- Speaker #0
C'est un hameau de quelques maisons. Ça fait comme une rue en fait. Ce n'est pas des chalets, c'est des maisons. C'est comme un mini village avec une rue centrale. On a des voisins, on n'est pas tout seul, mais qui ne viennent qu'en vacances. Donc on n'est pas tout seul, mais on est quand même assez seul une grande partie de l'année. Avec une petite route en cul-de-sac avec les montagnes partout autour. Et on est à 7 km d'Entrône.
- Speaker #1
du village lui-même. Toute, toute une montagne. Un podcast hyper rural sur nos voisines. Je crois que c'est une option qu'il faut proposer à toutes les femmes, une zone de solitude et de liberté.
- Speaker #0
Je ne sais pas trop ce qui s'est passé, si j'étais quoi, mais je ne me suis jamais bien sentie en ville. Salut, nous sommes six copines à habiter une vallée bien perdue du sud des Alpes, la Haute-Vallée-du-Var.
- Speaker #2
Bon bah du coup, on a décidé de prendre le micro, pour la première fois de notre vie, pour aller rencontrer nos voisines et faire entendre la vie des filles de notre coin quoi.
- Speaker #3
Enfin une carte c'est bien mais quand on sait pas où on est ça sert pas à grand chose. Bon on est complètement paumelés.
- Speaker #1
Quoi ? Une production ? Des jipettes ? Poilus ?
- Speaker #2
Saison 2, grandir dans la vallée. C'est parti pour la deuxième saison. Cette fois, on va essayer de vous plonger dans l'enfance. A travers le récit d'habitantes qui ont poussé entre nos montagnes, mais à des époques différentes.
- Speaker #1
Pour le premier épisode, c'est Léonie, toute jeune maman, qui nous reçoit chez elle au Louik, à un mot niché à 1700 mètres d'altitude. C'est là, au pied du parc national du Mercantour, qu'elle a grandi dans le gîte et la ferme de ses parents. Il y a quelques années, elle en a repris l'activité avec son compagnon.
- Speaker #0
Alors, pour recommencer, je suis née à Barcelonette, ça c'est assez rare, en plein hiver. Ma mère est déçue par le médecin de Barcelonette et c'est une année où ils ont essayé de maintenir le code Lacayol ouvert, sauf qu'en janvier il commençait à neiger très fort et que... Et que mon père sentait que le col n'allait pas rester ouvert malgré ce qu'ils ont essayé de déneiger. Parce que je crois qu'il y a un chasse-neige qui a dû se faire prendre dans une avalanche de l'autre côté cette année-là. Et donc il a largué ma mère avec mes deux grands frères qui étaient petits chez une amie à Bayas. Avant que le col ferme avec la neige. Donc mi-janvier. Et l'amie de Bayas n'était pas rassurée d'avoir un couteau. ou une enceinte jusqu'au cou. Donc elle a descendu ma mère plus proche de Barcelone, chez une autre amie. Et donc je suis née à Barcelonette, alors que les gens de Barcelonette, eux, ils allaient déjà souvent coucher à Gap. Et du coup, ça marque un peu l'attachement à Barcelonette. Coucou ! Il y avait des oeufs ? Qu'est-ce qu'il a ? Ah bah je vais le monter. Attends, je vais prendre la compote aussi pour Eugène. Les premiers souvenirs que j'ai, j'ai passé pas mal de temps à m'occuper des Ausha, des cabanes, des trucs, les lapins aussi, leur faire améliorer les cages. J'aimais bien être au jardin avec ma mère et je jouais beaucoup à la poupée. Après, ma mère n'a jamais trop fait de différence, j'ai l'impression, entre mes frères et moi. Elle a fait autant de choses avec mes frères, les œufs de Pâques, les pâtisseries, la luge. Ils nous ont quand même élevés un peu de la même façon, je pense. Ensuite, on a été à l'école primaire à Antron. On était entre 12 et 17, je crois. Donc c'était pas encore... Parce que maintenant, il y a des années où ils étaient encore moins nombreux. C'était... Il y avait quand même quelques élèves de mon âge. Mais c'était pas non plus les copines que je voyais tous les week-ends. On se voyait à l'école, quoi. Et... Je pense, ouais, j'avais pas trop d'idées de ce qu'on peut faire comme métier, quoi. Je jouais toujours la même chose, quoi. Parce que je voyais autant moi. Quand je jouais, j'étais soit un stide, parce que je connaissais une femme qui était un stide, après j'avais pas trop d'idées de ce qu'une femme peut faire dans la vie, autre que être à la maison, ou à l'école, ou tenir un gîte. Et donc, on avait combien ? Cinq. Je donne les épluchures au lapin.
- Speaker #3
Ah d'accord, je passe juste là.
- Speaker #0
Oui. On brûle l'air dur. En plein hiver. Ah ça je me souviens, j'avais quand même assez hâte d'aller au collège pour voir plus de monde. Ça me pesait un peu l'école. Si en fait, maintenant que tu me demandes sur le collège, oui l'école primaire. Après j'étais quand même très stressée. Je me souviens pour la rentrée, mes frères qui étaient déjà genre moi, il faut que je m'habille comment, mais elles sont comment les filles au collège. Je voulais pas faire tâche quoi, ça je m'en souviens. En fait, je n'ai pas senti d'éclat. Je me suis sentie tout de suite super bien parce qu'il y avait plein de enfants de la campagne et des amours. Et on avait des classes, c'était vraiment très mélangé. Il y avait vraiment des enfants qui venaient de tous les milieux, beaucoup d'enfants de la campagne. Il y avait aussi des enfants de bonne famille de la vallée de Barcelonette. Enfin, voilà. Et j'ai bien aimé, je me suis fait des super copines. On était tout le temps, ouais, vraiment... Non, non, j'ai eu vraiment des bonnes copines après sur Barcelonette. Alors par contre, moi c'était dans la classe, mais l'internat, je n'ai pas supporté du tout, parce qu'il n'y avait aucune fille de ma classe, enfin aucun élève de ma classe qui était à l'internat. À l'internat, il y avait très très peu d'élèves filles. Et ma mère, elle avait un appartement en Barcelonette, et en fait, j'ai fait une semaine à l'internat. Et du coup, après j'étais à l'appartement avec mes frères. On a vécu à l'appartement. Donc la première année, mes parents, ils ont été assez présents. Ils faisaient une sorte de garde alternée sur Barcelonette. Et puis au fur et à mesure, vu qu'ils avaient beaucoup de travail ici, ils venaient de moins en moins souvent, donc on a été beaucoup plus seuls à l'appartement. Enfin, c'était mieux que l'internat. Et puis c'était, du coup, de l'appart, t'étais au centre-ville. Donc du coup, j'ai découvert un peu plus le fait d'être juste à côté de l'école et tout. Mais j'aurais préféré rentrer chez les parents tous les soirs. Du coup, je rentrais quand même tous les week-ends. J'ai ouvert ?
- Speaker #3
Jean ? Parce qu'elle avait gelé, tu l'enlèves un peu. C'était tout dur ce matin. Il faut mieux l'enlever parce que j'ai même pas assez de bois.
- Speaker #0
Déjà pour rentrer les week-ends de Barcemet, le col de la Cayolle est fermé. Donc du coup, quand les météos étaient propices pour le faire, on a écoulé. avec mes parents, mes frères, on passait le col en ski de randonnée. Donc ouais, on s'arrangeait avec une navette, avec des amis, ouais, c'est ça. Et après, de Bayas jusqu'à Estin, en ski. Donc c'était, ouais, c'est quand même, ouais, quand il y a la neige fraîche, c'est fou, c'est quand même... Puis le vendredi, après les cours, on finit tard. Donc moi je ne trouvais pas ça bien du tout. C'était la corvée. Je me disais non, je voudrais être comme tous les autres, rentrer à la voiture, à la maison. Et ça pour le coup, j'en garde des bons souvenirs après coup. Sur le moment, on n'aime pas trop. Titus,
- Speaker #1
regarde, voilà. Sage,
- Speaker #0
on revient. Et donc du coup, mes frères faisant des compètes de ski. Ils m'ont dit, mais Léonie, t'as le niveau, tu devrais faire aussi des courses de ski, tu verras, t'as le niveau, tu gagnerais des courses. Donc moi, j'ai commencé, c'était plus pour gagner des courses que par amour du ski de randonnée au départ. Parce que je les voyais revenir, à la fin des barouquines, ils avaient gagné des lots, ils avaient gagné des trucs et tout. Et du coup, j'ai commencé les courses de ski. Et là, par rapport à d'autres filles de mon âge qui faisaient ça, où il y avait vraiment les parents à chaque course et tout, c'était un peu la débrouille. Du coup, le voiture-âge, avec des gars dans la vallée qui faisaient des courses de ski. Ce n'était pas du tout les parents qui étaient derrière, avec les Léonis, avec les cloches et tout. Ce n'était pas la même démarche. Et du coup, ça a assez bien marché. Après, j'ai gagné en catégorie des jeunes les championnats du monde et les championnats d'Europe. Skidrando. En fait, c'est en faisant... Il y a beaucoup de choses comme ça. C'est en faisant qu'on... En fait, on apprend à aimer l'effort. Après, j'ai pris goût. Après, j'ai aussi ramené mes lots. Mais là, j'étais un peu déçue parce qu'il y avait des courses de ski, notamment en Savoie, à Reche-Beaufort, tout ça. Le lot pour le garçon, c'était une paire de skis. Et pour les filles, c'était un bout de fromage sur les mêmes catégories. Donc là, j'étais très déçue. On arrive à la chasse de l'autre. Après, ce qui me manquait par ce net, par exemple, c'était de ne pas avoir d'animaux. De ne pas avoir des Ausha, des lapins, des choses comme ça. Ma mère, elle m'avait acheté un poisson rouge, mais c'était un peu galère. Et puis, il y a eu un nombre de fois que le bocal est tombé par terre. Poisson rouge effritié au milieu des éclats. J'aimais assez bien être dehors, jardiner, bricoler. Et du coup, pour ça, après, j'ai choisi un BTS aménagement paysager. J'ai travaillé là-dedans, c'était plus en conception de jardin. Mais finalement, moi, ce qui me plaisait, c'était plus faire quelque chose de mes mains. d'être en plein air et... D'être... de faire quelque chose de mes mains. Et en fait, en conception de jardin, on fait beaucoup d'ordi. Monter les dossiers, les trucs, ça me donne mal aux yeux. Puis le bureau, c'est pas trop mon truc. Une petite dose, oui, mais pas trop. C'est vrai qu'à partir de mes 15-16 ans, j'ai toujours aidé ma mère. L'été, je faisais les saisons d'été avec elle. Et puis elle, après, ça lui a fait trop de travail, parce qu'elle avait des chambres avec les salles d'eau, où il y avait plus de ménage. Et après, quand elle a voulu lever le pied, j'ai dit, moi, je reprends, ça me plaît. Ils ne nous ont jamais poussé pour reprendre. Mes deux frères, ils ont fait leur vie un peu de leur côté. J'ai un frère qui a fait un peu la même chose, mais du coup, qui s'est installé en Nubaï, qui est resté là-bas. Et du coup, la dernière, j'ai repris, sans prendre la place des autres, qui n'avaient pas fait ce choix-là. Ma mère nous a toujours plutôt dépeint la vie ici, le travail ici, le travail du gîte, de la ferme et tout, comme quelque chose de plutôt négatif quand même. C'était un choix réel et de parler toute seule. Même si j'étais une fille, je bricole. S'il faut faire du bois, je fais du bois. La tronçonneuse, j'apprends. Je ne me suis jamais mise de frein moi-même. Ce qui me plaît dans mon métier, ce n'est pas le métier en lui-même qui me plaît. Je serais cuisinière dans un resto. Je ne vais faire que ça. En fait, ce qui me plaît, c'est la globalité. Là, c'est un gîte, mais ça aurait pu être une autre activité. Je pense que c'est le fait de pouvoir faire des projets, d'améliorer, d'apporter des modifications, d'être son propre patron, de pouvoir aller de l'avant. Et que ce soit là, avec un gîte, mais je pense que sur d'autres métiers, ça m'aurait plu. Pour autant, une boulangerie, une coiffeuse, je n'en sais rien. Ah, il y a Eugène ! Moi j'ai accouché à Nice, à l'hôpital, à l'archer. Et pour le coup, beaucoup de gens qui viennent en Nice, ils veulent accoucher à la maison. Et on a déjà assez comme ça avec les vélages, avec les accouchements des vaches. J'avais envie qu'on s'occupe de moi. On s'occupe déjà de tous les animaux de l'affaire. J'ai dit cette fois-ci, je veux qu'on s'occupe de moi. Non, et puis je suis froissante, de toute façon on est loin de tout. Donc ça aurait été beaucoup trop dangereux. Et non, moi, j'avais vraiment envie de le faire à l'hôpital. Coucou, tu l'amènes en balade ? Oui, je fais un tout petit tour, non ? Je vais lui mettre ça dans mon gilet, autour des jambes. Ah ben oui, voilà. Ça, tu peux l'envier de couper là-dedans. L'anorak, je mets ça autour des jambes. Je fais un petit pas ce qu'il fait,
- Speaker #1
parce que lui, il fait un petit tour. Hein, il fait un petit tour vite fait ? Et il est tellement émétiflé que...
- Speaker #0
C'est vrai que la façon dont a fait ma mère, même si elle va peut-être avoir l'impression que je ne vais pas faire comme elle, mais c'est vrai que ma mère, on passait pas mal de temps dans la nature. Faire des confitures, ramasser des plantes, faire le ski de fond, faire de la luche, tout ça. Non, j'ai envie de transmettre un peu la même chose. D'accord, allez, bonne balade. Oui, merci. Bonne balade mon enfant. D'accord, je viens le nourrir. Je pense que ce n'est pas tant lié au lieu, je pense que c'est plus lié aux parents. Puisque moi je vois que j'ai des... des cousines de la famille, ou même je vois des clients au Gide, je vois pas mal de monde. Ils vivent peut-être en ville, mais ils font plein de choses, super. Il y a des gens qui vivent à la montagne, mais en fait, ils font rien. Il y a des gens qui vivent à la montagne, ils connaissent pas les trois balades qu'il y a ici. Donc pour moi, c'est pas du tout lié au lieu, je dirais que c'est plus lié aux personnes. Peu importe où tu es, tu peux vivre en ville et faire plein de choses sympas, je pense, avec tes parents et tes frères et soeurs, et vice-versa. Tu peux être à la montagne et passer tes journées dans la télé. C'était Léonie, l'épisode 1 de cette deuxième saison. Pour entendre le récit d'une autre enfance dans notre vallée, le prochain épisode sortira dans deux mois. On vous conseille, si ce n'est pas déjà fait, d'écouter les trois épisodes de la saison 1 pour découvrir la vallée. La prochaine saison sortira au printemps. Mais d'ici là, n'oubliez pas que nous sommes... Toute une montagne !
- Speaker #3
Qu'est-ce qui te fait rester au village Bérénice ? Je sais pas vraiment.
- Speaker #4
Il se trouve que nous avons un léger problème de nudistes révolutionnaires dans la région.
- Speaker #3
Pardon.
- Speaker #0
Une production des Jipettes Boilus.