- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur le podcast Terra Ausha, le podcast qui amplifie les voix des femmes. Alors aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Oriola Paulette Ausha, on la connaît aussi sous le nom de Salim, son nom marital. Paulette est entrepreneuse sociale et elle est leader environnemental. Elle est fondatrice de l'association PolyAfrique Bio. Elle œuvre aux côtés des communautés pour la sensibilisation environnementale, les reboisements, la promotion des emplois verts, l'autonomisation des femmes et des jeunes. Son engagement est guidé par une conviction très forte. Les changements passent par des actions concrètes, ancrées dans les réalités locales et portées par des femmes capables de transformer les défis environnementaux en opportunités durables. Alors, j'accueille Paulette avec vous. Bienvenue Paulette et comment vas-tu ?
- Speaker #1
Bonjour, merci beaucoup. Merci de m'inviter sur votre podcast. Je vais très bien.
- Speaker #0
Ça va très bien. Alors, on a cette conversation depuis le Sénégal, mais le Sénégal, ce n'est pas là où tu vis habituellement ou alors tu vis en intermittence là-bas. Est-ce qu'avant de rentrer dans tout ça, tu peux nous dire, Paulette, qui tu es ? Parle-nous de toi, vraiment, de tes racines et de ton histoire. Qui tu es ?
- Speaker #1
Ok, avec plaisir. Angélique, je vais être en sept ans. Je suis née le 10 juillet 89, donc je vais être en sept ans très très prochainement. Je suis née jumelle aussi. Je suis béninoise d'origine, c'est vrai, mais j'ai aussi la nationalité angolaise par mon époux.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Mon histoire est assez intéressante dans le sens où j'ai eu une enfance assez stable, très très stable même. Jusqu'à mon adolescence où un événement, une situation s'était imposée à... à ma vie, ainsi qu'à ma famille, la polygamie de mon père. Et là, forcément, la polygamie n'a pas que des revers positifs où on a des petits frères, des petites sœurs qu'on adore, mais de l'autre côté, il y a également des contraintes de vie où nos habitudes sont chamboulées, etc. Sinon, en général, j'ai étudié J'ai fait l'administration des finances, je me suis spécialisée en gestion des marchés publics, j'ai eu une licence en gestion des marchés publics. Après, j'ai fait la gestion des projets et c'est après surtout ma licence que j'ai eu, sur le plan professionnel, j'ai eu l'opportunité de travailler au ministère du plan où j'ai travaillé dans la cellule des marchés publics pendant deux ans. et puis moi j'ai quand même eu assez de chance sur le volet professionnel parce que beaucoup de jeunes, généralement, quand ils finissent, ils galèrent un moment. Mais moi, pratiquement tout mon que si c'était rémunéré, j'ai eu la chance de ne pas avoir trop de problèmes. Mais, une fois que j'avais, j'ai eu mon premier bébé, j'ai eu mon deuxième bébé, les choses changent.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Il y a les obligations en tant que femme, en tant que maman qui t'obligent Merci. à te concentrer à un moment donné sur ton foyer, sur tes enfants, fait que je me suis un peu déconnectée du côté professionnel, parce que j'ai fait une pause. Et cette pause m'a valu me réinventer moi-même en tant que femme, et étudier les priorités de ma vie. Parce que quand on est maman, on ne voit plus le monde de la même façon qu'avant.
- Speaker #0
Beaucoup,
- Speaker #1
beaucoup de choses qui changent. Et en particularité, ce qui a beaucoup changé chez moi, c'est quand j'ai eu mon deuxième bébé surtout, je ne pouvais plus aller au travail. Et le fait de rester à la maison, de ne faire que gérer la maison.
- Speaker #0
De ne faire que la maman.
- Speaker #1
Oui, je n'étais pas préparée en fait. Je n'étais pas préparée pour ça. Et ça avait créé une sorte de dépression. Une dépression de... Comment le dire ? De manque en moi. J'avais envie de faire, de travailler, de montrer mon potentiel. J'avais envie de donner de ma personne pour... C'est-à-dire dans le domaine que je connaissais, que je maîtrisais, mais je ne pouvais pas parce que si je laisse mon enfant, qui va prendre soin de mon enfant ? Après... Et avec un recul, j'ai dit, je ne peux pas faire que ça dans ma vie. Il faut vraiment que je travaille. Donc, j'ai pris le risque de mettre mon enfant qui avait à peine six mois, je la mettais à la garderie et j'allais… J'avais, de façon bénévole, j'étais prête tant que je sortais de la maison. Donc, j'allais travailler et cette fois-ci, c'était à la Caisse nationale de sécurité sociale du Bénin. J'allais travailler bénévolement. Vous imaginez, j'ai fait ça pendant 8 mois, 1 an. et pendant ce laps de temps pendant ce moment c'est que ma fille était un peu perturbée sur le plan sanitaire parce que la garderie, même si elle est chic, même si les conditions, tu fais tout pour que les conditions soient réunies pour ton enfant, mais elle te ramenait tout le temps des petits bobos qui, tu ne peux pas être au boulot, être concentrée. Soit c'est le rhume, soit des petites infections, que les enfants se contaminent entre eux, donc beaucoup de bobos et moi j'étais tout le temps en train d'aller à la pédiatrie avec elle. Je devais demander la permission à mon patron pour que je puisse prendre. À un moment donné, je n'étais pas du tout concentrée même pour ce travail-là. Et ce n'était pas le seul moment. J'avais même des aînés. Mais moi, je ne concevais pas de savoir que mon enfant passe par un temps sanitaire ou critique. Et moi, je suis au boulot en train de monter peut-être un dossier. Donc, à un moment donné... J'ai profité aussi d'un voyage, un voyage que j'ai fait en Afrique du Sud. Je devais rejoindre mon époux qui était en mission. Et arrivé là-bas, pendant les deux semaines de mon séjour, on a sérieusement discuté. Il comprenait ma situation. Il comprenait que j'avais envie, j'avais la rage de travailler. J'avais besoin de gagner aussi mon argent. Tout est tout. Je devais regarder derrière. mon enfant, comment est-ce que les enfants sont abandonnés parfois on est obligé de payer la cantine pour les enfants c'est d'autres personnes qui nourrissent les enfants et les soins également bon finalement on avait décidé que je revienne encore à la maison et une fois que je suis revenue encore à la maison il fallait que je fasse encore quelque chose donc j'ai décidé d'être désormais à mon propre compte ne pas travailler pour quelqu'un afin de me permettre Merci. de suivre en même temps l'enfant et d'avoir mon entreprise dans mon salon. Donc, c'est ce que j'ai fait. J'ai créé une société de conseil en marché public, ce qui me permet quand même de monter, enfin, d'accompagner les entreprises qui sont soumissionnées, qui veulent candidater à des appels d'offres. Et malheureusement, ça n'a pas pris.
- Speaker #0
Ouais, en gros, tu as continué un tout petit peu ce que tu faisais à la Caisse nationale. Mais tu l'as rencontré un peu dans ton salon pour te donner des conseils. Tu es en tant qu'indépendante et ça n'a pas donné.
- Speaker #1
Ça n'a pas donné. J'avais besoin d'être, d'avoir plus, ils avaient besoin de quelqu'un qui avait plus d'expérience. Et quand on te sollicite, on te dit c'est où ton équipe, c'est où ton bureau, on veut venir travailler, c'est où ton bureau. Donc, c'était difficile de ramener des données chez moi, de les recevoir à la table. La terrasse, non, c'était pas sécurisant aussi. Donc après, j'ai damé. J'ai plaqué la structure. J'ai annoncé la faillite comme ça rapidement. Donc j'ai commencé par faire du commerce, de petites entreprises, ce que je trouve que je vends, ce que je trouve que j'entreprends. Mais j'ai eu un déclic après. Pendant que je me saillais, j'ai eu un déclic. J'étais au marché un jour. Je devais faire des emplettes. Et il y a un truc qui m'avait frappée, c'était la, comment le dire, les rayons étaient tellement ardents, les rayons du soleil étaient tellement ardents que ça me brûlait pratiquement la peau. Après, je me suis dit, si moi, en tant qu'adulte, je ressens autant les rayons du soleil et que ça me brûlait la peau, comment font les enfants, les bébés qu'on met au dos, je vois les bonnes dames avec les enfants au dos, mais comment est-ce que... qu'ils font, comment est-ce qu'ils font, pardon. Ça m'a tellement touchée. Arriver à la maison, étant très, très curieuse de base, j'arrive à la maison, je prends mon téléphone, j'entre dans Google et je commence par poser des questions. Mais pourquoi le soleil aujourd'hui est-il ardent ? Vous imaginez, à plus d'une vingtaine d'années, je n'avais jamais auparavant... Faire attention au climat dans lequel je vivais, l'environnement dans lequel je vivais. C'est vrai que l'environnement changeait à un moment donné.
- Speaker #0
Mais tu n'avais pas conscience, tu n'avais pas conscience.
- Speaker #1
Je n'avais aucun détail qui puisse me rappeler ou m'alarmer sur l'état de l'environnement dans lequel je vivais. Il y a faim. Et vous imaginez, c'est ma maternité qui m'a fait penser au bien-être des enfants. Si je n'avais peut-être pas été maman, je n'aurais jamais pensé à mes parents. Pourquoi ce soleil ? Et quel aurait été le résultat sur la santé des enfants ? C'est comme ça que mes recherches m'ont rapidement ramené des liens sur la destruction de la couche d'ozone, la dégradation du sol. Ce qui libérait du carbone et plein de choses. Les dégâts climatiques qu'on vivait, mais que pour moi c'était normal. Par exemple, les vents violents, les inondations même. À l'époque, le Bénin avait connu une fable d'érosion côtière où pratiquement toutes les berges, pratiquement rien, on a connu une grande perte de berges autour de la plage. Mais pour moi, tout ça, je n'avais fait aucun lien. Mais grâce à ma maternité, je n'ai commencé pas à faire rien. à l'environnement dans lequel je vivais et j'ai commencé par faire attention à ce que l'environnement dans lequel je voulais voir mon enfant grandir. La destruction de la couche d'ozone qui fait le lien direct sur l'utilisation du sachet plastique. Le sachet plastique étant un élément qui ne se dégradait pas, qui pouvait faire jusqu'à 400 ans dans l'environnement avant de se dégrader. Je dis, comment un sachet plastique que j'utilise ? que je jette inconsciemment dans la nature, peut faire jusqu'à 400 ans. Et les études l'ont fait malheureusement. Donc pour moi, il fallait soit réduire, soit supprimer. Et dans, j'avais commencé par sensibiliser comme ça sur mes propres réseaux personnels.
- Speaker #0
En tout cas, ça t'avait touché sur le plan personnel et tu as commencé à atteindre ton réseau pour commencer à en parler. Mais, ouais, on va revenir plus tard dans tous ces détails, finalement, de ce que tu fais aujourd'hui avec toutes ces questions environnementales. Et, ouais, on voit bien que parfois, ce sont les petites choses, comme tu dis, les enfants, ça nous ramène, notre vision du monde, on commence à s'inquiéter de comment ils vont grandir, dans quel espace, qu'est-ce qu'ils ressentent et tout ça. Et on voit bien que ça peut être vraiment une source d'engagement, en fait, concrètement, par ces soucis-là. Mais peut-être avant d'aller discuter davantage et échanger davantage sur ce que tu fais aujourd'hui professionnellement, on va revenir un peu sur toi, sur qui tu es, en fait, sur tes racines un tout petit peu. Alors, je sais qu'en Afrique, on ne porte pas un nom pour rien, en fait. D'ailleurs, je suis très curieuse de savoir comment ça se passe au Bénin pour les jumelles. j'ai su que Moi, dans mon pays d'origine, au Congo, les jumelles, il y a une sorte de fascination autour des jumeaux et des jumelles. Je ne sais pas ce que ça veut dire d'être une jumelle au Bénin. Mais surtout, ce que je voulais savoir, c'est est-ce que tu sais, toi, si ton nom a un sens ? Est-ce que tes parents t'ont expliqué pourquoi ils t'ont donné le nom qu'ils t'ont donné ? Est-ce qu'il y a des circonstances qui ont favorisé ou qui ont poussé à ça ? Parce que je sais qu'en Afrique, vraiment, les circonstances comptent dans les noms qu'on donne. aux enfants. Je sais que le nom, en tout cas, c'est quelque chose pour nous. En Afrique, en fait, on est très en lien peut-être avec son nom, mais peut-être pas pour toi, mais j'aimerais en savoir un peu plus sur toi et ton nom, le sens et comment tu vis avec ça.
- Speaker #1
C'est vrai. Je suis... C'est intéressant parce que le nom que je porte ainsi que ma jumelle, d'abord, nous sommes nés prématurés. Étant le premier geste de ma maman, donc primipare et encore née prématurée nous étions vraiment des enfants à raison c'est-à-dire le pronostic était un peu élevé c'est-à-dire encore plus pour ma jumelle parce qu'elle elle pesait à peine un kilo elle était qui-qui-qui comme ça dans les mains c'est-à-dire à un moment c'était la seule qui pouvait la tenir parce qu'elle était trop petite le fait qu'on soit prématurée a fait que on est resté 45 jours en couveuse à la grèche de l'hôpital histoire de grandir un peu Merci. et d'atteindre, de couvrir au moins les 8 mois, 2 semaines, les 9 mois, et que notre situation soit stable. Et vous imaginez que, malgré notre état de santé, où on se disait, voilà, entre nous deux, ma jumelle qui était la plus fragile allait partir, nous avons tenu jusqu'à la fin, et on est sortis vivantes de cette crèche-là. Et quand on est sortis, le frère à mon grand-père, donc je vais dire l'oncle de mon père, qui avait quand même soutenu mes parents pendant cette période, était au petit soin. D'ailleurs, je lui rends hommage. Il s'appelle Achadé Biaou Théophile. Donc ça, je vais dire que c'est mon grand-père aussi, mais c'est le frère. C'est lui qui nous a donné notre prénom. Moi, je suis Oriola. Ma sœur, elle s'appelle Mundisola. Dans notre patois, dans notre langue, puisque je suis originaire de Savé, « oréola » veut dire, littéralement, le résultat du bonheur. « Oré » , c'est comme les bienfaits du bonheur. « Oréola » , c'est le bonheur. Donc, ça fait les bienfaits du bonheur ou le résultat du bonheur. Alors que ma jumelle...
- Speaker #0
C'est quelle langue, ça ?
- Speaker #1
C'est le tchabé.
- Speaker #0
C'est le tchabé.
- Speaker #1
Oui. Ma jumelle, elle, c'est Maudi Sola. Donc, mon petit, ça veut dire, ça veut dire quand tu te réveilles en plein bonheur, quand tu te réveilles dans le bonheur, des enfants qui ont vécu, c'était un challenge pour nous de vivre. qu'on arrive, qu'on tienne jusqu'à sortir de la crèche pour nous, il ne pouvait que nous souhaiter du bonheur, pour lui c'est ce genre des enfants, ces enfants ont réellement quelque chose à donner à la vie et on ne peut plus les... accompagné par le bonheur et c'est lui aussi qui nous a donné Paulette et Pauline donc mes parents ont tout de suite adopté et enregistré et en fait tu intériorises parfois ta relation avec ton nom Réola ou
- Speaker #0
en fait tu as ce nom et c'est terminé ou est-ce que ça a une place dans ta vie actuellement ou pas ?
- Speaker #1
Ce prénom c'est même le prénom par lequel c'est le nom que j'adore même le plus et
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
C'est un nom, parfois même sur certains dossiers, quand on oublie ce nom, je le rappelle. Parce que c'est un nom qui a beaucoup de sens pour moi. Au réel, moi, j'affectionne beaucoup ce prénom parce que ça reflète, c'est-à-dire quand tu es un enfant qui est désiré par tes parents, tu es bien arrivé, tu es bien né, c'est un enfant qui me conforte dans ma position d'aîné. C'est un enfant désiré, accompli, c'est un enfant attendu, vous voyez, et chéri. Et c'est vrai, nous avons été vraiment chéris par... par mes parents. Mais mon père, on était sept potes jusqu'à ce que quelqu'un d'autre vienne nous le voler. Mais bon, c'était un peu ça.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est pour ça tantôt que nous avons eu une enfance assez stable. Il fait très bien. Très bien. Oui,
- Speaker #0
jusqu'à ce que les événements de la vie vous rattrapent. Oui. Bon, donc, on va revenir alors sur ton... Donc, tu as expliqué un peu ce matin-là où tu es partie au marché et les soleils et les déclics avec toutes ces questions finalement de changement climatique. Donc, du coup, une fois que tu as commencé cette sensibilisation un peu formelle dans ton réseau, comment tu passes de ça à ton organisation aujourd'hui en fait ? Et par où tu es passée ? Et vraiment, d'où est venu ce besoin ou cette motivation ? mais finalement de passer à ce mode un peu entrepreneurial jusqu'à créer une ONG en fait.
- Speaker #1
Déjà, quand j'ai découvert la nécessité d'informer sur les dangers liés aux sachets plastiques, il fallait que moi-même, je montre les ondes en proposant des solutions alternatives. Parce que ce n'est pas de dire qu'on va arrêter, mais je devais également montrer les ondes. Et puisque je ne faisais rien, dans mon salon, j'ai créé ma boutique de production d'emballage en papier cette fois-ci. l'emballage biodégradable, mais uniquement en papier. J'allais, j'achetais. Je m'étais fait former sur les réseaux, sur YouTube, comment monter les emballages. Et je le proposais à vil prix, de façon à ce que les gens comprennent que, oui, c'est possible. Il faut aller au papier parce que beaucoup vont vers les sachets parce que c'est moins cher aussi. Je reviens au papier. Ça aussi, c'était moins cher. Donc, il fallait quand même instaurer. Et pendant que mon entreprise emballages. grandissait. J'avais été, un matin, j'avais été appelée par une dame, une congolaise de Kinshasa. C'était la directrice de l'ONEM. L'ONEM, c'est l'Office National de l'Emploi des Jeunes. Et en même temps, elle avait une association nommée ASOF. ASOF, ça réunissait les femmes, surtout les femmes, les femmes défavorisées, les femmes en situation difficile. et quelques jeunes également, mais beaucoup plus les femmes. Elle me dit, Madame, ce que vous faites, ce que je vois sur les réseaux sociaux, vous faites vraiment un travail très, très joli. Est-ce que vous accepterez de venir nous former ? Je dis, wow, c'est intéressant ça. Et quand tout attend, elle m'envoie mon billet d'avion, elle m'envoie une partie de mon cachet. Elle dit, Madame, venez, on vous attend. Et elle m'organise cette formation où j'ai formé plus de 200 finalement personnes, plus de 200 jeunes et femmes. Par mon retour de cette formation que je dis, tiens, je peux encore aider davantage. Je peux faire plus que ce que je fais déjà. Il fallait que je trouve quand même le moyen, comment on le dit, légal, pour ne pas avoir des difficultés après sur les actions que j'entreprenais. Je me dis, il faut que je crée, je fais des recherches et ça m'oriente vers la création d'une organisation non gouvernementale. C'est vrai que de l'autre côté, ce que je fais est... abus lucratifs, mais ici, ce sera un abus non lucratif. Déjà, moi, j'adore le social à la base, donc je me suis lancée. De fil en aiguille, l'ONG a pris. J'avais commencé pas. Bon, c'est vrai que l'avantage d'avoir déjà une entreprise dans ce secteur,
- Speaker #0
faciliter aussi l'insertion et les complémentaires et tout ça. Voilà,
- Speaker #1
c'est comme ça que j'ai démarré avec l'ONG. En 2021. On a commencé Merci. J'ai déposé les papiers en août 2020. J'ai eu le récépissé le 25 janvier 2025.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
j'ai officiellement commencé mes activités en janvier 2021. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Donc, entrepreneuriat. Est-ce qu'aujourd'hui, tu continues en parallèle sur ces deux chemins, entrepreneuriat et ONG, ou alors finalement, tu t'es redirigée uniquement sur cet ONG ?
- Speaker #1
j'avoue que l'ONG, à un moment donné, a pris le dessus. Parce que plus on avance, plus les obligations également grandissent. Et c'est-à-dire, la vision que j'ai pour cette organisation, m'oblige à être focus sur cette organisation-là. Et je n'y arrive pas. C'est vrai que j'essaie de faire d'autres choses après. Mais l'ONG me ramène toujours à l'autre. Cette organisation est un peu exigeante. Et je pense aussi que c'est la vision, la vision que nous avons pour cette organisation qui fait que chaque fois, elle prime en fait.
- Speaker #0
Du coup, que ce soit dans ton parcours en tant qu'entrepreneuse environnementale ou en tant que leader environnemental, quelle est la réalisation en lien avec l'environnement dont tu es le plus fière ?
- Speaker #1
On a beaucoup d'activités et beaucoup de choses qui me rendent fière. Le premier élément même que je peux citer, c'est que vous imaginez, nous avons créé Nous avons créé l'ONG, nous avons le récépité en janvier 2025. Et déjà, à peine six mois après, six, sept mois après, nous avons été reçus par le ministre du cadre de vie, qui nous a applaudis par rapport à un reboisement de masse que j'avais eu à faire. Et je pense, suite à ça, il nous a accordé le financement. Il m'a accordé le financement pour que je puisse participer à ma... première conférence des partis en Écosse. C'était en 2021. Vous imaginez. C'est rare. Ce n'est pas une aubaine qui est donnée à tout le monde. Autre chose qui me rend fière, ça c'est récent. Nous avons reçu un financement du Politic Center qui est une organisation internationale américaine. L'objectif de ce financement était de faire une sensibilisation contre les feux de brousse. Mais dans les zones Merci. dans les zones des mangroves. Ce financement qui était destiné pour un seul village a réuni finalement huit villages.
- Speaker #0
D'accord. Comment ça se fait ? Tu as fait le miracle de multiplication de pain et du poisson, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est-à-dire, le projet a tellement intéressé. Le projet parlait de quelque chose de concret et ça a intéressé, c'est-à-dire de bouche à oreille. Ces chefs de village sont venus naturellement et ont participé naturellement. Et vous imaginez, j'ai réussi quand même à gérer le financement pour que les huit villages soient intégrés dans ce projet-là. Et ce qui était encore plus important, c'est que nous avons signé une charte. On a mis la charte verte de Nazoumé parce que Nazoumé, c'est le village dans lequel on a réalisé le projet et obtenir la signature de sept chefs de village dans un document comme ça qui les engage à protéger. les mangroves et à éviter les fausses. Et cette pente a été consignée également par la Déclaration des OUF sous la légide du ministère du cadre de vie. Donc ça, c'est quelque chose qui quand même encourage, qui impacte positivement cette organisation. Bon, il y a eu d'autres éléments.
- Speaker #0
Je me rappelle en fait Merci. Et peut-être que je rappelle aussi à ceux qui nous écoutent, parce que tu es là, parce que tu as été nominée dans les cadres de cet appel à nomination que Théra Munch va lancer en juillet 2025, la nomination pour des femmes qui ont des actions concrètes sur les sujets environnementaux. Et une des choses qui revenait souvent sur les 43 personnes, je crois, qui vous ont nominées, c'était, entre autres, cette signature de la charte verte et sur le boiseau. Dans cet endroit, c'est impressionnant comment beaucoup de gens ont été marqués par ça. Et d'ailleurs, comment tu te sens en lien avec ça ? Parce que tu les reconnais comme une grande réalisation. Mais de savoir que c'est ça qui a motivé les gens à te nominer, qu'est-ce que ça te fait ?
- Speaker #1
Non, ça me rend fière. Et puis, je suis fière également de mon équipe parce que ce n'est pas un travail que j'ai réalisé seule. C'est la preuve que nos actions ont porté. En fait, ça booste. Ça booste. Ça donne encore plus envie de faire mieux, de parfait. Dans mon équipe, j'ai un côté que parfois ils ne comprennent pas. Mes collaborateurs ne comprennent pas. Mais avec les nominations, avec l'évolution de l'organisation, j'ai la conviction que je suis sur la bonne voie. Je suis très, très exigeante dans le travail. C'est vrai que ce que nous faisons est bénévole. Personne n'est payé. Nous sommes payés peut-être quand nous avons des projets, nous avons des activités que nous réalisons. Chacun selon sa spécialité gère telle ou telle activité. Mais vous imaginez l'exigence que je mets là-dedans. Ça fait que bon, on n'est pas payé pour ça, donc je ne peux pas être disponible à tout moment quand tu m'appelles. Mais moi je dis une chose, quand vous donnez votre temps pour une activité, Mais c'est même quand vous n'êtes pas payé que votre... Donc, tant doit être utilisé à bon escient. Donc, quand vous devez faire quelque chose, même bénévolement, il faut le faire de sorte à gagner quelque chose. Ça peut être intellectuel, ça peut être des relations, des contacts, ça peut être de l'argent, ça peut être une espèce. Donc, j'ai été combattue à plusieurs reprises pour ce côté-là que j'ai. Et là, moi, je me dis, je ne changerai pas. Ça ne risque même pas d'arriver parce que je suis sous la bonne voie. Et c'est ce qui permet aujourd'hui à cette organisation d'arriver à ce niveau-là. Parce qu'en cinq ans, ce que nous avons réalisé, moi, je connais des ONG qui ont plus de dix ans, mais qui n'ont jamais bougé de leur département. et recommandations du ministère des Affaires étrangères. Nous avons la reconnaissance officielle du ministère du cadre de vie qui nous coiffe. Nous avons reçu en 2024 le trophée RSEODD 2024. Et là, nous avons été nominés par vous aussi, par Terra Bonchaud, qui, c'est-à-dire, tous ces éléments en somme ne viennent que me conforter dans ma position selon laquelle cette organisation est sur la bonne voie et la conduite de direction de cette organisation est la meilleure. Et j'ai même envie d'investir encore plus en mon équipe, en moi-même, sur le plan intellectuel, afin que je sois encore plus au top et que la compétence puisse avancer encore plus.
- Speaker #0
C'est une bonne transition parce qu'il y a une question qui me vient à l'esprit. C'est vraiment qu'est-ce qui est le plus difficile en fait quand on dirige une organisation non gouvernementale ? Surtout quand c'est une organisation qui fonctionne en mode avec beaucoup de bénévoles comme ça. Qu'est-ce qui est le plus difficile de diriger ?
- Speaker #1
Quand on dirige une organisation, il faut d'abord donner de soi-même entièrement. Une organisation, c'est-à-dire qu'on ne peut pas avoir deux choses dans son cœur. Quand tu portes cette organisation, tu dois la porter totalement. Et ça ne se justifie pas le don de ta personne.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses de nous dire, en fait, finalement, ce qui a été difficile pour toi, c'est ce que ça demande, en fait, parce que ça demande ce don de soi qui est un peu total et dans le sens où... Dans le sacrifice.
- Speaker #1
Dans le sens où il faut garder un mental face au challenge. Moi, je n'ai pas... et De façon, je n'ai pas appris nulle part. Personne ne m'a appris à diriger avant une organisation.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, je suis obligée. Parfois, je reçois des coups, mais je suis obligée de tenir et de montrer les angles. Tu es obligée de mûrir rapidement, encore plus vite que les autres. Tu es obligée de te perfectionner parce qu'à un niveau donné, tu dois rédiger, rendre compte, tu dois être transparente, tu dois… Je collabore avec des partenaires qui ne connaissent pas forcément mon parcours, mais qui s'attendent à ce que sur le plan intellectuel, je sois au point. Alors que beaucoup de choses, je ne les ai pas apprises. Je suis obligée de m'être formée.
- Speaker #1
C'est autodidacte en permanence et donc il faut avoir un esprit d'ouverture pour apprendre par soi-même, c'est ça ? Et ça demande des investissements, c'est ça ?
- Speaker #0
Beaucoup, beaucoup, beaucoup. Et même ce diplôme que j'ai eu, le master en gestion de projet, c'est quand j'ai commencé avec l'ONG que j'ai senti le besoin d'aller vers, parce que je dois tourner sur plein de projets. Je ne peux pas tout le temps aller vers des consultants. Ça coûte cher. Tu n'as pas le temps, etc. Donc, ça, c'est le premier point. Le second point, c'est que la gestion de l'homme, vous venez de divers horizons. Vous n'avez pas les mêmes éducations. Tu es obligé de cultiver la patience. Tu es obligé de cultiver la maîtrise de toi-même. Parfois, tu te répètes, mais tu es obligé de... de montrer que tu es résilient face à certaines choses. À part ça, l'autre difficulté que je peux peut-être souligner, c'est toutes les organisations se défient là, et c'est les ressources financières. La mobilisation des ressources financières, c'est un challenge constant. Mais bon, nous on se dit, nous sommes sur une bonne voie, on est en train d'avancer, c'est une étape que forcément, et ça ne sera plus un problème par la vie de Dieu.
- Speaker #1
S'il y a quelque chose que je retiens, c'est cet aspect d'ontre-soi et aussi de grandir très vite. C'est comme si tu dois grandir très très vite, plus vite que tout le monde et d'avoir cette maturité. Et ça, c'est beaucoup d'énergie que ça demande. Et justement, un lien avec ça, toi en tant que femme, non seulement femme, en tant que maman, Est-ce qu'il y a eu des moments où tu as senti que parce que tu étais femme, il y a un certain accès à des opportunités, à des ressources, à des espaces qui étaient plus difficiles pour toi en tant que femme ?
- Speaker #0
Oui. Ça c'est un sujet qui, je pense même que je vais profiter de votre question pour lancer un message. C'est déjà un challenge d'être une femme. Une femme, ce n'est pas facile. On semble confronté à beaucoup. beaucoup de challenges dès notre naissance. Et quand une femme...
- Speaker #1
Est-ce que tu as appris tout ça ?
- Speaker #0
C'est-à-dire, la société nous oblige à des conduites, que veuille ou non, l'égalité que beaucoup prônent entre la femme et l'homme, c'est pas pareil. Je crains que cela ne change de si tôt. Donc, ce que je veux dire, c'est que moi, dans mon vécu et dans cette organisation, j'ai connu des gens qui ont des postes donnés pouvaient me faciliter, pas m'offrir, mais en fonction de ma compétence, en fonction de mes activités, en fonction des résultats positifs que je fais bénéficier mon pays, pouvaient me permettre de bénéficier à certaines formations, à certains financements également. Je pouvais me permettre d'être sur certains projets parce que je remplissais les critères. Je n'ai pas eu ça parce que X ou Y voudraient plus que ça. Ils voudraient une drague et ils voudraient au-delà de ça, ils voudraient échanger ce service, ce droit-là par un passe-temps avec moi. Sachant que je suis une femme mariée légalement mariés et mères. Sachant cela, cela ne les empêche pas à te faire ces propositions indécentes.
- Speaker #1
Donc en gros, quelque part, des harcèlements un peu sexuels quoi.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Des harcèlements, des avances.
- Speaker #0
Des avances.
- Speaker #1
Comme ça c'est là qu'il y a toujours...
- Speaker #0
Conditionnel.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Voilà, des avances conditionnelles pour ton travail sans le devoir de nous. vraiment pas être le cas. Et moi, je pense que nous, surtout nous qui sommes des femmes mariées, qui avons des enfants, juste parce qu'on se décide à aller travailler pour le bien-être de l'environnement, le bien-être de la société. Pour notre pays, je pense que nous sommes des femmes que la société doit protéger. Au lieu de nous induire en erreur, la société doit nous protéger. Nous sommes des perles à protéger. Donc ça c'est un premier élément que j'ai eu sur le terrain qui m'a un peu rendue un peu inconfortable. À un moment donné, on se demande pourquoi on fait tout ça si... Au finish, tu dois donner ta personne. C'est ça,
- Speaker #1
non plus. Voilà,
- Speaker #0
tu dois donner ton corps. Voilà, ce n'est pas la peine. Non, pas du tout. À part ça, j'ai eu aussi un autre challenge. Je pense que d'autres femmes peuvent se retrouver un peu, se reconnaître un peu dans cet élément. C'est que quand tu es en face de... Moi, je pilote des projets, des projets que je dois défendre. Parfois, quand tu envoies Surtout que moi, je suis à la base. Je suis directement... Je collabore directement avec la base. Je suis en contact direct avec la communauté. Donc, avant d'aller effectuer une descente, tu dois forcément informer la première responsable, le premier responsable de, par exemple, un village. Je dois forcément contacter le chef du village, le chef d'arrondissement et aussi informer la mairie. Généralement, quand tu es une femme, on se dit « Bon, les femmes... » peut-être que ça s'ennuie, qu'est-ce qu'elle viendra nous dire. On ne nous prend pas toujours au sérieux. Et quand tu insistes, c'est parce que tu insistes qu'on te reçoit. Et quand on te reçoit, dans la seconde où tu ouvres la bouche, tu dois prouver que tu as la capacité intellectuelle et que tu maîtrises le sujet qui t'emmène devant eux. Et ce n'est pas qu'une seule fois que moi j'ai eu ces gens. Parfois même, tu vois, tu es en face de quelqu'un qui passe par l'apparence, c'est-à-dire son gestuel. Il te minimise du regard, il ne te prend pas au sérieux. Et si tu es une femme qui n'a pas le mental d'acier, le mental fort, rapidement ça te décourage. Sachant que l'action qui t'emmène vers lui, qui est le responsable de cette zone, cette action que toi tu as initiée Tu n'es pas payé pour ça. Et cette action, c'est sa population qui en bénéficie et lui encore le premier. Mais bon, j'espère qu'avec le temps, moi j'ai eu le temps de faire mes preuves. Du coup, quand on entend parler de polyaphrodio aujourd'hui, on a déjà une certaine crédibilité qui fait que bon…
- Speaker #1
Face à ces obstacles, qu'est-ce qui t'a permis d'avancer, de continuer ou de les surmonter en fait ? Si tu avais un truc à dire rapidement sur ça, ce serait quoi ?
- Speaker #0
Ma foi. Tu testes aussi. Ma foi.
- Speaker #1
C'est ça. Oui, je teste. C'est tout.
- Speaker #0
La foi et l'envie que les choses changent concrètement.
- Speaker #1
Ça, ça t'a permis de résister et d'avancer par un gré tout ça.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Oui, donc comme tu as dit, être une femme, c'est pas déjà facile, mais être une femme mère et qui travaille... ces plusieurs casquettes-là, en fait, est-ce que tu penses que tu as trouvé cet équilibre ? Parce que tu vois, dans ta vie, il y a eu des moments où tu t'es dit « Ah, je travaille, j'ai fait les deux, je laisse tomber. Je m'occupe des enfants, donc je laisse tomber le boulot. Et puis bon, je reprends quelque chose et puis non, ça ne marche pas. Et puis je commence dans mon salon et puis bon, non, mais ça ne marche pas. » Aujourd'hui, tu as trouvé l'équilibre que tu veux. Comment tu fais pour trouver l'équilibre si c'est le cas ?
- Speaker #0
Oui, je pense qu'aujourd'hui, ça va. J'ai eu le temps de m'installer confortablement dans ce que je fais aujourd'hui et de m'organiser. J'avoue que cela ne serait pas possible sans le soutien de mon mari, parce que c'est lui qui me soutient, qui me donne de l'espace, qui me donne du temps. Il comprend que sa femme doit travailler pour telle activité, doit aussi voyager, parce que je voyage beaucoup aussi pour l'organisation. et la contrainte c'est que je dois laisser les enfants, c'est lui qui doit gérer les enfants en mon absence. Il comprend, il comprend, ce n'est pas facile mais il comprend.
- Speaker #1
Et est-ce que malgré tout, il y a des moments où tu as eu le sentiment que tu es passée à côté de ta vie personnelle ?
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
C'est quand ?
- Speaker #0
Tu peux expliquer ? Je le ressens le plus quand je suis là dans mes enfants parce que Je sacrifie, que je le veuille ou non, je sacrifie les enfants. pour l'évolution de l'organisation. Je répète, seulement par exemple, je suis en train de préparer un voyage où je dois partir. Donc, plus les jours approchent, plus je caline, je cache bien les enfants parce qu'il me manque, malgré que je suis encore là, mais il me manque déjà parce que d'ici quelques jours, je suis partie encore pour deux, trois semaines ou parfois même un mois. Donc, ces moments-là me manquent Parce que j'aime bien prendre soin d'eux, j'aime bien les accompagner à l'école, j'aime bien les réveiller le matin. Et aussi, il y a des fois où tu as juste envie de prendre soin de toi-même. Et quand tu es par exemple en vacances, il y a une obligation, on t'appelle, tu dois libérer si ce partenaire, tu as soumis un projet, tu as fait une proposition de candidature, tu es sélectionné, on te dit ça. tu oublies tes vacances et tu t'occupes de ça donc parfois c'est régulier tu t'abandonnes pour l'organisation c'est la vie même quand je me dis il n'y a aucune entreprise qui démarre et qui ne passe pas par là chaque chose en son temps je suis sûre que d'ici peut-être 5 ans encore ou 10 ans on aura une équipe assez solide parce que oui c'est vrai pour le moment nous travaillons en équipe mais ce n'est pas encore ça Avec le temps, on aura certainement recruté ou rencontré de belles personnes qui vont nous accompagner, qui vont faire en sorte que je ne serai plus tout le temps sur les aguets à surveiller les mails tous les matins, tel partenaire a écrit tel document à envoyer, tel voyage à faire, etc. Je suis sûre que ça va, de plus en plus le temps passe, je suis sûre que les choses vont devenir plus légères.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Il faut garder espoir et comprendre que les choses, même une organisation, c'est un élément vivant qui évolue tout doucement au rythme de sa croissance.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et du coup, avec tout ceci, est-ce qu'il y a des femmes proches ou vingtaines qui t'ont inspirée dans ta vie personnelle et professionnelle ?
- Speaker #0
Dans ma vie personnelle, celle qui m'a le plus inspirée c'est ma mère. C'est parce que j'ai vu avec le parcours qu'on a eu, les difficultés qu'elle a connues pendant notre adolescence et même malgré... Vous savez, les vieux là, nos papas là, plus ils grandissent, plus ils deviennent des bébés. Donc, des challenges qu'elles vivent au jour le jour, moi m'inspire et fais en sorte que ce soit dans mon foyer. Comme dans mon abnégation dans le travail, d'être indépendante financièrement. D'être indépendante comme femme. D'être épanouie en tant que femme. Tout ça, ma référence est ma mère. Ma référence est ma mère. Elle m'a appris très tôt à entreprendre. C'est elle qui m'a appris à entreprendre. C'est elle qui m'a appris à entreprendre. Donc ça, c'est la plus grande référence que j'ai.
- Speaker #1
Merci. Claire ? On commence à arriver à la fin, en fait. Donc, une question que je pose toujours à mes invités, c'est comment tu te projettes d'ici 10 ans ? Qu'est-ce que tu rêves d'avoir accompli dans 10 ans, en fait ? Si on se réveillait 10 ans plus tard pour avoir ce système, qu'est-ce que tu aurais à apporter ?
- Speaker #0
Déjà, si je fasse tout ce travail, c'est pour qu'un jour, je puisse faire partie de cette pionnière-là dans le domaine de l'environnement au pays.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et pour avoir participé déjà à trois conférences internationales, et bon, il y a eu des sommets, mais des grandes conférences organisées par l'ONU. Mon rêve très, très, à moyen terme je dirais même, c'est d'être une négociatrice climatique pour mon pays, reposer mon pays hors de ses frontières et défendre le drapeau de mon pays hors de ses frontières. frontières, représenter également la jante féminine hors de ces frontières et faire en sorte que d'autres jeunes filles puissent trouver en moi l'exemple, le modèle afin de s'engager dans l'environnement. Parce que beaucoup de femmes, autant le veuillent ou pas, malgré toutes les politiques, les femmes restent très, très réticentes. Elles préfèrent rester toujours après, c'est-à-dire sous couverture d'un homme et Je pense qu'il faut aujourd'hui montrer les hommes pour que les femmes puissent croire de plus en plus en elle. Et qu'un jour, même si je ne suis plus là, qu'on puisse dire « Ah mais on a connu une dame, Madame Savimbi, Madame Paulette, qui, elle a quand même marqué son temps, elle a marqué son époque et c'est elle qui a initié telle, telle, telle, telle chose aujourd'hui dont vous bénéficiez dans telle ou telle communauté. Ça, c'est mon rêve.
- Speaker #1
Ok. Eh bien, écoute, tous mes souhaits positifs alors que ce rêve s'accomplisse. Et en ces temps de janvier où on continue encore à se souhaiter bonne année, donc moi je te souhaite une bonne décennie en fait. Merci.
- Speaker #0
Qui arrive.
- Speaker #1
Et donc là, on va vraiment atterrir à nos polettes. Et j'aimerais savoir, donc, S'il y a des femmes qui vont nous écouter, qu'est-ce que tu aimerais partager comme message aux femmes et aux jeunes filles qui vont tomber un peu sur cet entretien ?
- Speaker #0
Je leur dirais ce que je voudrais qu'on me dise. C'est d'avoir toujours foi en moi-même et peu importe la difficulté, tant que je sais exactement où je veux atterrir. Ne pas flancher face... au challenge. Rester concentrée, rester positive, éviter surtout les personnes qui nous découragent dans notre élan. Et veiller à ce que ce que nous avons voulu réaliser pour nous-mêmes soit réalisé. Peu importe le challenge. Et rester, veiller à être malgré tout indépendante financièrement en tant que femme.
- Speaker #1
Indépendance financière, ça va être le mot que je retiens. Et je te dis... énormément merci, c'était vraiment un plaisir d'échanger avec toi Paulette et j'espère que ceux qui vont écouter ça vont avoir autant de plaisir et d'apprentissage que ce que moi j'ai appris au moment de cette discussion,
- Speaker #0
merci encore moi qui vous remercie, je remercie Théra Moutchouk qui a eu une initiative que je découvre fièrement et qui me donne la voix et qui par cette occasion, par ce canal donnera également la voix à d'autres petites filles qui grandissent sans savoir le monde dans lequel ils vivent. Je vous remercie sincèrement pour cette initiative et je souhaite vraiment bon vent à cette entreprise-là.
- Speaker #1
Merci, merci Paulette.