- Gaëtan
Bonjour à tous, ici Gaëtan Pitaval, passionné de trail. Je vais vous partager les histoires de trail à travers ce podcast. Des histoires d'hommes, de femmes, des aventures, des émotions, mais aussi des histoires de courses mythiques. Bienvenue à tous !
- Mathieu M
Et souvent en plus un ravitailleur, et moi je sais que j'ai ce défaut. C'est qu'on s'imagine en fait que les deux minutes que tu vas perdre sur le ravitaillement vont être délétères et qu'à la fin tu vas faire ton compte, à l'arrivée tu vas dire « Ah purée, putain, c'est à cause de moi, parce que j'ai pas ravitaillé assez rapidement » . Mais en fait, c'est pas comme ça que ça se passe. Voilà, aussi il faut se dire une chose, c'est que le sport quel qu'il soit, qu'il soit à un niveau comme moi, par exemple récréatif ou comme Blandine ou Elite, ça reste du jeu, c'est du sport quoi. On est là pour s'amuser. Pas les 30 secondes, une minute que tu vas gagner sur un ravitaillement qui va changer ta vie, clairement, surtout sur une ultra comme ça.
- Gaëtan
Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Trail Story. Aujourd'hui, je suis ravi de vous retrouver en compagnie de Mathieu Masbernard, le conjoint de Blandine Lirondel, avec qui aujourd'hui nous allons parler des ravitaillements en trail. Épisode réalisé en partenariat avec Kipron lors de la semaine UTMB, un épisode enregistré en public. Allez, c'est parti ! Alors Mathieu, avant de démarrer, on va juste pour les gens qui sont ici présents, si tu peux nous dire un peu qui tu es dans ton parcours, je crois que tu es infirmier anesthésiste, donc je te laisse te présenter.
- Mathieu M
Alors professionnellement, je suis infirmier anesthésiste, bon initialement infirmier comme tous les infirmiers anesthésistes, on passe par la case d'infirmier en premier. J'ai pas mal bougé, du coup comme j'ai rencontré Blandine à La Réunion, qu'elle a fait ses études de médecine, tous les six mois elle devait changer de... Deux semestres, on est resté un peu à La Réunion, on est allé à Mayotte, on est parti dans le Vaucluse, après en Auxerre et maintenant on est en Ariège. Et là ça y est, on a posé la caravane.
- Gaëtan
Alors si tu es là aujourd'hui, c'est parce que toi tu pratiques le trail, mais tu es surtout un expert en ravitaillement pour Blandine notamment.
- Mathieu M
Expert, je ne sais pas.
- Speaker #0
Je t'ai vu quelques fois, c'était assez rapide. Eh bien écoute, est-ce que tu peux nous dire comment le jour J se passe un bon ravitaillement ? Comment ça se prépare avant ? Sur la nutrition, l'hydratation et le matériel obligatoire, comment vous y prenez avec Blandine ?
- Speaker #1
Avant la course, elle prépare toute seule tout ce dont elle a besoin. Elle se met dans sa bulle, section par section. Elle s'imagine le chrono qu'elle aimerait faire sur chacune des sections pour pouvoir répartir l'hydratation dont elle a besoin, l'alimentation dont elle a besoin. Grosso modo, la règle, moi je ne suis pas nutritionniste, donc je ne vous donnerai pas du tout les... Les règles absolues, mais grosso modo, en tout cas au niveau glucose, fructose, en général on dit que c'est un gramme par kilo de poids, à peu près. Donc après il y a plusieurs écoles, moi je ne suis pas l'expert là-dedans, mais en tout cas à peu près. Donc ça, les boissons, puis après c'est toujours aussi, il faut s'imaginer que c'est en fonction de la distance et en fonction aussi des températures. Parce que forcément, quand il fait chaud, on perd beaucoup de sodium et du coup, il faut des apports ioniques. Et après, s'il fait froid, forcément, c'est beaucoup plus énergivore et il faut peut-être un peu plus manger. Donc ça, c'est la partie où elle, elle le prépare toute seule en compartimentant. Avec forcément, là par exemple, on va prendre l'exemple de l'UTMB puisque ce sera plus parlant pour tout le monde. On va la ravitailler au compte à 1000 mangeois, donc ça fait à peu près je crois 30 et 1500. On va dire qu'elle part à peu près sur 3h, 3h30. Ça va être grosso modo, je crois qu'elle part à peu près sur 70-80 g par heure idéalement. Donc tu vois, tu pars normalement un gel, tu es à peu près à 30 g. je crois tu fais ton calcul et voilà quoi.
- Gaëtan
Vous faites vos coefficients multiplicateurs. Voilà voilà. Ok alors là on a parlé un peu d'avant comment vous préparer sur les temps de passage et notamment les étapes quand toi tu la croises au ravito notamment comment ça se passe est-ce que déjà avant la course tu vous avez des petits tips tu lui dis des choses si tu peux nous dire un peu les petits secrets que vous avez.
- Mathieu M
Il n'y a pas de grands secrets les temps de passage Blandine, en fait, si tu l'écoutes, on va prendre la Diagonale des Fous, elle partait sur 29h30. Elle finit à 27h20 à peu près, donc en fait tu ne peux pas trop te fier à Blondine, ça serait assez compliqué. Donc c'est à toi de te faire ton petit imaginaire, parce que sinon tu serais toujours en retard. Et après sur les ravitaux, alors moi le petit conseil que je donnerais à tout le monde... C'est que déjà ça reste du sport, il faut se détendre. Ce n'est pas les 30 secondes ou les minutes que tu vas gagner sur un ravitaillement qui va changer ta vie, clairement, surtout sur une ultra comme ça. On n'est pas à Cierzinal par exemple. Donc c'est de rester calme parce que si tu véhicules du calme à l'athlète, lui il va être serein et apaisé. D'ailleurs, pour la petite anecdote, ce n'est pas moi qui vais faire ces ravitaux cette année, ce sera son coach. Parce que je ne pense pas être la bonne personne au vu de toutes les étapes qui s'est passées cet été. Elle a vécu un été un peu compliqué avec les blessures, où ça allait et puis ça allait un peu moins bien. Donc il y a des choses qui se sont dites entre eux deux sur la préparation, sur comment s'entraîner au moment où ça n'allait pas trop. Il n'y a que eux deux qui savent quoi mettre en place et en fait je ne pense pas être la bonne personne. Donc je serai sur le côté pour encourager. Mais avec beaucoup de plaisir. Mais en tout cas, sur l'instant T, moi ce que je conseille à tout le monde, notre petit tip, c'est que tout ce qui est sale, qu'elle a déjà consommé ou même qu'elle n'ait pas consommé, elle ne le met pas sur la table, elle le jette par terre sous la table. Et d'ailleurs c'est flasque aussi. Et au moins comme ça, on ne mélange pas le propre et le sale. Ça c'est mon côté toqué au boulot. Donc le sale, il est par terre. Et en fait, le propre en haut, au moins, elle récupère ses gels. Souvent, elle met les deux gels de secours sur son short devant. qui sont en plus de ce qu'elles devraient prendre parce qu'au cas où ça peut arriver, tu tombes, tu pètes un gel, t'en perds un, malencontreusement, tu as toujours ce gel de secours. Et les flasques, pareil. Alors pareil, je ne sais pas, si vous partez sur une section et que vous imaginez que vous avez besoin de poudre, par exemple, elle le part avec deux flasques, bon mais pleines avec des boissons où elle le double les doses, elle est digestivement à sa place. parfois elle part avec une flasque vide mais avec déjà la poudre dedans Si elle est sur un ravito où elle n'a pas le droit d'assistance, en fait, elle le remplit, elle a déjà son apport glucidique dans les poudres, dans sa flasque.
- Gaëtan
Juste pour ceux qui vont vivre l'UTMB ou qui vont accompagner des coureurs, on ne peut pas accéder à tous les ravitos ? Si, quand on accompagne, comment ça se passe ? Voilà,
- Mathieu M
ce que j'allais dire. Moi, déjà, je vous félicite tous de suivre, parce que concrètement, si je devais avoir les contraintes de prendre les bus, je vous tire mon chapeau. Parce que moi, personnellement, je n'ai pas ces problèmes-là et je me sens privilégié. Forcément, parfois même, c'est assez frustrant par rapport aux gens. Parce que tu te dis, tu te rends compte que toi, tu as droit à ça. Moi, l'UTMB, je ne le vis pas de la même manière. Ce n'est pas compliqué. J'ai des potes avec moi. Moi, je me dis, les gens qui ont un gosse, qui doivent aller ravitailler leur épouse ou leur mari, qui doivent tout gérer, franchement, pour moi, c'est eux les champions.
- Gaëtan
Alors, on a vu que sur certains ravitaux, il y a l'exigence du matériel obligatoire. Est-ce qu'il y a des checks que vous faites pour être sûr qu'elle n'ait pas oublié un gant, un bonnet ou du matos ?
- Mathieu M
Pourquoi tu me parles de gants ? Oui, des checks, oui, on en fait. Alors, il faut toujours partir de la course, en fait. Par exemple, le matériel obligatoire à la Western, forcément, ce n'est pas le même que le matériel obligatoire sur une course à Métropole ou autre. C'est bien d'avoir en rétro contrôle l'athlète qui regarde, mais qui a un regard extérieur pour valider, un peu comme une checklist où on dit ok, ça c'est bon, ça c'est bon, ça c'est bon, on l'a. Moi j'aime bien avoir des choses en double, genre les bâtons, une paire de bâtons en carbone, ça peut vite péter et c'est bien quand même d'avoir ça. Avoir une trousse aussi de pharmacie, t'as des ampoules, t'as des petits problèmes, des petits bobos, voilà. Son dernière UTMB, elle avait des hématomes sous tous les ongles, elle s'est percée tous les ongles à Champélac. Ça avait été une sacrée épopée, ça. Qu'est-ce qu'il peut y avoir aussi ? Des chaussettes. En vrai, franchement, moi, si je dois donner des conseils, des trucs qui peuvent te sauver, c'est avoir une serviette pour te sécher les pieds, une paire de chaussettes, de la crème anti-frottement, parce que quand ça commence à te frotter, c'est un enfer, clairement. Et vous voyez, les petits trucs qui peuvent paraître anodins. Sur l'instant T, sur un ultra, c'est décuplé. En fait, tu le payes quelques heures plus tard et t'en souffres. Donc il faut vraiment être hyper attentif sur les frottements. Je ne sais pas s'il y en a qui courent l'UTMB là, ou qui courent la CCC, ou qui vont passer une nuit dehors. Le plus gros danger, c'est la transpiration. En fait, quand vous transpirez... et que vous montez en altitude, vous allez avoir froid. Donc avant que vous montiez en altitude, si vous avez un ravito en bas, franchement le bon conseil que je vous donne c'est changez-vous, mettez-vous au sec parce que quand vous partez d'ici par exemple de Chamonix qui fait 10 degrés et que vous allez passer au col du Bonhomme, il faut s'imaginer qu'il risque de faire à peu près 0, 0, 120. Si on commence à rajouter le vent, on peut avoir des ressentis quand même à moins 3, moins 4, moins 5 et quand on commence à frissonner, C'est fini en fait, parce que ton corps, en fait, ce qu'il fait quand il frissonne, c'est qu'il crée de l'énergie pour pouvoir te réchauffer. Et toi, tu lui demandes et de se réchauffer et d'avancer. Donc là, ce qui peut vous sauver, c'est de vous changer et de manger beaucoup.
- Gaëtan
On a parlé un peu de course sur la partie matérielle. Maintenant, il y a la partie émotionnelle. Est-ce que toi, alors là, tu m'as dit que le ravitaillement était plutôt géré par le coach de Blandine. Mais toi, sur la partie émotionnelle, je sais que... Souvent, je vous ai vu tous les deux au Ravito. Comment ça se passe ? Est-ce que vous avez une méthode tous les deux ? Ou est-ce que vous y allez franco, vous dites les choses ? Comment ça se passe ?
- Mathieu M
Déjà, c'est elle qui parle en premier, ce n'est pas moi. Parce que si elle a des infos à me donner, on ne va pas se couper la parole. On essaye d'être assez rapide et bref. Forcément, quand tu te connais de par cœur, c'est bien et pas bien à la fois. Parce que forcément, sur un regard, tu sais où tu interprètes souvent. Ce que l'autre peut penser, forcément en plus moi quand elle est devant, que je vois la caméra qu'elle s'ouvre ou le contraire que tout va bien, ton accueil est un peu différent. Donc on ne parle pas énormément, on essaye d'être assez efficace. Je le vois vite de toute façon quand elle rentre dans leur habito, si elle a envie que ça aille vite ou si elle a envie que ce soit posé, moi je ne lui impose rien. Parce que je pense qu'il n'y a rien de plus agaçant pour un coureur de lui dire vite, En fait, ça fait peut-être 6, 7, 8 heures qu'il est en plein milieu de la pampa, qu'il attend qu'un truc, c'est de croiser ton regard. C'est pas constructif. Et souvent, en plus, un ravitailleur, et moi je sais que j'ai ce défaut, c'est qu'on s'imagine en fait que les deux minutes que tu vas perdre sur le ravitaillement vont être délétères et qu'à la fin tu vas faire ton compte, à l'arrivée tu vas dire « Ah purée, putain, c'est à cause de moi, parce que j'ai pas ravitaillé assez rapidement » . Mais en fait, ce n'est pas comme ça que ça se passe. Ce ne sont pas des calculs aussi simplex. Ce sont des moments hyper importants pour eux. Et puis aussi, il faut se dire une chose, c'est que le sport, quel qu'il soit, qu'il soit à un niveau comme moi, par exemple, récréatif ou comme Blandine ou ses élites, ça reste du jeu. C'est du sport. On est là pour s'amuser.
- Gaëtan
On parlait d'émotion. Est-ce que tu as le souvenir d'un ravitaillement ? Au cours des nombreuses années où tu as accompagné Blandine, qui t'a marqué, soit tu l'as reboosté, soit c'est parti en live et vous vous êtes engueulé, j'en sais rien.
- Mathieu M
Alors on ne s'est pas engueulé, je me suis auto-engueulé moi, perso. C'était l'UTMB 2023, son première UTMB, elle arrive au Contamines-Mangeois, dans le Ravito avec Cournet. Donc ce n'était pas une météo facile cette année-là, je m'en rappelle. Donc elle veut se changer. Ce qui est assez impressionnant, c'est que les contaminants, mais j'avais l'impression de me retrouver à la Feria, quand j'habitais encore dans le sud, je me disais, mais c'est quoi ce bordel ? On dirait une bodega, quoi. Tu poses tes affaires, t'es collé, en fait, je commence à m'étaler, en fait, tu peux pas t'étaler. Du coup, j'ai eu un moment, je pense, de panique. Elle pose ses gants et elle part. Et moi, je vais pour partir et j'entends au micro le speaker qui dit, Mathieu, le copain de Blandine, vite, il faut que tu viennes, J'ai dit, mais putain, mais qu'est-ce qui se passe ? Ça y est, elle s'est blessée, elle a abandonné. Et elle me dit, putain, ils sont où, les gants ? Et là j'ai dit, oh merde. Et là je regardais dans la cagette, et les gants ils étaient dans sa cagette. Et en fait j'avais oublié de remettre les gants dans le sac, et elle avait fait je crois un kilomètre allé, un kilomètre autour, et je dis pas que la course aurait changé loin de là, mais quand tu perds le contact avec la tête de course, après tu fais des mauvais choix, elle a voulu visser dans le col du bonhomme, parce qu'elle avait les boules, donc elle essayait de forcer, sur un premier ultra en plus. où tu te laisses dépasser par les émotions et tu payes cash après. Après, Blandine est hyper joviale, elle le rend aux autres. Elle a conscience quand même que beaucoup de choses sont mises en place pour l'accompagner. Elle sait que ce n'est pas un dû. Honnêtement, accompagner Blandine, c'est plus facile que de lui...
- Gaëtan
donner confiance à lui dire non mais Blanc t'es capable de faire ça on rappelle quand même que les gants ça fait partie du matériel obligatoire et si vous les oubliez vous pouvez être disqualifié de la course c'est pour ça qu'elle avait fait l'aller-retour pour pas prendre sa pénalité et je Juste sur les spécificités de l'UTB, est-ce que vous pesez les sacs, vous savez à peu près, au niveau légèreté ?
- Mathieu M
On optimise forcément ces mini-téléphones que les trois quarts, je pense, ou les 100% des athlètes éditent. D'ailleurs, c'est assez marrant parce que...
- Gaëtan
C'est des micro-téléphones ?
- Mathieu M
C'est des micro-téléphones, mais on les a testés, vraiment, qui ont la 4G, que tu peux mettre des applications dessus, qui tiennent beaucoup mieux, paradoxalement, beaucoup mieux la batterie qu'un iPhone, par exemple. j'ai testé, j'ai essayé on a mis le bluetooth parce que Blain adore écouter la musique on a connecté les écouteurs et en 48 heures le téléphone il est passé de 100% à 92% donc c'est quand même incroyable sans le mettre à mode avion d'ailleurs ne mettez pas le téléphone à mode avion donc tu es en train de me dire que tous les élites ont des micro-téléphones c'est ça, micro-téléphones tout le monde optimise et Oui, on essaye d'optimiser quand même, forcément.
- Gaëtan
Ok. Est-ce que toi, tu as déjà... Bon, on a parlé du gant en question qui avait été oublié. Est-ce que tu as eu d'autres moments de stress pour Blandine ou pour toi pendant la course ? Est-ce que tu as été... Oui,
- Mathieu M
alors les moments de stress, en général, c'est lié à la circulation. Donc, les petits tips que je donne, c'est déjà de vous évaluer si c'est possible d'aller à cet endroit, déjà de 1. De deux, le temps de trajet qu'il faut toujours surestimer parce qu'avec la circulation, c'est toujours compliqué, forcément. De trois, se garer toujours dans le sens de partir. Mais je suis sûr que tout le monde le fait en plus et je n'apprends rien à personne. Moi, je vous dis juste ce que je fais. Et puis de quatre, voilà, c'est hyper gênant parce que moi, je parle de quelque chose où je sais que je suis privilégié. J'ai des passes, je peux passer de partout. Moi je ne vis pas ce que le grand public vit, et je maintiens à dire que ce qu'ils vivent, c'est mon chapeau, vraiment. Parce que c'est hyper complexe. Donc, ouais, c'est ces trois types que je donnerais. Et vraiment, de voir avec l'athlète si ça vaut vraiment le coup d'aller à cet endroit-là, ou s'il n'y a pas une autre organisation, plutôt à doubler, à partir avec plus de choses sur soi. Et surtout de ne pas vous mettre la rate au courbouillon en culpabilisant de j'ai pas réussi à faire ci, j'ai pas réussi à faire ça. Il y a quelques années, moi j'ai débuté le trail en 2008 donc on en était quand même loin de ce schéma du trail d'aujourd'hui. On n'avait pas autant d'organisation, ça se passait très bien. Aujourd'hui on veut tout optimiser, parfois repartir sur des choses assez simples c'est pas mal aussi. Tu vois, même si tu devais me demander mon avis sur ce que je pense des ravitaillements, moi j'aimerais que tout le monde soit à la même enseigne en fait, et que même les élites ne soient plus ravitaillées, tu vois, et que personne ne soit ravitaillé à l'UTMB. Pour moi la nutrition c'est un biais de performance en fait, si tu n'arrives pas à prendre ce qu'il y a sur le ravito ou tout prendre sur toi, c'est comme ça, c'est le sport. Moi j'aimerais qu'on, vu que UTMB est avec Ironman, qu'on se base peut-être sur le modèle Ironman. Tout le monde dépose un sac à chaque ravito et qu'il y ait des longues rangées. Et quand tu rentres, tu vas chercher ton sac et tu prends ton truc et puis tu repars. Une assistance vraiment limitée. Une assistance limitée et je pense que ça permettrait de mettre une forme d'équité parce que tout le monde n'a pas les mêmes avantages. Et je ne suis pas convaincu, beaucoup de gens pensent qu'il y aurait moins de spectacles. Je ne suis pas convaincu qu'il y aurait moins de spectacles. Ça pousserait les athlètes à être autonomes et à être face à leurs responsabilités. Donc voilà, si quelqu'un de l'UTMB m'entend, si il y a quelqu'un de l'UTMB, d'y réfléchir peut-être, ça serait pas mal.
- Gaëtan
Ça marche. Alors tu as parlé un peu de conseils, est-ce que tu en as quelques-uns pour les coureurs amateurs qui demain vivront peut-être leur première assistance en course ? Qu'est-ce qu'il faut qu'ils pensent en priorité ?
- Mathieu M
À qui ? Aux coureurs ? Pour les ravitailleurs qui vont accompagner les coureurs. Pour les ravitailleurs ? Déjà... Moi, je pars toujours... J'aime bien, en fait, je suis quelqu'un, même quand j'étais scolaire, j'aimais mettre des images dans ma tête. Et en fait, imaginez que vous ayez un meuble en face de vous avec des tiroirs et vous allez ouvrir les tiroirs. Le tiroir 1, ça concerne vous en tant que ravitailleur. Déjà vous, parce que c'est important aussi de penser à vous. Déjà, est-ce que la voiture, il y a le plein ? Oui, non. Bon, là, en l'occurrence, je pense que les trois quarts vont devoir prendre le pass. Est-ce que j'ai oublié mon pass ou pas ? C'est bête, mais ça peut arriver. Est-ce que j'ai à manger pour moi aussi ? Parce que c'est long de suivre un UTMB. Il faut penser à soi aussi, à manger, à boire. Est-ce que j'ai de quoi me réchauffer ? Les vêtements, tout ça, est-ce que c'est OK ? J'ai tout. Oui, non, il va pleuvoir. S'il pleut, il faut quand même que je puisse me couvrir. Tout ce qui te concerne toi. Concernant l'athlète, son ravitaillement, niveau nutrition, tous les ravitaux à tel endroit, les boissons, c'est là. Tu veux te changer à quel endroit ? Là, là, là, ok, on a ça. Moi, j'aime bien, parce que j'ai cette possibilité, mais j'aime bien me prendre souvent en double. Au cas où, à côté, je ne sais pas, elle n'a pas prévu de se changer, mais on ne sait jamais. Elle n'a pas prévu de prendre de la Saint-Chor, mais bon, je le connais ou je la connais, je sais qu'elle va prendre un petit peu ça. Donc ça, c'est le côté alimentation-boisson. Après, il y a le côté matos, où je vais prendre le matos, et le côté, entre guillemets, trousse de secours. Tu as des ampoules, tu as besoin d'un strap. Hier, on a eu l'exemple, je ne sais pas si vous avez suivi la TDS, mais on a eu l'exemple type de Rémi Brassac, où on voit qu'il se met un strap à... C'était à... Je ne sais plus où c'était, à Beaufort, je crois. Et tu vois, c'est des petits trucs qui, peut-être, je ne dis pas qu'il n'aurait pas gagné, bien sûr qu'il aurait gagné, je pense qu'aujourd'hui, ce jour-là, il était le plus fort. Mais tu vois, il a anticipé ces problèmes-là, ils ont anticipé, je pense, avec Violaine, tous ces petits trucs-là, et ça, c'est important. Et puis après, anticiper aussi avec votre coureur ou coureuse. Est-ce que vous voulez qu'on se parle ? Est-ce que vous voulez... Je ne sais pas, moi... Il y a des gens, ils aiment bien... Je ne sais pas, est-ce que tu veux que je te raconte une blague quand tu arrives ? Est-ce que tu veux qu'on reste silencieux ? Je n'en sais rien. Mais après, sachez une chose, c'est que quand vous accompagnez, il ne faut pas que vous subissiez. Il faut que vous ayez envie de le faire. Il ne faut pas que vous vous sentiez forcé. Les coureurs, c'est un privilège que votre époux, votre épouse, votre cousin, votre fils vous suivent. Il faut en avoir conscience aussi. Au niveau des ravitailleurs, ne vous pressez pas. On est toujours aujourd'hui à la course. On le voit, l'UTMB, ça me fait toujours sourire. Ils font des vidéos. On a l'impression qu'on est en Formule 1. Lui, il a mis 30 secondes. Lui, il a mis 32 secondes. Lui, il a mis 40 secondes.
- Gaëtan
On va aborder la dernière question. Après, on demandera au public s'il y a quelques questions dans la salle sur la partie... ravitaillement de course après demain Blandine va prendre le départ de l'UTMB ça sera son combien ? son troisième UTMB
- Mathieu M
Blandine a fait une fois l'OCC, deux fois la CCC et ça sera son troisième UTMB ça fait quand même 6 courses ici 6 courses à Chamonix 6 lignes d'arrivée on verra si elle y arrive à la ligne d'arrivée je lui souhaite en tout cas c'est ce qu'elle souhaite donc Donc voilà, on verra. Je trouve que pour toutes les difficultés qu'elle a vécues cet été, moi j'y tire mon chapeau. Je vais être honnête, je ne l'aurais pas pris moi cette ligne de départ. Non mais c'est vrai, j'ai été honnête et je le suis encore aujourd'hui. Donc c'est pour ça que j'y tire mon chapeau parce qu'elle passe au-dessus de beaucoup de choses. Et c'est peut-être en ça que c'est une grande athlète aussi.
- Gaëtan
Bon, sans l'admiration dans tes mots, merci Mathieu. Juste avant de passer aux questions du public, s'il y en a pour Blandine. Elle sort un film qui sera diffusé prochainement. Donc si tu peux en parler un peu de ce film.
- Mathieu M
Je ne l'ai pas vu.
- Gaëtan
Tu ne l'as pas vu ? Voilà. Tu vas le voir bientôt, je crois.
- Mathieu M
Je ne l'ai pas vu. Je le verrai bientôt. Je ne sais pas quand est-ce que je le verrai. S'il y a Lille, je pense que je le regarderai.
- Gaëtan
Comment va se passer la diffusion un peu de ce film ?
- Mathieu M
Alors la diffusion, des dates validées, il y a Lille le 11... Non. Toulouse le 11 septembre. Lille le 15 septembre. Et Paris, le 16 septembre. Les billets sont réservables. Le lien est sur sa page Insta, dans sa bio. C'est un documentaire qui dure à peu près une soixantaine de minutes. C'est marrant parce que je vous parle d'un film que je n'ai pas vu, quand même, accessoirement. Vous découvrez Blanche sur ses deux dernières années, sur son plan personnel, mais aussi sur son plan sportif. Quand je dis personnelle, c'est sa vie qu'elle a eue aussi à La Réunion, ses études de médecine. On a rencontré son grand patron, le professeur Boukerou, qui a raconté un petit peu qui était Blandine à ses tout débuts, quand elle faisait ses études de médecine. Comment elle perçoit le sport ? Parce qu'en fait elle a eu un parcours quand même atypique, elle n'a pas eu ce qu'on appelle d'éducation sportive. Tu vois moi je viens du foot, j'ai eu des éducateurs sportifs, et un éducateur en fait il est là pour t'amener des codes dans le monde du sport, t'apprendre à gagner, t'apprendre à perdre, des valeurs sportives qu'on retrouve après soit dans nos études, soit dans notre dimension familiale. Et elle, elle a eu vraiment un parcours atypique qui fait que elle a un rapport à la performance qui est, je pense, pas commun au gramme public du sport de haut niveau.
- Speaker #0
Très bien, merci Mathieu. Alors, est-ce qu'il y a quelques questions pour Mathieu concernant les ravitaillements ou les prochains jours ou l'UTMB ou les coureurs ? Donc, n'hésitez pas si vous avez quelques questions dans le public.
- Gaëtan
Déjà, merci pour la conférence. C'était très intéressant. C'est plus concernant le film. Au-delà des dates qui ont été énoncées, est-ce qu'il sera disponible sur une plateforme ?
- Mathieu M
Oui, il sera disponible sur une plateforme. C'est l'équipe Explorer qui a racheté les droits. Je ne peux pas te dire la date, à partir de quand. Donc autant, il est disponible. Tu vas voir sur l'équipe et tu verras. Je ne sais pas du tout. Je pense que sur l'équipe Explorer, il sera. Nous, on fait tout avec Blindin pour trouver des fonds, pour qu'ils soient diffusés à La Réunion aussi, parce qu'on a à cœur qu'ils soient diffusés à La Réunion. Et voilà. Donc, c'est vrai que je ne peux pas te dire plus, mais c'est sûr qu'il sera sur l'équipe. Donc, sur le site de l'équipe, il y sera. Ok,
- Speaker #2
merci.
- Gaëtan
Moi, j'ai une petite question pour toi directement. Comment tu fais pour t'alimenter, justement, sur les fameuses nuits dont tu parlais où potentiellement aussi tu peux, toi, avoir froid ? Voilà, comment tu t'alimentes ?
- Mathieu M
Alors moi je suis un bon donneur de leçons, tu vois je te dis de t'alimenter mais moi en fait il faut qu'il y ait des gens à côté de moi qui me disent pense à toi ça serait bien que tu bouffes parce que en fait je suis tellement pris dedans que j'en oublie. C'est rigolo parce que tu vois on est allé faire les courses il n'y a pas longtemps et j'ai un van. En fait j'ai un tiroir où il est étagé en trois compartiments, on sera trois dans la voiture, l'entraîneur de blanc, un ami et moi. Et en fait, on a chacun notre étage. Parce que Blanc, c'est une maman. Elle achète pour tout le monde. Et du coup, on a chacun notre étage. Et c'est assez marrant parce que tu vois celui qui est un peu sain. Lilian, c'est le sportif, son entraîneur. Donc tu vois, c'est le riz, riz champignon, tout ça. Moi, c'est chips. Voilà. Et le fameux pote, c'est Red Bull Kit Kat. Voilà. Tu vois, donc c'est rigolo. On va le vivre différemment. En vrai, franchement, je vais te le dire autentiquement. J'ai jamais vu Blondinos. Forcément avec autant d'incertitudes sur une course et je n'ai jamais été autant excité à suivre cette course, sachant que l'issue, je lui souhaite qu'elle soit super. Je ne suis pas ultra confiant comme je pouvais l'être préalablement, ça ne veut pas dire que ça ne va pas réussir. D'ailleurs le curseur de réussite des fois il n'est pas dans un podium ou dans une victoire, il est autre part. Mais je suis hyper excité de la suivre, j'ai mon maillot de lance qui est prêt, je suis au taquet, je suis vraiment excité.
- Gaëtan
En tout cas Mathieu, merci beaucoup pour ta dispo cette fin d'après-midi, je vais te libérer maintenant, je ne sais pas si tu vas rejoindre vite fait le Vox. Je te laisse voir. Juste un grand merci pour l'organisation de cet après-midi. Merci Mathieu. Je souhaite tout le bonheur du monde à Blandine et à toi pour la nuit de vendredi à samedi. On sera là au départ pour la voir prendre l'élan et on va suivre sa course comme des fous.
- Mathieu M
Merci à toi. Je vous souhaite à tous et à toutes une bonne course si vous courez soit à l'OCC, soit à la CCC.
- Gaëtan
Jérémy qui court l'UTMB qui est là.
- Mathieu M
Jérémy fait une bonne course régale-toi aujourd'hui il faut être honnête c'est un privilège d'avoir un dossard ici quand on voit la difficulté donc il ne faut pas oublier qu'on est privilégié et que c'est génial d'être ici merci
- Gaëtan
Mathieu voilà cet épisode de Trail Story est maintenant terminé je vous remercie de votre écoute la semaine prochaine dans Trail Story j'aurai le plaisir d'accueillir Cindy Dechambre La kiné et préparatrice physique de l'équipe de France de trail, mais également de la team T-Pron, qui lors de la conférence de l'UTMB nous parlait de la préparation de ces athlètes, un épisode ultra intéressant. Je vous dis à la semaine prochaine, bonne aventure trail à toutes et à tous.