Speaker #0Bienvenue dans TCA etc, le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Milsono et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie. Les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur flavie.mtca. Très belle écoute. Bienvenue dans un nouvel épisode dans lequel on va explorer la... peur la plus répandue dans les troubles alimentaires. J'ai envie de vous proposer une nouvelle série d'épisodes qui sera consacrée à différentes peurs que l'on rencontre dans les troubles alimentaires parce qu'il y en a un paquet. Et donc j'ai décidé de commencer par la plus grosse, la plus importante, celle qui est présente partout. J'ai nommé la peur de grossir. Qui nous emmènera ensuite, au fur et à mesure de la série, vers la peur de manger, de lâcher le contrôle, de guérir du vide, la peur des compulsions, la peur de perdre le contrôle, etc. Donc la peur de grossir, ben oui, elle est présente partout, dans n'importe quel trouble alimentaire et à n'importe quelle étape. Et ça, ça me semble important de le rappeler. Puisqu'on peut s'imaginer que, par exemple, une personne bloquée dans l'anorexie ait une peur complètement disproportionnée, une peur panique de grossir qui soit complètement en dehors de la réalité. Alors que les personnes, par exemple, qui pourraient être dans de l'hyperphagie et qui seraient catégorisées comme étant en surpoids, en obésité, on pourrait imaginer qu'elles ont beaucoup moins cette peur-là. En réalité, la peur de grossir, c'est un peu le fil rouge. C'est un peu le truc qui est présent dans n'importe quel type de trouble alimentaire. Et j'aimerais même ajouter peur de grossir et envie de maigrir. En fait, ces deux choses-là, moi, je les associe. C'est un peu la même chose, un peu le même mécanisme. C'est fou, moi, j'aimerais bien qu'on aille un peu explorer ensemble pourquoi ça prend autant de place dans nos vies. Et je dis nos vies volontairement parce que j'ai envie d'inclure aussi les personnes qui ne souffrent pas d'un TCA. Pas d'un TCA diagnostiqué ou pas d'un TCA du tout, parce qu'on va y venir un peu après, mais cette question elle est aussi très largement sociétale et j'ai l'impression que tout le monde a peur de grossir. Ou en tout cas, personne n'aurait envie de grossir et beaucoup de gens aimeraient maigrir, notamment de femmes. Bon, il y avait une étude qui vaut ce qu'elle vaut, je sais pas, j'ai l'impression que ça fait longtemps qu'on n'a pas requestionné là-dessus, mais une étude qui parlait du fait que 75% Des femmes interrogées déclarent vouloir maigrir, perdre du poids. Pour autant, si on regarde à côté les chiffres, alors encore une fois, ça vaut ce que ça vaut, c'est-à-dire que les chiffres du surpoids ou de l'obésité, on est sur des normes, sur des statistiques qu'on va transformer en normes, donc c'est problématique à plein d'égards. Mais en tout cas, si on regarde ces stats-là sur la question de ce qu'on considère comme être un poids normal, un surpoids ou de l'obésité, en fait, on n'avait pas du tout 75% des femmes qui étaient considérées en surpoids ou en obésité. Donc, il y a un truc un peu général sur la peur de grossir et l'envie de maigrir. Ça, on est bien d'accord. Et justement, c'est peut-être intéressant de venir en parler, de venir creuser ça, pour mieux comprendre ce qui se joue dans la peur de grossir qu'on peut ressentir quand on souffre d'un trouble alimentaire. Et si finalement, le problème, c'était pas tant la peur de grossir ? Peut-être que ça te surprend. de m'entendre dire ça. En même temps, il y a peut-être un truc que tu m'as entendu dire un paquet de fois dans mes contenus, que ce soit sur Instagram ou ici sur le podcast ou dans le travail qu'on a fait ensemble, si on a bossé ensemble via les SOS Compulsion. Si tu attends de ne plus avoir peur de grossir ou de ne plus avoir envie de maigrir pour sortir de ton TCA, alors tu n'en sortiras jamais. Puisque la peur de grossir, elle est omniprésente, comme je l'ai déjà dit, et aussi chez des gens. qui n'ont pas développé de troubles alimentaires. Donc finalement, est-ce que le fait d'avoir peur de grossir, c'est tant que ça le problème ? Est-ce que c'est là-dessus qu'on doit mettre notre énergie ? Et surtout, cette peur, elle est tellement omniprésente qu'on ne la questionne même plus. En fait, on part du principe que c'est logique. Et est-ce que ce n'est pas là une première réponse ? à notre problématique globale. Sortir de cette espèce de normalité qui s'est installée. Je ne vais pas redonner l'exemple que j'ai donné plus tôt avec les 75% de femmes qui voudraient maigrir, mais on voit bien ici qu'il y a quelque chose de normalisé. C'est attendu qu'une personne n'ait pas envie de grossir, voire qu'elle ait envie de mincir, et genre même parfois peu importe à quoi ressemble son corps. Mais si en plus c'est une personne considérée un surpoids en obésité, c'est encore plus attendu que cette personne ait envie de maigrir, et qu'elle est... ultra peur de grossir et qu'elle soit en lutte avec ce qu'elle mange, avec son poids. Donc là, il y a quelque chose de super important à questionner, à venir creuser. Je veux dire, on ne questionne même plus la peur de grossir. Donc finalement, quand je vous dis, et si le problème, ce n'était pas la peur de grossir, quand je vous dis ça, c'est, et si le problème, ce n'était pas votre peur de grossir ? Et si, en fait, ce n'était pas vraiment ça le problème central dans ce que vous vivez avec les TCA ? Et j'ouvre une première porte qui serait, et si le problème ce serait pas un peu le fait qu'on ne questionne même plus le fait que ce soit normal de vouloir mincir ou juste de vouloir être mince. On ne le questionne pas parce qu'on baigne dedans. Cette peur de grossir, je vais peut-être me répéter, pour les personnes qui écoutent régulièrement mes podcasts, peut-être que vous allez me dire mais elle radote, c'est pas possible, mais je crois aussi que... Une pédagogie qui fonctionne, c'est une pédagogie de la répétition. Ça aussi, ça a été prouvé. Donc allons-y, je vous rappelle des choses importantes qui sont que depuis que nous sommes des petites filles, on nous apprend que nous devons être jolies. Déjà, en soi, c'est un problème. Mais en plus, on nous apprend que pour être jolies, nous devons être minces. Donc le corps des femmes est surexposé. Et on nous surexpose au corps des autres. Donc en fait, voilà, il y a quelque chose d'un peu double là-dedans, où on voit le corps des femmes partout, partout. Donc depuis que nous sommes des petites filles, on voit le corps d'autres femmes, mais des femmes triées sur le volet, des femmes minces, des femmes jeunes, des femmes dans les normes, avec la mode actuelle de ce que c'est qu'un joli corps. Et donc, on a à gaver d'images comme ça depuis qu'on est petite. Et ça nous apprend autant. sur le fait que, bah ouais, on doit être mince et belle pour réussir notre vie, mais aussi sur le fait qu'on est un objet d'exposition et que notre corps, c'est quelque chose de regarder et de juger. Parce qu'en fait, en surexposant le corps féminin comme ça, on apprend à l'ensemble de la population que c'est normal qu'il soit surexposé et que c'est complètement ok de l'observer sous toutes les coutures et de donner son avis et de potentiellement dire à une femme à quoi elle devrait ressembler. Il y a une véritable valeur sociale et morale d'accorder à la minceur. Quand je parle de valeur sociale, on peut même parler de la question de la classe sociale et que cette question de classe dominante, là où il y a des centaines d'années, la classe dominante était justement représentée par des gens qui avaient accès à de l'opulence et qui affichaient des corps un peu plus gros. Il faut quand même préciser, parce que c'est vrai que c'était une norme un peu différente à l'époque, mais je voudrais quand même amener un peu de nuance, c'est-à-dire que ça a toujours été vrai pour les hommes. Et ça l'est encore un peu pour les hommes, d'une certaine manière. Par contre, pour les femmes, il y avait toujours cette notion du corset, c'est-à-dire que, bah oui, les rondeurs, mais il a toujours fallu qu'elles soient là. où on a décidé que c'était joli, féminin, etc. Et donc cette question de la valeur sociale reliée à la forme du corps, eh bien je trouve que ça existe toujours, et qu'on associe toujours la minceur au fait d'être un peu au-dessus de la masse, parce que capable de se contrôler, et puis au fil des années, c'est un peu ancien ce que je vais vous dire, mais au fil des années je trouve que c'est resté aussi. enfin je devrais dire au fil des décennies carrément, eh bien quelle classe sociale a le temps de s'occuper de soi et d'avoir un coach personnel qui te permet de faire du sport et a le temps en fait de s'inquiéter de ça et a les moyens d'avoir une alimentation équilibrée et a les moyens de manger des fruits et des légumes à chaque repas et ça c'est... encore plus vraie dans d'autres pays que le nôtre, comme par exemple aux Etats-Unis, où on sait que selon les endroits où on vit, il y a des classes sociales particulièrement défavorisées qui vivent dans des lieux particulièrement isolés et qui n'ont pas accès à un produit frais à moins de 60 km. Bon, voilà, ça dit beaucoup de choses sur la capacité qu'on peut avoir à faire des choix dans ce qu'on va mettre dans nos assiettes, selon la classe sociale à laquelle on appartient. Et encore aujourd'hui, cette idée de minceur pour les femmes, je parle bien des femmes, elle est encore pas mal associée, je trouve, à ça, à une valeur de classe sociale et une valeur morale, de réussite, de maîtrise de soi. comme si le fait de... prendre du poids, mais et encore même pas prendre du poids, comme si le fait d'avoir un corps plus gros, eh bien ça voulait forcément dire qu'on prenait moins soin de soi, qu'on avait une moins bonne maîtrise de soi, c'est forcément signe de laisser aller quoi, ce qui est complètement dingue, enfin j'y reviendrai peut-être plus tard, parce que là j'ai bien peur, je suis en train de voir que mon épisode va être un peu à partir dans tous les sens, donc accrochez-vous, accrochez votre ceinture, j'ai bien peur que ce soit un peu le bazar. Mais ce que je voulais dire, c'est qu'il y a des personnes qui luttent fort, s'accrochent très fort, font des efforts surhumains et surmontent tout un tas d'épreuves difficiles et notamment de maladies et pourquoi pas de troubles alimentaires, tiens, justement. Et qui, justement, prennent du poids. Et que finalement, cette prise de poids, elle est signe d'une réussite énorme, elle est signe d'un engagement très très fort. Elle n'est pas du tout signe de « je me laisse aller, j'en ai rien à foutre et je fais n'importe quoi » . Au contraire, elle est signe de bonne santé et de meilleure santé. Donc voilà, mais toujours est-il qu'on voit qu'il y a encore des normes qui nous racontent ça par rapport à la valeur sociale, la valeur morale. On voit aussi qu'il y a beaucoup de compliments qui sont faits aux personnes qui perdent du poids, sans même se questionner sur ce que sont en train de vivre ces personnes. Je trouve ça complètement dingue. Et puis des réflexions potentiellement négatives, jugeantes, sur le fait que d'autres personnes aient pris du poids. On voit que de toute façon, il y a vraiment un lien qui est fait entre minceur, réussite, désirabilité, maîtrise et santé. Ce lien de la santé, il se fait quand même déconstruire de plus en plus et c'est chouette. Je vois même sur des médias un peu plus mainstream des gens qui prennent la parole pour parler de ça. Et donc c'est très chouette sur le fait que... Donc évidemment qu'il n'y a pas un lien direct de causalité, un lien qui serait complètement linéaire entre, ah bah oui c'est évident, minceur égale bonne santé, et si on veut être en bonne santé, alors il faut aller vers la minceur. Les choses sont bien plus complexes que ça, mais là je pose un peu le cadre au niveau global sociétal, la peur de grossir, elle s'inscrit dans tout ce cadre-là. Elle ne peut pas être vue à mon sens que comme un symptôme individuel. Et c'est vraiment un gros manquement pour moi dans certains soins des troubles alimentaires, c'est de continuer de voir ça à l'échelle d'une histoire individuelle, d'un récit purement individuel qui a toute sa place évidemment, mais cette question de la peur de grossir et de l'envie de mincir, elle doit être perçue comme un phénomène sociétal et qui s'inscrit dans une forme de propagande en fait, que l'on subit depuis l'enfance. Donc ça c'est un premier point. important qui vient répondre au fait que cette peur de grossir, elle ne naît pas de nulle part, chez personne en fait. Le deuxième point important, c'est d'aller regarder pourquoi cette peur, elle devient aussi envahissante chez certaines personnes et pas chez d'autres. Alors déjà, il y a une chose qui me semble importante à préciser, c'est qu'un enfant qui a été qualifié de trop gros qui a été mis au régime dès l'enfance ou dans le début de la puberté. De fait, c'est une évidence qu'il va se jouer des choses en termes de confiance en soi, de rapport à soi et à son corps, et comment je pourrais dire ça ? De liens entre l'estime de soi et la place du... corps et de la grosseur dans l'estime de soi. Je ne sais pas si je suis très claire. C'est-à-dire que dans l'estime de soi, il y a plusieurs composantes et que parmi les composantes de l'estime de soi, il peut y avoir l'image du corps, l'image qu'on a du corps. Mais pour certaines personnes, l'image qu'on a du corps va venir prendre toute la place. C'est-à-dire que l'image que la personne a de son corps va complètement définir l'estime qu'elle a. de soi. Sauf que quand, en plus de ça, l'image est complètement tronquée, abîmée par des mauvaises expériences, par des réflexions, par des choses vraiment mises en place depuis l'enfance, on se retrouve avec une personne pour qui l'image du corps fait tout dans l'estime d'elle-même, mais pour qui l'image du corps est toujours au ras des pâquerettes, vraiment pourri, Donc on est chez des personnes avec une faible estime de soi. Et je trouve qu'on parle trop de... Ah oui, les TCA, oui, bah... un des facteurs de risque, ça va être une faible confiance en soi. Je trouve que c'est hyper fourre-tout de parler comme ça de confiance en soi. La confiance en soi, c'est une des composantes de l'estime de soi. L'estime de soi, c'est plus complexe que ça. Et en fait, oui, c'est une évidence. Oui, généralement, quand tu souffres d'un trouble alimentaire, tu n'as pas une super image de toi et donc ça impacte l'estime de toi. Mais l'estime de soi, elle est... composé de plein d'autres choses qui peuvent venir compenser. Et puis dire avoir peu de confiance en soi est un facteur de risque de déclenchement des TCA, oui, j'imagine pareil pour la dépression, pour plein de choses. Et en même temps, c'est compliqué aussi ces enjeux de confiance en soi, je pense. Qui peut se targuer d'avoir une confiance en soi hyper haute et excellente sur tous les sujets ? Tous les sujets ? Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de gens. Et en vrai, s'il y a des gens pour qui c'est à 100%, au secours, ils doivent être hyper problématiques. Bref, je ferme cette parenthèse. Donc ce que je voulais dire, c'est que quand il y a eu des réflexions dans l'enfance, une mise au régime dans l'enfance, on est bien d'accord qu'on est forcément sur un facteur de risque plus, plus, plus, plus pour que cette peur de grossir soit ultra envahissante une fois à l'âge adulte. Mais là, l'idée, c'est aussi d'aller voir... Sur quoi s'enracine cette peur de grossir ? Finalement, à quoi elle répond ? Et qu'est-ce qu'elle masque aussi quelque part ? Qu'est-ce qu'il y a derrière cette peur de grossir ? Qui peut sembler hyper superficielle d'ailleurs, alors qu'il n'en est rien. Parce que les personnes qui s'engagent en thérapie pour guérir des troubles alimentaires, elles se rendent compte d'à quel point c'est un sujet complexe dès qu'elles l'abordent. C'est un sujet qui semble hyper enraciné et qui dépasse le... J'ai envie d'être jolie. Il y a quelque chose de vraiment viscéral avec cette question-là. En fait, la peur de grossir, c'est comme si elle permettait de devenir un espèce de gros sac fourre-tout dans lequel on va mettre plein d'incertitudes, dans lequel on va mettre une faible estime de soi, le manque de confiance en soi sur tel ou tel sujet, dans lequel on va mettre la peur du rejet. Ça, c'est très très fort. La peur constante de ne jamais être assez. Ou l'impression constante de toujours devoir être plus, Le besoin de contrôle. Et le besoin de contrôle qui répond à une forte anxiété. J'ai fait un épisode spécifique là-dessus, entre le lien entre anxiété, TCA, comment tout ça, ça s'articule selon moi, selon ce que j'ai pu entendre, lire, étudier. Et je vous invite à l'écouter, j'avais eu de super retours dessus, donc si vous ne l'avez pas encore écouté, peut-être qu'il pourrait vous éclairer. Je le mettrai en description de l'épisode. Donc pourquoi cette peur de grossir, elle devient aussi envahissante chez certaines personnes ? Parce qu'elle permet de répondre à toutes ces autres peurs, à toute cette anxiété. Elle devient un peu le sujet principal. Comme une espèce de théorie explicative qui vient répondre à tout. Et ça, c'est un truc que j'observe énormément. Finalement, si je n'ai pas d'amoureux ou si ma dernière histoire s'est mal terminée, c'est à cause de mon corps. Ou alors, on ne va pas forcément se le dire si clairement, mais il y a toujours un enjeu autour du corps et du poids et sur le fait que, ok, si j'arrive à maigrir, si j'arrive à avoir un corps plus comme ci ou plus comme ça, mes problèmes vont s'arranger. Je ne serai plus seule. Peut-être que j'aurai plus d'amis parce que j'aurai plus confiance en moi. Peut-être que j'aurai un ou une amoureuse parce que je me sentirai plus à même d'être aimée, mieux dans mon corps. Peut-être que je pourrais enfin changer de travail parce que je serai plus sûre de moi dans les entretiens d'embauche et face à mes collègues. Il y a tout un truc, un imaginaire qui se met en place comme ça. Mais à nouveau, je suis un peu insistante là-dessus, mais il faut bien imaginer que si dans l'enfance, vous avez subi à la fois des moqueries à l'école et qu'à la maison, la seule réponse, c'était « bah oui, effectivement, il faudrait te faire maigrir » , et que même si ça partait d'une très bonne intention, et qu'on vous a envoyé perdre du poids, c'est assez facile de voir là le schéma de pensée qui se met en place, c'est-à-dire que, bon, bah voilà, effectivement, être... en dehors de normes établies par rapport au corps, ça semble être un problème dans la cour de l'école. Et quand j'en parle aux adultes autour de moi, ce qu'on me propose, c'est de régler ce problème en rendant mon corps plus apte à rentrer dans ces codes-là. Donc en fait, le message envoyé, il est très clair. C'est OK, si tu veux être aimé, si tu veux qu'on ne se moque pas de toi, si tu veux être validé, si tu veux avoir du succès, etc. Effectivement, il faut que ton corps s'adapte. Et en fait, bienvenue dans une mission complètement impossible, parce que, désolé, mais le corps n'est pas de la pâte à modeler, et en fait, on ne peut pas faire ce qu'on veut, et vous qui m'écoutez, malheureusement, il y en a un certain nombre pour qui cette lutte n'a fait que de vous faire grossir davantage et vous enfermer dans des TCA de plus en plus violents. Un autre point qui me semble intéressant à aborder, c'est ce que l'on croit, ce que vous croyez peut-être protéger en ayant peur de grossir. Qu'est-ce que vous pensez perdre si vous grossissez ? Quel est le risque si vous grossissez ou si vous ne perdez pas de poids ? Et à nouveau, je fais lien avec ce que je disais plus tôt, qu'est-ce que vous vous imaginez gagner si tout d'un coup vous perdiez du poids ? En fait, derrière le « je veux surtout pas dépasser tel poids » ou « il faudrait que je perde 5 kilos, il faudrait que je perde 10 kilos » , ben, il n'y a pas... que le fait de pouvoir rentrer dans cette fameuse jupe que j'ai toujours rêvé de porter. Parce qu'en plus, peut-être que cette jupe, aujourd'hui, elle existe à votre taille. Ou peut-être que vous pourriez trouver d'autres jupes hyper stylées à votre taille. Mais il y a tout un tas d'enfermements et d'impossibilités de porter tel ou tel vêtement. Parce qu'encore une fois, on a été formaté avec l'idée qu'il faut avoir tel corps pour porter tel vêtement. Mais bref, je referme cette parenthèse avant d'aller trop loin dedans. En fait, derrière ce truc de « oui, je ne veux pas dépasser tel poids » , il y a plein d'autres sujets. En réalité, qu'est-ce que vous croyez protéger en ayant peur de grossir ? Vous croyez protéger, en tout cas vous protéger, encore une fois, du rejet. Ce qu'il y a derrière ça, c'est la peur d'être moins aimé, d'être moins désirable. La peur peut-être aussi de perdre une identité, de perdre en valeur. de ne plus être reconnue, de ne plus être en sécurité. Et je fais le lien entre sécurité et contrôle parce que c'est souvent relié à la peur de perdre le contrôle. L'idée que le contrôle, là, vous met en sécurité alors que c'est tout l'inverse. Et d'ailleurs, c'est intéressant de creuser cette peur de grossir et de voir aussi comme, au final, elle vous dessert. Là où vous pensez qu'elle vous met dans une forme de sécurité, de par tout ce que vous mettez en place, En fait, c'est complètement l'inverse. Et c'est un autre point hyper intéressant, le fait de lutter contre cette peur, ça ne fonctionne pas. Ce que vous mettez en place en ayant l'impression de lutter contre cette peur de grossir, ça ne fait que la renforcer. C'est-à-dire que généralement, pour « lutter » contre cette peur de grossir, vous cherchez à vous rassurer et à trouver des choses qui vont pouvoir un peu la faire taire. Comme par exemple, mais non, ça va aller, je ne vais pas grossir, je peux contrôler. Et puis ce que je vais faire là, c'est que je vais compenser à tel endroit. En fait, plus vous êtes dans ce genre de pensée et d'action aussi, d'action comme, eh bien, ce n'est pas grave, là, je vais manger healthy ou je vais tenter d'aller courir ou la semaine prochaine, je me reprendrai en main. Toutes ces pensées-là, il n'y a même pas besoin de passer à l'action. d'ailleurs pour que ça ait un effet, rien que c'est pensées-là, en fait, nourrissent toujours plus la peur de grossir. Encore une fois, je vous invite à écouter l'épisode où je parle de TCA et d'anxiété, parce que c'est le même mécanisme entre l'anxiété et le contrôle. On a l'impression que le contrôle nous aide à gérer notre anxiété, alors qu'en fait, il ne fait que nourrir toujours plus l'anxiété. Là, c'est exactement la même chose. En fait, en faisant tout ça, en pensant de cette manière-là, eh bien, vous donnez raison à la pensée qui dit Voilà, grossir c'est le pire truc qui puisse arriver, il ne faut surtout pas que je grossisse. Donc si on imagine une petite bulle à l'intérieur de vous qui représente la peur de grossir, qui s'est pointée un jour dans votre vie à 6 ans, 8 ans, 16 ans, peu importe, en fait cette petite bulle, elle est là, et à chaque fois que vous êtes dans des pensées ou des actions comme celle-ci, qui cherchent à vous rassurer, finalement vous avez peur de grossir, et pour vous rassurer. vous cherchez à prendre la version la plus healthy, à prendre tel truc, tel truc, vous faites grossir tout le temps cette petite bulle qui est à l'intérieur de vous. Et cette petite bulle, elle devient énorme et elle prend toute la place. Et plus vous cherchez comme ça à vous adapter en fonction de cette peur de grossir, plus vous lui donnez toujours, toujours, toujours plus de pouvoir. Et puis, en fait, une peur, c'est immatériel, en fait, c'est palpable. Donc, finalement, dire la peur de grossir, c'est le truc central. Et c'est vrai, c'est vraiment central dans les TCA, mais genre, c'est ça. Et c'est ça qui fait souffrir. C'est pas tout à fait juste parce que finalement, il y a une peur, mais ce qui fait souffrir, c'est tout ce qu'on met en place pour y répondre. Ce sont toutes les actions que vous mettez en place pour ne pas grossir parce que vous avez peur de grossir qui vont vous faire souffrir et qui créent des désordres au quotidien dans votre vie et qui continuent de faire exister le trouble alimentaire. Et finalement, un peu comme pour les compulsions alimentaires où... Ce que je dis tout le temps aux personnes qui viennent vers moi sur ce sujet-là, c'est que ça sert à rien de mettre votre énergie pour éviter la crise quand elle est là, quand elle arrive, quand vous sentez l'envie monter, même plusieurs jours avant. Ça sert à rien de mettre son énergie sur les compulsions en elles-mêmes, puisqu'en fait, elles ne sont que la partie visible et bruyante de tout un système en place. Eh bien, je ne crois pas. que l'objectif ce soit à tout prix de lutter contre la peur de grossir. Finalement, je crois pas que le but ce soit à tout prix de ne plus jamais avoir peur de grossir ou de ne plus jamais avoir envie de maigrir. Déjà, parce qu'on vit dans une société qui est cette société. Je vais pas répéter tout ce que j'ai dit un peu plus tôt dans l'épisode, mais c'est compliqué d'espérer pouvoir... ne plus du tout avoir peur de grossir ou plus du tout envie de maigrir, âge 24, 365 jours par an. Ça ne veut pas dire que ça ne peut pas diminuer, voire être plus anecdotique dans votre vie. Mais par contre, se fixer comme objectif de ne plus jamais avoir de pensée de ce type-là, je ne crois pas que c'est un grand intérêt. Et surtout, encore une fois, ce n'est pas ça qui fait souffrir. concrètement. Ce qui fait souffrir, c'est le quotidien que vous vous infligez en lien avec cette peur de grossir. Et du coup, l'idée, c'est pas tant « je ne veux plus avoir peur de grossir » , je crois que l'idée, c'est plutôt « je ne veux plus que cette peur soit aux commandes de ma vie » . Je crois que c'est plutôt là que ça se joue et que vous avez vraiment de la marge d'action. En plus de ça, encore une fois, une peur, c'est immatériel, c'est compliqué. Qu'est-ce qu'on fait pour lutter contre une peur ? Je veux dire, il y a des gens qui ont peur de l'avion, qui ont peur des serpents, qui ont peur de grossir, qui ont peur de parler en public. Il y a des tas de peurs différentes. Bon, ben voilà, il y a des façons différentes de traiter ces peurs-là selon à quel point elles sont handicapantes dans notre vie. Mais finalement, qu'est-ce qu'on va aller chercher si vous cherchez à traiter ces peurs-là ? Par le biais des TCC, on ne va pas partir sur un truc à réfléchir pendant 100 000 ans à pourquoi c'est là, d'où ça vient tout ça. Non, on va aller chercher à quel point c'est handicapant dans votre vie déjà. On va aller vérifier ça parce que tous les problèmes du monde et toutes les peurs ne sont peut-être pas à régler en y mettant tout un tas d'énergie. Et puis on va aller regarder comment ça se manifeste, quelles sont les conséquences que ça a concrètement. Comment ça vous fait agir ? Comment ça vous fait réfléchir ? Et qu'est-ce que ça vous fait ressentir ? Et c'est sur tous ces leviers-là qu'on va pouvoir agir vraiment. Et donc là, c'est pareil. Ce sur quoi vous pouvez agir concrètement en lien avec cette peur de grossir, ce sont les conséquences. Qu'est-ce que ça vous empêche de faire, de vivre ? Comment ça vous fait parler de vous-même ? Comment ça vous fait choisir vos aliments ? Comment ça vous fait choisir vos vêtements, vos activités, les gens avec qui vous relationnez ? Comment ça agit sur la relation que vous avez avec vous-même ? Et comment toutes ces petites choses, on peut agir dessus finalement ? Mais on n'est pas au quotidien. à engager une guerre contre la peur de grossir, à se répéter « je n'ai pas peur de grossir, je n'ai pas peur de grossir, je n'ai pas peur de grossir » , ça n'aurait pas trop de sens en fait. Donc comme vous le savez, moi j'aime bien les trucs un peu concrets et c'est aussi pour ça que je pars sur ce versant-là, sur la fin de cet épisode. Et du coup j'ai envie de vous proposer des petites choses pour terminer cet épisode, des petits exercices que vous pouvez faire. Ce que je vous propose dans un premier temps, c'est d'identifier Les comportements qui sont dictés par cette peur. Faites une liste et peut-être faites-la sur votre téléphone ou quelque chose que vous avez sous la main. Ça peut être aussi un petit carnet, pourquoi pas. Mais de prendre en note au fur et à mesure du temps tous les comportements qui sont dictés par cette peur de grossir. Alors, ça peut être le fait de refuser des invitations, de ne pas vous autoriser à aller faire les magasins, de regarder votre ventre. à peu près 25 fois par jour, et que ce soit le premier truc que vous fassiez dès le matin, ou le dernier truc aussi que vous faites le soir, de reporter des projets, de faire du sport alors que vous êtes épuisé, d'essayer d'éviter tout un tas d'aliments, etc. C'est une liste qu'il peut être intéressant de compléter au fur et à mesure du temps, parce que c'est pas facile de prendre conscience de tous ces comportements-là d'un coup, d'un seul. Donc l'idée, c'est aussi d'avoir une petite observation quotidienne chaque semaine, d'avoir dans un coin de tête cette idée-là, et de pouvoir continuer de prendre en note quand vous faites le constat de « Ah oui, là, c'est un truc qui est dicté par ma peur de grossir. » Et le deuxième exercice que j'ai envie de vous proposer, c'est aussi une liste. Ce serait plutôt faire la liste... de tout ce que vous feriez si vous aviez enfin le corps idéal, le corps que vous recherchez si vous aviez maigri ou je ne sais pas ce qui vous sépare aujourd'hui de votre corps idéal. Et du coup, dans votre imaginaire, vous imaginez que vous n'auriez plus peur de grossir. J'imagine que c'est ce que vous vous dites. En réalité, je fais une petite parenthèse pour vous dire que c'est faux. C'est-à-dire que ça fait aussi partie du mécanisme la peur de grossir. Elle ne disparaît pas quand on maigrit. L'envie de maigrir, elle ne disparaît pas quand on maigrit. Je vous l'ai dit un peu plus tôt, ces peurs-là, c'est un peu des fourre-tous et qui permettent de rendre responsable le corps et la soi-disant inadaptation de notre corps comme responsable de tout ce qui peut nous arriver ou de ce qui ne va pas et du coup de fantasmer le fait qu'avec tel corps... eh bien tout serait parfait, tout serait réglé. Alors je ne dis pas que certaines choses ne seraient pas plus faciles, attention, j'ouvre une parenthèse dans la parenthèse, si vous êtes victime de grossophobie hyper régulièrement, bah oui, on peut imaginer que si vous vous retrouviez dans un corps normé, il y a quand même des choses qui bougeraient. Après, dans la relation de soi avec soi et cette foutue peur de grossir, non, ça ne disparaît pas en réalité, puisque toutes les peurs... Tout ce qu'on a dit plus tôt sur la question de l'estime de soi, de la peur de ne pas être aimée, toutes ces choses-là, en fait, le fait de grossir ou de maigrir, ça ne règle pas ça. Et donc, le risque qu'on observe à chaque fois, c'est qu'une personne finit par réussir à mincir, mais en fait, ça ne règle pas tous ces problèmes-là, de fait. Et donc, elle reste bloquée dans toujours un corps qui n'est pas... tout à fait comme il faut. Donc peut-être que c'est encore vouloir maigrir ou avoir encore plus peur de grossir parce que ce serait terrible de regrossir ou c'est tout d'un coup le visage qui devrait changer. Enfin voilà, ça peut être complètement sans fin et ça me semblait important de le préciser. Mais là ce que je vous propose, c'est pas de vous projeter dans A, j'ai plus peur de grossir parce qu'en fait moi je crois que cette peur-là ne disparaîtrait pas. Si c'était le cas, c'est plutôt, ah tiens, si j'avais enfin le corps que j'imagine comme étant idéal, alors qu'est-ce que je m'autoriserais à faire ? Qu'est-ce que je pourrais enfin vivre ? Alors, si par exemple, vous êtes tenté de mettre « Ah bah j'aurais enfin confiance en moi » , ok, pourquoi pas, mais j'aimerais que vous soyez plutôt dans du faire. Ok ? Et donc, si vous avez plus confiance en vous, qu'est-ce que ça vous permettrait de faire concrètement ? Qu'est-ce que vous feriez de différent d'aujourd'hui ? Ça peut être des vêtements que vous porteriez, des couleurs aussi que vous vous autoriseriez à porter, une coupe de cheveux que vous oseriez enfin changer, un job auquel vous iriez postuler, vous inscrire sur des sites de rencontres. C'est, voilà, vraiment, qu'est-ce que vous feriez de différent là, si tout d'un coup, vous aviez ce corps idéalisé, ou plus idéalisé, ou moins problématique, selon vous. Ça a plusieurs intérêts pour moi de vous proposer de faire ces exercices-là. Alors, déjà, ça vous met dans une autre posture par rapport à votre corps, par rapport à cette peur de grossir. Jusqu'ici, il y a moyen que ce soit obsessionnel et que ça prenne... beaucoup de place. Et là, l'idée, c'est de se décaler un peu de ça. C'est-à-dire que, oui, je vous demande de continuer d'y penser, d'y réfléchir, mais un peu sous un autre prisme. Pas sous le prisme de « mais vraiment, c'est l'enfer, il est temps que je maigrisse, j'en peux plus de mon corps » et tout ça, tout ça. C'est plutôt « ok, je vois bien que j'ai peur de grossir et je sais qu'elle est là, ma peur de grossir, mais qu'est-ce qu'elle m'empêche de vivre, finalement, au quotidien ? » si j'avais un corps plus mince ou qui me correspond mieux, et du coup de vous projeter dans, finalement, qu'est-ce qui est essentiel dans votre vie. Parce qu'on pourrait imaginer qu'avoir un corps plus mince, du coup, ça n'est qu'un moyen pour vivre votre vie, ça n'est qu'un moyen pour oser dire ce que vous pensez à Tonto Patrick quand il raconte n'importe quoi au repas de famille, oser poser vos limites, oser aller vers le job de vos rêves, oser rencontrer l'amour, etc. Et du coup, on est sur les choses essentielles de votre vie pour lesquelles vous placez votre corps comme un moyen d'atteindre de ses objectifs. Et du coup, une fois que vous aurez cette liste de faits, vous allez pouvoir voir quelles actions vous pouvez déjà mettre en place, à quoi vous pouvez déjà répondre. S'il s'agit de vous autoriser à porter des couleurs vives, c'est quelque chose que vous pouvez déjà faire. S'il s'agit de pouvoir accéder à une PMA, ça ne dépend pas que de vous, effectivement, mais peut-être que ça vaut le coup d'aller vous renseigner auprès d'assos comme Crapolitique, qui ont des annuaires, je le répète souvent sur les épisodes, mais des annuaires de professionnels safe et tout. Il y a peut-être des professionnels qui peuvent vous accompagner de manière plus adaptée, moins grossophobe, vers votre projet. Mais effectivement, il y a des choses qui ne vont pas dépendre que de vous. Mais dans tout ce que vous allez écrire, Tout ce qui ne dépend que de vous, finalement, on est sur un blocage qui est individuel, mais qui est collectif, puisque vous l'avez hérité d'un collectif, encore une fois. C'est pour ça que j'en parlais au début de l'épisode. C'est des choses que vous avez complètement héritées. Et vous ne pouvez pas juste vous blâmer, vous, en fait, d'avoir cette peur de grossir, d'avoir ces blocages à faire telle et telle chose parce que vous n'avez pas, soi-disant, le corps qu'il faut. Mais en tout cas, vous pouvez choisir, étape par étape, petit pas après petit pas. d'aller vers ces choses-là. Parce que c'est ça que je voulais mettre en lumière, c'est que votre vie, l'essentiel de votre vie, ne réside pas dans la forme de votre corps ni la masse corporelle. L'essentiel de votre vie réside dans des expériences que vous allez vivre, des expériences que vous allez partager, des émotions que vous allez ressentir, etc. Et du coup, le fait de vous pencher sur ces listes-là, ça peut vous permettre d'aller vers des choses qui sont plus essentielles pour vous. Oui. Vous aurez peut-être envie de maigrir encore à côté, vous aurez peut-être encore peur de grossir, mais vous allez passer déjà un peu moins de temps à lutter contre votre corps et un petit peu plus de temps à faire des trucs vraiment cool, vraiment stylés pour vous. Et je trouve que rien que ça déjà, ça fait la différence. Voilà, si je devais résumer rapidement cet épisode sur la peur de grossir, j'ai envie de vous rappeler que, bon, le problème principal, bah... C'est peut-être pas votre peur individuelle à vous de grossir, mais c'est peut-être cet espace collectif dans lequel on existe où on remet même pas ça en question, quoi. Ça semble complètement normal d'avoir peur de grossir. Et que, justement, cette peur de grossir, elle ne naît pas de nulle part, mais d'un conditionnement puissant qui est à l'œuvre depuis l'enfance. que si elle devient aussi envahissante chez certaines personnes, et notamment dans les TCA, c'est qu'elle s'appuie sur... plein d'autres failles, plein d'autres peurs, et qu'elle devient un peu fourre-tout, et qu'elle permet finalement de devenir une sorte d'explication aussi, un peu fourre-tout et d'ultime responsable. En fait, votre corps devient un peu le responsable de tout. Qu'on croit se protéger de plein de choses avec cette peur de grossir et notamment avec ce qu'on met en place pour ne pas grossir, mais qu'en fait on ne fait que nourrir du mal-être et toujours plus de peur de grossir et donc toujours plus de comportements qui nourrissent du mal-être. Enfin vous voyez bien quoi, cercle complètement vicieux. Et que votre objectif principal c'est peut-être pas d'arrêter d'avoir peur de grossir, c'est plutôt de faire que cette peur ne soit plus aux commandes totales de votre vie. Et que déjà, si, je ne sais pas moi, 90% de vos actions restent tournées vers la peur de grossir, mais que dès demain, vous mettez 10% en place au lieu d'être à 100% ou 98%, que vous descendez à 90% et 10% d'actions en faveur de choses qui vous font vraiment kiffer et de choses qui sont alignées avec vos valeurs et qui vous aident, c'est déjà un super pas. Et puis, vous passerez peut-être à 15%, à 20%, à 25%, à 50%, à 60%, 70%. En fait, voilà, on y va sur de la progression. Et en fait, 1, c'est toujours mieux que 0. Et donc, je vous invite à faire les petites listes dont je vous ai parlé pour avancer sur ce sujet. Voilà, j'espère que cet épisode n'était pas trop brouillon, parce qu'en fait, c'est un sujet qui est vaste. Et j'ai tout le temps envie d'ouvrir plein, plein, plein, plein de parenthèses, mais je ne peux pas tout aborder dans un seul épisode. J'espère aussi qu'il y avait suffisamment de... d'outils pratico-pratiques, de tips qui vous ont permis déjà de comprendre dans un sens très pratique les enjeux de cette peur de grossir et d'avoir aussi des pistes d'exercice pour commencer à vous questionner et à peut-être mettre des choses en place. En tout cas, je vous remercie pour votre écoute fidèle ou vos toutes nouvelles écoutes si vous venez de débarquer par ici. Et puis je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode. Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important, c'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors, si mon contenu t'apporte de l'aide, d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. 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