Speaker #0Toutes ces petites anecdotes où on se dit « Ah, si les murs pouvaient parler ! » Parfois, c'est lié à l'architecture ou à de grands personnages qui ont marché avant nous sur ces planchers. Ça peut aussi prendre la forme d'une confidence du concierge, de folles requêtes qu'on lui a demandées. Les hôtels où on se sent bien, je trouve en tout cas, sont des lieux de vie. Et dans ces maisons, il se passe plein de choses. Je suis persuadée que ce sont ces événements précis qui donnent une âme au lieu. C'est comme ça qu'un hôtel marque notre esprit. Je vous ai parlé des histoires d'amour aux plates à Athénée. de l'historique du Grand Contrôle à Versailles sous Louis XVI, des fantômes de l'Adolphus au Texas et des visites diplomatiques au Raffles-Cambodge. Quand je séjourne dans ces hôtels, j'ai l'intime conviction d'écrire, moi aussi à ma façon, l'histoire. Si vous n'avez pas écouté ces carnets de voyage, pas encore, alors je vous invite à vous lancer juste après cet épisode. Tout ça pour vous dire que récemment, j'ai eu la chance. de dormir dans l'un des plus beaux hôtels du monde, chargé à la fois d'histoire et de mystère. Et je peux vous dire que je le compte comme l'une de mes meilleures expériences d'hôtel, définitivement. Alors je vous emmène avec moi, bienvenue au Raffles London at the OO. Chapitre 1, un check-in fantastique. Depuis l'aéroport de Heathrow, je mets... 45 minutes à rejoindre le cœur de Londres. Je traverse les pâtés de maisons isolées, puis les quartiers résidentiels dignes de private drive. J'aperçois de grands immeubles avant d'atteindre, enfin, le quartier historique de Whitehall. Big Ben, la Tamise et les théâtres de Soho. Les façades sont plus anciennes et plus grandioses. Et non loin de Buckingham, dans la rue des Horse Guards, le taxi s'engage. Il ose à peine avancer sous les arcades, qui ferme une sorte de cour calme. Un valet lui fait signe, c'est bien là. L'homme qui nous accueille est vêtu de rouge, dans un costume en queue de pie, rappelant à la fois la garde nationale et les majordomes de Downtown Abbey. Et puis il arbore, vous savez, un joli couvre-chef, une sorte de chapeau melou. Il saisit les bagages et je lève la tête pour admirer les fenêtres qui m'encerquent. J'aperçois vite une grande baie vitrée qui révèle une œuvre d'art majestueuse. La porte s'ouvre, la première pièce que je pénètre est très chaleureuse. Deux petits bureaux et en face, une cheminée, quelques fauteuils. J'ai presque cette impression, vous savez, d'être reçue chez quelqu'un. Un peu comme dans une maison de maître. Sauf que là, on m'accueille au champagne. La réceptionniste, au sourire généreux, nous tend deux flûtes. Les banalités sont rapidement passées et puis Ellie, c'est son nom, entame la visite des lieux. Je dois vous avouer quelque chose, c'est le meilleur check-in que j'ai vécu de ma vie. Pas pour le champagne, je vous assure, mais parce qu'Ellie, elle est chez elle, au Ruffles. Elle connaît sur le bout des doigts chacune des pièces et ses fameuses histoires. passionnante dont on a parlé plus tôt. Elle se retient de nous les révéler parce qu'elle sait qu'il y a une visite qui est prévue avec un historien. Mais la passion la gagne et elle parle avec le cœur. Sa voix est posée, douce et confiante. On oublie souvent que l'un des besoins principaux d'un nouvel arrivant à l'hôtel, c'est la sécurité. Sentir qu'on est pris en main et qu'on peut lâcher prise. Et Ellie excelle dans ce domaine. Vous savez pourquoi ? Parce qu'elle est vraie. Et que comme je vous ai dit, la passion la gagne quand elle parle de cette institution qui est presque la sienne. On passe devant un escalier majestueux. Et c'est un euphémisme. Sur la plaque dorée au centre, je lis « Old War Office » . En français, « Ancien Bureau des Armées » . Tiens, c'est pour ça en fait que l'hôtel s'appelle Raffles at the O.O. L'étage est réservé aux résidents, parce que c'est là que se tiennent les suites des anciens secrétaires d'État à la guerre. Enfin, les anciens bureaux, comme ceux de Winston Churchill. Les couloirs sont géométriques, mais on s'y perd facilement. Il y a un air de... poulard avec ses grands escaliers, ses bureaux phénoménaux au bois taillé, des tapisseries et la lumière tamisée. On traverse le bureau des concierges, qui est l'une de mes pièces préférées parce qu'elle est au cœur du bâtiment et surtout elle est grandiose. Logique pour le rôle de concierge qui est central dans les propriétés Raffles. The butler did it, comme ils disent. Et puis une grande et haute œuvre d'art y a été installée. Une sculpture de 6 mètres de haut et 2 mètres de diamètre imaginée par l'artiste Saad Krechi qui prend la forme d'une colonne mêlant des références architecturales du monde entier. A travers ce dialogue avec le bâtiment historique, l'œuvre explore les thèmes de la mémoire, du lieu, de la migration et de la diversité culturelle dans la Grande-Bretagne contemporaine. Ce mélange lui confère des airs mystérieux. et elle trouverait facilement sa place à la renommée école des sorciers. Ah oui, j'ai pas précisé, mais l'art joue un rôle crucial ici, rendant parfois hommage au passé, d'autres mettant en valeur de nouveaux artistes. La collection a commencé en 2014, quand la famille Hindouja a acheté l'immeuble. Le récit derrière cette collection s'articule autour d'un narratif rassemblant des thématiques telles que le passage du temps, la créativité contemporaine, l'innovation et l'artisanat, la nature et le renouveau. L'initiative derrière cette curation, c'est de supporter les artistes, peu importe leurs origines et le développement de leur carrière, qu'ils soient déjà bien établis ou non. J'y découvre les pièces de Colette Lavette, qui se présentent comme des compositions oniriques aux formes fluides et quasi mythologiques, peintes dans une palette de pigments naturels et joyeux. où le corps, la nature et le mouvement semblent se fondre, comme de jolies fenêtres célestes. Mais il y a aussi des œuvres plus sérieuses, comme Naval Officers of World War I, qui a été faite par Sir Arthur Stockdale Cope, datant de 1921. C'est un portrait de groupe qui commémore les seigneurs des troupes de la Navy. La visite se termine et on arrive devant l'ascenseur, d'origine. Impressionnant parce que les murs datent quand même de 1906. Il a été modernisé, bien sûr, le confort avant tout, mais l'extérieur parfaitement conservé, y compris le petit cadran, vous savez, en demi-sphère, dont la flèche s'anime pour indiquer l'étage où il se situe. L'exemple parfait d'une architecture contemporaine qui rend hommage à la fois à l'ancien. Ça me fascine. Je parcours les longs couloirs en regardant à gauche Merci. À droite, au sol, au plafond, dans les angles, les corniches, à travers les fenêtres et les miroirs. Je ne sais plus où poser mon regard, par peur qu'un détail m'échappe. Des portraits anciens, de résistants et résistantes, des pièces d'art moderne colorées, des meubles chinés. Et puis, dans un petit sas, ce qu'on appelle dans le milieu des chambres à la Suisse, notre porte, la 326. Je l'entrouve. Et j'aperçois déjà la grande salle de bain de marbre blanc. Je progresse et je constate l'accueil. Des ballons, une bouteille de vin cuvée Raffles et un magnifique gâteau au chocolat. Avec une grande rose au cacao et quelques feuilles d'or délicatement posées sur le dessus. Une jolie lettre de bienvenue également, rédigée à la main. Je ne vous parle même pas de la hauteur sous plafond et de la vue sur le quartier. Une merveille. J'ouvre à toute vitesse les tiroirs du bureau et je me délecte de la papeterie, ma passion. Des petites cartes, des bloc-notes, au logo de l'hôtel et des élévations de la façade aux fins tracées en dorure à chaud. Sobre, mais dorée, toujours élégant. Puis je m'avance vers le lit et là, je retrouve ce qui m'avait marqué dans mes précédentes expériences raffles. Vous vous souvenez ? Tous les soirs sur l'oreiller au Cambodge, à Phnom Penh comme à Simrip. Une nouvelle, une petite histoire du soir, une légende. Encore une fois, je garde le contenu pour moi. Il faut y aller pour apprécier la surprise. Je dévoile pas leurs secrets bien gardés. Une bonne nuit de sommeil m'attend, dans ce lit si moelleux, à l'épaisse couette et aux mille oreillers. Mais avant, room service. Chapitre 2, une journée magique. Si je vous fais tant de références à ma saga préférée, Harry Potter, mais je sais, plutôt basique, c'est parce que j'ai reçu en cadeau d'anniversaire la visite des studios. Et ce matin, je suis surexcitée parce que ça y est, j'y vais enfin. Mais vous savez à quel point c'est important le petit déjeuner, pour moi en tout cas. Alors bien sûr, je descends en profiter. Je veux un cadre convivial et une petite chose à manger sur le pouce. Et en fait, j'ai l'embarras du choix. Parce qu'au Raffles, il n'y a pas moins de trois endroits pour prendre ce premier repas. Le Pilar Café, au menu healthy parce que c'est le coffee shop du spa. La drawing room, ouverte au loco, comme un grand salon. Et saison, le buffet dans la brasserie du chef Mauro Collagreco. J'ai choisi pour l'occasion la seconde option. Lumière tamisée, sofa en cuir ambré, boiserie, grande cheminée, long rideau rouge, moquette fleurie, touche de rose maîtrisée, bibliothèque et coussin au motif éclectique. Bienvenue dans la drawing room. Une sorte de club anglais un peu féminisé dont l'atmosphère est régie par les rires et les bruits de couverts des locaux qui s'y retrouvent. Ça pourrait être la salle commune d'une maison de poudlard, mais surtout des fleurs, fraîches, vertes et roses, partout, dans différentes tailles de vases. Je veux plus jamais m'en aller, c'est mon endroit favori désormais. Je commande un thé au jasmin. et un porridge signature aux cerises confites. Mais ce serait l'endroit parfait pour quelques scones et une bonne confiture. Pour les amoureux de viennoiserie, on y trouve aussi un chariot, en bois, aux petites cuillères en argenterie. Les précieux pains au chocolat et roulés à la cannelle y sont disposés presque comme des bijoux. Encore une fois, on pourrait croire à une réception dans une demeure familiale où un petit buffet a été préparé pour les invités. Et puis très vite... Il est l'heure d'y aller. Rendez-vous au studio, où la visite de 4 heures me semble trop courte. Entre les décors, les costumes, les perruques, les machines construites pour le film, les créatures qui s'agitent grâce aux technologies farfelues, le poudlard express, la forêt enchantée, et puis la magie des effets spéciaux, des masques de gobelins, Green Guts. Honnêtement, si vous hésitez encore, allez-y, ça vaut vraiment le coup. Retour à l'hôtel. Le service du soir est passé, une nouvelle histoire a été déposée. Je la conserve pour plus tard, il est temps de se préparer pour aller dîner. Mais avant de sortir, une mission nous attend. Nos indications ? Prendre un ascenseur précis jusqu'au moins un, puis suivre les discrètes flèches bordant les escaliers et les couloirs, guidant jusqu'une porte secrète, dont le numéro est bien évidemment 007. Nous voilà au Spy Bar. Un secrétaire nous entre-ouvre la porte et nous demande confirmation que nous sommes attendus avant de prendre nos vestes et de nous installer au comptoir. Ici, pas de photo, les téléphones sont recouverts d'un sticker opaque. Pas question de dévoiler l'antre des espions. Petite pièce feutrée à la musique groovy, parfaite pour les audiophiles. Et derrière le bar, il y a la fameuse... Non, non, ça je peux pas vous dire. Faudrait y aller. Un indice, cet endroit était vraiment la pièce cachée du MI5 à l'époque, et même jusqu'en 2016. L'hôtel a donc bien inspiré le romancé Ian Fleming dans l'écriture de James Bond, et bien sûr, on peut apercevoir l'hôtel dans certaines scènes des films. Donc voilà, dans le bar, il y a un clin d'œil, vous comprendrez, vous ferez vos recherches si vous le souhaitez. La carte reprend des classiques, notamment le Vesper Martini, vu dans Casino Royale, en version locale. avec du London Honey Distillate et du Vermouth Maison. Le French 75 est twisté en clin d'œil au parfum de Yann Fleming aux notes orange et bergamote. Mais celui que je choisis, qui est mon préféré, le Fair Share for All. Le nom fait écho au rationnement de la Seconde Guerre mondiale, où la population britannique devait se contenter de denrées essentielles. Les œufs, le beurre, le lait, le sucre et le thé. Le cocktail reprend ses éléments avec une base d'gine, du beurre salé, de la marmelade et des myrtilles. Excellent ! L'heure tourne, il est vite temps de se rendre au restaurant. Ce soir, on sort, on teste Brunswick House, une institution à Londres. Une sorte de manoir isolé, au centre-ville, au jardin à peine entretenu en hiver. Et de l'extérieur, ça semble un peu lugubre. Mais les lumières et les groupes d'amis qui rient à travers la fenêtre invitent à pousser la porte. Et le grand rideau garde bien le chaud à l'intérieur. Une hôtesse nous accompagne à la table. Le plafond s'élève à des mètres et une ribambelle de lustres de toutes époques y sont accrochées. Le sol, lui, est endamié. C'est un peu le bazar pour être honnête, mais on sent que c'est maîtrisé. Il fait sombre et une petite chandelle illumine la table. Tous les plats donnent envie. Des petites assiettes à partager ou de vrais plats pour ceux qui préfèrent. Ici, le client est roi. Le serveur, français, s'occupe merveilleusement bien de nous. Nos conseils sur le vin est incollables sur la carte. Le pain ressemble à un grand pancake bien fluffy. Et le beurre aux herbes a une bonne glace. Je commande la polenta aux champignons poêlés et sauce hollandaise. On partage un tartare de bœuf à l'os à moelle râpé, comme du parmesan. Je ne me souviens plus du plat que j'ai pris. Honnêtement, j'ai un trou qui était pourtant excellent. J'ai un super bon souvenir. Mais le dessert m'a marquée. Une mousse au chocolat. un peu élastique, à l'huile d'olive et fleur de sel au parfait équilibre. Quelle belle soirée ! On a parlé de tout et de rien, dans cette ambiance où chaque table profite de son intimité. Chapitre 3. Une journée historique. Ce matin, bien décidé à me bouger, parce que depuis début janvier j'ai adopté un nouveau rythme, j'enfile ma tenue de sport. Impossible de séjourner au Raffles Londres sans descendre au spa. La dame à l'entrée nous introduit les lieux. Il semblerait qu'ici, il y a toujours la bonne personne au bon endroit pour vous conseiller. Elle nous accompagne au vestiaire et pour s'y rendre, on descend un magistral escalier, oui encore, en collimation qui révèle la star de l'hôtel, la grande bleue, la piscine presque olympique. Waouh, incroyable, j'ai jamais vu un spa comme ça. Et dire qu'il est ouvert aux locaux qui font partie du club. Quelle chance ! Moi aussi je veux habiter ici. Moi aussi je veux venir tous les jours m'entraîner, nager et me ressourcer dans ce spa. Je suis jalouse. Et en même temps si reconnaissante d'être là. Quelle chance ! Les vestiaires femmes semblent tout droit sortir d'un film. Comme une envie d'y retourner avec toutes mes copines pour profiter du canapé à la forme ondulée. Et puis m'asseoir sur les multiples coiffeuses bien alignées au miroir LED, tous les essentiels féminins, un sèche-cheveux et même un lisseur, des vraies stations de make-over. Je finis par ressortir quand même. Au fitness, la Pilat Gym, plusieurs espaces. D'abord, il y a une salle dédiée au Pilat réformeur, ou yoga si vous préférez, où vous pouvez vous faire coacher. Et puis il y a aussi des machines de musculation, un sac de frappe. Des barres libres, des haltères, des tapis de course, des vélos cardio, qui donnent bien évidemment sur la piscine en contrebas. Et oui, bien sûr. Ces géants de baies vitrées font oublier que vous êtes sous terre. Au moins trois, en fait. C'est super bien fait. Je me lance pour courir sur un appareil technogym à la pointe qui vous reconnaît si vous vous connectez et s'adapte toute seule à votre profil et à votre objectif. Quel bonheur ! Et bien sûr aussi, sur chaque machine sont disposées une jolie serviette propre, roulée, une bouteille d'eau. Après une séance d'une heure, la réceptionniste nous propose un oshiburi pour nous rafraîchir, nous rappelle l'importance de bien s'hydrater et nous souhaite une belle matinée. D'ailleurs ici, on parle de concierge wellness. J'attrape un smoothie boosté au collagène marin au Pilar Café et je filme installé sur un bed près de la seconde piscine, la Vitality Pool, au jet. aux bienfaits multiples. Confortablement nichée dans mon alcove, isolée des sons, j'observe les autres visiteurs. Un nageur qui fait ses longueurs, une mère et sa fille qui jouent sans bruit, une femme qui sort de son soin sur un petit nuage, et puis un couple qui rigole en allant se réfugier au hammam. Le lieu est vivant et pourtant si serein. Je m'endors presque. Je prends quelques photos. que vous pourrez aller voir sur Insta, et puis j'y vais. La visite de l'hôtel m'attend. Comment pourrais-je rater ça ? À peine douchée et fraîchement maquillée, me voilà sortie pour une nouvelle aventure dans cet hôtel qui a toujours quelque chose de mieux à offrir. Je rejoins la salle centrale, celle des concierges, vous savez. On est une quinzaine à trépigner d'impatience à l'idée d'explorer. Des Hollandais, Japonais, des Anglais et nous, les Français. Un des concierges s'avance et se présente. Bonjour et bienvenue. je suis Émile, concierge et historien. On a de la chance parce qu'aujourd'hui, c'est jeudi, et le jeudi, il y a Émile. Et c'est lui qui fait le mieux les visites parce que, effectivement, c'est un historien. Un concierge historien. Le seul à avoir cette double casquette à l'hôtel. On traverse le hall avant de s'arrêter devant ce fameux escalier dont on a parlé plus tôt. A l'époque, cette entrée était réservée aux... plus grands colonels et ministres. Et on peut encore sentir les âmes de ces grands hommes. Tout semble d'époque. Et pourtant, tout est neuf. Les équipements datent, mais le mobilier a été complètement reconstitué. Oui, ce que j'apprends là, que l'hôtel n'a que deux ans. On monte les marches. Emile nous raconte qu'un général aimait monter jusqu'à son bureau à cheval. Oui, à cheval. à l'étage. On arrive au premier et dans ce bâtiment, appelé Whitehall, il y a des milliers de pièces, reliées par 4 kilomètres de couloir. Je sais pas si vous vous rendez compte. On pourrait y faire son footing le matin. D'ailleurs, il y a des coursiers qui, à l'époque, étaient à vélo pour remettre les messages de bureau en bureau, tellement ça prenait du temps de traverser ces espaces. On raconte même qu'on aurait cherché un colonel pendant des jours. pour tenir une réunion avec lui. On entre dans la suite Churchill qui remplace l'ancienne salle du Conseil des armées. C'est magnifique. Les pièces sont encadrées par de gigantesques boiseries massives, de grandes cheminées en marbre émeraude et du papier peint au motif damas vert profond. Un vrai vert anglais. qui donne beaucoup d'importance au décor et une certaine stature digne de l'armée. On retrouve ce même marbre dans les salles de bain. Les matériaux sont de vrais marqueurs. Il y a aussi cette imposante table ovale en acajou qu'on ne peut pas rater parce qu'elle est au centre de la pièce principale, juste en face de la porte d'entrée. Elle découpe la pièce en deux salons, tous deux tournés vers les cheminées. Bon, racontée comme ça, c'est vrai que la pièce peut vous paraître un peu austère. Mais croyez-moi, c'est vraiment tout le contraire. Chaque sofa et fauteuil possède son propre tissu, aux motifs uniques et vibrants. Jaune, rouge, vert, turquoise, ondulation, rayures. Franchement, j'adore ces designs intérieurs maîtrisés, mais joyeux, éclectiques, pas maximalistes pour autant. D'autres matières comme le cuir capitonné, Le velours, les cailles apportent une grande chaleur. Et les fleurs ! Il y a de jolies fleurs fraîches colorées, comme on aime. Très palace mindset. Et honnêtement, l'atmosphère est bonne. J'ai envie de m'installer dans un des fauteuils, d'allumer un feu, de bouquiner, et qui sait, de me laisser emporter par le sommeil. On raconte que Churchill lui-même était un grand amateur de sieste, alors il n'y a pas de raison. Et pourtant, malgré les lustres en pantoufles, et ce confort, toutes les décisions militaires décisives s'y tenaient. Emile me confie que Charles de Gaulle y est venu négocier en personne. C'est ici aussi que s'est planifié le débarquement. Et le bâtiment a servi le ministère de la guerre jusqu'en 1964, même si d'autres départements de l'armée y sont restés jusqu'en 2011. Bref, un véritable bijou d'histoire. Je me sens tellement chanceuse de pouvoir ne serait-ce qu'y mettre les pieds. Et bien sûr, je vous partage tout ça sur Insta, en photo, pour que vous puissiez un peu voyager avec moi. On a du mal à se rendre compte de l'importance de ces espaces sécurisés, qui grâce aux espions, à la résistance et au courage de ces militaires, a permis la libération de la France et ô combien d'autres actes qui ont écrit l'histoire. Et le travail, ces dernières années, des artistes contemporains qui ont donné un nouveau souffle à ces murs, un travail engagé, puisque quasiment tous les matériaux sont anglais. Les moulures en chaîne, les pierres, les tissus. En fait, on a retrouvé les références des artisans qui, à l'époque, en 1906, ont construit le bâtiment. Et parmi ce carnet d'adresses absolument fou, certaines... exercent encore. C'est donc tout naturellement que les équipes derrière la restauration, qui a duré quand même 8 ans, les ont invitées à participer. Et l'hôtel a ouvert en 2023, tout frais, tout beau, comme si rien ne s'était passé en 117 ans. Et devinez quoi ? C'est pas pour frimer, mais l'architecte d'intérieur qui a rénové ses grands bureaux ensuite était français. Il s'appelait Thierry Despon. Il se considérait un peu comme le gardien des souvenirs, comme il le disait lui-même. Et tous ses travaux de construction reflètent cette passion pour l'histoire. C'était un véritable architecte de stars. Il a rénové les lieux les plus iconiques, comme le Ritz Paris, l'hôtel-principé des Savoyards à Milan, ou encore, tenez-vous bien, la statue de la liberté. Bravo à ce grand monsieur que Vanity Fair a même nommé parmi les entrepreneurs français les plus influents au monde. et ce jusqu'à ses 75 ans. D'autres suites, toutes plus folles les unes que les autres, rendent hommage à de grands personnages de l'histoire. Comme Christine Granville, de son vrai nom Christina Askarbek, une espionne britannique d'origine polonaise qui a mené des actions de soutien de résistance intérieure pour les réseaux anglais en France. L'espionne favorite de Churchill a ce qu'on dit. La suite Grandville est imprégnée de lumière à la hauteur sous plafond sans fin et aux grandes baies vitrées auxquelles fait face un grand lit à bal d'agin. Il y a aussi la Aldan Suites, au nom emprunté au Lord Aldan, qui a mené les réformes au début du XXe siècle, permettant à l'armée britannique d'être si puissante et prête pour la Première Guerre mondiale, voire même la Seconde. C'est grâce à lui qu'a été initié le corps expéditionnaire britannique, qui a pu envoyer des troupes en Belgique et en France. Le Raffles joue aussi un rôle de rappel de l'histoire et garde un lien fort de l'amitié franco-britannique. Par ailleurs, c'est aussi ce Richard Burdon Aldane qui a fondé la London School of Economics et l'Imperial College London. Il a participé de nombreuses façons à l'évolution de Londres. Sa suite est d'ailleurs principalement rouge, une couleur qui le représente bien. La vitalité, le... courage et la puissance. D'ailleurs, le rouge est omniprésent au War Office. Les rideaux de velours, rouges encore, font écho aux uniformes des gardes royaux, la Household Division. Toute cette histoire m'a bouleversée, et elle ne s'arrête pas à la visite, parce que de nombreux portraits aux inscriptions la rappellent à chaque coin de couloir. Il est l'heure de déjeuner. Je monte encore plus haut. au dernier étage où je rejoins le restaurant Kyoku, aux vues imprenables sur la skyline. Kyoku by Endo, pour être précise, orchestré par le chef Endo Katsutoshi, maître sushi étoilé Michelin. Kyoku signifie souvenir et c'est un peu une rétrospective de la carrière du chef, du restaurant familial à Tokyo à son poste au sein de l'ambassade japonaise de Madrid. Des influences d'Est en Ouest. La salle est baignée de lumière, il est 13h et les tonalités chaudes épousent le mobilier japonais minimaliste en chêne claire et tissu en lin beige. Une palette très douce qui coupe un peu de l'atmosphère du reste de l'hôtel. Il y a une grande pièce donnant sur la cuisine ouverte et une autre partie au petit recoin offrant de véritables alcoves à ceux qui recherchent davantage d'intimité. Ça donne un peu l'occasion de découvrir de nouvelles vues à chaque visite. À travers le revêtement des chaises et des canapés, il y a de jolies fleurs colorées, très fines qui sont brodées et qui relèvent l'âme un peu délicate du lieu. C'est reposant. Pourtant, dans le fond, la brigade s'active, exposée à ses convives. On se laisse guider par le menu déjeuner du chef qui explore plusieurs de ses créations. Un bol de soupe miso, des sashimis de trois poissons à déguster dans un ordre précis, et pour ma part, du plat... code au yuzu. De la morue, mais c'est moins sexy en français. Si fin, avec une délicate écume légèrement salée, délicieux. Et le dessert, mon préféré de ce repas, comme un tout petit jardin, aux pousses sortant à peine de terre, qu'on n'ose pas attaquer. En réalité, il s'agit d'une mousse au chocolat légère, gel de yuzu, soba Ausha, des graines de sarrasin torréfiées, kinome, ces fameuses petites pousses, et quelques gouttes d'huile d'olive pour la touche méditerranéenne. Le jardin secret du chef, finalement. La vision de Chef Endo, et la réalisation, c'est important de le mentionner, du chef exécutif Georges Corregas. Une magnifique expérience, au service discret et irréprochable. Qu'on attend d'un restaurant japonais, mais qu'il faut tout de même féliciter. Le restaurant se prolonge au rez-de-chaussée de l'hôtel grâce au bar à saké, reprenant son atmosphère conviviale, ce savoir-faire et ses codes visuels. Après toutes ces émotions, une pause s'impose. Je me rends à la chambre, pour une sieste bien méritée. Les colonels ne pourraient qu'approuver. Ça y est, mes batteries sont rechargées, je quitte enfin l'hôtel. Je me laisse porter dans Covent Garden et ses boutiques à quelques minutes à pied de l'hôtel. J'explore les étages d'un de mes shops favoris, Choosing Keeping. Comme son nom l'indique, si vous aimez la papeterie, en tout cas, vous avez envie de tout acheter. De tout adopter, parce que ces créations, elles sont presque personnelles. Fabriquées avec amour. Stylos aux motifs historiques, papier de toutes les couleurs, carnet à motifs créatifs. boîte de rangement d'archives, ciseaux, gommes et autres ustensiles, un havre au trésor, et la devanture est tout aussi jolie que le contenu, vous voyez des murs en briques rouges, un lettrage peint à la main et une enseigne en fer forgé doré qui porte le numéro du bâtiment sur ses symboles, un encrier et sa plume. Après cette petite session d'emplettes, je fais un passage éclair au Raffles pour un facelift express signé Guerlain. Le soin de 30 minutes promet une peau régénérée, éclatante et surtout des contours du visage redessinés. Parfait ! Parce que ce soir je file visionner une comédie musicale, je veux être tout belle. Je suis accueillie chaleureusement. J'enfile des slippers brodés de l'abeille signature. La cabine de soins est immense et dorée. Un arrière-cabinet offre une gigantesque salle de bain pour les soins plus complets. Je m'installe et je laisse la magie s'opérer. Senteur, gestuelle, texture. Je ne saurais pas vous citer chaque étape honnêtement, tellement j'étais absorbée. On a tendance à sous-estimer l'effet relaxant dans le soin du visage. Je ressors du spa sur un petit nuage. Je me regarde dans le miroir en passant et là je vois que mon visage est transformé. Sans exagération, vraiment. Je constate dans le miroir l'effet deep puff et ma mâchoire redessinée. J'ai plus qu'à monter me maquiller rapidement, choisir une jolie tenue et me voilà en route pour le Cambridge Theatre. Le concierge nous souhaite un bon spectacle en partant, sans qu'on ait besoin de lui rappeler notre programme. Il souligne que Mathilda... La comédie qu'on s'apprête à voir est l'une des plus grandes pièces contemporaines. La nuit est tombée sur Trafalgar Square et les panneaux lumineux commencent à clignoter. Les fameux Black Cabs, les taxis noirs, s'affairent à déposer les voyageurs et les locaux à leur rendez-vous. Les anciennes Austin FX4 ont été remplacées par des voitures électriques, sans changer pour autant le décor. Il y a foule, une ambiance festive. Quelques bus à double étage finissent leur tournée. Dans la file du Cambridge, ça ne parle qu'anglais. Quel plaisir de ressentir les vibrations de la communauté locale. D'ailleurs, le scénario est hilarant et prenant à la fois. Les acteurs, qui sont à la fois des enfants et des adultes, sont vraiment extrêmement doués. Je passe un moment hors du temps. Et je ris comme rarement j'en ai l'occasion. Intrigue, surprise, chant. On ne décroche pas une seule seconde. Si vous aimez les comédies musicales, foncez. Chapitre 4. Une journée artistique. Dernier réveil dans le somptueux décor du Raffles. Je dois profiter du spa une dernière fois. Fitness, piscine, sauna, je réitère ma routine. Et puis cette fois... Rendez-vous dans la salle majestueuse du Saison, l'un des restaurants de Mauro Colagreco, pour un petit déjeuner royal. Les vibrations sont méditerranéennes grâce à la verdure prenante et ses agrumes. Elle est vivante mais aussi intégrée à la magistrale fresque du mur principal qui fait écho à la rivière italienne. Un petit clin d'œil aux visites des artistes et écrivains britanniques sur les côtes lors des premiers voyages initiatiques. Une table, digne d'une demeure familiale, oui oui, encore une fois, porte un grand buffet de pâtisserie et viennoiserie. Le reste du service se fait à table, aux petits soins des chefs de rang. Les œufs bénédictes sont présentés sur un pain à muffins anglais et je commande des waffles sucrés salés au bacon et sirop d'érable supplément avocat. Je commande mon fameux thé au jasmin qui est apporté dans de jolies théières en porcelaine peintes avec des portraits colorés dignes de Picasso. Toutes ces petites assiettes et cette jolie vaisselle forment une table presque romantique. Un peu comme si j'étais invitée à Buckingham pour le thé. Le pain est excellent. Même pour une française comme moi, le jus frais évolue au gré des saisons et le beurre déposé soigneusement sur une petite plaque de pierre fraîche est estampillé du logo Raffles, qui est d'ailleurs inspiré de la palme florale aux abords de la maison originelle à Singapour. Je prolonge l'expérience par un espresso au Garde's Bar pour être sûre et certaine d'avoir exploré quasiment toutes les pièces de l'hôtel. J'admire une dernière fois la garde montée. depuis cette vue privilégiée. Notre départ est aussi agréable que notre entrée. Pas question de quitter la capitale sans visiter mes musées préférés. Les réceptionnistes organisent un taxi qui nous emmène au V&A Museum, Victoria & Albert, où j'explore les sections asiatiques, surtout à la recherche d'inspiration, puisant dans les motifs, les parures et les textiles colorés. La petite vaisselle et les instruments de musique m'obsèdent. Je tombe sur un piano gravé qui contient une fresque surprenante dépeignant des anges, des nymphes et autres créatures mystiques dans des tombes rosées. Un jeu de bagamon aussi, bleu azur, aux pierres de lapis lazuli et d'aurure, emporté de Venise et datant de 1580. De véritables trésors. Puis petite pause chez Harrods pour m'imprégner des créateurs de notre siècle, des truffes chocolatées Charbonnel & Walker au petit paquet rond multicolore. à l'argenterie signée Christophe dans son espace de velours vert. Et puis c'est reparti pour le Design Museum, où je garde le meilleur pour la fin, l'exposition Archive de Wes Anderson. Costumes, accessoires, brouillons de scénarios, papeterie et œuvres d'art imaginées juste pour les films. Si l'on apprécie le travail du réalisateur, c'est presque comme un pari d'attraction. D'ailleurs, on devrait faire un pari d'attraction Wes Anderson. Moi je donnerais tout. pour rentrer dans le Grand Budapest Hotel. Mes pièces préférées de l'exposition, la maquette du Darjeeling Express, le manteau Fendi de Queenette Paltrow dans la famille Tenenbaum, les marionnettes de Fantastic Mr. Fox et les distributeurs automatiques d'Asteroid City. Et bien sûr, j'oublie le principal, le costume du Lobby Boy dans le Grand Budapest Hotel. J'achète quelques souvenirs et je retourne récupérer mes valises. Tout devait se terminer là, mais l'esprit fantastique du raffle s'a encore frappé. Le réceptionniste nous fait signe avant qu'on y aille et nous remet un petit sac cadeau de toute beauté. Surprise, je demande ce que c'est. Il nous confie que c'est Ellie, notre chère réceptionniste qui a pris soin de nous depuis notre arrivée, qui nous offre un magnifique présent. Une jolie bougie dans son écrin guerlain. L'opportunité de ramener les odeurs du lieu. jusque chez nous pour prolonger ce séjour sans écale. Et c'est ainsi que se termine l'incroyable voyage londonien au Raffles London à Dioho. Merci aux équipes du Raffles, à Ellie surtout qui a rendu ce voyage vraiment magique de notre arrivée à notre départ et nous a transmis sa passion du lieu, d'Harry Potter, du Design Museum. Quel bonheur de pouvoir converser avec des passionnés qui donnent l'impression d'être reçus comme chez des amis. Merci à Emile aussi, et c'est une histoire fascinante, à l'équipe de concierges, Rosé, Shea et Dean. Bravo à la brigade et les équipes de la salle Kyoku, aux concierges et réceptionnistes du spa qui ont vraiment pris soin de nous, et à toutes les autres personnes qui ont participé à rendre ce séjour véritablement unique. Merci à vous d'avoir voyagé avec moi, et si vous êtes nouveau, déjà bienvenue dans cette incroyable communauté que forme The Palace Mindset. N'oubliez pas de mettre une note à l'émission et surtout, demeure jointe sur Instagram pour plus d'histoires et de visuels. A très vite. Merci d'avoir passé ce petit moment avec moi. Et surtout, rappelez-vous, la vie est ce que vous en faites. Alors faites-en une expérience 5 étoiles. A la semaine prochaine, même heure, même endroit, dans The Palace Mindset.