Speaker #0Bienvenue dans TCA etc, le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Milsono et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes, et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram, où j'aborde tous ces sujets au quotidien, sur flavie.mtca. Très belle écoute. Et bienvenue dans un nouvel épisode du Pas de Côté. A l'heure où j'enregistre, c'est le jour de la rentrée, même si cet épisode va sortir bien sûr un peu en décalé. Et voilà, je suis super contente de revenir discuter avec vous sur ce format-là. Et j'avais envie de partager avec vous une réflexion née de l'écoute d'un épisode de podcast. Et j'en ai parlé aujourd'hui même sur Instagram. Encore une fois, c'est un peu décalé, mais d'un épisode de podcast qui traitait du système nerveux. Donc, j'allais dire a priori rien à voir avec les TCA. Non, pas complètement rien à voir, mais en tout cas, ce n'était pas du tout le sujet à la base. Et donc, à un moment donné dans cet épisode, d'ailleurs, en fait, ça a été un premier moment, mais ensuite, ils y sont revenus. Malheureusement, ils abordent le sujet du rapport à l'alimentation. Et le monsieur, qui est donc médecin, dit qu'en gros, on est confronté à une surabondance de nourriture et que finalement, notre fonctionnement cérébral, notre fonctionnement au global tout entier, n'est pas fait pour gérer ça. C'est un discours qu'on entend énormément sur les réseaux. C'est pour ça que j'ai eu envie de m'arrêter dessus. qui dit que nous, on est plutôt un être de manque et qu'on a besoin d'un système de motivation pour aller chercher de la nourriture, sans quoi l'humain se serait éteint depuis très longtemps. Et c'est intéressant cette histoire de système de motivation, puisqu'effectivement là on parle du système de récompense, et c'est pour ça que le système dopaminergique est relié à l'alimentation, je devrais le dire dans l'autre sens, le fait de manger est relié au système dopaminergique, donc le système de la récompense. Et donc effectivement, ça explique aussi dans la régulation alimentaire... qu'il y ait toute une partie édonique de recherche de plaisir dans notre comportement alimentaire parce qu'il y a cette histoire de recherche de plaisir et de motivation à aller chercher la nourriture et qui fait qu'on se nourrit et on reste en vie. Et donc, on entend beaucoup que ça fonctionne comme ça, sauf que là, il y a tellement d'opulence et de nourriture partout que finalement, on n'a plus besoin d'aller un peu lutter pour chercher la nourriture. et que ce système de motivation, il jouerait contre nous, puisqu'il y en a tout le temps partout. Mais en fait, c'est hyper simpliste. Je suis toujours hyper étonnée d'entendre des gens qui sont médecins et tout, et qui vont dire ce genre de choses. Parce que tout le monde dit ça, monsieur, madame, tout le monde, mais même des médecins. Mais c'est suprasimplice, ça voudrait dire que notre fonctionnement n'est pas capable de s'adapter. C'est-à-dire que le système de recherche comme ça, de plaisir, il n'est pas capable de s'adapter et que donc ça ne fonctionnerait que si c'est hyper difficile de trouver de la nourriture. Enfin, attends, ça ne fait pas juste 10 ans que c'est facile de trouver de la nourriture. Certes, nos grands-parents n'avaient pas le même... accès à la nourriture et c'était pas la même nourriture parce que ça on l'entend aussi beaucoup mais enfin on n'était déjà plus aux hommes des cavernes en fait et donc je suis même pas allée au bout de mon truc faut pas que je m'égare. Lui en tout cas ce qu'il disait en parallèle c'est que du coup on n'est pas fait pour autant d'abondance de nourriture et que ça explique l'obésité, donc ça malheureusement on l'entend beaucoup Et les troubles des conduites alimentaires. Et là, je ne dis pas que l'obésité a raison de dire ça, mais je veux dire, je n'étais pas assise, sinon je serais tombée de ma chaise. Je veux dire, les troubles des conduites alimentaires sont expliqués par la surabondance de nourriture. Mais Jean-Michel, s'il te plaît, quand tu ne connais rien à un sujet, est-ce que tu peux éviter de l'aborder ? Je veux dire, moi, je ne vais pas aller faire un podcast sur le système nerveux, je m'y intéresse, j'écoute des podcasts, du coup, puisque j'ai écouté celui-là. Je lis des bouquins, je fais tout ce que je peux sur le sujet, pour autant, en aucun cas je vais venir vous dire « Ouais, alors faites le système nerveux, nanana » Mais non ! Et donc là, vraiment, j'ai été hyper choquée d'entendre ça. Alors, l'abondance crée l'obésité. Putain, mais encore une fois, quoi, le discours tellement simpliste, d'espèces de trucs très linéaires, de cause à effet, comme si on fonctionnait aussi simplement que ça, ce qui n'est pas le cas. Par ailleurs... Petit rappel qui a son importance, arrêtons de parler d'obésité comme ça à tout va. L'obésité étant nommée dans la bouche de tous ces gens-là, enfin de toute façon l'obésité, si on regarde la définition, c'est une maladie, sauf qu'on mesure l'obésité avec un IMC qui ne dit rien de l'état de santé de quelqu'un, donc ça n'a aucun sens. Et puis venir dire que l'obésité c'est relié à la facilité d'accès à la nourriture, mais stop, quand on sait en plus à quel point. La précarité est surreprésentée dans l'obésité, parlons-en de l'accès soi-disant facile à la nourriture. Donc sur cette question de l'obésité, je veux dire, on est encore une fois sur quelque chose d'hyper simpliste, de très individuel aussi, qui n'a aucun sens. Et puis sur la question des troubles alimentaires, enfin je veux dire, au secours, il y aurait... Trop à en dire, finalement, je suis en train de me rendre compte que pour faire un épisode aussi court que ceux du Pas de Côté, c'est un peu léger. Mais là encore, c'est quelque chose de tellement suprasympliste, comme si c'était qu'une histoire d'alimentation déjà. On a trop d'accès, donc du coup, il y a des troubles du comportement alimentaire. Bon, j'imagine qu'il excluait l'anorexie, donc il parlait des troubles alimentaires compulsifs. Mais quand on sait que la première racine des troubles alimentaires compulsifs, c'est la restriction. Restriction. réelles, entre guillemets, ou cognitives, mais c'est tellement être à côté de la plaque. Et combien de personnes considérées en obésité sont sous le coup de TCA et donc de restrictions, sont des personnes qui ont été mises au régime toute leur vie. Enfin, je veux dire, on est presque à l'extrême inverse, quoi. Je veux dire, ou alors, on pourrait se dire, j'allais dire l'extrême inverse de, genre, le problème, c'est pas l'opulence, au contraire, c'est la restriction tout le temps. Mais en fait, c'est aussi la confrontation de ces deux trucs. Je ne vais pas remettre en question le fait que c'est un problème tous les lobbies alimentaires et la façon dont on nous propose la nourriture et tout ça. D'ailleurs, ça pourrait être intéressant que j'en fasse un épisode de podcast, peut-être pour vous dire ce que j'en pense. Mais en même temps, c'est aussi la réalité de notre vie. Et l'humain sait s'adapter, il sait toujours adapter et on sait très bien s'adapter. Par contre, on vit dans un culte de la minceur. qui est toujours aussi présent, j'allais dire qui est grandissant, mais je n'en sais rien. En tout cas, qui est toujours aussi violent et présent, avec un énorme problème avec les corps gros, une grossophobie qui devient de plus en plus décomplexée. Mais enfin ça, le racisme est tellement décomplexé aussi aujourd'hui. Et du coup, on vit dans cette société ultra pressurisante, ultra stressante, qui nous amène à de l'hyper contrôle, à un rapport à soi complètement... « Abîmé et dangereux, et on vient de nous dire que la réponse à la question, à l'obésité et au TCA, c'est la disponibilité de l'alimentation. » vraiment, voilà, s'il y a un truc que je peux vous transmettre avec cet épisode c'est, méfiez-vous encore une fois fois mille des discours simplistes qu'on vous vend je trouve ça vraiment risible presque mais j'avais envie d'en dire quelque chose parce que malgré tout je trouve ça quand même dangereux, donc voilà j'espère que ça vous aura peut-être fait un peu réagir peut-être ça vous aura donné l'envie d'en parler avec moi, avec d'autres, n'hésitez pas et je vous dis à très bientôt Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important, c'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors si mon contenu t'apporte de l'aide d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. Tu peux tout d'abord partager le podcast, en parler autour de toi, à tes proches mais aussi à des professionnels. Tu peux laisser 5 étoiles, notamment sur Spotify ou Apple Podcast, ou laisser ton meilleur commentaire. Mais depuis peu, j'ai aussi apporté une nouveauté qui te permet de me soutenir encore plus concrètement avec de l'argent. Effectivement, tu trouveras en description de cet épisode un lien qui te permettra de faire un don à la hauteur de ce que tu trouves que ce podcast t'a apporté. Merci, merci beaucoup. C'est grâce à ton soutien que ce travail va pouvoir continuer. Je te souhaite de prendre soin de toi autant que ce sera possible et je te dis à très bientôt sur un nouvel épisode. Ciao !