Speaker #0Bienvenue dans le podcast qui pousse les portes des grands hôtels pour réinventer votre quotidien. Palace Mindset bonjour, comment puis-je vous aider ? Pour tout vous dire, c'est un peu étrange ce que je ressens en ce moment. Depuis que je suis rentrée, je suis hyper heureuse d'avoir retrouvé mon confort, mes habitudes et mon appart, que j'aime tant. Et en même temps, cette norme, cette routine, elle me semble un peu déconnectée de la réalité. Si vous me suivez sur Instagram, alors vous avez sûrement voyagé un peu avec moi, vu toutes les stories que j'ai postées en live. Sinon c'est pas grave, aujourd'hui on revit ensemble ces moments spectaculaires dans cette première partie du carnet de voyage où l'on va parcourir ensemble 4 états le Nevada, l'Utah, la Louisiane et le Texas. Mais commençons par Las Vegas. Bienvenue aux Etats-Unis, partie 1. J'ouvre les yeux, il fait nuit. L'avion entame sa descente progressive sur le désert. À travers le hublot, un spectacle presque lunaire s'étend sous mes yeux. Une mer de sable et de roches rouges, des montagnes au loin, et puis, soudain, une tâche qui grandit, jusqu'à dessiner un oasis de verre, de néons et de gratte-ciel. Las Vegas. La ville surgit du désert comme un mirage. Je suis encore étourdie de ma longue sieste, mais trop excitée pour ne pas profiter de ces premiers instants. Quand on sort de l'appareil, qu'on arrive dans l'aéroport, la chaleur sèche me frappe. Et pas que, le bruit aussi. Oui car, pas besoin d'attendre d'arriver au centre pour jouer. L'aéroport est un casino à part entière. On récupère la voiture, qui sera notre fidèle compagnon ces prochains jours. une Jeep Wrangler pour matcher avec le décor, et nous voilà partis. Très vite, je suis sur le strip. Cette avenue mythique où chaque hôtel est une ville, un décor de cinéma grandeur nature. On peut trouver ça démesuré et de mauvais goût, mais j'aime penser que sur cette terre, il y a au moins un endroit où tout est permis. Et bien sûr, vous commencez à me connaître, j'adore quand une ville a un plan d'urbanisme. bien gérée et que tout est harmonieux. Mais ici, c'est le concept. C'est le bazar complet. Et c'est ce mélange inattendu qui fait de Vegas... Vegas. J'observe. D'abord le Mandalay Bay, un complexe qui abrite l'hôtel Four Seasons et qui fait écho à l'Asie du Sud-Est, aux gigantesques palmiers et statues à l'entrée. Puis, une pyramide de 100 mètres de haut, dont le garde à l'entrée n'est autre qu'un sphinx de 30 mètres. C'est le Luxor. Juste à côté, Excalibur, une référence au légendaire château de Camelot qui compte environ 4000 chambres. J'avance encore. Une enseigne annonce. Planète Hollywood. Voilà encore un hôtel au thème bien marqué et aux écrans dignes de Times Square. La tour Eiffel pointe le bout de son nez, mais le plus beau spectacle de Vegas se déroule en face. Un bassin, posé au milieu du désert, au centre du strip. Comme un petit lac surplombé de restaurants et de boutiques qui ressemblent à des villas italiennes posées sur les rochers. On the rocks. Serait-on au lac de Côme ? Sauf que l'une des demeures ici porte le nom de Louis Vuitton, d'autres de restaurants italiens. Un village pittoresque qui règne en maître sur Vegas. Un bout d'Europe au cœur des Etats-Unis. C'est spectaculaire. Tous les passants s'arrêtent devant pour capturer cette architecture si spéciale. Quand tout à coup... 1000 jets d'eau s'animent. Ils s'animent en une chorégraphie... complexe, en rythme avec une musique classique. Et puis ils grimpent pour essayer de rattraper la pointe de la tour Eiffel en face jusqu'à 140 mètres de hauteur. La foule s'est amassée à leurs pieds, impossible de voir Vegas et de rater ce spectacle qui tourne toute l'année, tous les soirs, tous les quarts d'heure avec plus de 20 tableaux différents. Juste derrière ce paysage, un immense immeuble avec à son point culminant Une petite tour voûtée arbore en fièrement le nom de Bellagio. Nous voilà arrivés à notre hôtel. Je pousse les portes et tout de suite, je comprends que je ne suis pas dans un hôtel comme les autres. C'est grandiose, coloré, théâtral. L'entrée ressemble à une galerie d'art. Je lève les yeux. Le plafond est entièrement recouvert de plus de 2000 fleurs en verre soufflé. signé Dale Chiu-Li, un artiste américain connu pour ses installations monumentales. Les couleurs changent selon la lumière. Le matin, c'est une mosaïque pastel, le soir, un plafond de braise. En tout, ça représente 40 couleurs inspirées des chants italiens. L'installation s'intitule Fiore di Como et y réside depuis l'ouverture de l'hôtel en 1998. Ah oui, parce que je n'ai pas précisé, mais Bellagio, c'est le nom d'un village qui est niché au cœur du lac de Côme. Autour de moi, le balai ne s'arrête jamais. Des voyageurs, des curieux, des joueurs. Parce qu'ici, à Vegas, les hôtels sont ouverts à tous. On peut y entrer, s'y promener, jouer, sans même y dormir. Et c'est ça qui m'a le plus marquée. Ces établissements sont des villages entiers. où se croisent toutes les générations, tous les styles, à toute heure. Et bien sûr, comme dans tout casino, il n'y a ni fenêtre, ni horloge. On y perd clairement la notion du temps. Ça me fait toujours penser à cette scène dans Percy Jackson, quand il mange des fleurs de lotus et qu'il reste enfermé à s'amuser pendant des jours sans s'en rendre compte. Je traverse le hall, Un peu étourdi par toute cette agitation, je m'avance vers les ascenseurs. Le couloir est moqueté de motifs floraux, comme une extension du plafond. Je grimpe dans l'ascenseur. Les chiffres défilent lentement. 12, 15, 20... Puis le ding retentit. Le couloir est feutré, les moquettes épaisses, et au bout, ma chambre. Quand j'entre, j'ai l'impression d'arriver dans un appartement. La moquette absorbe le bruit, les tons sont neutres, et tout est baigné d'une lumière douce. Changement d'ambiance radical avec le lobby. La salle de bain est spacieuse, marbre clair, robinet tridoré, miroir sans fin. On pourrait croire que l'hôtel date de bien avant la fin des années 90. Il a des allures de grand hôtel européen. Bon, bien sûr, moi je ne suis pas dupe, et je vois les petits détails qui trahissent. Ce qui fait un peu faux. Un peu Disneyland, quoi. Des petits détails sur lesquels je m'arrêterais sûrement dans un autre contexte, mais bon, la destination fait qu'on s'y attend un peu, et qu'on pardonne. L'extravagance à l'américaine. Cet hôtel, on le doit à Steve Wynn. Un visionnaire qui a littéralement redéfini le luxe à Vegas. D'abord propriétaire de casino, il est à l'initiative de l'ouverture de plusieurs hôtels dont le Mirage et Treasure Island. Vous savez, celui avec un bateau pirate devant. On dit qu'à l'époque, avec le Bellagio, Wynn voulait prouver qu'on pouvait créer un hôtel de très grand standing dans une ville jusque-là associée au Kitsch. L'ouverture du Bellagio a marqué le début d'une nouvelle ère, celle du luxe expérientiel à Vegas. La construction a coûté 1,6 milliard de dollars en 1998, soit l'équivalent d'environ 2,35 milliards d'euros en 2024, ce qui en faisait l'un des complexes hôteliers les plus chers jamais construits à l'époque. Et encore maintenant, ça nous choque. Même la cérémonie d'ouverture était grandiose et coûteuse. Des milliers de personnes, y compris des célébrités comme Michael Jordan, Clint Eastwood, Drew Barrymore et le gouverneur du Nevada Bob Miller étaient présentes. Il y a eu ce jour-là la première représentation du spectacle « Eau » du Cirque du Soleil. La troupe s'y produit toujours. Il y a aussi eu la première activation des célèbres fontaines. D'ailleurs, petite anecdote, comme c'était la première fois et qu'on n'avait pas encore préparé les mécanismes aux conditions climatiques, le vent a projeté pas mal d'eau sur le public. Ah, il faut que j'aille explorer tout ça. Peu importe s'il est déjà minuit passé, je redescends explorer. Au rez-de-chaussée, je découvre le Conservatory and Botanical Garden. Un espace végétal entièrement recréé selon les saisons. Printemps, automne, hiver, été, chaque décor dure quelques semaines avant d'être remplacé par un autre, imaginé et réalisé par une équipe de 120 horticulteurs. Tiens ! Ça me fait penser à notre Georges V, ça. Si vous ne l'avez pas encore fait, il est temps d'aller écouter l'épisode sur le pouvoir des fleurs, juste après. Cet espace botanique, c'est une tradition qui remonte à l'ouverture elle aussi. Rien ne semble avoir changé en fait. A l'époque, le fondateur voulait offrir aux visiteurs un coin de nature au milieu du désert. D'ailleurs, si vous vous approchez de la réception, vous apercevrez au fond, court, derrière les arcades aux colonnes italiennes, un patio. Aux deux fontaines, jaillissant de compositions florales, des petites fenêtres qui semblent habiter. J'avais l'impression d'être face à un portail qui me laisserait entrevoir une scène à l'autre bout du monde, en Italie. Je poursuis ma visite. En traversant les salles de jeu, je remarque un bar à part, aux notes rouge carmin, le rouge 540 pour être plus précise. Vous avez deviné ? C'est le bar Baccarat. L'ambiance y est feutrée, presque cinématographique. Les colonnes ressemblent à de la porcelaine. C'est ici que se réfugient les amateurs de cigares. Cet endroit, je le repère de suite parce que à Baccarat a beaucoup de sens pour moi. C'est une marque qui fait un peu partie de la famille. Mon arrière-grand-mère y a passé toute sa carrière, à l'usine, en Lorraine, ainsi que ses frères. C'est aussi pour cette raison que je remarque assez vite que les cendriers ne sont pas faits en cristal baccarat. Dommage. Réduction des coûts, casse à répétition ou manque d'attention aux détails ? C'est pas grave. J'y savoure quand même un martini, digne de la reine mère Kris Jenner. Ici, l'atmosphère est plus sophistiquée et on peut observer tous les espaces de jeu. Des vieilles roulettes à salles électroniques, aux tables de blackjack et celles privées dont la mise d'entrée est... scandaleuses. Et puis bien sûr, des machines à perte de vue. Ce soir-là, je ne joue pas. Mais ceux qui suivent, je m'en tire avec 37 centimes de crédit. Sniff. Il est temps d'aller dormir. Pour le petit déjeuner, rendez-vous à Saddles, le restaurant new-yorkais qu'ils ont importé ici. Celui-ci, il est plus récent. Il est apparu en 2019. Saddles, c'est un restaurant emblématique new-yorkais du Major Food Group, fondé en 2015 à Soho. Un lieu à mi-chemin entre un brunch de Manhattan et la belle époque parisienne au décor pastel laqué, conçu par le designer Ken Folk. Le style de Ken Folk, c'est une mise en scène totale. Chaque lieu qu'il signe est un décor vivant, entre théâtre, histoire et exubérance maîtrisée. Il revendique un maximalisme élégant. Chargé d'émotions et de symboles, inspiré du vieux Hollywood et du classicisme européen, qu'il réinvente avec une touche américaine libre et festive. Idéal pour le Bellagio. Chez lui, tout est contexte et caractère. Un lieu doit vibrer, raconter quelque chose et surtout donner envie d'y rester. J'adore son travail. D'ailleurs, il a collaboré avec Pierre Fray, le monsieur derrière la marque de textile qui habite les meubles et murs de nos marques hôtelières préférées depuis des générations. Mais Canfolk est aussi l'auteur de nombreux lieux grandioses, dont la maison de la Louse, de la collection Ace Hotels à la Nouvelle Orléans. À Saddles, les assiettes débordent, les pancakes sont plus grands que la main et délicieux, et les serveurs filent entre les tables avec une précision militaire. Je vous recommande le Lio, L-I-O, plat emblématique de la maison. L pour Lox, qui veut dire saumon, E pour Eggs et O pour Onions. Le tout monté sur une omelette et servi avec de la sour cream, aneth et ciboulette et un bagel. Un délice. Il est temps de digérer tout ça. La piscine du Bellagio est l'endroit idéal. Elle s'étend comme un petit domaine en soi. On y accède par une allée bordée de haies parfaitement taillées, de cyprès et de citronniers en pot. L'ensemble a été conçu comme un hommage aux villas italiennes du nord, notamment celles autour du lac de Combes, naturellement. L'espace compte cinq bassins distincts, disposés en terrasses, reliés par des escaliers en pierre et des fontaines classiques. Autour, les colonnades en travers teint et les sculptures de marbre rappellent les jardins renaissances de Toscane. Des parasols crèmes, des chaises longues et des serviettes blanches parfaitement pliées donnent à l'ensemble une impression d'ordre et de calme malgré la fréquentation importante de l'hôtel. Les cabanas privées ont des allures d'appartements en raie de jardin, d'autres de chapiteaux colorés qui m'évoquent l'hôtel du Passalacqua. Le fond de la piscine est tapissé de motifs géométriques et je note à plusieurs endroits le majestueux « B » en cursive du Bellagio. Mais Vegas n'a pas toujours eu ce visage romantique. Et oui, Las Vegas n'a pas toujours été ce patchwork de néons et de grands hôtels fantastiques. La ville est née officiellement en 1905, lorsque des colons, des pionniers et des entrepreneurs ont acheté des terrains au bord de la rivière Las Vegas pour créer une gare sur la ligne du chemin de fer reliant Los Angeles à Salt Lake City. A l'époque, le désert semblait hostile et presque vide, mais sa position géographique en faisait un point stratégique pour le commerce et le transport. Les premières constructions étaient modestes, hôtels de bois, bars et maisons de jeux clandestins. Dans les années 1930, la ville commence à changer profondément. avec la construction du barrage Hoover, qui attire des milliers de travailleurs, mais surtout la légalisation du jeu dans le Nevada en 1931. Cette décision attire rapidement des promoteurs, des hommes d'affaires et des figures, souvent liées à la mafia, qui vont façonner l'identité de Vegas, à la fois audacieuse et scandaleuse. C'est aussi à ce moment que la mafia investit dans certains hôtels. Le Flamingo, Ouvert par Bugsy Siegel en 1946, devient le symbole de ce nouvel âge. Un hôtel casino au style moderne, luxueux pour l'époque, mais financé par des capitaux douteux. D'autres hôtels suivent rapidement. Le Desert Inn, le Sahara, chacun avec ses propres histoires de scandales, de paris clandestins et de célébrités qui viennent tester leur chance. La ville devient alors un mélange singulier de spectacles, d'excès et de risques permanents, et c'est cette combinaison qui définit encore aujourd'hui l'esprit Vegas. A l'époque, les casinos sont blanchis à coups de valises de cash. On rapporte même que certaines chambres étaient équipées de micros pour surveiller les joueurs. La mafia a disparu, mais les fortunes, elles, continuent de se jouer ici. Le César's Palace, par exemple, c'est le temple du divertissement. Architecture romaine, colonnes dorées, et le Colosseum, En une salle de spectacle où notre chanteuse préférée s'est toujours produite. Et à chaque fois que je vais dans cet hôtel, j'ai cette impression étrange d'être dans un décor de cinéma. Normal, le César ça a été le lieu de tournage de Very Bad Trip. D'ailleurs l'équipe a vraiment filmé dans les suites. On raconte que pendant le tournage, Zach Galifianakis a perdu 5000 dollars au blackjack entre deux scènes. Devant les fontaines du Bellagio, c'est un remake de la fameuse scène d'Ocean's Eleven. Et puis il y a le film Insaisissable dont une partie se déroule à l'Aria à Vegas. Et ici, surtout, tout le monde peut créer, prêter son identité au lieu. Notamment Gordon Ramsay qui a plusieurs restaurants, même la Real Housewives Vendor Pump. Le magicien Chris Angel ou des chanteuses plus modernes comme Tate McRae. Ça donne le tournis quand on pense à toutes les personnes qui ont foulé ces sols, quand on regarde autour de soi, hypnotisé par les thèmes de ces parcours adultes, qu'on repense à tous les films qui se sont tournés ici. Mais il est temps pour moi d'aller explorer d'autres contrées. A très vite pour la suite. Merci d'avoir passé ce petit moment avec moi, et surtout rappelez-vous, la vie est ce que vous en faites. Alors faites-en une expérience 5 étoiles. A la semaine prochaine, même heure, même endroit, dans The Palace Mindset.