Speaker #0Si vous êtes une femme au profil TDAH et que vous en avez marre de culpabiliser, TDAH au féminin, le cocon, est fait pour vous. Je suis Nora, professionnelle de la santé depuis plus de 17 ans et spécialisée dans le TDAH au féminin. Arrête de dramatiser. Voilà ce qu'on m'a dit un jour, voilà ce qu'on me rapporte bien souvent, les femmes au profil TDAH. On nous dit qu'on est souvent des drama queens, qu'on exagère, qu'on amplifie toujours tout. Si vous êtes une femme avec ce profil-là et qu'un simple mail, par exemple, un peu sec, provenant de votre boss, peut vous faire pleurer pendant deux jours, vous n'êtes pas en train d'exagérer, vous n'êtes pas que hypersensible. Si un message vu sans réponse vous donne l'impression que toute votre vie s'écroule, ce n'est pas du cinéma non plus. Et si on vous a déjà dit que vous étiez trop sensible, trop dramatique, ce n'est pas vraiment vous le problème. C'est votre cerveau qui va déclencher une alarme bien plus forte que chez les autres. Vous écoutez TDAH au féminin, bienvenue dans le cocon. Je vous accompagne aujourd'hui pour un épisode, le premier épisode d'une série de trois sur un phénomène énorme chez la femme TDAH. C'est ce qu'on appelle la sensibilité au rejet ou le RSD. Alors, qu'est-ce que c'est ce RSD ? D'abord, au menu aujourd'hui, on va voir ce qu'on ressent vraiment dans le corps quand on nous critique. Ensuite, ce que disent les recherches, ce qu'elles ne disent pas non plus. Et enfin, le meilleur pour la fin, des pistes pour ne plus se sentir trop, trop ou se sentir folle, tout simplement. Eh bien, on y va en attaque. Alors, imaginez-vous, vous ouvrez votre boîte mail et vous voyez un mail du grand boss. Quatre lignes, un ton tout à fait neutre, pas de bonjour, pas de smiley, juste on peut parler. Et là, votre poitrine commence à se serrer, votre cœur commence à s'emballer. Vous lisez, relisez, relisez, vous fermez votre téléphone ou votre PC et ça tourne en boucle jusqu'à vous rendre malade. Vous l'expliquez à un ami, à votre compagnon, à un membre de votre famille. On vous regarde assez bizarrement, on vous dit « oui, et » . Et vous, dans votre tête, vous avez déjà un scénario catastrophe, vous l'avez déjà vécu dans votre corps et vous subissez jusqu'au moment où vous allez vraiment savoir de quoi il en retourne. Dans votre tête, vous, vous avez peut-être déjà préparé carrément votre démission. Je souris parce que ça a été mon cas, ça a été mon cas aussi. Quand on prend un peu de recul, on sourit, mais sur le moment même, on ne fait pas la même tête. Oui, le pire, c'est quoi ? C'est qu'on sait finalement, peut-être dans le fond, que ce n'est probablement rien, mais on n'arrive pas à arrêter. Ou alors, deuxième exemple qui me vient en tête, disons que votre meilleur ami, vous lui écrivez un long message. Elle le voit et elle ne répond pas. Alors, elle vous laisse un vu, vous attendez une demi-heure, une heure, deux heures, un jour, deux jours, et là vous êtes convaincu qu'elle ne vous aime plus, que vous avez dit quelque chose, que vous avez fait quelque chose de mal, ou que vous êtes simplement lourde, et vous repassez ça en boucle dans votre tête. Vous remontez toutes les conversations, vous les rescannez dans votre tête, quitte à ne pas endormir. Et vous cherchez, vous cherchez, vous cherchez la faute. Du coup, vous vous renfermez, vous êtes nerveuse, impulsif, vous avez des oublis, vous êtes moins concentré et vous n'osez pas écrire pour autant. Vous n'osez pas aller vers elle pour autant. Et quand elle finit par vous répondre, vous, vous avez déjà construit un super scénario hollywoodien de rupture. Et au boulot, c'est la même chose. Quand quelqu'un vous dit « est-ce que tu as une minute, je dois te parler » , vous êtes persuadé qu'il y a quelque chose qui va vous tomber dessus. Si pendant une réunion, on vous regarde en fronçons les sourcils, vous vous dites « ah oui, ok, il y a un problème » , vous vous mettez à bafouiller, vous perdez votre mot, tout ça c'est épuisant. Vous êtes épuisé parce que vous le vivez. Vous le vivez réellement dans votre corps. Votre cerveau ne fait pas la différence. entre ce que vous imaginez et ce que vous vivez. Clairement, scientifiquement, vous libérez de la cortisone, l'hormone du stress. Ça vous ronge littéralement de l'intérieur. Vous êtes épuisé. Vous essayez de mettre stop. à la machine, mais impossible. Et tout ceci, ça peut être l'histoire de votre vie. Sans oublier les histoires avec votre partenaire, une petite phrase genre tu as encore oublié de fermer le frigo, une petite phrase sortie de nulle part et ça peut tout faire exploser. Vous, dans votre tête, c'est il pense que je suis nulle, il ne me supporte plus, il va finir par partir, et puis vous craquer et lui ne comprend pas le moins du monde pourquoi vous êtes dans un état pareil. Mais vous, vous le vivez vraiment. Vous êtes la première personne à en souffrir et peut-être la seule à en souffrir finalement. Donc vous perdez des heures et des heures à réécrire mentalement les conversations, à tout analyser et finalement vous passez à côté de tout. Et vous devenez très... Vous analysez tout. Vous analysez les silences, les mots, les émojis. Et vous vous posez un million de questions. Donc tout ça, on est bien d'accord que ce n'est pas supportable sur du long terme, mais malheureusement, il n'y a pas un bouton off. On peut vous dire arrête d'être sensible, arrête de tout prendre au premier degré, n'analyse pas, mais c'est plus fort que nous, ce n'est pas notre faute, notre cerveau fonctionne de la sorte. Beaucoup de femmes avec qui je discute et avec qui on fait un parcours d'accompagnement décrivent souvent la même chose que j'ai déjà ressenti aussi, c'est une vraie douleur physique. vous avez l'impression, vraiment physiquement, qu'on vous donne un coup de poing, un coup de couteau. C'est vraiment un poids énorme sur la poitrine. Et c'est encore pire quand l'autre ne vous comprend pas. Donc, quand vous ressentez des moments pareils où ça devient physique, là je vous donne déjà une piste avant d'explorer vraiment les pistes à la fin, c'est de pouvoir faire un arrêt sur image, prendre une seconde et scanner votre corps. À ce moment-là, on ne scanne pas son esprit, mais on retourne au corps. Donc, on scanne et on reprend. repère, comme un scanner géant, on repère les endroits, les nœuds. Donc, je scanne mon corps, je repère ma gorge. Je vois qu'il y a un nœud dans ma gorge. Je me concentre sur ce nœud-là, et mon système nerveux va travailler pour relâcher le nœud. Et pendant que je me concentre sur mon nœud, mon système parasympathique, le système du calme, va reprendre le dessus. Donc, à chaque fois que vous avez une espèce de crise comme ça, un espèce de coup de couteau, un espèce de coup de poing, que vous vous sentez pétrifié, figé, il faut faire un arrêt sur image, scanner chaque muscle de votre corps et repérer les différentes tensions. Et on travaille dessus pour les relâcher. Pendant ce temps-là, vous ne pensez pas à votre mental, mais vous êtes sur votre corps. D'autres techniques, comme citer par exemple quatre choses que je vois, trois choses que je touche, une chose que je sens, on parlera de ces méthodes-là dans d'autres capsules. méthode. de relaxation ou pour déconnecter de son mental. Ou alors la respiration, la cohérence cardiaque. Il y a beaucoup de méthodes. Il faudrait une série d'épisodes pour pouvoir vous expliquer ça dans l'ordre. Je vais essayer de ne pas m'éparpiller ici. Mais tout ça pour vous expliquer que pendant ces moments-là où ça devient presque physique, on fait stop sur image au niveau du mental et on revient au corps. C'est très important parce qu'en fait, vous avez deux systèmes dans votre système nerveux. Le système sympathique, qui est l'accélérateur. C'est comme si on rencontrait un liant aux dents de sabre au coin de la rue. Donc, votre cœur palpite, vous respirez plus fort et votre cerveau s'emballe. Le parasympathique, c'est le système du calme. Quand on respire, quand on se déconnecte, quand on digère. Et donc, en fait, vous avez un accélérateur et un frein. Mais sauf que dans notre cerveau, avec un profil TDAH, on a tendance à moins bien filtrer, à moins bien actionner nos freins. Je reparle dans une seconde. Donc, ce qui se passe vraiment scientifiquement dans ce RSD, ça vient du mot « rejection sensitive dysphoria » en français. Donc, on va le traduire plutôt par « sensibilité au rejet » . Et il faut mettre tout de suite les choses au clair. Le RSD, ce n'est pas un diagnostic officiel. Donc ici, je ne vous parle pas d'un diagnostic officiel. Donc, vous ne le trouverez pas dans les grands manuels de diagnostic, le DSM, etc. C'est plutôt un trouble à part entière, mais attention, ça ne veut pas dire que ça n'existe pas. Alors, en science, ce n'est pas parce qu'on ne prouve pas que quelque chose n'existe pas que ça n'existe pas. C'est très compliqué à prouver que les choses existent, mais d'autant plus de prouver qu'elles n'existent pas. Donc, ça peut porter différents noms. Ici, le RSD, c'est ce qui permet de mieux décrire ce phénomène. Alors, ce n'est pas vraiment un diagnostic, mais... Imaginez-vous comme une espèce d'alarme incendie. chez vous. Donc, une alarme normale, elle va sonner quand il y a un vrai feu. D'accord ? Donc, une alarme hypersensible, elle va sonner quand il y a un petit feu dans votre cuisine, ce qui est tout à fait normal. Eh bien, avec votre cerveau particulier, c'est ça. C'est vraiment une alarme incendie hypersensible. Donc, au moindre signe de rejet, même tout petit, même imaginé, même non significatif pour d'autres personnes, l'alarme va se déclencher et elle va hurler, hurler pendant des heures, voire des jours. Et donc les cliniciens, eux, ils parlent plutôt de réjection sensitive. C'est plutôt une tendance à anticiper, à repérer et plutôt à surréagir à un rejet réel ou imaginaire. Donc ce qui est différent chez les personnes avec un profil TDAH, ça va être plutôt l'intensité. C'est beaucoup plus simple. que c'est un profil neurotypique. Et c'est vraiment la rapidité et l'intensité du phénomène. Et c'est la difficulté à redescendre aussi. Donc il y a une petite revue qui a documenté que les personnes avec ce profil-là, le moindre signe est vécu vraiment comme, je dirais, une menace, mais massif. la réaction émotionnelle, mais elle est très rapide, elle est très intense et donc elle est très difficile à réguler. Alors, pourquoi plutôt les femmes avec un profil TDAH ? C'est la question qu'on peut se poser. Parce qu'en fait, il y a trois raisons qui font s'additionner. D'abord, la dysrégulation émotionnelle. Ça, c'est un fait établi. Les émotions ne sont pas régulées de manière stable. à cause encore de la dopamine, de la noradrénaline et de la sérotonine. Et c'est un point central vraiment du profil TDA chez l'adulte. Donc votre cerveau, il a du mal à freiner une émotion qui démarre. Ensuite, on a une estime de soi qui est, disons-le, quand même fragilisée. Si vous avez grandi en entendant que vous étiez paresseuse, distraite, bizarre, pas organisée, pas assez, votre cerveau a appris à s'attendre au rejet. Ça, c'est la vérité. Et enfin, les expériences d'échecs répétés. Si on est inadapté pour certaines choses, par rapport à cette société qui est très conformiste, on a peut-être subi des échecs répétés. Encore une fois, pas tous, mais ça pourrait être le cas. Pas qu'à l'école, en amitié aussi, au travail. Donc toutes ces petites blessures, elles ont laissé une trace finalement. Et au bout d'un certain moment, le système est devenu hypersensible. Et c'est ce qui nous amène à un point important, selon l'enquête menée par des spécialistes du profil, une très grande majorité de ces femmes-là, elles ont un rapport avec cette sensibilité, avec ce vécu, elles ont une hypersensibilité au rejet. Donc, en collectant les témoignages, les vécus sur le terrain, On le repère clairement, les femmes qui ont un profil TDAH sont beaucoup plus sensibles. Ce ne sont pas des études scientifiques strictes, mais c'est plutôt des témoignages, au fur et à mesure qu'ils convergent tous vers le même axe. Encore une fois, on ne peut pas avoir des études, des méta-analyses sur tous les phénomènes liés au TDAH. On ne peut pas le prouver par A plus B encore, mais on ne peut pas non plus dire que ça n'existe pas. Ici, on est vraiment dans du témoignage, des témoignages vraiment de femmes dans leur quotidien qui convergent vers la même chose, c'est-à-dire ce problème par rapport au rejet, qui soit encore une fois réel ou imaginaire. Donc, c'est très compliqué à expliquer aux autres, c'est très compliqué d'être pris au sérieux par rapport à ce thème-là. Et c'est d'autant plus très, très douloureux. Donc maintenant, il faut cesser quand même. Il faut plutôt casser les préjugés. Le premier préjugé, c'est dire que le RSD, c'est un truc à la TikTok. Eh bien non, le phénomène, il est décrit depuis plusieurs années en clinique. Même si encore une fois, il n'y a pas d'études établies qui parlent du RSD. Il n'y a pas encore de données strictes au sens scientifique du terme. Ce qui est récent, c'est le mot. On va dire que c'est plutôt ce mot RSD qui peut être j'en conviens à la mode, mais le phénomène en lui-même ne date pas d'hier. Le deuxième préjugé. C'est la personnalité. Sauf que la sensibilité au rejet, elle est documentée dans plusieurs contextes cliniques, l'anxiété sociale, la dépression, mais aussi dans le TDAH. Le troisième préjugé qu'on peut observer, c'est quand on vous dit « c'est peut-être de la susceptibilité » . Ah, de la susceptibilité, ben non, pas de la susceptibilité. Ça, c'est ce qu'on nous a dit toute notre vie. Et ça n'a pas marché. C'est un conseil qui ne sert strictement à rien. Parce que ce n'est pas une question de volonté. C'est ça qu'on oublie souvent. On a l'impression qu'il y a un côté volonté. Mais ici, c'est le rôle des neurotransmetteurs. C'est ce qu'on ressent vraiment. C'est ce qui se passe vraiment dans notre cerveau et dans notre corps. Donc, vous avez peut-être remarqué que votre sensibilité au rejet est encore plus forte, par exemple, avant vos règles. Ou en périménopause. Ou après un accouchement. Ce n'est pas dans votre tête, je vous renvoie à la série sur les hormones. Encore une fois, la fluctuation hormonale peut encore amplifier la dysrégulation émotionnelle et la sensibilité au rejet. Donc oui, certains jours, votre alarme est encore plus sensible que les autres jours. C'est normal, c'est biochimique. Et la sensibilité au rejet peut exister aussi sans TDAH. Ce n'est pas un phénomène exclusif au TDAH. Mais il existe, c'est une tendance qui est de plus en plus mise en avant et qui est corrélée au profil TDAH féminin. Ce RSD peut aussi accompagner d'autres troubles, l'un n'empêche pas l'autre. Évidemment, on ne va pas mettre tout sur le dos du profil TDAH, encore une fois, ce n'est pas spécifique au TDAH. C'est là qu'on peut un peu critiquer ce RSD. En se disant, il n'y a pas des études, il n'y a pas des méta-analyses, il n'y a pas d'études solides. Le RSD, ce n'est pas lié simplement au TDAH, ça peut être complètement lié à autre chose. Et un profil TDAH ne développe pas forcément un RSD, je suis tout à fait d'accord avec vous. Mais ça le mérite quand même d'en parler, parce qu'il y a quand même une forte population féminine qui met en avant ce genre de phénomène qui peut être... extrêmement handicapant dans la vie de tous les jours. Et donc, de toute façon, si vous avez un doute, c'est en parler au médecin, en parler au psy, dans le cas d'une TTC, et de faire le point, vraiment, par rapport à votre profil, par rapport à ses symptômes, l'intensité que ça prend dans votre vie. Si, ça peut être évidemment de l'hypersensibilité, pour d'autres, de la susceptibilité, bien sûr, mais à partir du moment où ça prend une trop grande place dans votre vie, que ça vous handicape littéralement, que recevoir un mail pareil vous rend malade pendant plusieurs jours, une remarque de votre compagnon ou d'un collègue vous met au fond du trou, et que, évidemment, il n'y a pas de diagnostic de dépression, ni d'anxiété généralisée, ça serait bien d'aller investiguer avec un thérapeute. En tout cas, ça a le mérite d'exister. Donc les pistes, quand vous commencez... Donc, quand on parle de ce phénomène-là, on peut se demander, qu'est-ce qu'on peut mettre en place ? Alors, tout d'abord, ça doit être simple. Ce ne sont pas des pistes magiques, mais ça peut déjà changer les choses pour certaines personnes. La première piste, c'est nommer ce qui vous arrive. Alors, un exercice que proposent parfois les psys, c'est de noter, c'est-à-dire ce que vous ressentez, tout simplement, sur un papier. j'ai reçu un mail qui dit ça, Qu'est-ce que j'en pense ? Alors vous notez, je pense que je vais me faire virer, je pense que j'ai fait une bêtise, etc. Et puis la deuxième chose, c'est d'écrire, est-ce que c'est vraiment vrai ? Quels sont les arguments qui vous font penser à ça ? Tiens, est-ce que je vais me faire virer parce que mon patron ne m'a pas dit bonjour, il m'a dit je dois te parler, est-ce que c'est cohérent ? Et là, vous voyez bien que par écrit, il n'y a aucun indice qui... parle de vous faire virer, ni d'un patron en colère, ni quoi que ce soit. Donc la deuxième question à se poser, c'est est-ce que c'est vraiment vrai et quels sont les arguments ? Et la troisième étape, quelle est la réalité ? Qu'est-ce qu'il y a derrière ce message ? En fait, peu importe comment vous prenez les choses, c'est de se dire dans une première étape, qu'est-ce que je ressens ? Voilà, là vous notez le scénario catastrophe. Dans une deuxième partie, quels sont les arguments pour dire que c'est une catastrophe ? Quelles sont les preuves ? Et la troisième étape, c'est quelle est la situation réelle, neutre. Et vous allez voir que vous allez déconstruire le scénario dramatique. et que vous allez pouvoir désamorcer la bombe et vous calmer. C'est comme par exemple, vous sentez une boule au niveau de quelque part dans votre corps, vous dites « ah ben c'est sûrement un cancer, genre hypochondriaque » . Est-ce que dans un deuxième temps, est-ce que vous avez la preuve là sur le « moum moum moum » ? que c'est quelque chose de dangereux, que c'est un cancer. Est-ce que quelqu'un vous l'a dit ? Est-ce que vous avez consulté un médecin ? Est-ce que toutes les escroissances ou boutons ou kystes sont des cancers ? Est-ce que c'est vrai ? Non, ce n'est pas vrai. Et la troisième étape, c'est tiens, j'ai un espèce de bouton, j'ai un espèce de kyste, je n'ai pas encore consulté, je dois consulter, mais pour l'instant, il n'y a rien qui me dit que ça soit quelque chose de dangereux. Donc vous voyez, vous allez déconstruire. Vous allez passer du scénario catastrophe, vous allez déconstruire ça et revenir à quelque chose de complètement neutre. Et vous allez vous calmer automatiquement, vous allez actionner votre système parasympathique qui est le système du calme. Donc à chaque fois que vous avez un pic d'angoisse par rapport à un rejet, vous analysez la situation. Donc mon mari m'a dit, j'en ai marre, tu oublies toujours le frigo ouvert. Dans votre tête, il va vous quitter. Vous écrivez sur un papier tout ce que vous pensez. Deuxième étape, est-ce que c'est vraiment vrai qu'il va me quitter parce que j'ai laissé la porte du frigo ouverte ? Et troisième chose, est-ce qu'on quitte quelqu'un parce qu'il a laissé la porte du frigo ouverte ? Est-ce que c'est normal ? Est-ce que c'est une situation classique ? Vous allez voir que non. Donc, vous allez déconstruire le scénario. Vous allez éviter que cette alarme ne se déclenche pour rien, entre guillemets. Donc ça, c'est la première piste. Ensuite, une deuxième piste, c'est repérer les déclencheurs. Pendant une semaine, à chaque fois que votre alarme sonne très fort dans votre tête, un mail, un silence, un regard, un SMS dont on ne répond pas, sans jugement, vous allez vous observer et regarder comment vous réagissez. Et vous allez voir qu'il y a certains patterns qui vont apparaître, certains contextes ou certaines personnes. Par exemple, vous avez ce genre de choses quand vous êtes fatigué. Vous avez ce genre de choses... qu'en fin de journée. Juste avec certaines personnes, vous avez ces sensations-là à un certain moment de votre cycle. Donc c'est vraiment établir une espèce de carte. Et ça, c'est le meilleur outil. C'est vous observer pour voir les déclencheurs. Et vous pouvez même noter les déclencheurs et noter l'intensité, de 1 à 10. Vous apprenez à mieux vous connaître et à détecter ces moments où tout va exploser. La troisième piste, c'est différencier le rejet réel et interpréter. Encore une fois, ça rejoint un peu la première piste. Quand votre alarme sonne, vous vous reposez la question. Est-ce que cette personne m'a vraiment dit que je ne valais rien ? Est-ce que mon cerveau a plutôt traduit ça ? Donc, 9 fois sur 10, c'est votre cerveau qui va traduire. Donc, par exemple, le mail froid de votre boss veut juste dire trois minutes entre deux réunions. Le silence de votre ami, ça veut juste dire j'ai oublié mon téléphone à la maison. Donc, vous allez apprendre vraiment à différencier ce qui est réel et ce qui est imaginaire. Et au fur et à mesure, assez vite, même sans déconstruire comme la première étape, la première piste, déconstruire sur papier, la troisième étape après vous avoir analysé, voir vos déclencheurs, mieux vous connaître, vous allez, dans chaque situation, vous poser la question, est-ce que c'est vraiment vrai ? Et plus vous allez le faire, plus votre cerveau va s'y habituer, plus il va créer des connexions. et plus vous allez changer le seuil de sensibilité de votre alarme. Et donc, aussi si cette douleur devient trop lourde, trop intense, et que ces pistes-là ne marchent pas, et que vous sentez que c'est trop, que vous avez des idées noires, évidemment, à ce moment-là, on n'est plus dans le même discours. Il faut vraiment parler à un professionnel de la santé, établir un diagnostic, prendre l'historique de la personne. en discuter, vous connaissez les numéros d'urgence, et surtout ne pas laisser les choses aller de plus en plus loin. Donc l'idée aujourd'hui, c'est que votre sensibilité au rejet, ce n'est pas une faiblesse, c'est une alarme, une alarme hypersensible qui est câblée dans votre cerveau. Et la bonne nouvelle, c'est qu'on peut apprendre à régler cette alarme. La mauvaise nouvelle, moins bonne nouvelle, c'est que ça demande du temps et ça demande de la répétition et des méthodes. Dans le prochain épisode, je pense qu'on va plutôt plonger dans le concret. et voir un petit peu comment cette sensibilité peut saboter, par exemple, votre couple, vos amitiés ou vos relations au boulot. Et pourquoi vous quittez parfois des choses du jour au lendemain, juste parce qu'une phrase vous a complètement fait vriller ? Je pense que c'est très intéressant et ça peut être lié à ce premier épisode. Donc j'espère que cet épisode vous a un petit peu aidé. Pensez à vous abonner au podcast. à partager avec une femme qui en a aussi besoin. 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