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Et si la plus belle des rencontres était celle avec soi même?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Et si la plus belle des rencontres était celle avec soi même?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Avez-vous déjà réfléchi à la destination du voyage de vos rêves ? Moi, j'y ai déjà pensé. Et pour être bien ici et maintenant, je vous propose de plonger au plus profond de soi-même. Bienvenue dans le podcast. Tendre une main pour soi, vous êtes avec Alice Boy, Embarquement et Média, porte numéro 47. Une histoire d'amour de 37 ans. Deux merveilleux enfants, il a été mon premier grand amour, mon amour de jeunesse, celui que j'ai choisi alors que j'avais tout juste 17 ans. Contre toute attente, j'entends une petite voix intérieure qui me dit qu'aujourd'hui, il est temps de partir. La goutte a débordé du vase et c'est une tempête qui fait rage dans ma tête. Après une nuit de réflexion, Le choix s'impose, telle une évidence, et je prends la décision d'abandonner cette vie confortable. Mon instinct et ma détermination font taire mes doutes. J'ai aimé jusqu'à m'oublier, oublier qui je suis, et je suis désormais riche de cette longue histoire d'amour qui vacille et tressaille aujourd'hui. Je ne veux garder en mémoire que les bons moments. Je veux partir pour éviter de salir mes souvenirs et je referme la porte derrière moi. Il est temps de se sauver et de partir à la recherche de la personne que je suis vraiment. C'est mon grand saut de l'ange dans l'inconnu. Je me jette dans le vide, les bras et le cœur ouverts. Le plus beau voyage que je puisse m'offrir, ce n'est pas Bali ou Bora Bora, c'est celui qui me fera plonger. au plus profond de moi-même, à la recherche de mon étincelle. La destination est palpitante, car elle m'est encore inconnue, et ma valise est légère. Afin de me donner du baume au cœur et conserver mon cap, j'écoute en boucle dans ma voiture la chanson de Juliette Armanet, « Sauvez ma vie » , dont les paroles résonnent avec mon histoire. Étonnamment, alors que je suis d'un naturel sensible, je ne verse pas une seule larme. Ce n'est pas le moment de reculer et de m'apitoyer. Je verrai cela plus tard. Une détermination sans faille et inébranlable m'envahit et me guide. Je fais taire mon mental qui se déchaîne et me délivre des messages terrifiants. Je chasse la peur qui tente de m'envahir. Aujourd'hui, avec quelques années de recul, je réalise qu'après avoir donné sans compter, je suis partie sans bruit et que mon silence a résonné plus fort que mille cris. Après plus de 30 ans de vie commune, je me suis éclipsée sans colère, sans amour, sans retour en arrière possible, pour tenter de comprendre mon silence. Je suis remontée dans mes souvenirs. J'ai grandi dans une fratrie de trois filles, entre une sœur aînée, qu'il fallait toujours excuser parce que différente, et une sœur jumelle, à la ressemblance troublante. J'ai jonglé entre me faire petite, discrète, pour soulager mes parents épuisés par les frasques de leur fille aînée, et trouver ma place dans ce couple gémellaire. Très tôt, j'ai appris à écouter l'invisible, à ressentir les besoins des autres avant qu'ils ne les expriment, à me faire douce, accommodante. C'est ainsi que j'ai construit un sanctuaire invisible, un espace intérieur où j'accueillais la douleur des autres, en espérant certainement être aimée en retour. J'y ai appris à anticiper les humeurs. à calmer les tensions, à être utile. Et cette posture est devenue mon identité, toujours présente, toujours compréhensive, un refuge pour tous, sauf pour moi-même. J'étais lisse, presque transparente, on ne me voyait pas vraiment. Mon entourage s'est habitué à ma douceur, l'a consommée, l'a réclamée. Et pendant ce temps, je m'épuisais, je m'oubliais, mais je continuais parce que je pensais que ma valeur dépendait de ma capacité à apaiser les autres. Mais un jour, quelque chose a cédé, et ce sanctuaire que j'avais tant protégé, j'en ai fermé la porte, par instinct de survie. Pendant des années, j'ai donné à mes proches de l'attention, de la patience, de la tendresse. J'ai consolé, écouté, absorbé. Alors quand j'ai quitté le domicile conjugal, ce n'était pas si soudain. C'était l'aboutissement d'un lent effritement, d'une fatigue qui s'était installée insidieusement. Et quand la goutte a débordé du vase, je me suis tue et j'ai tiré ma révérence. Mes proches puisaient leur confort auprès de moi, car je ne disais jamais non. En quittant le domicile conjugal, j'ai arrêté de jouer le rôle de l'épouse et de la mère parfaite. Mon départ a profondément bousculé les attachements, dérangé les habitudes, ébranlé la cellule familiale, mais c'était un acte de fidélité à moi-même, un refus de continuer à me perdre. Je ne me suis pas éloignée pour les punir, mais pour renaître. J'ai dénoué délicatement mon tablier, les accroché derrière la porte de la cuisine. Et suis partie à la reconquête de moi-même, en empruntant un chemin intérieur, comme une naissance lente, inconfortable et sacrée. Ce travail silencieux, invisible aux yeux du monde, a chamboulé ma vie, bousculé mes repères, et m'a permis de cesser d'être une invitée dans ma propre vie. Devant le miroir, je n'avais plus de rôle à jouer, plus de masque à porter. Plus de regards à séduire, j'ai renoué avec l'étincelle intacte tapie au fond de moi. Quelque chose d'inaltéré malgré toutes les blessures. Et c'est là qu'a commencé ma véritable transformation. J'ai compris que j'avais pendant toutes ces années vécu sous l'emprise d'un contrat invisible, jamais signé, jamais exprimé mais profondément ancré, un pacte silencieux. certainement forgé dans l'enfance. Ainsi, j'ai porté la douleur des autres pour être aimé. Inconsciemment, l'amour que je recevais était conditionné à ma capacité à être utile, à être agréable, à ne surtout pas déranger. Mais pour cela, j'ai dû m'abandonner moi-même, taire mes besoins, étouffer mes colères. Et puis un jour, quelque chose s'est brisé. Ce contrat ne pouvait plus tenir parce que mon âme était fatiguée, fatiguée d'être trahie et se révolter de plus en plus souvent. À force d'avoir toujours été là, mes proches pensaient que je n'avais besoin de rien et considéraient ma présence comme acquise, comme si mon temps, mon énergie, étaient des ressources inépuisables. Ce n'est que plus tard que j'ai compris. Que le respect ne s'obtient pas seulement par la gentillesse, mais aussi par la capacité à dire non. Je ne pouvais plus être un pilier de soutien si je ne me protégeais pas d'abord. J'aurais dû dire non plus souvent, dire j'ai besoin de temps pour moi, ou pas cette fois-ci. J'offrais sans rien attendre en retour. Ma générosité m'avait rendu invisible. Je n'existais qu'à travers ce que je pouvais donner. Quand quelque chose est toujours disponible, on cesse de l'apprécier. Cela s'applique également aux personnes. Si ceux qui vous entourent savent que vous êtes et serez toujours là, ils ne voient plus la valeur de votre présence. La bonté a un poids, un coût émotionnel et doit être offerte consciemment. Ma générosité, ma gentillesse étaient devenues une habitude et non un geste apprécié. A long terme, cela m'a laissé un sentiment d'épuisement et de fatigue, et peut-être même de ressentiment envers ceux qui ne reconnaissaient pas ma valeur. Aujourd'hui, j'apprends à ne pas être toujours disponible, et je choisis quand et à qui apporter mon soutien. La vérité est que je suis une personne qui est en train de faire des choses. La véritable valeur de la gentillesse réside dans le fait de savoir la gérer. et non dans le fait de l'offrir sans condition, sans rien recevoir en retour. Le respect vient de notre capacité à mesurer ce qu'on en offre, empêchant ainsi à notre bonté de devenir invisible aux yeux des autres. J'avais atteint un point de bascule. J'ai décidé de m'extraire de ce jeu dans lequel le don était, il m'a fallu du temps pour l'admettre, à sens unique. J'ai refusé de nier plus longtemps le déséquilibre de cette relation familiale. J'ai pris conscience que dans le véritable amour, il n'y a pas besoin de s'effacer pour exister. Ma compassion était un moyen inconscient de me rendre indispensable. J'étais celle qui aidait et qu'ainsi on ne pouvait pas quitter. Mais ce rôle m'a conduite à effacer les limites saines, à transformer mon amour en dette. Ma présence en devoir, donner était ma seule façon d'exister. Or le véritable amour n'a pas besoin de se sacrifier, et ma compassion, sans conscience de soi, était devenue une prison dorée. J'ai cessé de vouloir guérir les autres, et commencé à m'accueillir moi-même. Tout ce qui était faux s'est désintégré, Mon ancienne identité s'est consumée, où le « je dois plaire pour être aimé » s'est transformé en cendre. Et cette descente, bien que secrète, était pour moi une véritable révolution. J'ai pris conscience des conditionnements qui m'avaient façonné. Mon reflet dans le miroir s'est peu à peu fissuré. Les visages de la sauveuse, de la personne aimable. Toujours disponible, sans tomber. Et dans ce dépouillement, j'ai découvert la solitude du vrai moi. Ce processus a été lent et douloureux, mais il était sacré. Car c'est là que le vrai moi a commencé à respirer. Quand j'ai quitté le domicile conjugal, je n'ai pas seulement pleuré sur la fin de mon couple, mais également sur le personnage que j'avais joué si longtemps. Celle qui savait apaiser les tensions, celle qui se taisait pour maintenir la paix, celle qui croyait que l'amour se méritait en se rendant utile. J'ai joué ce rôle par peur d'être abandonnée, par peur de ne pas exister sans fonction, par peur de ne pas être aimée simplement pour ce que j'étais. Ce deuil a été lent, subtil et s'est glissé dans les gestes quotidiens. Pour la première fois, je ne répondais plus aux appels qui me vidaient, je ne souriais plus systématiquement pour rassurer, je ne courais plus pour mériter de l'affection. Ce n'était pas une chute vers le néant, c'était une mue, et comme toute mue, elle me laissait la poids vif. Je me sentais vulnérable, désorientée, presque étrangère à moi-même. Je me demandais parfois Qui suis-je si je ne suis plus celle qui donne ? Cette question me semblait vertigineuse, mais elle était aussi le signe que quelque chose était en train de naître. J'étais en train de créer de l'espace pour être plus libre, plus vraie, moins dépendante des reflets des autres. Il s'agissait d'un acte d'amour, d'un choix radical, celui de vivre en vérité, même si cela signifiait De marcher seule désormais, au départ la solitude m'effrayait, puis elle est devenue mon royaume. Je n'avais plus de voix à consoler, plus de regards à capter, plus de drama apaisé. Le vide était brut, et pourtant il était plein, plein de ma présence, et je commençais à me sentir vivante. Ce qui semblait être une perte est devenu ma puissance. Un sol nouveau sur lequel je pouvais enfin poser mes pieds, de façon stable. Dans ce tête-à-tête avec moi-même, je me sentais souveraine. Je ne dépendais plus émotionnellement de l'approbation extérieure. Je pouvais aimer sans me sacrifier. Je pouvais enfin dire non sans culpabiliser. Mon entourage a senti que j'avais changé. Je ne suis plus une compassion qui s'épuise. mais une flamme qui éclaire sans se consumer. Je suis plus présente. pleinement ancrée, authentique et vivante. Je me sens intouchable. Je ne m'en dis plus l'amour. Je n'implore plus d'être comprise. Je n'attends plus d'être sauvée ou validée. Ma voix intérieure m'a murmuré que je n'avais pas été créée pour me perdre dans les autres. Mon chemin n'a pas été linéaire, mais jalonné de doutes, de tentations de retour en arrière. J'ai appris à mieux m'aimer, à exister sans fonction, et dans cette nouvelle liberté, ce que le monde a pris pour une fuite était en réalité ma renaissance. Aucun lien ne mérite notre abandon intérieur, et le plus grand acte d'amour envers soi est parfois un éloignement. Ce n'est pas l'amour donné aux autres qui m'a sauvée. mais celui que j'ai fini par me donner à moi-même. Je suis devenue plus consciemment empathique, authentiquement gentille, je n'ai pas perdu ma vraie nature, mais je la dirige désormais avec conscience. Au bout de ce chemin difficile, m'attendait quelque chose d'inestimable, la liberté d'être pleinement moi-même, la joie de connexion authentique. et la paix de ne plus trahir ma propre âme. Il est possible de rester sensible sans être victime, d'être gentil sans être faible, d'aimer sans se perdre. J'ai trouvé le juste milieu, quelque part entre m'en foutre et en crever, entre m'enfermer à double tour et laisser entrer le monde entier, ne pas me durcir, mais ne pas me laisser détruire non plus. Fidèle à mes habitudes, je terminerai sur les paroles d'une chanson. Quand je n'aurai plus le temps de trouver tout le temps du courage, quand j'aurai mis vingt ans à voir que tout était mirage, je vous tire ma révérence, ma révérence. Quand mon fils sera grand, qu'il n'aura plus besoin de moi, quand les gens qui m'aimaient auront disparu loin de moi, je leur tire ma révérence, ma révérence. Et ma vie, endormie doucement, et mon cœur sera froid, il ne saura même plus s'affoler, il ne deviendra qu'une pauvre horloge à réparer, il n'aura plus de flammes, il n'aura plus de flammes. Si ce podcast a résonné en vous, je vous remercie de le partager. Vous pouvez me retrouver sur Instagram, Facebook, Youtube. À tendre une main pour soi, Alice Boy. Et je vous dis, à très vite !
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Et si la plus belle des rencontres était celle avec soi même?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Avez-vous déjà réfléchi à la destination du voyage de vos rêves ? Moi, j'y ai déjà pensé. Et pour être bien ici et maintenant, je vous propose de plonger au plus profond de soi-même. Bienvenue dans le podcast. Tendre une main pour soi, vous êtes avec Alice Boy, Embarquement et Média, porte numéro 47. Une histoire d'amour de 37 ans. Deux merveilleux enfants, il a été mon premier grand amour, mon amour de jeunesse, celui que j'ai choisi alors que j'avais tout juste 17 ans. Contre toute attente, j'entends une petite voix intérieure qui me dit qu'aujourd'hui, il est temps de partir. La goutte a débordé du vase et c'est une tempête qui fait rage dans ma tête. Après une nuit de réflexion, Le choix s'impose, telle une évidence, et je prends la décision d'abandonner cette vie confortable. Mon instinct et ma détermination font taire mes doutes. J'ai aimé jusqu'à m'oublier, oublier qui je suis, et je suis désormais riche de cette longue histoire d'amour qui vacille et tressaille aujourd'hui. Je ne veux garder en mémoire que les bons moments. Je veux partir pour éviter de salir mes souvenirs et je referme la porte derrière moi. Il est temps de se sauver et de partir à la recherche de la personne que je suis vraiment. C'est mon grand saut de l'ange dans l'inconnu. Je me jette dans le vide, les bras et le cœur ouverts. Le plus beau voyage que je puisse m'offrir, ce n'est pas Bali ou Bora Bora, c'est celui qui me fera plonger. au plus profond de moi-même, à la recherche de mon étincelle. La destination est palpitante, car elle m'est encore inconnue, et ma valise est légère. Afin de me donner du baume au cœur et conserver mon cap, j'écoute en boucle dans ma voiture la chanson de Juliette Armanet, « Sauvez ma vie » , dont les paroles résonnent avec mon histoire. Étonnamment, alors que je suis d'un naturel sensible, je ne verse pas une seule larme. Ce n'est pas le moment de reculer et de m'apitoyer. Je verrai cela plus tard. Une détermination sans faille et inébranlable m'envahit et me guide. Je fais taire mon mental qui se déchaîne et me délivre des messages terrifiants. Je chasse la peur qui tente de m'envahir. Aujourd'hui, avec quelques années de recul, je réalise qu'après avoir donné sans compter, je suis partie sans bruit et que mon silence a résonné plus fort que mille cris. Après plus de 30 ans de vie commune, je me suis éclipsée sans colère, sans amour, sans retour en arrière possible, pour tenter de comprendre mon silence. Je suis remontée dans mes souvenirs. J'ai grandi dans une fratrie de trois filles, entre une sœur aînée, qu'il fallait toujours excuser parce que différente, et une sœur jumelle, à la ressemblance troublante. J'ai jonglé entre me faire petite, discrète, pour soulager mes parents épuisés par les frasques de leur fille aînée, et trouver ma place dans ce couple gémellaire. Très tôt, j'ai appris à écouter l'invisible, à ressentir les besoins des autres avant qu'ils ne les expriment, à me faire douce, accommodante. C'est ainsi que j'ai construit un sanctuaire invisible, un espace intérieur où j'accueillais la douleur des autres, en espérant certainement être aimée en retour. J'y ai appris à anticiper les humeurs. à calmer les tensions, à être utile. Et cette posture est devenue mon identité, toujours présente, toujours compréhensive, un refuge pour tous, sauf pour moi-même. J'étais lisse, presque transparente, on ne me voyait pas vraiment. Mon entourage s'est habitué à ma douceur, l'a consommée, l'a réclamée. Et pendant ce temps, je m'épuisais, je m'oubliais, mais je continuais parce que je pensais que ma valeur dépendait de ma capacité à apaiser les autres. Mais un jour, quelque chose a cédé, et ce sanctuaire que j'avais tant protégé, j'en ai fermé la porte, par instinct de survie. Pendant des années, j'ai donné à mes proches de l'attention, de la patience, de la tendresse. J'ai consolé, écouté, absorbé. Alors quand j'ai quitté le domicile conjugal, ce n'était pas si soudain. C'était l'aboutissement d'un lent effritement, d'une fatigue qui s'était installée insidieusement. Et quand la goutte a débordé du vase, je me suis tue et j'ai tiré ma révérence. Mes proches puisaient leur confort auprès de moi, car je ne disais jamais non. En quittant le domicile conjugal, j'ai arrêté de jouer le rôle de l'épouse et de la mère parfaite. Mon départ a profondément bousculé les attachements, dérangé les habitudes, ébranlé la cellule familiale, mais c'était un acte de fidélité à moi-même, un refus de continuer à me perdre. Je ne me suis pas éloignée pour les punir, mais pour renaître. J'ai dénoué délicatement mon tablier, les accroché derrière la porte de la cuisine. Et suis partie à la reconquête de moi-même, en empruntant un chemin intérieur, comme une naissance lente, inconfortable et sacrée. Ce travail silencieux, invisible aux yeux du monde, a chamboulé ma vie, bousculé mes repères, et m'a permis de cesser d'être une invitée dans ma propre vie. Devant le miroir, je n'avais plus de rôle à jouer, plus de masque à porter. Plus de regards à séduire, j'ai renoué avec l'étincelle intacte tapie au fond de moi. Quelque chose d'inaltéré malgré toutes les blessures. Et c'est là qu'a commencé ma véritable transformation. J'ai compris que j'avais pendant toutes ces années vécu sous l'emprise d'un contrat invisible, jamais signé, jamais exprimé mais profondément ancré, un pacte silencieux. certainement forgé dans l'enfance. Ainsi, j'ai porté la douleur des autres pour être aimé. Inconsciemment, l'amour que je recevais était conditionné à ma capacité à être utile, à être agréable, à ne surtout pas déranger. Mais pour cela, j'ai dû m'abandonner moi-même, taire mes besoins, étouffer mes colères. Et puis un jour, quelque chose s'est brisé. Ce contrat ne pouvait plus tenir parce que mon âme était fatiguée, fatiguée d'être trahie et se révolter de plus en plus souvent. À force d'avoir toujours été là, mes proches pensaient que je n'avais besoin de rien et considéraient ma présence comme acquise, comme si mon temps, mon énergie, étaient des ressources inépuisables. Ce n'est que plus tard que j'ai compris. Que le respect ne s'obtient pas seulement par la gentillesse, mais aussi par la capacité à dire non. Je ne pouvais plus être un pilier de soutien si je ne me protégeais pas d'abord. J'aurais dû dire non plus souvent, dire j'ai besoin de temps pour moi, ou pas cette fois-ci. J'offrais sans rien attendre en retour. Ma générosité m'avait rendu invisible. Je n'existais qu'à travers ce que je pouvais donner. Quand quelque chose est toujours disponible, on cesse de l'apprécier. Cela s'applique également aux personnes. Si ceux qui vous entourent savent que vous êtes et serez toujours là, ils ne voient plus la valeur de votre présence. La bonté a un poids, un coût émotionnel et doit être offerte consciemment. Ma générosité, ma gentillesse étaient devenues une habitude et non un geste apprécié. A long terme, cela m'a laissé un sentiment d'épuisement et de fatigue, et peut-être même de ressentiment envers ceux qui ne reconnaissaient pas ma valeur. Aujourd'hui, j'apprends à ne pas être toujours disponible, et je choisis quand et à qui apporter mon soutien. La vérité est que je suis une personne qui est en train de faire des choses. La véritable valeur de la gentillesse réside dans le fait de savoir la gérer. et non dans le fait de l'offrir sans condition, sans rien recevoir en retour. Le respect vient de notre capacité à mesurer ce qu'on en offre, empêchant ainsi à notre bonté de devenir invisible aux yeux des autres. J'avais atteint un point de bascule. J'ai décidé de m'extraire de ce jeu dans lequel le don était, il m'a fallu du temps pour l'admettre, à sens unique. J'ai refusé de nier plus longtemps le déséquilibre de cette relation familiale. J'ai pris conscience que dans le véritable amour, il n'y a pas besoin de s'effacer pour exister. Ma compassion était un moyen inconscient de me rendre indispensable. J'étais celle qui aidait et qu'ainsi on ne pouvait pas quitter. Mais ce rôle m'a conduite à effacer les limites saines, à transformer mon amour en dette. Ma présence en devoir, donner était ma seule façon d'exister. Or le véritable amour n'a pas besoin de se sacrifier, et ma compassion, sans conscience de soi, était devenue une prison dorée. J'ai cessé de vouloir guérir les autres, et commencé à m'accueillir moi-même. Tout ce qui était faux s'est désintégré, Mon ancienne identité s'est consumée, où le « je dois plaire pour être aimé » s'est transformé en cendre. Et cette descente, bien que secrète, était pour moi une véritable révolution. J'ai pris conscience des conditionnements qui m'avaient façonné. Mon reflet dans le miroir s'est peu à peu fissuré. Les visages de la sauveuse, de la personne aimable. Toujours disponible, sans tomber. Et dans ce dépouillement, j'ai découvert la solitude du vrai moi. Ce processus a été lent et douloureux, mais il était sacré. Car c'est là que le vrai moi a commencé à respirer. Quand j'ai quitté le domicile conjugal, je n'ai pas seulement pleuré sur la fin de mon couple, mais également sur le personnage que j'avais joué si longtemps. Celle qui savait apaiser les tensions, celle qui se taisait pour maintenir la paix, celle qui croyait que l'amour se méritait en se rendant utile. J'ai joué ce rôle par peur d'être abandonnée, par peur de ne pas exister sans fonction, par peur de ne pas être aimée simplement pour ce que j'étais. Ce deuil a été lent, subtil et s'est glissé dans les gestes quotidiens. Pour la première fois, je ne répondais plus aux appels qui me vidaient, je ne souriais plus systématiquement pour rassurer, je ne courais plus pour mériter de l'affection. Ce n'était pas une chute vers le néant, c'était une mue, et comme toute mue, elle me laissait la poids vif. Je me sentais vulnérable, désorientée, presque étrangère à moi-même. Je me demandais parfois Qui suis-je si je ne suis plus celle qui donne ? Cette question me semblait vertigineuse, mais elle était aussi le signe que quelque chose était en train de naître. J'étais en train de créer de l'espace pour être plus libre, plus vraie, moins dépendante des reflets des autres. Il s'agissait d'un acte d'amour, d'un choix radical, celui de vivre en vérité, même si cela signifiait De marcher seule désormais, au départ la solitude m'effrayait, puis elle est devenue mon royaume. Je n'avais plus de voix à consoler, plus de regards à capter, plus de drama apaisé. Le vide était brut, et pourtant il était plein, plein de ma présence, et je commençais à me sentir vivante. Ce qui semblait être une perte est devenu ma puissance. Un sol nouveau sur lequel je pouvais enfin poser mes pieds, de façon stable. Dans ce tête-à-tête avec moi-même, je me sentais souveraine. Je ne dépendais plus émotionnellement de l'approbation extérieure. Je pouvais aimer sans me sacrifier. Je pouvais enfin dire non sans culpabiliser. Mon entourage a senti que j'avais changé. Je ne suis plus une compassion qui s'épuise. mais une flamme qui éclaire sans se consumer. Je suis plus présente. pleinement ancrée, authentique et vivante. Je me sens intouchable. Je ne m'en dis plus l'amour. Je n'implore plus d'être comprise. Je n'attends plus d'être sauvée ou validée. Ma voix intérieure m'a murmuré que je n'avais pas été créée pour me perdre dans les autres. Mon chemin n'a pas été linéaire, mais jalonné de doutes, de tentations de retour en arrière. J'ai appris à mieux m'aimer, à exister sans fonction, et dans cette nouvelle liberté, ce que le monde a pris pour une fuite était en réalité ma renaissance. Aucun lien ne mérite notre abandon intérieur, et le plus grand acte d'amour envers soi est parfois un éloignement. Ce n'est pas l'amour donné aux autres qui m'a sauvée. mais celui que j'ai fini par me donner à moi-même. Je suis devenue plus consciemment empathique, authentiquement gentille, je n'ai pas perdu ma vraie nature, mais je la dirige désormais avec conscience. Au bout de ce chemin difficile, m'attendait quelque chose d'inestimable, la liberté d'être pleinement moi-même, la joie de connexion authentique. et la paix de ne plus trahir ma propre âme. Il est possible de rester sensible sans être victime, d'être gentil sans être faible, d'aimer sans se perdre. J'ai trouvé le juste milieu, quelque part entre m'en foutre et en crever, entre m'enfermer à double tour et laisser entrer le monde entier, ne pas me durcir, mais ne pas me laisser détruire non plus. Fidèle à mes habitudes, je terminerai sur les paroles d'une chanson. Quand je n'aurai plus le temps de trouver tout le temps du courage, quand j'aurai mis vingt ans à voir que tout était mirage, je vous tire ma révérence, ma révérence. Quand mon fils sera grand, qu'il n'aura plus besoin de moi, quand les gens qui m'aimaient auront disparu loin de moi, je leur tire ma révérence, ma révérence. Et ma vie, endormie doucement, et mon cœur sera froid, il ne saura même plus s'affoler, il ne deviendra qu'une pauvre horloge à réparer, il n'aura plus de flammes, il n'aura plus de flammes. Si ce podcast a résonné en vous, je vous remercie de le partager. Vous pouvez me retrouver sur Instagram, Facebook, Youtube. À tendre une main pour soi, Alice Boy. Et je vous dis, à très vite !
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Et si la plus belle des rencontres était celle avec soi même?
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Avez-vous déjà réfléchi à la destination du voyage de vos rêves ? Moi, j'y ai déjà pensé. Et pour être bien ici et maintenant, je vous propose de plonger au plus profond de soi-même. Bienvenue dans le podcast. Tendre une main pour soi, vous êtes avec Alice Boy, Embarquement et Média, porte numéro 47. Une histoire d'amour de 37 ans. Deux merveilleux enfants, il a été mon premier grand amour, mon amour de jeunesse, celui que j'ai choisi alors que j'avais tout juste 17 ans. Contre toute attente, j'entends une petite voix intérieure qui me dit qu'aujourd'hui, il est temps de partir. La goutte a débordé du vase et c'est une tempête qui fait rage dans ma tête. Après une nuit de réflexion, Le choix s'impose, telle une évidence, et je prends la décision d'abandonner cette vie confortable. Mon instinct et ma détermination font taire mes doutes. J'ai aimé jusqu'à m'oublier, oublier qui je suis, et je suis désormais riche de cette longue histoire d'amour qui vacille et tressaille aujourd'hui. Je ne veux garder en mémoire que les bons moments. Je veux partir pour éviter de salir mes souvenirs et je referme la porte derrière moi. Il est temps de se sauver et de partir à la recherche de la personne que je suis vraiment. C'est mon grand saut de l'ange dans l'inconnu. Je me jette dans le vide, les bras et le cœur ouverts. Le plus beau voyage que je puisse m'offrir, ce n'est pas Bali ou Bora Bora, c'est celui qui me fera plonger. au plus profond de moi-même, à la recherche de mon étincelle. La destination est palpitante, car elle m'est encore inconnue, et ma valise est légère. Afin de me donner du baume au cœur et conserver mon cap, j'écoute en boucle dans ma voiture la chanson de Juliette Armanet, « Sauvez ma vie » , dont les paroles résonnent avec mon histoire. Étonnamment, alors que je suis d'un naturel sensible, je ne verse pas une seule larme. Ce n'est pas le moment de reculer et de m'apitoyer. Je verrai cela plus tard. Une détermination sans faille et inébranlable m'envahit et me guide. Je fais taire mon mental qui se déchaîne et me délivre des messages terrifiants. Je chasse la peur qui tente de m'envahir. Aujourd'hui, avec quelques années de recul, je réalise qu'après avoir donné sans compter, je suis partie sans bruit et que mon silence a résonné plus fort que mille cris. Après plus de 30 ans de vie commune, je me suis éclipsée sans colère, sans amour, sans retour en arrière possible, pour tenter de comprendre mon silence. Je suis remontée dans mes souvenirs. J'ai grandi dans une fratrie de trois filles, entre une sœur aînée, qu'il fallait toujours excuser parce que différente, et une sœur jumelle, à la ressemblance troublante. J'ai jonglé entre me faire petite, discrète, pour soulager mes parents épuisés par les frasques de leur fille aînée, et trouver ma place dans ce couple gémellaire. Très tôt, j'ai appris à écouter l'invisible, à ressentir les besoins des autres avant qu'ils ne les expriment, à me faire douce, accommodante. C'est ainsi que j'ai construit un sanctuaire invisible, un espace intérieur où j'accueillais la douleur des autres, en espérant certainement être aimée en retour. J'y ai appris à anticiper les humeurs. à calmer les tensions, à être utile. Et cette posture est devenue mon identité, toujours présente, toujours compréhensive, un refuge pour tous, sauf pour moi-même. J'étais lisse, presque transparente, on ne me voyait pas vraiment. Mon entourage s'est habitué à ma douceur, l'a consommée, l'a réclamée. Et pendant ce temps, je m'épuisais, je m'oubliais, mais je continuais parce que je pensais que ma valeur dépendait de ma capacité à apaiser les autres. Mais un jour, quelque chose a cédé, et ce sanctuaire que j'avais tant protégé, j'en ai fermé la porte, par instinct de survie. Pendant des années, j'ai donné à mes proches de l'attention, de la patience, de la tendresse. J'ai consolé, écouté, absorbé. Alors quand j'ai quitté le domicile conjugal, ce n'était pas si soudain. C'était l'aboutissement d'un lent effritement, d'une fatigue qui s'était installée insidieusement. Et quand la goutte a débordé du vase, je me suis tue et j'ai tiré ma révérence. Mes proches puisaient leur confort auprès de moi, car je ne disais jamais non. En quittant le domicile conjugal, j'ai arrêté de jouer le rôle de l'épouse et de la mère parfaite. Mon départ a profondément bousculé les attachements, dérangé les habitudes, ébranlé la cellule familiale, mais c'était un acte de fidélité à moi-même, un refus de continuer à me perdre. Je ne me suis pas éloignée pour les punir, mais pour renaître. J'ai dénoué délicatement mon tablier, les accroché derrière la porte de la cuisine. Et suis partie à la reconquête de moi-même, en empruntant un chemin intérieur, comme une naissance lente, inconfortable et sacrée. Ce travail silencieux, invisible aux yeux du monde, a chamboulé ma vie, bousculé mes repères, et m'a permis de cesser d'être une invitée dans ma propre vie. Devant le miroir, je n'avais plus de rôle à jouer, plus de masque à porter. Plus de regards à séduire, j'ai renoué avec l'étincelle intacte tapie au fond de moi. Quelque chose d'inaltéré malgré toutes les blessures. Et c'est là qu'a commencé ma véritable transformation. J'ai compris que j'avais pendant toutes ces années vécu sous l'emprise d'un contrat invisible, jamais signé, jamais exprimé mais profondément ancré, un pacte silencieux. certainement forgé dans l'enfance. Ainsi, j'ai porté la douleur des autres pour être aimé. Inconsciemment, l'amour que je recevais était conditionné à ma capacité à être utile, à être agréable, à ne surtout pas déranger. Mais pour cela, j'ai dû m'abandonner moi-même, taire mes besoins, étouffer mes colères. Et puis un jour, quelque chose s'est brisé. Ce contrat ne pouvait plus tenir parce que mon âme était fatiguée, fatiguée d'être trahie et se révolter de plus en plus souvent. À force d'avoir toujours été là, mes proches pensaient que je n'avais besoin de rien et considéraient ma présence comme acquise, comme si mon temps, mon énergie, étaient des ressources inépuisables. Ce n'est que plus tard que j'ai compris. Que le respect ne s'obtient pas seulement par la gentillesse, mais aussi par la capacité à dire non. Je ne pouvais plus être un pilier de soutien si je ne me protégeais pas d'abord. J'aurais dû dire non plus souvent, dire j'ai besoin de temps pour moi, ou pas cette fois-ci. J'offrais sans rien attendre en retour. Ma générosité m'avait rendu invisible. Je n'existais qu'à travers ce que je pouvais donner. Quand quelque chose est toujours disponible, on cesse de l'apprécier. Cela s'applique également aux personnes. Si ceux qui vous entourent savent que vous êtes et serez toujours là, ils ne voient plus la valeur de votre présence. La bonté a un poids, un coût émotionnel et doit être offerte consciemment. Ma générosité, ma gentillesse étaient devenues une habitude et non un geste apprécié. A long terme, cela m'a laissé un sentiment d'épuisement et de fatigue, et peut-être même de ressentiment envers ceux qui ne reconnaissaient pas ma valeur. Aujourd'hui, j'apprends à ne pas être toujours disponible, et je choisis quand et à qui apporter mon soutien. La vérité est que je suis une personne qui est en train de faire des choses. La véritable valeur de la gentillesse réside dans le fait de savoir la gérer. et non dans le fait de l'offrir sans condition, sans rien recevoir en retour. Le respect vient de notre capacité à mesurer ce qu'on en offre, empêchant ainsi à notre bonté de devenir invisible aux yeux des autres. J'avais atteint un point de bascule. J'ai décidé de m'extraire de ce jeu dans lequel le don était, il m'a fallu du temps pour l'admettre, à sens unique. J'ai refusé de nier plus longtemps le déséquilibre de cette relation familiale. J'ai pris conscience que dans le véritable amour, il n'y a pas besoin de s'effacer pour exister. Ma compassion était un moyen inconscient de me rendre indispensable. J'étais celle qui aidait et qu'ainsi on ne pouvait pas quitter. Mais ce rôle m'a conduite à effacer les limites saines, à transformer mon amour en dette. Ma présence en devoir, donner était ma seule façon d'exister. Or le véritable amour n'a pas besoin de se sacrifier, et ma compassion, sans conscience de soi, était devenue une prison dorée. J'ai cessé de vouloir guérir les autres, et commencé à m'accueillir moi-même. Tout ce qui était faux s'est désintégré, Mon ancienne identité s'est consumée, où le « je dois plaire pour être aimé » s'est transformé en cendre. Et cette descente, bien que secrète, était pour moi une véritable révolution. J'ai pris conscience des conditionnements qui m'avaient façonné. Mon reflet dans le miroir s'est peu à peu fissuré. Les visages de la sauveuse, de la personne aimable. Toujours disponible, sans tomber. Et dans ce dépouillement, j'ai découvert la solitude du vrai moi. Ce processus a été lent et douloureux, mais il était sacré. Car c'est là que le vrai moi a commencé à respirer. Quand j'ai quitté le domicile conjugal, je n'ai pas seulement pleuré sur la fin de mon couple, mais également sur le personnage que j'avais joué si longtemps. Celle qui savait apaiser les tensions, celle qui se taisait pour maintenir la paix, celle qui croyait que l'amour se méritait en se rendant utile. J'ai joué ce rôle par peur d'être abandonnée, par peur de ne pas exister sans fonction, par peur de ne pas être aimée simplement pour ce que j'étais. Ce deuil a été lent, subtil et s'est glissé dans les gestes quotidiens. Pour la première fois, je ne répondais plus aux appels qui me vidaient, je ne souriais plus systématiquement pour rassurer, je ne courais plus pour mériter de l'affection. Ce n'était pas une chute vers le néant, c'était une mue, et comme toute mue, elle me laissait la poids vif. Je me sentais vulnérable, désorientée, presque étrangère à moi-même. Je me demandais parfois Qui suis-je si je ne suis plus celle qui donne ? Cette question me semblait vertigineuse, mais elle était aussi le signe que quelque chose était en train de naître. J'étais en train de créer de l'espace pour être plus libre, plus vraie, moins dépendante des reflets des autres. Il s'agissait d'un acte d'amour, d'un choix radical, celui de vivre en vérité, même si cela signifiait De marcher seule désormais, au départ la solitude m'effrayait, puis elle est devenue mon royaume. Je n'avais plus de voix à consoler, plus de regards à capter, plus de drama apaisé. Le vide était brut, et pourtant il était plein, plein de ma présence, et je commençais à me sentir vivante. Ce qui semblait être une perte est devenu ma puissance. Un sol nouveau sur lequel je pouvais enfin poser mes pieds, de façon stable. Dans ce tête-à-tête avec moi-même, je me sentais souveraine. Je ne dépendais plus émotionnellement de l'approbation extérieure. Je pouvais aimer sans me sacrifier. Je pouvais enfin dire non sans culpabiliser. Mon entourage a senti que j'avais changé. Je ne suis plus une compassion qui s'épuise. mais une flamme qui éclaire sans se consumer. Je suis plus présente. pleinement ancrée, authentique et vivante. Je me sens intouchable. Je ne m'en dis plus l'amour. Je n'implore plus d'être comprise. Je n'attends plus d'être sauvée ou validée. Ma voix intérieure m'a murmuré que je n'avais pas été créée pour me perdre dans les autres. Mon chemin n'a pas été linéaire, mais jalonné de doutes, de tentations de retour en arrière. J'ai appris à mieux m'aimer, à exister sans fonction, et dans cette nouvelle liberté, ce que le monde a pris pour une fuite était en réalité ma renaissance. Aucun lien ne mérite notre abandon intérieur, et le plus grand acte d'amour envers soi est parfois un éloignement. Ce n'est pas l'amour donné aux autres qui m'a sauvée. mais celui que j'ai fini par me donner à moi-même. Je suis devenue plus consciemment empathique, authentiquement gentille, je n'ai pas perdu ma vraie nature, mais je la dirige désormais avec conscience. Au bout de ce chemin difficile, m'attendait quelque chose d'inestimable, la liberté d'être pleinement moi-même, la joie de connexion authentique. et la paix de ne plus trahir ma propre âme. Il est possible de rester sensible sans être victime, d'être gentil sans être faible, d'aimer sans se perdre. J'ai trouvé le juste milieu, quelque part entre m'en foutre et en crever, entre m'enfermer à double tour et laisser entrer le monde entier, ne pas me durcir, mais ne pas me laisser détruire non plus. Fidèle à mes habitudes, je terminerai sur les paroles d'une chanson. Quand je n'aurai plus le temps de trouver tout le temps du courage, quand j'aurai mis vingt ans à voir que tout était mirage, je vous tire ma révérence, ma révérence. Quand mon fils sera grand, qu'il n'aura plus besoin de moi, quand les gens qui m'aimaient auront disparu loin de moi, je leur tire ma révérence, ma révérence. Et ma vie, endormie doucement, et mon cœur sera froid, il ne saura même plus s'affoler, il ne deviendra qu'une pauvre horloge à réparer, il n'aura plus de flammes, il n'aura plus de flammes. Si ce podcast a résonné en vous, je vous remercie de le partager. Vous pouvez me retrouver sur Instagram, Facebook, Youtube. À tendre une main pour soi, Alice Boy. Et je vous dis, à très vite !
Description
Et si la plus belle des rencontres était celle avec soi même?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Avez-vous déjà réfléchi à la destination du voyage de vos rêves ? Moi, j'y ai déjà pensé. Et pour être bien ici et maintenant, je vous propose de plonger au plus profond de soi-même. Bienvenue dans le podcast. Tendre une main pour soi, vous êtes avec Alice Boy, Embarquement et Média, porte numéro 47. Une histoire d'amour de 37 ans. Deux merveilleux enfants, il a été mon premier grand amour, mon amour de jeunesse, celui que j'ai choisi alors que j'avais tout juste 17 ans. Contre toute attente, j'entends une petite voix intérieure qui me dit qu'aujourd'hui, il est temps de partir. La goutte a débordé du vase et c'est une tempête qui fait rage dans ma tête. Après une nuit de réflexion, Le choix s'impose, telle une évidence, et je prends la décision d'abandonner cette vie confortable. Mon instinct et ma détermination font taire mes doutes. J'ai aimé jusqu'à m'oublier, oublier qui je suis, et je suis désormais riche de cette longue histoire d'amour qui vacille et tressaille aujourd'hui. Je ne veux garder en mémoire que les bons moments. Je veux partir pour éviter de salir mes souvenirs et je referme la porte derrière moi. Il est temps de se sauver et de partir à la recherche de la personne que je suis vraiment. C'est mon grand saut de l'ange dans l'inconnu. Je me jette dans le vide, les bras et le cœur ouverts. Le plus beau voyage que je puisse m'offrir, ce n'est pas Bali ou Bora Bora, c'est celui qui me fera plonger. au plus profond de moi-même, à la recherche de mon étincelle. La destination est palpitante, car elle m'est encore inconnue, et ma valise est légère. Afin de me donner du baume au cœur et conserver mon cap, j'écoute en boucle dans ma voiture la chanson de Juliette Armanet, « Sauvez ma vie » , dont les paroles résonnent avec mon histoire. Étonnamment, alors que je suis d'un naturel sensible, je ne verse pas une seule larme. Ce n'est pas le moment de reculer et de m'apitoyer. Je verrai cela plus tard. Une détermination sans faille et inébranlable m'envahit et me guide. Je fais taire mon mental qui se déchaîne et me délivre des messages terrifiants. Je chasse la peur qui tente de m'envahir. Aujourd'hui, avec quelques années de recul, je réalise qu'après avoir donné sans compter, je suis partie sans bruit et que mon silence a résonné plus fort que mille cris. Après plus de 30 ans de vie commune, je me suis éclipsée sans colère, sans amour, sans retour en arrière possible, pour tenter de comprendre mon silence. Je suis remontée dans mes souvenirs. J'ai grandi dans une fratrie de trois filles, entre une sœur aînée, qu'il fallait toujours excuser parce que différente, et une sœur jumelle, à la ressemblance troublante. J'ai jonglé entre me faire petite, discrète, pour soulager mes parents épuisés par les frasques de leur fille aînée, et trouver ma place dans ce couple gémellaire. Très tôt, j'ai appris à écouter l'invisible, à ressentir les besoins des autres avant qu'ils ne les expriment, à me faire douce, accommodante. C'est ainsi que j'ai construit un sanctuaire invisible, un espace intérieur où j'accueillais la douleur des autres, en espérant certainement être aimée en retour. J'y ai appris à anticiper les humeurs. à calmer les tensions, à être utile. Et cette posture est devenue mon identité, toujours présente, toujours compréhensive, un refuge pour tous, sauf pour moi-même. J'étais lisse, presque transparente, on ne me voyait pas vraiment. Mon entourage s'est habitué à ma douceur, l'a consommée, l'a réclamée. Et pendant ce temps, je m'épuisais, je m'oubliais, mais je continuais parce que je pensais que ma valeur dépendait de ma capacité à apaiser les autres. Mais un jour, quelque chose a cédé, et ce sanctuaire que j'avais tant protégé, j'en ai fermé la porte, par instinct de survie. Pendant des années, j'ai donné à mes proches de l'attention, de la patience, de la tendresse. J'ai consolé, écouté, absorbé. Alors quand j'ai quitté le domicile conjugal, ce n'était pas si soudain. C'était l'aboutissement d'un lent effritement, d'une fatigue qui s'était installée insidieusement. Et quand la goutte a débordé du vase, je me suis tue et j'ai tiré ma révérence. Mes proches puisaient leur confort auprès de moi, car je ne disais jamais non. En quittant le domicile conjugal, j'ai arrêté de jouer le rôle de l'épouse et de la mère parfaite. Mon départ a profondément bousculé les attachements, dérangé les habitudes, ébranlé la cellule familiale, mais c'était un acte de fidélité à moi-même, un refus de continuer à me perdre. Je ne me suis pas éloignée pour les punir, mais pour renaître. J'ai dénoué délicatement mon tablier, les accroché derrière la porte de la cuisine. Et suis partie à la reconquête de moi-même, en empruntant un chemin intérieur, comme une naissance lente, inconfortable et sacrée. Ce travail silencieux, invisible aux yeux du monde, a chamboulé ma vie, bousculé mes repères, et m'a permis de cesser d'être une invitée dans ma propre vie. Devant le miroir, je n'avais plus de rôle à jouer, plus de masque à porter. Plus de regards à séduire, j'ai renoué avec l'étincelle intacte tapie au fond de moi. Quelque chose d'inaltéré malgré toutes les blessures. Et c'est là qu'a commencé ma véritable transformation. J'ai compris que j'avais pendant toutes ces années vécu sous l'emprise d'un contrat invisible, jamais signé, jamais exprimé mais profondément ancré, un pacte silencieux. certainement forgé dans l'enfance. Ainsi, j'ai porté la douleur des autres pour être aimé. Inconsciemment, l'amour que je recevais était conditionné à ma capacité à être utile, à être agréable, à ne surtout pas déranger. Mais pour cela, j'ai dû m'abandonner moi-même, taire mes besoins, étouffer mes colères. Et puis un jour, quelque chose s'est brisé. Ce contrat ne pouvait plus tenir parce que mon âme était fatiguée, fatiguée d'être trahie et se révolter de plus en plus souvent. À force d'avoir toujours été là, mes proches pensaient que je n'avais besoin de rien et considéraient ma présence comme acquise, comme si mon temps, mon énergie, étaient des ressources inépuisables. Ce n'est que plus tard que j'ai compris. Que le respect ne s'obtient pas seulement par la gentillesse, mais aussi par la capacité à dire non. Je ne pouvais plus être un pilier de soutien si je ne me protégeais pas d'abord. J'aurais dû dire non plus souvent, dire j'ai besoin de temps pour moi, ou pas cette fois-ci. J'offrais sans rien attendre en retour. Ma générosité m'avait rendu invisible. Je n'existais qu'à travers ce que je pouvais donner. Quand quelque chose est toujours disponible, on cesse de l'apprécier. Cela s'applique également aux personnes. Si ceux qui vous entourent savent que vous êtes et serez toujours là, ils ne voient plus la valeur de votre présence. La bonté a un poids, un coût émotionnel et doit être offerte consciemment. Ma générosité, ma gentillesse étaient devenues une habitude et non un geste apprécié. A long terme, cela m'a laissé un sentiment d'épuisement et de fatigue, et peut-être même de ressentiment envers ceux qui ne reconnaissaient pas ma valeur. Aujourd'hui, j'apprends à ne pas être toujours disponible, et je choisis quand et à qui apporter mon soutien. La vérité est que je suis une personne qui est en train de faire des choses. La véritable valeur de la gentillesse réside dans le fait de savoir la gérer. et non dans le fait de l'offrir sans condition, sans rien recevoir en retour. Le respect vient de notre capacité à mesurer ce qu'on en offre, empêchant ainsi à notre bonté de devenir invisible aux yeux des autres. J'avais atteint un point de bascule. J'ai décidé de m'extraire de ce jeu dans lequel le don était, il m'a fallu du temps pour l'admettre, à sens unique. J'ai refusé de nier plus longtemps le déséquilibre de cette relation familiale. J'ai pris conscience que dans le véritable amour, il n'y a pas besoin de s'effacer pour exister. Ma compassion était un moyen inconscient de me rendre indispensable. J'étais celle qui aidait et qu'ainsi on ne pouvait pas quitter. Mais ce rôle m'a conduite à effacer les limites saines, à transformer mon amour en dette. Ma présence en devoir, donner était ma seule façon d'exister. Or le véritable amour n'a pas besoin de se sacrifier, et ma compassion, sans conscience de soi, était devenue une prison dorée. J'ai cessé de vouloir guérir les autres, et commencé à m'accueillir moi-même. Tout ce qui était faux s'est désintégré, Mon ancienne identité s'est consumée, où le « je dois plaire pour être aimé » s'est transformé en cendre. Et cette descente, bien que secrète, était pour moi une véritable révolution. J'ai pris conscience des conditionnements qui m'avaient façonné. Mon reflet dans le miroir s'est peu à peu fissuré. Les visages de la sauveuse, de la personne aimable. Toujours disponible, sans tomber. Et dans ce dépouillement, j'ai découvert la solitude du vrai moi. Ce processus a été lent et douloureux, mais il était sacré. Car c'est là que le vrai moi a commencé à respirer. Quand j'ai quitté le domicile conjugal, je n'ai pas seulement pleuré sur la fin de mon couple, mais également sur le personnage que j'avais joué si longtemps. Celle qui savait apaiser les tensions, celle qui se taisait pour maintenir la paix, celle qui croyait que l'amour se méritait en se rendant utile. J'ai joué ce rôle par peur d'être abandonnée, par peur de ne pas exister sans fonction, par peur de ne pas être aimée simplement pour ce que j'étais. Ce deuil a été lent, subtil et s'est glissé dans les gestes quotidiens. Pour la première fois, je ne répondais plus aux appels qui me vidaient, je ne souriais plus systématiquement pour rassurer, je ne courais plus pour mériter de l'affection. Ce n'était pas une chute vers le néant, c'était une mue, et comme toute mue, elle me laissait la poids vif. Je me sentais vulnérable, désorientée, presque étrangère à moi-même. Je me demandais parfois Qui suis-je si je ne suis plus celle qui donne ? Cette question me semblait vertigineuse, mais elle était aussi le signe que quelque chose était en train de naître. J'étais en train de créer de l'espace pour être plus libre, plus vraie, moins dépendante des reflets des autres. Il s'agissait d'un acte d'amour, d'un choix radical, celui de vivre en vérité, même si cela signifiait De marcher seule désormais, au départ la solitude m'effrayait, puis elle est devenue mon royaume. Je n'avais plus de voix à consoler, plus de regards à capter, plus de drama apaisé. Le vide était brut, et pourtant il était plein, plein de ma présence, et je commençais à me sentir vivante. Ce qui semblait être une perte est devenu ma puissance. Un sol nouveau sur lequel je pouvais enfin poser mes pieds, de façon stable. Dans ce tête-à-tête avec moi-même, je me sentais souveraine. Je ne dépendais plus émotionnellement de l'approbation extérieure. Je pouvais aimer sans me sacrifier. Je pouvais enfin dire non sans culpabiliser. Mon entourage a senti que j'avais changé. Je ne suis plus une compassion qui s'épuise. mais une flamme qui éclaire sans se consumer. Je suis plus présente. pleinement ancrée, authentique et vivante. Je me sens intouchable. Je ne m'en dis plus l'amour. Je n'implore plus d'être comprise. Je n'attends plus d'être sauvée ou validée. Ma voix intérieure m'a murmuré que je n'avais pas été créée pour me perdre dans les autres. Mon chemin n'a pas été linéaire, mais jalonné de doutes, de tentations de retour en arrière. J'ai appris à mieux m'aimer, à exister sans fonction, et dans cette nouvelle liberté, ce que le monde a pris pour une fuite était en réalité ma renaissance. Aucun lien ne mérite notre abandon intérieur, et le plus grand acte d'amour envers soi est parfois un éloignement. Ce n'est pas l'amour donné aux autres qui m'a sauvée. mais celui que j'ai fini par me donner à moi-même. Je suis devenue plus consciemment empathique, authentiquement gentille, je n'ai pas perdu ma vraie nature, mais je la dirige désormais avec conscience. Au bout de ce chemin difficile, m'attendait quelque chose d'inestimable, la liberté d'être pleinement moi-même, la joie de connexion authentique. et la paix de ne plus trahir ma propre âme. Il est possible de rester sensible sans être victime, d'être gentil sans être faible, d'aimer sans se perdre. J'ai trouvé le juste milieu, quelque part entre m'en foutre et en crever, entre m'enfermer à double tour et laisser entrer le monde entier, ne pas me durcir, mais ne pas me laisser détruire non plus. Fidèle à mes habitudes, je terminerai sur les paroles d'une chanson. Quand je n'aurai plus le temps de trouver tout le temps du courage, quand j'aurai mis vingt ans à voir que tout était mirage, je vous tire ma révérence, ma révérence. Quand mon fils sera grand, qu'il n'aura plus besoin de moi, quand les gens qui m'aimaient auront disparu loin de moi, je leur tire ma révérence, ma révérence. Et ma vie, endormie doucement, et mon cœur sera froid, il ne saura même plus s'affoler, il ne deviendra qu'une pauvre horloge à réparer, il n'aura plus de flammes, il n'aura plus de flammes. Si ce podcast a résonné en vous, je vous remercie de le partager. Vous pouvez me retrouver sur Instagram, Facebook, Youtube. À tendre une main pour soi, Alice Boy. Et je vous dis, à très vite !
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