- Speaker #0
Bienvenue dans TCA, etc., le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour, parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Milsono, et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes, et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram, où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur flavie.mtca.
- Speaker #1
Très belle écoute. Aujourd'hui, je reçois une invitée un peu particulière,
- Speaker #0
avec laquelle je suis allée enregistrer chez elle. Je vous en dis pas plus, je vous laisse écouter cet épisode de podcast, qui commence même par les coulisses de cet enregistrement. J'espère que ça vous plaira autant que ça m'a plu de l'enregistrer. Bonne écoute. C'est le but, si t'es quelqu'un qui raconte des blagues, il faut que tu racontes des blagues. Si,
- Speaker #1
personne ne me connaît par le fait. Tu veux que je reste là ? Ouais,
- Speaker #0
c'est pas mal, non ? T'es bien ?
- Speaker #1
Ah bah je suis bien, moi, là.
- Speaker #0
Là, ça a l'air pas mal. Et moi, je vais mettre mon truc ici. Et donc l'idée c'est qu'on échange toutes les deux. Moi mon podcast il parle de l'alimentation, du rapport à l'alimentation, du rapport au corps, mais aussi des femmes plus généralement. Du rapport qu'ont les femmes à leur corps, mais aussi la place qui est faite aux femmes dans la société. Ça c'est un sujet qui est important pour moi. Et du coup c'est pour ça que j'avais envie de te poser des questions, parce que t'es une femme et que t'as traversé un certain nombre de générations. Donc voilà, les questions vont porter essentiellement là-dessus.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Pour commencer, est-ce que tu voudrais bien te présenter ? Qu'est-ce que tu dirais de toi pour te présenter ?
- Speaker #1
Je ne sais pas. Oui, je suis une mamie. Je m'appelle Eliane Tellier, j'ai 95 ans et j'ai plein de petits-enfants et d'arrières petits-enfants que j'adore. Je les adore tous.
- Speaker #0
Et ils t'adorent aussi, c'est vrai. T'es pas que une mamie, t'es ma mamie.
- Speaker #1
Et la mamie à toi aussi. À mes petits-enfants, tout en premier.
- Speaker #0
T'es une maman, une mamie. Et avant ça, en fait, t'as été tellement de choses, parce que t'as été toi aussi l'enfant de, la petite-fille de, la femme de, tu t'es mariée.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
T'as travaillé aussi dans ta vie.
- Speaker #1
Oui, j'ai travaillé en élevant les filles. J'ai travaillé un peu en dehors. Et après, j'ai élevé mes petits-enfants. Mes chers petits-enfants. C'est chouette déjà que tu dis ça.
- Speaker #0
Quand je dis que tu as travaillé, le premier travail auquel tu penses, c'est ton travail de maman. Et je trouve qu'il y a plein de femmes qui ont l'impression de ne pas travailler. Il y a plein de femmes au foyer qui ne sont pas du tout reconnues là-dedans, mais même elles qui ne se reconnaissent pas là-dedans. Ils ne vont pas dire que c'est un travail alors que c'est un travail.
- Speaker #1
C'est un travail. Du fait de mon métier, la couture, principalement, j'ai travaillé pour les hommes. Et c'est pour ça que je travaillais à la maison en élevant les filles.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et ensuite, les petits-enfants.
- Speaker #0
Tu n'as pas été un peu nounou aussi ?
- Speaker #1
Et après, il n'y avait pas de travail du tout. Donc, j'étais un peu nounou, oui. J'ai élevé des petits-enfants. J'adorais ces petits enfants aussi, mignons comme tout. Malheureusement, je ne les ai jamais revus adultes.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Non, je ne les ai jamais revus adultes. Tu vois, c'est un manque ça quand même.
- Speaker #0
Ah ouais, tu aurais aimé savoir.
- Speaker #1
J'aurais aimé savoir ce qu'ils sont devenus et tout.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Tu as passé beaucoup de temps auprès d'enfants en fait.
- Speaker #1
Oui. Ah oui, oui, j'adorais les enfants. Même jeune fille, j'avais toujours une troupe d'enfants avec moi.
- Speaker #0
Et tu as su tôt que tu voulais des enfants ?
- Speaker #1
Ah ben oui, j'ai toujours pensé avoir des enfants.
- Speaker #0
Ouais, tu as été maman, l'autre jour je calculais, tu avais 23 ans quand tu as eu maman ?
- Speaker #1
Presque 24, c'était à l'année au mois de novembre.
- Speaker #0
Est-ce que tu n'étais pas si jeune pour l'époque ? Ben non, C'était normal, mais je pense qu'il y en avait plein de gens qui avaient des enfants plus tôt.
- Speaker #1
Beaucoup plus tôt, oui, mais non. c'était dit comme ça, c'est tout.
- Speaker #0
Même moi, j'ai été maman plus tôt.
- Speaker #1
Ben oui, je sais bien, vous avez été précoce.
- Speaker #0
Oui, nous, c'est clair.
- Speaker #1
Mais c'est super, c'est super. Super, super. Maman jeune, comme toi, là, c'est... C'est bien.
- Speaker #0
Après, c'est des trajectoires de vie. Je pense que tout est bien. Il y a des femmes... Aujourd'hui, il y a beaucoup plus de femmes qui ont des enfants tard. Je crois que la moyenne du premier enfant, elle est à 32 ans aujourd'hui. Il y a beaucoup de mamans en quarantenaire. La vie évolue. Justement, la vie évolue. Et moi, c'était le but de notre échange, toutes les deux. Bien que tu sois ma mamie et qu'on se connaît depuis 40 ans, de fait,
- Speaker #1
Euh...
- Speaker #0
je me rends compte que j'ai peu d'infos sur toi dans ton rapport à ton corps en tant que jeune femme comment tu qualifierais ton rapport au corps au fil du temps est-ce que tu le qualifierais comme plutôt bon, plutôt mauvais ou genre comme si c'était un truc qui t'inquiétait pas ou est-ce que quand même ça t'inquiétait est-ce que tu dirais que t'as été bien dans ta peau ou il y a eu des moments plus durs je ne sais pas finalement si,
- Speaker #1
il y a toujours des moments dans la vie où il y a des trucs qui vont moins bien c'est normal mais dans ton rapport au corps finalement au corps j'ai toujours fait attention à mon corps quand même malgré tout on n'avait pas les moyens qu'il y a maintenant mais je faisais toujours plutôt attention et puis comme j'étais Merci. Malade, très gravement malade jeune. J'ai eu des difficultés puisqu'après, je suis hépatique et tout ça. Donc, je n'ai pas toujours fait ce que je voulais. Pour la nourriture et tout, tu sais, j'ai eu plein de problèmes.
- Speaker #0
C'est-à-dire que c'était à quel âge ça ?
- Speaker #1
Quand j'ai eu la fieftifoïde, j'avais 18 ans. Et c'était une année où il y avait eu beaucoup, beaucoup de malades. il y en a qui sont morts ça a été un vrai souci pour mes parents bah oui tu m'étonnes maman a jamais voulu que je sois hospitalisée donc elle avait une pièce dans la maison où j'étais recluse par le fait parce que cette maladie là est très très grave et tout donc ma maman le docteur avait confiance en elle Allez, je... Je suis toujours restée, les excréments, parce que c'est grave ça. Il fallait mettre ça dans la chauvie et la javel. Donc, on n'avait pas de toilette comme maintenant. Je te dis, j'étais recluse dans un coin et il y avait un trou dans le jardin avec de la chauvie.
- Speaker #0
Et suite à ça, derrière, il y avait un peu des séquelles au niveau du foie ?
- Speaker #1
Oui, oui, et puis j'ai été paralysée des bras.
- Speaker #0
40 jours sans avaler aucune nourriture que du liquide attends mais je savais pas ça je savais que t'avais eu cette maladie mais cette conséquence que tu viens de nommer et notamment dans l'alimentation donc ça veut dire que t'avais dû énormément maigrir ah bah oui j'étais revenue squelettique squelettique attends mais c'est fou que j'apprenne ça maintenant enfin je veux dire t'avais 18 ans moi j'ai souffert d'anorexie à peu près au même âge Oui.
- Speaker #1
et j'apprends ça en faisant le podcast avec toi comme quoi c'était vraiment une bonne idée c'est fou et finalement au bout de 40 jours on passait tout dans du coton même le liquide de peur qu'il y ait le moins de petits brins parce que les intestins deviennent très très fins même pas du papier à cigarette et le moins de petits débris le moins de petits trucs peut perforer alors c'était grave donc Ma maman m'a vraiment bien soignée. Au bout de 40 jours, j'ai eu le droit de manger et de me lever.
- Speaker #0
Tu devais avoir perdu tout ton muscle.
- Speaker #1
Je ne savais plus marcher. Non, je ne savais plus marcher quand j'ai mis le pied par terre. Alors, j'étais contente. Mon premier repas, je l'ai pris avec tout le monde dans la salle à manger. Oh là là ! J'étais heureuse parce qu'un tas de temps sans voir mes frères, ma sœur, je ne voyais personne. Il passait par dehors et... me regardait par la fenêtre dans mon lit, tu vois.
- Speaker #0
Et quand t'es sortie de ça, justement, ça n'a pas été, dans ton rapport à la nourriture, ça n'a pas joué des choses ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Quand t'as recommencé à manger ?
- Speaker #1
Non, mon appétit est revenu petit à petit. Et je me rappelle que maman avait tué une poule. Elle m'avait fait cuire une poule. Que j'ai dégusté avec les légumes et un peu de... mayonnaise. Oh là là, j'ai trouvé ça bon. Je me rappelle de ça.
- Speaker #0
Mais tu m'étonnes.
- Speaker #1
Oui, oui. Je suis restée fragile pendant longtemps après.
- Speaker #0
Pendant combien de temps tu dirais ?
- Speaker #1
Je ne me rappelle plus. Petit à petit c'est revenu. Tu sais la jeunesse c'est...
- Speaker #0
Oui on récupère vite.
- Speaker #1
On récupère vite, oui.
- Speaker #0
Et du coup tu disais que de ça sont restés quand même des séquelles. Ah tu disais séquelles,
- Speaker #1
des grosses séquelles.
- Speaker #0
Encore aujourd'hui.
- Speaker #1
Ah bah oui,
- Speaker #0
En fait ça te donne des difficultés, c'est au niveau du foie tu dis principalement.
- Speaker #1
Le foie principal. Principalement et puis c'est surtout les intestins.
- Speaker #0
Ah oui, les intestins.
- Speaker #1
Comme j'ai les intestins très très déformés, j'ai beaucoup de problèmes. Je ne vais pas facilement. Il faut toujours que... Que je fasse attention.
- Speaker #0
Donc ça t'a obligé à porter une attention à ce que tu mangeais, en fait,
- Speaker #1
ce que tu faisais. Oui, oui. Et dès que je faisais un... Comment je vais dire ? Un repas plus copieux ou n'importe, j'ai toujours... j'aurais eu des problèmes. Mais enfin, tu vois, ça ne fait pas mourir.
- Speaker #0
Non, mais voilà, c'est incroyable. Ton corps, il a quand même des sacrées ressources.
- Speaker #1
Oui, puis après, j'ai eu la jaunisse. J'ai eu une grosse jaunisse.
- Speaker #0
Ça, c'est en lien avec le foie.
- Speaker #1
Alors le foie, oui. Enfin bref, voilà. Tu vois bien, ça ne fait pas mourir parce que moi, je n'aurais jamais, jamais, jamais cru que c'est moi qui restais la dernière. Non, jamais. tu vois, par contre tu parles d'entretenir le corps dès que j'ai pu, j'ai fait de la gym,
- Speaker #0
de la marche et surtout de la danse oui c'est vrai j'avais presque oublié à quel point tu aimais danser j'adorais danser j'en parlais au passé oui,
- Speaker #1
parce que tu sais maintenant c'est fini je dansais bien le badisson mais j'arrive plus trop à lever les pieds et non
- Speaker #0
c'est comme si je faisais semblant au 50 ans de mariage de Jackie et Nadine t'es restée jusqu'à quelle heure ? 2h du mat ah bah oui j'ai tenu le coup je tiens le coup sur le coup je me sens pas ma fatigue mais c'est après tout dégringole quand tu parles de ton corps tu parles de l'entretenir du mouvement et de ce que t'aimais faire mais j'ai pas l'impression que c'était dans l'idée de vous vouloir le façonner ton corps.
- Speaker #1
Est-ce que tu as déjà été complexée par ton corps ? J'ai eu des périodes où j'avais tendance à grossir.
- Speaker #0
Et tu n'aimais pas ça quand tu grossissais ?
- Speaker #1
Non, quelle horreur.
- Speaker #0
Et ça te venait d'où ça ?
- Speaker #1
Je ne sais pas.
- Speaker #0
Tu vois, moi c'est ça qui m'intéresse dans le sujet que je traite et les personnes que j'accompagne. En fait, j'accompagne des femmes qui sont en guerre avec elles-mêmes, qui bataillent toute leur vie avec la bouffe, mais à cause de... l'envie de moduler leur corps et en fait il y a un truc c'est comme si c'était normal qu'une femme n'aime pas grossir mais bon sang en fait qui a décidé ça un jour tu vois non mais moi tu sais autrefois on faisait pas attention quand on était enceinte enceinte. Moi,
- Speaker #1
j'avais pris beaucoup de poids. Pour les pertes, c'est compliqué. Il n'y avait pas ce qu'il y a maintenant.
- Speaker #0
On n'avait pas de... Tu ne laissais pas ton corps libre juste de prendre du poids à part moment et de le reperdre naturellement ?
- Speaker #1
Oui. Je ne le perdais pas facilement. Comme disait ma maman, comment veux-tu que je fasse une eau grasse, mangrès ? et d'y... disait des autres jours. Ma maman qui disait ça. Et c'est vrai, elle avait tant d'endroits.
- Speaker #0
C'est des croyances de bonne femme qui se refilent. Moi, j'ai toujours entendu maman dire des trucs comme ça, et du coup, ça s'est accroché à mes basques, et voilà, aujourd'hui, c'est plus du tout le cas. Oh, moi, il suffit que je passe devant la boulangerie pour grossir. Il suffit que je regarde les trucs pour grossir. En fait, aujourd'hui, de ce que je sais de la régulation du corps et tout ça, plus on va essayer de se restreindre et de de... maigrir, plus on risque de prendre du poids en réalité.
- Speaker #1
Oui, Mais je ne sais pas. Non, ben...
- Speaker #0
Tu n'as jamais fait de régime ? Je ne t'ai jamais vue au régime.
- Speaker #1
Ah non, je n'ai pas fait de régime. Je ne peux pas tenir un régime. C'est impossible. Je ne peux pas, non.
- Speaker #0
Mais tu as toujours été dans une corpulence normale. Tu es plutôt une femme, tu vois, plutôt mince dans les normes.
- Speaker #1
Et si, les dames qui sont là, Je ne sais pas pourquoi, elle toute aime en vie. Je ne vois pas pourquoi. Elle m'envie, oui. toi t'es ce qu'elles me disent,
- Speaker #0
toi t'es toujours bien toi tu grossis pas regarde nous est-ce que tu crois pas que c'est des femmes alors déjà on n'est pas tous égaux il y a quand même la réalité de la génétique et tu vois de la morphologie mais encore une fois moi de ce que j'observe c'est plus une femme cherche à contrôler ce qu'elle mange plus en fait à un moment donné elle risque de perdre le contrôle et de manger plus Tu vois, le fait de se frustrer, de vouloir s'interdire de manger des choses, ça nous fait en manger plus au final. En fait, parmi les femmes qui vivent ici, il doit y en avoir plein qui ont fait plein de régimes tout au long de leur vie.
- Speaker #1
Je ne sais pas, je n'ai jamais posé la question. Mais elles sont là à me dire, « Ah ben toi t'es toujours bien, t'as toujours un petit... » Ben j'ai dit, c'est vrai que je fais attention comment je m'habille, je fais ça aussi par rapport à mes filles.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ça, t'as toujours fait attention à ta manière de t'habiller, ça ?
- Speaker #1
Voilà. J'aime... D'abord, est-ce que c'est le fait que j'étais un peu dans la mode ? Oui. Par exemple, j'associe toujours les couleurs.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Hein ? Et puis, je fais de mon mieux pour être présentable, quoi, disons. Et je ne leur dis pas aux dames qui me disent ça, mais je le pense, je me dis, elles pourraient peut-être faire des petits efforts aussi.
- Speaker #0
Oui, mais peut-être que justement, elles t'envient dans cette capacité à associer les choses. Et en fait, toi, je n'ai pas l'impression qu'aujourd'hui, ça te demande des efforts. C'est quelque chose de naturel.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ça se fait tout seul.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Là où il y a plein de gens pour qui ce n'est pas le cas, et c'est peut-être ça qu'elles envient.
- Speaker #1
Et puis moi, ce qu'il y a, tu vois... Comment je vais te dire, j'étais timide autrefois, c'est vrai, mais je ne sais pas comment je dirais ça moi, je parle à tout le monde.
- Speaker #0
Ah ben ça, j'ai du mal à t'imaginer timide.
- Speaker #1
Quand j'étais plus jeune, si. Je parle à tout le monde, un sourire à tout le monde, ça ne fait pas de mal.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Alors, je ne sais pas, c'est peut-être ça. Et puis, je n'ai pas trop de... de difficultés pour aborder les gens. Je n'ai jamais eu trop de difficultés.
- Speaker #0
Tu dirais que tu es quelqu'un qui a plutôt eu confiance en elle ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui te permet alors d'être si à l'aise dans les choses ? Je ne sais pas,
- Speaker #1
c'est en moi ça. C'est en moi de dire, je ne sais pas, c'est en moi de dire. Il y a des fois, je me dis, je perds peut-être trop aussi.
- Speaker #0
Oui, ben ça, c'est de toi que je tiens ça alors.
- Speaker #1
Peut-être, peut-être.
- Speaker #0
Moi, je ne trouve pas que tu parles trop, mais moi, je parle tout le temps, alors...
- Speaker #1
Oui, mais moi, c'est vrai, tu sais pourquoi ? Je crois que c'est parce que papy ne parlait pas, lui.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Alors, au début, Jojo sait bien dire ça, ton tonton Jojo, tu sais, il dit... Ah oui, quand on allait voir Eliane autrefois, parce qu'il ne parlait pas vraiment. Alors, Jojo venait avec Thérèse nous voir et puis... Comme papy ne parlait pas, moi je parlais pour lui, ça m'énervait de voir qu'il ne parlait pas, qu'il ne répondait à peine. Je disais quand même, alors Jojo il dit, mais oui, mais je viens de parler pour compenser.
- Speaker #0
Tonton Jojo il est bavard aussi, on remarque ça.
- Speaker #1
Oui, mais il n'était pas comme ça non plus quand il était jeune.
- Speaker #0
Mais à quoi tu attribues ça ? Parce que quand je te dis, est-ce que tu dirais que tu as confiance en toi ? Tu dis oulala comme si...
- Speaker #1
Bon, jusqu'à un certain point, je ne sais pas comment je te dirais ça moi. J'aime bien la conversation, j'aime bien les trucs, mais j'ai peut-être le défaut de ne pas laisser assez parler les autres, je ne sais pas. Il y a des fois où je me dis, je ne sais pas. J'en sais rien, je veux pas te dire. En tout cas, t'es bavarde, moi je trouve que c'est une qualité, j'ai envie de défendre ça. Allons-y, en même temps sans nous les gens ils s'ennuieraient. Et puis tu vois, moi ça m'a fait,
- Speaker #0
je fais un podcast, c'est le média idéal pour moi, il faut parler, moi très bien. Pour le coup, dans un podcast, je fais aussi beaucoup parler les gens et j'adore ça. Est-ce que, je reviens sur ta relation au corps, t'as l'air d'avoir eu quelque chose d'assez... Détaché, j'ai l'impression qu'il y avait quand même une importance. Si par exemple tu prenais beaucoup de poids, ce n'était pas agréable pour toi.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Mais ça n'a jamais pris une ampleur à te prendre la tête.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Est-ce que tu as l'impression qu'il y a eu des moments clés quand même dans ta vie de femme, dans ton rapport au corps ? Est-ce qu'il y a eu des moments marquants ? Que ce soit des moments plus difficiles ou au contraire où tu te souviens te sentir super bien ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'est des moments bien sûr, mais c'est surtout après les grossesses, parce qu'autrefois on faisait... pas attention du tout.
- Speaker #0
C'est marrant que tu reviennes à ça, on ne faisait pas attention.
- Speaker #1
Ah ben non, non. D'abord, la nourriture n'était pas du tout la même. Tu sais, dans nos campagnes, je ne sais pas...
- Speaker #0
justement aujourd'hui on dit ça en mode, moi sur les réseaux j'entends tout le temps ça tu vois ah oui aujourd'hui la nourriture c'est que de la merde, c'est ultra transformé donc on grossit beaucoup plus non, pas forcément moi je suis d'accord je dirais pas forcément pas forcément non non mais par contre sur le côté où tu dis on faisait pas attention tu sais il y a un truc moi que j'observe, les femmes enceintes qui prennent le plus de poids, vraiment certaines beaucoup beaucoup, il y en a beaucoup. pour qui justement c'est des nanas qui tout le temps font hyper attention à être mince et là elles sont enceintes et à 10 allez c'est bon j'ai le droit et non mais je dis pas que toi c'était ton cas mais justement quand tu dis on faisait pas attention je trouve que il ya c'est aussi le revers de la médaille de faire trop attention ça crée que pendant les grossesses j'ai vu un certain nombre de femmes comme ça prendre 30 kg tu vois pendant la grossesse ah oui je sais pas quand j'avais pris on se faisait pas encore maintenant mais j'étais un hippo
- Speaker #1
potable. Ah oui.
- Speaker #0
Pour les trois ?
- Speaker #1
Christine, oui, j'étais assez. Nadine, moins, parce que c'est à un moment où mon frère Eli, mon jumeau, il avait eu un accident grave.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et j'étais enceinte de Nadine de 7 ou 8 mois. Et il est venu m'annoncer ça en pleine nuit. Quelqu'un est venu me dire que mon frère jumeau avait eu cet accident grave. Il y avait une personne décédée qui me demandait. Donc Michel est venu me dire ça en pleine nuit. Je ne me rappelle pas m'être habillée. Je ne me rappelle pas comment je suis arrivée à l'hôpital. Je n'en sais rien. Il y a eu des suites après. C'est que Nadine avait maigri, et moi aussi beaucoup. Et quand elle est née, elle était rachitique. Alors, tu vois bien. Mais quand il est venu me le dire, il ne savait pas que j'étais enceinte. Autrement, il ne savait pas.
- Speaker #0
Et tu ne serais pas venue en même temps, ton frère te réclamait, c'était compliqué. Je ne sais pas,
- Speaker #1
moi je suis partie, je ne me rappelle même pas comment je suis partie et comment je suis revenue, j'en sais rien. Non, j'ai complètement occulté.
- Speaker #0
Donc là, grossesse particulière.
- Speaker #1
Oui, grossesse particulière. Donc j'étais moins grosse, je suis revenue normale assez vite. Par contre pour Françoise...
- Speaker #0
À la petite dernière.
- Speaker #1
À la petite dernière, oui, que j'ai attendue 15 jours. J'avais pris beaucoup de poids.
- Speaker #0
Ah oui, elle est née 15 jours après terme ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Waouh,
- Speaker #1
c'est fou ça. Oh, terrible, terrible, oui. Donc, elle pesait 4,2 kg et quelques. C'est bien, ça s'est mal passé tout ça. Et alors après, j'étais restée quand même pas mal grosse. Mais moi ça m'a jamais très... Non, moi j'en ai jamais fait une maladie de ça.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui t'a aidée à ton avis ? Est-ce que tu n'en fasses pas une maladie ? Est-ce que ce ne soit pas autant une prise de tête ?
- Speaker #1
Tu sais, il y a 65 ans, bientôt, alors je ne me rappelle pas trop, mais... Non, ça n'a jamais été. Mon principal tracas, c'était mes enfants.
- Speaker #0
Oui, mais l'un n'empêche pas l'autre. Tu sais, pour avoir moi-même vécu des troubles alimentaires, pour accompagner plein de femmes qui sont mamans par ailleurs, d'ailleurs, c'est très culturel. culpabilisant d'être dans ces sujets-là, mais tu n'y peux rien, en fait. Et pour autant, tes enfants, ça reste le plus important pour toi, mais c'est terrible de vivre cette guerre avec soi-même. Et du coup, ça m'interroge de me dire, mais tiens, qu'est-ce qui permet à... Qu'est-ce qui, toi, t'a permis à l'époque ? Je ne sais pas, est-ce que tu crois que c'est lié à la façon aussi dont tu as été élevée, peut-être ? Ta maman, le rapport qu'elle-même avait à son corps, à la nourriture. Est-ce que tu crois que c'est lié à l'époque aussi, qu'elle était différente ?
- Speaker #1
Peut-être, oui. Peut-être plus à l'époque. Parce que...
- Speaker #0
Est-ce que tu as l'impression qu'il y avait moins d'injonctions sur le corps des femmes ? Est-ce que tu as l'impression qu'on parlait moins de la masseur, des régimes ?
- Speaker #1
Ah oui, on ne parlait pas de tout ça à mon époque. C'était moi qui essayais d'être... D'abord, tu as bien vu sur les photos, je suis toujours à peu près comme je suis maintenant, à quelques kilos plus quand même. Enfin non, moi ça n'a jamais été vraiment... Moi je ne me suis jamais trop cassée la tête.
- Speaker #0
Est-ce que tu as eu l'impression que tes filles se cassaient la tête là-dessus ? Tu as eu trois filles.
- Speaker #1
Quand elles étaient jeunes, non. Non, non. Elles étaient toutes les trois.
- Speaker #0
Et vous, à la maison, vous... La nourriture, c'était important ?
- Speaker #1
Oui, parce que j'ai toujours fait à manger ce qu'elles aimaient. Papy, des fois, il voulait forcer ceci, cela, mais il a vite compris que ça ne servait à rien. C'est comme quand vous, vous êtes arrivés. à la maison, c'était pareil. Je ne vous ai jamais forcé à manger ce que vous aimiez pas. Non,
- Speaker #0
je n'ai pas de souvenir. Plutôt le souvenir, le mercredi midi, de manger tout ce que je préférais. Que papy, il allait chercher ça le matin.
- Speaker #1
Oui, oui. Ah ben oui, toujours. À quoi ça sert de priver les enfants de ce qu'ils aiment ?
- Speaker #0
Mais le repas, c'était... Les repas étaient des moments importants.
- Speaker #1
Ah bah oui.
- Speaker #0
Moi, j'ai des souvenirs. J'ai plein de très bons souvenirs d'enfance autour des repas de famille. Et aussi, sans forcément que ce soit des grands repas, mais les souvenirs chez vous. Étrangement, j'ai quand même plein de souvenirs dans la salle à manger et cuisine, là. Tu vois ? De vous en train de me faire mon petit-déj.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tous les deux. Les repas du midi aussi, comprenez tous les... les trois, mais aussi le goûter. Et c'est marrant comme quoi manger, ça occupe une grande place dans la vie d'un humain. Et quand on est petit, ça a beaucoup d'importance. C'est aussi vecteur de lien. Le fait de faire à manger. T'aimais bien cuisiner, toi ?
- Speaker #1
J'aimais bien cuisiner. J'aimais bien cuisiner, inventer des trucs.
- Speaker #0
Papy, il cuisinait ou pas du tout ?
- Speaker #1
Papy, il aidait beaucoup. Comme il disait, il faisait beaucoup les peluches. Et puis, s'il était tout seul, quand j'étais à l'hôpital et tout ça, les filles n'ont manqué de rien. Parce qu'il leur faisait des hachets, beaucoup d'hachets. Enfin,
- Speaker #0
il savait cuisiner. Il y a des hommes qui ont 30 ans en 2026 qui ne savent pas énormément cuisiner. Papy, en quelle année il est né ?
- Speaker #1
Il est né en 1927.
- Speaker #0
Bon, alors... Alors voilà, on parle de quelqu'un qui est né en 1927.
- Speaker #1
Il aurait 100 ans l'année prochaine. Il aurait 100 ans l'année prochaine. C'est bizarre. Ouais, ouais.
- Speaker #0
Et justement, ça me permet de faire un pont là où on parlait de ta relation avec papy et tout. Et je me demandais comment... Je ne sais pas comment poser cette question-là. comment tu percevais la place des femmes genre quand toi t'avais 20 ans alors là c'est pas une question c'est pas une question qu'on se posait ouais mais aujourd'hui avec le recul donc je veux dire t'avais 20 ans en 1951 oui dans les années 50 à quoi ça ressemblait donc le droit de vote t'étais récent.
- Speaker #1
Oui, mais tu vois, c'est pas des... Comment je dirais ? On se posait pas la question. Parce qu'à cette époque-là, moi, dans ma jeunesse, j'avais pas le droit à grand-chose.
- Speaker #0
Parce que t'étais une femme ?
- Speaker #1
Parce que j'étais jeune, parce que mes parents, ils croyaient me protéger. Ils avaient peur. qui m'arrive quelque chose donc j'avais pas le droit de sortir le soir alors que par exemple tu avais un frère jumeau donc vous avez le même il faisait ce qu'il voulait lui ok mais ça en dit long sur la place des femmes oui oui mais justement On n'avait pas trop la parole. Donc, moi, je ne sais pas, j'étais dans la routine, tu vois, je suivais. C'est le mot-mot. Je suivais. Et c'est tout. Voilà. Quand tu réfléchis, aujourd'hui, on faisait du théâtre.
- Speaker #0
C'est qui ?
- Speaker #1
Moi, avec les copains-copines, on faisait du théâtre. Et...
- Speaker #0
Les répétitions, c'était toujours le soir. Alors j'en ai fait la première année, parce que mon père s'était engagé. Mais la deuxième année, ça n'a pas marché. Parce qu'il a été trouvé le curé. Il lui a dit, écoutez, pourquoi vos pièces de théâtre et tout ? On marchait à pied, la commune était... la commune était en haut puis le patelin était en bas ça faisait quand même de la marche ça faisait combien ? ça faisait peut-être 2 km ça faisait une demi-heure de marche oui voilà Donc, il a dit, écoutez, je ne trouve pas ça logique que les jeunes sortent la nuit comme ça, en équipe et tout ça. Donc, le curé n'a rien dit. Mais l'année d'après, je n'ai pas été du groupe de théâtre. Alors, ça m'a beaucoup choquée, ça.
- Speaker #1
Ah ouais.
- Speaker #0
Le jour, oui, j'avais le droit de sortir, de danser, ce que j'avais envie de faire. Je partais avec mon vélo, voilà. Mais le soir arrivé... fallait être à la maison voilà parce que ton père avait peur que tu te fasses agresser peut-être oui ou qu'il m'arrive quelque chose que je te pense par exemple qu'il m'arrive quelque chose donc
- Speaker #1
pas forcément le côté agression mais le côté que tu restes une jeune fille qui reste à la maison que tu t'entiches pas d'un garçon et ma mère mais ton frère il avait le droit ils avaient pas peur que ton frère lui mette une fille enceinte ?
- Speaker #0
c'était pas la même chose, la preuve, tu vois.
- Speaker #1
Ben non, parce que la grossesse, derrière, elle repose sur la famille où est la fille, quoi.
- Speaker #0
Oui, oui, voilà. Alors, ben, voilà, moi, j'étais privée de beaucoup de choses, comme ça. Pas de veiller le soir, pas de truc le soir. Pas de cinéma le soir. Voilà. Et puis derrière, mon frère, lui, il avait tous les droits. Mes frères, parce que l'autre, il avait deux ans de moins, il suivait. Oui.
- Speaker #1
Tu trouvais ça injuste à l'époque ?
- Speaker #0
Ah ben, j'ai trouvé très, très injuste. Mais qu'est-ce que tu veux dire ?
- Speaker #1
Mais oui.
- Speaker #0
Je n'allais pas contrer mon père. Parce qu'autrefois, on craignait les parents. Alors ma maman, elle était tranquille. Parce que si j'avais envie de quelque chose, elle me disait. Écoute, tu demandes à ton père. Comme elle savait que je ne demanderais pas à mon père. Je craignais mon père. Comme elle savait que je ne demanderais pas. Elle était tranquille, maman. Tu vois ? C'est une façon de...
- Speaker #1
Et après, tu as rencontré papy, tu t'es mariée, tout ça, tu as été maman. Donc c'est pareil, les années sont passées. Je ne sais pas trop comment poser cette question à nouveau. Tu vois, sur cette question de la place, de la femme. Est-ce que... En fait, je ne sais pas, qu'est-ce que tu en penses, quoi, du statut que tu as eu au fil du temps ? Est-ce que... Est-ce qu'il y a des choses avec le recul ? Tu vois là par exemple, si tu prends l'exemple du théâtre avec le recul, encore aujourd'hui, tu te dis bah oui c'est injuste et c'est quelque chose que t'as pas bien vécu. Est-ce qu'il y a eu d'autres choses comme ça dans ta vie de femme au fil du temps où tu t'es dit mais... où t'as noté des injustices comme ça du fait d'être une femme par rapport aux hommes que ce soit dans le travail ou même dans ta vie de couple ?
- Speaker #0
Oui, mais moi je ne me plains pas de ma vie de femme, mais c'est vrai qu'il y avait une certaine retenue en tout, par le fait. Parce que moi, en plus j'avais un mari jaloux. Ça a recontinué, si tu veux aller par là. Il n'était jamais tranquille quand je sortais. Je ne sortais jamais toute seule, mais ça aurait pu arriver. Mais ce n'était pas...
- Speaker #1
Qu'est-ce qui l'inquiétait ?
- Speaker #0
jalousie.
- Speaker #1
Que tu puisses rencontrer quelqu'un.
- Speaker #0
Ah bah oui, ou que je parle trop, que je rigole trop avec quelqu'un. Seulement ça.
- Speaker #1
Avec quelqu'un, avec un homme.
- Speaker #0
Avec un homme.
- Speaker #1
Avec une femme, c'était ok.
- Speaker #0
C'était ok, mais s'il y avait des femmes, ils se doutaient. douter qu'il y ait des hommes, donc non.
- Speaker #1
Tu vois, ça c'est un truc que j'ai toujours eu en tête, j'ai toujours entendu ça, et pour moi, papy, c'est le bon exemple masculin, pour moi, tu vois. Sauf que ça, par exemple, avec le recul, je trouve ça pas sain. C'est pas normal. Et en fait, je trouve qu'on l'a romantisé. Moi, j'entendais même maman, dans sa façon d'en parler, oh là là, c'est comme si c'était une preuve d'amour qu'il soit jaloux comme ça, mais tu peux être très amoureux et laisser l'autre vivre, en fait. Oui,
- Speaker #0
mais justement, en ce temps-là, c'était comme ça.
- Speaker #1
Ben disons que ça existe toujours, mais aujourd'hui on s'autorise à le voir un peu différemment, à sortir de l'idée que c'est normal, c'est de l'amour. non non moi j'en ai souffert de cette jalousie bah oui c'est pas souhaitable j'en ai souffert parce que tout était en discussion oui puis tu l'as dit plus tôt toi t'es quelqu'un qui a le contact facile moi je t'ai toujours vu comme ça et je t'ai toujours vu avoir plein de choses en fait d'être quelqu'un qui avait plein de trucs plein d'activités alors qu'en fait moi j'ai des souvenirs de... de vous qu'en tant que retraitée. Je ne vous ai pas connue actif. Je suis la dernière petite fille. Et pourtant, il y a toujours mille choses. Donc en fait, c'est quelque chose qui venait de brimer.
- Speaker #0
Ah oui, ça, ça a toujours été... Même, attends, pire que ça, quand on allait au cinéma, puis que je riais, parce que moi je rie facile, tu sais bien, ils me donnaient des coups dans les côtes parce qu'il ne fallait pas rire si fort.
- Speaker #1
à l'époque où je me montre à rire en fait tout à l'heure quand t'as dit que t'as eu l'impression que toute ta vie il y a eu de la retenue je trouve ça fort parce que moi c'est l'impression que j'ai que en tant que femme il faut pas faire trop de bruit pas rire trop fort, pas parler trop fort être discrète toujours se faire toute petite comme une petite souris oui c'est ça et puis ça va avec l'injonction aussi à être mince c'est à dire qu'une petite souris il faut être toute fine, toute discrète
- Speaker #0
ton papy m'a toujours aimé comme j'étais grosse ou maigre il ne t'a jamais mis de pression là dessus pas du tout, pas de sa part c'est quelqu'un qui te faisait des compliments oui mais sous la retenue toujours comme tu vois mon papy c'est pas quelqu'un qui extériorisait trop Non, je sais qu'il ne m'a jamais trompée. Et moi non plus, d'ailleurs. Non, je n'ai jamais eu...
- Speaker #1
Tu te sentais respectée ? Oui. À part cette jalousie-là, cette maladie ? Oui,
- Speaker #0
oui, oui. Il n'a jamais fait des choses, des gestes ou des choses que je n'avais pas envie. Non, jamais. Jamais, jamais. Justement, j'en... tant de copines qui, quand on parlait vraiment, vraiment, il y en a certaines qui ont subi des choses que moi, je n'ai jamais eues.
- Speaker #1
Tu veux dire, là, on parle du genre de violence sexuelle ? Oui,
- Speaker #0
voilà. Ou les maris leur forçaient à faire des choses ? Non, non, moi, il m'a toujours respectée. Ça, c'est sûr que... Oui,
- Speaker #1
c'est une chance. C'est horrible de dire ça. Je ne devrais pas dire ça. C'est normal. Ça devrait être la normalité. Mais ça ne l'est quand même pas si souvent.
- Speaker #0
Et...
- Speaker #1
ça avait l'air d'être quelqu'un d'investi dans sa paternité aussi.
- Speaker #0
Ah bah oui, très très. Ah oui, très.
- Speaker #1
Est-ce qu'il faisait du ménage, le papy ?
- Speaker #0
Quand j'étais malade, oui. À l'occasion, il aurait passé un coup de balai, un coup de serpillière, oui. Oui, oui. Sa maman, d'ailleurs, les avait élevés, les garçons, comme ça.
- Speaker #1
Oui, tu m'avais dit.
- Speaker #0
À faire autant les choses que les filles. Oui, oui. J'avais une belle-mère exceptionnelle. Elle n'a pas vécu.
- Speaker #1
Tu t'entendais bien avec elle ?
- Speaker #0
Très, très bien. Tu vois, papy se serait plaint de moi de quelques trucs. C'est moi qu'elle aurait défendu. Ce n'est pas son fils.
- Speaker #1
C'était une femme, on parle de sororité maintenant, c'était une précurseuse. Elle soutenait les femmes.
- Speaker #0
Ah oui, Elle n'aurait pas écouté son fils. C'est moi qu'elle aurait écouté. Elle aurait dit, tu dois le respecter à ta femme. Non, non, oh bien sûr. Elle était en avance sur son temps, ma belle-mère.
- Speaker #1
Oui, même sur le fait d'apprendre à ses fils à faire les tâches du quotidien.
- Speaker #0
Même repasser. Ils repassaient leur chemise.
- Speaker #1
Incroyable.
- Speaker #0
Oui, parce qu'elle était souvent malade, la grand-mère. Des crises d'épilepsie, des trucs comme ça.
- Speaker #1
Elle est décédée jeune, sa maman ?
- Speaker #0
Oui, elle avait... pas 70 ans. Par contre, le papy était beaucoup plus vieux. Je crois qu'il avait 13 ans de plus. Il est mort avant elle parce qu'il faisait de la... Elle était malade. Les papys avaient ça aussi, d'ailleurs. Ils faisaient de la...
- Speaker #1
Tu ne te rappelles plus ? Je ne sais pas, Tachycardie, Bradicardie...
- Speaker #0
Il faisait plus que ça, il faisait... Il avait des crises, comment ça s'appelle ? J'arrive plus trop, tu sais, vu mon âge, ma vie...
- Speaker #1
Oui, bah ça... Attends, tu as vu tout ce que tu viens de raconter avant ? Ça va quand même la mémoire, je trouve. Bon, ce n'est pas grave, on n'aura pas la réponse, parce qu'il y a des gens qui vont écouter, qui vont dire, mais si, c'était ça !
- Speaker #0
Je ne sais pas. Non, non, non. C'est moi qui ai découvert qu'il avait ça, parce qu'il faisait du vélo. Il allait faire du vélo. Et un jour, il revient et me dit, non, je suis déçue parce que il y a une côte, je n'ai pas pu la monter tellement j'avais mal. Et puis j'ai dit, j'ai découvert sa maladie. Donc je vois le médecin le lendemain, parce qu'il était venu pour vous, les petits. Puis je lui raconte ça. « Oh ! Vous me l'envoyez dès demain ? » Et puis là après, elle a été soignée, donc ça allait bien. Elle avait ses petites pilules quand il avait une crise. Mais tu vois, c'est pas ça qui l'a fait mourir. C'est bizarre.
- Speaker #1
Ça va être la conclusion chaque fois, tu vois. non, comme quoi en fait quand il y a des on a tous un peu des tares entre guillemets je pense et après quand c'est découvert et traité c'est vrai en tout cas pour revenir à la place des femmes on parlait de différentes étapes de ta vie et de comment toi t'as traversé ça qu'est-ce que tu vois comprend de la place des femmes aujourd'hui est-ce que t'as l'impression que ça a changé ? Est-ce que tu trouves que c'est mieux d'être une femme aujourd'hui qu'à ton époque ou l'inverse ?
- Speaker #0
Écoute, c'est sûr que ça a évolué. Moi, je m'en rends compte de l'évolution. Maintenant, il y a des choses mieux. Il y a des choses... Je ne sais pas comment expliquer ça. Je ne sais pas. Si, il y a quand même beaucoup d'évolutions.
- Speaker #1
Mais par exemple, qu'est-ce que tu trouves de mieux et qu'est-ce qui pourrait être moins bien ou pareil qu'avant ?
- Speaker #0
Surtout, en premier, c'est que les femmes, elles ont droit à la parole maintenant. alors qu'autrefois on n'avait pas le droit à la parole dans quelle sphère ? comment ?
- Speaker #1
dans quelle sphère ? c'est-à-dire où ? est-ce que tu trouves qu'elles ont plus le droit à la parole dans leur couple, au travail, en politique ?
- Speaker #0
partout, je trouve partout comment ça a évolué Tu vois, on a une femme mère là, depuis pas longtemps. On va voir ce que ça donne par rapport à celui d'avant. Mais c'est sûr que les femmes, elles ont évolué, parce qu'elles sont partout quand même maintenant, les femmes.
- Speaker #1
Oui, mais il va faire ça longtemps celui-ci. Je suis d'accord avec toi. Après, en fait, c'est hyper intéressant d'en parler avec toi parce que toi, tu l'as vu, cette évolution-là, et on partait de zéro. Enfin, je veux dire, toi, tu as connu l'époque où les femmes n'avaient même pas le droit de vote. Donc, voilà. Pour autant, je trouve qu'on n'est pas encore dans une relation égalitaire, quoi. Non. Loin de là.
- Speaker #0
Pour le salaire, pour beaucoup de choses. Et puis,
- Speaker #1
tu vois, même dans la représentation, en réalité, si tu regardes dans les entreprises, les femmes... elles sont toujours sous-représentées dans les postes à décision, les postes les mieux payés. Tu vas dans un hôpital, il y a toujours une surreprésentation des femmes au niveau des aides-soignantes et des infirmières. Il y a toujours plus d'hommes médecins, tu vois. Il y a de plus en plus de femmes médecins aussi. Mais tu vois, il y a quand même toujours un peu cette hiérarchie. Mais oui, tu as raison. Aujourd'hui, il y a quand même... Et puis, il y a des choses d'inscrites dans la loi, en fait, aussi.
- Speaker #0
Oui, oui. C'est mieux que c'était. Il y a peut-être encore des progrès à faire.
- Speaker #1
Et toi, tu penses que... Des fois, tu t'es dit que t'aurais préféré être une femme genre avoir 30 ans à notre époque ou non ? Parce qu'à l'inverse, moi, je me suis parfois demandé si ça n'aurait pas été plus simple d'être née plus tôt, tu vois.
- Speaker #0
Ah oui. Non, ben... Moi, je me suis toujours sentie à ma place.
- Speaker #1
Ça, c'est génial.
- Speaker #0
Je me suis toujours sentie à ma place parce que... Mon mari ne m'a jamais obligé à faire ce que je ne voulais pas faire. Et quand ça n'allait pas dans mon travail, il ne m'a jamais dit, il ne faut pas que tu changes, il faut que tu continues. Non, non. Ah non, non.
- Speaker #1
Oui, tu sentais une liberté.
- Speaker #0
Oui. Dans ta vie. Dans ce truc-là, oui. Parce que moi, j'ai fait 36 métiers, 36 misères. Parce que, tu sais, il y avait du travail, mais du travail qui n'était pas payé.
- Speaker #1
Mais ça, c'est pareil. C'était un peu typiquement féminin, non ?
- Speaker #0
Oui, mais enfin, j'avais des copines.
- Speaker #1
Le travail sous-payé.
- Speaker #0
Oui, oui. Mais tu vois, un truc que je ne regrette pas, c'est d'avoir élevé mes enfants et mes petits-enfants. Alors là, ça, je ne le regrette pas. Je suis peut-être un petit peu moins riche. Moi, l'argent, après tout, ce n'est pas tout. Non, non, non.
- Speaker #1
Oui, après...
- Speaker #0
Le plaisir d'avoir eu mes petits-enfants tout le temps, de m'occuper d'eux du matin au soir. Et les vacances, c'était un régal pour moi. J'ai jamais senti la fatigue ni rien. Non, non, non. C'était super. Moi, j'ai vécu ça comme un vrai plaisir.
- Speaker #1
Mais tu vois, même ça, je me dis, si tu avais vécu dans notre génération, peut-être que ça aurait été différent.
- Speaker #0
Ça aurait peut-être été différent, mais je pense que j'aurais été très malheureuse. Tu vois ? tu aurais été malheureuse de l'être. laissé mes enfants une nourrice. Ah, j'aurais été très très malheureuse. Puis ça, ton papy, il l'avait très bien compris. Il ne voulait pas que je travaille.
- Speaker #1
Il ne voulait pas que tu travailles, mais si tu avais voulu, toi, aller travailler,
- Speaker #0
tu crois que tu t'aurais empêchée ? Je l'aurais peut-être fait. Il m'aurait laissé libre,
- Speaker #1
je pense.
- Speaker #0
mais moi, ça aurait été un crève-cœur pour moi de les laisser d'abord, ta maman et tes tantes elles ont tout de suite choisi que ce soit moi qui vous garde parce que j'avais une tranquillité d'esprit c'est sûr,
- Speaker #1
c'est idéal quant à ça mais il y a plein de familles qui n'ont pas ça j'ai l'impression quand même que c'est des choses qui existent de moins en moins aussi parce que peut-être que les familles sont plus éclatées en fait, on bouge Oui. tu vois genre nous avec Bastien on vit à Angers on a personne à Angers c'est la réalité c'est pas loin maman elle est à trois quarts d'heure ses parents ils sont à une heure et quart mais on a personne sur place et je pense qu'il y a beaucoup de gens pour qui c'est le cas parce que les gens font de plus en plus d'études donc tu bouges pour tes études tu rencontres un conjoint dans tes études qui est loin alors moi c'est pas du tout ce qui s'est passé dans ma vie mais je veux dire c'est des cas ça que je vois beaucoup et ça fait que c'est un peu on a moins de solidarité familiale, l'époque est quand même vachement différente oui mais je pense à un truc moi, tu crois pas aussi que c'est pour ça qu'il y a tant d'enfants qui n'ont pas été heureux dans leur franchement je sais pas parce qu'il y a aussi des familles tellement toxiques que franchement c'est trop cool de pouvoir s'en extraire tu vois je pense pas qu'on puisse généraliser après je pense que le lien le lien social et fondateur pour les gamins et que si c'est pas la famille ça doit passer par autre chose mais qu'il n'y a rien de pire que de se sentir isolé Ouais, je sais pas. Je sais pas du tout.
- Speaker #0
Mais nous, ça s'est trouvé comme ça parce que vous étiez là, dans le coin. C'est sûr.
- Speaker #1
Mais oui. Est-ce que tu crois que, sur la question des violences sexuelles, est-ce que tu crois que c'est pire qu'avant ? Ou que c'est pareil ? Ou qu'il y en a même moins ? Qu'est-ce que t'en penses, tu vois, par rapport à...
- Speaker #0
Mais moi, je pense qu'il y en a toujours eu. Mais c'était caché.
- Speaker #1
Oui. Tu penses que c'est juste qu'on en parle plus ?
- Speaker #0
Oui. Maintenant, dès qu'il y a le moindre truc, on sait tout. Alors qu'avant, on ne savait pas. Donc, on vivait plus tranquillement, finalement.
- Speaker #1
Ah oui, tu veux dire par rapport, genre, les fêtes d'hiver ?
- Speaker #0
Voilà. On ne savait pas.
- Speaker #1
Finalement, ce que tu veux dire, c'est que ça nous crée de l'anxiété. Oui, voilà.
- Speaker #0
Moi, je pense que...
- Speaker #1
Oui, mais alors, attends, tu trouves que, quoi, il faudrait moins en parler ?
- Speaker #0
Je ne sais pas.
- Speaker #1
Parce qu'il y a différents niveaux. Là, tu dis quand on ne savait pas. Ce que j'entends, c'est le côté tu es chez toi et tu ne sais pas trop ce qui se passe dans le reste du monde. Par contre, il y a d'autres trucs. C'est-à-dire que sur des générations et des générations, des enfants... Et des adultes ont vécu des violences sexuelles sans même en parler à leurs proches.
- Speaker #0
Oui, mais je sais.
- Speaker #1
Ça, c'est un autre niveau de prise de parole. Et du coup, est-ce que c'est mieux de ne pas en parler ou d'en parler ? Non,
- Speaker #0
ce n'est pas ça. Mais je trouve que vu l'évolution, maintenant, tout prend des... des proportions. Je ne sais pas. Est-ce que c'est pour ça qu'il y a plus de violence ? Je ne sais pas. Les gens ne sont pas comme ils étaient. Les gens ne vivent pas de la même façon maintenant.
- Speaker #1
Mais là, tu parles des violences en général ?
- Speaker #0
Oui, tout. On voit des choses maintenant qu'on n'aurait jamais imaginées.
- Speaker #1
Oui, mais est-ce que pour autant elles n'existaient pas ?
- Speaker #0
Elles existaient sûrement.
- Speaker #1
Oui, mais moi perso, je préfère savoir. Après, tu as raison, peut-être aussi ça joue dans mon anxiété un peu permanente. mais moi je préfère savoir et tu vois par rapport aux enfants on peut pas tout éviter mais les enfants on les éduque aussi en sachant on leur donne des pistes des clés pour qu'ils puissent éviter des agresseurs pour qu'ils puissent alerter des adultes pour qu'ils puissent mettre les chances de leur côté pour ne pas être ciblés par des prédateurs Moi je trouve que c'est bien d'en parler, et même des violences sexuelles en général. Je ne crois pas que ça fasse qu'il y en ait plus. Parce que, en fait, plus... t'en parles plus ça veut dire que en fait pendant longtemps tout ça ça s'est fait dans le plus grand des silences et dans la plus grande des impunités en fait tu peux pas punir quelqu'un si même pas t'en parles donc tu vois quand on voit tous les gens hyper connus connu tout ce qui sort. C'est bon, c'est pas parce que t'es connu et que t'as plein d'argent que tu vas passer. Et du coup, c'est trop bien quand même qu'enfin les choses bougent. Après, c'est sûr que ça donne le vertige parce qu'en fait, tu peux plus... Moi, j'ai même plus envie de m'attacher à des hommes artistes parce que j'ai toujours peur d'être déçue parce que j'ai l'impression que sans arrêt, il y a des nouvelles affaires qui sortent et en fait, dès qu'il y a un homme artiste que j'aime bien, je me dis, oh mon Dieu, J'espère. J'espère que lui, ce n'est pas encore un de ceux-là qui fait ça.
- Speaker #0
On a tendance à dire ça.
- Speaker #1
Mais en même temps, c'est la réalité. C'est la réalité.
- Speaker #0
Mais dans tout ce qui arrive, jamais tu aurais pensé que cette personne aurait pu faire ça.
- Speaker #1
Je ne dirais pas ça. Mais tu vois, ça, pour moi, c'est l'intérêt d'en parler. Moi, je suis rarement surprise. Mais parce que je pense que je suis tellement habituée à ça. au mécanisme, à l'œuvre, à connaître les enjeux. Franchement, d'une, je ne suis jamais surprise parce que, pour moi, la violence peut surgir de partout et de n'importe qui.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et du coup, je ne suis pas surprise. Et il y en a même où je me dis que je ne suis pas du tout étonnée. Genre Patrick Bruel, moi, je ne suis pas du tout étonnée. Par exemple.
- Speaker #0
Mais moi, tu vois, je peux te dire que dans ma jeunesse et tout, j'ai vécu dans l'ignorance complète Merci. Nos parents nous disaient rien. On savait rien. Il aurait pu nous arriver des trucs, mais je pense qu'il y en avait quand même moins autrefois. Je ne sais pas si je suis dans la vérité, j'en sais rien, mais moi... Je ne me rappelle pas avoir... Non. J'ai jamais eu peur.
- Speaker #1
En fait, je ne sais pas s'il y en avait moins, mais peut-être, ce à quoi je pense, tu me diras ce que tu en penses, peut-être qu'il y avait moins d'occasion de créer. Si tu sortais très... peu de chez toi, finalement, tu vois si t'avais été une jeune femme qui avait vécu son adolescence dans les années 2020 bah tu serais sortie le soir t'aurais consommé de l'alcool avec des jeunes hommes eux-mêmes alcoolisés, en fait on multiplie les probabilités que ça arrive parce qu'en fait plus tu vas croiser d'hommes dans ta vie plus tu vas prendre le risque et encore plus si tu te retrouves dans des situations vulnérables t'es perdu, tu fais du stop toute seule tu as bu de l'alcool, tu vois toutes ces situations de vulnérabilité plus tu augmentes le risque que ça arrive finalement donc si t'étais un peu renfermé chez toi par tes parents oui c'est l'évolution finalement Merci. Je pense qu'en fait, il y a plus de...
- Speaker #0
D'occasion.
- Speaker #1
Oui, en fait, c'est ça. Je n'ai pas envie de parler de risque ou quoi, c'est que statistiquement, on sait que les violences sexuelles, elles sont commises à 98% par des hommes. Donc, tu es une jeune femme, plus tu vas croiser d'hommes dans ta vie, plus tu vas avoir de risques de vivre de la violence sexuelle, en fait. Bon, sachant que malheureusement, pour un certain nombre d'entre nous, ça commence dans l'enfance et dans la famille. mais...
- Speaker #0
c'est un autre sujet c'est le même tu vas rire mais moi j'ai été protégée dans ma jeunesse par mon père parce que mon père était garde il était garde forestier des eaux et forêts et la fille du garde Il ne fallait pas y toucher.
- Speaker #1
Parce qu'il était armé, ton père, du coup ?
- Speaker #0
Non seulement ça, mais c'est parce qu'il se faisait craindre. Il était craint par les gens de la commune. Alors, la fille au garde... Oui,
- Speaker #1
ça posait un truc.
- Speaker #0
Ah, il ne faut pas toucher à la fille au garde.
- Speaker #1
Mais tu vois, ça veut bien dire que ça veut dire qu'il ne faut pas y toucher. Et du coup tu dis bien j'étais protégée, donc voilà ça existait aussi.
- Speaker #0
Oui mais moi je ne m'en rendais pas compte à cette époque-là.
- Speaker #1
C'est avec l'horcule que tu dis ça.
- Speaker #0
C'est avec l'horcule que je me dis, ben voilà. Mais remarque, ça n'aurait pas pu m'arriver, je te dis, j'allais à mon travail, je rentrais chez moi, je ne sortais pas le soir. Surtout l'hiver, tu t'imagines.
- Speaker #1
Après, malheureusement, même dans ce contexte, des mauvaises rencontres arrivent. Quand tu vois... Tu es sur ton chemin de campagne en train de rentrer.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais bon, je retiens quand même que tu as dit que... Je ne sais plus comment tu as dit ça tout à l'heure, mais qu'en gros, tu n'aurais pas trop voulu vivre à notre époque, finalement. Tu as quand même l'impression... La fameuse phrase, c'était mieux avant.
- Speaker #0
Non, mais c'est que... Je ne sais pas. J'ai vécu mon époque. Vous vivez la vôtre maintenant, les enfants, les petits-enfants. C'est super.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu crois, si on devait conclure notre échange, qu'est-ce que tu crois qui serait souhaitable pour les femmes à tous les niveaux ?
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu souhaites à tes arrières-petits-enfants ? Et notamment aux filles, on va dire, parce qu'on parlait plutôt des femmes. Qu'est-ce que tu voudrais pour elles ? Comment tu voudrais que ça évolue les choses ? Je voudrais que ça évolue dans le bon sens.
- Speaker #1
Mais c'est quoi le bon sens ?
- Speaker #0
Mais c'est quoi le bon sens ? Je ne sais pas. Que les femmes, oui, elles prennent plus... Je ne sais pas trop comment dire ça, moi. Qu'elles se défendent !
- Speaker #1
Qu'elles prennent encore plus de place, tu penses ?
- Speaker #0
Oui, il faudrait que... Qu'elles jouent des coudes pour faire leur place, quoi. Pas toujours les hommes, pas toujours les hommes.
- Speaker #1
Oui, mais crois-moi, on le fait. Mais les hommes, ils n'ont pas envie de perdre leurs privilèges et leur petite place bien confortable.
- Speaker #0
Je m'en doute, oui. Parce que les femmes, à la différence de nous, sont plus libres. Si elles veulent entreprendre quelque chose et tout, elles sont plus libres qu'autrefois. Nous, on n'aurait jamais osé faire des choses comme ça. Alors déjà, tu vois bien, c'est déjà bien ça. Regarde ce que Périne est en train de mettre en route là. Je trouve ça formidable. Et je souhaite qu'elle y arrive surtout. Ah oui, mes petites filles.
- Speaker #1
sont super c'est vrai je suis d'accord avec toi elles sont géniales merci ma petite mamie pour cet échange c'était chouette je suis contente tu vas être enregistrée sur
- Speaker #0
mon podcast il y a plein de gens qui vont l'écouter merci beaucoup je suis contente c'est trop bien d'avoir discuté de tout ça
- Speaker #1
Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important. C'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors si mon contenu t'apporte de l'aide d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. Tu peux tout d'abord partager le podcast, en parler autour de toi, à tes proches mais aussi à des professionnels. Tu peux laisser 5 étoiles, notamment sur Spotify ou Apple Podcast. ou laisser ton meilleur commentaire. Mais depuis peu, j'ai aussi apporté une nouveauté qui te permet de me soutenir encore plus concrètement avec de l'argent. Effectivement, tu trouveras en description de cet épisode un lien qui te permettra de faire un don à la hauteur de ce que tu trouves que ce podcast t'a apporté. Merci, merci beaucoup. C'est grâce à ton soutien que ce travail va pouvoir continuer. Je te souhaite de prendre soin de toi autant que ce sera possible et je te dis à très bientôt sur un nouvel épisode. Ciao !