- Speaker #0
Bonjour à tous ici Gaëtan Pitaval passionné de trail je vais vous partager les histoires de trail à travers ce podcast des histoires d'hommes de femmes des aventures des émotions et aussi des histoires de courses mythique bienvenue à tous
- Speaker #1
Même là, ce soir, de vous poser et puis vous dire, ok, je me sens comment ? Comment est mon corps ? Qu'est-ce que j'ai vécu aujourd'hui ? Et du coup, demain matin, au réveil, comment je me sens ? Est-ce que vraiment je vais faire ma séance ? Ou est-ce que je la reporte ? C'est toutes ces questions qu'il faut apprendre à se poser et pas juste suivre, encore une fois, bêtement un plan qui n'est des fois pas adapté.
- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Trail Story. Aujourd'hui, je suis ravi de vous retrouver en compagnie de Cindy Dechambre, kiné et préparatrice physique de l'équipe de France de Trail, mais également de la team Keep Run. Un entretien réalisé en public lors de la semaine de l'UTMB. Vous saurez tout de la préparation physique pour éviter les blessures en trail après cet épisode. Bonne écoute ! Juste avant de démarrer, est-ce que tu peux te présenter rapidement et nous dire un peu quel est ton parcours ?
- Speaker #1
Oui, je m'appelle Cindy Dechambre, en première je suis kiné de formation, je travaille sur Annecy, j'ai mon cabinet du sport sur Annecy et puis j'ai intégré l'équipe de France de Trail dans le staff médical. en 2020. Et puis, j'ai passé un diplôme universitaire en préparation physique. Et j'ai intégré la team qui prône, même qui s'appelait Evadict avant, avec les filles, avec Philippe et Thierry, au tout début. Et donc, j'ai accompagné et en kiné et en préparation physique.
- Speaker #0
OK, merci. Alors, quand on parle de préparation physique entre elles, on pense souvent à la musculation. mais aussi d'autres choses. Concrètement, quels sont les grands piliers que tu abordes avec tes coureurs pour la prépa physique ?
- Speaker #1
Je vais reprendre le mot de Philippe. Le premier pilier, c'est vraiment la progressivité. Il ne faut pas vouloir en faire trop tout de suite. C'est vrai qu'aujourd'hui, on voit sur les réseaux sociaux et on a envie de tout de suite faire des grandes courses. Moi, je vois malheureusement des patients qui sont blessés, qui ont voulu tout de suite s'y mettre et faire beaucoup plus que ce qu'ils ne pouvaient. Et donc, on reprend les bases. Et donc, c'est vraiment déjà être progressif dans leur entraînement parce que beaucoup s'entraînent des fois seuls. Quand ils peuvent s'entraîner en club, c'est bien. Si on prend l'exemple d'Annecy, il y a énormément de clubs de trail, ils sont tous pleins. Il y a beaucoup de personnes qui s'entraînent seules et qui veulent en faire trop. Il y a cette charge d'entraînement qu'il faut bien gérer et être progressif. Ensuite, il faut intégrer du renforcement musculaire dans la préparation pour éviter les blessures. Et puis, ne pas oublier le pilier récupération. qui fait entièrement partie de l'entraînement. Des fois, on a l'impression qu'une journée de repos, c'est une journée de perdu. Et au final, c'est une journée de gagné. Pareil, je rejoins Philippe sur il vaut mieux faire un entraînement, une séance de moins qu'une séance de trop. Et savoir s'écouter aussi. Parce que pour rebondir, c'est vrai qu'on a les montres, on a les datas. Moi, je suis la première à utiliser pour le coup tout ça. Mais il ne faut pas aussi perdre l'essence même de s'écouter. Notre corps, il nous envoie les... Les bons signaux, et si on sait l'écouter, on sait quand il faut qu'on se repose, on le sait au fond de nous. Et même si la séance est écrite, il faut être capable de se dire non, je me repose et je la ferai demain matin. Ok,
- Speaker #0
alors la prépa physique c'est aussi un bon moyen d'éviter de se blesser. J'avais vu une conférence de toi dans le Nord, et tu avais dit quels sont, entre guillemets, les meilleurs moyens pour se blesser à coup sûr. J'aimerais bien que tu les exprimes auprès du public. Quels sont les moyens pour se blesser à coup sûr ?
- Speaker #1
Si vous voulez vous blesser, justement, on n'est pas progressif et on fait tout vite, rapide. Et puis, on court, je ne sais pas moi, 50 kilomètres par jour, tous les jours. On fait toujours la même séance que de l'intensité. Et puis, justement, on ne fait pas de repos et on ne s'écoute pas. Donc même si on a une douleur quelque part, on continue bien dessus. Et donc voilà, ça c'est un peu la recette miracle pour finir dans nos cabinets. Donc c'est bien, vous nous donnez du travail. Mais voilà, le message c'est surtout de s'écouter. C'est vraiment ça le maître mot. Moi j'ai trop de patients qui viennent et ça fait 4 mois qu'ils ont mal quelque part et qui continuent de courir dessus malgré tout. Il n'y a pas de secret, ça ne passe pas tout seul. Donc s'il y a la moindre petite douleur, déjà il faut se mettre au repos. Des fois, au bout de deux jours, ça passe et puis ça va mieux après. Et puis si ça persiste, il faut consulter, il faut aller voir votre médecin, le kiné, l'ostéo, un professionnel de santé pour résoudre. Plus on attend, plus ça va être long en récupération. Le coureur qui vient me voir et qui me dit ça fait six mois que j'ai ma douleur mais alors par contre j'ai mon dossard UTMB dans trois semaines donc va falloir faire quelque chose, ben mon coco ça va être compliqué. On n'est pas magicien et si la personne était venue me voir au bout de deux trois semaines de douleur, on aurait pu faire quelque chose de beaucoup plus qualitatif et surtout l'aider à préparer. être présent sur la ligne de départ. Là, c'est une personne, par exemple, qui a voulu trop en faire, qui ne s'est pas écoutée, qui s'est dit, mais ça va passer, ça va passer. Et au final, ça ne passe pas. Et donc, c'est des personnes qui ne peuvent malheureusement pas prendre les départs ou qui se blessent et qui ont des grosses blessures derrière.
- Speaker #0
OK. Alors toi, dans l'entraînement et l'encadrement que tu fais avec tes athlètes, tu accordes une importance très importante à l'endurance fondamentale. Pourquoi est-elle si cruciale pour toi et comment assurer qu'on la pratique correctement ?
- Speaker #1
L'endurance fondamentale, c'est un peu la base de l'entraînement. Ça va nous permettre de construire une base solide. Ça va permettre d'améliorer notre capacité à aérobie, d'améliorer l'endurance musculaire. Ça va permettre justement d'être progressive, d'augmenter les distances sans avoir... sans... Mettre trop de contraintes mécaniques sur les tissus, et ça va renforcer tout notre système cardiovasculaire. Donc il faut en mettre dans l'entraînement, et il faut vraiment l'intégrer, ce que je disais tout à l'heure, si on ne fait que des séances d'intensité, on va droit vers la blessure. Donc l'endurance fondamentale, ou l'aérobie, en tout cas d'être à basse intensité, c'est intéressant, ça va aussi nous aider sur la récupération. parce qu'on active tout ce système vasculaire. Et donc, soit on a notre montre et on fonctionne au data, donc on est à peu près à 60-70% de notre fréquence cardiaque maximale. Et si on a envie de le faire à la sensation, parce que c'est important aussi d'être justement focus sur ses sensations, c'est le footing, le blablarone du soir avec les copains. Il faut être capable de pouvoir avoir une conversation comme on est en train de le faire là. Si on commence à être essoufflé, si on commence à ne plus pouvoir répondre que par des oui, non et ne pas faire une phrase complète, c'est qu'on va trop vite. Si on est tout seul, on peut se dire qu'on respire en respiration nasale. Et si pareil le rythme cardiaque est en train de trop monter ou le rythme respiratoire augmente c'est qu'on est trop rapide et généralement on est toujours à se dire je vais trop lentement parce qu'encore une fois on regarde nos données et on se trouve nul, on n'est jamais trop lent en tout cas sur ces séances là et quand on prépare en plus des ultras comme là sur l'UTMB c'est d'autant plus important de s'entraîner avec ça.
- Speaker #0
Ok, alors quels sont les exercices à intégrer dans une semaine de trailer ? Quel est le combo gagnant globalement ? On parle beaucoup de gainage, de proprioception, de squat, de renforcement. Toi, tu préconises quoi ?
- Speaker #1
Déjà du gainage. Le gainage, ce n'est pas juste avoir les tablettes de chocolat et faire le kéké sur la plage. Il y a un réel intérêt d'avoir un tronc solide. Ça va permettre vraiment d'une stabilité du corps dans le mouvement et d'améliorer aussi la transmission des forces. Surtout, encore une fois, quand les distances s'allongent, les dénivelés aussi, on utilise les bâtons pour la plupart. Et quand on utilise les bâtons avec l'eau du corps, c'est nos abdos qui vont permettre aussi une meilleure transmission des forces au niveau des membres inférieurs. Donc du gainage. Le gainage, ce n'est pas juste je me mets en planche et je reste une minute. minutes sans bouger parce que ça c'est pas il n'y a pas d'intérêt. Notre sport le trail c'est un sport en mouvement et donc on va faire du gainage mais dynamique donc tout ce que vous pouvez voir en mountain climber donc en gainage montée de genoux en rotation en tout tout ce qu'on peut imaginer mais en mouvement pour travailler ce gainage dynamique. Après le gainage on va forcément renforcer aussi les jambes parce que Le trail c'est un sport d'impact, plus on va être fort au niveau des jambes, mieux on va encaisser les impacts. Donc ce stress mécanique qu'on met à chaque impact dans le sol, nos tissus, nos articulations, nos muscles seront plus préparés et donc ils encaisseront mieux, donc il y aura moins de... en tout cas on prévient plus les blessures grâce à ça et puis après si on parle performance, ça va permettre. d'être plus puissant, d'être plus fort et donc d'améliorer notre économie de course. Notre but sur l'endurance, sur l'ultra-endurance comme ça, c'est de perdre le moins possible en posture de course, en posture, enfin en foulée, de perturber le moins possible notre foulée. Et donc plus on va être fort au niveau jambes mais aussi au niveau du pied. moins la foulée va se dégrader et donc mieux on sera sur la durée. Donc travailler vraiment sur toutes les jambes. Et puis après en numéro 3, le côté proprioceptif. La proprioception c'est la perception de notre corps dans l'espace et la réaction du corps par rapport à un stimuli notamment externe. Donc là pareil, en trail à chaque pas. On va poser le pied, ça peut être sur un caillou, puis après sur une racine, puis après on est sur un chemin souple, puis après on passe du goudron, puis on repasse sur un chemin. Si on n'a pas entraîné notre corps à réagir à tous ces stimuli, pareil, on risque la plus connue, l'entorse de cheville. Donc ça, ça va être... Et on peut le travailler à côté, mais après, il n'y a pas mieux que le terrain spécifique. Et c'est pour ça que quand on a la chance de vivre en montagne, il faut aller... courir aussi sur les sentiers. Quand on vit en ville, il faut au maximum aller aussi sur des terrains, au moins dans la forêt, au moins dans les bois, pour entraîner sa cheville. Et puis toute la proprioception, on parle de la proprioception de cheville, mais il y a aussi le genou, la hanche, le bassin. Il y a tout ce côté proprioceptif qui est hyper important dans le sport, surtout dans le trail. Ce serait un peu moins vrai sur le marathon, par exemple.
- Speaker #0
Alors pour les trailers amateurs, toi tu accompagnes surtout des athlètes, mais... Dans ce que tu vois chez les trailers amateurs qui viennent dans ton cabinet, quels sont les points les plus sous-estimés en préparation physique par les coureurs du peloton comme moi ?
- Speaker #1
Je reviendrai sur un peu le début, c'est un peu ce qu'on disait tout à l'heure, c'est cette gestion de charge d'entraînement où on va vouloir trop en faire. Parce qu'en plus on est amateur donc on travaille, mais en même temps on a un dossard donc on veut faire l'entraînement. et du coup on peut sous-estimer ce côté là et il ne faut pas oublier que si encore une fois on en fait trop généralement ce qui blesse c'est pas la chaussure ou des fois c'est pas le terrain c'est vraiment la charge d'entraînement qui va être trop importante juste un petit chiffre souvent il y a quand même 70 à 80% des blessures qui sont dues à une surcharge C'est dédié. pathologie de surcharge. Tout ce qui va être inflammatoire, les tendinopathies par exemple, et seulement 20 à 30% sont traumatiques. Quand on sait ça, on se dit quand même qu'il y a un énorme pourcentage de blessures qui peuvent être évitées par cette bonne gestion de charge d'entraînement. Soit après, on se fait accompagner par un entraîneur, un coach, mais juste déjà, encore une fois, de s'écouter quand on suit un plan d'entraînement tout fait. ou qu'on est accompagné par les applications d'IA qui existent aujourd'hui et qui sont très bien faites. Mais si on ne s'écoute pas et qu'on n'a pas cette bonne gestion de la charge, on va droit à la blessure. Donc ça, c'est important. Et puis prendre aussi en compte, justement, Philippe en parlait tout à l'heure, mais c'est aussi toute cette charge de notre vie d'à côté, notre vie professionnelle, notre vie personnelle, entre un athlète professionnel, justement, qui n'a... entre guillemets, que ça a pensé, qui peut optimiser sa récupération. Et puis, nous, athlètes amateurs qui avons le travail à côté, par exemple, si on prend nos deux exemples, moi, je suis kiné, donc je travaille toute la journée, debout, avec mes patients, à faire des exercices. Par contre, je n'ai pas d'enfants, donc je rentre chez moi et en fait... Finalement, ma charge mentale, à part m'occuper de moi, je ne vais pas aller m'entraîner. Toi, tu as un travail plutôt de bureau, par contre tu as tes enfants, donc du coup, niveau peut-être charge professionnelle, tu vas être un peu moins impacté que moi, par contre charge mentale un peu plus. Il faut toujours prendre tout ça en considération et quand on accompagne un athlète, même moi sur de la réathlétisation, on va aussi le prendre en compte et faire prendre conscience aux gens que... toute cette charge à côté compte énormément et qu'il ne faut pas la sous-estimer.
- Speaker #0
Alors, on a parlé de préparation physique, de l'entraînement. Quelles sont les clés aussi d'une très bonne récupération efficace pour enchaîner les entraînements sans trop s'épuiser ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. C'est un autre aspect qui est sous-estimé, justement. C'est la récupération. On n'a pas beaucoup de temps et ben Être au travail, ce n'est pas forcément une récupération en soi. Il faut aussi s'accorder des journées de repos dans la semaine, des repos par rapport à l'entraînement. Un repos, ce n'est pas forcément rester sur son canapé et regarder une série Netflix. C'est aussi, on peut aller marcher. En fait, c'est faire autre chose, mais à basse intensité. on cherche à vasculariser les tissus pour bien régénérer tout le corps et pouvoir repartir après le lendemain l'entraînement. Donc ça peut être en fonction des envies de chacun, ça peut être aller nager, aller marcher, aller faire du vélo, le tout c'est de rester cool à basse intensité, faire des étirements, du yoga, il y a une multitude d'activités qu'on peut faire. Donc ça c'est le numéro 1, c'est un peu ce qu'on appelle le repos, mais repos actif. Et puis après ça passe bien évidemment par une bonne hydratation, une bonne alimentation. L'alimentation, c'est évidemment refaire les stocks en glucides, en protéines. Quand on a fait une grosse séance, les muscles ont été bien impactés. Il faut redonner le bon carburant au corps, ce qui va permettre la réparation musculaire. Et puis évidemment, le numéro un de tout, c'est le sommeil. S'il n'y a pas un bon sommeil, la récupération ne sera pas optimale. Et donc derrière, pareil, risque de blessure. Donc ça, c'est notamment les jeunes parents avec des enfants en bas âge. Ça peut être compliqué. Et ça, c'est pas à prendre à la légère. Il faut vraiment le prendre en compte aussi sur l'entraînement. Donc le sommeil, c'est minimum 8 heures par nuit, normalement. Généralement, on n'y est pas trop.
- Speaker #0
Surtout la semaine de l'UTMB.
- Speaker #1
Là, on n'y est pas du tout. Et puis, essayer de se coucher à des heures régulières. C'est surtout ça, c'est la régularité pour dormir correctement et pouvoir justement générer toutes les adaptations qu'on a faites pendant l'entraînement. Ça va être aussi pendant le sommeil que le corps va mettre en place et va s'adapter à tout ça.
- Speaker #0
Dernière question avant de passer aux questions éventuelles du public. Si tu avais deux conseils prioritaires à appliquer dès ce soir ? Pour quelqu'un qui prépare un trail, tu lui dirais quoi ?
- Speaker #1
Le premier conseil, c'est justement de s'écouter. Vraiment, encore une fois, je le répète, mais aujourd'hui, je pense qu'on ne s'écoute plus, même si je suis de la génération des datas, pour le coup. Il ne faut vraiment pas le passer à côté. On n'écoute plus notre corps. Donc, c'est la moindre douleur, on y prend garde. Une douleur qui persiste plus de 48 heures, qui nous crée des raideurs au réveil, qui fait que ça va modifier notre foulée ou nos entraînements, on stoppe et on ne force pas. Donc, rien que ça, déjà. de se poser et même là ce soir de vous poser et puis vous dire je me sens comment, comment est mon corps, qu'est-ce que j'ai vécu aujourd'hui et du coup demain matin au réveil comment je me sens, est-ce que vraiment je vais faire ma séance ou est-ce que je la reporte c'est toutes ces questions qu'il faut apprendre à se poser et pas juste suivre encore une fois bêtement un plan qui n'est des fois pas adapté pour nous ou sinon pas hésiter aussi à le dire au coach parce que nous nombre d'athlètes Et même les élites qui viennent nous voir et nous disent « j'ai une petite douleur » et quand on leur dit « mais tu l'as dit à ton coach ? » « Ah non, je ne lui ai pas dit puisque moi je veux faire ma séance » . Donc même nos athlètes élites professionnelles, des fois, mettent un peu de côté l'écoute de leur corps. Donc ça, c'est super important.
- Speaker #0
Ok, merci beaucoup. Alors, on va passer maintenant aux questions du public. Est-ce qu'il y a quelques personnes qui veulent poser une question à Cindy sur la préparation physique ? Allez, la première question, c'est la plus dure.
- Speaker #2
Merci beaucoup déjà pour ton intervention. Je voulais juste savoir, moi je m'écoute beaucoup, mais des fois j'ai la flemme après le boulot d'aller à l'entraînement. Donc en fait, parce que j'ai l'entraînement, j'y vais et après j'adapte. Mais comment on fait la différence entre une flemme, et après on est super content de l'avoir fait, Et vraiment, son corps, il ne peut plus quoi ?
- Speaker #1
La flemme, je la connais aussi. C'est sûr que les entraînements du soir après le boulot, l'hiver quand il pleut, c'est vraiment dur. Je pense que tu sais quand même au fond de toi quand tu es fatiguée. Alors en plus, en tant que femme, pour le coup, on a nos fluctuations hormonales qui font qu'on est fatiguée, pas de la même manière. Dans le mois, on n'a pas la même énergie. Donc déjà ça, tu peux te dire est-ce que c'est normal par rapport au moment de mon cycle ? Et puis après, c'est est-ce que j'ai mal quelque part ? Bon, non, je n'ai pas mal. Est-ce que vraiment, comme disait Philippe, ma journée a été pourrie, je suis fatiguée ? Ok, j'y vais. Mais par contre, j'accepte peut-être d'être en dedans ou de forcer un peu moins. Mais d'y aller quand même. Et après, je te rejoins. Généralement, on se donne un petit coup de pied aux fesses et on est quand même super content après coup. Ce qu'il ne faudrait pas, c'est que tu ailles à l'entraînement, que l'entraînement ne se soit pas bien passé. En plus, tu as eu de mauvaises sensations, que le lendemain, tu réitères et que tu as de nouvelles mauvaises sensations et que là, tu commences à être pas bien et de forcer sur cette sensation de corps que tu ne sens pas bien. Mais par contre, si c'est une fois, Et que c'est toujours le mardi soir où c'est un peu dur et parce qu'il fait froid et que c'est l'hiver. C'est deux choses, réussir à savoir si c'est physique ou mental.
- Speaker #3
C'est plus par rapport à ton métier de kiné. Est-ce que toi tu as vu évoluer ? Dans ton boulot, voir plus de gens qui sont impactés par l'ultra, des nouvelles pathologies que tu connaissais moins auparavant et qui émergent justement par le fait que des personnes viennent te voir pour essayer de régler des problèmes. Est-ce que tu le ressens dans ton travail de tous les jours ?
- Speaker #1
J'ai beaucoup aujourd'hui, justement, toutes ces pathologies de surcharge, de tendinopathie, qu'on voyait peut-être moins avant. Alors bon, il y a toujours ce fameux essuie-glaces, tendinopathie d'Achille, mais là, il y en a quand même beaucoup. L'été, on voyait apparaître évidemment déclassé la belle saison arrive, les entorses de chevilles, c'est notre gros travail de kiné. Mais aujourd'hui, il y a aussi beaucoup de pathologies inflammatoires qui viennent. Chez les femmes, malheureusement, on voit aussi beaucoup de fractures de fatigue parce qu'il y a aussi tout le côté, le fameux syndrome Redes, donc de surcharge au niveau des règlements hormonaux dus à un surentraînement et aussi de troubles alimentaires qui font que la femme... Et perturber à ce niveau-là, qui s'est atteint à sa santé osseuse. Et donc, ça va jusqu'à, malheureusement, souvent la fracture de fatigue. Ces pathologies-là, on ne les voyait pas forcément avant. Et ça, c'est dû... Alors, c'est très bien. Surtout, les femmes se mettent à courir. Je trouve ça génial. Mais des fois, de vouloir en faire trop, trop, trop vite. Et on revient sur cette notion de progressivité. Parce qu'aujourd'hui, aller courir un trail de 15 km, En fait, c'est vu comme étant nul, alors que c'est déjà super. Et puis, on peut s'éclater sur des petites distances. Aujourd'hui, petites distances, on parle de 40 bornes. Avant, 40 kilomètres, c'était déjà exceptionnel. Aujourd'hui, si on ne fait pas 100 ou 150 kilomètres, limite, ça ne veut rien dire. Et ça, je trouve ça vraiment dommage. Heureusement, les réseaux sociaux ont du bon aussi, parce qu'on montre aussi beaucoup de personnes qui se mettent au trail. Moi, en tout cas, au cabinet, je suis un peu biaisée parce que je vois les personnes blessées qui arrivent. Mais je vois de plus en plus de personnes qui ont été courir 50 kilomètres, qui n'ont jamais couru de leur vie, qui forcément, ça va droit dans le mur. Donc, il y a une évolution depuis cinq ans, je dirais.
- Speaker #0
Petite question, quand une tension arrive, à quel moment on doit se dire, il faut vraiment que je prenne du repos total ? Ou il vaudrait mieux que j'aille faire un petit footing ou par exemple du vélo, de la natation pour essayer de drainer et arriver en fait à... à accélérer le processus de guérison ?
- Speaker #1
Si c'est une petite tension qui ne te génère pas de douleur, tu peux essayer déjà de faire ça. Aujourd'hui, en tout cas, ce qui est préconisé par rapport à avant, les recommandations, avant tu avais une inflammation, on disait repos total. Aujourd'hui, on n'est plus du tout sur ces discours-là. C'est justement faire ce que je disais tout à l'heure, faire une activité, mais basse intensité pour chercher la vascularisation. et aider le corps à cicatriser. Le switch, c'est... On parle d'une petite gêne quand on est sur du 2-3 sur 10 en douleur. Si tu passes ton 3 sur 10, tu passes la zone de gêne, tu passes dans la partie douleur et donc la partie qui peut être délétère. Quand tu fais ton exercice à basse intensité, normalement, si tu étais sur une gêne et que tu fais ta basse intensité, tu n'auras pas de douleur. Donc là, c'est positif. Et si au bout de deux jours, normalement, tu n'as plus rien. Si par contre, en faisant ta basse intensité, la douleur, elle reste, ta gêne, elle reste à 3 sur 10. Et quand tu t'arrêtes, elle a réaugmenté et tu passes un palier. Là, on n'est pas bon. Et donc là, ça doit te mettre la puce à l'oreille, te dire il faut que j'aille consulter si ça dure comme ça sur plusieurs jours.
- Speaker #0
Merci Cindy pour ces superbes conseils que tu nous as donnés. On peut l'applaudir. Merci Cindy.
- Speaker #1
Merci à vous.
- Speaker #0
Voilà, cet épisode de Trail Story est maintenant terminé. Je vous remercie de votre écoute. La semaine prochaine dans Trail Story, j'aurai le plaisir d'accueillir Mathieu Blanchard avec qui j'ai enregistré un épisode en public lors de la semaine UTMB et nous parlerons de Trail et d'Aventure Extrême, un épisode génial à écouter. Nous terminons en musique avec une chanson de Coldplay et de James Smoker's Something Just Like This. Allez, c'est parti, bonne aventure Trail à toutes et à tous !
- Speaker #4
Les légendes et les mythes Achilles et son or Achilles et ses cadeaux Le contrôle de Spider-Man Et Batman avec sa fesse Et clairement, je ne me vois pas sur cette liste Mais elle m'a dit Où veux-tu aller ? Combien veux-tu risquer ? Je ne cherche pas quelqu'un Avec des cadeaux super humains Des super héros