Speaker #0Bienvenue dans TCA, etc., le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour, parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Milsono, et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres, bien dans leur basket. Alimentation. Peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie. Les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur flavie.mtca. Très belle écoute ! Bienvenue dans ce nouvel épisode du Pas de Côté, dans lequel j'ai envie de parler de capitalisme. Ok, peut-être que vous allez vous dire qu'est-ce qu'elle nous raconte, c'est quoi le rapport. En sachant que j'en avais quand même parlé dans un épisode, un épisode du vendredi, je pourrais plus vous dire exactement lequel, mais je sais que c'est un sujet que j'ai déjà abordé. Et là j'ai eu envie de revenir dessus après avoir écouté un épisode de podcast qui m'a beaucoup plu, qui parlait de... la notion de repos, du fait de se reposer comme une forme de résistance face à des sociétés complètement écrasantes. Je vous mettrai le lien de cet épisode en description pour que vous puissiez aller y jeter un oeil si jamais ça peut vous intéresser. En tout cas, moi j'ai fait plein plein de liens et j'ai vraiment vu aussi... Les troubles alimentaires sous ce prisme-là, en tout cas je me suis dit que ça pouvait être intéressant de les questionner, de les regarder avec ce prisme-là. Et c'est de ça dont j'avais envie de vous parler, de vous proposer aussi de regarder les troubles alimentaires avec ces lunettes-là du capitalisme et de sociétés complètement écrasantes. Parce que je crois que plus on s'autorise... à regarder cette problématique avec plein de filtres différents, et bien plus aussi on se donne la possibilité d'avoir des pistes d'action différentes, et puis aussi des prises de conscience et des actes de rébellion. C'est-à-dire que je sais que la pensée féministe, par exemple, aide beaucoup par rapport à ça face aux troubles alimentaires, et ça aide beaucoup parce que c'est révoltant. Parce qu'en fait, quand on regarde... Les troubles alimentaires comme des conséquences de ces violences faites aux femmes et de la pression mise sur les corps des femmes depuis des années et des années, en fait, on a de quoi être en colère et révolté. On n'a plus envie de participer à tout ça. On n'a plus envie d'en être victime et de le transmettre à potentiellement d'autres jeunes femmes autour de nous en tant qu'exemple. Et donc c'est un peu la même chose. Et en fait, j'avais envie de reparler de ça, et du fait que pour moi les troubles alimentaires s'inscrivent aussi là-dedans, dans cette course effrénée et sans fin, vers la, ouvrez les guillemets, meilleure version de soi-même. Fermez les guillemets, et on met d'énormes guillemets. Je déteste cette expression. C'est un truc qui a été très à la mode, qui l'est sans doute un petit peu moins. Malgré tout, même si on commence à critiquer le développement personnel, on a eu le temps de bien s'en imprégner quand même de tout ça. Et je trouve que les troubles alimentaires, avec le culte du corps, parce que c'est là-dedans que ça s'inscrit, j'en profite pour faire ce petit rappel important, que la base de tout, c'est quand même... Notre rapport au corps et la volonté de vouloir le transformer qui nous amène à développer des troubles des conduites alimentaires. Et ce culte du corps, il s'inscrit dans le culte de l'image, dans le culte du paraître et dans le culte du toujours plus, d'une espèce de réussite qu'il faut pouvoir montrer, afficher. Et en ça, pour moi, on est vraiment en plein dans Cette société capitaliste du toujours plus, du toujours mieux et puis du vaillant petit soldat en fait. Je suis toujours debout et puis j'ai un job à plein temps et j'élève des gosses. Et bien sûr que j'ai le temps de faire du sport et d'aller me faire bronzer ou faire de l'autobronzant et d'aller... Je n'en sais rien moi. Chez l'esthéticienne, en tout cas, de faire en sorte que, oui, mon apparence soit toujours parfaite, que je sois toujours en mesure de montrer le meilleur de moi-même, mais aussi de donner le meilleur de moi-même, de donner le meilleur de moi-même dans mon job, dans ma famille, autour de moi, peut-être dans des institutions bénévoles qui, entre parenthèses, viennent pallier là où nos institutions en place échouent. Et donc en fait, il y a vraiment ce... truc-là de toujours plus, toujours plus loin et finalement au service de qui et de quoi ? Finalement, à qui ça rend service le fait que vous soyez, on soit, en train de courir après la meilleure version de nous ? À qui ça rend service qu'on se batte et qu'on mette carrément notre vie globale, notre santé globale en danger pour à tout prix être mince ? Le devenir, le rester, ne pas vieillir, continuer d'être toujours au top de notre forme, qu'on n'ait pas l'impression que les années aient d'impact sur nous, sur notre corps, sur nos rides, notre visage, nos performances au travail, nos performances sportives. Il y a vraiment quelque chose de l'ordre d'une course effrénée. Et dans cet épisode de podcast que j'ai écouté... On parlait beaucoup du repos, et le repos dans les troubles alimentaires c'est compliqué, et pour plein de raisons différentes. Parce que le repos c'est ne pas se dépenser, et donc ne pas brûler de calories. Mais le repos c'est aussi s'arrêter. Et s'arrêter, c'est se confronter à une chose qui peut être difficile quand on ne va pas bien, c'est se retrouver seule face à soi-même. Et se retrouver seule face à soi-même dans du vide et du calme. Lorsqu'on essaie de s'empêcher de manger, bon bah ça risque de nous amener à avoir des pensées autour de la nourriture puisque c'est un besoin primaire. Et puis ça risque de nous amener à avoir des pensées autour de comment je vais réellement, avec peut-être des émotions qui vont pouvoir faire leur place à ce moment-là, et ça, ça peut être compliqué. Donc tout ça, ça m'a fait penser à ça, où finalement le TCA, il y a aussi un lien avec cette vie effrénée liée au capitalisme. Sur le fait que c'est un trouble qui empêche de se poser, de s'arrêter, et en ça je le vois vraiment bien accroché à ça, parce que dans notre société, on ne valorise pas ça, on ne nous invite pas au repos, on ne nous invite pas à rien faire. On ne va pas valoriser le fait de juste rester dans le vide, de potentiellement voir personne, ou ne rien faire, ou ne pas sortir de chez soi. Ou ne pas avoir lu le dernier truc, vu le dernier film. Il y a quelque chose dans le faire, plus que dans l'être. Clairement, je ne vais rien vous apprendre en vous disant ça. Mais là où je me dis que peut-être c'est quelque chose que vous n'avez pas trop entendu, c'est le fait que je fais vraiment un lien avec les troubles des conduites alimentaires et ce mode de vie-là. Et finalement... Sortir d'un trouble alimentaire, c'est peut-être aussi s'offrir la possibilité de sortir de cette vie à toute allure. Alors, remettre en question le capitalisme, ça ne veut pas dire tout d'un coup aller vivre dans une cabane, dans une forêt et se nourrir que de champignons, on est bien d'accord. On peut remettre un système en place et pour autant ne pas tout d'un coup devenir complètement marginal. Remettre en question le capitalisme, pour moi, c'est avant tout remettre l'humain au centre, et plus la marchandisation et la vente et le capital, en fait, et le toujours plus. Et je voudrais préciser que le capitalisme, il est au service de quelques hommes riches, blancs, puissants, et qu'on y laisse nos santé pour enrichir ces personnes-là. Donc il y a vraiment tout intérêt à mon sens à remettre ce système en cause. Et pour nos vies individuelles, ou en tout cas collectives, mais dans notre microcosme, il y a vraiment, je pense, beaucoup d'intérêt à questionner ce toujours plus. Et là, tout à l'heure, je disais que finalement, guérir des troubles alimentaires, sortir des troubles alimentaires, ça pouvait ouvrir des portes pour sortir aussi de ce système qui va à mille à l'heure, toujours plus, toujours plus. Mais commencer à questionner ce système et essayer d'en sortir aussi de ce système toujours hyper speed, ça peut aussi aider, c'est vraiment un truc à double niveau à mon sens, ça peut aussi aider à trouver des pistes pour aller mieux et sortir du trouble alimentaire. Et voilà, je crois que la notion de temps, elle est centrale. Et s'offrir du temps, s'offrir des moments où on ne court pas. S'offrir des moments où on s'assoit et où on est un peu contemplatif de ce qui se passe. S'offrir des moments de dégustation de nourriture comme un cadeau qu'on se ferait à soi. Toutes ces choses-là où vous voyez des moments aussi peut-être, je ne sais rien, pour les personnes qui aiment nager où on ressent son corps flotter dans l'eau. S'offrir vraiment des moments de désaccélération. Des moments aussi où on ne fait rien, où on ne fait rien de productif. Ça, ça me semble vraiment important. Je pense que là aussi, c'est une porte à ouvrir et à aller explorer. Moi, j'en suis au début de l'exploration de tout ça. Ce sont des réflexions qui se promènent dans ma tête et qui grandissent, s'élargissent via l'écoute de podcasts, tout ça. Et voilà, je ne peux m'empêcher de faire le lien avec les troubles alimentaires. Et j'espère que cette réflexion vous aura peut-être un peu aussi interpellé. Peut-être que vous êtes bien plus avancé que moi sur toutes ces questions-là. Et que c'est un peu une évidence tout ce que j'ai dit aujourd'hui. Et franchement, dans ce cas, tant mieux. Et n'hésitez pas d'ailleurs à me partager des livres, des podcasts. Mais aussi vos propres réflexions sur ces sujets-là. Ce sera avec plaisir. En tout cas, moi j'ai apprécié ouvrir cette petite porte et peut-être qu'à l'avenir sur le podcast, c'est une porte qu'on explorera encore davantage avec des personnes bien plus calées que moi, des personnes qui ont réfléchi, étudié ce sujet-là. D'ailleurs si vous avez des noms aussi de personnes que je pourrais inviter sur le podcast autour de ces sujets-là, je pense aussi que je vais... Tentez des invites pour parler de la question de la classe sociale et le lien avec les troubles alimentaires. Donc si vous avez des noms, finalement sur tous les sujets possibles qui pourraient être abordés en lien avec le comportement alimentaire, n'hésitez pas, je suis preneuse. En tout cas, je vous dis un grand merci pour votre écoute, votre présence, vos petits mots, vos retours, tout ça, tout ça. Votre soutien financier aussi, merci beaucoup. Et je vous dis à très bientôt. pour un nouvel épisode. Ciao !