- Speaker #0
Bienvenue dans TCA, etc., le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour, parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Milsono, et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres, bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes, et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram, où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur flavie.mtca.
- Speaker #1
Très belle écoute !
- Speaker #0
Je me demandais Solal, est-ce que toi tu aimes bien manger ?
- Speaker #1
Euh... oui !
- Speaker #0
Oui ? C'est quelque chose que t'aimes beaucoup faire ? Moyen faire ? Un peu faire ?
- Speaker #1
Moyen faire !
- Speaker #0
Moyen ? Et qu'est-ce que tu préfères manger ?
- Speaker #1
Des sandwiches !
- Speaker #0
Ah oui, en ce moment ton truc c'est les sandwiches. Aujourd'hui je voulais vous proposer de faire un pas de côté sur l'alimentation des enfants. J'avais envie qu'on regarde ça un peu différemment et que, plutôt que de notre place d'adultes qui sommes censés savoir ce qu'il est convenable de faire et... et qui cherchons à dire aux enfants comment ils doivent manger, ce qu'ils doivent manger, en quelle quantité, qu'on choisisse plutôt de les regarder comme ceux qui ont plein de choses à nous apprendre. Et j'avais donc envie de vous proposer de vous décaler de cette place pour vous mettre plutôt en position d'apprenant et de regarder, voire de questionner les enfants. Moi, je me suis amusée à questionner mon fils. Et en fait, je l'observe aussi beaucoup. Et j'invite souvent les personnes que j'accompagne à observer également leurs enfants. Et en fait, ce qui est frappant, notamment chez les personnes qui ont des troubles alimentaires, c'est que l'envie, la peur en tout cas de... De transmettre le TCA, elle est très présente et l'envie de bien faire, de surtout mieux faire qu'avec soi, est aussi très très présente. Et ce que j'observe, c'est que ça se manifeste quand même par, souvent, pas toujours, par des envies de contrôler, enfin en tout cas des tentatives de contrôle de l'alimentation des enfants, de leur transmettre ce que sont les bons et les mauvais aliments. de leur transmettre des quantités qu'on ne devrait pas manger, de leur éviter l'accès aussi à certains aliments, notamment le sucre, etc. Pourtant, quand on regarde un enfant qui est complètement régulé, un enfant est par nature un mangeur intuitif à la naissance, un enfant sait se réguler, mais il peut être dérégulé par les injonctions des adultes, etc. Mais si on regarde un enfant... qui est encore complètement régulé dans son comportement alimentaire, en fait, il va s'arrêter de manger très naturellement, il va faire des choix aussi très naturels, et un enfant ne choisira pas de se nourrir que de bonbons, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, c'est dans l'imaginaire collectif adulte qu'il y a ça, mais quand on fait un plateau repas à un enfant avec l'ensemble de ce qu'il aura à manger, Et bien même si l'enfant commence par le dessert, pour autant il va quand même manger son plat derrière. En fait voilà, on a des choses très normées, très formatées nous dans nos habitudes alimentaires qu'on transmet aux enfants alors qu'en fait eux ont une grande liberté. Et que finalement, je suis bien d'accord quand même pour dire que l'adulte est là aussi pour transmettre des choses et notamment pour amener beaucoup de variété et pour permettre à l'enfant de goûter. des choses très différentes, même s'il a à la base des a priori, parce que oui, un enfant ne pourra pas se tourner naturellement vers des légumes s'il n'en a jamais goûté. Donc il y a vraiment ce rôle du parent qui est important, qui va permettre d'amener de la diversité. Mais l'idée, c'est que la diversité n'est pas censée s'accompagner de catégorisations rigides de l'alimentation, notamment le fait de se dire, ok, tu auras le droit. Un dessert si tu manges ça et ça, l'idée que le sucre est finalement quelque chose qui se mérite, qui est là en récompense, mais que du coup c'est moins important que le reste parce que ça pourrait être facultatif, alors là ça c'est plein de choses qui peuvent venir s'installer dans le comportement alimentaire après. Et donc l'idée de cet épisode, c'est surtout de... d'amener un décalage un peu, et au moins sur quelques jours, de pouvoir se positionner un peu différemment si vous êtes parent, ou parent aussi, pas forcément père, mère, mais parent d'enfant, proche d'enfant autour de vous, d'observer, de vous placer en posture d'observation de l'enfant, sans chercher à maîtriser ce que va faire l'enfant avec la nourriture. et d'observer ce qui se passe. En fait, on voit que les enfants peuvent laisser une bouchée d'un gâteau, un demi-bonbon. Quand on est une personne avec un trouble alimentaire et qu'on est dérégulé, ça c'est quand même assez fascinant de se dire, mais comment c'est possible ce truc-là ? Et bien c'est possible parce qu'il y a une écoute très fine des signaux et qu'il y a une grande liberté avec l'alimentation. Et je me posais une autre question, comment tu sais que... Pense à parler devant le micro mon cœur. Comment tu sais que t'as plus faim ?
- Speaker #1
Parce que souvent, quand je mange trop, j'ai mal au ventre.
- Speaker #0
Oui, mais ça, du coup, tu sais que c'était trop, si tu as mal au ventre. Mais là, ma question, c'est avant ça. Là, par exemple, on vient de manger. Est-ce que tu as mal au ventre ?
- Speaker #1
Maintenant, je n'ai plus envie.
- Speaker #0
Non, mais est-ce que tu as mal au ventre ?
- Speaker #1
Non, mais avant, j'avais mal au ventre.
- Speaker #0
Ah bon ? Juste sur le moment, en arrêtant de manger ? Mais tu as mal au ventre tous les jours ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
D'accord. Donc les autres fois, à part quand tu manges peut-être un petit peu trop, comment tu sais que tu n'as plus faim ? Non, tu ne sais pas. C'est que tout d'un coup, tu n'as plus envie de manger, tu n'as plus envie de finir. Mais si vous demandez à un enfant, comme je l'ai fait avec mon fils, pourquoi, comment il s'arrête de manger, il aura sûrement de grandes difficultés à le faire. D'ailleurs, si vous posez aussi la question à votre conjoint, si c'est un mangeur... très intuitif, conjoint, ami, peu importe, quelqu'un de proche, c'est pareil en fait. La personne aura sûrement des difficultés à vous répondre parce qu'en fait, c'est tellement comme inné. C'est des choses qu'on ne décortique pas quand tout va bien. On ne réfléchit pas à ça. Tout comme nous, on ne réfléchit pas à « Ok, c'est quoi exactement les premiers signaux qui font que je vais me diriger vers les toilettes ? Comment est-ce que je comprends que je commence à avoir envie d'uriner ? » En fait, il y a des choses comme ça qu'on ne décortique pas. C'est tout l'enjeu quand on a des troubles alimentaires. C'est tout l'enjeu d'avoir pu décortiquer ça, parce qu'en fait, pour revenir à quelque chose de plus intuitif, on va faire quelque chose de contre-intuitif, c'est-à-dire qu'on va réfléchir à tout ça, à toutes ces étapes-là, pour pouvoir les remettre en place et faire en sorte que ça reprenne un cycle très naturel, en fait, très autonome. Donc, ma proposition, cette semaine, en ce début de semaine, c'est d'observer les enfants, de leur laisser une place d'enseignant, pour une fois, parce qu'il y a quand même pas mal de sujets sur lesquels on a des choses à apprendre et on devrait s'inspirer d'eux, et donc d'observer comment les enfants autour de vous fonctionnent avec la nourriture, et peut-être d'avoir la curiosité de les questionner et d'en échanger avec eux. Sur ce, j'arrive dans un lieu très bruyant, donc ça va être le bon moment pour mettre fin à cet épisode. Comme d'hab, je vous remercie pour votre écoute. J'espère que ces petits pas de côté vous permettent de cheminer, de voir les choses un peu différemment, de vous questionner, ou de confirmer le fait de voir les choses comme vous les voyez à la base. L'idée, c'est pas de... à tout prix ! vous convaincre, mais plutôt de créer de la réflexion, du cheminement. Donc j'espère que ça a fait son œuvre et c'est vraiment très brillant autour de moi. Donc je vais vous souhaiter une bonne fin de journée, soirée, nuit, peu importe. Et puis je vous dis à bientôt et d'ici là, prenez soin de vous autant que possible. Ciao !