Speaker #0Bienvenue dans TCA etc, le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Milsono et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation Peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie. Les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur flavie.mtca. Très belle écoute. Bienvenue dans un nouvel épisode de podcast qui va parler d'analyse sanguine. Ouais, c'est pas souvent, c'est même jamais je crois que j'ai vraiment abordé ce sujet-là. C'est suite à une question de l'une d'entre vous sur Instagram qui m'a demandé si j'avais déjà abordé ça dans le podcast, et en vrai pas spécifiquement je pense, et qui se demandait comment faire quand des analyses de sang ne sont pas bonnes ou montrent une anomalie, même si elle n'est pas énorme, pas hyper inquiétante. Comment gérer ça avec une alimentation de type intuitive ? Comment faire quand on a un TCA ? Ou dans le cas où la personne posait la question, c'était plutôt je vais mieux, je commence vraiment à sentir que mon comportement alimentaire est apaisé. Comment faire avec une analyse de sang qui, là en l'occurrence, montre par exemple un taux de cholestérol trop élevé ? Alors déjà, je vais poser un cadre important. Vous le savez ou pas. ou pas, ça dépend depuis combien de temps vous m'écoutez, mais moi je ne suis pas médecin, et je ne suis pas non plus diététicienne. Donc, je ne vais pas faire une réponse médicale, parce que je n'en ai pas les capacités, je n'ai pas les connaissances en fait. Mais la réponse que je vais faire, elle va plutôt être basée et axée sur ma spécialité, c'est-à-dire le comportement alimentaire et la psychologie du comportement alimentaire, comment ça fonctionne. Et... Je pense que la réponse médicale ne peut pas être la seule réponse et on va y venir. Je pense que la mécanique du comportement alimentaire doit être prise en charge s'il y a ou s'il y a eu TCA, mais pas que en réalité, puisque ne pas la prendre en charge, ça peut être vecteur de déclenchement de TCA. Le premier point que j'ai envie d'aborder dans mes éléments de réponse, c'est le fait que très rare, vraiment très rare, sont les professionnels de santé formés aux troubles des conduites alimentaires. Et rares sont ceux qui sont informés. C'est-à-dire que c'est quand même le minimum d'être informé. Il y a quand même un gros gap entre les deux. C'est-à-dire qu'on peut être informé sur, globalement, comment ça marche, les comprendre de loin, et ne pas être formé sur leur prise en charge. Ça, c'est complètement OK. Mais même des professionnels informés, à mon sens, il y en a très peu. C'est vraiment rare. Du coup, quand vous vous retrouvez face à votre médecin, il y a d'immenses chances, ou risques peut-être plus, on va le dire comme ça, qu'il ou elle ne soit pas du tout formé, c'est sûr, et même pas informé sur la question des TCA. Du coup, il va y avoir une lecture très médicale de l'analyse, et il y a des réponses qui sont très fréquentes en lien avec les analyses sanguines. J'espère un peu moins quand même, des réponses un peu linéaires dans la cause à effet. Ok, vous avez ce taux de cholestérol qui est trop élevé, alors on va partir sur un régime alimentaire en lien avec ça. Quand je dis que c'est linéaire, c'est dans le sens où, c'est comme s'il y avait un petit point A, je mange comme ça, égal point B, j'ai trop de cholestérol. En fait, il n'y a pas besoin d'être médecin pour savoir que c'est plus complexe que ça. et surtout on va y venir, il y a d'autres enjeux, notamment s'il y a ou il y a eu des TCA. Donc pour ce premier point par rapport au fait que la majorité des médecins, mais même des diètes, ne sont pas formés, qu'est-ce que vous faites ? Si vous êtes en confiance avec votre médecin, avec votre soignant, ce que je vous souhaite, j'espère, peut-être que vous pouvez tenter de lui expliquer ce que vous vivez. Donc les troubles alimentaires et le fonctionnement des troubles alimentaires, notamment des TCA compulsifs. A savoir qu'imposer des restrictions, parce qu'en fait un régime alimentaire de fait va apporter un cadre et des restrictions, quoi qu'on en dise. Et que donc imposer des restrictions, ça va plutôt avoir tendance à amener de la compulsion, de la surconsommation. Enfin voilà, ça aura plutôt l'effet inverse. Vous pouvez essayer d'aller un peu sur ce terrain. Que ce soit ce que vous soyez en train de vivre ou que ce soit au passé, c'est-à-dire si vous avez eu des troubles alimentaires, c'est important de pouvoir sensibiliser peut-être votre soignant, soignante sur ce sujet en lui expliquant un peu les mécanismes. Pourquoi pas lui recommander des lectures, des podcasts ? Coucou, je suis là. Recommandez du contenu qui pourrait être aidant si vous sentez que votre soignant, soignante a envie de... de s'informer davantage sur la question. Si vous sentez votre médecin carrément réfractaire, alors peut-être que ce n'est pas la peine d'aller plus loin, que cet échange pourrait vous faire plus de mal que de bien, et peut-être que vous pouvez aussi vous autoriser à changer de soignant, parce que je crois que la relation de confiance et une relation qui soit plus égalitaire aussi entre la personne qui soigne et celle qui est soignée me semble quand même plutôt quelque chose de souhaitable. Donc voilà, après libre à vous de voir. En tout cas, si pareil, votre médecin a envie de vous envoyer vers une prise en charge diététique, ça va être supra, supra, supra important de vous tourner vers quelqu'un qui a une bonne connaissance du comportement alimentaire. Et donc normalement, ça c'est le cas des gens qui sont formés spécifiquement aux troubles des conduites alimentaires. Bon. Je ne vais pas aller plus loin dans comment, enfin, ou vers qui se tourner, comment devrait vous prendre en charge un ou une diète. Peut-être que j'en parlerai un peu plus tard, mais en même temps dans la limite de ce que je suis capable de dire, puisqu'encore une fois, je ne suis pas diète. Donc je ne vais pas aller dire comment, dans ce cas-là, une personne devrait vous prendre en charge, mais plutôt sur l'importance du comportement alimentaire, ça, on va en reparler. Deuxième point, méga... Important, et c'est vraiment pour moi peut-être l'élément de réponse principale à cette question-là, c'est la question du timing. Cette analyse de sang qui débarque là, peut-être qu'elle vous plonge dans l'inquiétude et l'urgence. Sauf que l'apaisement du comportement alimentaire demande du temps et de justement sortir de l'urgence. Vous avez tout intérêt à prioriser l'apaisement de votre comportement alimentaire. Puisque à terme, on est bien d'accord que c'est la seule solution qui est viable. C'est-à-dire que là, si vous avez un TCA de type compulsif et que vous vous retrouvez avec des analyses de sang qui disent « Ouh là là, il y a ça, ça qui est trop élevé » et avec des soignants qui tout de suite vont se tourner vers « Ah bah, il faudrait manger comme ci, comme ça » bah en fait, voilà, ça va juste faire flamber votre TCA. Vouloir suivre ces conseils nutritionnels, ça va être un échec, un énorme flop, puisque ça va complètement faire flamber le TCA et que donc ça va avoir pour effet de globalement vous faire surconsommer ces 10 aliments que vous êtes censés limiter sur des conseils nutritionnels ou autres. Donc c'est en ça que je dis que la seule solution viable à long terme, c'est d'apaiser votre comportement alimentaire. Et apaiser votre comportement alimentaire, ça veut pas dire que vous ne pourrez pas faire des choix dans votre alimentation. Ça veut pas dire que ça va être le chaos n'importe quoi, c'est pas vrai. Et ça j'ai fait plusieurs épisodes de podcast quand même, je pense, sur le sujet, sur le fait que non, sortir d'un trouble alimentaire, oui ce serait autoriser tout un tas d'aliments, etc. Mais ça n'est pas synonyme de chaos alimentaire. Le chaos c'est le TCA, ça c'est chaotique. Et donc voilà, la question du timing. elle est super importante et elle est prégnante dans le cas du TCA, comme dans le cas de plein de soins en fait. Il faut du temps pour cheminer et il y a des étapes à franchir. Et je pense que les gens qui ont travaillé sur leur comportement alimentaire vont percevoir ce dont je suis en train de parler, sur le fait qu'il y a des étapes en fait, on a l'impression de... C'est un peu valider des niveaux dans un jeu vidéo, je ne sais pas, moi je le vois un peu comme ça. Et du coup, le fait d'être en mesure de faire des choix alimentaires, c'est une étape qui vient au bout d'un certain temps. Mais il n'est pas possible d'atteindre cette étape-là et encore moins de la valider si vous êtes encore en insécurité. C'est pas possible de se dire « Ok, là je vais diminuer ma consommation de tel aliment parce que c'est pour ma santé » . Non mais ça va bien se passer parce qu'en fait je ne le fais pas pour perdre du poids, je le fais pour ma santé. Ben oui mais si en fait vous êtes avec un trouble alimentaire déjà en place ou que vous êtes en soins pour un trouble alimentaire, que ça commence à aller mieux, que vous n'avez tout juste plus de compulsion et que vous remettez... en place un système restrictif parce que même si c'est pas fait pour perdre du poids, vous voyez c'est quand même restrictif de dire bon bah ce truc là il faut quand même que je l'évite au maximum bah en fait ça risque fort de réappuyer sur le bouton et de réenclencher le truc et c'est la peur de la personne qui m'écrivait d'ailleurs puisque elle était dans le cas de figure où a priori ça allait mieux en fait et la peur c'est de réactiver. C'est important pour moi de répondre par l'affirmative au fait de Oui, c'est possible de faire des vrais choix dans son alimentation après avoir eu des troubles alimentaires. Mais oui, il faut le faire tranquillou. Et non, on ne peut pas le faire comme ça en un claquement de doigts. Et je pense qu'on ne peut pas le faire n'importe comment non plus. Et donc pour revenir sur cette idée de timing, je ne peux pas vous donner une durée. Je ne peux pas vous dire que par exemple, il faudrait deux ans pour sortir d'un TCA et qu'au bout de trois ans, on peut... vraiment faire des choix santé, mais aussi éthique, parce qu'on a le droit de faire des choix. Moi, je fais des choix de ce type-là dans mon alimentation, par exemple, aujourd'hui. Donc, il n'y a pas de timing. Il y a des gens pour qui ça va plus vite, moins vite. Et puis, il y a plein d'étapes, encore une fois, dans un chemin de guérison. On peut le voir un peu comme les niveaux d'un jeu vidéo. Et en fait, c'est comme si les niveaux... Ils n'étaient pas obligés de se suivre tous exactement dans le bon ordre. Peut-être que toi, tu vas franchir le niveau 38, mais que tu vas bloquer sur le 8. Mais tu n'as pas besoin d'attendre de passer 8, 9, 10, pour arriver au 38. Il y a des étapes qui, à mon sens, doivent se passer dans un certain ordre, comme par exemple le fait que tu peux difficilement refaire des choix santé et éthique. Si t'es encore en plein dans d'autres restrictions, d'autres types, et que surtout il y a une insécurité encore très très présente qui fait que tu bascules très régulièrement en compulsion alimentaire. Par contre, il y a tout un tas d'autres choses qu'on travaille et qu'on valide qu'on n'a pas besoin de passer dans un ordre précis. Il n'y a pas de protocole spécifique à suivre. Et c'est pour ça que c'est compliqué de parler de durée, de timing. Et aussi de dire, ah bah tiens, il faudrait être tranquille depuis tant de temps pour s'autoriser à faire des choix de type santé. Moi, dans les accompagnements que je fais, qui sont des accompagnements plutôt courts, on est sur vraiment de la thérapie brève, et bien certaines personnes, on expérimente ça déjà dans l'accompagnement. Donc il y a du possible, ça ne prend pas forcément des années. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a une vraie notion de timing et de... passage de palier. Je vous l'ai dit genre huit fois, je pense que ça y est. Vous avez compris. Je crois que ce qui est surtout important, au-delà d'une durée que devrait durer tout ça, c'est plutôt le fait de sentir qu'on va au bout d'un processus. Ça, il y a vraiment quelque chose d'important pour moi là-dedans. Et quand je parle de ça, je pense notamment à la restriction cognitive. qui est vraiment insidieuse et qui se fourre partout. Et voilà, il y a des personnes qui, j'en vois beaucoup, qui viennent vers moi, qui sont dans des semi-guérisons depuis très très très très longtemps. Et en fait c'est ça quoi, elles ne sont pas allées au bout du processus et parfois ces personnes-là, le fait de repasser par un régime alimentaire, même un truc très court, j'en sais rien, moi, pré-opératoire ou voilà, un truc. Ça peut refaire flamber des symptômes TCA alors que les personnes se croyaient plus tranquilles. Mais parce que le processus n'a pas pu aller au bout. Et je pense que c'est ça qui est important. Et là, je remets une petite couche. Selon moi, un professionnel peut accompagner quelqu'un au moins aussi loin que lui. Mais pas plus loin que lui. Mais ça, ça m'appartient, c'est ma croyance. Peut-être que je me trompe. Moi, j'ai l'impression qu'on ne peut pas emmener les gens plus loin que là où on est nous. Et il y a des tas de gens qui accompagnent sur l'alimentation et qui ne sont pas tranquilles avec leur alimentation et avec leur corps. Et du coup, je ne dis pas que ces gens-là ne pourront pas vous faire avancer, vraiment, mais peut-être pas jusqu'au bout, en fait. Voilà. Bon, je referme cette petite parenthèse. Mais pour parler d'accompagnement, moi je pense que c'est super important de se faire accompagner. Si vous êtes dans cette situation où il y a des analyses de sang avec un médecin qui dit « Ah, ce serait quand même bien de prendre ça en charge » , alors déjà, je vais y revenir plus tard, mais il n'y a pas que l'alimentation. Donc c'est important de regarder au global ce qui se joue. Et puis je pense que c'est important de se faire accompagner. de ne pas chercher à faire des trucs tout seul dans son coin. Et aussi, quand on a eu un TCA, qu'on va mieux, peut-être que vous avez été accompagné. Mais là, s'il y a ce truc-là qui débarque et que ça vous fragilise, n'hésitez pas à retourner voir votre ancien ou ancienne thérapeute, si c'est possible, ou allez consulter quelqu'un. Donc, par exemple, moi, là, vraiment, typiquement, je pense à des diététiciens, diététiciennes, je pense qu'ils sont vraiment les plus à même d'aider dans ce cas de figure. mais vraiment surtout hyper bien formé au TCA, quelqu'un de spécialisé TCA, mais qui, dans ce cas de figure, pourra vous accompagner aussi à aller regarder ce qu'il y a de possible de faire au global, dans votre hygiène de vie, voir s'il y a des points d'action, des points de levier pour cette analyse sanguine, par exemple. Mais voilà, trop important de ne pas se sentir seul, mais trop important de bien choisir, à mon avis, son accompagnant, accompagnante. Et le troisième point que je voulais aborder, c'est l'avant-dernière. C'était justement sur la question de l'accompagnement et sur le fait de ne pas tomber dans le piège, parce qu'à mon sens, c'est un piège, de suivre les conseils des réseaux. Je vais aller plus loin, mais même des livres, en fait. Alors, peut-être que je ne vais sans doute pas me faire que des amis. En plus, moi, je suis une fan de livres. Et j'ai des collègues qui ont écrit des livres qui sont géniaux. Mais... Tout le monde écrit des livres aussi quoi. En 2026, je veux dire à partir du moment où tu as un compte Insta un peu suivi, et bien bim, les maisons d'édition elles te proposent d'écrire des livres. Franchement c'est une réalité. Et du coup il y a un médecin qui est populaire sur les réseaux, qui à mon sens fait beaucoup de mal, qui véhicule beaucoup de peurs, beaucoup de fausses idées, d'ailleurs qui n'a aucune spécification dans la nutrition mais qui parle que de ça, des aliments etc. Et lui, il a écrit je ne sais pas combien de livres. Ce n'est pas parce que c'est en librairie que du coup, c'est vrai. En fait, il y a plein de faux trucs aussi dans les livres. Et j'ai l'impression que c'est de plus en plus, puisque beaucoup de gens qui ont des comptes Insta écrivent des livres. Et du coup, on se retrouve avec les mêmes fausses idées qu'il y a sur le compte Insta, on les retrouve dans les livres. Donc. Méfiez-vous, on voit vraiment tout et n'importe quoi, vous le savez, mais je vous orbeille une petite couche, vraiment, regardez à quel point c'est ridicule, à quel point on dit tout et son contraire. Donc méfiez-vous de ça, souvent c'est des choses beaucoup trop simplistes, alors qu'en fait là, ça doit être personnalisé, c'est pour ça que je vous invite à vous faire accompagner, parce qu'on doit vraiment comprendre vous. Qui vous êtes ? Vos antécédents ? Votre fonctionnement aujourd'hui ? Mais au global, ce n'est pas possible de se pencher que sur votre alimentation. En fait, si vous avez une analyse sanguine qui montre une anomalie. Et puis, il faut que ce soit par un vrai professionnel, une vraie professionnelle avec quelque chose de basé sur la science. Si là, on vient vous parler d'analyse sanguine, allez vous baser sur la science, pas sur des trucs. Je suis désolée, mais pas sur des trucs perchés qui sortent de je ne sais où. la pensée magique, le je sais pas quoi. Enfin, voilà. Moi, je vous invite encore une fois à vous tourner plutôt vers des diètes qui sont formées TCA et je pense que c'est le meilleur accompagnement que vous pourrez avoir. Et quand je dis accompagnement, je veux dire peut-être qu'il y aura besoin de une, deux, trois séances. En fait, il y a un autre truc super important par rapport au fait que ce soit basé sur la science, c'est que À mon sens, on doit ajouter de la flexibilité. Un ou une bonne professionnelle, c'est quelqu'un qui va pouvoir vous accompagner avec quelque chose de solide. Donc solide basé sur des études scientifiques, quoi. Enfin, je veux dire, voilà. Et aussi flexible. Et ce que je veux dire par là, c'est que pour moi, un ou une bonne professionnelle, c'est quelqu'un qui va accompagner... en étant capable de mettre dans la balance, par exemple, le taux de cholestérol et l'équilibre général. Un taux de cholestérol qui est peut-être un peu trop élevé, mais sans être, par exemple, catastrophique, versus qu'est-ce que ça peut venir bousculer dans l'équilibre général en lien avec la vie de famille ou non, le travail. ou non, la possibilité de bouger ou non, la vie sociale ou non. En fait, tout ça, je veux dire, venir dire à quelqu'un « tu devrais manger différemment » , c'est potentiellement venir remuer tout un équilibre de vie. Et un bon professionnel, une bonne professionnelle, doit, à mon sens, prendre ça en charge. Et donc justement, le quatrième et dernier point que je voulais aborder sur ce sujet, là, des analyses sanguines, j'espère que je ne suis pas en train de vous perdre, que je ne pars pas trop dans tous les sens. C'est vrai que j'ai eu plusieurs ramifications sur ce sujet-là. Moi, je fais le lien, mais j'espère que c'est quand même à peu près clair. Le quatrième point, c'est le fait de sortir du morcellement des prises en charge. Alors attention, qu'est-ce que je veux dire par là ? Si je reprends un exemple de... Comment je mange ? J'en viens avec mes analyses sanguines. Bon ben voilà, par exemple, la consommation de lipides, elle ne peut pas être isolée de tout le comportement alimentaire. On ne peut pas juste regarder la consommation de lipides sans regarder, mais tiens, comment je mange à côté ? C'est quoi les autres aliments que je mange ? De quelle manière je mange ? Est-ce que je suis tranquille avec l'alimentation, etc. ? Après ça, le comportement alimentaire, lui, il ne peut pas être isolé du reste des habitudes de vie. On ne peut pas juste regarder ma façon de manger sans regarder comment je dors. Est-ce que j'ai un travail, une vie sociale ? Est-ce que je bouge ? Et si je bouge, est-ce que je le fais pour le plaisir ou par totale obligation ? Est-ce que je suis à un niveau de stress énorme ou est-ce que je suis plutôt détendue ? Et les habitudes de vie, elles, elles ne peuvent pas être regardées en dehors du contexte économique, social, culturel. Donc tout ce que je viens de dire, ma façon de bouger, de dormir, de manger, tout ça... Ça ne peut pas se regarder sans regarder mon niveau de vie. Est-ce que je suis quelqu'un de précaire ? Encore une fois, est-ce que je suis entourée socialement ? Est-ce que je suis dans une culture du groupe ? Ou plutôt de la solitude, où je me retrouve tout seul ? Dans quelle société je vis ? Comment ça fonctionne dans ma société ? Par exemple, en France, le rapport au corps, etc. En fait, ça revient à dire que cette analyse de sang, qui est souvent très morcelée, elle devrait tellement pas l'être. C'est-à-dire que cette analyse de sang qui est regardée comme un élément va être reliée à une façon de manger, souvent c'est ça, on part sur le régime alimentaire, alors qu'elle ne peut être regardée qu'avec toutes les sous-couches que je viens de citer. Et c'est en ça où je trouve que nos prises en charge, elles sont trop morcelées. On prend l'être humain et on le découpe. en plein de petits morceaux et chacun va s'occuper de son truc. Mais c'est pas possible de s'occuper juste de ça. Ça reviendrait à un ou une diète qui justement ne s'intéresse pas du tout au comportement alimentaire. Alors que, à mon sens, ça doit faire complètement partie de la prise en charge. Un ou une diète peut pas juste s'intéresser à ce que la personne mange sans s'intéresser au comportement alimentaire. Mais du coup, si on s'intéresse au comportement alimentaire de quelqu'un, mais on s'intéresse à son histoire, on s'intéresse à son enfance. on s'intéresse à sa culture, on s'intéresse à son contexte socio-économique. Oui, les diètes ne sont pas psy et chacun reste bien à sa place, mais il n'empêche qu'on peut, on doit, en fait c'est pas on peut, on doit forcément avoir cette ouverture dans le regard et dans nos prises en charge, tout en connaissant nos limites et en n'étant pas capable d'accompagner jusqu'au bout. Mais on ouvre ces portes-là et on peut très bien orienter derrière si on sent que ça soulève des choses qui mériteraient d'être travaillées. Une analyse de sang, en fait, elle vient témoigner d'un capital génétique, d'un capital financier, culturel, d'un état de stress, de fatigue. Une analyse de sang, jamais elle ne témoignera que de la seule façon de manger. C'est impossible. Donc ces choses-là doivent être prises en compte et j'ose espérer qu'on va avancer vers ça et que la médecine va vraiment avancer vers ça aussi. et que les médecins seront de plus en plus informés sur la question des TCA et donc du comportement alimentaire, tout comme j'espère qu'ils le seront de plus en plus sur la question des violences sexuelles, de la prise en charge du psychotrauma, etc. Alors oui, c'est beaucoup. Effectivement, les médecins en ont lourd sur les épaules, mais encore une fois, je ne parle pas du fait d'être formé pour prendre en charge, mais d'être informé pour avoir un discours adapté, orienté correctement. Et dans un monde idéal, c'est comme ça que ça devrait se passer. Quand quelqu'un arrive avec une analyse de sang qui montre des anomalies, eh bien, rien ne devrait être morcelé. On devrait prendre la personne en charge vraiment dans une globalité avec, généralement, le référent central qui est le médecin. à mon sens, médecin généraliste en première ligne, et qui, lui, vient regarder tout cet ensemble, puis orienter aux besoins vers des professionnels qui seront spécifiques sur le comportement alimentaire, peut-être la prise en charge du trauma, sur la question du sommeil aussi, j'en sais rien, sur une réorientation professionnelle, j'en sais rien, mais tout ça, ça se doit d'être pris en charge. Voilà, j'espère que l'épisode était éclairant. Sans partir non plus trop dans tous les sens, si je devais conclure, ce qui me semble important de vous dire, à vous toutes et tous qui vous posez peut-être ces questions-là, c'est que oui, on peut prendre soin de sa santé par le biais de son alimentation, même en ayant eu des troubles alimentaires. Vraiment, il n'y a rien d'impossible. Mais il est évident que selon le timing dans lequel ça intervient, c'est un terrain qui est plus ou moins glissant et qui se doit d'être balisé, accompagné. pour être sûr que ça se passe au mieux. Mais ça peut très bien se passer. Et oui, bien sûr qu'on peut faire des vrais choix conscients, éthiques, santé, en lien avec notre alimentation, même si on a eu des TCA, et on peut faire ces choix-là et rester flexible et que ça se passe bien. N'oubliez pas non plus, et c'était aussi un peu le sens de mon propos, que vos analyses de sang ne parlent pas que de votre alimentation. Et ne vous laissez pas enfermer dans ce piège-là par des proches ou des professionnels de santé. Donc voilà, il y a un tout autour et tout ça, ça se doit d'être regardé, compris ensemble à mon sens. Ben voilà, je suis super contente d'avoir un peu élaboré autour de ce sujet-là et j'espère avoir rempli ma mission. C'est-à-dire qu'encore une fois, je ne suis pas médecin, je ne suis pas diète et donc j'ai proposé les choses plutôt d'un point de vue comportement alimentaire. Et n'hésitez pas. à me faire vos retours. Vous savez, c'est toujours avec plaisir que je discute avec vous, notamment sur Instagram. Bye bye. Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important. C'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors, si mon contenu t'apporte de l'aide d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. Tu peux tout d'abord partager le podcast, en parler autour de toi. à tes proches mais aussi à des professionnels. Tu peux laisser 5 étoiles, notamment sur Spotify ou Apple Podcast, ou laisser ton meilleur commentaire. 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