- Speaker #0
Cet épisode de Tous en Seine est soutenu par FF Vélo, avec l'application FF Vélo Plus, rouler, jouer, explorer, transformer chaque sortie en aventure, cumuler des kilomètres et collectionner des badges en partant à la découverte de la France. Avec FF Vélo, on pédale avant tout pour le plaisir, la forme et la découverte. Salut à toutes et à tous, bienvenue dans Tous en Seine, le podcast qui te donne envie d'enfiler un casque et de partir seul ou à plusieurs à l'aventure. Ici, pas de chichi, pas de filtre, on parle vrai. On parle passion, on parle kilomètres. Des kilomètres qui font vibrer, mécanique mais aussi un partage d'expérience. Que tu sois cycliste du dimanche, compétiteur, ultra-cycliste, vélo-taffeur ou tout simplement passionné du vélo et du deux-roues, tu es au bon endroit. Alors, installe-toi, respire profondément et prépare-toi à embarquer. Ici, on roule ensemble et on roule loin. C'est parti, toutes et tous en selle. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur un nouvel épisode du podcast Tous en selle avec un sujet. Très clash, je sais que beaucoup sont en train de se dire est-ce que je vais couper cet hiver ? Vous êtes en train de stresser parce que vous vous dites je vais m'arrêter deux semaines, trois semaines, peut-être plus comme Demi Velloring ou comme Pogacar mais combien est-ce que je vais perdre de watts ? Combien de kilos est-ce que je vais prendre ? Et bien pour m'accompagner dans ce raisonnement et vous partager toutes les astuces j'ai avec moi Loïc Lepoud. Salut Loïc !
- Speaker #1
Bonjour ! Bonjour à tous !
- Speaker #0
Donc Loïc, je vous le rappelle, nous accompagne depuis déjà plusieurs saisons. Loïc a une formation de kiné et également entraîneur, donc est totalement légitime pour se primer sur ces sujets. Alors, moi, la première question que je vais te poser, Loïc, c'est ça. Est-ce que tu vas couper cet hiver ?
- Speaker #1
Eh bien, je vais te dire non.
- Speaker #0
Tu ne vas pas couper cet hiver. Et la fameuse coupure, toi, ça n'existe pas chez toi.
- Speaker #1
Ce n'est pas que ça n'existe pas. C'est que moi, je vois les choses bien différemment de beaucoup de gens, et notamment de l'ensemble du groupe.
- Speaker #0
De l'industrie du cyclisme.
- Speaker #1
Moi, je ne suis pas dans la tradition, donc je ne vais pas couper pour couper. Je vais toujours me poser la question.
- Speaker #0
C'est pour ça qu'on t'aime, Loïc.
- Speaker #1
Est-ce que j'ai besoin ? Pourquoi je couperais si je n'en ai pas besoin ? Donc, toute la question et toute la réflexion est la réponse à cette question. Est-ce que j'ai besoin de couper ?
- Speaker #0
Est-ce que ta réflexion a évolué au fil des années ?
- Speaker #1
Oui, évidemment.
- Speaker #0
Donc, ça veut dire que quand tu étais en phase de compétition, tu coupais ?
- Speaker #1
J'ai fait la tradition. C'est-à-dire qu'à partir de... Moi, je faisais de l'analyste. Donc, oui, fin octobre.
- Speaker #0
Après la saison, tu as les Genselmann,
- Speaker #1
les Croix-Rouge. Nous, à Bordeaux, il y a un Vélodrome. Je pense que c'était jusqu'à mi-novembre. Et après, ça coupait, on va dire, décembre. Et après, on reprenait les Sèmes d'Istitut en janvier. Mais en fait, ça n'a aucun sens.
- Speaker #0
Alors, c'est ma question. Pourquoi est-ce qu'on coupe, en fait ? Pourquoi ? J'oublie la tradition, le fait que ça a évolué. Là, on est... On est au moment où cet épisode va être diffusé à l'hiver 2026. On est au mois de novembre 2026. Donc, pourquoi couper ?
- Speaker #1
Déjà, il faut définir ce que c'est couper. Parce que couper, c'est rien faire. Moi,
- Speaker #0
j'associe la coupure à autre chose. Pour moi, c'est ne rien faire. Et c'est, par exemple, aller chez mon ami Loïc de Dadirol à Montréal, manger des bonnes pâtisseries. Moi, j'associe la coupure à ça, tu vois. Mais ça, c'est mon problème et le rapport que j'ai avec l'alimentation. Parce que je fais partie d'une génération où il fallait être très, très maigre. Moi, j'ai connu le réveil les matins par la faim, non pas par le radio réveil, par la faim. Donc, j'associe la coupure à des bons cannels boulards, à Café Stockholm à Lyon, par exemple. Moi, j'associe la coupure à l'alimentation. Donc, si je peux le dire, à la prise de poids. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
En tout cas, tu augmentes. Oui, c'est forcément ce qui va se passer.
- Speaker #0
Mais là aussi, mon raisonnement, là, je caricature volontairement, mais mon raisonnement a évolué sur ça aujourd'hui. Il n'y a pas nécessairement, si tu es bien dans ta tête, il n'y a pas nécessairement besoin de couper, surtout avec les outils qu'il y a aujourd'hui.
- Speaker #1
Mais aujourd'hui, moi, dans les gens que j'accompagne, c'est vrai que je me confonde de plus en plus à ça. C'est qu'en fait, les gens, ils n'ont pas envie d'arrêter. Alors, déjà, la définition de la coupure, c'est quoi ? Est-ce que c'est de complètement s'arrêter ou pas ? Moi, je ramène un peu de nuance. Je ne dis pas pendant trois semaines, traditionnellement, les trois premières semaines de novembre, je ne fais rien. En fait, ça n'a aucun sens. Si tu as envie de continuer, tu continues. Et on met en place quelque chose qui... Si tu étais fatigué, qu'il te permette de continuer et de ne pas accumuler de la fatigue. Mais aussi, tu peux juste avoir envie de faire autre chose.
- Speaker #0
Bien sûr. Mais ça, ça peut t'arriver à tout moment de l'année.
- Speaker #1
Couper, couper, exactement. Ça peut t'arriver l'été. Et couper, c'est aussi faire autre chose. Tu ne veux pas faire du vélo, tu veux aller courir, aller nager, aller jouer au foot avec des potes, faire du basket, aller faire de l'escalade. Ce n'est pas une nécessité de complètement arrêter, sachant, en connaissant les conséquences que ça a de ne plus rien faire.
- Speaker #0
Justement, parce que c'est un peu dans l'intro de ce que je disais, Je ne sais pas si tu sauras répondre à cette question, mais un sportif qui s'entraîne régulièrement, donc probablement comme 95% des athlètes que tu as, qui a un entraînement de fond classique. Je ne vais pas donner un nombre de watts, mais en pourcentage, quelqu'un qui va s'arrêter 15 jours, 2 à 3 semaines, est-ce qu'il perd considérablement en watts, homme ou femme, ou est-ce qu'il va perdre 5% ?
- Speaker #1
Tout dépend de comment tu as fini la saison.
- Speaker #0
Je prends une normalité. Quelqu'un qui finit la saison normalement. Quelqu'un qui est rincé, il a besoin de couper. On est d'accord.
- Speaker #1
De toute façon, l'arrêt, à un moment donné, a la même conséquence pour tout le monde. Diminuer le vœu de max. C'est-à-dire que tu diminues ton moteur. Tu seras moins performant. Tu vas diminuer... l'entraînement de ton cœur, donc il sera moins performant à éjecter le sang vers le muscle. Tu vas, si tu ne fais plus rien, diminuer tes dépenses caloriques. Et donc, si tu ne modifies pas tes apports, tu vas aussi augmenter ton poids. Tu vas diminuer les processus d'adaptation à l'entraînement, mais aussi à la bonne santé qu'il y a dans ton cœur, dans ton organisme. De toute façon... Le fait de ne plus rien faire, c'est néfaste.
- Speaker #0
Mais tout ce que tu dis, c'est pour ça qu'on s'entraîne. Sinon, on ne s'entraînerait pas, on ferait une vague compétition.
- Speaker #1
C'est là où ça devient absurde. Parce que toute l'année, tu mets en place des choses. Et puis, parce qu'on t'a dit, et le « on » , on ne sait toujours pas qui c'est, on t'a dit qu'il fallait t'arrêter. Mais en fait, tout ce que tu as mis en place, c'est comme si tu le grignotais un peu dessus. Surtout si tout s'est bien passé dans l'année. Parce que si tu arrives et tu es rincé des rincés. Tu arrives... T'es explosé, t'as fini la saison ta dernière course. Mentalement, physiquement. La dernière course, t'as même pas pu suivre. C'était trop de trop. Là, c'est différent. Le repos, il aura les mêmes conséquences que j'ai énoncées avant, mais il permettra aussi à ton corps de retrouver une fenêtre pour récupérer et de se relancer après. Mais quelqu'un de normal, comme tu dis, il faut reprendre dans le contexte. Pourquoi s'arrêter complètement ? alors que tu as bossé toute l'année.
- Speaker #0
Oui, mais c'est sûr que si tu t'arrêtes, effectivement, sinon ça se saurait, on n'aurait pas besoin de s'entraîner pour se faire plaisir et de performance sur un vélo. Mais à partir de combien de temps il y a une chute ? C'est-à-dire que je prends un exemple, est-ce que tu peux te permettre de couper, alors certains vont dire, c'est rien, une semaine. C'est-à-dire que si j'arrête une semaine, est-ce que tu perds vraiment ? Ou est-ce que tout ce dont tu as parlé tout à l'heure, tu le ressens vraiment ? Je vais te donner mon avis après. Est-ce que c'est au bout de 15 jours ? Est-ce que c'est au bout de 3 semaines ? Moi, ça m'est arrivé une fois, alors que j'étais en pleine saison et à un niveau national, de couper une semaine. Et je me suis dit, attends, excuse-moi, j'ai un truc dans l'œil. Je me suis dit, mais attends, couper une semaine, j'ai une compétition, en plus un vir-vir, où c'est très intensif le week-end prochain. Je vais ramasser, en fait, je vais super souffrir. Tu vois ? Eh bien, figure-toi que j'ai gagné. Parce que... La coupure d'une semaine avait probablement été bénéfique sur ma génération musculaire, peut-être sur mon esprit.
- Speaker #1
Ce qui s'était en correspondance à ce que tu avais fait avant.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ça t'a permis de mettre ton organisme en pause. Oui, parce que là, j'étais vraiment entraîné et préparé. Il a pu bien assimiler tout ce que tu avais fait avant. Une semaine, j'ai reculé. Mais en fait, si tu prolonges... Après, par contre, trois semaines,
- Speaker #0
je pense que c'est un impact.
- Speaker #1
Dans les études, souvent, c'est trois semaines, cinq semaines. Et à chaque fois, ça a des impacts. Mais on ne peut pas dire qu'il y a une durée. C'est très individuel. Une semaine, ce n'est pas assez. Surtout si tu as une semaine. Une semaine, il faut pas se prendre la tête. Ça me fait le lien avec... Non, mais nuance tes propos. Parce que quelqu'un qui s'entraîne peu, une semaine, c'est beaucoup.
- Speaker #0
Oui, d'accord. On est d'accord. Quelqu'un qui s'entraîne peu, une semaine, c'est... C'est énorme. Mais quelqu'un qui, au moment où j'ai fait ça, cette semaine, J'étais... très entraînés avec 500 km par semaine au niveau national, donc des compétitions au niveau élite, au niveau national. Une semaine, et ça fait le lien avec les épisodes de Marion, qui est psychologue du sport, qui nous accompagne sur la rigidité, le côté bigorexique, le côté trouver l'équilibre entre la vie perso et la vie pro. J'avais réussi à faire une semaine où je ne m'étais pas pris la tête et ça m'avait probablement régénéré physiquement, mais aussi mentalement, pour avoir les ressources de gagner le week-end suivant. mais quand on coupe Pour ceux qui coupent, qu'est-ce qu'on va chercher ? Est-ce qu'on va chercher à se reposer mentalement, à se reposer physiquement, au niveau du cœur ?
- Speaker #1
C'est là où beaucoup font cette erreur. C'est que couper, c'est reposer son corps suite à sa saison de vélo.
- Speaker #0
Donc ne rien faire.
- Speaker #1
Quand tu coupes, tu prends en considération généralement ton organisme sur la fatigue musculaire. Sauf qu'en fait, la fatigue, elle n'est pas que musculaire. Elle peut être psychologique, liée au travail, à la famille. Donc tu peux couper et être dans un contexte complètement délétère. Et au final, un, tu seras toujours aussi fatigué en sortant. Et deux, si tu as arrêté deux semaines, trois semaines, tu auras en plus dégradé ta condition physique. Et quand tu vas reprendre, ça sera tellement dur que tu n'auras pas envie de reprendre.
- Speaker #0
Tu peux être blessé en général. tu peux avoir le mental dans les chaussettes et te blesser parce que tu veux vite reprendre et oublier cette fameuse progressivité que tu vantes régulièrement.
- Speaker #1
Moi, j'accompagne quelqu'un depuis très longtemps. Ça doit au moins faire 13 ans ou 12 ans. Lui, il n'aime pas couper parce que quand il coupe, il n'arrive pas à reprendre. Mais en fait, il n'arrive pas à en reprendre.
- Speaker #0
Ça veut dire qu'il a coupé une fois et il n'a plus jamais repris derrière.
- Speaker #1
Il avait 13 ans. Donc lui, il n'aime pas. Mais pourquoi il n'arrive pas à en reprendre ? Parce que dans le contexte dans lequel il vit, c'est trop fatigant. Et donc, en fait, là, à ce moment-là, il a enlevé le vélo. Il a retrouvé un peu d'air. Et au moment où il faut qu'il reprenne le vélo, il l'a compensé par autre chose. Il a encore moins d'air. Donc, il n'a plus envie de reprendre le vélo. Couper, en fait, c'est... Moi, déjà... Je n'impose rien. Déjà, c'est la personne qui me dit. Tu vois ? Comment elle se sent ? Si elle me dit, le vélo, je ne veux plus le voir.
- Speaker #0
Tu vois ? Là, il y a du fatigue mental.
- Speaker #1
Du fatigue mental. Tu le poses. Moi, personnellement, si tu gères bien l'amont, tu n'as personne qui pose le vélo trois semaines. Donc, il ne fait rien pendant trois semaines. Donc, souvent, si j'en ai marre du vélo, je fais autre chose. D'accord ? Donc là, tu as une continuité, mais dans d'autres activités. puis t'accompagne, et puis quand la personne veut reprendre le vélo, elle reprend le vélo. Là, j'ai un exemple, un copain qui fait ça depuis toujours. Vers cette période, il me dit, bon, vas-y, tu ne mets plus de plan, je fais moi-même et moi, et je le laisse faire. Donc, il a une liberté, il n'est plus dans un cadre strict, il a une totale liberté. Puis, si ça déborde, je lui envoie un petit message, bon, là, attention, tu es censé quand même en diminuer la charge pour... pour te reposer un petit peu. Surtout que tu en avais marre du vélo, donc tu reposes. Le but, c'est de te reposer psychologiquement.
- Speaker #0
Je pense qu'aussi, quand on parle de coupure, et les gens qui nous écoutent et qui écoutent cet épisode, parce que le titre les a interpellés de coupure, ce sont des gens qui pratiquent probablement à un certain niveau, ou en tout cas, ou un plan d'entraînement, et on arrive sur une phase où il y a moins de compétition, moins de sorties. Le temps, en fonction de là où tu habites, va être moins sympa pour aller rouler après le boulot à 18h. parce qu'il fait nuit, parce que c'est compliqué, alors que sur certaines régions, tu peux encore te trouver des solutions. Et donc, ça va les interpeller en disant, est-ce que je lève le pied ? Est-ce que je continue ? Moi, perso, la coupure, je l'évite. Pas pour une question de forme, mais pour une question d'asthme. C'est-à-dire que moi, je sais que si je coupe trois semaines, à partir de trois semaines à moi, et que je veux reprendre mes premières sorties, je vais siffler. Donc moi, j'évite l'arrêt total d'une activité. physique, et moi c'est le vélo, beaucoup savent que je n'arrive pas à courir, j'aimerais, mais je n'arrive pas, je ne trouve pas mon rythme. Et donc, je sais que si j'arrête un mois, un mois et demi, deux mois, mes premières sorties, outre le fait que j'accepte totalement que je ne monte pas sur un gros plateau, mais tout à gauche, ça va siffler. C'est pour ça que moi, la coupure, je l'associe à la santé. C'est-à-dire que si je m'arrête trop longtemps, je dégrade mes capacités pulmonaires, donc je maintiens une activité physique. Je pense à ma compagne, qui ne comprend pas pourquoi je vais tout le temps m'entraîner. C'est juste pour maintenir cette capacité pulmonaire.
- Speaker #1
Et puis, c'est ta soupape aussi dans la semaine. Oui, j'aime bien aller rouler les soirs. En fait, de couper, de rien faire, ça devient une punition. Et finalement, tu rentres dans un état dépressif. Oui,
- Speaker #0
exactement.
- Speaker #1
Mais c'est pour ça que systématiser la coupure, c'est absurde. Et donc, c'est vrai que... Tu as l'impression que, toi, tu disais que c'est destiné aux gens qui font des compétitions, qui ont des cartes structurées. Oui, mais sauf que maintenant, aujourd'hui, il y a des gens qui font du vélo comme ça et qui, parce qu'on leur a dit qu'il fallait couper, « Ah ouais, tu coupes pas, toi ? Non, mais il faut couper. » Mais en fait, c'est devenu une tradition qu'on applique sans pragmatisme.
- Speaker #0
Je sais ce que tu veux dire.
- Speaker #1
Quelqu'un qui fait du vélo pour son activité physique, pour que ce soit juste une activité physique sans but de compétition, sans but de... Juste, pourquoi il couperait en fait ? Il faut tout mettre en avant, tout mettre sur la table et se dire, si je n'ai pas envie déjà, pourquoi tu le ferais ?
- Speaker #0
C'est vrai que déjà, on n'est pas arrivé à la fin de l'épisode, mais là, je pourrais déjà dire, comment réussir votre coupure ? Ne coupez pas. C'est un peu ça. C'est-à-dire que la coupure, on l'associe à l'entrée dans l'hiver, mais aujourd'hui, il y a plein, plein, plein d'outils. qui font que tu peux continuer à maintenir ton niveau de forme. Alors, est-ce que la coupure peut être associée à tu continues à avoir une activité physique, mais c'est juste que tu ne fais pas d'intensité ?
- Speaker #1
Alors, on va dire dans un cas où la saison a été chargée. Donc là, on ne parle pas d'une pratique loisir. On va dire toutes les autres pratiques où tu as fait des cyclos, où tu as fait... de l'Utra, où tu as fait des compétitions. Il faut s'écouter. Je finis fatigué, pas fatigué. Est-ce que j'ai envie de faire du vélo, pas du vélo ? C'est toujours pareil. Si tu te forces, à un moment donné, tu vas t'entraîner et à chaque fois que tu vas t'entraîner, tu y vas en te forçant parce que tu n'as pas envie ou tu as sauté des séances parce que tu n'avais pas envie.
- Speaker #0
Ça t'est arrivé de faire demi-temps un entraînement ? De partir t'entraîner et de dire, en fait, ça n'a aucun sens. Je ne sais pas pourquoi je suis là. Je renseigne.
- Speaker #1
Ça m'est arrivé peut-être une fois ou deux fois, mais c'est quand ma compagne était enceinte et j'allais m'entraîner alors qu'elle n'était pas scénicographie. Moi,
- Speaker #0
ça m'est arrivé une ou deux fois.
- Speaker #1
C'est pas à mes points de moi-même.
- Speaker #0
Mais c'était à l'époque où là, j'étais un, digorexique, deux, surentraîné. Non, c'est pas que je n'étais pas surentraîné. J'allais vers le surentraînement. C'est-à-dire qu'à ce moment-là, je ne savais pas que j'étais surentraîné. Et ça m'est arrivé une ou deux fois de faire demi-tour parce que mentalement, j'étais rincé, en fait. Et donc, je me faisais larguer à l'entraînement par des collègues d'entraînement. Je sautais à l'entraînement, tu vois. Donc là, je faisais demi-tour parce que j'étais au fond du saut. Et ça m'est arrivé, et là, ça n'a rien à voir avec la coupure et tout, mais peut-être que ça parle aux auditrices, auditeurs. Ça m'est arrivé, vous allez me prendre pour un fou, mais ça m'est arrivé de faire demi-tour de rentrée parce que j'étais persuadé que si je continuais, j'allais avoir un accident. Ça m'est arrivé une fois, ça. Je ne sentais pas, tu vois, je n'avais pas les bonnes vibrations avant l'entraînement. Je me disais, il va m'arriver un petit peu. je ne sens pas aujourd'hui, tu vois. Tu vas t'entraîner et rapidement, je crois que je n'avais même pas commencé en bas des esprits à dire, non, aujourd'hui, je ne le sens pas, je rentre. Et j'étais rentré, effectivement. Rien à voir avec la coupure, mais je sais que ça va vous intéresser, donc je donne l'anecdote. Mais juste, peut-être que ça vous est arrivé de dire, je ne le sens pas aujourd'hui, je rentre. Ce n'était pas le sujet du jour, mais j'avais envie de vous partager cette anecdote.
- Speaker #1
Tu vois, moi, quand j'ai quelqu'un qui a... à une séance programmée, il ne la fait pas. Il répète l'opération plusieurs fois. Tu vois, ça pour moi, c'est des signes de lassitude sur la rigidité de l'entraînement. Ah,
- Speaker #0
c'est-à-dire qu'il repousse sa coupure en voulant maintenir son niveau de forme ?
- Speaker #1
Non, en amont. Tu vois, quelqu'un qui va s'entraîner et qui ne fait pas ce qui était prévu et qui répète. Parce que les gens, ils te payent pour ça. Donc, quand ils commencent à faire ça, c'est qu'il y a une lassitude, une fatigue qui n'est pas physique, puisqu'il va s'entraîner, qui est mentale. Ça fait partie, pas des contextes où je vais décider de faire une coupure, mais plutôt des contextes d'adaptation ou de détection de fatigue pour améliorer les choses. Et donc, améliorer les choses, ce n'est pas forcément arrêter, parce que dans ce cas-là, il ne voudrait pas arrêter, mais c'est lâcher du lest, encadrer, accompagner différemment, proposer à diminuer un peu le volume.
- Speaker #0
Et à l'inverse, quelqu'un qui doit couper, qui te dit qu'il est en coupure, et tu te rends compte qu'en fait, il n'est pas du tout en coupure, il continue à s'entraîner. C'est-à-dire que tu n'envoies pas les plans, Mais quand tu vois son Strava ou ses autres carnets digitaux d'entraînement, un Olio, il y en a d'autres. Voilà, pour si tu n'as plus de remarques, Garmin, bref. Tu vois qu'en fait, il a roulé. Et tu vois qu'il a fait de la densité. Ça t'est arrivé, ça ?
- Speaker #1
Oui, tout le temps.
- Speaker #0
Donc là, tu l'appelles et tu te dis, mais tu fais quoi ? Pourquoi tu ne coupes pas ? Tu vas être rincé ?
- Speaker #1
Mais non, je ne dis rien.
- Speaker #0
Tu ne dis rien ?
- Speaker #1
Je ne dis rien. Sauf si c'était dans un cas extrême. Mais dans un cas extrême, il n'ira pas. Dans le cas extrême, c'est qu'il est épuisé ou qu'il ne veut plus voir le vélo. Tu vois ? Ça n'arrivera pas, en fait. Au contraire, c'est plutôt l'inverse. C'est comment tu vas faire en sorte qu'il puisse remonter sur son vélo.
- Speaker #0
Oui, mais là, ça peut être... Ça peut être un sportif à qui tu as planifié de lever le pied, de faire quelques jours off. Et il va quand même s'entraîner dans le but de se dire, moi, je veux bien faire, je veux bien m'entraîner, je veux être performant.
- Speaker #1
J'ai entraîné des gens, mon pauvre, si tu savais. J'en ai entraîné des gens où c'était une addiction. La première fois, je suis retombé sur un mail. J'entraînais une personne depuis très longtemps qui faisait du triathlon. Et je regardais et je suis retombé sur un de ses mails où on avait une discussion où il fallait que je lui explique pourquoi. Elle fallait qu'elle diminue son volume horaire. Je ne sais même plus la proportion. Genre, elle était à 20 heures, il fallait qu'elle fasse 12 heures. Et sa réponse était, mais tu as déjà vu, toi, des triathlètes de haut niveau faire moins de 20 heures. Je relisais le truc. J'ai dit, mais en fait, des fois, tu étais confronté à ce type de... Voilà, c'est ça. Donc, cette personne-là, typiquement, tu lui donnais, tu lui proposais une période de coupure. Tu savais que... Non. Elle allait même jusqu'à faire les séances sans compteur pour pas que je le voie.
- Speaker #0
Pour pas que ça ressorte.
- Speaker #1
Mais là, c'est une autre problématique. De toute façon, c'est à la marge.
- Speaker #0
C'est à la marge, oui. Est-ce que la coupure, elle est systématiquement là dans le moment où on est ? Parce que pour ceux qui font de la compète, moins de compète.
- Speaker #1
Mais ça,
- Speaker #0
c'est pareil. Où est-ce que la coupure... toi à tes clients, à tes coachés, certains, tu leur dis, en fait, là, il faut que tu coupes. Moi,
- Speaker #1
c'est à n'importe quel moment de l'année. Si j'estime qu'il y a une fatigue trop importante...
- Speaker #0
Et ça, tu le vois comment, toi ?
- Speaker #1
Et cette fatigue-là, si elle est trop importante, alors que je l'ai accompagnée, je suis un peu responsable, s'il y a une fatigue trop importante, physique, ça ne m'arrive jamais, ça. Oui, tu as pu l'observer aussi chez d'autres. Par contre, Comment je détecte ? Comme je t'ai expliqué tout à l'heure, les comportements. La fatigue physique est toujours précédée d'une fatigue cognitive. Alors ça, c'est vrai. Et donc du coup, soit la personne te pose plusieurs fois la même question, soit elle te pose beaucoup de questions alors qu'elle ne t'en pose jamais, soit il y a un comportement psychologique différent. genre c'est quelqu'un qui a beaucoup confiance en lui et puis d'un coup il n'a plus confiance en lui et la façon de tourner les phrases utiliser plusieurs mêmes mots dans la même phrase tout ça ça a des signes de fatigue connective qui ne sont pas forcément dus à la fatigue physique mais qui sont là et qui va précéder la fatigue physique donc là généralement j'anticipe et je propose ces périodes là souvent du coup tu es en anticipation et ça se passe très bien et après il y a un autre paramètre Merci. la fatigue liée à l'entraînement. Et ça, tu ne maîtrises rien. Et ça, c'est vraiment le plus compliqué. Quand tu fais un sportif de haut niveau, c'est sa vie. Il ne fait que ça, il n'a souvent rien à côté. De toute manière, même si les cyclistes professionnels n'ont pas de métier à côté, peut-être qu'il y en a qu'en ont dans des divisions amateurs. Tu l'as dit,
- Speaker #0
c'est amateur.
- Speaker #1
Mais dans les triathlons, ils s'entraînent 30 heures par semaine, les pros. Ils ont des activités, mais ce n'est pas une activité à temps complet. Ce n'est pas possible. Il y a beaucoup de sports comme ça. Là, c'est assez facile. Tu as moins de stress périphérique supplémentaire qui vient de s'ajouter. Par contre, monsieur tout le monde, Bye, see you. En plus, moi, je m'occupe majoritairement de chef d'entreprise ou de cadre.
- Speaker #0
Donc, toute la pression et la charge mondiale qui va autour.
- Speaker #1
Ah, mais là, c'est du jour au lendemain. Du jour au lendemain, tu bascules de on-off du jour au lendemain. Et tu es là, mais tu ne comprends pas. Il faut que tu fouilles, que tu comprennes. Et ça bascule, mais c'est ça. Et donc là, tu fais coupure, mais ta coupure, si c'est sa soupape au gars, si il n'a que ça, tu le fais couper. Comment ça se passe ? Ça se trouve, ça va être accentué. Là, il faut jouer. C'est pour ça que je n'aime pas le mot coach. Je me considère à faire plus que super coach. Non, c'est la différence de l'entraîneur. Il essaye d'avoir plusieurs compétences. Là, c'est un accompagnement qui est extra sportif. pour déjà prendre conscience qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans ta vie, à côté, et qui impacte ta santé et ta pratique sportive.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une population où... de par ton expérience, une population où cette population-là a vraiment besoin de couper tous les ans plus qu'une autre. Par exemple, les chefs d'entreprise, eux, parce qu'à côté, il y a une charge mentale importante. Non,
- Speaker #1
justement, eux, ils ont moins besoin de couper.
- Speaker #0
Parce que c'est leur sportivement.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
ok, d'accord.
- Speaker #1
Mais ils ont peut-être plus besoin de couper du cadre. Tu vois, c'est-à-dire qu'ils vont prendre des vacances. Ils veulent emmener leur vélo, tu fais ce que tu veux. Ça, c'est notre négociation. C'est notre négociation à avoir. Ça, ça leur fait du bien. Les triathlètes, c'est... Triathlètes, c'est... Triathlètes de longue distance. Parce que, en plus, maintenant, c'est un peu à la mode. Avant, tu faisais deux longues distances dans l'année ou un XL. Longue distance, c'est un distance L. XL, c'est ce qu'on appelle Ironman. Maintenant, des fois, tu fais deux, trois Ironman dans l'année. Ou même dans l'ultra. Regarde maintenant, avant, tu faisais une course d'ultra. Maintenant, tu les enchaînes. Il n'y en a qu'enchaînent.
- Speaker #0
Certains les enchaînent. Ça reste à la marge. Du coup,
- Speaker #1
tu arrives à un moment donné où tu as mis tellement de stress physique à ton corps qu'une pause est nécessaire. Mais ça ne veut pas dire tout arrêter. Oui, c'est ça aussi. C'est-à-dire diminuer drastiquement le volume. faire peut-être des choses, faire du vélo différemment, faire peut-être un peu de VTT, faire un peu de si tu n'en fais jamais, faire de la piste, tu vois, varier le type d'activité tout en gardant un petit peu de spécificité et puis faire d'autres activités sportives différentes à côté, tu vois, avec plus un but de garder un objectif de santé que d'entraînement à... Purement physiologique.
- Speaker #0
Et à quel moment...
- Speaker #1
Santé mentale.
- Speaker #0
Et à quel moment la coupure est trop longue ? À quel moment la coupure est trop longue ?
- Speaker #1
À partir du moment où tu as l'impression de ne plus être bien dans ta peau. Tu sais, quand tu t'habilles, que tu te dis, putain, le t-shirt il est serré, ou tu te regardes dans la glace, ou tu déprimes. Tu as l'impression d'être de plus en plus triste, ce qu'on appelle mélancolique. que tu as l'impression de développer ce qu'on appelle l'hyperphagie. C'est-à-dire que tu remplis le vide par la nourriture, tu as une baisse de libido, toutes ces choses-là montrent qu'il y a un truc qui ne va pas.
- Speaker #0
Et est-ce qu'à tes clients qui font une coupure, est-ce que tu leur conseilles, pendant cette coupure, de faire du renforcement musculaire ? Je ne parle pas de la muscule, du renforcement musculaire.
- Speaker #1
Moi, j'en fais faire toute l'année, de toute façon.
- Speaker #0
C'est ce que tu expliquais dans un épisode. Tous en selle, qu'on avait consacré exclusivement à la musculation.
- Speaker #1
Dès que tu as plus de 40 ans, ce qui est la majorité de mes élèves, c'est un renfort qui est systématique. Donc quand tu diminues, j'en fais faire un peu plus, tu vois, ou j'en fais découvrir différemment. Moi, j'adore, comme on est dans une discipline d'endurance, j'adore l'aérox, tu vois. Je trouve que c'est une nouvelle façon de pratiquer la force et l'endurance, un mélange.
- Speaker #0
L'endurance, il faut courir beaucoup.
- Speaker #1
Qui se rapproche vachement de ce qu'on fait, beaucoup plus du crossfit, qui est quand même plus orienté force. Le crossfit, ce n'est pas accessible à tout le monde, surtout quand tu es plutôt profil endurance. Ce n'est pas assez dur.
- Speaker #0
Déjà, le crossfit, quelqu'un qui se lance dans le crossfit juste pour la coupure, il va vite déchanter, parce que ça veut dire que le cycliste, on va dire classique, ne sert pas des muscles du haut du corps. Je peux dire qu'au crossfit, en fait, c'est des mouvements. d'haltérophilie. C'est hyper intéressant. J'ai eu la chance d'en faire à Madeleine quand j'habitais sur Paris pendant 18 mois, je crois. C'est hyper intéressant parce que tu apprends que pour soulever des poids que tu ne pensais pas pouvoir soulever, tout est une question de technique et de mouvements du corps qui vont faire bascule ou balancier et t'amener le poids au-dessus de la tête alors que tu disais jamais je vais pouvoir soulever. C'est vachement intéressant. Et l'Aerox... Pendant une coupure, il faut quand même une progressivité. Il y a quand même beaucoup plus de course à pied que dans le crossfit. Là, tu répètes des mouvements très courts.
- Speaker #1
Tu ne peux pas faire de l'aéros que avec la course à pied. Tu peux remplacer la course à pied par le rameur, par le ski erg, par l'éco-bike. Tu n'as pas besoin forcément de courir. J'aime bien utiliser tous les différents mouvements d'aéros, créer des petites séances. pour introduire la notion de renforcement musculaire à travers l'endurance, plutôt que la force pure. Mais ça ne m'empêche pas de mettre en plus des exercices de musculation. Bien sûr, bien sûr. Mais tu parlais de renforcement, tu vois. Le renforcement, j'aime bien utiliser l'Aerox.
- Speaker #0
Et quelles sont les trois belles choses que tu as vues, on va dire, dans quelqu'un qui coupait, qui avait fait quelque chose d'autre dans sa coupure de vélo ? Et tu t'es dit, ça c'est vraiment bien. Et à l'inverse, les trois énormes erreurs que tu as pu voir pendant une coupure.
- Speaker #1
Moi, ce que j'aime bien, c'est quand la personne déjà arrive à... Elle arrive et te dit, c'est bon, j'ai envie de reprendre. Tu dis, tu as prévu dix jours. Au bout d'une semaine, elle dit, c'est bon, là j'ai envie de reprendre. Ça, c'est bien. Je trouve que c'est... C'est le meilleur signal.
- Speaker #0
L'énergie est là.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. L'énergie est là. Quelqu'un qui a découvert d'autres disciplines et qui, du coup, s'est mis à la pratiquer après. Je trouve que c'est aussi sympa. Tu vois, quelqu'un qui a un peu marre du vélo, je l'ai mis à la course à pied. Il dit, en fait, c'est bien. Il se met à la course à pied.
- Speaker #0
C'est un bon complément.
- Speaker #1
Oui, dans une notion, dans une optique de robustesse. Mais oui, parce que plus tu pratiques. Puis tu développes ta motricité, puis tu diversifies ta pratique, puis tu développes les différents fibres musculaires, les différents groupes musculaires. Les cyclistes sont musclés qu'en bas. Tu développes aussi le haut. Du coup, tu es plus adaptable à différentes situations. Les trucs, tu coupes et tu n'as pas dit que tu n'avais pas envie de couper. Du coup, tu caches tout et tu fais 20 heures de sport. Ça me fait penser à quelqu'un que j'entraîne qui est cycliste depuis très longtemps et qui a cette habitude, parce que c'est la tradition, de réfléchir en volume horaire. Tant d'heures par semaine. En fait, tu essaies de diminuer les volumes, mais tu trouves toujours un moyen de faire ces 15 heures par semaine parce qu'en fait, il faut faire ces 15 heures.
- Speaker #0
Avant, j'ai connu l'époque où tu as fait combien de bornes par semaine ? Alors que ça dépend de la qualité,
- Speaker #1
ça ne veut rien dire. Quand la personne, tu lui mets une diminution de charge, donc une espèce de coupure, et qu'en fait, tu as trouvé un truc à rebondir pour 15, ça, c'est agaçant. Surtout que si tu l'as mis, c'est qu'à un moment donné, c'était important de le placer.
- Speaker #0
Et comment tu vois la relation avec la coupure chez tes coachés ? Même si effectivement, toi, à titre perso, tu dis, je ne ressens pas le besoin. Comment tu vois la chose évoluer avec le digital, avec tous aujourd'hui les applications que tu peux avoir pour te maintenir en forme ? Est-ce qu'aujourd'hui, dans le portefeuille de clients que tu peux avoir, la coupure, ça n'existe plus ? Ou alors, si tu as toujours des coureurs qui... par leur génération, te disent, moi, là, je coupe à telle période.
- Speaker #1
Si tu fais bien les choses en amont, que la personne n'a pas un profil psychologique, on va dire même psychiatrique, addictif, dans la globalité, les gens ont peu besoin de couper l'hiver, mais plus besoin de couper l'été, pour les vacances, en famille.
- Speaker #0
Ah oui,
- Speaker #1
voilà,
- Speaker #0
ok.
- Speaker #1
C'est vraiment plus ça, maintenant, la tendance.
- Speaker #0
Intéressant. Est-ce qu'il y a d'autres choses à rajouter ? Ou est-ce que tu peux peut-être terminer cet épisode en donnant justement les quelques lignes directrices de ce thème qui est comment bien gérer sa coupure ? Je le disais tout à l'heure en blaguant, c'était de ne pas couper. Justement, je pense que la coupure était une période dans laquelle on n'avait pas les outils qu'on a aujourd'hui. Ouh là, c'était comme tu l'as dit, traditionnel. Tu coupais au mois de novembre, terminé, tu reprenais, tu n'étais pas en forme. Mais comme ça, tu vois bien aujourd'hui les courses professionnelles hommes et femmes. Tu vois les courses du mois de janvier. ça va vite. Il n'y a plus d'œil, il n'est pas en forme aujourd'hui. Ça,
- Speaker #1
c'est des professionnels. Je pense que c'est, tu vois, les gens qui nous écoutent... Tu as le gravel,
- Speaker #0
tu as plein d'outils.
- Speaker #1
C'est difficile de s'identifier à ces gens-là dans notre vie moderne. Aujourd'hui, la majorité des gens qui nous écoutent, ils n'ont pas besoin de couper la pratique sportive. Ils ont peut-être besoin de couper du boulot, peut-être besoin de couper de la famille, peut-être coup. De couper du stress. J'ai coupé, je suis en coupure.
- Speaker #0
Je suis parti de moi. Je suis parti de moi, j'ai besoin de couper.
- Speaker #1
T'as jamais rêvé de faire ça ? Même deux jours ?
- Speaker #0
De quoi la dernière fois ? J'ai lu un bouquin et effectivement... Je ne sais plus attendre, c'était quoi ? Oui, non, j'ai lu un livre sur le PCT qui est le Pacific Crest Trail. C'est-à-dire ce... Le sentier de randonnée qui traverse du Canada au Mexique. Ah oui,
- Speaker #1
c'est là où il y a un Français qui a battu le record.
- Speaker #0
Oui, et puis qui a été battu derrière. Mais là, justement, je n'étais pas du tout en notion record. J'ai lu ce livre, c'était un Hollandais qui l'avait écrit et qui avait mis six mois pour parcourir les 5000 kilomètres. Et lui mesurait la chance qu'il avait eue. Il avait décidé de couper de sa vie professionnelle. parce qu'il estimait qu'il était en surcharge mentale et que chez lui, à son domicile, il n'était pas dispo pour ses enfants. Quand il était avec sa femme, il n'était pas dispo pour sa femme. Avec ses amis, il n'était pas dispo pour ses amis. Il avait décidé de faire cette fameuse coupure et de partir faire ce Pacific Crest Trail, PCT. Et il a mis six mois parce que son permis pour aller aux États-Unis était de six mois. Donc il s'était dit, j'ai six mois pour le faire. Et donc je discutais avec ça et c'est vrai que c'est une chance inouïe de pouvoir couper aujourd'hui. tellement on a de charge mentale, tellement on a de monde connecté, tellement on a d'outils connectés, tellement on reçoit des notifications, des e-mails, sans parler de sport, même si c'est le sujet, la coupure, parfois dans une saison, elle est bien, mais il faut continuer ton activité physique parce que c'est ce qui va te permettre d'être bien dans ta tête.
- Speaker #1
Et ça va te remondir, tu vois. Là, aujourd'hui, toi, avec l'activité professionnelle que tu as, avec le stress que tu as, est-ce que tu ne referais pas un Tour de France randonneur sans téléphone, sans rien ?
- Speaker #0
Sans téléphone, juste à la rencontre des gens. Quand on l'avait fait...
- Speaker #1
Sans penser à ce que tu as à faire avant ou après. Ah si, justement, pour rencontrer des gens.
- Speaker #0
Parce que c'est...
- Speaker #1
Alors tu n'as pas besoin du téléphone pour ça.
- Speaker #0
Ben exactement.
- Speaker #1
Donc sans téléphone et juste aller à la rencontre des gens.
- Speaker #0
J'ai kiffé. C'était il y a 6 ans, j'ai l'impression que c'était il y a 25 ans. Mais c'était en 2020.
- Speaker #1
Et ça, c'est une façon de couper. Et pourtant, tu fais du sport.
- Speaker #0
21 jours extraordinaires. 21 jours extraordinaires. A rencontrer des gens qui viennent à ton encontre. Ce qu'ils ont vu, tu en as un. Et on discutait. D'ailleurs, j'avais eu beaucoup, beaucoup d'auditeurs. Et c'était, je crois que, oui, ça faisait un an et demi que le podcast Ultratalk existait. Et j'avais eu énormément d'auditeurs qui étaient venus à notre rencontre. C'était génial. Et ça m'a permis de découvrir la France aussi. Tu vois, des fois, on veut faire du vélo à l'autre bout du monde. Franchement, on a des magnifiques régions. On s'est découvert la Bretagne, les deux faces de la Bretagne, la Bretagne du Sud, avec beaucoup, beaucoup de forêts. Et le Nord, là, c'est l'Irlande. Et j'ai Péros-Guerrec, les plages d'eau cristalline, magnifiques. J'ai découvert les Vosges de Pascal Bride. Ce n'est pas simple du tout. J'ai découvert des régions fantastiques, des régions où je me suis dit, un jour je retournerai rouler là parce que c'est magnifique. Une autre région où je me suis dit, jamais je ne retournerai ici tellement c'est fait agresser verbalement par les automobilistes. Je ne dirais pas. Je ne veux pas avoir de problème avec les gens qui habitent cette région. Mais oui, la coupure, elle est, dans un certain cadre, elle est bénéfique. Tu l'as bien expliqué.
- Speaker #1
Et pour ceux qui veulent couper parce qu'ils en ont besoin, ne jamais oublier que plus longtemps vous arrêtez, plus il sera nécessaire de reprendre progressivement. Parce qu'il y a une mode aujourd'hui. La progressivité, c'est sûr. Il y a une mode aujourd'hui.
- Speaker #0
La reprise.
- Speaker #1
Non, mais la mode, c'est je coupe. Donc, on va dire de novembre à décembre, on va dire un mois, mi-novembre à mi-décembre. je reprends un peu mais elle est faite je m'entraîne quand même pas mais surtout au début janvier je vais en stage mais non mais aujourd'hui c'est énorme le stage en Espagne, non mais autour je le vois le stage en Espagne c'est devenu vraiment à la mode moi je vais pas conseiller à quelqu'un de faire ça mais par contre j'ai des gens qui le faisaient avant donc en fait tu t'arrêtes tu reprends deux semaines et puis tu pars en stage où tu vas faire 5 heures de vélo par jour. Ce que tu veux dire,
- Speaker #0
c'est que l'erreur à ne pas faire, c'est d'utiliser un stage de rentrée comme reprise. Parce que là, tu te crames, il n'y a pas du tout de progressivité parce que tu vas passer même à 5 fois plus de volume que tu avais l'habitude de faire.
- Speaker #1
Si vous voulez faire des stages de préparation, enfin, des stages. Là,
- Speaker #0
vous êtes à Bléloïc.
- Speaker #1
Non, mais cet hiver, à la rentrée prochaine... Les stages, généralement, c'est janvier, février, mars, avril. C'est ça, dans les trois mois. Faites préparer votre corps à ce stage. Mais n'y allez pas en ayant été reposé totalement. Mais c'est des boucheries. Après, les gens, ils s'étonnent qu'au moyen de l'année, il n'y a plus personne.
- Speaker #0
Et puis les stages, en fonction de là où tu es, en l'occurrence, celui qu'on a fait ensemble était à Calpée. La région est magnifique, mais ce n'est pas plat du tout. Donc si tu n'as pas un minimum de conditions, c'est de la souffrance directe.
- Speaker #1
Ben oui, et puis c'est... C'est magnifique.
- Speaker #0
Magnifique, en tout cas, je résume. Comment gérer votre coupure ? Ne coupez pas. Coupez ce que vous voulez autour, mais maintenez le sport, c'est le meilleur moyen de se sentir bien. Un grand merci Loïc pour ton accompagnement.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Je vous redonne à nouveau l'adresse du site tousensel.eu, le festival, les magnifiques documentaires qui vont vous raconter des histoires sur deux roues, dans différents contextes, compétitions, aventures, performances, records. En tout cas, allez sur le site tousensuels.eu. Vous découvrirez les dates où le festival a lieu. Et puis, n'hésitez pas à partager nos épisodes, à les commenter, à nous faire des suggestions de thèmes. Le prochain thème, justement, du mois prochain, ce sera tout ce qui est entraînement connecté en intérieur. Aujourd'hui, on a cette possibilité. Les astuces, les erreurs. On vous donnera tout ça. Un grand merci, Loïc.
- Speaker #1
Merci à vous.
- Speaker #0
Je vous souhaite de passer une belle semaine, un bon mois, une bonne sortie d'entraînement. Soyez prudents, portez-vous bien. Et à très bientôt pour un nouvel épisode du podcast. Tous en selle, merci. Voilà, c'est la fin de cet épisode de Tous en selle. Merci d'avoir pris le temps de rouler avec nous, d'écouter ses histoires, d'écouter ses conseils, mais aussi ses expériences qui, je l'espère, t'auront donné envie d'aller chercher un peu plus loin, un peu plus haut, et de simplement savourer ta prochaine sortie à vélo, mais aussi, pourquoi pas, de comprendre les vibrations de ta machine. Si ce podcast t'inspire, te motive, te fait sourire ou te donne simplement envie pour une nouvelle sortie à vélo, n'hésite pas à le partager sur les réseaux. ou à un ami simplement avec WhatsApp, tu verras, c'est très simple, à en parler autour de toi et à laisser le fameux 5 étoiles sur les différents sites. C'est ce qui fait grandir l'aventure, c'est ce qui fait grandir le podcast et c'est ce qui nous permet de continuer à avoir d'autres invités. Tous en selle, c'est une communauté, une énergie, une envie commune, se dépasser, s'amuser, apprendre et vivre pleinement cette passion qui nous rassemble le vélo. On se retrouve très vite pour un nouvel épisode du podcast Tous en selle avec de nouvelles voix, de nouveaux conseils et de nouveaux récits. D'ici là, prenez soin de vous. Et comme toujours, tout est tout sans sel.