Speaker #0Salut les Geekouniou ! Aujourd'hui dans la Dose Geek, on va parler de The Hab, un comics VO chez Bad ID, qui enferme des gens dans un endroit qui fait peur, et après on va aller sur toute autre chose, on troquera les chiens possédés par du goudron et de la nicotine, avec Smoking Behind the Supermarket With You, surtout le manga, même si j'ai regardé l'anime. Et on commence direct avec The Hab, qui est une mini-série d'horreur publiée par Bad ID depuis le début de l'année. Il y en a en 2026 quand je registre pour les futuristes du futur. C'est écrit par Joshua Dysart, qu'on connaît notamment pour Unknown Soldier ou The Life and Death of Toyo Arada. Côté dessin, l'équipe est assez folle puisqu'on retrouve principalement David Lafamme avec Bill Sienkiewicz et Jacob Phillips qui interviennent également sur la partie graphique. Les couleurs sont assurées par Bill Crabtree et Matt Olinworth et un certain Charlie Adlar, The Walking Dead quand même, signe notamment les couvertures principales. Le titre devait initialement s'appeler Habitat et sortir fin 2025, avant d'être repoussé et rebaptisé The Hab. Le premier numéro est finalement sorti aux Etats-Unis le 15 avril 2026, le deuxième le 27 mai et le troisième le 24 juin. Et je précise, c'est de la VO, je l'ai déjà dit, pour l'instant en tout cas, et peut-être pour toujours, ça j'en ai aucune idée. Alors, il y a un personnage qui a quand même un nom assez particulier, j'avais jamais entendu. Et il s'appelle Tuttle Barrows. Et ce gars-là, c'est un milliardaire. Et contrairement au commun des mortels, qui prépare la fin du monde avec 6 bouteilles d'eau, 3 paquets de pâtes et 200 rouleaux de PQ, lui a mis quelques milliards sur la table pour construire The Hub. Un Elon Musk de l'apocalypse, quoi. Et le Hub, c'est un gigantesque habitat autonome destiné à survivre à l'effondrement du monde, installé au-dessus d'une ancienne grotte glaciaire remplie d'eau douce. Et quand l'extérieur devient inhabitable, Tuttle s'y réfugie avec sa famille, ses employés et une poignée de personnes soigneusement sélectionnées. Le plan paraît parfait. Sauf que, en construisant leur magnifique bunker, ils ont peut-être bien réveillé un truc qu'on voudrait pas vraiment qu'ils se réveillent le truc. On se retrouve avec des habitants qui commencent à avoir des hallucinations, et ces hallucinations, on veut pas les avoir, croyez-moi. C'est pas des éléphants roses et des jolies fleurs qui virevoltent dans le ciel. Plutôt des traumatismes qui reviennent vous crier dessus. Normalement, c'est censé être le dernier refuge de l'humanité, mais on voit bien qu'il y a quelque chose qui contamine ce havre de paix, qui se transforme peu à peu en un immense cauchemar. Et forcément, enfermés sous terre alors que le monde extérieur est en train de crever, les possibilités de partir prendre l'air sont légèrement limitées, et plus ils cherchent à comprendre ce qui se passe, plus ils doivent descendre dans les entrailles du Havre, là où tout semble avoir commencé. C'est une sorte de huis clos. post-apo qui bascule très vite vers l'horreur psychologique et même biologique. C'est froid, oppressant et sale, sans avoir besoin d'en faire des tonnes. La femme garde les personnages très lisibles et humains, tandis que Sienkiewicz apporte quelque chose de beaucoup plus instable aux hallucinations. Ça colle bien avec son style. Et je trouve que les couleurs renforcent encore le côté clinique et claustrophobe du bunker. Vraiment, graphiquement, c'est une belle découverte. Au tout tout début, je vais être franc, j'avais l'impression que... Ça allait un peu nulle part. Et puis très rapidement, j'ai compris qu'en fait, ça allait être super prenant. J'ai un peu rechigné à le lire, pour finalement kiffer. C'est oppressant, c'est rapide, c'est un peu malsain, et surtout, c'est très bien mis en image. Pour moi, on prend un peu d'huiclot, un peu d'Xe sens, un peu de cugeau, on met tout ça dans un shaker, on ajoute quelques morceaux de fleubeur verdâtre, et on obtient un truc qui n'a pas l'air appétissant, mais qui sent drôlement bon. On est dans la claustrophobie, là. paranoïa. Lazart arrive à construire un univers sans nous balancer 15 pages d'exposition et surtout le travail graphique. Il y a une vraie efficacité dans les hallucinations et l'horreur est présente même dans l'écriture de certains personnages. C'est pas que visuel. Le ton est dérangeant, la narration visuelle marche au top. C'est un vrai thriller horrifique, particulièrement prenant. Le premier numéro prend peut-être un petit moment pour installer ses personnages et son environnement. Mais une fois que c'est parti, c'est parti pour de vrai. Bon, j'en suis qu'au numéro 3, donc calmons-nous. C'est encore parfaitement le temps de se casser la gueule. Mais si The Hab continue sur cette lancée, sans perdre le contrôle aussi vite que ses habitants, on devrait avoir une très très bonne histoire d'horreur et un super comics. Et vu où s'arrête le numéro 3, j'attends clairement la suite. Allez, on troque les revenants qui hantent le Hab pour fumer une clope derrière le Super S. Smoking Behind the Supermarket With You, c'est un manga écrit et dessiné par... Jinuchi. A la base, le truc commence presque tout petit, puisque Junichi publie l'histoire sur Twitter, aujourd'hui X. Et ça en mars 2022. Ça marche extrêmement bien, à tel point que Square Enix récupère le manga et le publie quelques mois plus tard dans le magazine Moonfleet Big Gagan. Et la même année, il remporte le Next Manga Award 2022 dans la catégorie Web. Une entrée fracassante ! Chez nous, c'est Kana, dans la collection Big Kana Life. Le premier tome sort le 6 septembre 2024. Et au moment où j'enregistre, il y a 6 tomes de disponibles. En France, le dernier étant sorti le 15 mai 2026, alors qu'au Japon, ils en sont déjà au 9ème. Et maintenant, il y a aussi l'anime, produit par Asahi Production, réalisé par Aoi Mori et Tadato Suzuki. Il diffusait chez nous sur Crunchyroll, bien évidemment. Merci Crunchyroll de me sponsoriser, ça serait gentil, je parle de vous tout le temps. Et ça depuis le 9 juillet 2026, avec 12 épisodes de prévus. Et là, au moment où j'enregistre, il y en a 9 de dispo, que j'ai bien évidemment regardé. Mais on reviendra certainement dessus une fois que la saison sera terminée, dans un autre épisode supplémentaire. Sasaki, c'est un salarieman de 45 ans, rincé par le boulot, les heures supplémentaires et cette magnifique capacité du monde professionnel à aspirer tranquillement votre âme. Et son petit rayon de soleil quotidien, c'est Yamada, une jeune caissière du supermarché où il passe après le travail. Elle est souriante, attentionnée, toujours impeccable avec lui, et ça suffit parfois à rendre ses journées un petit peu moins pourries. Une bouffée d'air frais. Sauf qu'un soir, Yamada, elle n'est pas là. En revanche, derrière le magasin, Sasaki rencontre Sayama. Persing, fringue beaucoup moins sage, cigarette au bec et caractère nettement plus franc. Elle lui propose de fumer avec elle et leurs pauses derrière le supermarché vont progressivement devenir un rituel. Petit détail, Sayama et Yamada sont évidemment la même personne. Alors nous, on le sait immédiatement. Bon bah elle, elle le sait forcément puisque c'est elle-même. Mais Sasaki... Lui, il ne comprend rien et il ne sait absolument pas que c'est une seule et même personne. Et tout le manga va jouer avec cette situation, sans se limiter à la blague du double personnage, à travers leurs cigarettes, leur silence, leurs discussions après le travail et tous les petits gestes qui prennent soudainement beaucoup trop d'importance. Sasaki et Tayama apprennent réellement à se connaître. Et puis autour d'eux viennent progressivement les employés du magasin, leurs problèmes professionnels et personnels, et surtout... cette relation qui avance à une vitesse absolument ridicule, mais qui avance quand même un peu. C'est du slice of life, la tranche de vie romantique hyper douce, avec des chapitres souvent courts, hérités de ses débuts sur Twitter, j'imagine. Jinuchi raconte énormément de choses, avec les regards, les silences et les petits mouvements, plutôt qu'avec de grandes déclarations, même s'il y a des phrases bien posées de temps en temps. Le dessin est simple, mais très expressif. Et toute l'ambiance repose sur cette espèce de bulle créée derrière un supermarché, le temps de terminer une cigarette. Et ce que j'aime aussi, c'est qu'on est loin de la romance de lycée, avec les casiers, les clubs et le festival culturel. Là, on a des adultes qui bossent, qui sont fatigués, qui ont déjà leurs habitudes, leurs petites frustrations, et qui se retrouvent juste quelques minutes derrière un supermarché. Et finalement, le délire Yamada Tayama va. un peu plus loin que la simple blague du mec qui reconnaît pas la même fille. Yamada, c'est celle que Sasaki voit quand elle travaille, souriante, impeccable, professionnelle. Tayama, c'est beaucoup plus brut, plus relâché, parfois grognon, parfois franchement désabusé. Et sans dire que c'est deux personnes différentes, évidemment, je trouve que le manga joue très bien avec cette idée qu'on montre pas forcément exactement la même version de nous-mêmes au boulot ou en dehors, ou même juste en société que dans un espace. plus intime. Même la smoking area finit par presque devenir un personnage. C'est 3 mètres carrés moches derrière un magasin, mais pour eux, c'est l'endroit où le monde ralentit un petit peu. Ils bossent, ils sont crevés, ils ont leurs problèmes et pendant 5 minutes, dans cette petite smoking area de supermarché, ils fument et ils parlent de rien et de tout. Et c'est justement dans ces moments-là qu'il se passe plein de choses. Alors moi, j'ai commencé à regarder l'animé et le jour même, je suis allé acheter les 6 tomes Je ne pouvais pas attendre pour connaître la suite, tout simplement. Et je les ai lus en quatre jours. Parce que c'est impossible de sortir de ce manga. J'aurais même pu les lire plus vite, mais j'ai quand même des choses à faire. Et alors, petit détail personnel qui joue probablement dans mon attachement au truc. C'est pas bien de fumer, évidemment. Et moi, j'ai rencontré ma copine parce qu'on fumait tous les deux des clopes derrière le magasin dans lequel on bossait. J'ai jamais été un gros fumeur, mais ça m'est déjà arrivé. Et je pense que je fumais surtout des clopes parce que j'avais envie de fumer avec elle. Alors je savais que la meuf que je voyais en caisse et celle avec qui je venais fumer derrière le magasin, c'était la même personne. Et je suis quand même un petit peu moins coincé que Sasaki, mais forcément, ça m'a parlé. Et même sans ça, ce que j'aime le plus, ce sont tous les petits gestes. La surprise dans les yeux de Tayama quand leurs mains se frôlent, le moment où Sasaki sort exactement la bonne phrase, sans même vraiment comprendre l'effet qu'elle va produire, lui est gêné, maladroit, mais surtout profondément compatissant, et elle, derrière son côté un peu grunge, franc et désabusé, se retrouve parfois complètement déstabilisé. par trois fois rien. Et comment ne pas tomber sous le charme de Tayama, franchement ? Les critiques reviennent beaucoup sur cette alchimie entre les deux personnages, la douceur de leur interaction et le côté assez adulte de leurs problèmes. D'ailleurs, Kana met aussi en avant les questions liées au travail et à la société japonaise, qui peuvent assez facilement nous parler ici aussi. Mais il y a aussi une critique très récurrente, c'est très lent. Même des lecteurs qui adorent la série commencent au sixième tome à trouver franchement difficile de croire que Sasaki n'ait toujours pas complètement compris le truc Yamada-Tayama, ou trouve que la relation avance trop peu. J'ai même vu que certains, dès le premier tome, avaient peur déjà que ça tourne un petit peu trop en haut. Un manque de gaineuse. Et moi, finalement, je ne suis pas vraiment d'accord avec ça, pour une fois en tout cas. Enfin oui, c'est lent, c'est très lent, c'est indéniable. Mais je crois justement que j'aime être avec eux. plus que j'ai besoin qu'ils arrivent quelque part. En fait, la lenteur fonctionne aussi parce que le manga n'est pas uniquement construit autour de la question « est-ce qu'ils vont finir ensemble ? » On regarde surtout deux personnes se rendre progressivement importantes l'une pour l'autre, et parfois même sans qu'ils s'en rendent compte. Et ça, c'est vraiment très stylé. Je veux savoir quand Sasaki va comprendre la douce supercherie, évidemment. Je veux savoir si leurs sentiments vont évoluer. Mais je veux surtout voir la prochaine petite mignonnerie qu'ils vont nous sortir. Bref, je voudrais ça tous les jours de ma vie. Par contre, c'est pas possible de sortir le tome 6, le finir comme ça et que le tome 7 ne soit pas dispo direct derrière. Parce que là, on sent que ça va bouger dans leur relation et j'en dis pas plus. Seul effet secondaire, ça donne quand même un petit peu envie de fumer. Donc, parents, donnez peut-être pas ça à vos ados. Sinon, dans 6 mois, ils rentrent à la maison avec une sacoche en cuir sous le bras, un costard bleu, une cravate et un paquet de gitanes maïs dans la poche. Moi en tout cas, je suis clairement fan. Et maintenant, je veux simplement retourner dans une smoking area japonaise avec ma meuf. Fumez pas, c'est pas bien. Et voilà mes petits geekouniou. Dites-moi en commentaire ce que vous, vous avez lu ou vu cette semaine. Et qui vaut le coup d'œil. On se retrouve très vite pour visiter une planète où un gros bonhomme tout vert cache des gueules. Et d'ici là, geakez bien vos geekeries. Bisous bisous !