire, je trouve le manga encore plus fort que l'adaptation qui me l'a fait découvrir. Mais j'y reste très attaché. Et graphiquement, je trouve que Gun tient encore incroyablement bien la route. Kichiro peut remplir une page de métal, de câbles, de rouilles, de machines, sans perdre complètement le lecteur. Ses corps sont parfois monstrueux, mais racontent toujours quelque chose du personnage. Et quand ça bouge, ça bouge vraiment. Les impacts ont du poids. et le petit corps de Gali peut devenir terrifiant en une case. Mais surtout, cet emballage cyberpunk sert une histoire étonnamment humaine. Parce que Gunn parle d'identité, de mémoire, du libre arbitre, de la différence entre le corps et la personne, mais aussi très clairement de classe sociale. Zalem est au-dessus, littéralement, et Kuzutetsu vit en dessous, au milieu de ce que Zalem jette. Difficile de faire... plus visuel comme représentation d'une société où certains vivent dans les déchets des autres sans jamais pouvoir accéder à l'autre monde. Et cette partie me frappe davantage aujourd'hui qu'il y a 15 ou 20 ans. Alors pas parce qu'on vit soudainement en Dangen, évidemment, mais parce que certaines idées paraissent moins abstraites. Déjà la modification du corps, la dépendance technologique, la surveillance, les inégalités gigantesques. Donc c'est un peu comme 1984, Fahrenheit 451 ou Le meilleur des mondes. C'est pas une prophétie, c'est une section qui pousse des mécanismes humains et politiques assez loin pour nous faire regarder notre propre époque un peu différemment. Et je suis toujours étonné quand je vois des récits comme ça, qui partent sans doute de certaines vérités, mais qui vont tellement loin que c'est de la pure science-fiction, et finalement, quelques années plus tard, on sent qu'on n'est pas si loin. Et même si le côté politique ou philosophique vous passe complètement au-dessus, Gunn fonctionne quand même. Parce que l'action est excellente, parce que l'imaginaire est monstrueux, et parce que les décors sont fabuleux, Et surtout, parce que les personnages... prennent une place telle qu'on peut dire qu'ils existent vraiment. Et je pense que sans cette vague de SF cyberpunk venu du pays du soleil levant, des films comme Matrix n'auraient peut-être jamais vu le jour. Vous l'aurez compris, Gunn, c'est probablement l'oeuvre qui m'a fait aimer les cyborgs et les humains modifiés. C'est un peu mon Blade Runner du manga. Et après l'avoir rejeté, parce que trop petit, je l'ai finalement adoré. Et surtout, l'univers est si vaste. On n'a même pas vraiment parlé des suites, et croyez-moi, il y en aurait des choses à dire. Mais on se garde ça pour une prochaine fois. Gali est ultra badass, évidemment, mais elle est surtout profondément humaine dans un corps qui ne cesse de changer. Ido est touchant, Nova est merveilleux à détester, Koyomi grandit presque sous nos yeux, et Kuzutetsu et Zalem forment encore aujourd'hui l'un des univers cyberpunk les plus marquants que j'ai pu lire ou voir. On peut venir pour les combats, rester pour Gali, se passionner pour les questions philosophiques, ou voir derrière Zalem une énorme métaphore Merci. politique. Moi, j'y vois surtout une œuvre qui m'accompagne depuis l'enfance, même si j'ai mis presque 30 ans réellement à la découvrir. Et rien que pour ça, Gunn devait forcément avoir son épisode de supplément geek. On se retrouve très bientôt, mes petits geekouniou. N'hésitez pas à me dire quelle est votre œuvre cyberpunk préférée. Et d'ici là, geekez bien vos geekeries. Bisous bisous.