Speaker #0Pour être honnête avec vous, quand j'ai lancé The Palace Mindset, je me suis fixé un objectif évident. Je me suis dit, un jour, je dormirai au Plaza. Parce que s'il y a un hôtel qui résume l'idée même de grand hôtel, c'est bien lui. Alors je vous avoue que le jour où j'ai eu l'opportunité d'y séjourner, j'ai foncé. Ouais, le Plaza en impose, j'entends souvent ça, le Plaza c'est un hôtel ultra stylé, très prisé. Mais ce qui me fascine vraiment, moi, au-delà du fest, c'est son histoire. Une histoire qui est pas souvent entendue, très peu connue. Alors je vais vous la raconter et vous faire revivre mes 24 heures dans ce lieu sans égal. Pour mieux comprendre l'hôtel... Il faut se renseigner sur le quartier. Est-ce que vous connaissez l'histoire du 8e ? Le 8e arrondissement, qui est aujourd'hui synonyme de beau quartier, où l'on retrouve bien évidemment les plus belles vitrines de Paris, c'était autrefois qu'une campagne. Des champs et des buts, comme le Roule, l'Etoile et Monceau, qui ont d'ailleurs aujourd'hui donné leur nom aux arrêts de métro. Et d'ailleurs, l'Avenue Montaigne, C'était qu'un chemin, surnommé l'Avenue Verte, parce que des maraîchers y vendaient des courges. Au XVIIe siècle, c'est André le Nôtre, j'espère que vous connaissez André le Nôtre, on en a parlé pour le château de Versailles, grand jardinier, grand architecte qui travaillait pour Louis XIV. Justement, à la demande du roi, il décide de tracer la grande perspective des Champs-Élysées, qui relie le Louvre... à la colline de l'étoile. Mais bien sûr, il a fallu du temps entre ce moment et le 8e qu'on connaît pour ériger cette réputation. À la fin du 18e siècle, l'avenue Montaigne, c'était une allée malfamie. Une allée où il y avait bien évidemment des danseuses, des filles de joie. Mais en tant que femme, il ne fallait pas trop s'y balader si on ne voulait pas être trucidée. Parce qu'il y avait pas mal de criminalité aussi. C'est à cette époque qu'a commencé le Balmabi aussi. C'était une sorte de jardin avec des guirlandes lumineuses où on dansait le cancan. C'était très osé pour l'époque. Et c'est seulement deux siècles plus tard que le baron Haussmann métamorphose Paris avec ses avenues géométriques, ses façades symétriques, les balcons à motifs floraux. Et c'est seulement là qu'on veut redorer le blason de l'avenue Montaigne et qu'on lui donne du coup le nom... du fameux philosophe français. Ouf, l'honneur est sauf. Le 8e devient le cœur du pouvoir et du raffinement. On y implante les ministères, les ambassades, les hôtels particuliers, dont certains existent encore d'ailleurs. Et bientôt, il y a un projet audacieux qui vient s'ancrer dans cette vision. C'est la construction d'un palace qui serait capable de rivaliser avec le rite et le crayon. Donc ce sont des promoteurs du Faubourg Saint-Honoré qui décident de créer cet hôtel d'exception pour accueillir la haute société. Il confie le chantier à Charles Lefebvre, qui est né à Roubaix en 1867 et qui est formé à l'école des Beaux-Arts. Et Lefebvre, il imagine une façade d'un équilibre parfait. Huit étages, de la pierre claire, des corniches sculptées, des fenêtres arrondies. Et c'est vrai que moi, en arrivant devant... Avec la voiture qui se glisse dans l'allée, quand j'ai pris une grande respiration et que le chasseur m'a ouvert la porte en me disant Bienvenue au Plaza Athénée, madame. Et bien là, j'ai admiré avec de grands yeux la façade qui s'allongeait en hauteur. Et franchement, ça fait quelque chose. En me retournant, j'aperçois bien évidemment la tour Eiffel, et puis mes valises sont emportées en un instant. Je suis la foule qui rentre et qui sort, parce que oui, le Plaza, c'est très vivant, c'est très vibrant, il y a du monde, il y a des flux de gens qui rentrent, qui sortent. Et une fois à l'intérieur... Je constate les salons qui sont baignés de jour, un escalier monumental, les boiseries, le velours. Le Plaza Athénée ouvre le 20 avril 1913. Le nom est choisi avec soin. Plaza pour la modernité internationale, Athénée pour Athéna, la déesse de la sagesse et des arts. D'ailleurs, il y a quelques clins d'œil à la mythologie qui sont cachés dans les lieux. En tout cas, le ton est donné, ce sera un hôtel où se rencontrent le monde et l'esprit. Dès son ouverture, le Plaza devient le repère du tout Paris. En même temps, cette ouverture, ce mois-là, est liée à un autre événement. Alors pour nous, ça peut paraître minime, mais je vous explique quand même, parce que c'est un événement qui a joué un rôle important. Le Théâtre des Champs-Elysées vient d'être inauguré à quelque... pas et on y joue le sacre du printemps de Stravinsky. Comme je vous ai dit, ça vous dit peut-être rien comme ça, mais sur le moment, la pièce est un choc artistique. La musique explosive de Stravinsky et la chorégraphie radicale de Nijinsky déclenchent une véritable émeute. Rire, huer, insultes... Au point que Nijinsky doit hurler les contes aux danseurs depuis les coulisses et Diaghilev fait clignoter les lumières pour calmer la salle. La veille pourtant, avant le lancement officiel de la pièce, tout s'était super bien déroulé. Il y avait même les grands Debussy et Ravel qui étaient présents, et la presse parisienne. Mais le soir de la représentation publique, tout le monde croit assister à un sabotage. Ils assistent en fait, en réalité, à la naissance de la modernité. Faut croire que certains ont la faculté d'être plus visionnaires que d'autres. En tout cas, une chose est sûre, c'est que cet événement fait beaucoup parler. Après chaque représentation, les spectateurs de la haute société traversent la rue et se retrouvent au plaza pour dîner, danser, commenter le scandale du soir d'ailleurs. Et aujourd'hui encore, je constate lors de mon séjour que beaucoup de monde s'y donne rendez-vous, pour un thé, pour dîner ou pour prolonger la soirée. Et quand il y a du monde, il y a aussi des scandales. Devinez qui a été arrêté en 1917 devant l'hôtel Plaza Athénée ? C'est Mata Hari, la célèbre espionne, danseuse et courtisane néerlandaise qui est arrêtée le 12 février 1917 pour divulgation des secrets militaires en Allemagne, même si on débat encore aujourd'hui de sa culpabilité. 20 ans plus tard, l'hôtel n'ayant pas perdu sa splendeur, en 1936, Mon lieu préféré ? ouvre ses portes. Le Relais Plaza. Dans un style art déco signé Constant Lefranc. Rapidement, il devient le lieu de rendez-vous des stars. On y croise par exemple Marlène Dietrich, Joséphine Baker, Maurice Chevalier. C'est de mes 24 heures dans l'hôtel, sans doute le moment que je retiendrai le plus. Déjà parce que j'étais en bonne compagnie. En fait, nous avons été rejoints par deux amis et voyageons à quatre. nous voilà six assis au cœur de la salle principale autour d'une grande table ronde. Le style de la pièce se caractérise par ses éléments géométriques. Art déco oblige. Ses matériaux riches, du bois vernis, les grandes nappes blanches, la couleur dorée omniprésente, les lustres d'origine par Lalique et une grande fresque art déco de Diane Lachasseresse entourée de symboles du Zodiac. Mais ce que je trouve particulièrement fascinant, Ce sont les rénovations récentes qui conservent cet esprit tout en améliorant l'expérience. C'est très moderne, avec notamment l'éclairage ou l'agrandissement du comptoir. Quand j'entre au Relais Plaza, je quitte tout le reste. Franchement, je suis vraiment plongée dans l'histoire et cet univers singulier, et rien ne peut m'en faire sortir. Et cette identité si forte, on la doit aussi à l'atelier de design Violaine et Jérémy. Deux partenaires créatifs, donc je suis une grande fan, je vous avoue. A l'arrivée du chef Jean-Henbert, le studio a conçu l'identité visuelle, les menus, les illustrations et l'ensemble de l'art de la table du Relais Plaza en collaboration avec la manufacture historique Bernardo. La papeterie est envoûtante, j'ai pas d'autre mot. Aux courbes qui rendent hommage à l'art déco et aux moindres détails pensés avec justesse. J'ai choisi mon plat sur le semainier, alors que le dimanche c'est le traditionnel poulet frite du chef, le samedi, pour moi, c'était filet de bœuf en brioche et foie gras rôti. Puis en fin de repas, je découvre sur la carte une illustration de l'arbre des desserts, dessiné à la main, au crayon, puis apposé sur papier en marquage à chaud en cuivre profond, tirant vers la couleur chocolat. On a bien sûr succombé à l'île flottante à partager, qui est un classique du relais, qui est signé Angelo Musa, le chef pâtissier, qui a d'ailleurs été couronné meilleur ouvrier de France et champion du monde de la pâtisserie. Mais avec ce monde de gourmandise et de bien manger, il y a un tout autre univers qui cohabite. Vous savez lequel ? À l'entre-deux-guerres, l'avenue Montaigne attire les plus belles maisons de haute couture, comme Paul Poiret ou Madeleine Vionnet, les Sœurs Callot. Aujourd'hui, ça vous dit peut-être plus grand-chose, mais à l'époque, c'est eux qui ont vraiment posé les premières pierres pour que Jeanne Lanvin, Coco Chanel puissent marcher derrière. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'hôtel est malheureusement occupé successivement par les commandements allemands puis américains. Il retrouve son activité commerciale seulement en 1946. Et à cette époque, Paris a soif de beauté. Quel timing à chaque fois, le Plaza est vraiment au bon moment. C'est à cette période d'ailleurs que les mythes et les légendes de l'hôtel s'enrichissent, érigeant définitivement l'hôtel au rang d'icône. Par exemple, il y a une histoire qui a vraiment marqué le Plaza, c'est la tradition des géraniums rouges. En fait, elle vient d'une histoire d'amour des années 40. C'est Jean Gabin et Marlène Dietrich qui se retrouvaient souvent au relais et qui se sont sûrement rencontrées d'ailleurs. Quand Dietrich a acheté un appartement juste en face, Gabin a voulu lui faire une déclaration spectaculaire. Faire couvrir leur balcon de 100 roses rouges. Et comme c'était très compliqué à obtenir, l'hôtel a opté pour des géraniums rouges. Plus facile et plus... plus durable. Ditrich a adoré l'attention. Et depuis, c'est pour ça que tous les balcons du Plaza portent cette signature. En 1946, Christian Dior, soutenu par l'industriel Marcel Boussac, choisit une adresse pour ouvrir sa maison, le 30 Avenue Montaigne, juste en face du Plaza Athénée. En février 1947, il présente sa première collection. Taille marquée, jupe corolle, tissu généreux, Carmel Snow, rédactrice en chef de Harper's Bazaar, s'exclame « It's a new look » . L'expression fait alors le tour du monde. Et face à la maison Dior, les clientes venues de New York, de Londres ou de Monaco logent naturellement au Plaza. Le palace et la maison deviennent des sœurs jumelles en quelque sorte. Et moi aussi, la première chose que j'ai faite quand j'étais à l'hôtel, quand je me suis baladée un peu autour, c'est d'aller voir les vitrines de Dior juste en face. Et aujourd'hui, vous avez la galerie Dior que vous pouvez visiter, où vous pouvez voir des artisans qui vous montrent certains savoir-faire en live. J'ai pas encore eu l'occasion d'y aller, mais c'est clairement sur ma bucket list. Par contre, moi j'ai eu la chance d'arriver avec le tout début des vitrines un peu de Noël. Donc il y avait ces jolies maisons Dior, un peu comme des maisons de poupées. C'était magnifique. François Delahaye, qui est l'actuel directeur des opérations de la Dorchester Collection, donc là on parle du Plaza, mais aussi du Meurice, du Beverly Hills Hotel, du Bel Air et j'en passe, que j'ai rencontré à l'occasion d'une conférence, nous confiait que les mannequins Dior venaient gratuitement déjeuner et boire un verre au Plaza. Déjà par amitié pour Christian Dior. Mais surtout parce que ces jolies femmes attiraient le tout Paris. D'ailleurs, M. Delahaye, qui a commencé majordome pour le Duke of Westminster, est aujourd'hui adoubé en tant que chevalier de l'ordre national du mairie. En 2008, le Plaza Athénée inaugure un partenariat inédit, le Dior Institut. Un spa de haute couture pensé comme une extension naturelle de la maison. En 2023, pour les 110 ans de l'hôtel, Le lieu est entièrement repensé. Cabine nacrée, parfum signature, soins sur mesure. Tout ici raconte la continuité d'une amitié. Celle d'un palace et d'une maison de couture qui depuis 1947 se regarde en miroir animée par la même passion, du beau et aussi du bien-vivre. Dans les années 50, le Plaza Athénée devient le décor des amours, des tournages, des fêtes secrètes. A chaque fois, il connaît un nouvel élan en fait. Par exemple, on parle de Grace Kelly, de Jackie Kennedy, de Dre Burn qui y ont dormi.
Speaker #0Elle a trébuché et que du coup, elle a dû beaucoup dépenser d'argent pour rattraper son image d'américaine arriviste à Paris. Ce choix, il est clairement pas anodin pour Carrie, puisque c'est l'hôtel qui résume tout ce qu'elle aime. La mode, le romantisme, la perfection à la française. De sa fenêtre, elle voit la boutique Dior. C'est le clin d'œil idéal à la scène new-yorkaise où on la voit taper sur son ordi. Et oui, l'histoire continue de s'écrire. Pour en profiter d'ailleurs, nous, quand on y est allé, on a terminé le repas au relais avec un espresso martini, avant de s'inviter au bar qui était plein à craquer. Un bar qui respire la modernité et qui, après le classicisme parisien et l'art déco, ouvre un peu une porte vers notre génération. C'est grâce à l'agence Juan Manco qui a redesigné le lieu en 2014, avec un drapé bleu nuit au plafond, un comptoir transparent et rond, ultra contemporain. et de grandes vitrines. Le son y joue d'ailleurs un rôle crucial et le champagne est à l'honneur, surtout le don pérignon. Donc oui, encore aujourd'hui, les mannequins y séjournent pendant la Fashion Week, des défilés s'y improvisent dans les salons. Le Plaza continue de vivre au rythme de la mode et des stars. Sur les pas des plus grands en 2024, Beyoncé a fait sensation au Plaza. Après le défilé Dior de la Fashion Week, l'hôtel a organisé une réception privée pour célébrer le lancement de son whisky, Sir Davis, entouré de Nathalie Portman, Kelly Rowland, Ayana Kamoura ou encore Olivier Rousteing. Le chef du palace avait préparé un menu sur mesure pour cette soirée ultra exclusive. On voit des clichés d'elle entourée de ses amis en robe dorée iconique avec la tour Eiffel en toile de fond. Voilà. les murs de cet hôtel me passionnent. Le quartier, le design, la papeterie, les matériaux, les légendes, les plats, les cocktails, les arts, les visiteurs et son avenir aussi. J'ai hâte de voir encore cette icône du paysage hôtelier évoluer. Bon, comme d'habitude, je vous partage mon expérience sur les réseaux, sur Instagram notamment, at the Palace Mindset. Et si vous voulez adopter l'histoire chez vous, en cliché, alors sachez que l'hôtel a publié un livre avec la maison assouline 112 ans de passion et d'histoire. Merci d'avoir passé ce petit moment avec moi et surtout rappelez-vous, la vie est ce que vous en faites. Alors faites-en une expérience 5 étoiles. A la semaine prochaine même heure, même endroit, dans The Palace Mindset.