Speaker #0Hello les intimes, j'espère que vous allez bien, je suis très heureuse de vous présenter aujourd'hui le deuxième épisode de cette saison 4 de Terres Intimes, qui est une saison entre nous, c'est-à-dire seulement construite d'épisodes solos. Et en ce deuxième épisode solo de la saison, j'avais envie de vous parler de désir. Alors au départ, pour être tout à fait honnête, j'avais envie de faire un épisode sur comment nourrir le désir dans une relation amoureuse, qu'est-ce qui peut influencer le désir, qu'est-ce qui construit le désir. Et en fait, quand j'ai échangé sur mon compte Instagram, Juliette Servera le projet de faire cet épisode, il y a des personnes qui m'ont envoyé des références et un petit peu leur propre expérience. Et notamment une personne qui m'a envoyé la référence de ce livre, un livre de Angela Chen qui s'appelle Ace, What Asexuality Reveals About Desire, Society and the Meaning of Sex. Donc un livre sur l'asexualité qui se dit donc Ace de manière un petit peu plus informelle. Et en fait, ce livre m'a fait beaucoup réfléchir parce que c'est vrai qu'on m'en avait déjà parlé. Et quand je me suis vraiment plongée dans la théorie rapportée par Angela Chen, qui parle en fait de comment les personnes asexuelles viennent questionner la norme de la société, qui est une norme qui est très sexuelle, dans une société qui est très hyper sexualisée, pardon, avec l'idée qu'il y a une forme d'injonction au désir. Donc je me suis dit, pour un podcast qui se veut féministe, qui se veut... moderne, avec l'objectif vraiment dans cette saison 4 de vous apporter des réflexions que je trouve pertinentes et justement des choses qui sont très loin d'être une injonction. Je me suis dit, est-ce que c'est le moment ? Est-ce que c'est pertinent d'écrire tout un épisode et de parler du désir et de comment en avoir ? Donc j'ai décidé de prendre le contre-pied de ce projet et de vous faire un podcast qui va vous raconter pourquoi c'est ok de ne pas avoir de désir, pourquoi c'est ok de... de ne pas vouloir réparer quelque chose dans son corps, dans sa vie, dans ses relations, quand on n'a pas de désir. Je ne vais pas faire ça frontalement, comme je suis en train de vous le présenter, mais en fait, je vais développer dans ce podcast pourquoi la société est une société hyper sexuelle, pourquoi le poids du désir est surtout mis sur les femmes, et pourquoi peut-être qu'on a approché le désir, et notamment la pathologisation du manque de désir chez la femme, pourquoi cette approche n'est peut-être pas celle qu'on a envie de rayonner. aujourd'hui et de faire résonner dans nos relations amoureuses. Alors pour construire cet épisode, je me suis basée sur le livre de Gandela Change, je me suis basée sur d'autres livres, d'autres références dont je vais vous parler, notamment aussi un livre qui était sur ma table de nuit depuis longtemps, mais que je n'avais pas vraiment ouvert, vous savez cette pile de livres qu'on ne lit pas, mais qui est à côté de nous et on continue d'en acheter, d'en acheter, parce que difficile de rien acheter dans une librairie. C'est le livre de Tal Madesta. qui s'appelle Désirée à tout prix, qui fait partie de la collection Sur la table. Vous savez, c'est une collection dirigée par Victoire Toyon, qui a fait le podcast Les Couilles sur la table, Le Coeur sur la table, etc. qui a aujourd'hui, je crois, un autre podcast, Renverser la table. Et en fait, elle a participé à une collection de livres. Et celui-ci, écrit par Tal Madesta, c'est un militant féministe trans et journaliste indépendant qui a beaucoup travaillé sur la question du désir et de l'injonction au désir. Donc je me suis vraiment basée... sur les deux livres que je vous ai présentés et sur les références que je vous partagerai au fil de cet épisode. Alors pour que vous puissiez vous retrouver dans cet épisode et savoir un petit peu comment il va être organisé, alors il va être organisé en six points. Le premier point, on va tout d'abord parler de l'hypersexualisation de la société. Qu'est-ce que c'est que cette norme sexuelle qui en fait nous pèse ou qui est dans l'imaginaire collectif depuis qu'on est tous tout petits ? En deuxième point, je vais vous parler de ma propre expérience de femme dans cette société hyper sexuelle et notamment le rapport au désir et au corps que ça peut créer. Et je vous explique notamment pourquoi cet épisode m'a aussi fait beaucoup de bien et m'a apporté des belles réflexions. Le troisième point, ce sera sur pourquoi ce sont les femmes qui ont souvent le poids dans les relations amoureuses de raviver la flamme, de faire vivre ce désir et pourquoi ça fait partie encore plus de leur charge mentale. En quatrième point, je vais vous parler... de pourquoi ce serait peut-être mieux, au lieu de parler de désir, mais plutôt de parler de plaisir. En cinquième point, je vais vous présenter un petit peu quelques idées que j'ai pu lire quand le manque de désir peut devenir limitant. En fait, dans ce point-là, je vais vous parler de Camille Bataillon, qui est une super sexologue, super podcasteuse, qui a partagé un épisode sur ce sujet avec aussi d'autres références sur, bon, ok, quand on a un manque de désir et que c'est limitant dans nos vies, ben qu'est-ce qu'on en fait ? Et le sixième point, une vision que j'ai trouvée intéressante d'une autre sexologue qui s'appelle Émilie Nagowski et qui fait en fait primer dans cette histoire de désir, elle fait primer la complicité dans le couple. Donc vous allez voir, c'est vraiment en fait une idée que j'ai trouvée assez lumineuse et qui m'a fait beaucoup de bien. Donc j'avais envie de vous la partager. Je vous souhaite une très bonne écoute de ce deuxième épisode de Terres intimes sur le désir. Bienvenue dans Terres intimes, le podcast qui explore la sexualité et l'intimité de personnes comme vous et moi. À chaque épisode, découvrez des témoignages authentiques et remplis d'engagement, des réflexions et des outils pour vous aider à vous sentir plus libre, apaisé et joyeuse dans votre vie intime. Parce que s'épanouir dans sa sexualité est autant une nécessité qu'un acte révolutionnaire. Si le podcast vous plaît, s'il vous fait du bien, si vous avez même envie de le partager à vos amis, alors n'hésitez pas à vous y abonner pour ne rater aucune de mes vidéos. aucun épisode et à lui mettre 5 étoiles. C'est un petit clic pour vous et pour nous, c'est beaucoup. Je suis Juliette Cervera et vous écoutez Terres intimes. Alors le premier point pour parler du désir, c'est quand même de mettre en avant qu'on vit dans une société hyper sexualisée. Voilà. La jouissance, la performance, la rapidité. c'est ce qui prime. Aujourd'hui, une bonne sexualité, c'est une sexualité qui va se compter en chiffres. Combien est-ce que t'as d'orgasme ? Combien est-ce que t'as eu de partenaires ? Combien de fois tu le fais par semaine avec ton mec ? Je sais pas si vous connaissez Marine Leonardi, une humoriste qui parle beaucoup de parentalité, qui a fait une vidéo assez drôle sur le fait où elle demande à ses copines de lui mentir. Voilà, elle dit, mentez-moi quand vous me dites, oh là là, moi je fais l'amour avec mon mec une fois par semaine, ou une fois toutes les deux semaines. Elle dit, mentez-moi, parce que moi ça fait des mois que je ne fais pas l'amour. Donc, faites semblant. Voilà, faites semblant. Elle est assez drôle et elle a vraiment fait un gros buzz cette vidéo. Parce qu'il y a l'idée qu'un couple qui va bien, quand ça se passe bien, quand on s'aime, on fait l'amour une à deux fois par semaine minimum. Donc il y a vraiment l'idée que quand on n'a pas de désir tous les quatre matins, ou plutôt un matin sur deux, il y a quelque chose qui ne va pas. Peut-être qu'il faudrait réfléchir, peut-être qu'il faut faire un petit peu d'effort, etc. On est vraiment invité par l'imaginaire collectif à se dire que peut-être quelque chose ne fonctionne pas dans notre corps ou dans notre relation. Et en fait, il y a cette idée de normes sexuelles. La norme sexuelle, c'est vraiment, on pense que c'est acquis le fait que tout le monde ressent du désir sexuel. Ce désir est important, il faut lui laisser de la place pour qu'on soit épanoui. Et les relations normales, avec des grosses guillemets, qui fonctionnent, qui sont bien, incluent le sexe. En fait, Angela Chen, qui est l'autrice du livre sur la sexualité que je vous ai présenté en introduction, parle d'une norme sexuelle dominante. Et elle s'intéresse particulièrement au phénomène qu'elle appelle... compulsory sexuality, qui est la sexualité obligatoire, qui selon ses propres mots désigne un ensemble d'hypothèses et de comportements qui soutiennent l'idée que toute personne normale est sexuelle, que de ne pas vouloir de relations sexuelles socialement approuvées, évidemment, est anormale et mauvaise, et que les personnes qui ne se soucient pas de la sexualité passent à côté d'une expérience absolument nécessaire. Donc, l'existence des personnes asexuelles, c'est ce qu'elle montre en fait dans son livre, montre que ces idées ne sont pas universelle. mais ce sont des constructions sociales. Et je fais juste une petite parenthèse sur le livre d'Angela Chen, parce qu'en fait, elle soutient vraiment que, comme la sexualité existe, il y a des personnes asexuelles. Cette thèse selon laquelle la norme sexuelle devrait être acceptée ne fonctionne pas, parce que les personnes asexuelles ne sont pas des personnes à problème, ce sont juste des personnes asexuelles. On n'est pas obligé de pathologiser le manque de désir, c'est un petit peu toute l'idée de ce podcast. Pour elle, en fait, la sexualité, Elle agit comme un outil critique pour... analyser justement la manière dont la société va organiser le désir, les relations et la valeur des individus. Donc c'est vraiment pour ça que je voulais commencer ce podcast en parlant d'asexualité, parce que ça va venir nous questionner sur qu'est-ce qu'on considère être normal, pas normal, pour nous et pour les autres. Et après, donc ça je vais développer ça au cours de cet épisode, c'est pourquoi grâce aux expériences ACE, on peut repenser plus largement le consentement, l'intimité et les normes sociales autour du sexe. Elle insiste sur le fait que la sexualité, elle se croise avec le genre, le handicap, les normes religieuses et culturelles, notamment parce qu'on peut avoir des personnes qui sont accusées d'être froides, cassées, malades, et qu'on va venir vraiment pathologiser l'absence de désir, ou justement qu'on va venir plaquer sur un type de genre, par exemple les femmes, qu'elles ont moins de désir que les hommes, que c'est souvent plus compliqué, qu'elles vont avoir un désir plus émotionnel, plus relationnel. Donc ça peut être le cas. Moi, par exemple, je suis un stéréotype en puissance. Mon désir est très connecté. à mes émotions. J'ai des amis pas du tout, mais vraiment pas du tout. J'ai des hommes qui sont très connectés à leurs émotions par rapport à ça. Ou par rapport à la couleur de peau, on peut avoir vraiment des gros préjugés sur comment fonctionne le désir. Donc tout ça sont des réflexions que je trouve super intéressantes par rapport à la sexualité, ce qu'elle vient questionner. Mais nous, si aujourd'hui on se décale un peu de la sexualité, pour parler du désir dans les personnes qui ont du désir, On peut être une personne sexuelle et avoir des moments où ce n'est pas notre priorité. On n'a pas envie, on est crevé. Enfin, moi, je veux dire, les semaines où je bosse de 8h du mat jusqu'à 21h30, 22h, quand les week-ends, j'ai des répétitions d'orchestre. et que je retravaille, il y a un moment donné, il y a un monde où il faut m'expliquer pourquoi je devrais être pompée l'obsamère sur le désir. Enfin, pourquoi ? Et pourquoi en fait ça devrait être un problème ? Et c'est là où je passe au deuxième point de ce podcast, c'est sur ma propre expérience. Je crois qu'au fond, j'ai voulu faire ce podcast au début, enfin cet épisode en tout cas, parce que je me suis posé plein de questions sur mon désir et je me suis dit « Tiens, j'ai envie de faire un podcast pour les personnes qui se posent ces questions-là. » Parce que j'ai eu beaucoup de moments où je me suis dit que j'étais cassée, que mon corps ne fonctionnait pas. que j'avais un sérieux problème. Enfin, je vous dis pas le nombre d'appels, de thérapies, de trucs, de méditations que j'ai faites sur le féminin sacré, la sexualité sacrée, pour essayer de comprendre ce qui pouvait clocher à un moment donné dans ma vie. Et en fait, j'avoue que ça m'a fait quand même beaucoup souffrir par vraiment la sensation d'avoir un désir qui était cassé. Tout ça pour, en fait, comprendre qu'il ne l'était pas du tout. Juste, je pense qu'aujourd'hui, c'est même pour ça que j'ai construit Terres Intimes, le podcast en entier. C'est que... Quand j'ai des échanges avec des gens dans des dîners que je rencontre ou qui me connaissent depuis quelques temps mais on n'en a pas parlé, qui me disent « mais toi, t'as fait tares intimes parce que t'es super forte en sexualité, t'es super à l'aise sur la sexualité » . Alors, je suis très à l'aise pour en parler, je trouve que c'est un sujet qui est super important. Par contre, si je l'ai créé, c'est que je me posais plein de questions. C'est que je voulais comprendre ce qui se passait dans la vie des autres, en fait. Pour justement me raccrocher à cette idée de « est-ce que moi, ce que je vis, c'est normal ou ce n'est pas normal et ce que les autres le font ? » Donc il y avait une forme de curiosité, d'un besoin de réponse. Et je voyais aussi que quand j'en parlais à des gens, tout le monde autour était intéressé. Donc je me suis dit, bon, autant que cette forme d'enquête, qui finalement est une forme d'enquête en témoignage et interview, on va vraiment dans l'intimité des gens, serve à d'autres personnes, donc vous, en train d'écouter ici aujourd'hui. Et c'est pour ça que j'ai créé ce podcast. Et en fait, tout ça a fait que j'ai eu tout un cheminement sur la sexualité et le désir. Et aujourd'hui, je peux vous dire que mon désir n'a jamais été cassé. Je pense qu'à chaque écoute d'une histoire, à chaque lecture d'un livre, à chaque écoute d'un podcast, il y a à chaque fois une forme de couche, je pense, de culpabilité, de jugement, de croyance sur la sexualité qui a été retirée. Et aujourd'hui, j'ai une vision que je trouve beaucoup plus libre de la sexualité, qui est, je pense, complètement différente de celle que j'aurai dans dix ans. Mais je découvre avant tout... Alors, ça va être hyper cheap. Attention, un peu menez-le. Mais en fait, la sexualité, c'est vraiment un chemin vers soi. Et ça marche aussi pour le désir. C'est qu'est-ce qui, moi, me plaît, qu'est-ce qui me donne envie, qu'est-ce qui me nourrit, qu'est-ce qui me fait vibrer, qu'est-ce qui me bloque, qu'est-ce qui me rend mal à l'aise, qu'est-ce que je veux, qu'est-ce que je ne veux pas. Et ça, c'est, je trouve, hyper dur à déterminer aujourd'hui dans une société qui est très bruyante, qui est très sexualisée, qui nous impose énormément de choses. Parce que c'est une société qui impose un tabou et un jugement immense sur le sujet, mais qui nous impose aussi une forme de sexualité. Moi, depuis petite, et je pense que ça va parler à beaucoup de femmes, j'ai grandi avec des injonctions. complètement paradoxal. C'est-à-dire que j'ai vite compris que je devais être sexy, belle, intelligente, que je devais adorer le sexe, être gourmande si je voulais plaire et avoir un homme et garder un homme. Là, on ne va pas se pencher sur l'hétéronormativité de ces discours que j'ai pu entendre, mais bon, on pourrait en faire un autre épisode. Et en même temps, il ne fallait pas que je sois trop sexy, parce qu'il fallait que je sois une fille respectable et qu'un homme se pose avec une fille respectable et pas avec une fille qui est vulgaire et qui est trop mangeuse d'hommes. Parce qu'évidemment, il y a cette idée que... Je ne sais pas, moi j'ai entendu tellement de trucs. Mais il y a aussi le fait, excusez-moi juste, il y a aussi le principe que depuis petite, j'ai grandi avec l'idée de « attention, quand tu sors, les hommes sont dangereux » . Et après, tous les deux jours, on me dit « alors, t'as un copain » . Il y a un moment donné, il faut choisir son camp. Mais voilà, il y avait l'idée que je devais être à l'aise avec mon corps, ma féminité, le célébrer, mais en même temps, pas trop me montrer. Enfin, faut le célébrer, mais tranquillou-bilou, parce que si tu montes tes seins, t'es un peu une pute. Enfin voilà, je suis un peu frontale, mais c'est le cas. Et j'entendais des discours du style « Oh là là, le mec l'a trompé, mais elle était trop frigide. Ce mec est avec elle, mais parce qu'elle le tient par le sexe. » Ça, je sais pas combien de fois je l'ai entendu. Ensuite, elle avait qu'à s'épiler si elle ne voulait pas qu'il la trompe. Enfin, moi, je vous le dis, j'ai une personne de mon entourage qui m'a dit que si je ne m'épilais pas les jambes, mon mec allait me tromper. Il y a encore des discours, tu comprends, depuis qu'ils ont un enfant, franchement, elle ne fait pas d'efforts, donc elle l'a un peu cherché, etc. Il y a vraiment un truc sur le désir et sur la sexualité problématique avec des injonctions qui sont assez difficiles à entendre et à intégrer. Et dans tout ce tumulte, il faut trouver un rapport au corps, un rapport au désir, un rapport à la sexualité qui nous convienne et dans lequel on se sent à l'aise. Et je me souviens de tous ces complexes qui, je pense, sont vraiment venus à moi. qui viennent finalement de l'extérieur. Parce que par exemple, je me souviens que moi, je me sentais super à l'aise avec mon corps. J'ai toujours eu une bonne relation avec mon corps et je ne sais pas, Dieu soit loué, comment j'ai réussi à avoir ça. Mais j'arrivais quand même à me sentir par moments complexés, donc quand même, sur ma poitrine. Parce que j'avais peur qu'on me prenne vraiment pour quelqu'un de très vulgaire. Et encore aujourd'hui, c'est un sujet qui revient souvent. J'ai une belle poitrine, j'ai envie de la montrer. Il y a l'épisode, le premier épisode, j'en ai déjà parlé, c'est ça je crois, l'épisode de Lola, le premier. où Lola raconte que sa mère a eu un cancer du sein et elle s'est fait retirer les deux seins. Et en fait, elle dit, moi, je veux montrer mes seins parce qu'ils sont magnifiques et peut-être qu'un jour, j'en aurai plus. Et en fait, ils sont magnifiques, je me trouve trop belle. Bah en fait, moi, j'aimerais bien avoir ce rapport-là, mais aujourd'hui, j'ai très peur qu'on me sexualise et j'ai peur de ma journée. Franchement, c'est très chiant. Donc, dans tout ça, devoir trouver son propre désir, c'est assez compliqué. Et dans mon propre cheminement, quand j'ai eu des questions sur le désir, parce que j'en avais pas beaucoup, en fait. Enfin, il y a eu un passage dans ma vie où j'en avais pas et je me disais que j'avais un problème. Et en fait, comme à l'époque, j'étais moins connectée à ce dont j'avais besoin, je les assumais moins, je pense. En fait, je m'asseyais un peu dessus. Et derrière, je me forçais à essayer de nourrir un désir intérieur, à me poser des questions, etc. Alors qu'en fait, aujourd'hui, j'assume pleinement ce dont j'ai besoin pour me sentir bien dans une relation. Ce que je vous disais tout à l'heure, moi, je suis un peu un théoréotype de meuf. Ou genre, émotionnellement, relationnellement, si je vais bien, en fait, mon corps, il va suivre. Par contre, mon corps, c'est le premier qui prend quand il y a quelque chose qui me stresse, quand il y a quelque chose qui ne me convient pas, quand mon cœur se ferme, mon corps se ferme. Ça, c'est très systématique. Juste d'arriver à cette acceptation, ça a été un chemin en soi. Et pour ça, il faut sortir toutes les injonctions de la tête. Le troisième point, si on va au-delà de mon expérience, parce qu'il y a quand même quelque chose que j'ai pu remarquer dans ce parcours, dans ces réflexions, dans ces recherches, c'est à quel point le maintien du désir, le fait de le nourrir, de le raviver, c'est une cherche qui est portée par les femmes. Les femmes portent une part disproportionnée du travail émotionnel, relationnel et symbolique autour du sexe. Alors, si vous êtes un homme ou si vous êtes une femme et que vous n'avez pas du tout eu cette expérience, n'hésitez pas à m'écrire sur l'Instagram Juliette Savara ou dans mon adresse mail qui est en description de l'épisode pour que, voilà, on puisse... continuer à développer cette idée dans d'autres épisodes. En tout cas, jusqu'à aujourd'hui, cette hypothèse du travail disproportionné, elle est quand même très forte. Enfin, je veux dire, on a, un, la charge contraceptive, ça c'est quand même un délire d'avoir depuis... Enfin, j'en parlais avec un ami. Moi, depuis petite, il y a ce risque dans la sexualité d'avoir un enfant. Voilà, c'est un truc, c'est associé. Je n'ai jamais eu une sexualité sans me dire, putain, je risque de tomber enceinte. J'ai déjà fait des essais de grossesse. Je n'ai jamais essayé de tomber enceinte dans ma vie, c'est pas du tout un projet. Mais j'en ai déjà fait par... peur d'eux. Et j'ai des mecs, des amis, qui, eux, ne se sont jamais posé la question. Pour eux, je veux dire, c'est pas vraiment un risque, puis au cas où, la personne avorte. Vraiment, c'est une charge, déjà, de corps totalement différente. Donc, cette charge contraceptive, on la prend en main, et c'est quand même... Les mecs sont quand même vachement contents quand on les a. Bon, après, il y a beaucoup de personnes qui réfléchissent, beaucoup d'hommes qui se posent plein de questions sur la charge contraceptive. Ça, c'est génial, et je veux pas les invisibiliser. En tout cas, ça reste quand même une charge qui est... principale aujourd'hui du côté des femmes. Ensuite, donc c'est ce dont je vous parlais un peu dans le deuxième point, il y a vraiment une double contrainte en tant que femme, c'est être sexuellement disponible et désirable, mais ne pas être trop sexuelle, parce que là, il y a tout un jugement moral sur ça, donc allez-y, trouvez votre place par rapport à ça. Et il y a aussi beaucoup, dans beaucoup de couples émotionnels, hétérosexuels, pardon, les femmes se sentent responsables de maintes... la proximité émotionnelle, de gérer les attentes sexuelles du partenaire. Et c'est aussi un outil, clairement, pour éviter des conflits liés au sexe. Il y a des études comme le Journal of Sex Research qui montrent qu'il y a plus de femmes qui sont susceptibles d'avoir des rapports pour maintenir l'harmonie parce qu'elles savent qu'elles vont passer un meilleur week-end. Et il y a 30 à 40 % des femmes qui déclarent avoir déjà eu des relations sexuelles pour éviter une dispute ou juste pour faire plaisir. Donc, il y a vraiment cette idée de comment je gère les émotions de mon partenaire, souvent homme. Qui, en fait, ça parle juste d'une forme d'immaturité émotionnelle ou de difficulté à gérer les émotions. Donc ça, c'est un travail à faire chacun de son côté, on va dire. Et ensuite, il y a le côté matériel. Voilà, il faut être désirable, désirante. Donc vous l'avez compris, il faut s'épiler. Il faut s'habiller sexy, pas trop vulgaire. Il faut faire attention. Voilà, il faut être belle, il faut être chic, il faut être classe. Anyway, il y a quand même beaucoup de critères à respecter. Et ça, finalement, ça prend de l'espace mental. Donc dans l'espace dont on a besoin peut-être... Pour être dans le désir qui est la créativité, la connexion à soi, c'est compliqué. Et même si c'est compliqué, il y a un chemin qu'on peut emprunter, un outil en quelque sorte, qui est l'outil du plaisir. Donc ça, c'est le quatrième point dont je voulais vous parler aujourd'hui. C'est que le plaisir peut être la nouvelle boussole, et pas à quel point on a du désir, à quel point le désir est cohérent avec la norme de la société, mais plus, est-ce que ce qu'on fait, est-ce que ce qu'on pratique, est-ce que ce qui nous est proposé... est vraiment relié à ce qui nous fait plaisir. Donc effectivement, ça fait qu'on doit se poser la question, qu'est-ce qui nous fait plaisir, qu'est-ce qui nous fait du bien, qu'est-ce qui ne nous plaît pas ? Est-ce que ce qui nous plaît pas, est-ce qu'on a peur de l'exprimer en fait, et de décevoir, ou de ne pas répondre aux fantasmes, ou de ne pas répondre aux envies, ou de ne pas être assez aimé ? Et vraiment d'essayer petit à petit de se connecter à ce qui nous met vraiment en joie, et ce qui nous donne du plaisir, que ce soit dans notre corps, dans notre esprit, dans notre cœur. Parce que la question du plaisir, elle est aussi assez centrale, même en thérapie. Il y a une sexologue, Émilie Nagowski, qui en parle. En fait, effectivement, le motif de consultation en sexologie, c'est l'écart de désir. En tout cas, c'est l'un des motifs principaux. Et à ce sujet, Émilie Nagowski a fait une remarque que j'ai trouvée assez pertinente et que je vous partage aujourd'hui. Voilà ce qu'elle disait. En thérapie, trop souvent, quand on demande aux deux partenaires de décrire leurs débats sexuels, il y en a un qui va confier trouver cela monotone, redondant, voir cela comme une obligation. Ce n'est donc pas un problème de désir, c'est un problème de plaisir. Quelle sexualité vaut la peine d'être vécue ? Voilà une question à se poser pour commencer à discuter et à collaborer. Et j'ai trouvé que c'était vraiment très très intéressant parce que ça nous reconnecte finalement à ce qui est essentiel. Et je pense que dans un corps qui n'a pas beaucoup de désir et avec énormément de plaisir vécu et finalement être dans cette attente du plaisir ou de vouloir revivre un plaisir, ça peut venir nourrir quelque chose en nous si on en a envie et si on en a le besoin pour entre guillemets redémarrer le plaisir. Il y avait aussi une étude qui expliquait que les Français faisaient beaucoup moins l'amour. Alors certes, les Français font beaucoup moins l'amour. Il y a même Margot Théroux, une autre sexologue qui en a fait tout un livre, qui a répondu à cette enquête en disant, bah oui, peut-être qu'on fait moins l'amour, parce qu'en fait, on a envie de faire l'amour mieux. En gros, son mojo, parce qu'elle a des mots assez crus, je crois que c'est quelque chose du style, si on veut baiser plus, il faut baiser mieux. Voilà. Ce que je trouve assez... Si il y a des personnes qui s'inquiètent qu'on est dans une société où les gens font moins l'amour, peut-être que ça vient du fait qu'il y a les écrans, ça vient peut-être du fait qu'on passe plus de temps sur les applications, sur les réseaux sociaux, etc. qu'en face à face. Sauf qu'il y a beaucoup de discours sur le consentement, sur l'intimité, sur le plaisir, sur sortir de la pénétration. Et peut-être que les Français font moins l'amour, mais peut-être qu'ils font mieux l'amour parce qu'il y a plus, en fait, cet élément du plaisir qui est mis en avant. Et en fait, je voulais juste reparler ici un tout petit peu d'asexualité, parce qu'Angela Chain, elle parle dans son livre à quel point ça révèle l'asexualité, les contradictions autour du consentement. Parce qu'elle explique que la société, elle envoie des messages assez contradictoires. Elle dit que le consentement est essentiel, mais qu'en même temps, il faut avoir envie de sexe dans certaines situations, dans un couple, après un certain temps, etc. Donc, dans ces contradictions, les personnes asexuelles, elles rendent... hyper visible cette tension, dans le sens que si quelqu'un ne ressent pas de désir, la pression sociale peut transformer le sexe en une forme d'obligation implicite. Donc, est-ce que là, on parle de consentement réel ? Et ensuite, il y avait le cinquième point. Alors, le cinquième point, c'est, bon, on a discuté effectivement du fait qu'on est dans une société qui nous bassine de injonctions sur la sexualité, que la sexualité c'est la norme, il faut coucher, il faut beaucoup coucher, il faut avoir des orgasmes, blablabla. et que le désir, ce n'est pas une obligation, on peut être très heureux sans. Ok, mais quand ça devient limitant dans nos vies, qu'est-ce qu'on fait ? Alors là, je pense que je vais vous dire tout de suite, je n'ai pas la réponse à tout du tout. Je vais juste vous présenter un contenu d'un épisode que j'ai adoré de Camille Bataillon parce que j'adore son travail et je trouve que c'est super intéressant ce qu'elle a avancé. Donc vous pouvez vraiment aller écouter son épisode. Elle a plein d'épisodes qui sont super intéressants. Mais elle, elle parle vraiment en tant que sexologue. Et en fait, elle a fait un épisode, c'est le 189, qui s'appelle Ce qui me dérange dans le discours sur les femmes qui ont moins de désirs. Et en fait, dans cet épisode, j'ai un peu pris les éléments qui, pour moi, sont essentiels. En tout cas, qui nous amènent les questions à se poser quand on n'a pas de désirs et que ça devient limitant dans nos vies. Alors déjà, elle explique que les écarts de désirs, ils peuvent avoir plein de raisons particulières. Ça peut venir du fait d'avoir eu des enfants qui vont changer la dynamique du couple, qui peuvent alourdir la charge mentale. Ça peut aussi être une mauvaise répartition des tâches ménagères. Donc ça, on parle aussi de charge mentale. Il y a aussi le fait que juste il y a le quotidien, il y a un milliard de trucs à faire. Elle parle aussi du fait que dans la société d'aujourd'hui très productiviste, en fait, personne n'a vraiment le temps. Enfin, qu'on ait des enfants ou pas, on ne peut pas faire ce qu'on veut de notre temps. Donc il faut aussi s'adapter à ça. Bon, pareil, charge contraceptive, manque de connexion de différentes manières, le stress, un rapport au corps peut-être parfois délicat, qui fait que c'est difficile de se mettre à nu en vulnérabilité. Il y a plein de raisons différentes. Et Camille Bataillon, ce que j'ai adoré dans son podcast, c'est qu'elle met en avant qu'il y a des erreurs qui sont faites quand même par les sexologues, les thérapeutes, quand il y a des écarts de désir. La femme, elle consulte parce qu'elle a moins de désir, elle a peur que le couple s'effrite, ou l'homme vient pour demander comment relancer le désir de sa femme, ou les deux personnes viennent parce qu'il y a un écart de désir qui ne va pas bien. Et jusqu'à aujourd'hui, vu que ne pas avoir de désir, c'est considéré un peu comme une pathologie, parce que quelqu'un qui va bien est quelqu'un qui a du désir, en tout cas dans une norme. sexuelle, en fait, il y a beaucoup de choses qui se sont... Enfin, jusqu'à aujourd'hui, on était très concentrés sur la femme, sur « Ok, vous avez un problème, vous n'avez pas de délire, blablabla » . Mais où est l'homme ? Et c'est là la question qu'elle pose Camille Bataillon, c'est, et si on se concentrait sur l'homme ? Qu'est-ce que vient nourrir la sexualité chez lui ? Donc là, elle a ouvert un champ de questions que je trouve intéressant. Si vous vous posez des questions, c'est que, qu'est-ce que la sexualité vient nourrir chez vous ? Qu'est-ce que vous avez vraiment dans l'acte intime ? Qu'est-ce que vous adorez dans l'acte intime ? Qu'est-ce qui vous apporte ? Est-ce que pour vous, c'est le ciment du couple la sexualité ? Et dans le cas où peut-être que le ciment peut être autre chose, dans le cas où la sexualité... ne détermine pas la valeur de votre couple, qu'est-ce que ça pourrait venir changer ? Et en fait, voilà, donc Camille Baté, on lui met en avant un peu toutes ces questions. Qu'est-ce que vous venez chercher dans cet acte sexuel ? Et ça, c'est des questions qui sont intéressantes à poser à l'homme dans le cas où on a envie, par réflexe, de pathologiser le désir de la femme et de se dire « t'as, t'as, t'as, t'as, t'as, on va faire autrement » . Ce qui peut marcher, évidemment, quand c'est une femme qui a plus de désir et qui demande à son homme d'en avoir plus, bon bah, évidemment, c'est à adapter. Mais là, c'est plus des questions que vous-même vous pouvez vous poser ou avoir des conversations avec votre partenaire pour pour connaître peut-être l'imaginaire et l'importance que la sexualité a dans votre connexion. Parce qu'en fait, la sexualité, souvent, c'est un manque de connexion, et on peut, par exemple, manquer de connexion, et ça nous crée de l'anxiété, parce que, oh là là, on n'a pas fait l'amour, on se sent moins connecté, mince, je me sens moins aimé, hop, ça me crée de l'anxiété. Peut-être que c'est un chemin comme ça, ou peut-être que c'est un autre. L'idée, c'est de se dire, qu'est-ce que ça vient raconter ? Quelle histoire on se raconte quand il n'y a pas de sexualité ? Pourquoi ça nous fait peur ? Et là, peut-être qu'on arrive à diviser les choses qui nous appartiennent et les injonctions qui viennent de l'extérieur. Et là, Camille Bataillon, après avoir fait un petit peu cette présentation, ce panorama, elle parle de deux formes de désir. Le désir qui est créé par le manque et la frustration et un deuxième désir qui est créé par la connexion. Et dans le désir de manque et frustration, en fait, elle dit quand on va vers quelqu'un, par exemple moi, pour que vous puissiez visualiser, moi, j'ai un désir à un moment donné qui vient du manque et de la frustration. Je vais aller vers mon partenaire avec ce manque. En fait, quand je vais y aller, mon système nerveux, il va être activé par le manque. Il va être dans une forme de tension. Il va être dans une forme d'alarme parce que je vais manquer de quelque chose. Quand je vais aller vers mon partenaire, vu qu'il y a une co-régulation du système nerveux, moi, je vais lui passer cette alarme-là. Je vais lui passer une forme de stress. Ça ne va pas du tout aider à réveiller son désir. Ça va plutôt le braquer. Et quand j'ai un désir de connexion, donc je suis hyper bien avec moi, j'ai envie de partager un moment hyper cool et tout, Là, je vais aller vers mon partenaire et déjà, je vais lui transmettre une autre forme de vibe. Donc déjà, il ne va peut-être pas se fermer. Alors peut-être qu'il ne sera pas dans le bon mood. Il sera en mode, OK, comme moi, je suis bien et que je veux me connecter, vas-y, est-ce qu'on peut se connecter autrement ? Ou est-ce que ce n'est juste pas un moment pour toi ? Ou tu n'es pas disponible pour un moment de connexion ? Bon, après, ça, ça va creuser. Camille Bataillon parlait vraiment du fait que si la sexualité épuise une personne, est-ce que cette personne a l'impression de donner, et que l'autre partenaire vient prendre ? en faisant l'amour avec son désir de manque qui vient prendre quelque chose pour remplir son manque à lui. Donc ça, c'est des dynamiques que j'ai trouvées super intéressantes et que j'avais vraiment envie de vous partager. Mais en tout cas, un petit peu dans la même dynamique que cet épisode, elle met vraiment en avant qu'il faut déconstruire le mythe qui dit qu'un couple sans sexe ou un couple avec très peu de sexe va mal parce que ce n'est pas du tout le cas. Il y a plein d'autres manières de connecter le couple. Elle parle des langages érotiques, que le couple peut se retrouver aussi sur... plein d'autres plans que la sexualité. Donc je vous laisse découvrir un petit peu son épisode, mais en tout cas, ça vous fait déjà des petites réflexions. Et enfin, pour terminer cet épisode, je voulais vous partager une vision que j'ai trouvée assez sympa, parce que quand même de base, j'avais envie de faire un épisode sur comment on nourrit le sexe, enfin, le désir dans un couple long. Donc je suis quand même tombée sur un travail de Emily Nagoski, qui est donc une sexothérapeute. Elle a trouvé quelque chose que je trouve assez basique, entre guillemets, mais que je trouve aussi assez joli. En fait, pour elle, Il y a vraiment un mythe du désir spontané. Je ne sais pas, vous avez un peu ce truc au début de la relation, c'est la fusion et on a le, entre guillemets, bon désir qui est spontané, intense, constant et elle parle de l'impératif du désir. C'est un désir qui apparaît naturellement. L'impératif du désir, c'est qu'il faut impérativement que ce désir spontané soit là, présent, comme on a au début d'une nouvelle relation, avec la nouveauté, etc. Il y a quand même cette idée de fusion au début du couple et de comment... pour qu'un couple aille bien, il faut continuer à la fusion, il faut créer la fusion, et je ne sais pas si vous connaissez des gens autour de vous qui créent du drama dans leur couple pour garder un peu ce truc passionnel. Moi, ce n'est pas mon délire, en fait. Et elle, ce qu'elle propose, c'est de sortir de ce mythe de désir spontané qui peut être présent au début de la relation. C'est super, mais il faut arrêter de culpabiliser ou de penser qu'il faut absolument soutenir ce désir pour avoir une belle relation. Et elle parle de deux formes normales de désir, donc la première forme, le désir spontané qui apparaît avant toute stimulation on ressent l'envie d'un coup ça peut être fréquent au début de la relation, ça c'est ce qu'on a établi et le désir réactif ou responsive qui lui va apparaître en réponse à une stimulation une intimité qui peut émerger pendant des caresses, de la proximité un flirt, un moment de complicité un fou rire et qui est un désir qui est beaucoup plus courant dans les relations monde. Et en fait, ce qu'elle propose, c'est juste d'arrêter de se prendre la tête avec ce désir spontané, de dire « Ah, tu désires plus ton mec » , voilà, comme ça, un matin, et de dire « Bah en fait, non, peut-être que le désir réactif, c'est plus courant » . Il y a aussi, au sein d'un couple, deux personnes qui peuvent avoir deux désirs réactifs. J'en parlais avec une copine il n'y a pas longtemps, elle et son mec, ils ont deux désirs réactifs. Donc elle me dit « Si on ne planifie pas, on couche les mains ensemble » . Enfin, en fait, elle dit clairement « Vu que chacun a tant que l'autre, et on vit une vie trop bien, et on s'en fout, enfin, on peut ne jamais coucher ensemble » . Et quand ils couchent ensemble, c'est... génial. Donc souvent, ils se regardent et ils se disent, bon, ça te dit ? Ouais, bon bah vas-y, dimanche après-midi. Ok, trop bien ! Et après, le dimanche après-midi, ils voient s'ils sont disposés, ils créent le moment, mais en fait, c'est aussi l'idée du romantisme du début de relation. On peut avoir une relation longue, on peut planifier ses plans, on peut se dire, bon bah on a un désir différent, je sais pas pourquoi, quand tu fais la vaisselle, j'ai envie de t'agripper, bah ouais, peut-être que ça peut arriver. Bon, finalement, c'est plutôt cool. On peut aussi regarder ce qui se passe. Donc, planifier l'intimité, ce n'est pas un problème. Créer des conditions du désir, ça, c'est aussi peut-être à voir dans votre relation. C'est-à-dire, vous, vous avez besoin de quoi ? Moi, je sais ce dont j'ai besoin, je l'ai appris, ça va aussi changer au cours de ma vie. J'ai besoin de beaucoup de sécurité, j'ai besoin de connexion, j'ai besoin de ne pas avoir un mille trucs dans ma to-do list, dans ma tête. Voilà, il y a d'autres personnes qui ont besoin de choses complètement différentes. Mais l'idée de la passion constante, ça ne marche pas. Et juste, pardon, je voulais ajouter sur la planification. Il y a plein de gens qui disent que planifier, c'est pas sexy. Alors moi, je comprends pas. Parce que, par exemple, les applications. Genre, quand on prévoit un date, genre on se dit, vas-y, on se voit mardi soir. On va clairement, on planifie, en fait. Enfin, on a planifié dans notre vie, dans notre quotidien. On a un date mardi soir, il y a moyen que mardi soir, on couche ensemble. C'est planifié. Pourquoi ne pas avoir ce même réflexe quand on est en couple depuis longtemps ? Vas-y, tac, tac, tac, tu bosses comme un fou, on se fait un petit date. Le petit date, ça peut être à la maison, on mange une salade. Juste, on a peut-être un moment ensemble après. Pour les gens qui culpabilisent de planifier, peut-être que c'est le moment d'arrêter. Mais vous faites comme vous voulez, vous êtes libres. Enfin, c'est tout. Je dis enfin, comme si j'allais vous partager un septième point, mais pas du tout. C'était juste pour vous faire cette vision un peu globale du désir et du fait que vous n'êtes pas cassé si vous n'en avez pas. Vous avez le droit de ne pas en avoir. La communication avec votre partenaire, si vous en avez, est le plus important. Vous pouvez aussi à un moment donné sentir que vous en avez pas et que ça vous fait souffrir. Cet épisode n'est pas du tout pour minimiser ça. Si vous, vous sentez que c'est super mélimitant, que c'est source de tristesse pour vous, évidemment, moi je peux que vous conseiller d'aller voir un professionnel sur le sujet et d'en parler, de trouver un espace en tout cas où vous pouvez vraiment le partager et vous sentir à l'écoute. Vous avez le droit d'avoir plein de ressentis et de rapports particuliers au désir. Je tiens quand même à préciser qu'on est dans une société où les agressions sexuelles sont quand même... il y en a beaucoup, il y a beaucoup de violence donc même vous pouvez aller très très bien et juste vous dire bon bah là c'est compliqué pour moi mon rapport au corps parce que waouh c'est beaucoup de violence qui m'entoure c'est beaucoup d'histoires autour de moi, enfin vous n'avez pas de problème quoi, c'était un peu l'objectif de cet épisode avec toutes ces réflexions en tout cas j'espère que ça vous aura nourri, que vous aurez envie de peut-être vous plonger dans certains sujets si des choses vous ont parlé mais en tout cas je vous souhaite beaucoup beaucoup beaucoup de douceur envers votre désir qui soit un peu de raplapla ou au taquet. Et aussi faites, peut-être si vous êtes une personne menstruée, regardez vos cycles aussi. Peut-être vous pouvez sentir quand vous êtes en train de douvuler, quand vous êtes en syndrome prémenstruel, quand vous avez vos règles. Tout ça, ça peut aussi venir influencer complètement votre désir. Donc si vous êtes intrigués par tout ça, posez-vous un petit peu les questions qui auront été réveillées par cet épisode. Regardez comment fonctionne votre corps et puis soyez doux envers vous-même. mais je dis ça sans injonction, c'est vous qui choisissez. A très bientôt dans le prochain épisode de Terrain Intime.