Speaker #0Romulus Remus et la Louvre, comment est né Rome ? Bonjour à tous. Le 21 avril 753 avant Jésus-Christ, un jeune homme trace un sillon avec une charrue sur une colline au bord du Tibre. Son frère jumeau par défis franchit le sillon d'un seau. Le premier tire son épée et le tue. La ville qui vient de naître portera le nom du survivant Rome. Vous connaissez certainement cette histoire. C'est l'un des récits mythologiques les plus connus. Mais posez-vous une question simple. Qui a raconté ça ? Et quand ? Parce que la réponse va vous surprendre. Le récit que vous connaissez a été fixé sept siècles après les faits, par des auteurs qui écrivaient pour un empereur. Et la statue de la Louvre, celle qu'on voit partout pour désigner Rome, n'est probablement pas antique du tout. Aujourd'hui, on va faire quatre choses. 1. Raconter la légende telle que les Romains se la racontaient. 2. Comprendre qu'il a écrite. Et pourquoi ? 3. Voir ce que les archéologues ont trouvé sous le palatin quand ils ont creusé. Et 4. Écouter la version de ce dont on ne parle jamais dans cette histoire. alors qu'ils étaient là avant, à côté et aussi probablement dedans, les étrusques. Partons donc dans la Rome des origines, entre mythe et histoire. Commençons par le mythe lui-même. Tout part d'une petite cité du Lacium qui s'appelle Albe-la-Longue. Le roi Procas y a deux fils, Numitor et Amulius. Le trône revient à l'aîné Numitor. Amulius s'en empare par la force. Il chasse son frère et il prend même une précaution supplémentaire. Il fait de sa nièce, la fille de Numitor donc, qui se nomme Rhea Sylvia, une vestale, c'est-à-dire une prêtresse tenue à la virginité. Et donc, sans descendance, la branche de Numitor s'éteint. Sauf que Rhea Sylvia accouche de deux jumeaux. Alors elle affirme que le père est Mars, le dieu de la guerre. Amulius, furieux que son plan soit contrarié, ordonne donc qu'on noie ses jumeaux dans le Tibre. Mais l'ordre est mal exécuté. Les jumeaux sont placés dans un panier qui dérive sur le fleuve. Alors ce thème des enfants abandonnés, exposés comme on dit, avant d'être recueillis et de connaître une vie héroïque, c'est un motif fréquent, aussi bien dans les mythologies que dans les croyances. Dès la Mésopotamie, au troisième millénaire avant Jésus-Christ, on trouve ce thème. avec par exemple la légende de Sarkond à Cade. Sa mère, contrainte de cacher sa grossesse, place le nouveau-né dans un panier enduit de bitume qu'elle confie à l'Euphrate. C'est aussi à peu de choses près ce qui arrive à Karna dans l'épopée hindoue du Mahabharat. Ou encore, et vous l'avez sûrement en tête, à Moïse dans la Bible. Ce scénario en fait fonctionne comme un archétype du héros. La survie miraculeuse à la naissance signale un destin hors norme et légitime un pouvoir ou une mission particulière. Donc revenons à Romulus et Rémus dont le panier échoue sur la rive au pied d'une colline appelée le Palatin. Et c'est là qu'une louve les recueille et les alète. Elle est aidée par un pivert qui est l'oiseau de Mars. Avant qu'un berger, Faustulus, ne les trouve et les confie à sa femme. Devenus adultes, les jumeaux apprennent la vérité sur leurs origines Ils renversent Amulius et ils rétablissent leur grand-père Numitor sur le trône d'Albe. Et par la suite, ils décident de fonder leur propre ville à l'endroit exact où ils ont été sauvés. Mais c'est là où tout se gâte. Un conflit éclate sur le choix du site et sur le nom à donner à la ville. Lequel des deux lui donnera son nom ? Alors les deux frères décident de s'en remettre au dieu. Et pour cela, ils consultent le vol des oiseaux. A l'époque romaine, c'était une façon de prédire l'avenir et de comprendre la volonté des dieux. Rémus, lui, s'est installé sur la colline de l'Aventin et il voit Sivotour le premier. Romulus, lui, il est sur le Palatin. Il en a vu douze. Mais une fois qu'on a dit ça, qui a gagné ? Est-ce que c'est celui qui a vu le premier des oiseaux ou celui qui en a vu le plus ? Alors la tradition ne tranche pas vraiment et c'est révélateur. Une chose est sûre, la tradition est sûre. La tension monte entre les deux frères et, faute d'accord, Romulus qui se sent désigné par les dieux trace donc le 21 avril 753 avant Jésus-Christ. le sillon de sa ville avec une charrue. Alors arrêtons-nous une seconde sur cette charrue, parce que les auteurs antiques sont très précis sur ce point. Ils nous disent que l'attelage doit être composé d'un taureau et d'une vache. Le fondateur guide l'arrière avec un pan de sa toge rabattu sur la tête. Il doit veiller à rejeter la terre vers l'intérieur. Et on soulève la charrue à l'emplacement des futures portes, parce qu'un sillon consacré ne peut pas être franchi. et qu'il faut bien pouvoir entrer et sortir. Alors ce cérémonial porte un nom chez les romains eux-mêmes. Ils l'appellent le rite étrusque. C'est un rite qui figure dans les livres sacrés de la discipline étrusque, des livres aujourd'hui perdus, et qui expliquait selon quel rite on fonde une ville. L'auteur, Plutarque, va même plus loin, et il raconte que Romulus aurait fait venir d'Étrurie, le pays des étrusques, des spécialistes pour lui indiquer la marche à suivre. Autrement dit, La scène la plus romaine de toute l'histoire romaine est un rituel emprunté aux voisins. Alors gardez ça en tête, on va y revenir. Alors c'est donc pas un simple sillon, ni même une clôture, mais une limite sacrée, le pomérium, que Romulus interdit à son frère de franchir. Sauf que, pour se moquer de lui et le narguer, Rémus saute par-dessus le sillon, ridiculisant ainsi la... la petitesse de l'enceinte et l'autorité de son frère. Mais pour Romulus et la goutte de trop, de colère, il tue Rémus. La première ville de l'histoire romaine naît donc d'un meurtre entre frères. Et les Romains n'ont jamais cherché à effacer cela. Ils l'ont au contraire assumé et même transmis. Oui, une cité peut naître du fratricide, et ça doit servir d'avertissement pour maintenir au contraire à l'intérieur l'unité. Voilà pour la légende. Maintenant la vraie question. Cette date du 21 avril 753 avant notre ère est d'une précision étonnante. On a le jour, on a le mois, on a l'année. On dirait un fait établi. En réalité, elle a été calculée au 1er siècle avant Jésus-Christ par un érudit romain, Varron, qui s'appuyait sur les calculs astrologiques d'un de ses contemporains, Tarrusius Firmamnus. Un calcul réalisé d'ailleurs 7 siècles après l'événement supposé. Autant dire que personne n'était là pour vérifier. Et surtout, avant Varron, personne n'était d'accord. L'historien grec Thymée plaçait la fondation en 814, Synchus Alimentus la situait en 728, Denis d'Alicarnasse autour de 751. On voit les écarts qui se comptent en dizaines d'années. C'est Varron qui impose 753, et sa proposition est celle qui est retenue partout. Alors une deuxième chose que vous ignorez peut-être, le 21 avril n'a pas été tiré au sort. C'était déjà depuis longtemps la date des Parilia, une fête rurale en l'honneur de Palaise, la déesse protectrice des troupeaux et des bergers. Ce jour-là, on allumait de grands feux et on sautait par-dessus pour protéger les bêtes. L'anniversaire de Rome a donc été greffé sur une fête de bergers qui existait déjà. On n'a pas inventé une date, on en a récupéré une. Mais reste une dernière question. Pourquoi avoir fixé cette date de fondation ? 753, le 21 avril 753 avant notre ère, au 1er siècle avant Jésus-Christ. Parce que c'est le moment où Rome a désespérément besoin d'un récit sur elle-même. Les guerres civiles viennent de ravager la République, Octave, futur Auguste, prend le pouvoir, et il doit convaincre les Romains qu'il restaure un ordre ancien plutôt qu'il n'en installe un nouveau. Et regardez qui écrit à ce moment précis. Virgile. qui compose l'Enneïde, Titlive, qui commence son histoire romaine. Deux œuvres majeures, deux auteurs qui travaillent sous Auguste, deux textes qui fixent pour 2000 ans la version officielle des origines. D'ailleurs, Virgile fait mieux que raconter Romulus. Il le raccroche à Ennée, un prince troyen rescapé de la chute de Troie. Alors là, Rome cesse d'être une bourgade de bergers, elle devient l'héritière de la... plus prestigieuse épopée du monde grec. Un petit problème pratique, c'est qu'entre la chute de Troie et 753, il y a environ 4 siècles de trous. Pas de problème, on les comble avec une liste de rois d'Albe-la-Longue dont personne n'a jamais entendu parler auparavant. Et cerise sur le gâteau, la famille d'Octave, que l'on appelle la Gens Julia, prétend descendre d'aînés par son fils Jules, aussi appelé Ascanus. CQFD, l'homme qui gouverne Rome, Octave, fils adopté. de Jules César, et donc, membre par cette adoption de la Gens Julia, descend donc du fondateur du peuple romain. Alors attention, je ne dis pas que Virgile et Titli vont inventer le mythe de toute pièce, ils circulaient avant eux, on a des traces bien plus anciennes. Mais ils lui ont donné sa forme définitive, un moment où, politiquement, cette forme était très utile. D'ailleurs, les auteurs antiques eux-mêmes n'étaient pas dupes. Par exemple... Tite-Livre apporte une version rationnelle du récit, qui juge d'ailleurs digne d'être mentionnée. On explique ainsi qu'en latin, le mot lupa désigne la femelle du loup, mais c'est aussi le terme courant pour désigner une prostituée. Et c'est d'ailleurs de là que vient notre mot lupanar. Certains disent donc que la femme de Faustulus, celle qui a élevé les jumeaux, avait ce surnom parmi les bergers, et que toute l'histoire de la Louvre viendrait d'un malentendu sur un mot. Plus tard que rapporte la même explication. Vous voyez, il y avait déjà à l'époque des gens pour dire que la Louvre, c'était une belle histoire. Passons aux fouilles. Parce que c'est là que ça devient encore plus intéressant. En 1948, l'archéologue Sebastiano Polisi fouille le Palatin, la colline d'origine de Rome. Alors il met à jour des trous de poteaux, des foyers, des sols de terre battus et les restes de trois cabanes datées des IXe et VIIIe siècles avant Jésus-Christ. La mieux conservée restait célèbre sous le nom de Cabane A. Alors là, le rapprochement est immédiat. On a le Palatin, des cabanes, la bonne époque. Et plus tard qu'Edeni d'Alicarnas raconte que les Romains entretenaient sur le Palatin une hutte qu'ils appelaient la Casa Romuli, la maison de Romulus, et qu'ils la réparaient de siècle en siècle avec les matériaux d'origine pour qu'elle reste identique. Ce qui d'ailleurs veut dire une chose, les Romains eux-mêmes croyaient dur comme fer que leur ville était née là. Puis viennent les fouilles d'Andrea Carandini, à partir de 1985 sur le flanc du Palatin, entre l'arc de Titus et la maison des Vestales. Son équipe dégage une stratigraphie remarquable. Quatre murailles successives, superposées, et datables approximativement de 550-530, 600-675, et la plus ancienne des années 730 avant Jésus-Christ. On a donc toute une belle délimitation urbaine autour du Palatin au VIIIe siècle. Mais là commence un débat. Car Andini, qui a fait les fouilles, en conclut que ce mur est le Mourous-Romouli, le rempart de Romulus. Il y voit la preuve archéologique que la tradition dit vrai, qu'un fondateur unique a bien tracé une limite au milieu du 8e siècle et donc que le récit antique peut être suivi. Oui, mais la majorité des chercheurs ne le suit pas. On lui reproche de partir du texte pour interpréter le terrain, au lieu de faire l'inverse. Un mur de 8e siècle prouve qu'on a délimité. un espace au 8e siècle. Il ne dit pas qui, ni pourquoi, ni comment cette personne s'appelait. L'archéologie documente des couches d'occupation. Elle ne produit pas des dates au jour près. En fait, l'hypothèse que retiennent la plupart des spécialistes est nettement moins romanesque. Rome ne serait pas né un matin d'avril, mais d'un cynécisme, c'est-à-dire d'un regroupement progressif de villages installés sur les collines voisines du Tibre. Un processus long, de plusieurs générations, sans fondateur et sans acte de naissance. Bon, ce qui, avouons-le, fait quand même un moins bon récit. Il nous reste maintenant à écouter les grands absents de cette histoire. Oui, au 8e siècle avant Jésus-Christ, Rome n'est pas toute seule au bord du Tibre. Elle se trouve à la frontière méridionale de l'Étrurie, face à des cités bien plus puissantes qu'elle. Veillès, Vulci, Tarquinia, Serveteri, des villes fortifiées avec des ports, une écriture des rois, des ateliers de bronziers réputés dans toute la Méditerranée. À côté, on parle de la Rome des cabanes du Palatin, c'est un gros village quoi. Et la tradition romaine elle-même ? reconnaît que trois des sept rois de Rome sont étrusques. Tarquin l'Ancien, Servius Tullius et Tarquin le Superbe. Alors cette partie-là, les Romains ne l'ont jamais niée. Mais il existe une autre version, une version qui ne vient pas de Rome. En 1857, on ouvre une tombe étrusque, dans la nécropole de Vulci, à une centaine de kilomètres au nord de Rome. Les murs sont couverts de fresques du IVe siècle avant Jésus-Christ. Et l'une d'elles montre une scène de massacre. Des guerriers gorgent des hommes, surpris dans leur sommeil, et chaque personnage est identifié par son nom, écrit en étrusque à côté de lui. Et il y a deux noms surtout qui ressortent. Celui d'un guerrier, qui libère un prisonnier de ses liens, il s'appelle Mastarna. Et celui d'une des victimes, dont l'inscription se lit « Kneve Tarcunies Rumach » traduisait « Tarquin de Rome » . On a donc une fraise étrusque qui montre un tarquin de Rome en train de se faire égorger. Et reste à savoir qui est ce Mastarna. Et là, la réponse vient d'un empereur romain. En 48, après Jésus-Christ, l'empereur Claude prononce devant le Sénat un discours gravé sur une plaque de bronze qu'on a retrouvée à Lyon, la table claudienne. Je vous en parle dans l'épisode sur l'histoire de Lyon. Claude était passionné par les étrusques. Et il dit ceci. Les auteurs romains font de Servius Tullius, sixième roi de Rome, le fils d'une esclave. Mais les sources étrusques, elles, l'appellent Mastarna, et en font un chef de guerre venu d'Étrurie. Mesurez l'écart. D'un côté, on a un roi qui est né dans le palais. De l'autre, on a un chef de bande qui s'est emparé de Rome par les armes. Et c'est un empereur romain, Claude, qui rapporte cette seconde version. Bon. Je reste prudent, là on a une fresque qui orne la tombe d'une grande famille de Vulci, à une époque où sa cité est en lutte contre Rome. Forcément, cette fresque va glorifier les ancêtres, c'est de la propagande, elle aussi. Mais ce qui est amusant et intéressant, c'est que c'est la propagande d'en face. Et ça change la façon dont on regarde tout le reste. Le rite de fondation à la charrue, il est étrusque. Trois rois de Rome sont étrusques. La grande cité voisine Véhies est étrusque. Rome, elle ne naît pas seule sur sa colline. Elle naît dans l'orbite d'une civilisation plus ancienne et plus riche qu'elle, une civilisation qu'elle va conquérir et assimiler jusqu'à la faire disparaître assez largement. Alors il reste une dernière chose à régler, c'est peut-être la plus amusante. Ouvrez n'importe quel manuel d'histoire romaine, vous trouverez la même photo d'une sculpture, une louve de bronze, gueule ouverte, oreilles dressées, avec deux nourrissons sous le ventre. C'est la louve du Capitole, conservée au musée du Capitole à Rome. Le symbole absolu de la Rome antique, que l'on voit partout quand on visite Rome de nos jours. Sauf qu'elle n'est probablement pas antique. et l'histoire de sa datation est un excellent résumé de tout ce qu'on vient de raconter. Au XVIIIe siècle, l'historien de l'art Winckelmann la classe comme étrusque, et c'est une thèse qui s'installe pour deux siècles, qui se renforce même en 1916 quand on découvre l'Apollon de Veillesse, un chef-d'œuvre de tercuit étrusque. Alors les ressemblances de style semblent trancher la question. La Louvre sortirait des ateliers de Veillesse, probablement au Vème siècle avant Jésus-Christ. Ce qui, notez-le, revenait déjà à admettre que le symbole de Rome avait été fabriqué par des étrusques. Bon, on savait par ailleurs et depuis longtemps que les deux jumeaux, allaités par la Louvre, ne faisaient pas partie de l'œuvre d'origine. Oui, ça on le sait, ils ont été ajoutés à la Renaissance à la fin du XVe siècle. Mais en 1997, l'historienne de l'art Anna Maria Caruba, chargée de la restauration de la statue de la Louvre, examine le bronze en détail. Et elle constate... que la louve a été coulée d'un seul bloc. Or, les bronziers antiques procédaient autrement. Ils fondaient les pièces séparément, puis ils les assemblaient. La coulée d'une seule pièce, c'est une technique médiévale. celles qu'on emploie pour les cloches. Alors, des analyses scientifiques sont lancées, notamment à la datation au carbone 14, l'université du Salento qui mène ça, et ces datations donnent une fourchette pour la Louvre, située entre 1021 et 1153 après Jésus-Christ, avec une fiabilité de 95,4%. Je précise... que cette attribution reste encore discutée par une partie des spécialistes et que le débat n'est pas clos. Mais globalement, l'impression que ça donne, c'est qu'on a une Louvre du XIe ou XIIe siècle, des jumeaux du XVe siècle, pour illustrer un événement du VIIIe siècle avant notre ère, raconté par des auteurs du Ier siècle avant Jésus-Christ. En clair, pendant 2500 ans, chaque époque a refait cette histoire à sa mesure. Les étrusques ont fourni le rituel de fondation, et probablement plusieurs rois. Les romains ont écrit le récit pour se donner des ancêtres troyens. Le Moyen-Âge a fondu la Louvre dans le bronze. La Renaissance a ajouté les bébés. Le XVIIIe siècle a rendu aux étrusques. Et le XXe siècle a cherché Romulus sous le Palatin avec des truelles. En fait, Rome n'a peut-être jamais été fondée un 21 avril, mais une chose est sûre. Elle n'a jamais cessé d'être refondée. Alors, que retenir de tout ça ? Que la légende de Romulus et Rémus est un vrai document historique, mais à condition de savoir de quoi il est le document. Il ne nous renseigne pas beaucoup sur le 8e siècle avant Jésus-Christ. Non, il nous renseigne énormément sur les Romains du 1er siècle avant Jésus-Christ, sur ce qu'ils voulaient croire de leurs origines et sur ce qu'ils étaient prêts à assumer, y compris un fratricide. Et c'est peut-être la vraie leçon de cet épisode. En histoire, la question n'est jamais seulement « est-ce que c'est vrai ? » C'est aussi « qui raconte ? » « quand ? » et « à qui ça profite ? » Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. S'il vous a plu et que vous souhaitez l'acclamer comme les citoyens romains au Colisée, laissez une note et un commentaire sur Spotify ou Apple Podcast. N'hésitez pas à partager l'épisode autour de vous et aussi à vous abonner, c'est gratuit et vous serez certains de ne manquer aucun nouvel épisode. Vous pouvez aussi me proposer des sujets en commentaire ou sur le compte Instagram du podcast, il y a déjà une belle communauté de passionnés. Et on se retrouve très bientôt pour une nouvelle page d'histoire.