Speaker #0Hello les intimes, bienvenue dans ce nouvel épisode de Terres Intimes ! Je suis trop contente, je suis hyper contente d'enregistrer cet épisode d'aujourd'hui parce que je vais vous parler d'une obsession que j'ai depuis quelques semaines et j'avais tellement envie de vous partager cet épisode de Terres Intimes. L'objectif de cette nouvelle saison, c'était que ça ne me prenne pas trop de temps avec toutes les interviews. J'ai passé tellement de temps sur cet épisode à écrire tout ce qui me passait par la tête. Et cette obsession, c'est la série canadienne Heated Rivalry. que je trouve Talmond Deer Adair. Donc je crois que c'est genre rivalité brûlante, quelque chose comme ça en français. Et c'est une série que je trouve vraiment géniale et qui fait un carton interplanétaire. Donc elle est sortie, en fait, le 28 novembre au Canada. Elle a tellement bien marché que genre tous les pays l'ont rachetée. Et elle est arrivée en France le 6 février. Heureusement pour moi, je vous l'avoue, ne m'envoyez pas en prison. Je l'ai vue avant parce qu'une très très bonne copine qui s'appelle Alice et on va reparler d'Alice, donc souvenez-vous-en. Elle m'a fait découvrir cette série, elle est venue chez moi, elle voulait pas que je la regarde seule, elle est venue chez moi, elle m'a montré les trois premiers épisodes, elle est repartie, j'ai commencé à lui dire, je vais me faire spoiler là sur les réseaux sociaux, parce que Big Brother a senti que j'aimais bien cette série, je lui ai dit tu reviens, elle est revenue deux jours après et on a terminé la série. Pour elle c'était la quatrième fois qu'elle l'a voyée, moi c'était la première, j'avoue je l'ai revue une ou deux fois depuis, mais il fallait absolument que je la montre à mon mec. Donc qu'est-ce que c'est que cette série ? Hitted Rivalry, c'est une série qui raconte l'histoire d'amour entre deux hommes professionnels de hockey sur classe, donc dans un milieu qui est très masculin, pas dans sa plus belle forme, clairement, parce qu'il y a aussi pas mal de masculinité toxique, et donc c'est un milieu qui est très homophobe. Dans cette histoire d'amour, il y a énormément de choses qui m'ont touchée, et pas seulement la sexualité, parce que je sais qu'on en parle beaucoup dans la manière dont la série est présentée dans les médias, c'est vraiment le sexe, c'est fou. Alors c'est vrai que les scènes de sexe sont superbes, elles ont une Une réelle importance dans l'évolution des personnages, c'est jamais du sexe gratuit. Et il y a une attention particulière qui est donnée à la sensualité et au consentement. Mais c'est pas que ça, c'est aussi l'amour qui se crée entre ces deux personnages qui sont imparfaits, leur communication, le spectre d'émotion qui nous est proposé par ces hommes. Comment les femmes aussi sont écrites, elles sont tellement importantes, toutes les femmes. Et aussi, par exemple, toute la musique qui est choisie, le rythme de l'histoire. Enfin, il y a tellement de choses qui m'ont touchée. Et c'est pour ça... qu'aujourd'hui, dans cet épisode de Terres intimes, j'avais envie de vous dire les 10 raisons pour lesquelles il faut regarder cette série. En tout cas, pourquoi moi, elle m'a fait vibrer. Donc je vous dis, bienvenue dans l'épisode de Terres intimes, spécialement sur Hitted Rivalry, dans lequel je vous présente l'amour que j'ai pour Shane et Hylia, les deux personnages principaux. Je préfère vous prévenir, je vais vous spoiler toute la série. Donc cet épisode est à écouter si vous ne comprenez pas pourquoi cette série marche autant. si vous n'avez tout simplement pas envie de la regarder, ou si vous l'avez déjà vue et qu'elle vous manque terriblement. Sachez que je vais vous parler de sexe, d'amour, de russe, d'autisme, de consentement, de femme, et de coming in ou encore de coming out. Je vous dis à tout de suite et je vous souhaite une très belle écoute. Bienvenue dans Terres intimes, le podcast qui explore la sexualité et l'intimité de personnes comme vous et moi. À chaque épisode, découvrez des témoignages authentiques et remplis d'engagement, des réflexions et des outils pour vous aider à vous sentir plus libre, apaisé et joyeuse dans votre vie intime. Parce que s'épanouir dans sa sexualité est autant une nécessité qu'un acte révolutionnaire. Si le podcast vous plaît, s'il vous fait du bien, si vous avez même envie de le partager à vos amis, alors n'hésitez pas à vous y abonner pour ne rater aucun épisode et à lui mettre 5 étoiles. C'est un petit clic pour vous et pour nous, c'est beaucoup. Je suis Juliette Cervera et vous écoutez Terres intimes. Alors, si ça vous va, pour commencer, je vais un peu vous présenter la série de manière globale pour que vous compreniez tout le contexte, et ensuite je vous fais mes 10 points. Donc, Hitted Rivalry, Rivalité Brûlante, qu'est-ce que c'est ? Au départ, c'est le tome 2 d'une série de livres qui s'appelle Game Changers, qui a été écrite par Rachel Reed. Cette série de livres, elle compte 6 tomes, bientôt 7, et en fait, on a plusieurs romances gays dans l'univers du hockey sur glace. Le tome 1 suit l'histoire de deux hommes, attendez, souvenez-vous-en, Kip Grady et Scott Hunter. Donc en gros, Kip et Scott. Et le deuxième tome, qui s'appelle Hitty Driver, suit l'histoire de Shane Hollander et Ilya Rozanov. C'est beaucoup de dons d'un coup, mais en gros, il y a Kip et Scott qui sont together, qui se kiffent, quoi, et Shane et Ilya. Donc la première saison de la série télévisée, qui s'appelle Hitty Driver, elle parle vraiment de l'histoire du tome 2. Elle est en 6 épisodes. Cependant, son troisième épisode, c'est comme s'il y avait une... parenthèse entre l'histoire de Shane et Ilya, son troisième épisode est dédié à Kip et Scott. Pourquoi ? Parce qu'en fait ils ont une place très importante dans l'histoire d'amour de Shane et Ilya, et je vais vous expliquer pourquoi juste après. Donc tout ça pour vous dire, voilà, on se concentre sur les deux personnages principaux vraiment de cette série, Ilya et Shane, qui sont deux prodigies du hockey sur glace, qui sont premiers à des brillantes carrières, et ils sont capitaines de leur équipe, donc au début, non, parce qu'au début ils sont au début de leur carrière, mais voilà, ils deviennent très vite... exceptionnelles dans leur métier, deviennent capitaines de leur équipe, donc ça veut dire plus de visibilité, beaucoup plus de compétition, une posture importante vis-à-vis de leurs coéquipiers, et voilà, comme je disais, plus de visibilité dans les médias. Donc c'est compliqué dans un espace homophobe de pouvoir l'être ouvertement, c'est même impossible. Pour que vous ayez un petit peu le cadre, Shane joue pour les Métros de Montréal et Ilya pour les Raiders de Boston. Ce qui fait qu'en fait, leur équipe joue souvent l'une contre l'autre, mais chacun à sa vie de son côté, dans sa ville, et c'est quand ils jouent ensemble, souvent lors de compétitions, qu'ils vont avoir l'occasion de se croiser. Mais l'important dans cette histoire, c'est que Shane et Ilya, ce n'est pas juste des grands compétiteurs, des grands rivaux sur la glace, ils ont aussi une alchimie incroyable, une attirance irrésistible, et ils couchent ensemble dès le premier épisode. Leur histoire, sur toute la série, s'étire sur dix ans. Ça, c'est bon à savoir. Donc, quand ils se rencontrent, je crois que c'est en 2008, ils doivent avoir 16-17 ans. Et ça dure jusqu'en 2017. C'est un rythme aussi formidable que terrible. Je termine cette petite présentation avec la présentation des acteurs. Parce que je vais par la suite un petit peu en parler. Donc, c'est pour que vous soyez bien rodés sur le cadre. Donc, Shane Hollander, il est joué par Hudson Williams. Ilya Rozanov est joué par Connor Story. Scott Hunter est joué par François Arnault et Keep Grady est joué par Robbie Gramkunt. Je vais surtout vous parler de Hudson et Connor qui sont les acteurs principaux parce qu'ils jouent le couple principal Shane et Ilya. Maintenant que tout ça s'est posé, je vous propose de plonger dans les 10 points que vous attendez toutes et tous. C'est parti ! Le premier point, je ne vais pas vous faire attendre 10 points ou 20 minutes pour parler de ça. On va parler de sexe directement. Pourquoi ? Déjà, on n'a jamais eu de scène de sexe pareil entre deux hommes à la télévision. C'est vraiment quelque chose d'assez révolutionnaire d'avoir une représentation du sexe gay aussi bien faite. Et mis à part ça qu'il faut vraiment mettre en avant, le truc qui m'a vraiment touchée, c'est que j'étais hyper sereine en regardant les scènes de sexe. Parce qu'on a deux personnages principaux qui sont traités physiquement à égalité. Très souvent dans les scènes de sexe hétéro, je trouve, les femmes sont montrées explicitement avec presque toute leur anatomie, en fait, tout sauf leur sexe. Et on voit très peu le corps des hommes. Le corps des hommes est très peu érotisé. Dans Hitted Ravelry, les deux hommes et même les quatre hommes, si on pense à Shane, Ilya mais aussi Kip et Scott, sont montrés explicitement à part égale. On voit tout sauf leur pénis, mais on voit vraiment leurs fesses, on voit leur corps. Tout ça filmé d'une manière assez particulière parce que pour moi, il n'y a pas de male gaze. Alors le male gaze, je fais juste un petit rappel théorique, c'est pas le fait de filmer un film en tant qu'homme ou de filmer des hommes. Le male gaze, c'est un concept qui a été théorisé. en 1975 par Laura Mulvey dans son article Visual Pleasure and Narrative Cinema. Et c'est la représentation du corps comme objet de désir, que ce soit un corps masculin ou un corps féminin, filmé par un homme ou par une femme. En fait, on le remarque dans une série ou un film quand le choix de mise en scène, en fait, ça va vraiment objectifier les corps et souvent, le plus généralement, les corps féminins. Donc, comment est transmise cette objectification ? C'est vraiment quand il y a des gros plans qui vont morceler les corps. Un système de champs et de contre-champs qui vont entretenir une forme de voyeurisme ou une forme de fascination. Et en fait, c'est Iris Bray qui le définit très bien dans son livre Le Regard Féminin, lorsqu'elle dit, attention je vous fais une petite quote, une quote, « Ce processus d'objectification des femmes dans le but d'exciter celui ou celle qui les regarde, spectateur ou personnage masculin, porte un nom, c'est le male gaze. » Elle ajoute une citation de Laura Mulvey qui est « Le cinéma, procure nombre de plaisirs, parmi lesquels celui qu'engendre la pulsion scopique ou scopophilie, le plaisir éprouvé. A regarder. Donc je vous donne un exemple après ce petit moment un peu théorique. C'est que dans de nombreux films ou de nombreuses séries, par exemple les James Bond, les personnages féminins, on voit d'abord des bouts d'ailes, par exemple sans tête. Je crois que c'est ce qui se passe quand il y a le personnage d'Albery, on le voit d'abord son corps qui sort de l'eau. Donc c'est d'abord un objet de désir. Pour le personnage féminin qui... est en train de le regarder. En fait, on suit le regard de l'homme et ça va générer du désir chez le spectateur. Puis ensuite, on va découvrir sa tête. Il y a aussi dans des scènes de danse, Iris Bray utilise l'exemple qu'on ne va pas avoir l'impression de danser avec le personnage, on va vraiment avoir l'impression de regarder le personnage. Et en fait, la manière dont on a la caméra de filmer, elle va nous imposer une émotion, souvent du... désir. Et ça, ça va impacter ensuite notre imaginaire érotique, etc. Donc tout ça, je suis désolée, j'avais vraiment trop envie de faire ce truc sur les male gaze parce que je trouve ça tellement important. Je trouve qu'il n'y en a pas. Alors, je sais qu'on ne peut pas vraiment parler de female gaze parce que le female gaze c'est un regard qui donne vraiment une subjectivité au personnage féminin, en tout cas c'est comme ça que c'est décrit. Et c'est un regard qui permet au spectateur de ressentir l'expérience de l'héroïne sans pour autant s'identifier ou sans pour autant imposer quelque chose. Et c'est surtout un effort qui n'est pas dans l'objectification du personnage, mais vraiment dans le faire vivre pleinement comme pleinement acteur. Mais je trouve qu'on a cette Ausha, en fait, dans Hated Rivalry, dans les scènes de sexe. Je trouve qu'on ne nous impose pas un désir. On est vraiment dans l'expérience des personnages. Des personnages. Pardon, des personnages un et l'autre. Donc voilà, est-ce que c'est le gay gaze ? Je ne sais pas. Mais je voulais vraiment le mettre en avant parce que moi, en tant que femme, d'expérimenter ça, ça m'a fait un bien fou. Je n'avais pas du tout l'impression de voir des personnages... coucher ensemble et qu'on m'impose quelque chose, j'avais l'impression d'être plongée dans leur relation, dans leur ressenti, dans leur désir, dans leur peur. Et c'était assez incroyable aussi parce qu'il n'y avait pas cette dynamique un peu de domination soumission. Le réalisateur, il a vraiment dit quelque chose que je trouve fou. Il a dit je voulais que les scènes de sexe soient fun et enthousiastes avec aucune énergie de menace ou de power move. Il voulait que personne ne soit dans cette vibe de je vais gagner le sexe. Et ça, ça se ressent vraiment énormément. Je voulais juste faire une parenthèse sur cette dynamique, parce que c'est un peu une dynamique de domination-soumission qu'on voit parfois dans les films, ce truc de menace, notamment dans les scènes de sexe hétérosexuel. Mais on peut voir quand même, et ça les acteurs en ont parlé, donc Connor Story et Hudson Williams, ils ont parlé de leur dynamique un peu, qu'il peut y avoir de domination-soumission entre Shane et Hylia. Et en fait, je trouve que ça n'a rien à voir avec les scènes qu'on peut voir hétéro, parce qu'ils sont toujours à égalité. d'avoir deux hommes qui se respectent. Il y a une forme d'égalité, donc ça ne crée pas de déséquilibre de pouvoir. Et quand je dis qu'ils ont ce truc de domination-soumission, c'est que les acteurs, ils ont quand même parlé du fait que dans leur vie, Shane, il a une vie très contrôlée. C'est vraiment quelqu'un qui contrôle beaucoup de choses. Il y a sa mère, c'est sa manageuse, donc sa mom-manager. Je ne sais même pas comment on dit. Il ne faut pas que je tente de faire ça. Mom-ager, je n'en sais rien. Et en fait, tout est très contrôlé. Et dans sa sexualité, on voit qu'il... lâche beaucoup plus les choses, il est beaucoup plus dans le lâcher-prise, il se laisse beaucoup plus porter. Et au contraire, les acteurs ont remarqué qu'il y a une vie complètement chaotique, une famille complètement chaotique, il n'a pas le pouvoir dessus, il ne contrôle pas. Et dans sa sexualité, c'est beaucoup plus lui qui va guider, qui va l'aider. Et les acteurs ont dit que ça peut expliquer pourquoi dans leur sexualité, ils expriment des besoins différents qui peuvent être une forme de domination, soumission. mais qui est toujours dans cet espace de consentement. Après, on peut préciser aussi que dans le monde BDSM, en fait, le consentement est à une place énorme. Et quand on donne, entre guillemets, le pouvoir à l'autre de décider sur nous, enfin, comment dire, quand l'autre est le dominant et que nous, on est le soumis, en fait, le dominant est soumis au désir du soumis. C'est-à-dire que moi, si je vais dominer quelqu'un, en fait, je vais dominer quelqu'un dans l'idée où je vais être soumise aux désirs, aux envies de cette personne. en fait je vais la dominer de sorte que cette personne soit pleinement dans le plaisir de ce que je lui propose. Donc je vais beaucoup calculer par rapport à cette personne. Mais bon bref, dans cette série, les scènes sont juste magnifiques grâce à ça. Et la place du consentement est folle. Le nombre de fois où Ilya demande à Shane « Is this ok ? You still want this ? » Je trouve ça tellement beau parce qu'en fait, moi, j'ai jamais vu ce genre de série. Alors je n'ai pas regardé Normal People, mais on m'en a parlé. On m'en a dit beaucoup de bien par rapport à ça. Et je pense qu'il faut que je la regarde. Et il y a juste un moment donné où je me suis dit, bon là qu'on s'entend pas ouf, c'est quand Ilya envoie une dick pic à Shane. Donc ça, je me suis dit, bon, ok, peut-être que ça, ça peut être adapté. Après, il faut savoir que la dick pic n'est pas dans les livres de base. Donc le réalisateur a peut-être eu envie de mettre en avant une forme de drague moderne. Il faut juste pas oublier que ces photos ne doivent pas être envoyées avant d'être demandées. Et ce que je trouve génial dans le sexe aussi, on est toujours dans le point 1 mais je vous promets c'est le plus long, c'est qu'il y a toujours un débrief. En fait, il y a toujours de la communication avant, pendant, après. Et l'après-sexe qu'on voit très peu dans la série, quand la tension est retombée, on voit vraiment le check avec l'autre, comment il se sent, qu'est-ce qu'il a vécu, etc. Et c'est des moments hyper tendres. Cet aftercare est vraiment très très très bien traduit. Par contre, il y a une exception quand même à la fin de l'épisode 2. Alors attention, gros spoil qui arrive, bouchez-vous les oreilles si jamais vous n'avez pas envie de l'entendre. Mais à la fin de l'épisode 2, on sent qu'Iliya fait quand même une petite crise d'attachement. En tout cas, il a du mal à gérer ses émotions. Il est très fermé et on peut voir d'ailleurs à quel point ça va perturber Shane. Parce qu'en fait, la fin de l'épisode 2, il se passe après la première fois où ils ont fait l'amour. Et on a vraiment ce baiser hyper tendre que fait Iliya à Shane avant de partir. Et ensuite, quand Iliya va revoir Shane, il va être très fermé. Et ils vont coucher ensemble, mais il ne va pas du tout prendre justement ce temps, avoir cet espace de soins. Et on sent à la fin de l'épisode 2, donc quand il y a est fermé, il y a une forme de vide, un manque de tendresse, juste d'attention à l'autre. Et en fait, il n'y a pas cet aftercare, il y a une grosse fermeture. Et il y a un autre moment où on ressent une forme de fracture aussi ou de différence, c'est quand c'est au tour de Shane de paniquer, en fait. Ça, c'est dans l'épisode 4, quand après un moment super intime où... bien plus intime en tout cas que ce qu'ils ont eu par le passé, Shane part brusquement. Il n'y a vraiment pas de soin, d'attention pour l'autre dans cet espace post-orgasme ou post-intimité, sexualité. Les personnages en tout cas, et nous aussi, on se sent à ces moments-là coupés de l'énergie du soin, de l'aftercare. Et je trouve que c'est très bien présenté. On arrive à un moment où en fait on a besoin de ce soin après de la sexualité. on a besoin de ressentir cette redescente, entre guillemets. En tout cas, pour terminer ce premier chapitre sur la sexualité, il y a une chose que je trouve essentielle à préciser par rapport à toutes ces scènes de sexe, c'est le fait que sur le tournage, ça a été possible d'avoir des choses d'aussi bonne qualité parce qu'ils ont travaillé avec une coordinatrice d'intimité qui s'appelle Ausha Hunter. Et cette coordinatrice qui a été avant actrice, qui a joué beaucoup de scènes d'intimité, elle a expliqué dans plusieurs interviews que dès le début, elle a travaillé pour instaurer un... cadre où les acteurs pouvaient vraiment exprimer leur niveau de consentement et leurs barrières. Et toutes les scènes ont ensuite été travaillées avec énormément de minutie. Vraiment comme des chorégraphies, elles disaient que tout était répété au millimètre près, parce qu'en fait, il faut que les acteurs se sentent bien, mais il faut aussi que la caméra puisse capter exactement ce qu'il faut, donc pas les cache-sexe ou ce genre de choses. Cet équilibre-là, il peut être trouvé avec une danse qui est très, très scriptée. Tellement scriptée et tellement répétée qu'après, les acteurs pouvaient Merci. lâcher leur tête, entre guillemets, et être vraiment dans leur côté artistique, avec toutes les dimensions du personnage. Et ce que j'ai trouvé hyper beau aussi dans les interviews de Clara Hunter, c'est qu'elle disait, son travail aussi en tant que coordinatrice d'intimité, c'est d'arriver à toujours accueillir la vulnérabilité de ses scènes et la gêne. Elle utilise vraiment le mot « awkwardness » , et que son travail c'est d'apprendre aux équipes à accepter qu'on puisse ressentir ça, à apprendre à naviguer avec, à faire des Merci. pause et son rôle était vraiment de communiquer ça sur tout le set du tournage parce que par exemple quand il jouait elle s'occupait aussi de tout sécuriser, enfin vraiment cette part de sécurité de travail que je trouve exceptionnellement bien faite donc je voulais vraiment le souligner et je pense que ça se ressent, c'est tellement de joie en regardant ces scènes de sexe le sexe n'est jamais gratuit, il n'y a jamais de la gratuité dans la nudité, elles font vraiment partie de l'histoire Au début de la série, vous avez beaucoup de sexualité dans les premiers épisodes, et après vous en avez moins en moins. Pas parce que le sexe est moins important, mais parce qu'on voit leurs relations évoluer, alors qu'au début ils sont vraiment des sex-buddies, des plans quoi. Ça évolue quand même assez vite, dès la fin de l'épisode 2, il y a vraiment un shift qui se fait dans leurs rapports, notamment quand, après la fameuse soirée passée ensemble, je vous en ai parlé tout à l'heure, où il n'y a pas eu cet aftercare parce qu'il y a été plus fermé en fait. On a vu que ça a perturbé Shane. Et d'ailleurs, Shane veut lui écrire une phrase. Il ne va pas le faire, mais il veut lui écrire. Et en fait, on le voit effacé. Cette phrase qui nous a tous fendu le cœur. We didn't even kiss. On ne s'est même pas embrassé. Et là, c'est en train de shifter. Donc voilà, dans mon imaginaire érotique et sexuel, ça m'a... réoxygéné, voilà, cette imaginaire-là, de voir deux hommes raconter avec cohérence, sensualité, respect, et on retient surtout que, genre, checker l'autre, consent, le consentement, mais c'est tellement incroyable, le consentement éclairé, enthousiaste, c'est vraiment le big green flag de toute la Terre, et ça ne casse absolument pas l'alchimie, et le silence ne nourrit pas l'alchimie, ni le plaisir, ni le désir, donc ça, c'est vraiment mis en avant, et chapeau bas ! Ensuite, le rythme. Alors, pourquoi enchaîner avec le rythme ? Parce que je vous ai parlé du fait que la série se passe sur 10 ans. Et on peut voir, par exemple, 2 ans qui se passent en 10 minutes. Moi, ça me rendait tellement ouf ! Je me disais, mais tout ce temps perdu, quoi ! On voit vraiment le temps filer devant nos yeux. Parce que les personnages, ils sont concentrés sur leur carrière. Ils jouent pas toujours dans les mêmes villes. Donc, en fait, quand on a un moment de calme qui arrive, après, par exemple, un an où ils se sont juste croisés, quand on a un moment où là, il y a un... un moment de présence. En fait, ces scènes ont une saveur tellement particulière quand ils sont ensemble et qu'ils ont ce temps entre eux, ce temps un peu volé. Et c'est tellement symbolique, en fait, ces personnages-là, s'ils n'étaient pas en relation ou si c'était dans une société qui acceptait complètement l'homosexualité, cette temporalité serait complètement différente. On ne serait pas sur des moments volés. Les derniers épisodes sont beaucoup moins dans une temporalité volée, dans le sens où ils ne se voient plus. En fait, c'est plus ils acceptent l'amour qu'ils ont. Plus, en fait, ils s'autorisent à prendre des temps où ils sont ensemble. Enfin, je trouve qu'il y a un vrai truc par rapport au rythme. Même s'ils se voient tous les deux ans, parfois tous les un an, on voit vraiment une complicité s'installer. Et voilà, l'évolution de cette rythmique crée que chaque moment où ils sont ensemble est tellement précieux. Le troisième point que je trouve hyper important et qui m'a beaucoup touchée, c'est le spectre des émotions des hommes qu'on voit dans cette série. En fait, les acteurs en parlent. énormément parce qu'il y a cette grande question autour de la série, pourquoi les femmes l'adorent. On a deux hommes qui naviguent entre plein d'émotions. La joie, la frustration, la détresse, la tristesse, le deuil, l'acceptation. Et en fait, ils montrent un spectre d'émotions immense, une très forte vulnérabilité par moment, une grande fermeture. On les voit lutter contre leurs propres émotions et leurs sentiments. Plus on avance dans la série, il y a des moments où ils vont s'ouvrir et ils vont être vraiment dans une joie, un truc hyper lumineux, donc ce spectre-là, moi, je l'ai trouvé hyper riche et il m'a fait beaucoup de bien. Et par exemple, il y a, moi, c'est vraiment l'évolution d'Ilia que j'ai trouvé fabuleuse dans les épisodes 1 et 2. Il est complètement différent de celui qui est présenté dans l'épisode 5 ou l'épisode 6. En fait, au début, voilà, c'est quelqu'un de très joueur, très dur, une bonne carapace, qui fait des blagues, qui est très provocateur. Et dans l'épisode 5 et 6, il est vraiment en amour de Shane. Alors, il lutte envers lui-même de... comment il peut faire en tant que personnage sportif très connu, aussi en tant que Russe, pour vivre cette histoire d'amour. Il y a un moment qui m'a vraiment choquée, c'est quand il demande à Shane qu'est-ce qui fait qu'il ait un style aussi bien. Et en fait, on voit dans le livre qu'il a très peur à ce moment-là que Shane lui dise « c'est parce que j'ai une copine qui m'a aidée à m'habiller » ou que sais-je. Et là, Shane lui répond qu'il a engagé un styliste. Et là, le sourire d'Ilia est tellement lumineux. J'ai l'impression qu'on le rencontre pour de vrai petit à petit. Et j'ai trouvé ça magnifique. Et il y a un autre moment que je trouve très très beau dans les émotions et dans le fait que c'est vraiment des personnages super vulnérables mais aussi des grands rocs. C'est quand dans l'épisode 6, Shane, son père les a vus dans la maison ensemble. Donc son père sait que Shane a une relation avec Ilya. Et Shane est en panique, c'est son pire cauchemar d'être découvert par ses parents. Et là, Ilya, il a une stabilité. Il lui dit qu'il est courageux, il fait quelques blagues mais il reste hyper calme. Et on voit en fait que Shane, il est maintenu, c'est vraiment une co-régulation de son système nerveux, vraiment à ce moment-là, par le calme d'Ilia, qui l'accompagne petit à petit, qui l'aide à élaborer, qui l'aide à trouver petit à petit le chemin vers « Ok, qu'est-ce qu'on fait ? » Tout ce spectre d'émotion, c'est quand même assez rare qu'on puisse le voir ou que des hommes nous présentent ça à la télé. Les acteurs ont dit des mots assez marrants sur ça. « Connor Story » , c'est des mots aussi qui ont été repris par François Arnault. Il expliquait qu'en fait... Les femmes en ont marre, enfin qu'il avait lu sur le réseau que les femmes en avaient marre des hétéros. De voir des hommes gays à la télé, c'était un peu la seule manière pour les femmes de voir une masculinité qui semble attirante, qui semble accessible, de voir des hommes qui sont capables pleinement d'être dans leurs émotions et qui sont pas aussi par rapport à la sexualité, dans une sexualité pornographique de l'efficacité, du tout de suite. Là, il y en a du tout. temps, il y a des moments entre le sexe, le désir, on a des émotions qui se passent. C'est hyper riche, en fait, dans ce qu'il nous propose. Et Hudson, il a beaucoup parlé du fait que là, on a deux hommes ensemble. Il y a une forme de sécurité inhérente qui vient d'eux. Ils sont obligés, en fait, d'être dans leurs émotions, de montrer petit à petit leurs émotions, parce que c'est un peu aussi le seul moyen de communiquer. Et là, on arrive sur le quatrième point, c'est la communication. Cette importance, Hudson disait vraiment... Cette idée que là, on a vraiment deux hommes qui doivent communiquer parce qu'il n'y a pas de femmes la plus vite de temps autour. En fait, souvent dans les séries, dans la vie, j'ai envie de vous dire, c'est que les femmes, elles sont responsables de la charge émotionnelle, je trouve. Principalement, c'est elles qui apportent les vraies conversations, qui gèrent les émotions, qui naviguent, qui déchiffrent les problèmes, qui décortiquent tout, qui mâchent le travail, qui arrivent un petit peu avec les solutions. Et l'une des raisons pour lesquelles Hitty Driver remarche autant, c'est, je pense aussi... par rapport à ce spectre, cet angle de la communication. C'est aussi pour ça que la série Nobody Wants This marche. C'est que les femmes ne portent pas ou ne portent pas seules la communication et la charge émotionnelle. Dans Hitted Ravelry, les femmes ont des rôles différents, elles ont des rôles importants. On y reviendra ensuite. Mais la charge émotionnelle, elle revient à Ilya et Shane qui doivent se prendre en main. On les voit être incapables de communiquer au début ou en tout cas avoir des difficultés et petit à petit, à trouver un moyen de se parler. de s'excuser, de trouver des mots. On les voit qui reculent, qui ont peur, on les voit qui reviennent. Et en fait, on les voit solutionner leurs relations d'eux-mêmes. Et ça, c'est hyper reposant de voir le fait qu'ils trouvent leur chemin, qu'on n'est pas dans une forme de drama inutile. Ça, c'est aussi hyper important. Enfin, ils ne créent pas de drama inutile, ils arrivent à résoudre ce qui se passe en eux, et ils arrivent à communiquer entre eux. Et en fait, je pense que... C'est un espoir pour l'humanité. Mais en tant que femme, de voir ça, cette masculinité-là qui est proposée, c'est hyper apaisant. Il y a le cinquième point que je trouve super important, qui m'émeut presque quand j'en parle, c'est le point de la représentation. Le manque de représentation dans notre société de personnages queer, de personnages publics queer, est vraiment assez désastreux. Et quand on sait que la série se passe entre 2008 et 2017, on sait qu'à l'époque, c'était encore moins qu'aujourd'hui. Ce qui explique d'ailleurs, comme je disais, la temporalité. Ils mettent dix ans à juste s'autoriser ou à comprendre qu'ils sont gays ou bi, qu'ils veulent être ensemble. Ça fait dix ans et à la fin, la série se termine par « I'm your boyfriend » . Enfin, dix ans pour avoir ça, pour s'autoriser à s'aimer. Sauf que ces dix ans, c'est un peu une triste réalité pour beaucoup de monde aujourd'hui. Parce que quand on n'a pas la représentation pour comprendre ce qui se passe en nous, on a du mal à l'élaborer. Il y a vraiment plein de gens qui disent tout le temps qu'il ne faut pas que les personnes gays trop qu'on les voit s'embrasser, parce que ça va donner des mauvaises idées aux enfants. Si on prend le problème à l'envers, on a des hétéros qui s'embrassent tout le temps. On n'a qu'une représentation d'imaginaire hétéro, en plus bien particulière, très hétéronormée. Ça n'empêche pas les gays d'être gays, les bis d'être bis, les pans d'être pans, etc. Et ça ne marche pas. Ça ne marche pas. La représentation, je pense que vous le savez si vous écoutez ce podcast, mais la représentation n'influence pas notre... orientation sexuelle qui n'est pas un choix. C'est juste qu'elle va donner une ressource pour comprendre qui on est, pour le vivre pleinement, pour être pleinement libre. Et ça, le fait qu'on ait cette série, nous donne ça. Et ce que je trouve incroyable par un effet de mise en abîme dans la série, c'est que Ilya et Shane, ce qui fait qu'eux peuvent être ensemble et se l'autorisent, c'est parce qu'ils ont un exemple. Et là, le couple dont je vous ai parlé, Kip et Scott, qui est de base dans la série de Tom Game Changers, qui est la série de 6 tomes, Le premier tome est sur Kip et Scott, et c'est une histoire d'amour entre un étudiant en art, je sais plus exactement, et Scott qui est donc dans le milieu du hockey, qui ne veut que personne découvre son homosexualité. Et dans l'épisode 3 de la série, en fait, on voit leur histoire d'amour, on voit qu'ils s'aiment, mais ça peut pas marcher parce que Scott, il veut rester caché, et Kip, c'est un homosexuel qui est out in the open, qui est vraiment libre, enfin, qui a dit autour de lui, les gens le soutiennent, il a d'ailleurs un père. incroyable, Kip. Non mais qui est cet homme formidable ? Bref, je peux pas vous parler de tout, mais vraiment incroyable. Et en fait, Kip et Scott, dans, je crois que c'est l'épisode 5, il y a Scott qui fait son coming out et qui donne à Shane et Elia une représentation de deux gays sur glace. Parce qu'au moment où Scott, qui est donc un professionnel du hockey, fait son coming out, il demande en fait à Kip de le rejoindre sur la glace avec lui. Et là, Shane et Elia voient à la télé dont Scott qu'ils connaissent, qui est quelqu'un avec qui ils travaillent, assumer son homosexualité, ça leur donne l'autorisation à eux d'être ensemble. Et tout de suite, il y a quelque chose en lui qui se débloque et dit à Shane que oui, il va l'accompagner cet été dans son cottage avec cette fameuse phrase « I am coming to the cottage » parce que Shane lui avait proposé de venir avec lui l'été. Il a été en mode « c'est impossible, c'est mort, ça va pas marcher » . Enfin, il lui a dit « maybe » , mais clairement, il savait que non. Et là ? il voit que c'est possible. Et ça, je trouve ça tellement incroyable ! Tout le monde a pleuré dans cet épisode. Je le sais. Tout le monde a, dans son cœur, senti que c'était tellement important. Donc c'est ça. La représentation, elle force rien. Elle permet de vivre librement en étant soi-même. Elle permet de poser des mots, de forger son imaginaire. Et comme ça, de construire la réalité qui nous correspond vraiment. Et cette représentation est tellement importante. Et je voulais juste dire que il y avait, je crois, 41% des... personnages LGBTQIA+, qui vont disparaître l'année prochaine. Vous prenez toutes les séries qui existent, avec tous les personnages queer, il y a 41% qui vont jarter, avec tout ce qui se passe en ce moment dans le monde. Donc je trouve ça terrible. Et la dernière chose sur la représentation, quand même, big up à la représentation bisexuelle d'Ilia, avec son simple, à la fin, dans l'épisode 6, I like both. Parce qu'à la fin de la journée, c'est pas plus compliqué. que ça, la bisexualité. Et cette représentation, je la trouve géniale parce que la représentation bi, elle n'est pas si forte que ça. Et pour en savoir un peu plus, je vous invite à lire le livre Embrasser la bisexualité de Camille Test. Sur ce, je vais passer au point numéro 6 qui est l'autisme. Alors l'autisme, c'est souvent les personnes qui sont sur le spectre autistique. Elles sont souvent représentées dans les séries avec un archétype qui a des gestes, des postures et des personnalités plutôt similaires. vraiment un archétype assez fort. Vous avez par exemple Sheldon dans The Big Bang Theory, Sam dans Atypical ou Sean dans The Good Doctor. Et ces portraits, ils sont pas faux du tout. C'est des portraits qui existent, mais c'est un archétype qui revient très souvent et qui est un peu l'archétype principal de l'autisme. Et le caractère de Shane, le personnage, pardon, de Shane, il présente des caractéristiques qui sont très différentes de celles-ci. Et il y a beaucoup d'articles qui disent que c'est assez refreshing, quoi, rafraîchissant, car on a encore une fois une nouvelle... représentation. Par exemple, on voit rarement des personnes sur le spectre autistique qui ont des vies intimes et des vies sexuelles. Et l'acteur qui joue Shane, Hudson William, il a expliqué qu'il s'est vraiment inspiré de personnages, enfin de personnes de son entourage qui sont sur le spectre autistique pour construire son personnage. Donc c'est des petits détails en fait dedans, s'il va plier ses vêtements d'une certaine façon, il va toujours boire la même boisson, on le voit dans sa manière de réagir, de répondre. Et en fait, c'est vraiment traité d'une manière très délicate, parce qu'en plus ce n'est pas C'est un sujet du tout dans la série. On voit qu'Ilya, il remarque ses éléments de Shane, notamment par exemple qu'il veut faire l'amour avec ses chaussettes. Mais la première fois qu'Ilya demande à Shane de se déshabiller, Shane n'enlève pas ses chaussettes. Et la deuxième fois qu'Ilya déshabille Shane, il lui laisse ses chaussettes. Donc en fait, c'est pas un sujet, il y a juste un respect de qui ils sont. Et ça, je trouvais ça très joli. Donc je voulais le pointer. Le septième point, c'est l'un de mes préférés. Les femmes. Alors les femmes, elles sont toutes... belles. Elles sont toutes intelligentes, elles sont toutes bienveillantes. Et elles jouent toutes des rôles super importants. Et elles ont toutes de la nuance. Et ça fait du bien. Alors que c'est même pas les personnages principales de cette série. Et surtout, elles ont un rôle clé dans le parcours des personnages. C'est vraiment pas du tout des figurantes, en fait. Enfin, des figurantes sans personnalité ou des gros stéréotypes. Nous avons comme personnage Rose qui est la seule petite amie de Shane qu'on voit pendant ses 10 ans. Alors moi, perso, je l'aimais pas du tout. Au début, je t'ai dit « mais va ! » Mais c'est avec elle que Shane va, en fait, c'est la première personne avec qui il va dire qu'il est gay parce qu'elle va lui donner l'espace sur un plateau d'exprimer ça en l'accueillant pleinement. Donc c'est la première personne avec qui il est 100% lui-même et qu'il l'accepte pleinement. Et donc elle lui donne un espace pour s'accueillir, pour s'autoriser. Et sans cette étape-là, en fait, toute la suite avec Iliane n'aurait pas pu se passer. Peut-être que ça aurait pu arriver, même quand Kip et Scott ont fait leur coming-out, qui leur a permis de se faire de s'autoriser à vivre une histoire, Shane et Ilya, mais en fait, il faut absolument que même Shane, il accueille ce qu'il est. Et vraiment, c'est Rose qui lui permet ça. Svetlana, c'est le pilier. C'est le deuxième personnage féminin que je trouve important. C'est le pilier d'Ilya. Je vous dis les mots qu'Alice, parce qu'Alice m'a aidée à écrire mes notes. Elle a écrit. C'est le pilier d'Ilya, c'est son souffle, sa seule famille, celle qu'il aime sans aucun jugement, sans aucun intérêt. Elle a de l'argent elle-même, un business, elle est indépendante. Bref, elle l'aime pour lui. Là où Ilya se refuse souvent à être pleinement lui-même, Un petit foufou finalement. Car quand on le voit avec elle, notamment la scène dans le lit quand il regarde la télé et qu'il se chamaille, c'est cet Ilya le vrai. Et c'est cet Ilya qu'on retrouve dans l'épisode 6 avec Shane. Et il y a cette phrase magnifique que Svetlana dit à Ilya. Elle lui dit en russe Donc elle sait tout. Et juste elle lui dit tout simplement Je sais et c'est magnifique. Et je trouve ça ouf. Nous avons ensuite Elena qui est la très bonne amie de Kip. Donc là on passe au couple Kip Scott. Et elle... parle à Scott de manière très ouverte parce qu'elle voit que Kip, son meilleur pote, est fou amoureux de Scott, qu'ils ont une belle histoire sauf qu'ils sont cachés. Et à un moment donné, elle peut danser avec Scott, je vous jure. Moi, je m'attendais à un discours moralisateur comme on peut avoir, genre, ouais, tu suis pas mon pote et tout. Bon, c'était un peu ce délire-là, mais il était très vrai et surtout, il était tourné sur le fait mais toi aussi, enfin, Kip, il mérite la lumière et toi aussi. Et je l'ai trouvé très doux, très bien faite. Et le fait qu'elle soit là, Quand Scott propose à Kip de venir le rejoindre sur la glace pour faire son coming out, j'ai trouvé ça trop beau parce que c'est elle qui dit à Kip en mode « Vas-y en fait ! » Genre là, il faut que tu y ailles, il t'attend. Donc j'ai trouvé ça trop beau. La dernière femme dont j'ai envie de parler, c'est la mère de Shane. où je vous avoue que son nom m'échappe, la Momager, ça ça doit être Alice qui l'a écrit dans mes notes, parce que moi j'aurais été un... Comme vous l'avez vu, je suis pas capable de le dire. On voit tout au long de la série son rôle de manager, et moins celui de mère, un peu comme si on était vraiment du point de vue de Shane, qui voit sa mère qui bosse avec lui. Et dans l'épisode 6, quand il fait son coming out, on la voit vraiment dans son rôle premier pour Shane, celui de sa mère, et le fait qu'elle lui dise qu'elle est désolée, qu'il n'est pas senti avec elle l'espace de se confier. et qu'elle le regrette, j'ai trouvé que c'était magnifique, gros big up à toutes ces femmes. Donc ces femmes, ce sont des alliées authentiques, qui ont des vrais rôles dans le parcours des personnages, qui ne sont pas juste des plantes vertes. Et ça, on est super content parce que la plupart du temps, c'est quand même ça. Le huitième point, c'est la Russie. Alors pourquoi la Russie ? Il y a dans la série, c'est un personnage russe. Il le joue très très bien, il parle russe tout le long. Et en fait, il faut savoir que l'acteur Connor Storys, il a toujours été à l'aise avec les langues. Il a passé son adolescence en France. Enfin, il parle français, je crois qu'il parle d'autres langues aussi, mais il a toujours dit qu'il était assez à l'aise. Et en fait, pour la série, il a appris l'alphabet russe, il a écouté du rap russe, il a travaillé comme un dingue. Il a fait quatre heures de russe par jour et il avait vraiment très, très peu de temps de préparation. Enfin, le tournage a duré un mois et demi. Ils étaient au courant qu'il le jouait, je crois, un mois avant. Et il remercie souvent la personne avec qui il a travaillé. Je vais écorcher son nom, mais c'est Kate Jablunovsky. et il parlait tellement bien russe que dans les scènes qui se jouent en Russie, qui ne sont pas vraiment en Russie, mais qui se jouent, il est toujours entouré d'acteurs qui sont eux, pour le coup, vraiment russes et qui pensaient, eux, qu'Ilya parlait russe tellement il parlait bien russe et qu'il était russe. Donc vraiment, je voulais juste souligner ça. Mais l'importance de la Russie, c'est surtout qu'Ilya est en train de devenir un symbole LGBT russe. Parce qu'en Russie, on le sait, c'est des lois qui sont très répressives concernant les personnes LGBTQIA+. Tout ce qui est un peu gay, c'est considéré comme de la propagande pour ne pas pervertir les esprits. Le mouvement lui-même, l'LGBTQIA+, est considéré comme extrémiste. Et en fait, en Russie, il y a plein de téléchargements illégaux pour voir cette série. Et là, il est en train de devenir un vrai symbole d'une forme de résistance. Et c'est surtout une représentation qui n'existe pas. Un gay russe en plus sportif, c'est hyper précieux. Et je voulais juste souligner, j'ai pas eu le temps de vraiment chercher ce qu'en pensait l'acteur qui joue Shane, mais l'identité japonaise de Shane dans ce couple-là, donc il y a Eru, c'est Shane et un cœur japonais, c'est sa mère qui a, enfin il a un grand-parent japonais, c'est pas beaucoup discuté. On a un peu dans la série le côté on est très heureux d'avoir un joueur d'origine japonaise, un moment très gênant qui montre un peu que tous les gens sont... On n'est pas très éduqués sur ce côté-là, en tout cas dans la série à ce moment-là. Mais... je trouve que c'est pas très creusé justement l'identité japonaise de Shane je me dis qu'ils auraient pu lui donner une place plus grande, sachant que l'origine d'Ilya pour le coup elle a une place hyper centrale dans l'histoire, je pense qu'en 2008 avec un capitaine avec une identité japonaise tout le monde aurait été, c'est le premier joueur de hockey sur glace à faire ça, c'est le premier joueur avec d'origine japonaise, etc et là pas du tout, donc c'était juste, je fais cette petite parenthèse, voilà si des personnes ont vu des choses intéressantes, n'hésitez pas à nous le partager Merci. Le neuvième point, on arrive bientôt à la fin, c'est le coming out et le coming in. Donc le coming in, j'en parlais tout à l'heure, c'est le fait que Shane réalise avec lui-même qu'il est gay, grâce notamment à son amie Rose, et le moment parfait, c'était juste un point pour souligner le moment parfait du coming out envers sa mère. Je vous mets la petite note d'Alice qu'elle a mise dans le coming out, que je trouve très mignonne. Le moment du coming out, quand Shane fait son coming out à ses parents, ils sont chez ses parents, et là les parents ont tout fait cuisine un petit repas autour duquel ils peuvent vraiment discuter. Et c'est vraiment un moment hyper chaleureux. Et c'est à ce moment-là que la mère va s'excuser auprès de Shane qu'elle lui ait pas donné l'espace. Mais c'est aussi, et là je vous mets les notes d'Alice, excusez-moi, je voulais juste vous expliquer le contexte. Ce moment est parfait pour illustrer l'accueil d'Ilia dans la famille de Shane. Quand on sait que son dernier repas avec sa vraie famille, c'est le repas d'enterrement, parce qu'effectivement, juste petite parenthèse, le père d'Ilia est mort en Russie, et que celui-ci est le repas avec sa nouvelle famille. On voit tout de suite comment Ilya se comporte. C'est le Ilya qui est le vrai, celui qu'on voit quand il est avec Svetlana, par exemple, ou avec Shane, par exemple, avec la fameuse scène du Gimme a Kiss dans le lac. Ça s'illustre notamment par le petit jeu d'épaule de Connor, qui joue Ilya, complètement improvisé, mais qui montre la joie d'Ilya à être sur ce moment. Voilà. Parce que je sais pas si vous avez vu, quand Ilya mange des pâtes pendant ce repas, il est en mode trop content ! En fait, l'acteur racontait que c'était genre une réaction naturelle parce qu'il n'avait pas bouffé de pâtes depuis peu de temps. Donc ce moment coming in pour coming out, le lien entre les deux, la possibilité d'utiliser cette histoire, tellement important. Et le dernier point, moi, en fait, ce qui me reste de toute cette histoire. qui me reste vraiment dans le cœur, ce qui me reste sous la peau, c'est l'histoire d'amour. On n'est pas dans des poursuites de personnes, par exemple des hommes qui poursuivent des femmes avec des grands gestes d'amour, avec un enthousiasme beaucoup trop débordant, quelque chose de très poussif. On est vraiment sur juste deux hommes qui se choisissent, même si c'est socialement inconvénient, même si c'est compliqué. Et on voit que l'amour, il prend vraiment son temps, il se construit. On les voit reculer, paniquer, refuser et revenir vers eux-mêmes. et revenir vers l'autre. On les voit se dépasser, on les voit oser. Par exemple, dans l'épisode 6, quand juste Shane lui demande à Ilya, j'ai envie qu'on soit honnête pendant deux semaines, et Ilya qui est, on le voit terrifié, dit ok, je vais essayer. Juste le fait que petit à petit, ils essayent, ils osent, ils s'autorisent à s'aimer, et moi c'est ça que je trouve juste magnifique, de les voir vraiment devenir chacun la sécurité de l'autre. J'ai parlé tout à l'heure de la ré... co-régulation émotionnelle, mais moi c'est ces moments que je trouve magnifiques quand on les voit devenir en fait ce pilier l'un pour l'autre, tout en étant indépendant, etc. Mais vraiment cet amour partagé, moi c'est ça qui me reste profondément. Il y a pas mal de personnes qui ont discuté de fait que c'était super risqué pour la série de faire un dernier épisode où il n'y a pas du tout de ok. On a juste deux personnes qui s'aiment dans un cottage. Il y a l'enjeu du coming out, certes, mais c'est que sur l'amour. Et ce dernier épisode, je... pense, enfin cette série je crois est l'une des bien notées de HBO mais en fait il est très bien noté parce qu'on a enfin après 10 ans de dur labeur, l'amour qui prend toute sa place. Et en fait je crois que c'est le grand résultat de cette série, c'est le vrai truc là, elle remet au centre ce qui est super important, elle remet au centre l'amour et la joie de s'aimer. Enfin voilà, c'était juste moi c'est ça qui me reste que je trouve magnifique et d'ailleurs, Big Up a l'évolution de la lumière parce que les premiers moments de sexualité, d'intimité. Les acteurs sont vraiment cachés dans des chambres d'hôtel. Et le dernier épisode, il se passe dans le cottage qui est rempli de lumière. Et ce jeu d'évolution où les personnages étaient moins eux-mêmes, plus fermés, et à la fin, ils sont complètement ouverts, avec des grands sourires transparents. Cette évolution, même dans la mise en scène, je la trouve merveilleuse. Avant de terminer, parce que là, on arrive enfin à la fin. J'avais dit que je faisais des épisodes courts, mais en fait, j'ai trop de passion. pour cette série. Je vais juste pointer deux éléments que je trouve quand même importants. J'ai pas de solution à vous donner, de grande dissertation, mais il y a deux points qui ont été soulevés dans mes lectures et dans mes conversations. Le premier point, c'est que c'est une série qui est écrite par une femme et non par un homme gay. Et il y a beaucoup, je crois que c'est 90%, j'en sais rien, des romances gays qui sont écrites par des femmes. Donc moi, la question, c'est pourquoi ? J'ai une petite Alice qui m'a répondu parce que les meufs sont les meilleures, elle me dit. Ok ! Non mais, certes, ça c'est vrai. Mais je me dis... À quel point est-ce que c'est représentatif ? C'est juste, je n'ai pas la réponse, mais je me suis dit, tiens, peut-être que là, on a quelque chose à creuser. Et ensuite, il y a aussi, depuis que la série est sortie, on a un joueur de hockey qui a fait son coming out gay. Et il y a aussi un joueur, le seul joueur qui est bisexuel et out, qui a fait son coming out il y a six ans. Il a publié un post pour rappeler que pour lui, la série, elle ne représente pas assez la toxicité du milieu sportif. Parce qu'on voit Shane et Ilya s'écrire quand ils sont dans les vestiaires ou ce genre de choses. Il dit que pour lui, ce serait absolument impossible. Parce qu'il y a vraiment le fait d'être terrifié d'être découvert. Et que peut-être ça, ça aurait pu être un petit peu mieux mis en avant. Parce que lui, il sent qu'il y a toujours quand même du danger, énormément d'enjeux. Il pense que la série ne va peut-être pas faire du bien au milieu du hockey. Parce que ça va soulever encore plus des questions. Et la peur d'être peut-être encore plus découvert. D'ailleurs, je trouve ça aussi important de préciser que lors de l'écriture de cet épisode, il y a un arbitre allemand qui a demandé en mariage son compagnon, un arbitre de foot, en mariage son compagnon en plein match ou à la fin d'un match. Et ça a été très, très bien reçu sur le moment. Et cet arbitre s'est fait agresser deux fois chez lui. Il s'est fait tabasser par des personnes. Il y a vraiment un danger encore aujourd'hui à être gay et à être out. Et je trouve ça quand même fou qu'on ait aucun... En France, aucun joueur de football, voilà, qui soit ouvertement gay, ça ne veut pas du tout dire que personne ne l'est. Ça veut dire que c'est trop dangereux pour ces joueurs d'être out. Mais vraiment, l'idée de danger, je pense que beaucoup de gens ne s'en rendent pas compte. Alors que voilà, il y a des choses sur la visibilité, sur les médias, sur la carrière. Bon, rien que ça, c'est un problème. Mais je pense qu'il y a aussi un problème de sécurité. Et cet exemple est un exemple parfait. En tout cas, je voulais vous présenter un petit peu ces deux points. Le premier point sur le fait que qui écrit ses livres et le deuxième point sur la représentation, à quel point cette série va faire du bien ou non. Et je trouve ça important de donner la voix aussi aux personnes qui disent que peut-être que ça va rendre encore plus compliqué la vie des joueurs de hockey sur glace ou que ça va leur demander de se cacher encore plus, en tout cas pour certains, vu que le milieu reste un milieu particulièrement violent. et assez toxiques au niveau de la masculinité. Mais voilà, je voulais laisser place à un petit peu de nuances et à de la réflexion. J'arrive à ma conclusion, la conclusion de cet épisode. C'est un épisode qui était super important pour moi parce que j'ai vraiment à cœur de vous partager des choses que j'ai appréciées. Et voilà, donc dans cet épisode, on a parlé des scènes de sexe, de l'importance d'avoir du consentement, d'avoir de la douceur, d'avoir de l'aftercare, d'avoir aussi parfois... En fait, une sexualité qui est réelle, qui est pleine de nuances, vraiment comme une boule à facettes. On peut être aussi coquin que doux, vivre plein de choses, plein d'émotions. Le rythme aussi du récit qui était mon deuxième point. Ensuite, l'importance du spectre d'émotions, d'avoir aussi une représentation des émotions des hommes qui va faire du bien à nous en tant que femmes hétéros, aux hommes gays sûrement, et puis aussi juste aux hommes, de montrer qu'il y a d'autres exemples, qu'il y a d'autres manières d'être. la communication, l'importance de la communication c'est tellement la clé pour tout et puis la représentation ça, cinquième point, représentation je pense que c'est l'un des éléments qui m'a le plus émue après la sexualité, le coup de la représentation le fait qu'on soit vraiment immergé dans un monde où on voit à quel point deux personnages n'auraient pas vécu leur histoire sans représentation ensuite nous avons parlé d'autisme, nous avons parlé de la place des femmes et des femmes écrites dans cette série et ça on les remercie de l'importance aussi des origines des personnages et d'avoir vraiment cette vision sur le fait que les droits ne sont pas les mêmes selon les pays, l'importance du coming in et du coming out. D'ailleurs, je voulais juste vous raconter une petite anecdote sur ça. Moi, j'ai une amie, c'est une très bonne amie, je ne sais plus si j'en ai déjà parlé, qui, quand on s'est rencontrées, je lui ai demandé si elle avait un mec. Et un an plus tard, elle m'a dit qu'elle était lesbienne. Mais en fait, je lui ai demandé si elle avait un mec. Je ne lui ai pas demandé si elle avait quelqu'un dans sa vie. Et d'ailleurs, quand elle m'a avoué qu'elle avait une copine, donc elle était stressée, etc. J'étais là, mais je suis désolée. Je me suis excusée qu'elle n'ait pas eu l'espace. Et elle m'a dit, en fait, si tu m'avais demandé si j'avais quelqu'un, je te l'aurais dit. Mais comme tu ne m'as pas demandé, je ne me suis pas sentie en sécurité. Et donc, voilà. Depuis, je pose à tout le monde la question. Et toi, tu as quelqu'un ? Un chéri, une chérie ? Pourquoi ça ? J'aime des gens, mais je me suis dit plus jamais, je ne fais cette erreur. Et le dernier point, on a parlé d'amour. Ah là là, l'amour, c'est vraiment le meilleur sujet du monde. Donc je vous remercie de tout cœur pour cet épisode. J'espère que ça vous a plu. J'espère que si vous n'aviez pas envie de regarder cette série, maintenant vous avez envie de la regarder. J'espère que ça vous a replongé dedans, si jamais vous étiez en manque de Ilya et Shane. En tout cas, j'ai adoré écrire cet épisode, j'ai adoré l'enregistrer. Écoutez, je vous souhaite le meilleur et puis je vous dis à très bientôt dans le prochain épisode de Terres intimes.