- Speaker #0
Bonjour à tous, ici Gaëtan Pitavale, passionné de trail. Je vais vous partager des histoires de trail à travers ce podcast. Des histoires d'hommes, de femmes, des aventures, des émotions, mais aussi des histoires de courses mythiques. Bienvenue à tous !
- Speaker #1
Incroyable, magnifique, magnifique championnat, il l'aura fait en patron, Fred Tranchant, champion du monde 2025 de Trelcourt et il reviendra. Fred Tranchant qui vient chercher ses premiers titres mondiaux après 7 médailles en deux orientations.
- Speaker #0
Bonjour à toutes, bienvenue dans ce nouvel épisode de Trail Story. Alors aujourd'hui je suis ravi d'accueillir un athlète, peut-être que vous avez entendu briller au mois de septembre du côté des Pyrénées. J'ai le plaisir d'accueillir Frédéric Tranchant, tout juste champion du monde de Trail Court qui est avec nous dans Trail Story aujourd'hui. Ça va Frédéric ?
- Speaker #1
Salut Gaëtan, Oui, très bien, merci. Et toi ?
- Speaker #0
Ça va très bien. Alors pour démarrer, pour les auditeurs qui ne te connaîtraient pas encore, est-ce que tu peux te présenter rapidement, nous dire qui tu es, de quelle région tu es originaire et comment tu as atterri dans le monde du trail ?
- Speaker #1
Frédéric Tranchant, c'est le département de la Loire, c'est pas très loin de Saint-Etienne, Lyon. En fait, on était tourné Valais-du-Rhône. C'est une montagne quand même parce que ça monte à 1400 mètres et ça part de la veille du Rhône à à peu près 130 mètres d'altitude. Donc c'est vraiment les premiers contreforts du massif central. Ça s'appelle le Pila, un petit massif, aussi un parc naturel régional. Donc il fait face un peu aux Alpes. Quand il fait beau, c'est super beau, on voit toutes les Alpes. Donc voilà, j'ai grandi là-bas. Donc à la campagne, en fait, mon père était éleveur de vaches laitières. Donc une petite exploitation. Voilà, il y a une fromagerie de pavé d'Affinois. à côté justement.
- Speaker #0
Très bon fromage !
- Speaker #1
En tout cas dans le sport, j'ai commencé par la course d'orientation. J'avais fait bien sûr d'autres sports avant comme du foot, comme tous les jeunes je pense quasiment. En course d'orientation, j'ai fait quand même une très longue carrière et de haut niveau en fait. Donc dès qu'il était assez jeune, j'étais dans les groupes France, j'étais sélectionné quasiment tous les ans sur les compétitions internationales, tout ça. Et après, à partir des années seniors, là, oui, j'ai fait quand même une assez longue carrière, donc 10-15 ans à faire quasiment toutes les étapes de coup du monde, tout ça, les championnats du monde chaque année, championnat d'Europe tous les deux ans et ainsi de suite, jusqu'en fait 2020, parce que pendant la pandémie, tout était annulé. Toutes les courses internationales de présentation étaient annulées. Ce qui fait que, en fait, quelque part, ça m'a fait du bien dans le sens où je me suis dit, c'est cool, je vais pouvoir tester d'autres disciplines. Et notamment, j'en parlerai peut-être après, mais j'habitais en Finlande à l'époque. Et il y avait les championnats nationaux, un peu comme les championnats nationaux élites d'athlétisme, qui étaient dans la ville où j'étais. Donc, du coup, je les ai un peu préparés. J'ai couru le 10 000 mètres et le 5 000 mètres. sur ces championnats. Et puis, du coup, j'avais pu faire des crosses, notamment Sierzinhal, qui était en format en contre-la-montre cette année-là. Et du coup, j'avais fait un super résultat. J'avais fait deuxième derrière Kylian, Kylian Jornet, au temps. Et après, ça m'avait qualifié pour les finales des Golden Trail World Series de cette année-là, où il y avait un peu tout le gratin mondial du trail, à part Kylian, peut-être. Et donc, du coup, j'avais vraiment bien couru en gagnant une course, en faisant un troisième sur le général et tout. Et ça, ça m'a vraiment lancé dans le... le trail. Et après, j'ai eu quelques années où j'ai essayé de combiner les deux à haut niveau, le trail et la contentation, où ça a moyennement marché, on va dire. Mais voilà, depuis quelques années, là, je suis vraiment à fond sur le trail. Et puis oui, jusqu'au titre de champion du monde. En mois de septembre. En mois de septembre. Donc ça, c'était vraiment la grosse performance de ma carrière, oui.
- Speaker #0
Ok. Alors, tu en as parlé il y a quelques instants. Tu es un orienteur, donc course d'orientation. Tu as fait 85 étapes du championnat du monde. Tu as gagné, je crois, 7 médailles. 7 médailles, pardon ?
- Speaker #1
Je pense que c'est les étapes de coupe du monde. Ça fait des rounds, un peu comme en biathlon. C'est-à-dire qu'il y a plusieurs rounds. Et c'est vrai que, oui. Parce que le championnat du monde, par contre, c'est tous les ans. Et j'ai fait une dizaine de fois entre 2009 et 2021. Douzaine, oui.
- Speaker #0
Et donc, tu as gagné beaucoup de médailles. Je crois que tu en as eu deux en argent et cinq en bronze sur ces championnats du monde. Qu'est-ce qui t'a plu, toi, étant jeune, de démarrer par la course d'orientation ? Qu'est-ce qui t'a plu dans ce sport ?
- Speaker #1
Déjà, c'est un sport en pleine nature, un peu comme le trail. On court en pleine nature. Après, le trail, on va peut-être chercher les fortes pentes, les hautes montagnes, tout ça. Et en course d'orientation, c'est plus dans la forêt. c'est vraiment on est en forêt même en tout terrain donc on quitte les chemins et on trace tout droit dans la forêt et deuxièmement il y a la partie orientation à la fois il y a une phase on va dire de conception de l'itinéraire donc on peut décider en fait on a des points de passage qu'on appelle les balises qu'il faut faire dans l'ordre et le plus rapidement possible mais dans l'ordre mais après entre ces points de passage on est vraiment libre de choisir notre itinéraire donc il faut planifier notre itinéraire, décider d'où on passe, quel point d'appui va nous aider pour naviguer. Et après, il y a la phase, on va dire, navigation. Donc là, on navigue justement pour aller à ce point d'appui, enfin, de point d'appui à point d'appui jusqu'à cette balise. Donc, on peut imaginer ça. Oui, c'est ça le principe. Donc, c'est vraiment chouette parce qu'on est libre de notre itinéraire. Puis en plus, on réalise ce qu'on a planifié. Enfin, oui, donc c'est vraiment chouette. Et puis, en fait, chaque balise qu'on trouve, C'est un mini succès, si on veut. C'est-à-dire, on a trouvé quelque chose. C'était un peu particulier.
- Speaker #0
C'est hyper motivant. En tout cas, vous êtes quand même des sangliers, un peu comme de la Barclay, parce qu'il faut passer à travers la pampa,
- Speaker #1
on va dire. Il ne faut pas avoir peur des ronces, des arbres, et de se faufiler partout. Oui, c'est vrai. En principe, on est quand même en pantalon long. D'ailleurs, dans certains pays, c'est obligatoire. Mais c'est vrai qu'on est vraiment rayés. Il y a des traces de ronces dans les jambes. Et je sais que notamment les filles, des fois, elles n'osent pas mettre des robes parce qu'elles sont toutes rayées. Ça fait un peu particulier.
- Speaker #0
Alors, tu as participé également au Mondiaux Militaire en 2019 à Wuhan, en Chine. Donc, ça devait être juste avant le Covid. Tu as été aussi militaire, du coup ?
- Speaker #1
Oui, alors, j'avais un contrat de réserviste. et pour le coup j'ai jamais fait les classes et tout peut-être que j'aurais dû d'ailleurs ça aurait pu être intéressant j'ai jamais tiré à l'arme et tout mais en tout cas j'avais un contrat pour les compétitions de présentation et en fait dès 2010 j'ai fait des courses les championnats du monde militaires de présentation entre 2010 et 2019 du coup donc c'était tous les ans championnat du monde ou tous les 4 ans les jeux mondiaux les jeux mondiaux c'est vraiment une grosse compétition c'est un peu les jeux olympiques pour les militaires. Donc, il y a énormément de participants. C'est de l'ordre de 10 000 participants. C'est vraiment un gros truc. Sauf que c'est très peu médiatisé par rapport aux Jeux Olympiques. C'est ça, la grosse différence. Et en fait, il y a les sports, justement, olympiques et des sports plutôt militaires, notamment la présentation. Je ne saurais même pas dire ce que c'est les autres, le parachutisme ou je ne sais plus. Je ne saurais pas dire les autres, mais en gros, il y a des sports qui ne sont pas vraiment olympiques, mais qui sont dedans aussi, dont nous, la présentation. Et en fait, du coup, j'ai eu l'occasion d'aller, c'était à Rio, par exemple, en 2011. Donc, à mon avis, ils testaient, c'est sûr, mais ils testaient les infrastructures des Jeux Olympiques 2016. Ensuite, c'était où ? En 2015, c'était en Corée du Sud, par exemple. Et là, c'était vraiment, on était dans les camps militaires de Corée du Sud. C'était vraiment particulier. Et c'est vrai qu'en 2019, c'était à Wuhan. Donc, quand on a vu le truc quelques années à l'avance. On disait, vous, on n'a jamais entendu parler. On regardait, c'était une ville quand même de 10 millions d'habitants. Et oui, c'était impressionnant les infrastructures qu'ils avaient faites. En fait, nous, le village Athlète, ils avaient logé quelque chose comme 10 000 athlètes et encadrants avec quelque chose comme 25 000 bénévoles ou des organisateurs. Tout sur place, en gros, ils avaient construit une ville en moins de deux. Oui, c'était vraiment impressionnant. Et c'est vrai que c'était octobre 2019. Et donc, moi, j'étais resté pour d'autres compétitions en Chine jusqu'à mi-novembre 2019. Et bon, c'est sûr que le Covid était probablement déjà là à cette période. C'était un petit peu particulier, mais bon.
- Speaker #0
Tu étais un des derniers Français sur place avant que tout soit fermé.
- Speaker #1
Oui, c'est possible. Parce qu'après, dès décembre, on avait reçu des trucs comme quoi il commençait à y avoir une épidémie importante sur place qui commençait à verrouiller un peu toute la Chine. Déjà en janvier 2020, c'était déjà bien verrouillé là-bas.
- Speaker #0
Et alors, tu parlais des championnats militaires. Est-ce qu'il y a des nations militaires qui sont très fortes en CO ? C'est toujours les mêmes qui gagnent ? Ou en France, on est placé comment ?
- Speaker #1
Alors, typiquement, nous, surtout, la présentation, c'est un sport, par exemple, en France et dans beaucoup de pays, on va dire que ce n'est pas hyper médiatisé, mais pour le coup, il y avait pas mal d'athlètes qui étaient plus ou moins pros, en tout cas, qui étaient alarmés et détachés pour l'entraînement. C'était beaucoup le cas dans les pays de l'Est, mais même en Autriche, en Pologne, je pense qu'il y en a beaucoup. Et c'est vrai qu'en France, en fait, il y a deux personnes qui ont eu… qui ont pu bénéficier de ce type de contrat pendant 5 ans chacun. Donc, c'est Thierry Georgiou qui est multiple champion du monde, qui est aujourd'hui un peu, on va dire, le goûteur en orientation parce que c'est lui qui a le plus de titres de champion du monde, en tout cas masculin, parce que Tove Alexanderson, notamment, elle en a beaucoup plus. Mais oui, chez les gars, par contre, c'est lui qui en a le plus avec 14 titres, 13 individuels et 1 en relais. Et aussi François Gonon. Donc, ça, c'est un des grands… c'est C'était un des meilleurs mondiaux à l'époque, un des meilleurs français du coup, et voilà, qu'ils ont pu bénéficier. Donc après, on était plusieurs à avoir des contrats de réservistes, et encore aujourd'hui, qui nous… Par contre, c'est très différent, on n'a pas de salaire, rien, mais par contre, on a une solde pour les jours de stage et de compétition avec l'armée. Et puis surtout, c'est vrai que l'expérience est intéressante aussi, de faire ces championnats-là, de faire des stages en plus. Donc voilà, c'est assez intéressant.
- Speaker #0
En tout cas, on a vu que Tom Alexanderson, c'est une belle machine de guerre aussi. On a vu ce que ça a donné au championnat du monde. En tout cas, les orienteurs ont brillé au dernier championnat du monde de trail. Ça, il n'y a pas de souci.
- Speaker #1
Oui. Alors,
- Speaker #0
tu en as parlé un petit peu tout à l'heure. En 2020, tu as basculé dans le trail avec la course de montagne. Tu l'as dit, tu finis deuxième de Sierra Zinale à 30 secondes derrière Kylian Jornet.
- Speaker #1
Il n'était pas loin de toi, finalement, ce jour-là. Tu as cru que tu allais le manger, Kylian, ou pas ? Alors, en fait, c'était très particulier parce que c'était en contre-la-montre. Et du coup, on n'a pas couru le même jour. Même si c'est vrai que je savais le jour où ils allaient courir, j'étais invité ce jour-là. Sauf que je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas. Bref, ça ne s'est pas fait. Mais du coup, ce n'était pas si mal quelque part. Les organisateurs, ce qu'ils avaient mis en place pendant un mois, normalement, c'est une course à plus de 5 500 départs, je pense, sur cette course. C'était impossible, bien sûr, de faire le même jour. Donc, ils avaient mis sur un mois, ils avaient mis en place des organisateurs au départ entre 6h et 8h à Chandelain. Donc, c'est un point de passage et à l'arrivée. Et bref, voilà. Et donc, moi, le jour où je l'ai fait, Merci. J'étais avec deux autres orienteurs. Et pour le coup, il y avait aussi des jeunes de l'Acidus Matrix ce jour-là. Et en fait, c'était des belles conditions parce que les gens partaient tôt et à la fraîche. Et en tout cas, je sais que c'était des super conditions climatiques. Et moi, ça m'avait bien plu. Et même si j'avais couru tout le long, tout seul, c'était pas mal. Alors qu'eux, quand ils ont fait, ils avaient un groupe d'élite. Donc, je pense quand même que ça aide de courir en groupe. Et aussi, ils avaient un peu plus de monde de ravitaillement, tout ça, il me semble. Mais bon... Ce qui est sûr, c'est qu'ils sont partis en journée et je pense qu'ils ont eu plus chaud. Donc, ce n'était pas tout à fait les mêmes conditions. Mais les organisateurs m'ont dit après coup que Kylian avait un peu regardé la montre sur les sentiers en balcon. Il s'est dit qu'il fallait que je me dépêche parce qu'il connaissait mon temps parce que j'avais couru plusieurs jours avant. Donc, il avait quand même fini un peu fort pour aller me bouffer.
- Speaker #0
Kylian, tu as fait peur à Kylian. Et alors, cette même année 2020, tu as terminé troisième des Golden Trail Championship à l'époque. C'est cette victoire sur une étape et de finir troisième qui t'a vraiment usé Rézinal, qui cette année-là t'a donné envie de te lancer à fond dans le trail. C'est ce moment-là ?
- Speaker #1
Oui, c'est sûr que ça m'a propulsé et du coup, ça m'a donné des opportunités de sponsoring, par exemple. Mais surtout aussi pour moi, ça m'a montré que j'étais capable d'aller jouer avec les meilleurs. Et c'est vrai que c'était très motivant. Et aussi, c'est quelque chose que j'avais une certaine frustration, surtout les années où j'étais étudiant, où je n'avais pas trop l'opportunité de faire du trail, même du cross, des choses comme ça, parce que j'avais plutôt des lacunes techniques en orientation. Et les coachs de l'époque, de l'équipe de France ou du Pôle France, Il était plutôt chaud que je m'entraîne vraiment en condensation, que je fasse tous les stages d'entraînement, tous les entraînements possibles. Et du coup, quand il n'y avait pas de stage ou d'entraînement, il valait mieux que je me repose ou que je fasse autre chose que des compétitions de trail. Et du coup, j'avais un peu cette frustration. J'avais envie d'en faire, mais je n'avais pas trop eu l'occasion. Après, j'ai déménagé en Finlande où j'étais beaucoup là-haut. Je faisais beaucoup de condensation aussi. J'avais quand même envie d'aller courir en montagne, de faire ces courses-là. Mais comme je ne pouvais pas le faire à ce moment-là, comme 2020 s'est un peu libéré, j'ai pu faire ces courses. Et j'étais déjà tout content de les faire. Et le fait que ça marche bien, c'est sûr que ça m'a motivé pour en faire plus les années suivantes.
- Speaker #0
Tu en as parlé aussi. Tu es allé en Finlande combien d'années ? Tu es resté sur place combien d'années ?
- Speaker #1
En fait, j'avais fait un stage long déjà en 2012, donc de 4 mois. Et après mes études en 2013, donc fin 2013, là, je suis resté pas mal d'années. Plus ou moins entre 5 et 10 ans, ça dépend comment on compte, on va dire. Et sachant que j'ai eu deux périodes aussi en Australie. Donc, c'était 2018-2019 et après 2019-2020. C'est vrai que j'étais pendant le Covid aussi là-bas.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Toi, tu travailles dans un domaine où tu dois bouger, c'est ça ?
- Speaker #1
Non, alors du coup, quand j'étais là-haut, pour le coup, je travaillais pour une commune. Enfin, j'ai travaillé pour deux communes, du coup. Je faisais des plans de voirie et réseaux divers. Donc ça, c'était vraiment en bonne partie du travail de bureau, quoi. Mais j'allais un peu sur le terrain quand même, parfois. Et par contre, en Australie, ça, c'était pour du bénévolat, plus ou moins, on va dire, pour le développement de la consentation. Et donc, c'était vraiment une des chouettes expériences où, en contrepartie, on avait pas mal de choses à faire, notamment avec les écoles, l'apprentissage de la présentation, mais aussi avec les organisations des clubs, tout ça. Et en contrepartie, on était nourri-logé, en gros, par des gens des clubs ou de la communauté locale. Et du coup, c'était vraiment chouette comme expérience, en tout cas.
- Speaker #0
Et la Finlande en matière de courses d'orientation, c'est beaucoup plus reconnu qu'en France. J'imagine que la Norvège, Finlande, les pays du Nord, généralement, la CO est plus cotée. Toi, les terrains de pratique, là-bas, il y a des courses de CO tous les week-ends en Finlande ? Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Non, notamment parce que l'hiver, il est quand même rude. Il peut y avoir beaucoup de neige, on ne peut pas aller trop sur le terrain. Il y a quand même plusieurs mois off, on va dire. Mais c'est sûr qu'à partir du mois d'avril, là, il y a vraiment beaucoup de neige. de compétition et puis des compétitions de très haut niveau il y a une énorme densité et puis aussi ils ont plusieurs types de terrains mais dans l'ensemble c'est des terrains très durs, très détaillés c'est de la vraie forêt il y a des endroits où on ne croise pas un chemin pendant plusieurs heures il faut savoir bien s'orienter c'est du micro-relief c'est difficile le way
- Speaker #0
Et en Australie, la course d'orientation, c'est plutôt dans les écoles où tu dis que tu étais bénévole. Du coup, c'était ça, c'était de la formation ?
- Speaker #1
Alors, la première année, c'était à Canberra, l'État de Canberra. La capitale. Oui, la capitale. Donc oui, ils étaient très actifs avec les écoles notamment. Et donc là, ils avaient des programmes d'ailleurs qui étaient payés par l'État. Je ne sais plus comment ça marchait, mais en gros… qui leur permettait d'avoir des intervenants extérieurs. Donc, c'était vraiment un bon système. Mais après, ils avaient pas mal de... Tous les mercredis, au printemps et à l'automne, ils avaient un truc ouvert à tout le monde, en fait, où tout le monde pouvait aller. Un peu sur le modèle qu'il y a en Scandinavie aussi. Et là, c'est dans les... En fait, Canberra, c'est une ville qui a été designée, qui a été construite de rien, il n'y avait rien.
- Speaker #0
Pour faire une capitale.
- Speaker #1
C'est ça. C'était au moment où, en gros, avant, il y avait plusieurs États qui étaient de l'Empire britannique. Et donc, du coup, quand ils ont été indépendants, il fallait créer une capitale. Il y avait deux grosses villes qui se faisaient la concurrence, qui étaient Melbourne et Sydney. Et en fait, ils ont créé une capitale un peu près au milieu, et il n'y avait pas rien, pas grand-chose. Et du coup, c'est vrai que c'est une capitale un peu aérée, avec des forêts au milieu. C'est des petits sommets, souvent, avec une petite forêt. et... Et oui, donc c'est là où la pratique de la présentation est vraiment intéressante. Donc, ils ont des cartes de proximité, des lieux de proximité pour faire ce sport. Et après, il y a des terrains un peu plus au sud. Il y a des terrains qui sont vraiment sauvages, vraiment très jolis, avec des gros boulders, des gros rochers de granit. C'est des vraiment beaux terrains.
- Speaker #0
Alors en Australie, il faut juste faire attention à quelques bêtes un peu vénimeuses. Mais sinon, ça doit aller.
- Speaker #1
Oui, ça c'est un peu, c'est vrai que ça faisait un peu flipper, notamment si j'allais poser des balises, c'est-à-dire j'allais en marchant ou pas très vite en forêt, les serpents ils sentaient pas forcément venir, donc ouais ça faisait un peu peur, et puis surtout ils sont très vénimeux. et puis en plus des fois il n'y a pas de réseau mais pas du tout, on est loin des réseaux donc ils nous avaient filé on va dire les clubs là-bas ils avaient un téléphone satellite et si jamais on avait un souci il fallait l'utiliser et un bon espion il y avait un peu des
- Speaker #0
consignes à donner des fois ça faisait un peu fort c'est une super expérience à la fois internationale Merci. Et puis après, tu es parti dans le trail. Donc, tu as fait des dizaines et des dizaines de courses de trail et de courses de montagne. Toi, tu es toujours resté dans des distances entre 25 et 50 kilomètres. C'est ton format privilégié. Tu n'as jamais voulu passer sur du plus long. Tu es resté là-dedans.
- Speaker #1
Oui, en tout cas, pas encore. Après, c'est un peu l'idée. Tant que je suis compétitif, j'essaye de continuer là. Et puis après, le calendrier est déjà bien chargé. Il y a pas mal de compétitions. Donc, je n'ai pas non plus la place d'ajouter des trucs en plus pour l'instant. Mais j'aimerais bien essayer d'autres trucs, c'est sûr. D'autres formats. Alors là, on va parler de ta saison 2025 qui a été quand même super remplie. Le 5 juillet, tu es champion de France de course verticale. Donc, 3,41 km,
- Speaker #0
965 m de D+, en 34 minutes 56 secondes. Le 13 juillet, tu es champion de France de trail court. 32,9 km, 2630 mètres de dépuce, 3h06min22s. Et le 26 septembre, là, c'est vraiment le sacre. Tu es sacré champion du monde de trail court à Canfran-Pyrénéos. 44,5 km, 3657 mètres de dépuce en 4h42s10s, si je ne me trompe pas. C'est quand même une année de dingue. Tu as fait la prépa de rêve ? Comment ça s'est passé pour enchaîner tout ça ?
- Speaker #1
Oui, c'est dur à savoir exactement qu'est-ce qui a été bien et qu'est-ce qui s'est bien passé par rapport à d'autres années. Mais je pense que la clé, déjà, c'était de cibler les courses, vraiment de cibler le championnat du monde pour moi. Je pense que c'est ce qui avait manqué, notamment deux ans avant, au précédent championnat du monde parce que je pense que j'étais un peu tête dans le guidon. J'avais fait beaucoup de... de compétition mais pas assez ciblé le championnat du monde en tant que vraiment l'objectif principal parce que du coup pour le coup en 2025 j'ai fait plusieurs courses en début d'année mais j'en ai gagné aucune d'ailleurs mais j'étais vraiment relâché là dessus parce que je savais que l'objectif il était plus tard quoi donc c'était des courses un peu de préparation et j'étais bien j'étais pas loin quoi mais jamais remporté de course donc je pense que ça c'était une première clé et c'est vrai qu'il y avait l'aspect un peu haute montagne quand même, altitude. Et ça, j'avais axé un peu ma préparation là-dessus et j'ai fait beaucoup d'altitude. Donc, dès le mois de février, il y a exactement un an là, j'étais à Font-Romeu au centre national d'entraînement d'altitude et donc avec le monitoring, c'est-à-dire des personnes, j'étais monitoré toutes les nuits sur les entraînements, des choses comme ça, donc un peu pour comprendre comment mon corps réagissait à l'altitude et je pense que ça m'a quand même apporté quelques billes. Et après, j'ai enchaîné sur des courses en Amérique latine où je suis resté quand même un mois et demi là-bas, en fait. Et bon, c'était un peu l'idée de découvrir un peu la culture locale, tout ça. Mais c'était aussi un peu l'aspect altitude. Et après, à nouveau l'été, en préparation des championnats de France. Donc là, j'ai passé un peu de temps à Tignes. Et après l'été, un peu plus tard, un peu partout en montagne. Bon, bref. Donc, à l'aspect altitude, là, je pense que j'étais vraiment prêt avec une bonne préparation, on va dire, finale. beaucoup d'entraînement très spécifique à ce qu'on a eu au championnat du monde donc je pense que j'étais assez relâché hyper relâché au départ de la course parce que je savais que j'étais bien préparé et du coup c'était une grande satisfaction d'arriver sur le championnat en forme et bien préparé donc ça c'était la première réussite de ce championnat
- Speaker #0
Donc, gros, gros travail en hypoxie avant, en montagne, en altitude pour bien préparer le corps. Et t'es arrivé frais au championnat du monde. Ça fait quoi finalement de se mettre sur la ligne avec le maillot de l'équipe de France de trail, d'avoir fait la prépa avec la Team France et de remporter un titre mondial ? C'est une aventure collective ?
- Speaker #1
Comment ça s'est passé dans ta tête, cette intégration avec l'équipe ? Et ce moment-là, parce que ce n'est quand même pas tous les jours qu'on gagne un championnat du monde. Oui, oui, c'est sûr. Ce qui est particulier, c'est que, comme je disais plus tôt, j'ai une longue carrière en présentation. Et depuis 2004, j'ai représenté la France tous les ans, sauf 2020, pendant la pandémie. et notamment il y a des années où je courais vraiment beaucoup de courses toutes les étapes de coupe du monde en présentation donc c'est vrai que j'ai l'habitude de courir en tenue de l'équipe de France donc ça c'était pas un gros changement après il y a l'aspect, trail j'ai couru les 3 derniers championnats du monde quand même donc voilà mais c'est vrai que c'est un groupe vraiment sympa et je trouve que ce qui est chouette sous le maillot bleu en trail par rapport aux autres courses en trail c'est que là il y a vraiment l'aspect collectif à la fois on se prépare Merci. tous sur les stages, que ce soit d'ailleurs ceux qui préparent le long, ceux qui préparent le plus court, on se prépare tous ensemble et on a tous l'objectif commun, donc il y a une vraie émulation, on va tous dans la même direction, donc ça c'est vraiment chouette. Et d'ailleurs, on se tire à la bourre sur des séances de coach, je vois avec des Benjamin Roubiol ou des Luzio Nkoafé par exemple, qui faisaient plutôt le long, ou Sylvain Cacha, Thomas Cardin et compagnie, on se tire tous à la bourre sur les séances, mais c'est... C'est vraiment, je ne sais pas comment dire, mais positif. Il n'y a pas de compétition négative. On va tous dans la même direction. Donc, ça, c'est chouette. Et puis, en plus, il y avait une super ambiance. On s'entendait vraiment bien et tout. Donc, je pense que ça, ça joue aussi. C'est-à-dire, par exemple, un autre succès, c'est qu'avant le départ, on s'était mis d'accord et tout pour être bien placé sur la ligne de départ et ne pas se faire enfermer, ne pas se faire bousculer parce qu'assez vite, on prenait un sentier où il y avait… c'était plus compliqué de doubler et ça on a bien réussi on s'est mis tous devant la ligne de départ on a vraiment bien géré ça et puis aussi pendant la course on s'est tous dit typiquement Thomas il s'est blessé mais tout le monde on s'est dit on donne tout jusqu'à la ligne parce qu'en fait le classement par équipe il était vraiment important pour nous dans notre tête c'était un peu dans la tête du sectionnaire national Adrien Séguret c'est que tout le monde rentre à la maison avec une médaille Merci. Et ça, c'est quelque chose qui nous motivait vraiment. Et je trouve qu'il affecte vraiment la façon dont on court aussi. Parce qu'on ne va rien lâcher jusqu'à la ligne, parce qu'on sait qu'il y a le classement par équipe et c'est le temps qui compte. Et je trouve que c'est vraiment chouette. C'est motivant, c'est une bonne énergie.
- Speaker #0
Pour les auditeurs qui n'auraient pas suivi les championnats du monde, la Team France du Trail Court a fini deuxième derrière les Espagnols. Avec Sylvain Cachard et Johan Boyard, vous avez, qui termine 9e et 16e, vous avez bien remporté la médaille d'argent en équipe avec cette Team France. C'est un effort collectif, comme tu le disais. J'imagine que ça, ça se délire.
- Speaker #1
Toute l'équipe, on était content de remporter cette médaille.
- Speaker #0
Ça, c'est vraiment génial. Alors toi, tu l'as dit, tu as une carrière super longue. Tu as participé au championnat du monde de course d'orientation, tu as fait de la course de montagne, du cross country, mais également du trail. Si, au global de ta carrière depuis 2010, est-ce que tu as une émotion particulière que tu gardes en mémoire et que tu te dis que ce que j'ai vécu là,
- Speaker #1
c'est vraiment unique ? Ou est-ce que tu vis tout comme ça ? Est-ce que tu as une émotion qui là, spontanément, te vient en tête en te disant « ouais, là, c'était vraiment dingue » . Bah si quand même, le championnat du monde en 2025, le titre, parce que c'est vrai que j'avais jamais remporté de titre, en tout cas sur un vrai championnat du monde, j'avais jamais remporté de titre, et c'est vrai que c'était quand même une grosse émotion, parce que quelque part c'est quelque chose que j'avais un peu attendu depuis au moins 15 ans, et c'est sûr que c'était vraiment particulier, c'est à dire et aussi Je me souviens, par exemple, c'est peut-être une anecdote, mais pendant le stage d'équipe de France à Briançon, il y avait un élu qui me connaissait un peu et qui me disait « Ah ouais, c'est le champion du monde de présentation » . Et ma première réaction, c'était « Non, je n'ai jamais été champion du monde » . Et ça, c'est souvent qu'on me présentait « Ah, c'est le champion du monde » . Et moi, je disais « Ah non, en fait, je ne suis pas champion du monde » . J'avais l'impression que j'avais besoin de me justifier. Alors moi, maintenant, je n'ai plus vraiment besoin de me justifier.
- Speaker #0
Maintenant, tu es champion du monde.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Et c'est vrai qu'en fait, la première fois où je m'en suis rapproché, on va dire, c'était en 2010. Et là, j'étais très jeune et j'avais remporté une médaille de bronze au championnat du monde de contentation. C'était le formal sprint, le plus court. Et déjà, pour moi, c'était la première fois que je faisais la finale, déjà une finale en championnat du monde. Et puis voilà, c'était une énorme surprise pour moi et je pense pour beaucoup de monde. Et là, c'était vraiment une très, très forte émotion parce que ça me tombait de haut. Je ne savais pas trop ce qui m'arrivait. Forcément, même si c'était à concentration, il y avait quand même conférence de presse. C'était en Norvège en plus. C'était à la télé, bien sûr, là-haut. Il y avait pas mal de choses qui m'arrivaient dessus. Je ne comprenais pas trop ce qui se passait. Et c'était vraiment particulier. Et c'est sûr qu'après ça, vu que c'était même plus qu'un objectif, je ne pensais même pas pouvoir faire ça.
- Speaker #0
Et après ça, qu'est-ce que c'était l'étape suivante ? L'étape suivante d'une médaille mondiale, c'était le titre. Du coup, c'est un peu quelque chose que j'ai couru après pendant quelques années, en me disant, allez, je donne tout, ça va peut-être le faire. Et puis du coup, ça l'a fait 15 ans après. Donc c'est un peu particulier.
- Speaker #1
C'est marrant parce que la semaine dernière, j'ai échangé avec Adeline Martin-Roche, qui a été championne du monde de trail, que tu connais sans doute en équipe de France. Et on parlait justement de sa quête, et elle, c'est les Templiers. Elle court derrière les Templiers, alors que je lui dis, mais tu as quand même été championne du monde, tu as gagné la Santé Lyon, tu as quand même remporté des dizaines et des dizaines de courses, mais non, elle sait les Templiers. Ah oui, oui. Tu dis, tu vas finir par y arriver, ça va payer. Oui, c'est possible. Un jour, elle accrochera cette course à son palmarès. En tout cas, c'est génial. Alors... si on revient un peu sur Canfran et ses championnats du monde on va dire que le parcours il était magnifique le temps était quand même correct on a vu les images en drone c'était juste magnifique pendant cette course dès le départ tu as su que tu allais être champion du monde ou tu t'as douté à certains moments ?
- Speaker #0
ouais alors pas du tout enfin Déjà, comme je disais, je faisais step by step, étape par étape. L'échauffement, bien. En plus, c'est un peu trop colère. Il faut faire la chambre d'appel, tout ça. L'échauffement, c'est un peu réduit. On était dans un tout petit truc. Être bien placé sur la ligne, c'était une des clés. Après, on savait qu'il y avait une partie de goudron. Il fallait sortir de la ville et tout. Après, une partie assez vite sur le sentier. Là, il fallait être bien placé. En fait, je prenais tout étape par étape. Du coup, je validais la première étape. Du coup, j'ai validé l'étape sentier parce que j'étais dans le groupe, on va dire le groupe de tête, après on a formé le groupe de tête avec des cadres de la discipline. Donc voilà, je me disais, je suis vraiment bien placé, je m'accroche à ce groupe et on va aller le plus loin possible avec. Mais voilà, sur le haut, ils savent bricoler un petit peu en fait et du coup, je me suis retrouvé en tête, mais c'était un peu par défaut. Et après, j'ai dit, non, mais même, je ne sais pas si je suis passé au sommet en tête, C'est... Je me suis laissé doubler tout de suite dans les mètres suivants. Donc, il y avait Stian Langormund et Manuel Merias qui me passent, par exemple. Et après, je ne sais pas comment dire, mais non, j'étais concentré sur mon truc. Après, j'ai repassé, en fait. Je me suis retrouvé devant, mais je n'avais pas cherché à aller plus vite que ça. Je me disais, allez, je déroule. Là, il faut dérouler. De toute façon, c'était une longue descente. Il ne faut pas se poser de questions. Et en fait, je me suis retrouvé tout seul. Personne ne s'accrochait, personne ne suivait. Je me suis dit, bon, tant mieux. Il se trouve que j'avais une minute dix d'avance en bas. Et en fait, la montée suivante, non, franchement, à la montée suivante, j'étais encore vraiment dans ma course en me disant, voilà, je monte à un bon rythme, mais sans me mettre dans le rouge. Et ça va sûrement revenir derrière. Puis personne ne revenait. Puis vers le haut, je voyais qu'il n'était pas très loin en dessous, mais il n'y avait que deux personnes. Je voyais qu'en fait, il n'était pas très loin. Mais bon, il ne revenait pas. Et puis après ça, j'ai commencé à me dire, bon, voilà, il va falloir essayer de rester devant le plus longtemps possible. On va essayer de ne pas se craquer. Et c'est sûr qu'après, à partir de là, je ne sais pas si j'ai eu vraiment dans la tête de devenir champion de monde, mais j'ai pu dans la tête, il faut essayer de rester devant le plus longtemps possible et ne pas craquer. Et vraiment, dans la dernière montée, j'ai commencé à cramper dans tous les sens. Je commençais à vraiment plus être bien. Et je m'en souviens, d'ailleurs, il y avait quelques Français à côté. Je ne sais plus, j'ai crié ou je ne sais plus ce que j'ai dit. C'est le seul moment où j'ai dit quelque chose à quelqu'un de la cour, je pense. Je n'étais pas bien. Je me suis dit que ça ne va pas le faire. Je commençais à avoir des pensées négatives en me disant que tout ça pour ça, ça va faire un peu de tard mouillé. J'ai vraiment serré les dents et j'ai encore creusé de l'écart sur la dernière montée et la dernière descente qui était vraiment interminable. C'était très long la dernière descente.
- Speaker #1
J'étais long avec tous ces virages.
- Speaker #0
J'étais très concentré de relancer à chaque virage et vraiment rien lâcher. C'est vraiment dans les derniers mètres, je me suis dit, je crois que c'est bon.
- Speaker #1
Tu as passé le pont, tu t'es dit, c'est bon.
- Speaker #0
Oui, oui. Vu qu'il y avait le temps, comme je disais, il y a le classement par équipe, c'était l'addition des trois meilleurs temps. Du coup, je n'ai rien lâché à franchir la ligne pour l'équipe.
- Speaker #1
Ce qu'il faut préciser, c'est que les Espagnols, ils ont cartonné derrière, parce qu'ils font 2, 3, 4, je crois. Ils sont champions du monde par équipe, mais... Manuel Merillas finit en 4h45. Donc, toi, tu es quand même à 4h42. Donc, tu l'as mis quand même une bonne différence. Et puis, Andréou Blanes aussi, qui était heureux comme un pape quand il a passé la fête en 4h51. Donc, tu leur as quand même mis un peu la misère, si on le dit. Il faut le dire. Et après, nous, on a nos Français, Sylvain Cachard, 9e position. Et puis, Johan qui arrive en 16e position pour cette médaille d'argent par équipe. Donc, en tout cas, des championnats du monde qui se passent, entre guillemets, comme tu l'avais prévu dans tes plus beaux rêves. Si maintenant, on parle de la suite, parce que forcément, tu es champion du monde. En 2026, il y a les championnats d'Europe qui arrivent. Un champion du monde, généralement, il a envie de confirmer. Tu vas y aller à ces championnats d'Europe, c'est ton objectif. Oui, je vais y aller. C'est un premier objectif.
- Speaker #0
En gros, je me suis mis deux ou trois objectifs cette année. C'est le championnat d'Europe d'abord. C'est à la fois le championnat d'Europe quand même. La course, je n'ai pas peur qu'elle soit un peu trop rapide pour moi. Il y a un moins gros ratio dénivelé distance.
- Speaker #1
C'est 52 km et 2005 de dénive, je crois.
- Speaker #0
Voilà, oui, c'est ça. Je pense qu'en temps de course, c'est un peu plus rapide que ce qu'on a fait, mais assez similaire. Je pense plus rapide. Par exemple, s'il y a des gars comme André Oublanes et d'autres, je pense qu'ils sont un peu plus armés pour ce type de course, on va dire. Mais bon, on va faire de son mieux. Il y a l'aspect équipe de France, l'aspect collectif, l'aspect faire les stages ensemble, la compétition ensemble, qui est toujours vraiment chouette et qui me motive à fond. Ça va être vraiment sympa. Et voilà, et après, en deuxième objectif, j'ai l'OCC, donc à la fin de l'UTMB, on va dire. Donc,
- Speaker #1
fin août à Chamonix.
- Speaker #0
Oui, donc là, je ne suis pas encore qualifié, donc il faut que je me qualifie quand même sur une course by UTMB. Mais c'est sûr que c'est une course que je n'ai jamais faite. Et dans les faits, en fait, je n'ai couru qu'une seule fois à Chamonix, c'était pour le Marathon du Mont-Blanc. Et c'est sûr que c'est quand même très particulier, il y a une sacrée ambiance. C'est vraiment un événement quand même. Je dirais que ça, c'est vraiment un truc qui me motive beaucoup cette année. On verra comment ça se passe. Après, en plus de ça, je continue avec les Skyrunning.
- Speaker #1
Skyrunning World Series.
- Speaker #0
Voilà. En fait, pour être honnête, le classement et tout, le Skyrunning, ce n'est pas vraiment ma priorité. Mais les courses en elles-mêmes, elles sont vraiment chouettes. Je vais faire plusieurs cours de la série. On va quand même jouer le classement, mais c'est un peu plus secondaire,
- Speaker #1
je dirais. Tu l'as dit, pour l'OCC, même le champion du monde n'a pas d'accès facile, gratuit, on va dire, pour aller à l'OCC. Il faut que tu ailles faire une course by UTMB. Pour les championnats d'Europe de trail, tu dois passer aussi par une sélection ou le champion du monde est automatiquement…
- Speaker #0
Alors, pas forcément automatiquement, mais normalement. Il faut que je revérifie les critères, mais je pense que c'est bon. Les critères, c'est qu'il y a 4 places, plus un remplaçant. En équipe de France, il y a le champion du monde, donc moi, et le champion de France ou le champion de France et le vice-champion de France et une place à la commission, quelque chose comme ça.
- Speaker #1
Le champion de France, ça se jouera encore au Bantou, j'imagine. Voilà,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
Ça va se jouer encore avant l'été. C'est vrai que ça va arriver vite, ces championnats d'Europe, parce qu'ils sont le 6 juin, après le mois de mars, à l'OCC. Les Skyrunning World Series, je ne sais pas trop quand ça se passe, mais il y a pas mal d'étapes en fait. Il y a beaucoup de courses de référence pour les auditeurs sur les Skyrunning.
- Speaker #0
Oui, il y a beaucoup de courses en fait qui commencent très tôt. Donc moi, je vais commencer en mars au Canary, à La Palma. Ça s'appelle Acantilados del Norte. Et après, il y a une autre course vers Malaga qui s'appelle Calamoro. Ce sont des courses qui sont dans le circuit depuis plusieurs années, qui sont assez de références. Et puis, bien sûr, en France, KRS des Matheysins. C'est vrai que ça me fait un bloc de beaucoup de courses en début de saison. Et après, l'idée, c'est de faire zéro course tout juillet-août pour me préparer à fond pour l'OCC. Il faut bien me préparer en étant sur place, normalement. Et après, refaire à nouveau quelques courses de skyrunning en fin de saison. Et probablement en Espagne à nouveau. Je risque de courir quatre courses, plus la finale, cinq courses en Espagne. mais après c'est des belles courses notamment Gorbeia Suisienne c'est au Pays Basque, c'est un peu la petite soeur de Zegama il y a de l'ambiance c'est une belle course aussi et puis la finale franchement c'est Maratodeldemon pareil c'est un beau événement il y a toujours beaucoup de gens qui encouragent par contre c'est un sacré challenge c'est assez costaud mais c'est une belle course les Sky Series c'est quand même des courses très montagneuses donc c'est qu'il y a Oui.
- Speaker #1
Ça, c'est le but. Oui. En tout cas, je ne sais pas quand tu vas croiser ta famille, mais je vais être super en 2026.
- Speaker #0
Normalement, oui.
- Speaker #1
OK. Alors, pour conclure, j'avais une petite question un peu par rapport à ta carrière et ton parcours. Si aujourd'hui, tu devais donner, parce qu'il y a beaucoup de jeunes qui se mettent au trail, si tu devais donner quelques conseils à des jeunes qui ont envie de performer et de rentrer dans les compétitions de trail, Qu'est-ce que tu leur dirais pour leur carrière, pour durer et gérer un parcours assez long sans se blesser ? Ce serait quoi tes conseils de pros ?
- Speaker #0
Je pense quand même qu'il faut prendre son temps déjà, surtout pour les plus jeunes. et d'y aller de manière progressive parce que ce qui compte surtout, c'est des sports d'endurance, voire d'ultra-endurance quand même, le trail, c'est des courses très longues. Il ne faut pas griller les étapes. Il faut prendre son temps, commencer. Moi, je conseillerais vraiment de commencer par de la course en montagne, des courses assez courtes, des montées sèches, des trails de 20, 30 kilomètres, pourquoi pas. étape par étape et aussi au niveau de l'entraînement augmenter petit à petit ça c'est tous les entraîneurs ils conseilleraient ça, c'est d'augmenter de l'ordre de 10% par an pas plus, 10-15% ce qui veut dire c'est c'est vrai qu'on va peut-être être influencé par Strava, par le réseau on a les copains qui vont faire des super grosses sorties et tout, mais voilà je pense qu'il faut quand même prendre son temps ça n'empêche pas de faire des grosses sorties, des belles sorties et tout mais du coup bien en récupérer derrière euh Je pense qu'il faut faire sa route, prendre son temps et être content de ce qu'on fait aussi. C'est-à-dire qu'il y aura des échecs, il y aura des moments plus durs, mais apprendre de ces moments-là pour en tirer des conséquences et pour s'améliorer plus tard.
- Speaker #1
Conseil de pro, y aller progressivement, 10 ans sans progression par an, pas griller les étapes.
- Speaker #0
conseil de Frédéric Tranchant champion du monde de trail en direct voilà et puis après comme je disais fixer ses objectifs donc on peut pas être performant tout le week-end, on peut courir plusieurs courses par an mais la plupart des courses ça sera des courses de préparation on y va, on fait à fond mais on sera pas au milieu de sa forme par contre avoir vraiment ciblé quand je vais être en forme dans la saison donc ça c'est une première chose et voilà et pas voir de lever le pied à certaines périodes avant que ça soit trop tard et qu'il y ait une grosse blessure. Et voilà, typiquement, je pense à cet hiver, j'ai eu trois petites blessures. Mais en fait, c'est des trucs que j'essaie de tuer dans l'oeuf. Dès que ça me fait un peu mal, je lève le pied. Même si j'ai un entraîneur, il me donne un programme, j'ai des séances à faire, tant pis, je le fais sauter, je fais un peu de vélo, quitte à sauter un jour. Voilà, j'aménage quelques jours, hop, ça repart, je repars sur les séances. Il ne faut pas hésiter. Je pense que dès qu'il y a un petit souci, déjà, essayer de le régler tout de suite. Y aller progressivement, de faire un peu sa route, mais prendre son... Enfin, oui, ce que j'ai déjà dit.
- Speaker #1
Écoute, je vais te poser la même question qu'à Adeline il y a quelques jours. Toi, est-ce que dans ta carrière, tu as une course qui te fait rêver et tu te dis celle-là, j'aimerais bien la gagner dans ma vie ? Alors, la scierie résinale, ce n'est pas passé loin. Est-ce qu'il y a des choses comme ça que tu as en tête ? Tu te dis, ouais, celle-là, c'est vraiment... Ça serait un dream de la gagner. Ouais, j'avoue, la finale, c'était vraiment une belle course et tout. Et puis, elle est vraiment implantée.
- Speaker #0
Tu sens qu'il y a la culture de la course, de la culture locale et tout. Et c'est vrai qu'à un moment, je me disais, ça serait vraiment chouette. Mais en fait, je me rends compte que ça serait très, très dur de la gagner. Je pourrais dire que c'est un rêve, mais j'ai l'impression que c'est plus réalisable. Parce qu'en fait, même le temps que j'avais mis en 2020, qui était sur un parcours en plus raccourci, c'était 2h33, 45 secondes, quelque chose comme ça. Et bref, et maintenant, en fait, les meilleurs, souvent les 3 meilleurs, 5 meilleurs, j'en sais rien, ils passent sous les 2h30. Notamment les Kenyans, quand il y a Kylian, évidemment. Et je me dis, ça serait vraiment dur de faire ça. quelque chose comme ça. Donc, oui, je me rabats plus sur peut-être des OCC, des courses comme ça où là, oui, en plus, c'est en France.
- Speaker #1
Oui, puis l'ambiance est quand même dingue aussi.
- Speaker #0
C'est ça, oui. Marathon de Mont-Blanc, ça me plaît bien. En plus, c'est organisé par l'association, enfin, le bureau du sport, tout ça. Je trouve que c'est une belle course, c'est un bel événement. Donc, ça, ça me plairait bien. Et après, oui, je n'en sais rien, je n'ai pas encore trop réfléchi, mais pour l'instant, je me dis ces courses-là. et peut-être à plus long terme par exemple récemment j'ai vu le film de Ludo Pommeray sur l'hard rock c'est une belle course quand même il n'y a pas trop de monde c'est un
- Speaker #1
peu intimiste comme course mais d'un autre côté c'est dans un milieu super joli en fait c'est plus long mais c'est montagneux donc toi c'est qui te colle bien exactement Bonne nuit.
- Speaker #0
Après, par exemple, c'est vrai que la Diagonale des Fous, je ne suis jamais allé là-bas à la Réunion, mais j'aimerais bien y aller, peut-être rester un moment, comme a fait un peu Baptiste après les Mondiaux, rester au moins un mois sur place et peut-être faire la course. Parce que pareil, c'est une ambiance très spéciale, je pense. Toute l'île est… et après sur la course c'est le tour de France à la Réunion j'aimerais bien expériencer un peu ça mais bon pour l'instant on va dire peut-être aussi Zegama un jour c'est juste avant le championnat d'Europe ça ne peut pas jouer cette année mais peut-être un jour refaire Zegama et essayer de bien le préparer de bien y arriver et pareil c'est une ambiance, tout le pays basque tous les trailers espagnols ils ont des yeux que pour Zegama à la fin c'est... C'est vraiment un événement spécial.
- Speaker #1
En tout cas, j'aimerais bien y retourner et bien me préparer si possible. En tout cas, on peut être champion du monde de trail et avoir encore plein de rêves dans la besace. Ça, c'est chouette. Et puis, il y a d'autres rêves qui vont arriver. Ça, c'est sûr. Merci beaucoup, Frédéric, pour les chances. C'était super sympa de t'avoir dans Trail Story. Et puis, je te souhaite une superbe année 2026. Bonne préparation pour les championnats d'Europe de trail, bonne sélection pour l'OCC. Moi, je serai à Chamonix, je viendrai t'encourager sur la ligne d'arrivée.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Je te souhaite de pouvoir y être comme tu veux. Et puis, je te souhaite la meilleure prépa possible et une super année trail. Bravo à toi. Merci beaucoup. Merci à toi pour l'accueil là-dessus. Bonne année à tous les auditeurs. Voilà, cet épisode de Trail Story est maintenant terminé. Je vous remercie de votre écoute. Nous terminons en musique avec une chanson choisie par Frédéric Tranchant, avec la chanson Scape de El Gato Lopez. Voilà, c'est parti. Bonne aventure, Trail. À tous et à toutes.
- Speaker #2
En la calle, on peut le dire, T'es un homme sans masque, tu ne peux pas dire La cahier de la bataille, c'est réveillé Et c'est qu'on tient mal au nerf Si ma vie n'est pas la même, je ne suis pas très aimé Et je ne suis pas un homme sans masque, je ne suis pas un homme sans masque Et je ne suis pas un homme sans masque, je ne suis pas un homme sans masque Et c'est qu'on tient mal au nerf Oui, le pétisant doit être perdu à elle, mais c'est pas son lit, il doit pas y avoir pas d'cac. Si vous êtes un petit chat, il faut se former à bien d'être un petit chat, donc c'est pas d'un petit chat, c'est pas un petit chat. Si vous êtes un petit chat, il faut se former à bien d'être un petit chat, donc c'est pas un petit chat, c'est pas un petit chat. Merci. La courte nuit, il a de quoi manger. Il a de la vieille tête, il a des gosses bien. Il a des verres pour pied, il est derrière lui. Et c'est qu'il n'a pas de ménage. La société, la commune, ne le veut pas comprendre. C'est pour ça qu'il se révèle. Il est un roi de la société. Et c'est qu'il n'a pas de ménage. Il n'a pas de ménage. Il est un peu sourire, il va danser. Il a des chaînes, il s'est formé. Il a une terre, il est en train de se faire.