Speaker #0Si vous êtes une femme au profil TDAH et que vous en avez marre de culpabiliser, TDAH au féminin, le cocon, est fait pour vous. Je suis Nora, professionnelle de la santé depuis plus de 17 ans et spécialisée dans le TDAH au féminin. Certains jours du mois, j'ai l'impression que mon TDAH explose. On l'entend tellement souvent, énormément de femmes avec le profil TDAH racontent avoir l'impression de fonctionner vraiment avec un cerveau différent tout le temps. tout au long des semaines du mois. Eh bien écoutez, bonne nouvelle, ce n'est pas dans votre tête, ce n'est pas une invention, c'est vraiment la réalité, c'est une réalité biologique, tout ce qu'il y a de plus concret. Les dernières revues scientifiques en 2025 le confirment noir sur blanc. Ces fluctuations reposent sur une neurobiologie bien réelle et mesurable. Au menu aujourd'hui, on va décrypter et on va regarder d'un peu plus près ce qui se passe sous le capot. Et on va d'abord explorer les rôles des neurotransmetteurs. Bonne prise en charge. Mais la première étape avant tout ça, c'est de comprendre la base. La base, c'est les neurotransmetteurs. C'est ces petites clés que vous avez dans votre cerveau et qui finalement expliquent tout. Pour comprendre ça, il faut s'appuyer sur des données solides, toujours scientifiques, fraîchement débarquées en 2025, menées par l'université de Monash et Amsterdam UMC. Elles sont formelles, elles prouvent bien que les hormones sexuelles féminines ne servent pas juste à la production, bien entendu, mais elles permettent de moduler activement le système dopaminergique et noradrénergique. C'est deux systèmes extrêmement importants dans le profil TDAH. Petit rappel théorique, la dopamine, c'est la clé de l'attention, de la mémoire de travail, des fonctions exécutives, de l'impulsivité, de la motivation. Puis vous avez la noradrénaline, elle c'est plus l'éveil, la vigilance et elle permet de filtrer aussi les bruits environnementaux et donc c'est un filtrage attentionnel. Donc vous voyez que ces deux neurotransmetteurs dans votre cerveau sont ultra importants. Après si on parle des autres hormones, par exemple l'oestrogène, elle est extrêmement importante. C'est vraiment un peu, j'appelle le facilitateur du cerveau. La recherche décrit cet oestrogène comme un modulateur ultra puissant de la dopamine. Je vous ai expliqué, la dopamine c'est vraiment la motivation, c'est l'anti-procrastination, c'est le système de la récompense. Et cet oestrogène a un effet direct sur votre dopamine. Et quand vous comprenez ça, vous comprenez que certains jours du mois, quand vos taux d'oestrogène grimpent, la signalisation dans votre cerveau devient beaucoup plus forte. plus efficace et votre mémoire de travail du coup va s'améliorer. Vous allez être beaucoup plus concentré et votre attention sera au rendez-vous. Et du coup, la régulation émotionnelle aussi. Donc, on se sent un peu boosté naturellement, plus concentré, plus en confiance. Mais d'un autre côté, on a la progestérone, l'autre hormone. Et ça, c'est une autre dynamique. Une fois qu'elle est « métabolisée » , elle va se fixer sur des récepteurs. Je ne vais pas rentrer trop dans le détail, mais pour ceux qui veulent aller plus loin, c'est sur les récepteurs GABA. Ça a un peu un effet anxiolytique, un effet sédatif. Sauf que chez beaucoup de femmes, et c'est là que c'est très intéressant, elles ont une forte sensibilité à cette hormone à un certain moment du mois. Donc cette progestérone, elle peut carrément plomber votre humeur. mais de façon assez sévère. Et elle peut exacerber les tensions internes. Donc l'impulsivité, les réactions à chaud, on bouillonne à l'intérieur et on réagit très vite. Et donc vous comprenez bien que ces deux hormones-là vont directement agir sur notre humeur et notre productivité, notre concentration. Si je prends une métaphore pour vous expliquer un petit peu, qui est pas mal, c'est le chef d'orchestre. Le chef d'orchestre, c'est notre cerveau. D'accord ? Donc, disons qu'on a un chef d'orchestre et qu'on a une salle. Et donc, on a l'acoustique de la salle et les musiciens, ce sont les hormones. Donc, le chef d'orchestre, lui, change pas. Il est tout le temps là. Il fait les mêmes gestes. Il s'effondre pas. Tout va bien. Mais au niveau de l'acoustique, au niveau des musiciens, ça change. Et donc, du coup, la performance générale, elle est altérée. Il suffit qu'il y ait un des musiciens qui ne soit pas au diapason pour avoir une cacophonie. Et donc le cerveau est là. Il gère, mais les hormones, donc les musiciens, varient, sont différents, il y a un tempo différent, ce qui donne une mélodie différente. C'est ce qui se passe au niveau de votre neurobiologie, si je veux simplifier. Et donc tout au long du mois, elle va changer. Donc concrètement, le mois se découpe en quatre grandes étapes et on en parlera dans les prochaines vidéos. On discutera, on approfondira chacune des étapes et certaines peuvent se reconnaître dans des étapes plus que d'autres. Ici, ce qui est intéressant, c'est de voir vraiment les grandes phases. Donc la première phase, la phase folliculaire, c'est juste après les règles. C'est là où on sent vraiment une espèce de redémarrage, une attention, un regain d'énergie. Ensuite, vous avez l'ovulation qui est en milieu de cycle. Et là, c'est carrément, je puis dire, c'est un pic cognitif. Donc c'est le pic de concentration. On est vraiment au summum. Puis, on a la phase luthéale précoce. Donc là, c'est juste après où les données montrent vraiment un rebond déjà au niveau de l'impulsivité. Donc on est en train de chuter au niveau du TDAH. Là, après cette phase-là, vous avez la phase luttée et altardive. Donc là, c'est juste avant vos règles, où la difficulté, on a vraiment difficile à se concentrer. On accumule, on sent la tension. augmenter. Ça ne va pas physiquement, mentalement, on sent qu'il y a quelque chose qui ne va pas. On est fatigué, on est irritable. Et on voit bien le contraste entre toutes ces phases. Il y a des femmes qui sont encore plus sensibles. Certaines ont des problèmes hormonaux qui viennent se greffer par-dessus. On parlera de ça dans une autre vidéo. Ménopause, puberté. Et on va décrypter tout ça. Et vous allez voir que dans votre vie de femme, il y a différents moments qui ont été marqués. avec ses variations hormonales, et le TDAH est exacerbé à certaines périodes de votre vie, et ce n'est vraiment pas un hasard. Vous allez voir en fin de vidéo le pourquoi du comment. Donc, d'un côté, au moment de l'ovulation, vous avez des oestrogènes au top, les tâches au quotidien vous sont vraiment super faciles, entre guillemets, évidemment, l'humeur est assez stable, et c'est là qu'on a le meilleur focus. Généralement, quand je parle d'organisation, d'agenda, Je dis souvent que c'est à ce moment-là qu'on doit bloquer nos plus gros projets, si possible. Évidemment, on ne choisit pas toujours. Et à l'inverse, lors de la phase luthéale tardive, quand les hormones chutent lourdement, on assiste vraiment à un retour en force de cette espèce de brouillard mental, de déconcentration, de désrégulation émotionnelle. Même sans profil TDAH, les femmes connaissent bien ça, juste avant les règles. Et c'est encore plus fort, vraiment encore plus fort avec un profil TDAH. Parce que justement, vos hormones jouent sur cette fameuse dopamine qui est le neurotransmetteur par excellence qui pose problème dans le profil TDAH. Ce qui nous amène directement à notre troisième partie, c'est très intéressant, c'est le concept clé, l'effet de la double peine. Et ça, c'est assez parlant. Cette expression de double peine, on la croise de plus en plus dans la littérature pour cause quand on parle. juste de se sentir un peu fatigué en fin du mois, on parle en réalité d'une collision entre des défis neurocognitifs intellectuels habituels du TDAH et un environnement hormonal qui devient super défavorable. Et cette double peine là, qui est de plus en plus reconnue, qui ne l'était pas vraiment, sachant que dans les années 1980, on parlait plutôt du... petit garçon hyperactif TDAH et pas de la femme adulte avec ce profil-là. C'est de plus en plus reconnu. Et donc, ce n'est pas juste un effet additif qui s'additionne, mais il est multiplicatif. Il y a déjà une base neurologique qui est déjà complexe avec le profil TDAH. Et puis, d'un coup, vous avez, au niveau hormonal, une chute de cet oestrogène. Donc, pendant cette fameuse semaine avant les menstruations, les revues, maintenant, en 2025, listent vraiment des vulnérabilités très claires. Donc, on y retrouve bien noir sur blanc, l'inattention sévère, vraiment le brouillard mental super épais qui bloque littéralement, je dirais, l'organisation. Comme je vous ai dit, une irritabilité, une impulsivité en flèche et alors une grande fatigue émotionnelle carabinée. Donc, encore une fois, ce qui est très important ici, c'est que c'est validé et que ça montre vraiment un phénomène clinique. qui est mesurable. On arrive maintenant à notre dernier point et on se demande comment utiliser finalement ces données à notre avantage. Donc là, on parle plutôt du suivi clinique et des traitements, de la prise en charge. Est-ce qu'on peut faire concrètement ? C'est la question que tout le monde se pose. Maintenant, vous savez le pourquoi et le comment. Voilà, c'est ce qui va nous servir. Donc, énormément de patients rapportent que leur traitement, déjà pour le TDAH, a l'air de ne plus vraiment fonctionner avant leurs règles. Donc, l'explication des chercheurs, elle est logique. Finalement, comme l'oestrogène, elle chute brutalement, l'efficacité de la transmission de la dopamine, elle baisse. Du coup, le médicament est beaucoup moins efficace. Ce n'est pas qu'il n'est pas efficace, c'est qu'il est moins efficace. Ça dépend de la sensibilité de chacun. Mais attention, ce qui est important aussi, c'est de dire que les directives médicales officielles actuelles, elles ne recommandent à aucun moment d'ajuster les doses soi-même. Donc il n'y a aucune publication qui valide l'automédication cyclique. Même si la recherche commence à documenter un petit peu ce phénomène, un traitement ça doit rester. encadré, pas d'automédication, ça peut être plus dangereux qu'autre chose. Donc, il faut vraiment un encadrement assez strict, en parler à votre médecin, peut-être avoir un espèce de journal de bord, et de noter l'effet de votre médicament sur tous les mois, si vous êtes médicamenté, évidemment, et de voir s'il y a plus ou moins d'effet à certaines périodes du mois, et éventuellement en parler à votre médecin. Deuxième chose, c'est de voir dans quelle période vous êtes, puberté, Pré-ménopause, ménopause, on s'ignore souvent en pré-ménopause et ça peut être un facteur aggravant. Donc évidemment, consulter votre gynécologue, en parler à votre médecin, ça reste le levier le plus efficace. Comment faire ? Vous utilisez votre agenda ou un espèce de planeur où vous allez noter avec des sigles ou des numéros votre niveau d'attention, d'énergie, de régulation émotionnelle tout au long du mois. Et vous constatez s'il y a réellement des différences ou pas. Et c'est vraiment avec ces données que vous allez arriver au cabinet de votre médecin ou de votre psy pour pouvoir en parler et pouvoir éventuellement trouver l'une ou l'autre solution. Deuxième chose, ce que je recommande beaucoup aux femmes généralement, c'est d'adapter leur agenda à leur cycle menstruel. Ce n'est pas toujours facile, mais il y a quand même des adaptations. Si vous pouvez, dans votre travail, organiser votre travail comme vous voulez, vos projets, Vous savez que vous ne devez plus tabler sur certains jours du mois quand vous êtes en pic d'ovulation ou dans les premières semaines de votre cycle hormonal et d'éviter les travaux lourds, les travaux de réflexion, les choses compliquées en fin de cycle. C'est très important de pouvoir respecter son cycle quand on est une femme pour pouvoir en tirer un maximum et d'éviter surtout le contre-coup et les mésaventures. aventures. Si vous fixez fin du mois ou ou avant vos règles, une grosse présentation ou un gros enjeu professionnel, vous ne mettez pas toutes les chances de votre côté. Évidemment, on ne peut pas toujours adapter notre agenda. Ça dépend de ce qu'on fait dans la vie, notre métier, nos obligations. Mais il faut quand même garder en tête que si possibilité il y a, il faut pouvoir le faire. Troisième conseil, un des plus... Efficace, c'est le sommeil, c'est l'amplificateur numéro 1 de la chute hormonale. Donc quand vous avez une hygiène stricte en phase luthéale, comme par exemple coucher fixe, écran coupé une heure avant d'aller dormir, chambre fraîche 18 degrés, lumière naturelle au réveil dans les 30 minutes, tout ça nous prouve vraiment, avec des méta-analyses qui sont solides, que le sommeil qui est dégradé va vraiment majorer l'inattention, donc la perte de concentration d'au moins 30%, ce qui... Donc cette phase luthéale tardive, elle perturbe déjà votre architecture de sommeil. La température corporelle, elle est modifiée. On a plus de réveils nocturnes. Donc encore une fois, c'est un double défi. D'où l'importance de miser sur votre sommeil. Donc, quatrième point, c'est les exercices physiques. Alors, les exercices physiques, c'est vraiment le levier de la dopamine pour booster votre dopamine sans médicaments. donc c'est prouvé que 30 minutes d'activité modérée et intense, 3 à 5 fois par semaine, plus du cardio que du yoga, ça a un effet dopaminergique. Et vraiment, encore une fois, les méta-analyses le prouvent. Donc c'est vraiment documenté. Donc, toute la semaine, intensifiez dans votre phase luthéale, votre énergie, faites du cardio, boostez-vous, ne serait-ce que 20 à 30 minutes, si vous ne pouvez pas faire d'exercice physique, 20 minutes de marche rapide. Dernier conseil, la charge mentale, adapter son agenda, ça on en a déjà parlé, programmer des tâches selon son énergie, éviter en phase lutelle les gros projets. Diminuez vos engagements, vos réseaux sociaux, etc. On ralentit le rythme en phase luthéale et votre corps vous dira merci. Et peut-être un dernier conseil supplémentaire, quand vous voyez que vous souffrez beaucoup de ce genre de variations hormonales, les TTC, les accompagnements peuvent aussi vous aider concrètement. Les pleines consciences structurées, les co-régulations, les respirations guidées. la cohérence cardiaque. Tout ça ne peut vous apporter que du plus. Peu importe le type de thérapie alternative, c'est vraiment un espèce d'accompagnement. Il faut choisir ce qui vous correspond le mieux. Et dernier point, nutrition et compléments. Très important, avoir une alimentation équilibrée et stable pour éviter les pics de glycémie qui amplifient l'irritation. La caféine qui a un effet variable selon les femmes, donc faire attention. Et bien vous complémenter en oméga. en faire, vitamine D, magnésium, on en parlera dans d'autres capsules, parce que c'est tout un sujet. Et ne jamais faire de l'automédication, bien prendre conseil de votre médecin, votre pharmacien, faire un bilan individualisé, ne pas prendre des compléments sans avoir fait une prise de sang complète, et en parler à un professionnel de la santé. Faites attention, le faire peut-être toxique. Et donc voilà, en parler à votre médecin, je pense qu'on a fait le tour des conseils. En tout cas, tout ça, ça soulève une question encore plus vaste. Si un simple cycle de quelques semaines peut secouer complètement votre concentration et votre émotivité, imaginez ce qui se passe lors de la puberté, après un accouchement, l'après-ménopause, la ménopause. Donc, c'est vraiment des sujets très importants et encore assez méconnus. Donc, c'est assez passionnant. Je m'arrêterai ici. On en parlera dans d'autres capsules vidéo. N'hésitez pas à laisser un commentaire et à proposer des sujets. Je vous retrouve sur la plateforme TDAH Focus. Et pour celles qui veulent en savoir plus, je vous invite à nous rejoindre dans le cocon TDAH Focus, l'espace dédié aux femmes TDAH. Je vous embrasse, je vous envoie plein de bonnes ondes. Prenez soin de vous et je vous dis à bientôt.