Speaker #0Bienvenue sur Thé Vert, le podcast qui vous accompagne dans votre transition vers un mode de vie zéro déchet, éthique et minimaliste. Je suis Laure, créatrice couturière de L'Aiguille Verte. Je vous propose des créations de textiles upcyclées et des produits ménagers consignés et écologiques. Chaque semaine, je vous partage des astuces pratiques. On va rencontrer des personnes inspirantes, acteurs de l'écologie ou pas. On va partager avec des invités leur parcours. Et ensemble, on va mettre en place des petits gestes. indispensables et utiles pour prendre soin de la planète. Faisons de l'écologie une aventure simple, durable et fun. Alors, prêt à passer au vert ? C'est parti ! Alors non, je ne vais pas chanter. Je vais être honnête avec vous, cet épisode est différent, disons plus difficile à écrire et sans doute aussi plus difficile à écouter. Cet été, la canicule ravage la France, la France brûle, la Terre brûle. Pas de façon métaphorique, mais littéralement, les forêts brûlent vraiment, sont en feu. Les animaux brûlent, meurent et décèdent. Les plantes brûlent, des maisons brûlent, et des pompiers sont morts en défendant tout ça. Bienvenue sur Tévers, normalement c'est plutôt un podcast joyeux, familial, léger, encourageant, positif. Mais là, déjà c'est pas tout à fait mon état d'esprit du moment. Parce que quand j'entends tout ce qui se passe dans nos forêts, sur Terre, ça m'inquiète, très franchement. Donc je ne peux pas faire comme si de rien n'était, et c'est pour ça que je fais cet épisode, et que je reprends tes vers avec ce sujet, parce que c'est très important qu'on comprenne ce qui se passe, qu'est-ce qu'on peut faire, et on n'est pas seul. Mais j'ai en même temps envie d'orienter ça en ode à la vie, pour que ça reste positif, on essaiera de tirer une conclusion. positives, en tout cas, ou des choses positives, des actions concrètes pour que ça ne se reproduise plus. Surtout, pour moi, ça c'est important. Alors, on va être assez concret, là j'ai regardé 116 085 hectares sont partis en fumée depuis le début de l'année 2026. C'est un record historique, annoncé par le ministre de l'Intérieur, je crois. Et on est seulement fin juillet là. au moment où moi j'enregistre l'épisode, et au moment où il va sortir. C'est-à-dire qu'on a fait un tout petit peu plus de la moitié de l'année. Bien sûr, il y a beaucoup moins de feu en automne, en hiver, etc. Mais en tout cas, l'été n'est pas fini. Ça, c'est sûr. Voilà. Donc, on va parler des incendies, ce qu'ils détruisent, ce que ça représente aussi pour nous, la biodiversité, les animaux, les végétaux, qui sont nos voisins. Nous sommes colocataires, nous habitons sur la même planète qui nous héberge. Elle n'est pas à nous. Et j'ai vraiment envie de faire ce focus aussi là-dessus. Voilà. Il y a aussi de l'espoir, on en parlera à la fin. J'ai beaucoup lu et je me suis renseignée sur les conséquences, et je vais partager tout ça aussi avec vous aujourd'hui. Alors, ce que les chiffres disent, et ce qu'ils cachent aussi un petit peu, parce que j'aime bien les chiffres, vous savez, le côté carré, donc j'ai parlé des 116 000 hectares brûlés en France. c'est 4 fois plus que la moyenne des 20 dernières années, qui était déjà de 9000 hectares par an. 4 fois plus. En juillet seulement, la forêt de Fontainebleau, elle a perdu, alors j'ai plus le chiffre, je voudrais pas dire une bêtise de tête, mais je crois que c'était plus de 2000 hectares, juste à la frontière de Paris. La Drôme, 4000 hectares en 9 jours. Les Pyrénées-Orientales, à peu près 5000 hectares, je crois. Il y a eu 12 000 personnes évacuées aussi là-bas. En Gironde, dans les Landes, là qu'on entend en ce moment, l'incendie qui est parti d'un chantier de débroussaillage a ravagé plus de 12 000 hectares et forcé plus de 40 000 personnes à quitter leur maison. 40 000 personnes. On parle en plus des habitants, il y a aussi tout ce qui est touriste. La France n'est pas la seule. En Espagne, 119 000 hectares ont brûlé sur la même période. Le Portugal, la Grèce, l'Italie, toute la rive méditerranéenne, en fait, vit. L'été de cette même façon, avec toutes ces canicules et tous ces départs de feu massifs. Bien sûr, on doit parler des pertes humaines. Il y a déjà malheureusement 4 pompiers français qui ont perdu la vie depuis le début de l'année 2026 en combattant ces feux, et 3 juste au cours du dernier mois, alors que 2025 il n'y en avait eu aucun, d'essai de pompiers. Oui, c'est long. ce silence, mais c'est une forme de respect, si pour eux. 90% des incendies sont d'origine humaine, volontaire ou accidentelle. Mais c'est la sécheresse extrême qui les amplifie et qui en fait des méga-feux. Les trois canicules qu'on a subies, avec la quatrième qui est en cours, on va dire fin juillet, début août, ça a transformé les forêts en poudre. C'est tout faux, on voit les feuilles. En Normandie, on voit quand même les feuilles des arbres qui tombent, qui sont toutes sèches. La p... L'herbe, c'est de la paille. Les champs autour de chez nous, c'est tout sec. La terre fissure sur plusieurs centimètres de profondeur, littéralement. On arrive à enfoncer un bâton dans le sol sur, je crois que mon mari en a regardé, à peu près une dizaine, quinzaine de centimètres dans des fissures. Ça cause aussi parfois des dégâts supplémentaires dans les maisons, avec des fissures qui apparaissent sur les murs, etc. Il y a aussi beaucoup de cas, beaucoup de dégâts aussi de ce côté-là. Je voudrais maintenant parler, je vous ai dit que je ferais une ode à la vie, Et donc... Donc je voudrais rendre hommage et parler des animaux et de toute la végétation qui décède aussi, qui meurt à côté de nous dans ces incendies. Un dernier chiffre avant que je l'oublie, je voulais quand même partager un petit peu avec vous ce que ça représente, les 116 000 hectares dont on parlait tout à l'heure, ça fait 1160 km². Bon, ça non plus, c'est un peu abstrait, ça parle pas trop, je trouve que voilà. Donc j'ai cherché un équivalent pour ces surfaces brûlées, et ça représente 10 fois. la superficie de la ville de Toulouse, 11 fois celle de Paris intramuraux, et si on superpose, si on met bout à bout tous ces incendies de l'année 2026, les flammes, elles auraient emporté l'intégralité de la Martinique, ou encore l'ensemble du département du Val d'Oise. Donc on aurait perdu, enfin on a littéralement perdu l'équivalent d'un département français. dans les flammes cette année en 2026. Donc voilà, sur ces territoires, ce que je voulais vous dire c'est qu'il y a des hommes, bien sûr, ça vous le savez, des hommes, des femmes, etc., du matériel, mais il y a aussi nos colocataires qui souffrent. Qui d'autre que les humains ? vivent dans ces zones brûlées. Qu'est-ce qui se passe quand ça brûle ? C'est de ça aussi dont j'ai envie de parler, pour pas qu'on oublie et qu'on sache bien ce qui se passe. Une forêt, c'est tout un monde. Bien sûr, un écosystème entier, il y a des milliers d'espèces au mètre carré. Des champignons, des insectes... des vers, des araignées, des oiseaux, des petits mammifères, des reptiles, des amphibiens. La plupart de ces espèces, elles vivent dans les premiers centimètres du sol. C'est pas forcément en profondeur. Quand on est en profondeur dans la terre, on est davantage protégé. Mais quand le feu passe, c'est toutes ces petites bêtes, toute cette vie-là, qui se retrouvent brûlées et anéanties et qui n'a nulle part où aller. Un ver de terre, il ne pourra jamais fuir. Un versateur, c'est peut-être pas très reluisant, mais on en a extrêmement besoin. besoin. Les araignées, on en a besoin. C'est tout un équilibre dont on a besoin. Les grands animaux, les cerfs, les sangliers, les renards, les lapins, parfois, ils arrivent à fuir aussi. Même aussi, ils perdent quand même leur habitat. Il y en a tout de même qui décèdent puisqu'on a aussi malheureusement de plus en plus de forêts qui sont grillagées. Donc, ils se retrouvent prisonniers des flammes. Certains animaux, se retrouvent emprisonnés aussi dans des forêts, parce que parfois, il peut y avoir des centres équestres, notamment près des forêts, des choses comme ça. Et j'ai vu des vidéos de chevaux qui ont été, heureusement, libérés par leur propriétaire, pour pouvoir se sauver, et qu'ils ont fini par passer au galop au centre-ville pour fuir les flammes. Heureusement, ils ont été libérés, il aurait pu y avoir un drame. Il y a des chiens, j'ai vu aussi des... Des chenilles qui avaient fait ça aussi pour protéger les animaux, les sauver. Côté végétation aussi, les arbres matures qui ont mis des centaines d'années à pousser peuvent disparaître en quelques heures. Le sol se retrouve nu, exposé aussi aux éléments à l'érosion. Quand il pleut après un incendie, d'ailleurs, l'eau ruisselle sur une terre qui n'a plus rien pour la retenir. C'est littéralement un toboggan. C'est ce qu'on appelle des coulées de boue post-incendie. Et ça, ça détruit. tout ce qui pouvait potentiellement avoir survécu. Mais il y a quelque chose que j'ai appris aussi en préparant cet épisode dont je vous parlais au tout début, c'est quand même que la nature sait faire plein de belles choses. Une forêt brûlée, c'est pas une forêt morte, pas toujours et pas définitivement. Les écosystèmes, notamment méditerranéens, ils ont réussi à co-évoluer, co-progresser avec le feu depuis des millénaires. Certaines espèces végétales, elles ont développé des mécanismes pour pouvoir germer, notamment par exemple des conifères, qui germent uniquement lorsque le sol a été brûlé. La chaleur est le déclencheur du fait de la germination, et c'est ça qui permet aux conifères de repousser. C'est fou quand même, c'est hallucinant, c'est beau. La nature, elle a compris comment lutter contre le feu. D'autres plantes ont des rhizomes, des petites racines souterraines, qui survivent au passage des flammes et qui repoussent dès les premières pluies. Il y a des orchidées sauvages qui font ça, et qui peuvent refleurir dès la première année après un incendie, grâce justement à leurs petites racines souterraines. Du côté des animaux aussi, certaines espèces reviennent rapidement. Les insectes adorent même les milieux ouverts, comme ça, créés par le feu. Les insectes aiment bien aussi certains, alors pas tous, mais certains aiment bien ce côté un peu dégagé. Quand il y avait trop d'arbres trop denses, ils ne pouvaient pas venir. Donc ça modifie la composition et les personnes qui habitaient là, mais ça prospérait une autre forme de vie tout de même. Ça reste un peu positif, je trouve. D'après ce que j'ai lu aussi, il faut quand même que je vienne nuancer ce que je viens de vous dire. C'est que ça, tout ça, c'est vrai. seulement si les feux sont espacés dans le temps. Quand une forêt brûle tous les 5 ans au lieu de tous les 50 ans, les mécanismes, le principe de régénération n'a pas le temps de se mettre en place. Tout ce qui était dans le sol va être épuisé très rapidement. Et lorsque les sols restent nus, c'est là que la garrigue prend la place de la forêt. Toutes ces petites herbes folles en friches. Et ça, c'est plus inflammable encore. Donc c'est un cercle vraiment vicieux. Et en fait, c'est exactement ce que nous explique le réchauffement climatique, le dérèglement climatique, c'est que la nature, elle peut se régénérer. Oui, elle l'a fait déjà des dizaines, des dizaines de fois, mais pas à ce rythme, pas avec cette fréquence d'incendie et de feu. Il faut qu'on change quelque chose, on n'a pas le choix. La forêt, elle va être résiliente. C'est pas moi qui le dis, d'ailleurs. Tout ce que je vous partage, j'en profite pour vous le dire, c'est parce que j'ai lu, je me suis intéressée au sujet. J'ai sourcé aussi des chiffres. auprès de l'ONF, l'INRAE et le SNP, Société Nationale de Protection de la Nature. Je lis beaucoup et je n'ai pas la prétention d'être scientifique, et je ne suis pas du tout scientifique, donc je ne sors aucun chiffre quand je vous les donne. C'est forcément toujours sourcer, vérifier, croiser, etc. pour ne pas vous raconter des bêtises. Je trouve ça très important. Bref, j'ai envie de finir cet épisode, cette ode à la vie, en vous parlant de ce qu'on peut faire, concrètement. Je ne vais pas vous dire que recycler vos bouteilles en plastique, éteindre la lumière, ça va permettre de réduire les incendies. Ça ferait vous mentir. Première chose, en période de sécheresse, respectons les arrêtés préfectoraux d'intellectuons de feu en extérieur. Ne pas jeter de mégots depuis sa voiture ou en se promenant. Ne pas faire de barbecue en forêt, dans les campignes. C'est des gestes minuscules, c'est juste du bon sens. Mais je rappelle que 90% des incendies sont humains. Donc 90% auraient pu ne pas avoir eu lieu. On en a encore des dizaines d'exemples ces derniers jours. On m'a parlé d'un homme nu qui est en train d'allumer les incendies dans la forêt. C'est quand même hallucinant. Mais bref, pour votre maison, vous pouvez aussi la protéger quand on habite en zone à risque. Et encore, malheureusement, pas seulement, mais essayons de bien débroussailler autour de chez nous. Pas trop court pour protéger la vie. mais en tout cas, d'élaguer au maximum. En plus, d'ailleurs, j'en profite pour le rappeler, mais j'ai vu que c'était obligatoire, obligatoire d'ailleurs depuis seulement cette année, avril 2026. Ça peut sauver votre maison et celle de vos voisins. Donc si vous ne le faites pas pour vous, faites-le aussi pour la communauté, potentiellement. Autre geste important, bien sûr, ça va être soutenir la régénération des forêts, soutenir les associations qui s'en occupent pour participer financièrement au reboisement. Vous pouvez aller. aussi replanter là-bas, partager des essences, partager des arbres ou des espèces qui vont survivre et qui vont être diversifiées et adaptées au futur changement climatique, au futur climat qu'il y aura. Et bien sûr, pas des monocultures, toutes les mêmes rangées de pins, les arbres comme ça, bien rangées. La nature ne fait pas ça. Et en plus, ça brûle comme des allumettes, les forêts de pins comme ça rangées, c'est fou. Je vous mets des liens d'association. que j'ai vu qui aident et qui protègent les forêts pour assurer une biodiversité et à la fois une régénération de la forêt. Bien sûr aussi, pour le plus long terme, tout ce qui va réduire notre empreinte carbone, nos émissions, ce sont des gestes qui comptent, mine de rien, et qu'il ne faut pas cesser de faire. Ne l'oubliez pas, ce n'est pas anecdotique, c'est le fond du problème pour vous, pour nous, pour les générations futures. Et pour nos colocataires, les habitants qui vivent avec nous, qui ont peut-être 4, 8, 12 pattes, je ne sais pas combien il y en a dans la nature, mais bref. Je referme cet épisode de reprise avec une pensée pour tous ceux qui ont perdu. cet été, qui ont tout perdu leur maison, perdu la vie, perdu des animaux de compagnie, voilà. Les pompiers, message aussi aux agriculteurs qui aident et qui participent, et tous les citoyens qui le font. Bravo à vous, merci de le faire, et ça compte, et je trouve ça au moins beau de voir cette solidarité dans un moment si difficile. Voilà, la forêt reviendra, pas tout de suite, pas partout, pas comme avant. Mais elle, elle reviendra, c'est sûr. En tout cas, moi, j'y crois. À condition qu'on lui laisse le temps et qu'on arrête d'alimenter aussi le problème. Prenez soin de vous, prenez soin de la planète. À bientôt. TVR, c'est fini. C'est tout pour aujourd'hui. Alors rendez-vous maintenant la semaine prochaine.