- Arnaud Manzanini
Et si votre passion du vélo prenait une nouvelle dimension ? Rejoindre la Fédération Française de Cyclotourisme FF Vélo, c'est bien plus que rouler à vélo. C'est partager des sorties conviviales, c'est progresser grâce aux conseils des plus expérimentés, c'est transmettre aux plus jeunes qui souhaitent se développer. Mais c'est aussi et surtout profiter de milliers d'événements. Adhérer à la Fédération Française de Cyclotourisme FF Vélo, c'est aussi bénéficier de nombreux avantages de formation dans un cadre qui donne encore plus de sens à chaque coup de pédale. Alors, êtes-vous prêt à trouver un club ? Pour cela, je vous invite à aller sur le site ffvélo.fr et rejoindre la grande communauté des cyclotouristes. FF Vélo, le vélo ensemble. Salut à toutes et à tous, bienvenue dans Tous En Selle, le podcast qui te donne envie d'enfiler un casque et de partir seul ou à plusieurs à l'aventure. Ici, pas de chichi, pas de filtre, on parle vrai, on parle passion, on parle kilomètres. Des kilomètres qui font vibrer, mécanique mais aussi un partage d'expérience. Que tu sois cycliste du dimanche, compétiteur, ultra-cycliste, vélo-taffeur, ou tout simplement passionné du vélo et du deux-roues, tu es au bon endroit. Alors, installe-toi, respire profondément et prépare-toi à embarquer. Ici, on roule ensemble et on roule loin. C'est parti, toutes et tous en selle. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur un nouvel épisode du podcast Tous en selle. Aujourd'hui, c'est un peu particulier parce que je vais vous emmener dans un univers du cyclisme vers lequel on n'est jamais allé, qui est la piste. Et pour ça, je reçois un champion qui est Melvin Landerneau. Salut Melvin.
- Melvin Landerneau
Salut Arnaud.
- Arnaud Manzanini
Je suis très heureux de te rencontrer.
- Melvin Landerneau
Merci beaucoup pour l'invitation déjà.
- Arnaud Manzanini
Merci d'avoir fait l'effort de venir à Lyon, ne vous attendez pas sur Lyon mais c'est un plaisir.
- Melvin Landerneau
Toujours un plaisir de venir à Lyon.
- Arnaud Manzanini
Supporter à Lyonnais, c'est ce que tu m'as dit juste avant qu'on ouvre les micros. Bienvenue à Lyon, merci de prendre du temps pour nous, j'imagine un emploi du temps très chargé. La première question que je vais te poser Melvin, avant qu'on rentre dans l'univers justement et qu'on découvre les coulisses de la piste, c'est de te présenter pour le public, les auditrices et les auditeurs de Tous en Seine.
- Melvin Landerneau
Alors je m'appelle Landarno Melvin, j'ai 28 ans. je pratique le cyclisme sur piste un peu sur route aussi mais je suis surtout un pistard je suis originaire de la Martinique je suis né au Lamantin, j'ai grandi en région parisienne j'ai commencé le vélo en métropole à l'âge de 8 ans donc ça fait 20 ans maintenant que je fais du vélo et voilà et en ce moment je me prépare avec un objectif avec un très gros objectif qui est les jeux de Los Angeles.
- Arnaud Manzanini
C'est génial de pouvoir dire ça une fois dans ta vie. Je prépare les Jeux Olympiques et en plus Los Angeles. Ça va être grandiose. Tu vas nous expliquer tout ça justement. Est-ce que... Moi, j'ai lu bien évidemment ton profil. J'ai préparé cet épisode. Et est-ce que c'est le cyclisme qui t'amène en métropole ? Ou est-ce que c'est la vie de famille, un déménagement qui t'amenait à vivre en France ?
- Melvin Landerneau
Non, ce n'est pas du tout le vélo qui m'a amené en métropole. C'est mes parents et j'ai un grand frère. Et mes parents, ils voulaient qu'on ait un peu plus de possibilités d'avenir et d'options en grandissant. Du coup, on s'est installé très vite en région parisienne, avec cette idée en tête que mes parents avaient de nous offrir un avenir meilleur, on va dire, même si de rester... Au pays, ça ne ferme pas toutes les portes. Mais il y a quand même plus d'options en venant en métropole. Surtout, il y a quelques années, c'était différent. Et je commence le vélo en métropole. À quel âge tu commences ta première ligne ? À 8 ou 9 ans, je ne me souviens plus très bien. Mais j'avais la passion du vélo. Ça va être ma question.
- Arnaud Manzanini
C'est ton grand frère qui t'a entraîné ?
- Melvin Landerneau
Mon grand frère faisait déjà du vélo. Moi, j'étais inscrit au foot. Et j'ai été avec son club à l'époque, la JCC, c'était au Coudray-Monceau, dans l'Essonne. En Martinique, le vélo c'est un sport vraiment hyper populaire. C'est ça, le sport de Martinique, et c'est vraiment une ferveur très particulière. Depuis petit, j'allais déjà voir les courses avec mes parents, mes parents sont fans de vélo, donc c'était assez logique. que je commence le vélo un jour.
- Arnaud Manzanini
Et est-ce qu'il y avait, à ce moment-là, quand tu as 8-10 ans, tu commences avec les catégories inférieures, est-ce que tu as une idole ? Est-ce que ton idole, ton sportif ou le cycliste qui vraiment te fait rêver, est-ce que c'est un pistard ? Est-ce que c'est un Florian Rousseau, par exemple ? Ou est-ce que c'est un autre sportif, un footballeur ?
- Melvin Landerneau
C'est particulier, parce que quand je commence le vélo, moi je ne connais vraiment rien au vélo. Je ne suis même pas passionné de vélo quand je le commence. Je suis passionné de faire du vélo, mais pas de le regarder ou de m'intéresser à qui sont les champions. C'est différent du foot, où j'aimais beaucoup faire du foot. J'ai plein d'idoles dans le foot, je connais vraiment pas mal de footballeurs à ce moment-là. Et la passion s'est développée au fur et à mesure. Et oui, mes premiers mois d'idole dans le vélo, quand je commence vraiment à m'y intéresser. Le tout premier, je pense que c'est Mark Cavendish, qui était un sprinter. Et j'ai aimé aussi. Ouais, c'est ça. Et à l'époque, les sprinters, ils avaient la... Aujourd'hui, c'est un peu différent, mais à l'époque, les sprinters, c'était vraiment classe et c'était cool.
- Arnaud Manzanini
Tu peux l'aider à lancer un peu ça avec ses tenues, ses premières tenues sur le Giro, notamment. C'est vrai qu'il a cassé un peu les codes et c'est lui qui avait mis en place les trains. Ouais, c'est ça.
- Melvin Landerneau
Et c'était hyper stylé.
- Arnaud Manzanini
C'est lui qui a monté les trains, donc c'était hyper stylé. Alors... C'était hyper stylé, mais c'était un peu monotone de regarder une étape du Tour d'Italie, du Tour de France ou même du Tour d'Espagne parfois, où les trains se mettaient en place. En fait, cadenas c'est la course. Et quand tu savais que tu avais une étape qui était plate, tu t'es connecté aux dix derniers kilomètres. Tu avais vu le résumé.
- Melvin Landerneau
C'était passionnant les trains à l'époque, ils étaient passionnants à regarder. Et du coup, j'aimais beaucoup ça. La piste, ça vient beaucoup plus tard. Mon premier... La première personne que je vois, mon premier idole, et la personne avec qui je me sens représenté et que je peux m'identifier, moi c'est Greg Bouger. C'est les jeux de 2012, je regarde les jeux de 2012, et je crois que c'est la première fois que je regarde une compétition sur piste, et je vois Greg Bouger, et pour moi c'était facile de m'identifier à lui, parce qu'il était anti-yay, c'était une évidence, mais la piste ça vient plus tard quand même.
- Arnaud Manzanini
Il y a quand même le sprint, parce que Kevin dit « je sprint » , donc il y a quand même cette envie d'effort intense. Est-ce que tu as regardé son documentaire ?
- Melvin Landerneau
J'ai regardé, oui. J'ai regardé, oui. Hyper touchant, hyper émouvant. C'est dingue.
- Arnaud Manzanini
Tu vois les coulisses où à un moment donné, pas grand monde lui fait confiance, en tout cas dans son équipe. Quand il était chez Data Science, je ne sais plus quel nom de l'équipe, mais tu vois que ce n'était pas si simple. En tout cas, le choix du directeur sportif de ne pas forcément lui faire confiance. Mais il revient. Et moi, j'étais devant ma télé quand il gagne sa dernière étape du Tour. Mais aussi au... Alors déjà, je trouve ça génial qu'il ait pu marquer l'histoire comme ça parce que c'est un grand champion. Mais aussi, j'ai adoré au Tour d'Italie quand il gagne la dernière étape, je crois, et que c'est Gerhans qui l'emmène, qui est d'une autre équipe.
- Melvin Landerneau
Oui, oui, oui. C'était dingue.
- Arnaud Manzanini
Qui est dans l'équipe Ineos. et qui l'emmène pour qu'il gagne ce prix.
- Melvin Landerneau
Oui, je me souviens de ça. J'ai regardé cette étape. La classe. Oui, ça, c'était dingue. Voilà,
- Arnaud Manzanini
j'ai dit la classe.
- Melvin Landerneau
Je pense que c'est un champion qui est respecté, je pense, dans tout le peloton et qui a marqué, je pense, plusieurs générations. Ça fait plaisir à tout le monde de le voir, même sa dernière victoire au Tour pour le record. Je pense que ça fait plaisir. Franchement,
- Arnaud Manzanini
il a apprécié dans le peloton qu'un autre courant, de la même nationalité, ils ont déjà fait des épreuves sur piste ensemble. Ils ont été champions du monde, je crois même. mais C'est très cool, mais de faire ce geste-là avec la pression des sponsors que les pros peuvent avoir aujourd'hui, que deux coureurs de même nationalité mais d'équipes concurrentes s'entraident pour aller faire gagner, moi j'ai trouvé que c'était la classe de la part...
- Melvin Landerneau
À ce moment-là, Garen Thomas avec son statut, je pense qu'il peut à ce moment-là faire un peu ce qu'il veut, personne ne va lui dire grand-chose.
- Arnaud Manzanini
En tout cas, il était apprécié dans l'instant. Revenons à ton parcours Melvin, c'est à quel moment la piste vraiment arrive ? Parce que la piste est un sport très particulier, avec le Vélodrome de Saint-Quentin en région parisienne, donc assez facile d'accès pour toi. Mais à quel moment le... La piste rentre dans ton parcours de vie, mais aussi à quel moment il y a une décision de dire bon, là j'axe sur la piste. Parce qu'on le sait, tu parles de Greg Bouger, même s'ils font un petit peu de route à côté, ils se concentrent quand même sur la piste. Comment la piste est arrivée ?
- Melvin Landerneau
La piste, moi elle arrive, elle était beaucoup moins accessible à l'époque, parce que déjà il n'y avait pas 51, il n'y avait pas les vélodromes de Bourges, Roubaix, ni Loup-des-Hacques, ni tous les vélodromes couverts qu'il y a maintenant. C'était l'INSEP, en couvert il y avait l'INSEP, Bordeaux.
- Arnaud Manzanini
Petit vélodrome l'INSEP. Ouais c'est ça. Et la piste elle fait combien ?
- Melvin Landerneau
Et 166 mètres. C'est un rond quoi. Ouais c'est ça. J'ai commencé là-bas moi. La première fois que je roulais avec un vélo de piste c'est à l'INSEP. L'âge exact je ne saurais pas dire mais je pense 13-14 ans peut-être. Et la première fois que je roulais avec un vélo de piste on me dit tiens le vélo. Et c'était à l'INSEP ?
- Arnaud Manzanini
Et comment tu arrives à l'INSEP ? Parce que quand on va à l'INSEP, c'est généralement qu'on...
- Melvin Landerneau
Et quand on est en région parisienne, on va être les clubs. Tous les mercredis, il y avait des créneaux du comité qui étaient ouverts au club. Du coup, on pouvait s'inscrire et y aller. Mais avant ça, j'ai fait les mercredis populaires à la Cipale. Ça, c'est un vélo de route. Du coup, tous les mercredis, j'allais à la Cipale et c'était des compétitions. C'était un vélodrome en dur, en béton, ouvert, à ciel ouvert. C'est un vélodrome mais ça ressemble plus à de la route parce que 500 mètres, il n'y a pas vraiment de contraintes, les virages sont un peu relevés mais ça va. L'INSEF ça n'a rien à voir, c'est juste à côté mais ça n'a rien à voir. Et après ça mon éducateur de l'époque, Patrice Leruste, j'étais au club de l'US 97, le club de Villeneuve Saint-Georges, et il me met sur la piste, il ne me laisse pas trop le choix parce que c'était l'hiver. Et du coup, en vrai, l'hiver, d'être à l'intérieur, au chaud, c'est quand même cool pour faire des intensités.
- Arnaud Manzanini
Et pignon fixe ?
- Melvin Landerneau
Ouais, pignon fixe.
- Arnaud Manzanini
Tu découvres aussi peut-être ? Ouais,
- Melvin Landerneau
je découvre tout, ce sont les freins, pignon fixe et l'INSEP, on me jette dans ça.
- Arnaud Manzanini
Une chute ou pas ?
- Melvin Landerneau
Non, au début, non. Au début, j'étais tellement peureux que je faisais vraiment attention. J'ai eu des chutes par la suite, mais... Mais pas liées au pignon fixe, pas liées, voilà. Non, non, non, non. Je faisais vraiment attention. Et c'est particulier parce que j'aimais pas ça au début. J'aimais vraiment. Ouais, j'aimais pas ça parce que ça fait peur au début.
- Arnaud Manzanini
Ça va vite.
- Melvin Landerneau
Et commencer à l'INSEP. Maintenant, les jeunes, quand ils commencent, les vels de rhum sont un peu plus simples à commencer, on va dire. Ils ont des initiations qui sont bien avec des éducateurs qui leur montent. Ouais, on les lance pas comme moi. Tiens, prends le vélo, les valses. Nous, c'était la vie, prends le vélo. Et là, il faut rouler les uns derrière les autres, faire des relais et tout. donc c'est C'était particulier, à chaque fois j'y allais à reculons, sauf que je n'avais pas trop le choix. Mon père était beaucoup investi dans ça, donc il m'emmenait. J'habitais à cette époque-là en Seine-et-Marne, jusqu'à dans le bois de Vincennes tous les mercredis après les cours. Donc en rêve, il fallait que je m'y implique aussi. Et petit à petit, d'année à l'année... On a Vincennes dans le triangle. Il y a le polygone aussi, juste à côté. Juste à côté il y a le polygone Où tous les cyclistes parisiens Connaissent un peu le polygone Le polygone est en G Je pense que tous les parisiens On a beaucoup tourné là-bas Et petit à petit Je fais des courses Il y a des courses même l'hiver Il y a des courses quand on est jeune Et après on va plus Sur l'extérieur Quand les beaux jours arrivent c'est Olney et Saint-Denis C'est des pistes plus accessibles pour débuter, parce qu'elles sont plus grandes. Et voilà, moi je commence la piste comme ça. Au début, ce n'est pas du sprint, on touche un peu à tout. Il y a un peu d'endurance, un peu de sprint. Moi, j'allais déjà vite au sprint, de base sur route. C'est pour ça que Patrice, à l'époque, il a voulu que la piste soit testée. Parce que c'est une discipline où il faut beaucoup de vélocité, d'explosivité. Il s'est dit que c'était nickel pour lui. Mais il y avait ce truc d'appréhender la piste, ça a pris du temps, mais ça finit par...
- Arnaud Manzanini
Tu parlais d'INSEP, je pense à Mathilde Gros que j'ai reçue sur le podcast, sur Ultratol, il y a peut-être 5 ans déjà, qui nous expliquait que ses premiers tours de piste à l'INSEP, c'était un fiasco total. C'était la première fois qu'elle...
- Melvin Landerneau
prenait un vélo de piste qu'elle connait elle avait été sélectionnée sur des watts enfin on le connait sur l'histoire maintenant elle avait commencé le vélo en plus exactement elle était basketteuse ouais elle a fait une nouvelle transformation et ouais je me souviens parce qu'on est rentré à l'INSEP la même année en 2014 septembre 2014 on est rentré à l'INSEP ensemble et du coup je la voyais un peu dans ses galères au quotidien mais ça en est bien sorti et alors à quel moment il y a le déclic où là tu t'es dit Merci.
- Arnaud Manzanini
Allez, je tiens un truc avec la piste.
- Melvin Landerneau
Ça vient en 2000. 13, je suis cadet 2 à l'époque, je fais mes premiers championnats de France sur piste. Cette année-là était assez particulière parce que j'étais en mode, le vélo je ne suis pas sûr que ce soit ce que je vais faire. En plus là c'est l'été, il fait beau, j'ai envie d'aller jouer au foot, j'ai envie d'aller profiter. Je ne suis pas sûr, mais je suis sélectionné pour les championnats de France avec le comité d'Île-de-France. Du coup, c'était là, il y a tous les entraînements à faire.
- Arnaud Manzanini
Il y a toujours été un comité qui a quand même sorti toujours des grands champions.
- Melvin Landerneau
Oui, vu qu'il y avait des éducateurs aussi qui s'impliquaient beaucoup. C'est une grande région avec un niveau vraiment élevé. Donc, on se pousse un peu tous vers le haut. Et c'était là. Il faut aller s'entraîner pour les championnats de France. Oui,
- Arnaud Manzanini
c'est mieux.
- Melvin Landerneau
Et j'étais sélectionné en sprint pour faire que la vitesse individuelle. Ok.
- Arnaud Manzanini
C'est aussi ce qu'il faut savoir pour les auditrices et les auditeurs du podcast Tous en Seine qui suivent la piste forcément, mais généralement que les grands championnats à la télé. Si vous suivez vraiment la piste, vous connaissez les différentes catégories. Mais en piste, il y a effectivement le sprint, l'endurance. Alors l'endurance sur la piste, ce n'est pas 5 heures de... C'est un peu plus que le kilomètre. Mais voilà, il y a différentes catégories et chaque cycliste membre de l'équipe de France de piste comme Edwin a une spécialité. C'est pour ça que c'est important de travailler en fonction des filières.
- Melvin Landerneau
C'est ça. Les entraînements, il y a l'INSEP au début et ensuite on bascule à Saint-Denis ou Aulnay, je ne me souviens plus trop. Mais moi, je veux toujours esquiver déjà parce que c'est l'été et il faut que j'aille en transport. C'est l'opportunité 77. RERD pour aller jusque là-bas, c'est une galère de fou, j'ai pas envie et tout ça. Et Patrice, du coup l'éducateur, il vient me chercher chez moi pour être sûr que j'y aille, parce que pour lui il est persuadé que ça va le faire et que c'est bon, et moi j'avais pas envie, je vais arrêter. Il me dit ouais bon, tu fais tout, tu fais la préparation, tu fais le championnat. Et après, si tu veux aller faire ce que tu veux, tu vas faire ce que tu veux.
- Arnaud Manzanini
Donc il a fait un deal avec toi. Normalement, il n'était pas motivé. Par contre, on le fait 100% et après, on en parle.
- Melvin Landerneau
C'est ça. Et du coup, j'y vais pas trop convaincu. Je fais des trucs bien, mais sans plus. Du coup, je suis vraiment sélectionné pour y aller en vitesse individuelle. Et après, il y a la vitesse par équipe. C'est la discipline où on est trois. Et au Japon à la France, la particularité, c'est que... Il faut mettre un cadet en démarreur, du coup on poste un qui fait un tour et s'écarte. Ensuite, il y a deux juniors. Le junior, il est en relayère, il fait un tour et s'écarte, et le junior, il est fini.
- Arnaud Manzanini
Alors, ça représente combien de tours de piste ?
- Melvin Landerneau
C'est trois tours, 750 mètres. Donc un tour.
- Arnaud Manzanini
Chacun fait un tour à bloc, sachant que le troisième fait trois tours. C'est ça.
- Melvin Landerneau
On met le plus jeune au début, et après on met les deux juniors. Et ils testent plein de personnes à ce moment-là, et tout ça. Et ils testent des juniors parce qu'en fait ils ne testent pas de cadets. Moi j'étais cadet, ils avaient déjà un cadet démarreur et il fallait le relayeur. Et ils avaient déjà le junior finisseur qui était en équipe de France à l'époque. Et Patrice il leur glisse un peu, oui Melvin il peut essayer si vous voulez et tout. Et j'essaye du coup le relayeur et je fais un bon chrono et ils disent c'est bon on va le mettre. Sachant que cette année-là il n'y avait pas, maintenant ça se fait un peu plus je crois. Mais c'était toujours un cadet et deux juniors. Moi j'étais cadet et du coup on avait deux cadets et un junior. Et du coup j'y suis allé comme ça. Du coup j'y vais, c'était hier, au vélodrome à Costebel à côté de Toulon.
- Arnaud Manzanini
Ouais, exact.
- Melvin Landerneau
Trop bien le vélodrome. Le vélodrome ouvert. Ouais c'est ça, semi couvert. La piste elle est couverte un peu et à chaque fois qu'on va là-bas c'est un plaisir. Il fait toujours beau et l'ambiance elle est particulière.
- Arnaud Manzanini
Et qui n'est pas en béton, qui est en bois je crois. Ouais c'est ça, elle est en bois.
- Melvin Landerneau
Elle est en bois et je vais là-bas, ça se passe bien. Je finis champion de France de vitesse individuelle.
- Arnaud Manzanini
Voilà, c'était l'histoire de Médouine qui est terminée champion de France alors qu'il ne voulait pas les entraîner et qu'il préférait aller jouer au foot.
- Melvin Landerneau
Et là, tu as été là. Et surtout aussi sur la vitesse par équipe. On était la seule équipe avec deux cadets et un junior. On termine champion de France de vitesse par équipe. C'était un championnat qui s'est vraiment bien passé pour moi.
- Arnaud Manzanini
Et que te dit ton entraîneur à l'histoire ?
- Melvin Landerneau
et du coup il n'y avait même pas eu de sujet c'était logique de continuer de me dire en vrai sur piste j'ai peut-être quelque chose à faire parce que sur route franchement je ne me voyais pas aller faire des 5-6 heures de vélo ça nécessite du temps ça
- Arnaud Manzanini
ne m'intéressait pas surtout comme tu l'as dit ce qui est intéressant dans ton parcours et c'est ce qui ressort souvent des champions c'est que vous avez un truc en plus c'est à dire que Toi, ce qui t'intéresse, ce qui te fait kiffer, c'est le foot en fait. Ouais. Non, toi, fais du vélo, tu vas devenir champion en fait. Je trouve ça drôle. Ouais. Toi, t'as pas de poster dans ta chambre de cycliste. C'est du foot. Ouais,
- Melvin Landerneau
à cette époque-là, c'était vraiment, c'était foot, foot. Je regardais vraiment tout le temps le foot. Et même là, je commençais vraiment à faire beaucoup de vélo. Je regardais quelques courses de vélo, mais... Ouais, c'est pas... En plus, même aujourd'hui, en vrai, je regarde quand même de plus en plus de vélo. Mais le foot, ça reste...
- Arnaud Manzanini
Je vais quand même te demander, c'est ton club, c'est lequel ? C'est Lyon ! J'en ai deux,
- Melvin Landerneau
j'ai Lyon et Arsenal. Les deux. Et ouais, ça me passionne vraiment. Mais le sport en général me passionne vraiment beaucoup. Je pense que j'aurais voulu faire du sport de ma vie, quoi qu'il arrive, parce que j'aime vraiment faire tous les sports. J'aime vraiment ça quand je suis en vacances et que je suis en repos de vélo. Je suis obligé de faire d'autres sports que je n'ai pas l'occasion de faire pendant la saison parce que j'aime trop ça.
- Arnaud Manzanini
Alors c'est vrai que là, ce qui est intéressant, c'est qu'on voit le déclic, comment le parcours d'un champion peut pivoter. Et là, on voit le rôle de l'entraîneur qui lui détecte, fait confiance, arrive à trouver la motivation en toi. Enfin, motivation, c'est-à-dire qu'il a confiance, mais il va quand même te chercher devant chez toi pour te dire, allez, va t'entraîner, je sens qu'il y a un truc. Ça marche, tu deviens champion de France, tu l'as dit très très jeune. Et derrière, ça veut dire que tu rentres en sport et tu... Parce que ce qu'il faut savoir, c'est qu'en piste... Il faut rentrer dans le staff France qui permet après de faire des grandes compétitions.
- Melvin Landerneau
C'est ça.
- Arnaud Manzanini
Parce que ce qu'a pas dit Melvin dans sa présentation, c'est qu'il est quand même champion de France. Il a été champion de France cadet, mais il le sera encore plus grand. Il a été champion d'Europe également. Donc on a quand même un champion au micro de tous en selle. Mais après ce champion, ce champion, ce titre de champion de France, alors que tu es cadet, comment ça se structure pour toi pour arriver au statut de champion d'Europe ?
- Melvin Landerneau
Cette année-là, il y a les entraîneurs nationaux du pôle olympique de l'INSEP à l'époque qui viennent me voir et qui me disent là il y a 50 ans, ça venait de se construire le vélodrome du coup les élites qui étaient à l'INSEP allaient à 50 ans et l'INSEP c'est juste un pôle jeune du coup ils me parlent et me disent l'année prochaine à l'INSEP, ils recrutent des jeunes pour... pour la suite et est-ce que ça m'intéresserait ? À ce moment-là, je voulais continuer à m'investir, mais doucement. Tu rêvais de quoi,
- Arnaud Manzanini
toi, petit ? À cette période-là, tu rêvais de quoi ? Tu rêvais d'un métier ? Tu rêvais d'un pays ? Qu'est-ce qui te faisait rêver ?
- Melvin Landerneau
À ce moment-là, je rêvais de... Oui, je voulais faire du vélo. Je voulais faire du vélo et je voulais faire de la piste. Mais j'étais encore jeune et je n'étais pas sûr si je vais continuer en même pas un ou deux mois à proposer du but quotidien. Mais j'avais encore un an pour réfléchir donc ça va, je vais rester chez moi un an de plus.
- Arnaud Manzanini
Et tes parents, qu'est-ce qu'ils disaient ? Tu disais tout à l'heure que ton papa était très investi. Et ce qui te poussait à ce moment là ? Ou les deux ? Ouais,
- Melvin Landerneau
mes deux parents ils étaient très ainsi depuis que j'ai commencé le vélo, ils aiment beaucoup ça. Et mon père, lui, il voulait que je fasse de la route en vrai. Parce que, il voulait que je fasse de la route, je fasse le tour de Martinique, il voulait que je fasse l'Inter-Sauvutte, Au début, je pense qu'il voulait, même lui, il voulait pas trop que... Il était content, il était franchement content de mes titres et que ça marche pour moi. Mais il aurait voulu, je pense, que je fasse les deux un peu.
- Arnaud Manzanini
Est-ce que c'est possible de faire les deux ?
- Melvin Landerneau
En étant sprint, non. En étant durant, oui. Mais en tant que sprinter, non, ce n'est pas possible. Il y en a qui l'ont fait, mais il faut arrêter un pour donner l'autre.
- Arnaud Manzanini
On a encore des professionnels aujourd'hui qui sont en équipe de France. Je pense à Brian Cocard, je pense à Thomas.
- Melvin Landerneau
Benjamin Thomas.
- Arnaud Manzanini
Benjamin Thomas, voilà, qui arrive, mais pas sur du sprint.
- Melvin Landerneau
Oui, non, c'est tellement différent. En vrai, ce n'est pas du tout le même sport. Ce n'est pas le même sport. C'est vraiment différent. C'est comme en athlète. Oui, c'est ça, c'est vraiment pas pareil. Et du coup, cette année en plus, ça ne se passe pas très bien pour moi, parce que j'ai eu un peu des blessures, je commence à avoir des gènes par-ci par-là, donc ce n'était pas top. Je retourne au Choupin-France, je suis à nouveau sélectionné, ça ne se passe pas hyper bien. Je crois que je fais une médaille dans une discipline et champion de France de vitesse par équipe. Donc ce n'était pas incroyable, mais ça va. Je suis sélectionné par l'équipe de France, par contre, pour aller au championnat d'Europe junior. Je suis junior première année. On fait une médaille de bronze en vitesse par équipe au championnat d'Europe. Et à la fin de cette année-là, du coup, on me dit maintenant, il y a la rentrée. Est-ce que tu viens à l'INSEP et tout ça ? Et j'ai dit bah ouais. Je rentre à l'INSEP en septembre 2014 et je découvre ce monde-là. C'était vraiment incroyable. Cette année-là, c'était ma première année à l'INSEP. Elle était vraiment incroyable. J'étais avec plein de jeunes qui sont comme toi, qui ont un rythme de vie comme toi, qui sont chacun dans leur sport. Oui, tu te rends compte de... Tu es prospect et tout ça, et tu vis, tu vas à l'école dans l'INSEP, tu dors à l'internat, tu manges avec eux, tu découvres plein d'autres choses, tu te fais des amis, et franchement, c'était incroyable.
- Arnaud Manzanini
L'INSEP, c'est vrai, quand tu es sportif, tu es passionné de sport, et que tu as envie de vivre un jour de ça quand tu es jeune, ado, l'INSEP en France, c'est le pôle qui regroupe tous les espoirs du sport français. Alors moi, j'ai été une fois à l'INSEP. J'étais content, parce que je n'ai jamais été professionnel, mais l'INSEP a toujours été... C'est vrai qu'on... Avant, tu ne l'as pas connu, mais avant, moi, je me rappelle... Quand tu voulais faire sportif professionnel ou de très très haut niveau, déjà, tu avais une première étape parce que tu avais le service militaire qui était obligatoire avant. C'était le bataillon de Joinville. Déjà, si tu faisais du vélo et tu étais sélectionné au bataillon, déjà, tu pouvais te dire « J'ai un bon niveau » . Puis après, c'est l'INSEP. Et l'INSEP, moi, j'y suis allé une fois, ce qui n'a rien à voir avec le vélo. C'est dans le cadre de Koh Lanta. Tu es sélectionné dans les 20. Et quand tu es sélectionné dans les 20 qui doivent partir, on t'envoie passer deux jours à l'INSEP. où tu sais ce que c'est, tous les médecins te font un scan corporel, et tu sais combien pèse ton bras droit, combien pèse ton bras gauche, combien pèse ton cul. Oui,
- Melvin Landerneau
le dexa, oui.
- Arnaud Manzanini
Non, mais c'est incroyable. Et malheureusement, c'est à ce moment-là à l'INSEP qu'on m'a découvert un asthme à l'effort, et qu'on m'a dit, tu étais dans les 20, mais finalement, on ne t'emmène pas. Je n'ai plus jamais regardé le coup de bras, tellement j'ai été frustré. J'étais prêt à partir, c'était 15 jours avant le début du tournage. Et donc l'INSEP, j'ai connu deux jours à l'intérieur où j'ai vu effectivement tous ces champions, la cantine. Donc voilà, ça fait toujours rêver. Donc c'était la petite anecdote.
- Melvin Landerneau
Je regarde tous les ans Koh-Lanta et je pense que c'est l'un de mes rêves de le faire un jour. J'y ai cru. Moi,
- Arnaud Manzanini
je peux te dire, j'y ai cru. Six mois de sélection. Déjà, tu as des premiers entretiens téléphoniques. Alors c'est très, très bien fait. Premier entretien téléphonique, après entretien à Marseille. J'étais convoqué à Marseille, entretien comme on le fait là. Et puis ensuite, tu montes à Paris, où tu as un entretien face caméra, où tu as la production qui est derrière les caméras, puis tu as un écran télé. Et puis regarde, tu vois, pour voir si tu passes bien la télé en même temps où ils te posent des questions. Et dans ce grand espace-là, tu sais qu'il y a d'autres candidats qui sont dans les pièces à côté. Et tu as comme un chaperon qui est avec toi. Et en fait... Tu changes de pièce sans voir personne. C'est assez incroyable. Et une fois que tu es sélectionné, tu vas à l'INSEP de jour. Moi, je me rappelle, j'y suis allé le 14 et 15 février. Je ne sais plus de quelle année, mais ça fait très longtemps. Et à l'issue de ça, définitivement, tu pars au pas. Et moi, j'avais déjà prévenu mon employeur. J'étais super content. Tu vois, j'étais fier. J'allais à l'INSEP. Mais bon, voilà. C'est dingue. Ça a purgé un peu ma frustration de sportif passionné. Et donc, je reprends. Ton parcours, Melvin, donc là, je ne sais pas si on peut dire structure, mais là, en tout cas, tu rentres dans le cadre fédéral, avec vraiment l'objectif de te faire exploser, de te faire progresser. Est-ce que... Les Jeux Olympiques sont dans le scope à ce moment-là. Je ne parle pas de ceux d'OS Angeles, mais je parle d'Illia Tokyo, où tu vas être remplaçant, c'est ça je crois. En plus de Paris, tu vas faire partie de l'équipe qui prépare le projet. Est-ce que là, il y a déjà des Jeux Olympiques ? On t'en parle ou pas du tout ?
- Melvin Landerneau
Déjà, pour revenir, tu m'as parlé du bataillon de Jouanville. Tu sais que ça existe toujours ? Moi, je suis au bataillon de Jouanville. Ça existe toujours ? Oui, ça existe toujours. Tu es à l'armée des champions.
- Arnaud Manzanini
C'est ça.
- Melvin Landerneau
Et du coup, on est plein d'athlètes. Ça nous permet de vivre. Parce qu'en tant que sportif de haut niveau, ça peut être compliqué. Et ça existe toujours, du coup. Et pour revenir à ton autre...
- Arnaud Manzanini
Je pensais que ça avait été arrêté.
- Melvin Landerneau
C'est une autre forme, mais ça existe toujours.
- Arnaud Manzanini
En tant que sportif de bataillon, ça m'a toujours fait rêver. C'est vrai, ça m'a toujours fait... Quand tu accèdes à ça, tu sais que tu fais partie du sport. Et on te fait confiance, et tu as des compétences.
- Melvin Landerneau
C'est top. Et pour ton autre question, oui, quand je rentre à l'INSEP, surtout que ma première année à l'INSEP, elle se passe vraiment bien, ma deuxième année de junior.
- Arnaud Manzanini
Tu te sens bien ?
- Melvin Landerneau
Oui, je passe à m'entraîner en bicotidien et en étant plus précis.
- Arnaud Manzanini
Ça veut dire, Melvin, qu'il y a une progression dans tes temps, parce qu'aujourd'hui, comment tu mesures ta progression en piste ?
- Melvin Landerneau
Oui, c'est facile.
- Arnaud Manzanini
Voilà, c'est le deuxième, je veux dire, c'est le chrono. Donc là tu vois que tu améliores tous tes temps, comment ça se passe ?
- Melvin Landerneau
Oui, c'est facile, les temps s'améliorent, je prends du muscle et de la masse et mon corps se développe un peu plus. A la fin de cette année-là, il y a les championnats juniors. En junior, quand tu es junior, c'est hyper important les championnats de l'été, parce que c'est des belles expériences, des beaux voyages aussi. Et je finis triple champion de France, champion d'Europe cette année-là. Oui,
- Arnaud Manzanini
donc là il y a une vraie progression.
- Melvin Landerneau
Oui, il y a une vraie progression. Et à ce moment-là, on commence à parler des Jeux de Paris déjà. Ça parle des Jeux de Paris et on est identifié comme la génération…
- Arnaud Manzanini
Qui va être mûre, mature. Les Jeux de Paris.
- Melvin Landerneau
Donc, dès ce moment-là, on nous parle vraiment que de ça, souvent,
- Arnaud Manzanini
Ce n'est pas trop dur en termes de pression, justement ?
- Melvin Landerneau
Non, je ne sais pas si c'est pour tout le monde le cas. Toi, ça n'a pas eu d'impact ? Non, franchement, je ne suis pas quelqu'un qui met beaucoup de pression. Et du coup, non, moi, je vois ça comme un objectif. Mais je n'y pense même pas tous les jours plus que ça. Juste, je me dis, c'est cool, j'aimerais bien y être et vivre cette expérience-là.
- Arnaud Manzanini
Donc là, on te parle de Paris. Oui, voilà. Tu dis, c'est encore loin, mais on te parle de Paris alors qu'on est avant Tokyo déjà.
- Melvin Landerneau
Oui, on est en 2015.
- Arnaud Manzanini
Oui. Donc,
- Melvin Landerneau
c'est hyper long. C'est hyper loin. Mais je ne me souviens plus à quel moment exactement on sait pour les Jeux de Paris 2024. Mais à ce moment-là, on nous en parle.
- Arnaud Manzanini
Mais ça n'a pas d'impact sur toi. Tu continues ta progression.
- Melvin Landerneau
Je continue et je continue à l'INSEP toujours. Les années passent, je sors des juniors en ayant vraiment un bon niveau, même en ayant un niveau d'espoir déjà. Et en sortant des juniors, en étant l'un des juniors les plus prometteurs de ma génération, et ça j'en suis conscient à cette époque-là, et j'ai envie d'aller plus loin et de viser plus haut. Ça ne se passe pas vraiment hyper bien après tout ça, parce que mes blessures que je connaissais reviennent, il y en a d'autres qui s'ajoutent, j'ai une pub algie. Pour un cycliste ça n'existe pas, c'est des blessures de footballeur ça.
- Arnaud Manzanini
Ah ça revient à la passion, c'est la passion ça ! Heureusement il a changé de vélo Wolf ! Je pense mon corps,
- Melvin Landerneau
il ne l'aurait jamais tenu je pense. La pub magie c'est une inflammation dure à soigner. Je vois pendant des années et des années plein de spécialistes, plein de personnes qui ont... de travailler avec des équipes de foot et faire plein de trucs, plein de protocoles. Il n'y a rien qui fonctionne. Du coup, de 2015, quand je sors des juniors, à 2019 à peu près, c'est vraiment en dentille. Je fais des bonnes perfs. Il y a des moments où je ne m'entraîne pas pendant longtemps parce que j'ai trop mal et que je suis blessé. C'est très, très chiant. Et il y a mon kiné, que je connais depuis mes premiers... première sélection junior qui s'appelle Franck qui me suit et qui là lui lui aussi il en a marre il se pose il me fait un protocole mais un protocole franchement c'était de la torture le truc et moi je suis très réceptif et surtout moi qu'on me donne je suis pas hyper chiant comme athlète qu'on me dit ouais tu fais ça tu fais ça moi je le fais et surtout lui j'avais confiance en lui Et des fois, je fais des trucs, quand on me voit, on me dit, mais c'est des trucs de cirque ou des trucs trop bizarres. Et moi, je le fais parce que j'ai confiance en la personne. Et je le fais vraiment à l'alerte, ça me prend à la lettre. Ça me prend énormément de temps parce que je dois le faire avant l'entraînement, des fois après l'entraînement. Ce sont mes jours d'or. Ouais, donc tu es investi. Ouais, je suis vraiment investi. Tu crois ? Ouais, moi aussi. T'as envie, ouais. Ouais, j'ai envie. Et ce protocole-là, il fonctionne. J'ai plus de douleurs. T'as confiance aussi, forcément. Ouais, c'est ça. Et je dis trop bien, on arrive, on est en 2019. En 2019, du coup, à un an des Jeux de Tokyo, j'ai plus de douleurs et je peux m'entraîner bien comme il faut. Et en 2019, je reprends l'entraînement en début d'année, fin d'hiver. Et je me sens hyper bien. Je fais des perfs, franchement, de beaucoup. Ça revient, en fait. Ouais, je me sens hyper bien. Je suis trop content. En plus, à un an des Jeux, mais c'est un an des Jeux. pense pas aux jeux parce que je viens de revenir je suis blessé, il y a encore des élites qui sont là et qui sont en place qui font des championnats depuis quelques années donc j'y pense pas trop et l'année passe je perf de plus en plus on m'aligne sur de plus en plus de compétitions je fais des records, je fais des perfs qui sont vraiment intéressantes et on arrive en 2020 je suis sélectionné pour les jeux en tant que titulaire pour les Jeux de Tokyo 2020.
- Arnaud Manzanini
Et là, pas de pression toujours.
- Melvin Landerneau
Et si, là, je me dis mais attends, là c'est dingue un peu ce qui se passe. Il y a un an, je ne t'aimais quasiment même pas sur le vélo, je galérais. Et là, on me dit que je suis sélectionné pour les Jeux. Je suis hyper content, hyper enthousiaste à l'idée de me préparer parce qu'on a lancé la sélection, c'est en mars, avril 2020. et il y a encore un peu de temps avant les Jeux. Oui, mais pas non plus. Pas énormément, mais ça laisse quand même le temps de faire des choses et de bien se préparer. De toute façon, j'étais prêt à ce moment-là. Tu es prêt déjà.
- Arnaud Manzanini
Tu peux finioller, on va dire. Tu ne peux pas refaire une phrase. Non,
- Melvin Landerneau
c'est trop court. Et l'année passe, Covid. Les Jeux sont reportés d'un an. Ils sont reportés d'un an. Au début, on ne sait pas trop. Du coup, moi, quand je rentre, on est confiné. Et qu'il faut s'entraîner. Moi, je continue à m'entraîner et tout, comme un ouf. Oui, tu es motivé. Oui, je suis motivé. Après, dès qu'ils disent...
- Arnaud Manzanini
Parce que c'est vrai que c'est fait le brouillard total. On ne savait pas du jeu. Ils étaient en train de se dire, mais quand ? Comment ça allait se passer ?
- Melvin Landerneau
Après, ils disent repousser d'un an. Après, j'ai... Ils ont dit repousser d'un an. Je continue à m'entraîner, mais ce n'était pas pareil. C'était différent. Du coup, le confinement est terminé. On retourne à 51, au pôle olympique. J'ai changé entre temps ce que l'INSEP a fermé. Tous les jeunes qui étaient à l'INSEP, on est tous devenus avec le niveau suffisant pour être au Pôle Olympique. Du coup, il n'y avait plus de jeunes à l'INSEP. Et en 2017, on a tous basculé à 51. Du coup, tu fais trois ans à l'INSEP. Du coup, on retourne à 51 après le confinement et forcément, il faut refaire une sélection.
- Arnaud Manzanini
Donc tout repart en fait ?
- Melvin Landerneau
Oui, tout repart.
- Arnaud Manzanini
tu passes de titulaire Tu vas faire les JO, le Covid. Tu retournes à Saint-Quentin parce que le Covid, on a connu des confinements stricts au début, après un peu moins stricts avec des couvre-feux en fin d'année, mais tu peux pas les entraîner. Et là, on te dit, en fait, ta place est remise en jeu, en fait, quelque part. Alors, ça me fait penser. Est-ce que c'est pas la même histoire que Quentin ? Quentin Lafargue, qui lui aussi devait être sélectionné, puis n'a pas été sélectionné.
- Melvin Landerneau
Il n'y a pas de ça pour Tokyo ?
- Arnaud Manzanini
Il a fait Tokyo ou pas ?
- Melvin Landerneau
Non, Quentin n'était pas à Tokyo. Quand la sélection est sortie pour Tokyo, j'étais tutilaire et la place de remplaçant... Mais déjà de base, quand je suis sélectionné moi à Tokyo, c'est pour ça que je te dis qu'un an avant, je ne pouvais jamais imaginer parce qu'il y avait Quentin. Quentin, il était monstrueux, c'était le poste du finisseur et Quentin, ça faisait des années qu'il était monstrueux et qu'il était vraiment là. Et quand on m'annonce ma sélection, c'est un peu une surprise. Et pour Quentin, c'était pour le poste de remplaçant. Ils étaient plusieurs à pouvoir avoir ce poste-là de remplaçant. Et donc, il y avait Quentin. Et quand ça a été reporté, je ne me rappelle plus trop. Quand ça a été reporté...
- Arnaud Manzanini
En tout cas, on reporte. Et à quel moment on t'annonce que finalement, tu es plus titulaire ?
- Melvin Landerneau
Quand on revient à Saint-Quentin, en fin d'année 2020, On me dit qu'il faudra refaire des tests et tout ça. Donc là, on repart au boulot. Et moi, je me dis qu'il faut que je bosse de ouf et que je m'entraîne de ouf, de ouf. Et du coup, je bosse et je progresse encore. Et ça se passe bien. Et je me blesse aux genoux. Je me fais une fissure au tendon quadricipital. au genou et c'est une blessure que je peux un peu qui aurait pu être évité Parce que c'est une blessure un peu de fatigue. Où je bossais beaucoup. Je faisais vraiment beaucoup d'entraînement.
- Arnaud Manzanini
Parce qu'on peut dire sur-entraînement. Avant que tu n'aies pas le corps qui t'envoie.
- Melvin Landerneau
Et je ne me suis pas écouté. Parce qu'en fait, je m'en souviens très bien. Et j'ai vraiment le déroulé. Tu l'as senti arriver. Oui, c'est ça. Ça faisait quelques semaines où j'avais mal aux genoux. Et moi, dans ma tête, c'était non. Là, il reste encore quelques entraînements avant de finir la prépa. Donc, je continue à pousser, à soulever lourd, en muscu et tout ça.
- Arnaud Manzanini
On va en parler après de la muscu.
- Melvin Landerneau
Juste au jour. Ouh, euh... J'arrive en muscu, je peux plus soulever mon poids du corps. Et là je me dis, voilà c'est chaud. Et je commence, du coup je vais voir les kinés, les docs et tout ça. Et on fait les analyses, fissures du tendon. Donc là c'est quoi,
- Arnaud Manzanini
c'est arrêt total ?
- Melvin Landerneau
Et au début on essaye de bricoler des trucs et tout. Et du coup je fais un peu de vélo, un peu de réduc, on essaie de bricoler mais ça va pas du tout. Et à ce moment là je prends la décision de dire non on arrête tout. Je pars à Bayonne chez mon kiné Franck parce que lui son cabinet il est là-bas. Je pars tout seul là-bas, je me prends un Airbnb et tout ça et il s'occupe de moi pendant un mois. Là c'était deux ou trois semaines. C'était deux ou trois semaines. Il s'occupe de ton jeu. Il s'occupe de mon jeu. Je vais à son cabinet matin et après, deux fois par jour. Tu te rends les entraînements. Tu te consacres à ta réducation. Parce que c'était le seul truc, d'avoir une réduc un peu accélérée qui puisse me permettre d'avoir un impact. Je reviens à un niveau, je reviens à un bon niveau, mais forcément pas suffisant pour... ça serait effectivement si tu pouvais ne pas t'entraîner 3 à 4 semaines c'est le même niveau et du coup j'ai la place de remplaçant parce que mon niveau il est quand même en dessous du titulaire qu'ils ont choisi mais qui reste un bon niveau et surtout je reste la génération Paris et du coup de connaître une expérience olympique avant Paris ça peut être difficile à ce moment là donc j'arrive à Tokyo et Et à Tokyo, je m'entraîne avec les autres en prépa.
- Arnaud Manzanini
Pas de frustration ?
- Melvin Landerneau
Non, à ce moment-là, un peu l'envie de courir, fortement. Et quand on va de parcours, c'est un peu frustrant. Mais je me dis, c'est comme ça. C'est cette expérience. Je suis vite passé à autre chose et je faisais les entraînements. En même temps, je continuais ma réduc parce que j'avais toujours mal. Et si jamais l'équipe avait besoin, il fallait que je rentre et que je fasse mon poste. Du coup, je m'entraînais beaucoup aussi à ce moment-là. Tokyo passe et on est en septembre. Mais j'ai toujours ma blessure. Sur les imageries, j'ai toujours ma fissure et j'ai toujours tout ça. Donc, je fais les PRP. C'est quoi les PRP ? Les PRP, c'est... Ils prennent ton sang qui centrifuge pour séparer les globules et les plaquettes. pour le réinjecter dans le genou. Ça fait hyper mal. Ça fait hyper mal. Ça fait hyper mal, parce que c'est direct dans le tendon et tout. Et le sang, il est épais quand même. Du coup, tu sens, il n'y a pas d'anesthésie. Du coup, ça fait vraiment hyper mal. Et à ce moment-là, je le fais. Et après, les PRP, tu as des béquilles pendant quelques jours. Et puis, c'est deux semaines de repos total. Et ensuite, rééducation. Donc là, pareil, je fais tout ça, je fais bien. Là, je prends bien le temps.
- Arnaud Manzanini
T'écoutes, c'est ce que tu disais tout à l'heure. T'écoutes, tu te dis de faire ça, donc tu suis pour...
- Melvin Landerneau
Et après la rééducation, retour à Bayonne, là, pendant plus d'un mois, je crois. Et là, on prend la rééducation, on prend le temps, on fait tout bien. Et ça se passe bien, ça évolue. Au début, ça évolue pas vite, forcément, mais après, ça évolue d'un coup et ça va.
- Arnaud Manzanini
Donc tu retrouves confiance ? Oui,
- Melvin Landerneau
c'est ça. Et après, c'est le moment de préparer la saison. Parce qu'elle est en 2021. Du coup, la saison de 2022.
- Arnaud Manzanini
Et là, on parle de Paris ou pas ? Pas encore ?
- Melvin Landerneau
Et si, oui, là, on parle de Paris. Il y a l'arrivée de Greg Bouger comme entraîneur. Et on est en 2022. Et oui, ici, là, on parle.
- Arnaud Manzanini
C'est tout à fait bizarre qu'il soit entraîneur. Parce que tu l'as expliqué comme un idole. Tu disais tout à l'heure, moi, je me suis identifié à... à lui et là de l'avoir comme entraîneur.
- Melvin Landerneau
C'était différent. Après moi je le côtoyais déjà il y a un petit moment vu que j'étais dans l'équipe et lui aussi. Parce qu'en 2020, lui, quand je suis sélectionné en tant que titulaire, lui aussi est titulaire normalement. Après le report de un an pour lui, c'était un peu trop long et il pouvait pas. Il avait plus l'envie de faire ça. Du coup, je le connaissais déjà et on était assez proches. Mais j'avais toujours, même encore aujourd'hui, j'ai toujours ce respect vis-à-vis de lui. Et ça s'est bien passé. En tant qu'entraîneur, j'ai bien aimé l'échange qu'on a eu sur ces années-là. Et on arrive du coup prépa hivernal.
- Arnaud Manzanini
Donc là, on est l'hiver 2021-2022.
- Melvin Landerneau
C'est ça.
- Arnaud Manzanini
Tu deviens champion d'Europe en 2022.
- Melvin Landerneau
Oui, c'est ça. Et cette année-là, je rentre en Martinique en décembre-janvier 2021-2022. Je rentre en Martinique. Je n'étais pas rentré depuis 2016. Et je rentre et je me dis mais ce n'est pas possible. Comment j'ai pu rester aussi longtemps sans y retourner ? Ça m'a fait tellement de bien. Je suis revenu préparation hivernale pour préparer la saison. Je n'ai jamais été aussi...
- Arnaud Manzanini
Comme quoi le mental est important.
- Melvin Landerneau
Je n'ai jamais été aussi en forme, alors que je n'avais pas beaucoup de mois d'entraînement dans les jambes parce que j'étais en prépa et en réduc. Et je me sens hyper bien. La saison, les Coupes du Monde, les Commences, je me sens vraiment bien. je fais des Je fais des belles perfs. Donc là, forcément, oui, on pense de plus en plus à Paris. Alors,
- Arnaud Manzanini
tu te souviens quand tu as été champion d'Europe ?
- Melvin Landerneau
Cette année-là, elle était vraiment cool, ce championnat-là. J'ai fini avec trois médailles aux Europes, une médaille aux championnats du monde, des médailles en Coupe du Monde.
- Arnaud Manzanini
Oui, donc tu étais en place. Oui, j'étais là. Tu étais dans le paysage français et international.
- Melvin Landerneau
Oui, c'est clair. Donc c'était vraiment bien. et moi j'avais... J'avais hâte, c'était ma meilleure année, mon année la plus accomplie où il n'y avait pas d'entité. J'ai fait une saison complète, même si en haut milieu j'ai eu le Covid, juste avant le championnat d'Europe. Oui mais il n'y a pas eu de blessure,
- Arnaud Manzanini
de refrainer ou de handicapé.
- Melvin Landerneau
Oui ça va. Les années précédentes aussi j'avais eu des titres et des médailles en Coupe du Monde, ou des titres au championnat d'Europe Espoir, des médailles au championnat de France, tout ça. J'ai toujours eu des années où j'ai eu des médailles par-ci par-là. Mais il n'y avait jamais eu une année accomplie comme celle-là. Et l'année 2022... C'est la meilleure année pour toi ? Oui, c'était ma meilleure année.
- Arnaud Manzanini
Il s'est passé quoi après ? Pour que tu ne fasses pas...
- Melvin Landerneau
Après 2022, je me dis que cette année est incroyable. Je veux revivre des années comme ça. Et c'est trop bien. Là, c'est les vacances. Il faut couper et tout. Mais quand je reviens et tout... Donc, tu étais hyper motivé. J'étais hyper motivé. Quand je reviens, je me dis, ça va aller tout droit, tout seul et tout. Non, cette année-là, elle m'a tellement coûté en termes d'implication.
- Arnaud Manzanini
Ce que tu veux dire, c'est que pour toi, c'était comme un état de flot. Tout était nickel, tout se passait bien, pas de blessure. Mais inconsciemment, ça a généré de la fatigue physique, mentale chez toi que tu as quelque part payer l'année d'après.
- Melvin Landerneau
Oui, c'est ça. J'avais du mal l'hiver. Je le sentais déjà. J'avais du mal à repartir. Je dormais mal. Fatigué. Oui, fatigué. Mon poids, ce n'était pas ça. C'était vraiment dur. C'était dur. Et 2023, rechute, tu me reblesses. La même blessure, une rechute.
- Arnaud Manzanini
C'est dur pour un champion comme ça, j'imagine, de connaître le top du top, alors que tu fais les mêmes choses. Et l'année d'après ?
- Melvin Landerneau
de redescendre c'était pas évident 2023 je refais une médaille européenne c'était en début de saison et je chantais déjà avec mon genou, c'était bizarre ensuite il y avait la campagne des Coupes du Monde qui commençait et je leur ai dit là ça va on est encore en mars avril 2023 Les jeux, c'est dans un an et demi. Je préfère stopper maintenant et refaire... Là, dans ma tête, c'était facile parce que j'avais déjà fait, j'avais déjà connu. Donc, je me dis, c'est pas grave. Je refais exactement la même chose. Je refais la résume, je refais tout pareil. Je prends le temps et c'est bon. Et je vais revenir. Et du coup, ça se passe bien et je reviens. Je reviens à un bon niveau. à un bon niveau et le niveau escompté pour être dans l'équipe des titulaires, en tout cas pour être dans la discussion de qui va faire les jeux. L'année 2024, elle est particulière parce qu'il y a beaucoup de choses qui se passent au sein de notre...
- Arnaud Manzanini
Je n'allais pas en parler,
- Melvin Landerneau
mais c'est vrai que la piste à ce moment-là de notre collectif...
- Arnaud Manzanini
C'est compliqué.
- Melvin Landerneau
Oui, sans trop rentrer là-bas. Oui, c'est comme ça.
- Arnaud Manzanini
C'est vrai que ce ne sont pas les années qu'on a pu connaître, probablement qu'on connaîtra aussi. C'est vrai que là, on sent qu'il y a une tension.
- Melvin Landerneau
Je pense que le fait de l'enjeu, que ce soit Paris, que ça fasse des années que nous, on nous parle de ça, sans rentrer dans les détails, ça ne s'est pas bien passé pour beaucoup d'entre nous. Mais longtemps, les résultats qu'on a vus à Paris... C'est au final pas une hyper surprise. C'est prévisible, on reste prévisible. Et ça ne s'est pas très bien passé, du coup, encore en plaçant à Paris. Mais à la différence de Tokyo, là, c'était une vraie frustration.
- Arnaud Manzanini
Je me permets de continuer sur ça, mais est-ce que c'est une frustration personnelle, où tu avais des explications, tu savais pourquoi tu étais frustré ? Merci. tu pouvais mettre des réponses en face des questions ou est-ce que c'était une frustration parce que justement tu n'avais pas de réponse au fait de ne pas être dans l'équipe tu vois ce que je veux dire c'était une frustration différente à ce moment là j'avais des réponses c'était
- Melvin Landerneau
un peu mitigé et j'avais pas envie de me poser et je suis quelqu'un qui je suis passé très très rapidement à autre chose je suis passé à autre chose C'est... J'étais même pas encore où les jeux n'avaient pas commencé, j'étais déjà sur l'après en fait. Non mais c'est bien, c'est mieux si c'est comme ça. Et de ne pas me prendre la tête avec ça. Et oui, je voulais me préparer pour les championnats du monde qui étaient juste après les jeux, que je savais déjà que ça allait être mes derniers en sprint, parce que j'avais cette idée d'endurance dans ma tête. Alors,
- Arnaud Manzanini
je voulais en parler après du sprint justement. Melvin, sa spécialité, c'est le sprint. C'est un kilomètre ?
- Melvin Landerneau
C'est le kilo. Après, il y a d'autres disciplines dans le sprint. J'étais spécialisé sur le kilo.
- Arnaud Manzanini
Tu fais combien de temps au kilomètre ?
- Melvin Landerneau
Mon record, c'est 59 secondes.
- Arnaud Manzanini
C'est plus de 60 à l'heure. En moyenne, parce qu'il y a le départ. Ça veut dire vitesse de pointe, c'est combien ? 75 ?
- Melvin Landerneau
C'est départ-arrêté. Je ne suis pas sûr. Je ne sais pas si on peut le mesurer. Je ne suis pas sûr qu'on prenne les... Je sais pas si je pense que...
- Arnaud Manzanini
peut-être que si je ne suis pas certain la quad roule à plus de 70 km sur un vélo sur une piste tu devrais sentir la pression dans les virages on se sent un peu écrasé mais c'est vraiment c'est kiffant c'est une sensation je ne peux pas te dire je vais rouler à 70 km dans un virage c'est vraiment kiffant ça
- Melvin Landerneau
doit être génial on est dans un tunnel et la sensation l'adrénaline qu'on a elle est dingue on l'a encore plus qu'à l'entraînement des fois on fait des efforts derrière moto
- Arnaud Manzanini
Oui, donc ça va plus vite.
- Melvin Landerneau
Et ça va plus vite. Et en plus, là, on force un peu moins parce qu'on est dans l'aspect de la moto. Et cette sensation, elle est dingue.
- Arnaud Manzanini
Avant qu'on aille sur la prépa de Los Angeles 2028, j'aimerais qu'on parle de l'évolution de la piste et surtout la musculation. J'en avais discuté avec Quentin Lafargue quand j'avais fait un épisode avec lui sur Ultra Talk qui m'expliquait que la différence entre maintenant et avant, c'est que les champions... utilisent la muscu dans le sport. Alors qu'avant, c'était un complément pour être en forme. Mais maintenant, ils utilisent vraiment la force développée et la puissance développée à la musculation dans le sport. Moi, j'ai été... L'année passée, il y avait les UCI, les Champions Tracks, où il y avait différentes épreuves qui étaient diffusées en live. Il y avait Saint-Quentin, il y avait Mallorque.
- Melvin Landerneau
Oui, oui, oui. C'était celle, oui.
- Arnaud Manzanini
Voilà, c'est ça. Voilà, c'est ça. Et en fait, j'ai été invité par Eurosport et j'étais vraiment au centre de la piste. Et là, j'ai vu les plateaux. Tu vois, j'ai vu les plateaux et je pense à ce champion hollandais. Donc, je te laisserai donner le nom parce qu'il est difficilement prononçable.
- Melvin Landerneau
C'est la Brésenne, Harry. Harry la Brésenne.
- Arnaud Manzanini
C'est 60 son plateau, 60…
- Melvin Landerneau
Ouais, ça dépend. On met souvent des gros plateaux à l'avant.
- Arnaud Manzanini
C'est énorme !
- Melvin Landerneau
Mais à l'arrière, en vrai, les pignons, ils ne sont pas si énormes. En compétition, en tout cas, à l'arrière, les pignons ne sont pas si énormes que ça. On peut mettre du 60, mais à l'arrière, ça peut être un 13 ou un 12. Mais bon, quand même, ça… C'est pas si gros que ça. Moi,
- Arnaud Manzanini
j'ai été impressionné par ça, la taille des plateaux. Alors ensuite, le physique. Là, c'est des… Vous êtes des bodybuilders, les mecs ! Le physique, c'est impressionnant. J'avais été impressionné par deux coureurs. Donc, Larry... Voilà. Qui gagne tout, en fait. C'est une razzia totale. Et puis, par ce coureur, je crois qu'il y avait une polémique parce qu'il était anglais, puis néo-lésélandais. Ah,
- Melvin Landerneau
c'est... Richardson, je pense. Il était australien et maintenant, il est anglais.
- Arnaud Manzanini
C'est ça. Il est radié.
- Melvin Landerneau
En plus, c'est impressionnant parce qu'il est tout petit.
- Arnaud Manzanini
Il est tout petit, mais il est tout petit.
- Melvin Landerneau
Il est de niaque.
- Arnaud Manzanini
Sur le vélo... Tu le vois tourner et ton regard se met direct sur lui. Il a un style qui attire le regard.
- Melvin Landerneau
Maintenant, c'est les deux têtes de série sur toutes les compétitions. La vraie, pendant longtemps, il n'avait pas trop d'égal à part Jeffrey Hoagland, son compatriote. Mais maintenant, il y a aussi Richardson et il se tire la bourse sur tout. les compétitions, ça fait des beaux matchs. C'est génial.
- Arnaud Manzanini
C'est impressionnant, ça va vite, ils font des tours de piste. C'est impressionnant. Ça va très très vite. Ça m'amène à te poser la question, parce que tu sais, en vélo... Généralement, alors nous sur route, on parle de FTP, de machin, de trucs, mais la puissance développée aujourd'hui, tu développes, tu parlais de Cavendish, aujourd'hui les stats, tout le monde peut rapidement savoir un sprinter, combien il a développé de watts, je pense notamment à Milan, de la Lidl Trek, qui a un style très particulier mais qui développe beaucoup de watts, est-ce que c'est un indicateur pour vous les sprinters, les watts développés ou pas forcément ?
- Melvin Landerneau
un indicateur, on a les Wattmax Wattmax c'est un bon indicateur à savoir mais au final le plus important ça reste les watts que tu vas faire sur un certain temps donné Parce qu'on peut faire sur 10 secondes, ça dépend il y a 10, 15, même 30 et tout ça Parce qu'on peut avoir des watts max de dingue mais c'est sur une seconde Une seconde, exact Mais les sprints ils durent pas une seconde Donc si sur une seconde t'es hyper fort une seconde ou deux secondes Mais que sur 20 Ouais. Tu t'écrases vite, ça ne sert pas à grand chose. Donc l'important, c'est d'avoir un plateau, mais tout en ayant quand même des Wattmax très importants. Tristez Wattmax, Wattmax, faites-nous rêver. En Wattmax, j'étais à 2300.
- Arnaud Manzanini
2300 ?
- Melvin Landerneau
J'étais à 2300. Il y en a qui avaient, je pense qu'il y en a qui sont à plus à l'époque, même à l'époque, il y en a qui étaient à plus. Mais la particularité que j'avais, c'est que j'étais un sprinter long. et que je pouvais garder mes watts longtemps d'où le kilo sur une minute je pouvais tenir 1000 watts par exemple
- Arnaud Manzanini
1000 watts sur une minute du coup ça fait que je pense à beaucoup d'auditeurs qui s'entraînent je pense à Loïc aussi le coach qui nous accompagne sur la capsule une fois par mois de coaching on parle d'FTP on parle de watts 1000 watts sur une minute mais
- Melvin Landerneau
quand on est sprinter C'est ce qu'il faut. Oui, c'est ce qu'il faut. Mais par exemple, si on prend à ce moment-là notre seuil ou les watts qu'on peut faire sur deux ou trois heures, c'est ridicule comparé aux pros. Oui, je vois ce que tu veux dire. Aux pros sur route, nous, on est vraiment spécialisés sur un sprint.
- Arnaud Manzanini
Tu ne pourrais pas monter l'Alpe d'Huez à 1000 watts.
- Melvin Landerneau
Ça se termine très rapidement. même à ce moment-là, faire un sprint, une arrivée massive sur une course ou route... On voit pas le... bah déjà on arrive... enfin on a même pas à l'arrivée en fait. Et on voit pas... On peut pas comparer. Ouais on voit pas le...
- Arnaud Manzanini
C'est du cyclisme mais c'est... Ouais c'est ça.
- Melvin Landerneau
Après si on en lâche... Ça a jamais été fait et je trouve ça hyper intéressant que ce soit fait. Mais de prendre des sprinters sur route avec des sprinters d'épistards.
- Arnaud Manzanini
Ouais.
- Melvin Landerneau
Et une ligne droite et de voir...
- Arnaud Manzanini
Ça veut dire que tu les mets sur un aérodrome.
- Melvin Landerneau
Ouais c'est ça et une ligne droite et de voir qui... Qui gagne. Qui gagne ça serait... je pense c'est hyper intéressant. C'est étonnant que Red Bull ait pas fait ça avec toi. C'est hyper marrant à voir.
- Arnaud Manzanini
Ouais ça serait intéressant. effectivement, comment on fait aujourd'hui Melvin pour s'entraîner là je parle de la muscu comment on se prépare pour aller chercher un 2300 watts, un 1000 watts sur une minute aujourd'hui on voit que vous êtes venu vous êtes des athlètes, c'est impressionnant physiquement de vous voir, moi j'ai eu la chance d'être au plus près des champions à Saint-Quentin et franchement c'est impressionnant comment est-ce que c'est combien de séances de muscu par semaine ?
- Melvin Landerneau
Moi j'avais un profil un peu particulier Je faisais pas beaucoup de muscu D'où mes pathologies Mais toutes mes blessures que j'ai eues C'était à travers les charcons de nous Du coup j'en faisais un peu moins Et quand je suis rentré à l'INSEP Moi je savais pas qu'il y avait autant de muscu à faire Moi je voulais faire du vélo
- Arnaud Manzanini
Ah déjà que tu voulais faire du foot Donc parmi les surduits vélo C'est en plus pas de la muscu
- Melvin Landerneau
Moi je savais pas Je n'étais pas hyper fan du concept de la muscu de pousser des poids, d'être là et tout. C'est quoi ça et tout ? Je vois pas le rapport. Après, tu comprends très très vite qui t'en a besoin pour développer ton muscle, d'aller chercher des niveaux de force que tu peux pas forcément aller chercher sur piste. Et en général, la muscu, il y a deux ou trois séances par semaine. C'est deux ou trois séances par semaine. Ouais, non, c'est pas... Arrête, ça peut arriver quatre, mais quatre, c'est très rare. En général, c'est trois. Trois de muscu, t'as deux routes. Et 3 de piste, 3. Donc au final, tu fais autant de pistes que de muscu. Et même, il y a des cycles en hiver où tu fais plus de muscu que de pistes. Et ça permet vraiment d'aller chercher des niveaux que tu ne vas pas chercher sur la piste. Et ce qui est intéressant, c'est ensuite de... de les transférer sur le vélo parce que on peut très vite tomber dans ce truc où je suis hyper fort en muscu je lève des poids de fou mais je n'arrive pas à transférer ce que je fais en muscu sur le vélo moi c'était l'inverse de ça j'avais des niveaux de force que je pouvais faire sur le vélo et des niveaux de puissance sur le vélo que tu n'arrivais pas à retrouver en muscu moi j'étais plus nul en muscu. À part, il y a quelques trucs où j'étais bon, comme les ischios, les exercices de fessiers, tout ça, mais le truc des quadris, des squats, je ne faisais pas beaucoup de squats. Avec les genoux en plus. Moi, j'étais un des plus nuls. Et c'était le contraste un peu avec la piste. Et même à la fin, j'ai fini par faire mon muscu sur le vélo parce que c'était plus safe pour mes tendons. Et au final, là, on savait direct que... les niveaux de force que je faisais, c'était transférable directement parce que c'est du vélo. D'ailleurs, tu me parlais de braquets. Je mettais là, pour le coup, des gros braquets. Combien ?
- Arnaud Manzanini
C'est quoi ton braquet sur un kilomètre ?
- Melvin Landerneau
Sur un kilomètre, mon braquet, c'était 62-13, ce que je mettais.
- Arnaud Manzanini
62 ?
- Melvin Landerneau
Oui, mais c'est des pas arrêtés. Du coup, là, sur ça, ce n'est pas un très gros braquet. Des pas arrêtés,
- Arnaud Manzanini
il y en a beaucoup qui tombent. Ils ne peuvent pas démarrer. Ou alors, la rotule, elle saute. C'est le loup qui saute.
- Melvin Landerneau
C'est vrai, c'est beaucoup d'années.
- Arnaud Manzanini
32-13, oui, c'est beaucoup d'années. Même des cyclistes avec beaucoup d'années, 62-13, stop départ arrêté, tu tombes, beaucoup n'arrivent pas à faire le premier tour.
- Melvin Landerneau
Et du coup, pour préparer ça, moi, à ma muscu sur le vélo, il y avait des exercices où je partais d'en bas de la piste, je devais monter le plus vite possible. Et là, avec des gros braquets, je mettais des 70 à l'avant. Et à l'arrière, j'avais un 10.
- Arnaud Manzanini
Avec 6, t'as un plateau de zone.
- Melvin Landerneau
Ouais, sur Lapin, ils avaient...
- Arnaud Manzanini
70-10.
- Melvin Landerneau
Ouais. Et là, du coup, on débat vraiment beaucoup de force.
- Arnaud Manzanini
T'as pas le choix.
- Melvin Landerneau
Et ça, ça m'a beaucoup aidé. Ça m'a beaucoup aidé. Là, pour le coup, là, oui, là, je vais pas... Là, c'est un gros braquet. Et on le sent, on le sent vraiment, là, pour le coup.
- Arnaud Manzanini
Et alors, en cadence, ça représente quoi quand tu pars, donc, départ-arrêté ? T'as 70-10. Je sais pas, au bout de 30 secondes, une minute... Ouf, même 20 secondes, je ne sais pas si tu peux tenir, mais tu es à combien de cadence ? C'est-à-dire, vous, est-ce que la cadence est un indicateur pour vous ?
- Melvin Landerneau
Oui, parce qu'en fonction de la cadence...
- Arnaud Manzanini
Parce que tu connais, le pédale, cadence, vitesse, tu arrives à prédire un temps presque.
- Melvin Landerneau
En fait, en fonction des types d'efforts qu'on va faire, c'est la cadence qui va nous dire dans quel type d'effort. Pour être en force, forcément, à 110 tours minutes, tu n'es pas en force. Et pour faire la force, je ne me rappelle plus exactement des cadences, mais en dessous de 70, quelque chose comme ça. Donc en fait, il fallait mettre, c'est pour ça qu'on arrive sur 70-10, parce qu'il faut mettre un braquet qui nous permette de ne pas réfléchir à la cadence, de ne pas se limiter nous-mêmes en fait. Donc il faut que je fasse mon effort à fond, mais que ce soit le braquet qui m'oblige à rester dans ma zone de force, parce que si je fais le même effort... et que je le fais à fond et que je mets 72, je ne vais plus être en force et ce ne sera pas l'objectif de la séance.
- Arnaud Manzanini
Ça, tu le travailles avec l'entraîneur ?
- Melvin Landerneau
Oui, on travaille avec l'entraîneur. Et tout ça, c'est venu, je crois qu'on est l'une des premières générations, ou peut-être ceux qui étaient avant nous, sur la fin, ils ont commencé à travailler un peu comme ça, avec les TRM, avec les boîtes. Vraiment une étude des datas. C'est ça, ou avant, ils s'entraînaient dur. et c'était un feeling on va dire c'est ça ils s'entraînaient dur maintenant nous on avait beaucoup on a beaucoup plus de retours, beaucoup plus de data donc c'était un peu plus précis et c'est aussi pour ça qu'on voit que les perfs elles montent de tous les côtés depuis quelques années avec ça plus le matériel ça fait qu'on a des perfs je sais pas où et quand ça va s'arrêter mais en tout cas pour l'instant c'est pas parti pour se calmer
- Arnaud Manzanini
comment est-ce qu'on prépare Los Angeles 2028 et là on est en 2026 moment d'enregistre donc là tu es dans ton programme dans ta prépa pour 2026 donc là je vais pas te poser la question sélection pas sélection c'est juste c'est ton objectif
- Melvin Landerneau
Los Angeles 2028 qu'est-ce que tu as mis en place pour atteindre ton objectif et là tout auto projet c'est une première pour moi j'ai arrêté le sprint et je fais de l'endurance donc maintenant ça veut dire que tu fais évoluer ta discipline c'est ça J'ai commencé par la route, j'étais fan de route depuis petit. Et j'ai toujours eu ce truc de j'aimerais bien essayer un jour de la route et voir ce que ça peut donner. Alors là, ce n'est pas vraiment de la route. Je ne vais pas monter dans une équipe pro, aller faire du tour ou faire des grandes compétitions. Je suis passé du côté endurance, donc poursuite par équipe. Endurance sur piste,
- Arnaud Manzanini
c'est combien de kilomètres ? On dit endurance,
- Melvin Landerneau
mais c'est 4 kilomètres.
- Arnaud Manzanini
Donc c'est moins de 4 minutes
- Melvin Landerneau
C'est 4 kilomètres Donc ça reste pas C'est pas une distance folle non plus Et c'est par équipe, des équipes de 4 Et aussi c'est un tour de piste chacun Non là c'est différent Là on tourne Parce que c'est pas 4 tours de piste C'est 4 kilomètres et du coup Il y a plein de stratégies différentes Surtout pour un profil comme moi On part à 4 Il faut finir à 3
- Arnaud Manzanini
Il faut finir à 3. Oui, c'est ça,
- Melvin Landerneau
il faut finir à 3. Et du coup, avec un profil comme moi qui peut accélérer une vitesse, enfin atteindre une vitesse optimale assez rapidement, mais qui forcément, je suis moins résistant. Pour un sprinter, je suis résistant, mais je suis moins résistant que les Benjamin Thomas ou les gars qui font de la route.
- Arnaud Manzanini
Donc, ça veut dire que ta place dans le relais est très importante parce que tu dois faire accélérer l'équipe.
- Melvin Landerneau
Comment il détermine ? Là, on est encore un peu loin de tout ça. J'ai essayé déjà plein de positions et de stratégies différentes. Mais dans toutes celles qui sont optimales, mon rôle, c'est de pouvoir protéger l'équipe le plus longtemps possible et en les amenant à la vitesse le plus rapidement possible. mon gabarit à moi il reste un peu important par rapport aux autres.
- Arnaud Manzanini
Ce que tu veux dire c'est les amener à la vitesse le plus rapidement, la vitesse maximum on va dire. Parce qu'on va dire, ton rôle c'est de les amener le plus vite possible à la vitesse maximum pour ensuite, avec le collectif, tenir cette vitesse et enchaîner les tours.
- Melvin Landerneau
Moi, on ne sait pas encore, on essaye plein de... Moi là ça fait un peu plus d'un an que j'ai commencé à rouler sur route et à... et à préparer ce projet-là.
- Arnaud Manzanini
Donc ça veut dire que quand tu bascules sur l'endurance, Melvin, tes entraînements sont plus orientés route ?
- Melvin Landerneau
Oui, je m'entraîne beaucoup plus sur route, sur piste. J'y vais de temps en temps.
- Arnaud Manzanini
Tu as les acquis. Oui,
- Melvin Landerneau
c'est ça. J'ai moins besoin d'avoir ce coup de pédalage parce que j'ai fait tellement d'années sur piste que ça revient vite. Mais je fais des stages souvent parce qu'il faut maîtriser aussi ce truc-là et c'est très spécifique et c'est très différent de ce que je faisais avant. Donc je m'entraîne beaucoup sur route. Je fais des stages avec l'équipe à Saint-Quentin. Et on essaye des choses. Pour l'instant, j'ai pas mal progressé ces dernières semaines. Donc on peut essayer de plus en plus de choses. Mais avant ça, j'étais pas prêt, je pouvais pas faire grand-chose. Donc maintenant, on va pouvoir essayer et avoir la vision sur beaucoup plus de possibilités. Et moi dans tous les cas, les quatre branches je ne vais pas les finir parce que c'est pas mon rôle et je ne suis pas le meilleur dans ça. Et mon profil c'est pas le meilleur pour ça.
- Arnaud Manzanini
T'as un rôle très précis dans l'équipe et toi c'est de le faire le mieux possible.
- Melvin Landerneau
En poursuite, tout le monde passe derrière, tout le monde passe devant. Et moi c'est même pas certain que je fasse ça. Parce que quand je suis derrière eux... Ils ne me protègent pas du tout. Leur gabarit, c'est horrible. C'est un peu comme quand souvent j'entends les routiers qui disent quand ils sont donnés un rempo, c'est horrible.
- Arnaud Manzanini
Exact. Parce qu'apparemment, tu n'es pas protégé. Je me souviens d'une interview de Barlet qui disait, quand il avait échappé avec lui autour de France, je crois, ou je ne sais plus sur quelle course, en fait, quand je passais derrière lui, je ne sentais pas la différence.
- Melvin Landerneau
Et moi, ça me fait ça. Sauf qu'à ces vitesses-là... Je ne tiens pas longtemps.
- Arnaud Manzanini
Comme si tu mettais la tête par-dessus, dehors la fenêtre à 120.
- Melvin Landerneau
Du coup, il y a plein de stratégies. Il y en a une où je dois repasser des relais assez courts. Et il y en a d'autres où je reste devant le plus longtemps possible pour les préserver. Parce qu'eux, pour le coup, à une vitesse équivalente, derrière un gabarit comme moi, ils forment moins. Ils sont bien protégés. Donc il y a plein de choses possibles. Moi, je dois continuer à bosser et... et à m'entraîner pour développer et pour avoir le plus de possibilités à offrir à l'équipe. Mais c'est un projet qui m'a passionné direct.
- Arnaud Manzanini
Ça veut dire qu'il y a des échéances où il y a des décisions qui devront être prises. Comment ça se passe ? Parce que là, on est à deux ans de l'annonce de la sélection, probablement, pour les JO de Los Angeles. Dans ces deux années à venir, Melvin, c'est quoi les échéances ? Parce que j'imagine que tu les connais. Si tu te lances dans une prépa olympique, tu connais certaines échéances. Donc là, dans les deux ans à venir,
- Melvin Landerneau
c'est quoi tes échéances ? Là, dans un mois, je dois valider certains niveaux d'achat à faire et je dois valider certaines stratégies pour continuer sur ce projet-là et que ce soit viable parce que deux ans, ça va arriver vite. Ensuite, après, Cet hiver, je vais en avoir d'autres. Je vais en avoir d'autres avec... Il y a les championnats du monde en octobre. Donc moi, j'aimerais bien être dans ces petits papiers-là pour les championnats du monde. Pour les tester. Si ça marche. Mais le fait de ne pas y être, ce n'est pas une fin sur ce projet-là parce qu'il reste encore du temps. Mais oui, il y a octobre. Et ensuite, on a les championnats du monde à Sky, un an avant les Jeux. Ouh là, c'est déjà plus... Et je pense que l'équipe qui sera alignée à ce championnat-là, ce ne sera peut-être pas exactement celle-là, mais je pense que la majorité des gars qui vont être là, ce sera les gars qui seront l'année suivante. Un peu le tour de répétition, quoi. Ouais, c'est ça. et surtout à Paris c'est toujours des championnats assez spéciaux pour nous donc ouais ça va être passionnant il reste encore un peu de temps j'ai changé beaucoup de choses dans mon quotidien j'ai pris un nouvel entraîneur un nouvel entraîneur j'ai déménagé j'habite plus en région parisienne donc tu t'entraînes aujourd'hui ? et je m'entraîne dans le Vaucluse dans le Vaucluse, pays du Mont Ventoux tu le montais des fois ? je le monte des fois ouais, je le monte des fois de temps en temps et ouais ça change ça change beaucoup de la région parisienne ah bah tu m'étonnes et là contrairement à quand j'étais plus jeune faire 4-5 heures et tout, j'aime bien c'est beaucoup plus agréable après 5 heures ça commence à être long et un peu chiant on va dire, surtout que moi je roule quasiment que tout seul Du coup je fais un peu des petits parcours sympas parce que j'ai la chance, je suis dans le Vaucluse, je suis un peu dans le nord Vaucluse. Du coup moi j'ai l'Ardèche, le Gard et du coup le Vaucluse, du coup j'ai plein de terrains de jeu différents qui sont très sympas et je m'amuse.
- Arnaud Manzanini
Tu t'es challengé un peu sur le Ventoux ? C'est quoi ton temps sur le Ventoux ? Non,
- Melvin Landerneau
pas encore, pas encore parce que moi j'habite depuis un an là.
- Arnaud Manzanini
T'as fait les trois faces ?
- Melvin Landerneau
Et pas encore justement, j'ai envie de bien faire. Alors pas forcément en même temps. Ah j'ai fait les trois phases. Non, non, non, pas forcément en même temps. J'ai fait les trois phases.
- Arnaud Manzanini
Il a monté par différentes...
- Melvin Landerneau
Ouais j'ai fait les trois phases mais avec quand même un objectif un jour de faire les trois phases. En même temps ? Ouais en même temps. En même temps ? En une journée ? Ouais c'est ça. Et à chaque fois que je l'ai monté, pour l'instant c'était... Cette année je ne l'ai pas encore monté. Moi il est ouvert il y a très peu de temps. Ouais j'ai monté l'année dernière et je l'avais déjà monté des années avant mais j'étais encore avec mon... grosse cuisse de sprinter et tout et je montais juste tranquille.
- Arnaud Manzanini
Tu t'affinais pardon.
- Melvin Landerneau
J'ai perdu depuis janvier 2025, j'ai perdu 13 kilos.
- Arnaud Manzanini
Donc de muscles forcément.
- Melvin Landerneau
Ouais des muscles, un peu de gras aussi au passage forcément mais surtout des muscles parce que j'en ai plus besoin en fait.
- Arnaud Manzanini
C'est vrai que moi je suis certain sportif homme et femme de l'équipe de France de piste et tu vois que la musculature je pense notamment à Mathilde. Tu la vois au fur et à mesure des années. Elle a pris. Tu sens que c'est son objectif de prendre de la masse pour être explosive. Mais c'est vrai qu'au niveau de la morphologie, tu vois les corps qui changent aussi. Je pense à certains triathlètes que j'ai vus fondre. Tu te dis, là, c'est limite dangereux. Et à l'opposé, tu vois certains sprinteurs et sprinteuses qui vraiment se développent musculairement.
- Melvin Landerneau
Oui, c'est ça. Sur route, le poids, je pense que c'est l'ennemi du routier. Parce qu'à dès que ça monte, tu le sens direct. Et ça ne t'aide pas du tout. Sur piste, c'est un peu différent. Tu dois faire attention à ton poids. Mais du moment que tu as un bon rapport pour la puissance, c'est bon. Si tu prends du poids et que tu prends de la puissance, ce n'est pas très grave. Après, il ne faut pas... Les pistards, ça reste des gars très musclés et très athlétiques et qui sont bien équilibrés parce qu'on a... Un bas du corps très imposant et puissant. Et un haut du corps qui est moins développé que le bas. Mais qui reste assez solide. Forcément, il faut faire le lien entre les deux. Sinon, ça n'a pas trop de sens. Mais pour moi, c'est indispensable de perdre du poids. Rien que je fais des courses sur route. Et sinon, je n'aurais pas pu. Ça aurait été une galère.
- Arnaud Manzanini
C'est intéressant de suivre ton parcours, en tout cas, d'aller dans cet univers de la piste que l'on découvre sur Toussansel. Comme je te l'ai dit, c'est la première fois qu'on a au micro quelqu'un qui vient de cet univers-là de la piste. On arrive sur la fin de l'épisode. Melvin, quel message, toi, tu voudrais faire passer aux auditrices, aux auditeurs qui nous écoutent, qui pratiquent tous les cyclismes ? Ce que je dirais, c'est de regarder la piste. En vrai, je ne dis pas ça parce que j'en fais et que...
- Melvin Landerneau
et que j'en fais depuis des années et que je suis en Ligue de France, c'est vraiment, je pense, une discipline qui mérite une lumière un peu plus importante parce que c'est... A regarder, c'est un spectacle. C'est un spectacle, ça va hyper vite. Tu n'as pas le temps de t'ennuyer, c'est très court. Et oui, je pense que ça pourrait plaire à un grand nombre de personnes. Même pour commencer la pratique du sport, je sais que maintenant, il y a beaucoup de personnes qui... qui craignent un peu d'aller rouler dehors sur route parce qu'il y a les voitures, c'est assez dangereux. Sur piste, il n'y a pas tout ça. Et ça, en intérieur, du coup, tu n'as pas les problèmes liés à la météo. Donc, je pense que ça peut être un bon moyen aussi de commencer le sport.
- Arnaud Manzanini
Et c'est vrai que c'est spectaculaire. Pour avoir participé à plusieurs soirées, justement, de piste, tu ne t'ennuies pas. Ça va vite, il y a du spectacle. Et je comprends ce que tu veux dire. parfois c'est... C'est diffusé. Je sais que le week-end dernier, il y a eu une Coupe du Monde. Oui, une Coupe du Monde. Et c'est très spectaculaire. C'était un plaisir d'échanger avec toi, Melvin. Merci à toi. Un grand merci pour ton temps de nous avoir expliqué tout ça. Et puis, je te donne rendez-vous dans deux ans et demi. Tu nous parleras des JO.
- Melvin Landerneau
J'espère. J'espère vraiment.
- Arnaud Manzanini
Un grand merci à toi. Un plaisir. À bientôt. Et puis, je vous donne rendez-vous très prochainement pour un nouvel épisode du podcast Tous en selle. Merci beaucoup. Voilà, c'est la fin de cet épisode de Tous en selle. Merci d'avoir pris le temps de rouler avec nous, d'écouter ces histoires, d'écouter ces conseils, mais aussi ces expériences qui, je l'espère, t'auront donné envie d'aller chercher un peu plus loin, un peu plus haut, et de simplement savourer ta prochaine sortie à vélo, mais aussi, pourquoi pas, de comprendre les vibrations de ta machine. Si ce podcast t'inspire, te motive, te fait sourire ou te donne simplement envie pour une nouvelle sortie à vélo, n'hésite pas à le partager sur les réseaux ou à un ami simplement avec WhatsApp, tu verras, c'est très simple. à en parler autour de toi et à laisser le fameux 5 étoiles sur les différents sites. C'est ce qui fait grandir l'aventure, c'est ce qui fait grandir le podcast et c'est ce qui nous permet de continuer à avoir d'autres invités. Tous en selle, c'est une communauté, une énergie, une envie commune, se dépasser, s'amuser, apprendre et vivre pleinement cette passion qui nous rassemble, le vélo. On se retrouve très vite pour un nouvel épisode du podcast Tous en selle avec de nouvelles voix, de nouveaux conseils et de nouveaux récits. D'ici là, prenez soin de vous et comme toujours, tout est tous en selle.