- Speaker #0
Bienvenue dans TCA etc, le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Milsono et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie. Les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur flavie.mtca. Très belle écoute. Bienvenue dans un nouvel épisode de podcast. Aujourd'hui, je reçois une nouvelle personne pour discuter de son histoire. Et je le dis souvent, mais j'adore ce format. Donc, je suis très contente de recevoir Mathilde. Bienvenue, Mathilde.
- Speaker #1
Bonjour Flavie, merci de m'accueillir sur ton podcast.
- Speaker #0
Avec grand plaisir. Si tu veux bien, je veux bien commencer par te laisser la parole pour que tu commences par te présenter de la manière dont tu le souhaites.
- Speaker #1
Oui, très bien. Donc, je m'appelle Mathilde, j'ai 34 ans. Je suis maman de deux enfants, un petit garçon et du petit garçon. petite fille, donc 6 et 4 ans. Je travaille en banque, je suis manager et puis je suis passionnée de sport et de littérature. J'adore lire, depuis que je suis toute petite.
- Speaker #0
Ok, un style préféré de livre ?
- Speaker #1
Pas tant que ça, non. J'aime bien que ça me fasse voyager, donc à partir de là, peu importe le style de livre.
- Speaker #0
Trop cool. Merci pour cette présentation. J'aime bien remarquer quand, de voir si la question des troubles alimentaires arrive dès la présentation ou pas, ce qui ne dit pas grand-chose en fait en réalité, mais c'est juste une curiosité, tu vois, de ma part, de voir quand ça vient. Si tu es face à moi aujourd'hui pour discuter, c'est qu'il y a, ou il y a eu, on va le découvrir, une problématique de troubles alimentaires. Tu le sais si tu écoutes le podcast, j'aime bien entrer dans le sujet par l'enfance. Et j'avais la curiosité de savoir ce à quoi ça ressemblait pour toi dans l'enfance. Est-ce que tu as des souvenirs particuliers de la relation à ton corps, à l'alimentation quand tu étais petite ?
- Speaker #1
Oui, alors c'est assez drôle. Dans le sens où j'ai grandi dans un environnement où il y avait beaucoup de violence et où la maladie était très présente. Pour te refaire un peu le contexte, mon père avait une polyarthrite rhumatoïde très handicapante. Ça l'a aigri, donc c'est devenu un peu l'archétype du pervers narcissique. Et quand j'avais 6 ans, ma mère a fait une grosse dépression et elle a été diagnostiquée par la suite bipolaire. Mes parents sont restés ensemble jusqu'à mes 10-11 ans à peu près. La séparation a été très violente, puisque ma mère a eu plusieurs jours d'ITT. Et du coup, moi, j'ai grandi dans ce truc-là. Et en thérapie, j'ai beaucoup parlé des traumas. Et c'est en écoutant ton podcast que je me suis dit, mais en fait, je ne me suis jamais posé la question dans quel environnement alimentaire j'avais grandi. On avait décortiqué les traumas, mais en fait, les troubles y restaient. Les troubles y restaient là et je me disais, mais ce n'est pas possible. Depuis le temps que je suis en thérapie, j'ai 34 ans. J'ai décortiqué les trucs, je sais, plus ou moins, mais pourquoi ? Et puis, c'est quand j'ai commencé à t'écouter que je me suis dit, mais ouais, j'ai grandi dans les années 90. Ma mère, elle faisait de l'hyperphagie. Alors maintenant, je pose le mot dessus, mais quand j'étais petite, je la voyais juste manger des grosses quantités. Elle avait pris beaucoup de poids, du coup, quand elle a fait sa première dépression. Et pour mon père, qui avait une vision très... très archaïque de la femme. Il fallait qu'une femme prenne soin de sa maison, de ses enfants, qu'elle prenne soin d'elle, etc. Et j'ai le souvenir qu'il l'a un peu forcée à aller chez une nutritionniste et qu'elle avait son tableau de ce qu'elle pouvait ou pas manger dans la cuisine. Il l'a fliqué là-dessus. Et elle, pour le faire rager, en fait, des fois, elle mangeait des trucs qu'il ne voulait pas qu'elle mange.
- Speaker #0
Ah ouais, donc c'était au cœur. de cette relation conflictuelle, voire toxique ?
- Speaker #1
Je n'ai pas fait le lien. Tu vois, le lien, je ne l'ai pas fait. Je l'ai fait il y a très peu de temps, au final. Je l'ai fait il n'y a même pas un an. Mais c'est en me disant dans quel environnement alimentaire j'ai grandi, je me suis dit, déjà petite, vers 6-7 ans, c'était en mode, il faut faire attention. Ma mère, elle savait ce qu'elle mangeait. Ses copines, elles faisaient Wet'suwetcher. C'était assez valorisé entre elles, elles parlaient beaucoup de « j'ai maigri, j'ai testé tel régime » , tout ça. Et moi, suite à la dépression de ma mère, j'ai eu une phase… où déjà les rapports étaient inversés un peu avec mes parents parce que moi je m'occupais de ma mère j'étais en opposition vraiment très violente avec mon père et puis j'étais une enfant qui était un peu j'étais très curieuse j'étais un peu ronde mais comme une petite fille peut être ronde en fait et suite à la dépression de ma mère je me souviens que je me suis mise à alors C'est pareil, c'est en t'écoutant que ça m'est revenu. Je me suis dit, oui, en fait, on se dit, Mathilde, elle boulotte. C'est vrai que j'étais capable de manger de la baguette. Je me suis dit, je vais être capable de me faire une baguette entière quand j'étais petite. Mais personne, c'était juste, arrête de boulotter.
- Speaker #0
Mais ça voulait dire quoi, boulotter, pour ces personnes-là ?
- Speaker #1
C'était que j'allais arrêter de grignoter.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'était des prises alimentaires, comme ça, un peu n'importe quand dans la journée. Toi, tu t'en souviens bien ?
- Speaker #1
Je ne m'en souviens pas trop. Je me souviens aussi quand ma mère ramenait du pain et du raisin, mais je ne pouvais me faire la grappe de raisin et la baguette complète. Je n'arrivais pas à m'arrêter. Ça, je m'en souviens. Mais je ne me souviens pas d'avoir une préoccupation alimentaire à ce moment-là. Alors que pourtant, à l'école, j'avais quand même pas mal grossi. Donc, j'ai eu des moqueries à l'école. Et puis, mes parents, le médecin a alerté et il a dit oui, il y a une cassure sur ma courbe de croissance. Et j'étais à la limite du surpoids. Donc, ils ont dit à mes parents, il faut faire attention, il faut qu'elle fasse attention, c'est la limite. Mais à l'époque, moi, j'étais vraiment… Bizarrement, je n'ai pas le souvenir d'avoir trop souffert de cette époque-là parce que je me réfugiais dans les livres. J'étais tout le temps à la bibliothèque, j'ai découvert Harry Potter quand j'étais en CP. À l'époque, ce n'était pas connu. C'est ma mère qui me l'a offert pour mon année scolaire. Parce qu'elle est prof, elle était abonneuse du magazine Gallimard. Et toute ma primaire, j'ai attendu de recevoir ma lettre pour Poudlard. Et je me faisais des histoires. J'écrivais des histoires, je dessinais des histoires. Le samedi, j'adorais la bibliothèque. Du coup, j'étais beaucoup dans l'imaginaire. Et ce qui fait que ça m'a un peu glissé dessus. Tout ce qui se passait. Puis à l'école, j'ai pris le côté, je suis garçon manqué. Donc les garçons me toléraient parce que je jouais au foot avec eux, puis j'étais garçon manqué. Puis les filles me toléraient parce que je faisais l'entremetteuse, je passais les petits mots et des trucs comme ça.
- Speaker #0
Ok. Et tes parents, ils en ont fait quelque chose de l'alerte du médecin par rapport à la courbe de poids ?
- Speaker #1
Oui, après c'est plus au niveau des goûters où je me souviens, parce que j'avais droit à trois tartines de beurre Nutella. Et je n'avais plus le droit qu'à deux tartines, soit une de beurre, soit une de Nutella. Mais après, j'ai toujours fait beaucoup de sport, j'ai toujours été très dynamique. Donc, mes parents, ils n'ont pas été trop... Je n'ai pas le souvenir, en tout cas, qu'ils étaient trop à cheval là-dessus. Je faisais du sport, de la danse, de l'équitation.
- Speaker #0
Si je comprends bien, finalement, avec le recul, tu te rends compte que c'était présent. Ce n'était pas un sujet en tant que tel, mais par contre, toi, on peut imaginer que la nourriture, il y avait vraiment un vecteur réconfort. Tu allais chercher quelque chose dans ce comportement-là. Il y a quand même eu une prise de poids. Le médecin a alerté. Tes parents ont entendu. Il y a eu deux, trois petits changements, mais rien de drastique. Ils ne t'ont pas mis au régime à ce moment-là. Toi, tu ne te souviens pas de ça ? Non.
- Speaker #1
En tout cas, le conflit était plus entre mes parents. Même la question du poids, ce n'était pas moi directement, c'était ma mère.
- Speaker #0
Ok. Et tu as des frères et sœurs ?
- Speaker #1
J'ai une petite sœur, oui.
- Speaker #0
Ok. Et alors, quand est-ce que c'est devenu vraiment un sujet, au point que tu t'en souviennes, toi ?
- Speaker #1
En fait, au CM2, ça a commencé à m'embêter un petit peu. Surtout que j'étais toujours un peu la première de la classe, j'étais très reconnue et valorisée par mes profs. Mais du coup, je ne me sentais pas à l'aise avec les gens. J'avais des copines, mais je sentais qu'il y avait quand même un décalage. Et puis en CM2, j'étais un peu plus grande que mes copines, je commençais à avoir un peu des formes. Et je n'étais pas trop à l'aise dans mon corps. Et quand on est arrivé, mes parents se sont séparés l'été de la... J'ai perdu mon grand-père début juillet. Mes parents se sont séparés au mois d'août. Et je suis rentrée en sixième après, au mois de septembre, du coup. Et on vivait chez ma grand-mère à l'époque. Parce que quand on est partis, on a mis nos affaires dans la voiture, on est partis. Et quand on arrivait en sixième, ça a commencé à m'embêter un petit peu. Parce que je me souviens, par exemple, la boum, la classe verte. J'avais passé des petits mois tout le monde. Et puis moi, j'étais sur le banc avec les garçons un peu les bolosses. Et du coup, je me souviens que je l'avais un peu vécu comme une humiliation. Et puis j'avais une copine dans mon groupe de copines qui avait commencé le régime spécial K à l'époque.
- Speaker #0
Tu avais une copine en sixième au régime ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et spécial cas, c'est-à-dire, elles ne mangeaient que des céréales spéciales ?
- Speaker #1
En fait, sur le principe, c'était, tu mangeais ton bol de céréales ce matin, le matin, tu pouvais accompagner d'un laitage ou d'un fruit. Le midi, il fallait faire légumes, féculents, protéines et fruits ou yaourts en dessert. Tu prenais une barre de spécial cas au goûter avec un fruit ou un yaourt, et normalement, c'était un bol de céréales le soir. Et puis, moi, ma mère m'avait dit, non, non, c'est pas bon. OK pour les céréales le matin et la part de céréales au goûter, mais par contre, je continue de manger normalement. Et mes parents, au départ, ils ont dit que c'était cool parce que je mangeais plus équilibré. Je mangeais plus de fruits, plus de légumes. Je n'avais pas mis en avant le fait que je voulais maigrir.
- Speaker #0
Tu avais mis quoi en avant à ce moment-là ?
- Speaker #1
Le fait que je voulais des céréales, que ma copine faisait ça. Du coup, je mangeais plus de légumes, mais ce n'était pas... Et cette copine-là, je me souviens, elle parlait aussi qu'elle se faisait vomir de temps en temps, qu'elle essayait de se faire vomir et tout. Et moi, j'avais essayé une ou deux fois, mais je n'avais pas réussi. Donc du coup, voilà. Et la chance que j'ai eue, c'est que ma mère, quand mes parents se sont séparés, elle nous a tout de suite emmené voir une psychologue. Parce que la séparation, il y avait eu aussi des arrêts de travail. Donc, elle a vu des jours d'ITT. Donc, oui. On avait dit par une psychologue, et la psychologue avait dit à ma mère, me fiez-vous, parce qu'elle a toutes les caractéristiques pour développer un trouble alimentaire.
- Speaker #0
Ah, bah dit-on.
- Speaker #1
Elle dit, c'est vraiment le stéréotype de la personne qui développera un trouble alimentaire.
- Speaker #0
Waouh ! Elle était bien informée, cette psychologue.
- Speaker #1
Ouais. Et quelque part, je la remercie. Enfin, je ne l'ai plus revue après, mais ça a été ce qui fait que, sixième, ça s'est passé comme ça. Cinquième, Ça s'est passé comme ça, un peu comme la sixième aussi. Mes parents s'étaient remis ensemble, ils s'étaient séparés. Et puis en quatrième, mes parents se sont re-séparés à nouveau. Et on a emménagé dans une maison que mes parents s'est construite pour la louer. Et on a emménagé dans la maison où on avait juste le frigo, la table, les chaises, la gazinière et nos quatre lits. Et ça a été... Moi, j'avais toujours été dans le privé. Mes parents avaient un niveau de vie plutôt confortable. Et donc, je l'ai vécu comme un déclassement. Et puis, quand on est arrivés dans cette maison, je me suis dit, nouvelle vie, nouveau corps. En fait, j'en ai marre d'être la bonne copine. J'en ai marre qu'on ne me regarde pas comme quelqu'un... Parce que toutes mes copines avaient des amoureux, des trucs. Et je me suis dit, moi aussi, j'ai envie qu'on me regarde comme quelqu'un qu'on peut aimer, en fait.
- Speaker #0
Wow ! Mais en fait, il y a quand même beaucoup de choses dans ce que tu dis, parce que quand on voit tes années collège, t'es rentrée en sixième, tes parents venaient de se séparer, puis ils se sont remis ensemble, puis ils se sont reséparés. Enfin, c'est pas rien quand même de traverser ça sur les années collège, qui sont souvent les années les plus remuantes déjà pour soi en interne. J'ai l'impression que ça, en toile de fond, ça a joué aussi pas mal de choses quand même. Je ne sais pas, toi, ce que tu en penses, est-ce que tu as l'impression que ça a joué des choses dans ton rapport à toi-même ?
- Speaker #1
Je ne sais pas, parce qu'à côté de ça, j'ai le souvenir quand même d'avoir décidé. J'ai bien aimé mon collège.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Parce que j'étais dans un super collège, on était super bien entourés, on avait plein d'activités, j'avais plusieurs groupes de copines, parce qu'encore une fois, je n'ai jamais trop su trouver ma place. Et puis, oui, l'année de cinquième, elle avait été un petit peu compliquée. Mais bon, je pense aussi qu'en cinquième, j'avais commencé à écrire sur un carnet. Je ne sais plus où j'avais vu ça. Tout ce que je mangeais. Je me souviens parce que je me revois dans la chambre que j'occupais chez ma grand-mère. Du coup, c'est quand on était encore chez ma grand-mère. Et je notais tout ce que je mangeais et j'essayais d'enlever des choses. De me dire, ça, voilà, ça, c'est tout. Je mettais des notes à mes journées. Je pense que du coup... Mais après, je n'ai pas le souvenir d'avoir été malheureuse en tant que... tel le 6e, 5e, parce que je faisais du sport, parce que, encore une fois, j'étais reconnue par mes profs. J'étais valorisée par mes profs. Et puis, c'est plus en quatrième où ça a commencé à ne pas trop aller, où là, la nourriture, ça a pris de la place. J'ai commencé à... C'était vers... On a emménagé, il était quoi, février, quand je me suis dit ça. Et puis, c'était toute l'époque, un peu. On était un peu tous suicidaires. Je pense, c'était peut-être... Je ne sais pas si c'était les années comme ça, mais bon, il y en avait qui se scarifiaient. Il y avait eu... pas mal de petits trucs aussi dans les gens que je côtoyais au collège. Et j'ai commencé à moins manger. Et au début, un peu partout, à la maison, à la cantine. Et ma mère, tout de suite, elle l'a vu. Et ça a tout de suite commencé un peu un rapport de force. Donc, je mangeais à la maison, mais je ne mangeais plus à la cantine. Et mon groupe de copines a alerté le CPE qui a appelé ma mère. Parce qu'il était au courant aussi de la situation familiale. Et donc, j'ai très vite été avec mon médecin généraliste, en fait, avec un contrat de poids.
- Speaker #0
Ok. Donc,
- Speaker #1
si je voulais que ma mère me laisse faire des trucs et tout, je me souviens, on partait en classe sportive au mois de juin. Il ne fallait pas que je sois descendue en dessous de 46 pour pouvoir y aller. Et puis après... Merci. L'été, ma soeur est partie chez mon père. Je ne voyais plus mon père à ce moment-là. Elle est partie en vacances avec une copine. J'étais toute seule avec ma mère l'été. Elle a refait un gros épisode d'homme où elle ne se levait quasiment pas. Je faisais semblant de manger. Je mettais des miettes, du fond de café dans une tasse. J'allais courir, je faisais du vélo, des aptos. J'ai décollé sur cet été-là. Et donc quand je suis revenue en septembre, ça a fait un peu flipper tout le monde. Mais il y avait déjà un suivi avec le médecin prétendant. Tous les 15 jours, j'y allais, je me faisais peser et tout. Et puis au mois de septembre, octobre, novembre, j'ai eu des enjures au pied, mais j'ai une mauvaise circulation du sang. Et en fait, c'était en décembre, je crois que c'était en décembre, J'ai fait une crise de tétanie à l'école. Après un cours, je n'ai pas réussi à me lever. Et donc là, ma mère est venue me chercher. Et je n'ai jamais compté les calories. Mais dans ma tête, c'était tout ce que je mange. Quand je me couche, je l'ai éliminé pour ne pas grossir.
- Speaker #0
Ah ouais.
- Speaker #1
Et du coup, j'étais vraiment dans l'hyperactivité sportive. Je n'ai jamais arrêté de manger en tant que telle. Je mangeais un yaourt, une pomme, une biscotte. des petits Suisses, voilà. Mais je faisais beaucoup, beaucoup de sport à côté. Et du coup, j'ai été couché une bonne partie du mois de décembre. Enfin, oui, je ne sais plus exactement, mais ça s'est joué sur la fin de l'année, début d'année. Et puis, je voulais être hospitalisée, mais il n'y avait pas de place. On m'avait dit que j'étais trop grosse. Je faisais 36 kilos. Et en fait, j'ai arrêté de m'alimenter, là, vraiment. pendant quelques jours et mes parents ont pris peur. Et ils m'ont emmenée à un hôpital à Lille qui était spécialisé dans les troubles alimentaires. Et mon père a fait un peu toute une esclavage comme il savait bien le faire, en disant que si on ne prenait pas en charge, il porterait plainte contre l'hôpital pour une non-assistance à personne à manger. Donc ils m'ont pris un peu... Ils m'ont hospitalisée un peu contre leur gré.
- Speaker #0
parce que même en fait physiquement j'avais pas tant de carence que ça ouais mais ça c'est pas une valeur sûre parce que c'est un truc qu'on observe régulièrement quand même pour pas dire souvent tu fais des prises de sang à une personne qui est en anorexie sévère mais elles vont pas forcément les résultats peuvent revenir plutôt bons et on peut observer un effondrement après bien plus tard en fait même parfois quand la personne a recommencé à se nourrir et d'ailleurs même dans le ressenti physique
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
c'est aussi souvent ce qui se passe. Là où on se sent épuisé, c'est le moment où on commence à se renourrir, où on commence à accéder à nouveau au repos. Et là, il y a un peu l'effondrement total. Donc, tu ne peux pas te baser sur les analyses sanguines uniquement. En fait, c'est compliqué. On ne peut pas se baser que sur le poids, on ne peut pas se baser que sur les analyses sanguines. Mais en même temps, à l'hôpital, il manque tellement de moyens et tellement peu de place. eux ils sont sur un truc très trivial ok l'IMC et puis voilà c'est comme ça qu'ils trient c'est horrible
- Speaker #1
Oui, parce que je culpabilisais d'être là. C'était paradoxal parce que je voulais qu'on m'aide. Mais en même temps, j'étais à l'isolement pendant un mois. Parce que comme ce n'était pas mon secteur, ils ne voulaient pas me garder. Donc, je ne voulais rien mettre en place. J'ai quand même eu des électrodes parce que mon cœur descendait très bas. Mais à part ça, voilà. Et donc, je suis restée dans ce service-là deux mois. Et après, j'ai été transférée dans un centre pour adolescents. Donc, j'ai des bons souvenirs du service, finalement, à Lille. Pas forcément avec l'équipe soignante, mais j'ai rencontré quelqu'un qui était là, qui n'était pas anorexique. Elle était là pour des pressions, mais ça a été un coup de cœur amical. Et on a eu des fous rires. Il y a eu des bons moments, quand même. C'était... Et puis, le contrat de poids, quand même, il ne fallait pas que mon poids descende. Et je suis arrivée, du coup, dans cette structure-là. Et donc, ils n'avaient pas du tout l'habitude... Ils traitaient des pathologies plutôt psy, mais lourdes. J'étais peut-être une des premières personnes qui avait un DTC à qui traiter. Et je me suis trouvée avec un schizophrène, un... Quelqu'un qui avait un peu une trisomie 21, ça a été violent pour moi. Parce que c'était vraiment des pathologies psychiques. Et je me souviens, j'avais peur. Surtout le garçon qui était schizophrène. Après, il n'était pas méchant en soi, mais il y a des moments où c'était des trucs... Il se masturbait dans les coins de couloirs, il disait des insultes. Enfin, c'était...
- Speaker #0
Oui, C'est surprenant parce que même tu parles de trisomie, donc ça veut dire même qu'il y avait des personnes porteuses de handicap. Oui,
- Speaker #1
c'est ça, mais qui étaient violentes, qui présentaient des...
- Speaker #0
Avec des troubles potentiellement associés. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Et du coup, c'est vrai que... Moi, je ne m'étais jamais fait vomir à l'époque. J'étais vraiment dans le contrôle, dans l'hyperactivité. Et par exemple, pendant les transmissions, ils me fermaient ma salle de bain.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et je leur avais dit, mais en fait, je ne me fais pas vomir. Et puis, ils fouillaient pour être sûr que je ne cache pas de la nourriture et tout. Alors qu'à l'époque, ça n'a jamais trop été mon truc. Et je l'ai mal vécu. Parce que, voilà, j'ai fugué.
- Speaker #0
Ah ouais ?
- Speaker #1
Ouais. Et j'ai pris le train. Parce que j'ai eu la chance, j'ai eu un amoureux. C'était pas mon premier amour, mais c'était mon amoureux en quatrième, troisième, qui venait me voir à l'hôpital le week-end, quand il a pu venir me voir et tout. Du coup, j'ai fugué, j'ai pris le train pour aller chez lui.
- Speaker #0
Wow.
- Speaker #1
Parce que je voulais pas repartir, en fait, mais comme mon père avait saisi le juge des enfants, c'est la juge des enfants, qui a décidé que tant que la psychiatre n'autoriserait pas à sortir, en fait, je sortirais pas.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Parce que ma mère était prête à signer une décharge pour me faire sortir. Et puis, du coup, j'étais dans cette structure avec des contrats de poids. Puis en fait, il m'avait dit mon poids de sortie, c'était 46 ou 47. Tu parles en trois mois de temps, j'avais mon poids de sortie. Sauf que je ne supportais pas du tout mon corps.
- Speaker #0
Oui, mais c'est ça la difficulté. J'ai l'impression que très souvent, dans les témoignages comme ça, les épisodes que j'enregistre avec des personnes comme toi sur le podcast, très souvent, il y a des récits d'hospite. Et voilà, on est sur du contrat de poids. Et finalement, avec une prise en charge plutôt faiblarde, je ne sais pas comment dire, voire inexistante en fait, sur la prise en charge psychologique, sur le rapport au corps, le rapport à la nourriture, tout ça, c'est... par rapport à l'internalisation de toutes les normes de beauté, de minceur, tu vois, ce sont des trucs qui sont inexistants, quoi.
- Speaker #1
Ah mais complètement, comme je te le disais au début, en fait, on a décortiqué les traumas, et puis il y avait de quoi décortiquer, tu me dirais, il y a de la matière.
- Speaker #0
Oui, et ce qui n'est pas inintéressant, enfin, je veux dire, ça a sa place aussi,
- Speaker #1
dans le soin de TCA,
- Speaker #0
c'est important, mais ouais.
- Speaker #1
J'ai eu ce style, après, j'avais des massages, j'avais, enfin, il y a quand même eu des choses qui ont été mises en place. mais plus par l'équipe soignante que vraiment la psychiatre. Et puis, avec la psychiatre, ça s'est mal fini parce qu'en fait, ma classe faisait un séjour en Angleterre. Donc elle m'avait dit si tu as ton poids, tu pourras partir en Angleterre. J'avais le poids, sauf que effectivement, je me faisais mal en fait, parce que je ne supportais pas ce corps. Donc j'avais atteint le poids et la psychiatre a dit, ben non, en fait, tu n'iras pas parce que psychologiquement, on trouve que tu n'es pas suffisamment stable. Et à partir de là, je n'ai plus jamais voulu lui adresser la parole.
- Speaker #0
Ben oui, tu mettais une rupture de lien de confiance quoi.
- Speaker #1
Je m'appartiens. Alors oui, ce n'était pas complètement déconnant, mais moi, je voyais cette sortie-là. J'étais hospitalisée depuis... Je n'étais pas retournée en cours depuis les vacances de Noël. On était avril ou mai, je crois. Et c'était vraiment... J'avais des permes par-ci, par-là, mais c'est tout. Mais par contre, l'équipe soignante était vraiment super. Parce que quand ils ont compris que... j'avais pas de pathologie j'avais une pathologie lourde entre guillemets mais c'était pas ce qu'ils traitaient de façon ordinaire puisque c'était plus des cas psychiques enfin je sais pas j'ai pas les bons mots tu m'excuses mais c'est difficile de je
- Speaker #0
vois ce que tu veux dire mais à la fois un TCA c'est une maladie psy aussi tu vois Oui,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
Mais je pense que peut-être que la grosse différence, c'était aussi dans l'opposition qu'il peut y avoir face au personnel soignant dans les autres cas, voire même les accès de violence, que ce soit verbal ou physique. Sans doute qu'il y avait peut-être quelque chose de plus facile chez toi pour eux.
- Speaker #1
Et c'est vrai que j'ai eu la chance qu'ils soient quand même à l'écoute et qu'ils me laissaient faire. Il y a des choses... On n'était pas nombreux non plus dans le service. Donc, en fonction des personnes qui étaient prises en charge, il y avait des choses qui me laissaient faire.
- Speaker #0
Ok. Donc ça, ça remonte un peu ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'était il y a une vingtaine d'années. Oui,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
Ok. Et je ne sais pas si on déroule juste après l'hospite. Je ne sais pas quelle question de poser. Est-ce qu'il y a eu d'autres hospites ? Comment ça s'est passé après ?
- Speaker #1
voilà c'est vraiment le plus important toi dans le récit en fait c'est vraiment aujourd'hui je suis stabilisée mais c'est vraiment tout un cheminement en fait qui a été et qui sera encore un peu long quoi mais ça a été le travail de toute ma vie jusqu'à présent ouais c'est c'est après oui moi je suis sortie pour passer mon brevet je continue de dérouler du coup pour ok Merci. Et puis, je suis rentrée en seconde. Parce que je suis rentrée en seconde. Donc, j'étais en internat, du coup. Je faisais moitié de la journée à l'hôpital.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et moitié de la journée en cours. Du coup, à la récré, il fallait que j'aille prendre mon petit Nutrigil. À la récré. Et puis, j'avais mon Nutrigil aussi quand j'étais à l'hôpital et tout. Et après, faute de moyens, la structure a fermé à l'été. Et puis, il y a eu aussi... ce truc où mon groupe de copines, quand je suis sortie de l'hôpital donc l'été, la structure fermée donc je suis rentrée chez moi, et il y a eu une semaine où on a fait une semaine de camping chez une copine où moi, ça a été super dur pour moi, parce que je sortais de l'hôpital et tout le monde s'est dit, en fait, elle a été hospitalisée 6 mois donc elle sort, elle est guérie ouais,
- Speaker #0
bah oui mais non,
- Speaker #1
et on a fait c'était peut-être pas une semaine, c'était 4-5 jours où on Et en fait, moi, au bout de trois jours, ce n'était plus possible, je ne pouvais plus manger. Les pizzas, les pâtes, les chips, les soudas. Et en fait, j'ai fait un blocage et mes copines m'ont hyper mal pris. Parce que c'est vrai qu'elles m'avaient soutenue tout le monde au speed, elles m'écrivaient. Elles avaient vraiment été là pour moi toute le speed. Et en fait, il y a eu une rupture sur cet été-là. Parce qu'elles ont dit, non mais là, tu le fais exprès, c'est pas possible, ça t'a pas servi, t'as rien appris de ton hospitalisation, tu veux y retourner. On s'est pas compris. Et j'étais dans cet internat pour les suivre, justement. Sauf qu'à la rentrée, je me suis retrouvée un peu toute seule. Et puis, mon amoureux, à l'époque, j'étais réhospitalisée.
- Speaker #0
parce que forcément à l'internat je mangeais pas je mangeais qu'à l'hôpital et il m'a dit non je peux pas en fait c'est pas possible, je supporterai pas donc c'est tout et la chance que j'ai eu c'est que quelques mois plus tard j'ai rencontré mon premier amour et il y a eu une période d'un peu mieux à ce moment là parce que j'étais amoureuse en fait et puis j'étais beaucoup dans sa famille qui était une famille très humide, très soudée et je me suis construite un peu dans sa famille Merci.
- Speaker #1
Oui, ça faisait réparation un peu pour toi. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Avec ma mère, ça a été difficile pour ma mère parce que du coup, je n'étais pas beaucoup à la maison. Mais ça m'a aidée en fait. Et puis après, ça s'est terminé en première, fin de première. Donc, chagrin d'amour, dur dur. Et puis, on a fait un été où j'étais dans les maisons des copains. Et puis, on a fait des soirées et tout. Et du coup, j'ai pris pas mal de poids cet été-là. Enfin, pas mal de poids, non, mais j'ai pris quelques kilos. Et à la rentrée de terminale, je me suis dit, « Bon, c'est pas grave, je vais partir dans la restriction. Je vais bien le faire, je vais savoir le faire. » Et je n'arrivais pas. Et c'est là qu'ont commencé les premières crises de boulignons, où je n'arrivais pas à me faire vomir. Et puis, j'avais changé de lycée entre-temps. Et il y a une des filles qui connaissait une des filles de... mon ancien lycée qui avait balancé à tout lycée que j'étais anorexique. Donc l'année de terminale, c'était compliqué. Et puis avec ma mère, c'était très très conflictuel. Donc j'étais hospitalisée, mais du coup, j'avais 15 ans et 3 mois en psy adulte. Parce que j'avais fait une... C'était pas une embattie de suicide, mais j'avais pris plein de médicaments parce que c'était un appel à l'aide, tout simplement. Parce que... Je l'ai beaucoup entendu dans tes podcasts, mais l'anorexie, c'est la lune de miel. et la boulimie c'était hyper dur parce que je perdais le contrôle, j'arrivais pas à maigrir c'était c'était dur et quand je suis rentrée à la fac ma première année de fac ça a été ça a été carnage j'étais dans mon appart étudiant et là ça a été vraiment carnage je passais des journées à
- Speaker #1
faire des crises ça c'est un truc que j'entends beaucoup aussi
- Speaker #0
Oui, c'est pour ça que je me suis reconnue énormément dans beaucoup de témoignages où je voulais mourir. Franchement, c'était horrible. Et puis le côté aussi, on en parle finalement assez peu, mais la précarité dans laquelle ça m'a mise de faire autant de crises et d'aller chez une psy diététicienne. Je n'étais pas boursière, je travaillais à côté pour payer mon appart parce que c'était compliqué, ma mère financièrement, c'était compliqué. en termes d'insécurité, ça a été... Et c'est comme ça que mes parents se sont rendus compte parce que c'est le banquier qui a appelé mon père en disant « Non mais là, par contre, le compte, il est en l'air. »
- Speaker #1
Et c'est comme ça que tes parents... en tout cas ils ont été alertés et donc ils sont venus te questionner et c'est toi qui leur as dit comment ça s'est fait ils m'ont demandé qu'est-ce qui se passe et j'ai dit tellement mal que j'ai dit je fais des crises en fait et je passe le temps à aller faire des courses et t'arrivais à poursuivre tes études en parallèle ? à aller en cours ?
- Speaker #0
j'ai eu la chance de réussir et heureusement parce que oui j'étais en fac de droit j'ai eu ma première année Merci. Avec une très bonne moyenne, j'ai eu la chance à ce niveau-là.
- Speaker #1
Ça, ça ne s'est pas effondré, ce côté-là, les études et la réussite scolaire.
- Speaker #0
Non, mais parce que c'était important pour moi. J'avais toujours été valorisée par ma réussite scolaire depuis que j'étais petite. Quand j'étais petite, j'avais un peu intériorisé que le fait que je n'étais pas spécialement belle, mais que j'étais intelligente.
- Speaker #1
Là, il y a quelque chose d'identitaire qui s'est inscrit gamine.
- Speaker #0
Du coup, la première année, ça a été très dur. Et puis, un peu dans le même temps, j'ai rencontré... Du coup, c'est mon ex maintenant. Et puis, dans le même temps, j'ai réussi à me faire vomir. Et là, ça a été l'ouverture de la botte de pandore. Et lui pareil, sa famille était très unie, donc j'étais beaucoup de son côté. Et je me suis construite dans sa famille, en fait, clairement. En le disant, ça fait penser un peu à la sensu, quoi.
- Speaker #1
C'est l'image qui te vient là d'en parler ?
- Speaker #0
Non, mais comme si je n'avais pas... Enfin, je ne sais pas. Ce n'était pas conscient de ma part, mais je pense que si je n'avais pas eu ces relations-là dans des familles construites... Il y avait toujours des petites histoires, mais je veux dire, il y avait beaucoup de sécurité.
- Speaker #1
Oui. Après, sans su, moi, en tout cas, dans mon esprit, ça a une connotation un peu négative.
- Speaker #0
Oui, moi aussi.
- Speaker #1
Alors que là, est-ce que tu crois qu'eux, ils ont pu le vivre de cette manière-là, ta présence ?
- Speaker #0
Non, je ne pense pas. Non, parce que ça s'était toujours plutôt bien passé. Et du coup, j'ai perdu beaucoup, beaucoup de poids, forcément. Mais les crises, elles se sont un petit peu... Je vivais mieux, en tout cas.
- Speaker #1
Ouais, tu le vivais mieux parce que t'avais trouvé un mécanisme de compensation ? Ou est-ce que t'as l'impression qu'à ce moment-là, il y avait aussi un peu moins de crise ?
- Speaker #0
Il y avait moins de crise.
- Speaker #1
Ok. Oui, tu sais, ça évolue par phase. C'est assez fou quand même. Les pathologies comme ça, le TCA sur le long terme, déjà, il prend plusieurs visages, il s'exprime de différentes manières. Et il y a des phases aussi. Ouais.
- Speaker #0
Et du coup, c'était un peu un sujet de conflit quand même, parce que j'en parlais pas, mais ça se voyait. Ouais,
- Speaker #1
et puis, on n'en a pas reparlé, mais tes parents étaient au courant. Ils savaient qu'il y avait beaucoup d'argent partait dans les crises. Donc, en fait, finalement, ils remettaient un peu d'argent sur ton compte quand c'était trop la galère. Ouais. Ouais, OK. Bah du coup, ils savaient pourquoi ils remettaient de l'argent sur ton compte, mais est-ce qu'ils t'ont proposé de t'aider à trouver du soin ? Comment ça s'est fait ?
- Speaker #0
Bah alors, ma mère, ça l'a fait trop culpabiliser, mais c'est ça, encore maintenant. Donc elle n'a jamais voulu qu'on en parle. Ah, il y avait trop d'effets miroirs, tu penses ? Ça lui renvoyait un truc de belle ? Mais par exemple, ce que j'ai vécu en hospice, on n'en a jamais parlé. En fait, quand je suis sortie d'hospice... C'est comme si on avait mis un couvercle dessus. Je ne sais pas comment...
- Speaker #1
Toi, tu as senti que ce n'était pas autorisé d'aller en parler ?
- Speaker #0
Oui. En tout cas, moi, je ne me suis pas autorisée non plus à en parler.
- Speaker #1
Oui, pardon, vas-y.
- Speaker #0
Non, non, vas-y.
- Speaker #1
Non, j'allais dire en même temps, tu ne t'es pas autorisée. Je veux dire, tu es sortie d'hospite, tu étais toute jeune quand même. Donc, on peut imaginer, en tout cas, moi, dans ma projection, je pourrais imaginer que c'est plus le rôle du parent. d'amener ça et d'ouvrir le dialogue sur ce que tu as vécu pendant cette hospite, comment ça s'est passé. Et ton père, du coup ?
- Speaker #0
J'avais des relations très compliquées avec lui. Et lui, tout ce qui était pathologie, psy, il voulait prendre un temps de parler. C'était dans la tête. C'était une question de volonté.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Ça m'a sauvée quelque part, parce que mon père, il avait cette philosophie-là, de par sa maladie, de quoi qu'il arrive, c'est tu t'avances et tu te relèves et t'avances. Tu serres les dents s'il faut, mais tu ne te laisses pas aller. Et du coup, ça m'a sauvée, je pense.
- Speaker #1
Ouais, ok. Tu penses que ça, ça t'a amené quand même des ressources, en tout cas. Ça t'a obligée à développer des ressources.
- Speaker #0
Oui. Je pense que... Aussi par rapport à la boulimie, parce que j'ai toujours été chercher de l'aide, en fait. Finalement.
- Speaker #1
Mais justement, j'avais envie de te questionner là-dessus sur l'aide que tu allais chercher. Parce que tu en as parlé un peu, là, pendant les années de fac, où déjà que tu passais ton temps à faire des courses. Et c'est vrai, tu as raison, on n'en parle pas tant, en fait, de cette précarité financière que crée la boulimie. Mais tu dis, tu étais suivie par une psy et une diététicienne. Et du coup, ce suivi, est-ce qu'il t'aidait ?
- Speaker #0
Alors, la psy, oui, ça m'aidait. Ça m'a aidée. Et après, la diététicienne, pas trop, parce qu'en fait, je savais ce qu'il fallait que je... Enfin, je veux dire, je connaissais... Les règles alimentaires, je les connaissais par cœur, en fait.
- Speaker #1
OK, donc le suivi était plutôt là-dessus. Il n'était pas sur tes sensations alimentaires, sur ton rapport aux aliments.
- Speaker #0
Non, pas du tout. Ça, je l'ai eu très, très tard, ce suivi-là. C'était vraiment le truc pur, tu manges telle quantité, tout ça. Et puis moi, je n'ai jamais été apesée à compter les calories. Parce qu'encore une fois aussi, dans la façon dont j'étais élevée, finalement, la table, ça prenait quand même beaucoup de place. Et j'étais capable de faire un repas de Noël. avec la famille et de manger normalement d'avoir un comportement normal à table j'allais manger chez des gens j'imposais pas mon truc alors il y avait des aliments que j'essayais d'éviter mais si j'avais pas bon après par contre j'allais faire la blinde de sport derrière pour compenser mais je veux dire je voulais pas je me donnais pas le droit non plus d'imposer ça aux autres en fait ok Et non, mon père, du coup, non, ça n'a jamais été... Enfin, on n'en a jamais parlé.
- Speaker #1
Oui, il y avait quand même beaucoup de solitude pour toi avec ce trouble-là.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et avec ton petit ami de l'époque ?
- Speaker #0
J'en ai jamais vraiment parlé non plus. Après, c'est arrivé des fois qu'il rentre et que, en fait, je n'ai pas eu le temps de tout nettoyer. Il y a une période où vraiment, je vomissais beaucoup. quasiment tous les repas. J'étais redescendue à un poids très bas. Et puis, je vomissais beaucoup les repas. Donc forcément, à vivre tous ensemble, il avait capté quelques trucs. Et c'était un peu conflictuel, mais j'en parlais pas. J'avais tellement honte, en fait, que j'en parlais pas.
- Speaker #1
Et comment ça a continué d'évoluer après les années fac ?
- Speaker #0
Du coup, je suis arrivée en master 1. Et je travaillais à côté. Et donc, je n'ai pas réussi à valider mon master. Cette même année, je me suis séparée du coup de mon ex. Et c'est là où je suis partie en banque en fait. Parce que j'avais trop peur de m'endetter pour finir mon cursus de droit. Et puis, par hasard en fait, j'ai rencontré la cousine d'une copine qui m'a dit « Mais tu sais, la banque, ils font des formations en alternance. Tu as quasiment un emploi à la clé. Ça paye bien. » Tu as la sécurité de l'emploi, il y a du juridique qui se recoupe. Moi, j'avais travaillé à côté de mes études, j'avais travaillé en job étudiant, enfin en job étudiant à 25 ou 30 heures quand même, mais chez H&M. Et j'avais bien aimé le côté commercial. Donc, je me suis dit, bon, droit, commerce, l'alternance, on va s'accrocher toutes les cases. Donc, je suis repartie en BTS Bank. Et à la fin de ma première année de BTS, j'ai rencontré mon mari. et puis c'est quelqu'un lui il était il était chasseur alpin avant ok il a fait des missions tout ça et c'est quelqu'un qui est toujours d'humeur égale qui se stresse pas du tout qui est pas du tout dans le jugement qui prend les choses comme elles viennent et en fait je me suis dit pour la première fois de ma vie Merci. Je me suis sentie aimée par lui, mais inconditionnellement. Dans tous mes aspects, en fait. Et puis, moi, je me faisais toujours des montagnes de mes cours. Et la phrase qu'il a, c'est « T'es nulle, t'es nulle, mais en fait, c'est pas pour autant que je t'aime pas. » Mais... C'était... Parce que je lui disais « Ah, je suis nulle, je suis nulle. » Puis il me dit « Ah, tu me saoules. T'es nulle, t'es nulle. Qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ? C'est pas pour autant que je t'aime pas. » Et... Oui,
- Speaker #1
c'est intéressant. Plutôt qu'être dans le... Mais non, mais t'es pas nulle, bien sûr. Là où facilement n'importe qui pourrait aller là-dedans. Lui, quelque part, il coupait court déjà un peu à ça. Mais en plus, en amenant de l'amour. C'est là où tu parles d'amour inconditionnel. Et d'ailleurs, quand tu l'as dit, j'ai perçu qu'il y avait de l'émotion chez toi.
- Speaker #0
Ben oui.
- Speaker #1
Tu vois, de parler de cet amour inconditionnel, comme si c'était un peu la première fois aussi, toi, que tu rencontrais ça.
- Speaker #0
Oui, parce qu'en fait, j'ai grandi dans le conflit d'oreillauté entre mes parents. Mon père, il était très branché réussite scolaire. Ce n'était pas quelle note tu as eu. Je me souviens, je venais le voir, je lui disais je vais faire signer, j'ai 18. Il me disait le premier, il avait combien ? Il avait 20. Il était fier de venir me faire signer ça. et du coup c'est vrai que là en fait et ça m'a amené de la sécurité intérieure aussi de me dire finalement ouais je peux échouer et la terre elle s'arrête pas de tourner et on continue de m'aimer aussi ouais c'est ça je peux me planter et c'est ok en fait et je vais apprendre de pourquoi je me suis plantée mais ça fait pas de moi une mauvaise personne une personne qui est pas digne d'amour Merci. qui est pas... Voilà. Et du coup, j'ai fait mon alternance. Après, j'ai été embauchée. Donc bon, il y a quand même pas mal de pression dans le secteur bancaire.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Mais bon, après, j'adore la banque dans laquelle je suis. Je trouve qu'on est quand même bien… J'ai toujours eu des managers qui étaient plutôt… Il y a de la pression commerciale parce qu'on est commerciaux. Voilà.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Puis c'est un métier de chiffres, donc voilà. Mais à côté de ça, je n'ai jamais trop ressenti de la pression malsaine.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ou un discours en mode… Enfin, j'ai toujours eu un discours plutôt… Le discours que j'ai toujours entendu, c'était un discours conseil. Ce n'était pas un discours vente pour vente, quoi. C'était on bosse, on doit vendre, mais on vend propre, quoi.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
voilà. Et puis… On a décidé d'avoir un bébé. Et moi, j'avais jamais... J'ai fait une anémoréprépubère. Un anémoréprépubère. Donc, j'avais jamais eu mes règles naturelles. J'avais eu que via la pilule, en fait, des règles artificielles. Donc, j'avais été voir le gynéco, tout ça. On pensait que ça prendrait du temps. J'avais eu un petit traitement pour réguler les cycles. Et je suis tombée enceinte assez vite, en novembre 2019. Donc, on vivait à Paris à l'époque. et puis un peu naïvement et puis ça aussi en t'écoutant je me suis dit ça fait quoi plein de mon conditionnement social je me suis dit j'aurai un bébé parce que les crises étaient là encore c'était intégré, j'avais appris à vivre avec et je me suis dit il y avait des moments où c'était plus difficile que d'autres parce que ça me fait penser aussi à un autre podcast que j'avais écouté un autre témoignage où la personne elle disait Je pensais que c'était moi qui avais un problème parce que j'avais des hauts et des bas. Alors, en fait, ça dépendait des crises, les périodes où je faisais beaucoup de crises. Oui, j'étais en arrêt de travail. J'ai eu des arrêts de travail, mais parce qu'en fait, c'était trop à gérer. Parce que j'étais trop fatiguée, parce que c'était une trop grosse charge mentale de se contenir, de faire des crises à chaque repas. C'était trop compliqué. Et puis, je me suis dit, en fait, je vais faire un bébé. Je ne verrai plus que par mon bébé. Je vivrai pour mon bébé. Et puis, je n'aurai plus rien à faire de mon corps. Sans que ça ne marche pas comme ça. Et la grossesse, je l'ai bien vécue. J'ai continué à faire des petites crises pendant la grossesse, mais je n'ai pas pris beaucoup. J'ai eu la chance de pouvoir. Après, comme on était confinés, je faisais du sport un peu à la maison. Mais j'ai eu une grossesse qui s'est bien passée. Enfin voilà, c'était le Covid, mais j'ai été à la maison, je faisais mon sport, je jouais aux Sims. Enfin voilà, il y a eu quelques petites crises, mais j'avais peur quand ils ont annoncé le confinement. Je me suis dit, mais comment je vais faire à être confinée avec mon mari ? Et à l'époque, il ne travaillait pas. Plage de 24 heures. Donc j'avais 24 heures toute seule. Donc les 24 heures où il était là, ça se passait bien. Et puis quand il y avait besoin de... J'arrivais à attendre si j'avais envie de faire une crise. Et puis finalement, je n'ai pas fait tant que ça. En tout cas, ça ne m'a pas marquée plus que ça. La sage-femme m'avait dit à l'hôpital, « Vous savez, votre bébé prendra tout ce qu'il prend. C'est ce qu'il aura à prendre de faire des crises. C'est plus vous derrière qui allez être fatigué. » Donc, voilà. J'ai été suivie par une psychiatre parce que c'était un port royal. Et comme j'avais dit que j'avais des TCA. qui m'avait orientée vers une psychiatre en parallèle. Et la psychiatre, elle m'avait dit, moi, par contre, mon accompagnement, il s'arrêtera à l'accouchement. Mais par contre, mettez en place des choses pour la suite. Et moi, je disais, non, je ne ferai pas comme mes parents. Et puis, avec mon mari, on est d'accord sur les valeurs qu'on veut transmettre. Et puis, j'ai accouché. Et je n'ai pas réussi à allaiter. Et ça, ça a été hyper dur pour moi. Mais parce que j'ai pris 5 kilos pendant ma grossesse. Mon fils faisait 3 kilos au 100. Donc, c'était un bébé qui pleurait beaucoup. Les premières nuits à la maternité, il pleurait. Puis c'était Covid, donc les visites, c'était 9h, 17h pour le papa. Donc, les premières nuits, c'est vrai que ça a été un peu dur. Et comme je n'arrivais pas à l'allaiter, il a perdu beaucoup de poids. Il a fait une jaunisse. Ils ont hésité à le passer sous les lampes. Mais finalement, non. On est sortis. Et moi, je culpabilisais parce que je me disais « Mais en fait, je ne sais même pas nourrir mon bébé. »
- Speaker #1
Et puis,
- Speaker #0
tout est remonté. J'avais peur qu'on me le reprenne, qu'on dise « En fait, elle a des troubles alimentaires, donc elle n'est pas capable de s'occuper d'un enfant. » Plein d'angoisse. On est sortis le mardi. Il a été réhospitalisé le jeudi pour sa jaunisse, en fait. Et à l'époque, Covid, une fois que tu étais entrée en néonate, tu ne pouvais pas sortir. Ensuite, de coup, je suis allée en néonate. Donc, j'essayais de tirer mon lait, je le réveillais pour lui donner le sein, je mettais des réveils pour tirer mon lait, il fallait le mettre sous les lampes. Puis en néonate, tu n'es pas coucouné comme ensuite de couche. J'étais sur un lit de camp dans sa chambre de néonate, la douche, c'était dans le couloir. Et du coup, je... Je me suis pris un bus dans la tête. Clairement, ça a été hyper violent. Et puis, j'ai eu ce truc de... Au lieu de dire, j'ai besoin d'aide, parce que ma mère, je ne voulais pas l'appeler, parce que je me suis dit, à tous les coups, c'est elle que je vais devoir réconforter. Je n'ai pas voulu de ma mère autour de mon accouchement. Vraiment, je l'ai un peu rejetée. Elle l'a hyper mal vécue. C'était un peu en conflit, toutes les deux. Et puis, quand on est sortis de l'hôpital, berger J'ai voulu surcompenser. Je voulais être partout, je voulais être la mère parfaite. J'ai réessayé d'allaiter parce que je suis pas... En fait, il m'avait donné des compléments, mais du coup, il voulait plus du sein. Et je le vivais comme un rejet de mon fils aussi. Et du coup, voilà, il a fait ça. Il dormait pas. De minuit à 5h du matin, il ne dormait pas. Il dormait qu'en poussette. Donc, j'ai... Et puis, mon mari avait repris le boulot quand on est sorti, parce qu'à l'époque, il n'y avait que 15 jours. Du coup, j'étais 24 heures toute seule, parce que ma famille n'était pas sur Paris. Donc, pendant 24 heures, j'étais toute seule avec mon bébé. Et ça a été hyper dur, quoi. Et les crises sont revenues à ce moment-là. Donc, jamais en présence de mon fils. Mais la nuit, quand il dormait, et j'allais marcher énormément. Je marchais, en fait. On s'éloigne un peu des TCA, mais je pense que ça va faire un coup. Oui, parce qu'en fait,
- Speaker #1
on sait aussi que les troubles alimentaires, c'est une tentative un peu désespérée de contrôle aussi. Donc là, on sent qu'il y a beaucoup de choses qui t'échappaient quand même.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est ça que j'entends dans ce que tu dis, c'est que cet allaitement qui ne fonctionne pas, tout ce que ça te renvoie, le fait qu'il ne dorme pas, c'est comme s'il y a plein de choses qui te ramenaient à un peu une sensation d'échec. en réalité, il ne s'agissait pas de ça, mais sur le moment, tu le vis comme ça, en fait, les choses t'échappent, quoi. Oui, c'est ça. Et surtout, les troubles alimentaires, on sait à quel point c'est le terreau fertile des TCA, ça, tu vois.
- Speaker #0
Oui, ben oui, oui, et puis la culpabilité.
- Speaker #1
Ben oui, ben oui.
- Speaker #0
Parce que, en fait, moi, j'ai des copines qui ont des enfants, ou ma sœur qui a eu un enfant en même temps que moi et tout, et elle disait « Ah, c'est magnifique ! » et tout, mais moi, je me dis « Mais non, en fait, mais c'est juste horrible ! » C'est horrible, je donnerais tout pour revenir en arrière. Et en même temps, je l'aimais tellement fort. Mais bon, j'ai repris le travail. J'ai eu la chance de reprendre quand il avait six mois, donc en janvier. La reprise du travail, ça a été compliqué. Parce qu'en plus, il y avait pas mal de choses qui ont changé. Moi, j'avais été quasiment absente un an avec le Covid. Et beaucoup de crises à ce moment-là. Et au mois d'août, j'étais pas bien. Et j'étais pas un psychiatre. qui m'a dit vous avez fait une dépression postpartum et vous en sortez doucement et encore plus de culpabilité parce que je me suis dit mais c'est pas vrai j'ai des TCA,
- Speaker #1
je me tape une dépression postpartum oui mais bon tout ça c'est lié c'est l'écomorbidité malheureusement c'est un peu le package C'est compliqué de traverser un postpartum serein quand il y a des TCA quand même, je pense.
- Speaker #0
Oui, puis il y avait les TCA et puis mes traumas n'étaient pas réglés. J'avais toujours un manque de sécurité affective en fait, qui se résorbait petit à petit, mais qui était encore très fragile.
- Speaker #1
Donc ton fils a 6 ans du coup aujourd'hui. et donc ça veut dire que là sur les six dernières années c'est sur ces moments là où tu t'es mise au travail sur la question des traumas tout ça,
- Speaker #0
ça a été des années intenses en fait c'est mon fils qui m'a énormément aidée en fait il est super difficile aïe Il est très jusqu'au boutiste. Il teste les limites. Il faut tout le temps qu'il teste le cadre. Il percute très, très vite. Il est très speed. Donc, c'est intense. Mais du coup, j'ai lu plein de bouquins sur la sécurité affective, les neurosciences, l'intelligence émotionnelle. Et du coup, j'ai compris plein de choses pour moi aussi. Et ça m'a fait énormément avancer. Et ça m'a aidée aussi à... Alors... Bon, après, assez rapidement, du coup, parce qu'ils n'ont que deux ans d'écart, j'ai eu ma fille. Mais c'était un hasard. Parce que comme j'avais eu un traitement pour mon fils, mon stérile était mal placé. Mais il fallait que je prenne le temps d'aller faire ce qu'il fallait, le remettre bien et tout. Et puis je ne prenais pas le temps. Parce que je me suis dit que de toute façon, j'ai eu un traitement. Et puis, en fait, non. J'ai appris que j'étais enceinte à deux mois et demi. Et ma fille aussi, ça m'a aidée parce que c'est un bébé cool. C'est un bébé, elle a fait ses premières nuits, elle était câlin, bébé, elle était super câlin. Puis elle est facile. Donc en fait, ça m'a fait du bien aussi de me dire que ce n'est pas moi qui ne suis pas une bonne maman. C'est juste qu'il y avait le contexte, j'avais mes traumas. Il a son caractère aussi, c'est pas le même caractère. Ça réactive pas les mêmes choses chez... Enfin, je suis beaucoup plus patiente avec ma fille. Mon fils, il sait, mais c'est un truc de fou, appuyer sur le bouton qui va me faire péter un câble.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est vraiment... On est très fusionnels tous les deux, mais par contre, c'est... Voilà, c'est assez fou, quoi.
- Speaker #1
Et du coup, comment tu... définirais la façon dont tu vis les choses aujourd'hui ? Comment tu vas, en fait, aujourd'hui ? C'est un peu large comme question, et notamment dans la question du rapport à ton corps, du rapport à la nourriture.
- Speaker #0
On arrive à la fin du film, mais le film n'est pas totalement déroulé. Parce qu'en bon élève que je suis, j'ai aussi fait un burn-out il y a six mois. Mais du coup, comment... les grossesses ça m'a fait ça m'a réconcilié un peu avec mon corps parce que j'ai pas pris beaucoup de poids parce que mon corps est revenu finalement à son poids j'ai le même poids en fait depuis mes 24-25 ans depuis que j'ai rencontré mon mari j'ai le même poids en fait donc malgré les crises il se stabilise toujours plus ou moins à la hausse, à la baisse Après mes grossesses, j'ai rapidement retrouvé mon poids de forme. J'arrive à... Alors, les crises sont toujours présentes, mais j'ai appris à vivre avec. Et j'ai toujours continué d'être suivie par une psychologue, par le côté jet. Donc, c'est quelqu'un d'ailleurs qui a... qui est sur Insta, en fait, je l'ai découvert sur Instagram, c'est de l'alimentation intuitive qui m'a beaucoup, beaucoup aidée à me reconnecter à mes sensations, à voir ce qui se passe aussi, de se rendre compte que je peux manger un cookie tous les jours, je ne vais pas prendre 10 kilos.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Mais ça, c'est arrivé il y a 3 ans, en fait. 3-4 ans. Parce que... Parce que je voulais pas... J'ai mis beaucoup de choses en place aussi quand ma fille est arrivée, parce que j'avais tellement peur de revivre ce que j'avais vécu pour mon fils que j'ai baqué le truc dès la grossesse. Et puis, on s'est mariés, mes amis ont été là. Du coup, j'ai accepté aussi que ma famille, en fait, c'était pas là où je pousse sur laquelle... Enfin, que je pouvais me construire sur ma famille. J'ai un socle d'amis qui sont comme ma famille. sur qui je peux compter, qui ont finalement toujours été là, ma meilleure amie d'enfance on se connait depuis qu'on a deux ans et leurs amis ça fait plus de dix ans qu'on est amis, même plus donc c'est un socle en fait, alors je leur parle pas directement des TCA mais je leur dis c'est un peu compliqué l'alimentation voilà et puis le burnout parce que j'ai pris un poste de manager Et je me suis beaucoup interrogée parce que je me suis dit est-ce que je vais être capable de prendre ce poste ? de prendre sur moi malgré les crises qu'est-ce que ça va donner avec les crises et au final ça a été dit ça a été une année en plus contexte RH ultra tendu alors que j'avais aucune expérience de management enfin bon bref donc le burnout c'était un peu l'aboutissement mais ça m'a aidé parce que ça m'a fait gaper énormément et tu vois j'ai arrêté de culpabiliser Je me suis dit, en fait, je me suis construite malgré des traumas. Donc oui, par rapport à des gens qui ont eu une histoire différente, j'ai eu des... Oui, j'ai fait une dépression postpartum. Oui, j'ai fait un burn-out. Mais en fait, je me rends compte aussi que les gens, même mon équipe, ce n'est pas ce qu'ils retiennent.
- Speaker #1
Non, c'est sûr, tu m'étonnes.
- Speaker #0
Ils retiennent le fait que je sois humaine, que je les aide à monter en compétence. Mes enfants, ce qu'ils retiennent, c'est que je vois qu'ils sont bien, en fait, maintenant. Même au niveau des émotions, c'est toujours un peu compliqué avec mon fils, mais il est capable de me dire « Non, mais là, ça me dépasse, je vais m'isoler. » Et au niveau de l'alimentation, j'ai intégré la résilience. J'ai perdu mon père cet été. Le contrôle est revenu parce que je suis toujours quand même dans la restriction. Mais ça ne m'empêche pas de vivre, ça ne m'empêche pas d'aller au resto. Je vais savoir manger au restaurant ou des gâteaux. Je ne peux pas dire que je me prive. Il y a toujours la restriction. Il y a toujours un peu de vomissement parfois, mais plus si souvent qu'avant. Je vais avoir souvent deux jours dans la semaine où c'est un petit peu plus dur. Mais où il n'y a pas forcément des vomissements, tu vois. Et souvent, il y a une grosse crise dans la semaine. Mais ça a été très, très long,
- Speaker #1
quoi.
- Speaker #0
Et c'est encore là.
- Speaker #1
Ouais, ce que j'allais te dire quand tu dis ça a été très, très long. Du coup, j'allais te dire, ah, mais du coup, tu le vois comme un aboutissement et le bout et la fin de quelque chose. Ou est-ce que tu te dis, non, je vais continuer d'évoluer. Est-ce que tu nourris l'espoir d'un jour ? Ne plus du tout avoir de crise, plus du tout avoir de vomissements. Et de fait, en fait, pour obtenir ça, c'est que ça veut dire qu'il n'y aura plus de contrôle alimentaire au sens de celui qui existe aujourd'hui. Tu as du restrictif, quoi.
- Speaker #0
Petit à petit, je sens que ça s'en va, en fait. Parce que ma valeur, je me définis autrement. Et tu vois, mes enfants, en fait, ils s'en fichent que je sois grosse ou mince. Ils veulent juste une maman en forme et dispo. Mon équipe, ils s'en fichent. Que je sois grosse, mince, bien habillée. Eux, ce qu'ils veulent, c'est quelqu'un qui les aide à monter en compétence, qui leur apporte quelque chose, qui embarque l'équipe. Mon mari, il ne veut pas de quelqu'un qui est parfait. C'est ce côté perfection que j'ai appris à lâcher aussi. Les gens, ils n'attendent pas. Ils attendent quelqu'un. Donc, j'apprends à lâcher la perfection. Et du coup, au niveau de l'alimentation, il y a des jours où... Tu vois, à un moment, je me dis, ah non, ça, aujourd'hui, ça n'a pas été. Il faut que je me reprenne en main et tout. Là, je me dis, ok, ce matin, ça n'a pas été. Ta journée n'est pas finie. Parce que j'écoute aussi, encore, je continue à écouter des podcasts de développement personnel et tout. Et j'essaye plus d'être dans, ok, qu'est-ce qui a fait que ? Et de quoi tu as besoin là ? Comment tu peux traverser ça le plus sereinement possible ?
- Speaker #1
Quand tu dis ça n'a pas été, c'est dans quel sens ? Si par exemple, un matin, ça n'a pas été. C'est dans le sens que tu aurais trop mangé par rapport à ce que tu avais prévu.
- Speaker #0
C'est ça. Tu vois, je vais me réveiller, je vais avoir faim. Je vais manger ce que j'avais prévu de manger. Donc si je vais me dire, bon, ok, je vais manger un truc en plus parce que je n'ai pas envie d'avoir faim toute la matinée. Je sais que c'est la restriction qui va amener à faire des crises. Et voilà. Donc je vais m'autoriser. Je suis encore dans ce schéma-là, par contre, à manger, à rajouter une tartine. Voilà. Mais des fois, il suffit qu'il y ait un stress où je me dis, un gros stress, où je me sens dépassée, je vais faire une crise. Mais avant, ça aurait traîné sur tous les repas d'après parce que je serais rentrée dans la restriction. Et là, je me dis, tu sais quoi ? Oui, tu as fait une crise, mais tu ne vas pas prendre 10 kilos. Reprends tes routines, remange équilibré ton sport, essaie de ne pas trop te frustrer, de t'écouter. Et puis, ça va rentrer dans l'ordre, en fait. Et je m'aperçois que c'est comme ça que les crises, elles sont bonnes et que aussi, j'ai moins d'envie. Parce que des fois, je sais que si j'ai envie d'une pâtisserie, je vais savoir me l'autoriser.
- Speaker #1
Oui, OK.
- Speaker #0
Donc, je suis encore en chemin.
- Speaker #1
Tu es encore en chemin, mais voilà, ce que j'entends, c'est que pour toi, là, ce n'est pas fermé en mode « Ah ben non, mais je n'arriverai pas à mieux » . Tu es encore en chemin parce que tu es sur ce chemin pour aller encore plus loin.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Dans l'idée d'un moment donné être encore plus libre que ça.
- Speaker #0
Si tu veux, j'ai espéré pendant tellement longtemps, j'ai espéré, on m'avait dit « tu auras un déclic » . J'ai espéré un déclic.
- Speaker #1
Parfait.
- Speaker #0
tellement longtemps, je me suis dit il y a un événement ou il y a un truc qui va faire que là ça y est j'arrête et voilà, et en fait à chaque fois ça revenait et là j'ai intégré ça de me dire qu'il n'y aura pas de déclic plein de petits pas qui vont t'emmener de plus en plus loin sur le chemin jusqu'au jour où peut-être, mais en fait là c'est un peu je fais un peu au jour le jour Et j'essaye d'être le plus bienveillante possible avec moi-même. Après, je te dis ça parce que mon poids me convient aujourd'hui. Si mon poids, je pense que si je prenais 5 kilos de façon un peu incontrôlée...
- Speaker #1
Tu viens de dire un truc intéressant, tu viens de dire de façon incontrôlée. Ce n'est pas la même chose de prendre 5 kilos à cause des crises que de prendre 5 kilos sur un chemin de guérison. Et je ne dis pas que c'est facile. C'est juste que contrairement à ce qu'on imagine, des fois la prise de poids, elle est salvatrice parce qu'on se rend compte que le monde ne s'arrête pas de tourner, on se rend compte que les gens nous aiment, nous apportent toujours autant de respect, et voire même, on peut se rendre compte, parce que prendre 5 kilos sur un chemin de guérison, souvent ça ne se fait pas aussi vite que 5 kilos à cause des crises. Et ce n'est quand même pas tout à fait la même chose où je fais un retour en arrière, ce que tu as décrit aussi de ce que tu as vécu en hospice. où il y a un contrat de poids, donc tu fais le job, tu prends du poids, mais tu le détestes. En fait, c'est aussi des fois salvateur de se rendre compte sur un chemin de guérison que oui, je peux prendre du poids, mais sans pour autant me haïr viscéralement, sans pour autant me trouver moche, et même potentiellement me trouver pas si mal. Donc en fait, des fois, ça peut être une aide précieuse. Tu sais, moi, il y a un truc que je dis souvent, et franchement... Dans mes accompagnements, on l'a expérimenté avec certaines personnes encore tout récemment. Le plus difficile sur un chemin de guérison, ce n'est pas forcément de grossir, ça peut être de perdre du poids. La perte de poids sur le chemin de guérison, elle enclenche des trucs bien pourris. Tu vois, de cette excitation de la perte de poids, de « ah ouais, ça y est, à nouveau, j'y arrive, il ne faut surtout pas que je regrossisse » et finalement, des fois, ce qui fragilise le plus, enfin, je vais enlever le « des fois » , je vais mettre « souvent » de mes observations. Ce qui fragilise le plus, c'est la perte de poids et pas la prise de poids. Donc finalement, tu ne sais pas. Tu te dis, peut-être que je le vis bien là parce que mon poids me convient, parce que je ne prends pas de poids et tout. Tu ne sais pas. Peut-être que tu le vivrais bien aussi d'une manière différente et tu verras ce que te réserve la vie. Et en fait, on ne sait pas. Oui,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
On n'en a aucune idée. Qu'est-ce que tu pourrais avoir envie de dire ? C'est une question que j'aime bien poser. Tu le sais. parce que j'ai entendu plein de choses dans ce que tu as dit dans ce qui t'a aidé je trouve qu'il y a déjà plein de choses par rapport à ça mais la question que je me pose c'est toi si tu pouvais t'adresser à des personnes qui sont en pleine tourmente et peut-être qui ne voient plus du tout de lumière au bout du tunnel et qui se sentent complètement au fond du trou, qu'est-ce que tu aurais envie de leur dire ?
- Speaker #0
c'est qu'il faut garder confiance C'est super difficile. Mais il faut se dire que demain, ça ira mieux. Et après-demain, ça ira encore mieux. Et que les gens, ils nous aiment pour ce qu'on est et pas pour notre enveloppe corporelle. Ils n'en ont rien à faire. Et ils n'en ont rien à faire qu'on soit parfait, qu'on soit malade, pas malade. Je suis désolée, mais... Les gens, moi, ça a été vraiment... Je m'en suis rendue compte là, parce que c'est pareil. Quand on s'est mariés, mes copines ont fait des trucs de fou. Et ça m'a vraiment... Je me suis dit, moi, en fait, on m'aime pour ce que je suis. Et ça, c'est juste... Il faut garder confiance, en fait. Parce que... Il y a des hauts et des bas, il y a des trous dans le chemin. Il y a... Mais il y a toujours la lumière au bout du tunnel, quoi. Il faut s'accrocher.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour ce témoignage plein d'émotions. Tu t'es excusée d'avoir des émotions, mais attends...
- Speaker #0
Oui, parce que je n'aime pas.
- Speaker #1
Oui, mais en même temps, c'est tellement normal et j'ai presque envie de dire souhaitable.
- Speaker #0
C'est vrai que quand on est dedans, il y a des moments où c'est tellement dur. Où effectivement, on se dit que c'est... si c'est pour vivre comme ça, autant pas vivre en fait et que maintenant que je me dis, en fait je me rends compte aussi maintenant par quoi je suis passée quand t'es dedans t'es dedans en fait, donc du coup tu prends les trucs comme ça bien et puis t'as pas le choix quoi et c'est là, d'échanger toutes les deux ça me permet de me rendre compte aussi de tout le chemin que j'ai fait en fait et c'est con mais merci parce que du coup je suis fière de moi ah trop chouette Merci.
- Speaker #1
Je suis trop contente d'entendre ça. Effectivement, souvent, ça fait un peu point d'étape, l'enregistrement du podcast, tu vois.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et ce que je propose aussi parfois aux personnes, c'est de revenir dans six mois, un an, un an et demi, deux ans, on s'en fiche, peu importe si le podcast existe toujours, j'espère. Tu vois, parce que c'est un point d'étape, et puis en fait, la vie continue d'avancer, et dans un an, tu aurais sûrement plein d'autres choses encore à me raconter. C'est trop chouette. j'ai été un peu moins que ces dernières années ah bah en même temps là tu m'as fait 34 ans de vie quoi alors j'imagine non mais ouais je suis très contente de ce que tu viens de dire c'est chouette si de faire ce petit bilan là ça te permet wow de te rendre compte de ce que t'as traversé ce que t'as mis en place ouais tout ce que t'as mis en place le fait de ne pas avoir lâché tout ça et que ça te permet d'être fière de toi c'est trop bien Voilà, le job est fait, c'est trop bien.
- Speaker #0
Mais je trouve que c'est chouette aussi qu'il y ait plus de contenu et que l'approche thérapeutique des TCA soit différente. Parce que moi, ce qui m'a vraiment aidée, les gros bons en avant que j'ai faits, c'est quand j'ai rencontré cette personne, je ne sais pas si je peux la citer.
- Speaker #1
Oui, si tu veux.
- Speaker #0
Mon alimentation intuitive. C'est Marion ? Oui, c'est ça. Marion,
- Speaker #1
elle est venue sur le podcast, elle est venue deux fois. je crois déjà sur le post-partum.
- Speaker #0
Ah d'accord, je n'ai pas entendu son...
- Speaker #1
Alors une première fois, je ne sais plus s'il y avait un thème vraiment particulier ou si on était sur l'alimentation intuitive, mais elle était venue une deuxième fois pour parler justement du post-partum, tu vois, parce qu'on se disait que c'était un sujet qui était peu abordé et puis elle, en fait, elle avait eu une petite fille peu de temps finalement avant, donc c'était encore frais pour elle et elle était venue parler de ça.
- Speaker #0
Ben voilà, c'est Marion du coup.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et c'est la première fois où on me proposait une approche comme ça. C'est ce qui m'a fait aller vers elle. Parce qu'au début, je la suivais sur Insta comme ça. Et puis, quand j'ai voulu reprendre un suivi, enfin, l'abscisse, ça, c'est toujours mes traumas que je connaissais par cœur, en fait. Mais le trouble alimentaire était toujours là et je n'avais pas la clé, quoi. Et du coup, elle a eu cette Ausha de dire les sensations, de tester des choses, de... de prêter attention aussi à son discours intérieur, à ce qu'on se dit. Et c'est vrai que ça m'a énormément aidée.
- Speaker #1
Trop chouette.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Eh bien, super. Du coup, un coucou à Marion.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Moi, avec plaisir, pour citer des... Enfin, il y a des professionnels qui font vraiment... Désolée d'être grossière, mais de la merde. Mais bon, on ne les cite pas sur le podcast parce que ce n'est pas le but, mais quand il y a des chouettes professionnelles qui ont aidé, autant on s'y trouve bien. Écoute, Mathilde, merci beaucoup pour le temps que tu m'as accordé. J'ai envie de dire que tu nous as accordé, parce qu'en fait, c'est un peu un cadeau fait aux personnes aussi qui écouteront le podcast et qui, je n'en doute pas, pourront trouver des résonances, se reconnaître et peut-être trouver aussi de l'espoir dans ton témoignage. Donc, merci beaucoup pour tout ça.
- Speaker #0
Merci Flavie.
- Speaker #1
Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important. C'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors si mon contenu t'apporte de l'aide d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. Tu peux tout d'abord partager le podcast, en parler autour de toi, à tes proches mais aussi à des professionnels. Tu peux laisser 5 étoiles. notamment sur Spotify ou Apple Podcast ou laisser ton meilleur commentaire. Mais depuis peu, j'ai aussi apporté une nouveauté qui te permet de me soutenir encore plus concrètement avec de l'argent. Effectivement, tu trouveras en description de cet épisode un lien qui te permettra de faire un don à la hauteur de ce que tu trouves que ce podcast t'a apporté. Merci, merci beaucoup. C'est grâce à ton soutien que ce travail va pouvoir continuer. Je te souhaite de prendre soin de toi autant que ce sera possible. Et je te dis à très bientôt sur un nouvel épisode. Ciao !