- Speaker #0
C'est surtout pour ça aussi que je parle aujourd'hui, évidemment parce que tu es là en face de moi et que ça c'est toujours du bonheur. Mais du coup c'est le fait qu'en fait j'aurais aimé qu'à l'époque il y ait quelqu'un, ou en tout cas une figure, ou je ne sais pas qui, ou en tout cas je ne pouvais peut-être pas l'entendre si ça existait, qui vienne me voir pour me dire en fait tu sais quoi ?
- Speaker #1
Oh là là, insub ce teasing, vraiment je manque pas d'air. En plus, la réponse de Léna à son tu-sais-quoi est perdue au milieu de cet épisode. Mais bon, t'as vu, j'ai fait un épisode plus court cette semaine. Voilà, vous êtes bien sur le drôle de podcast sur le tabac. Je vous souhaite un joyeux sevrage, bonne écoute !
- Speaker #0
Bienvenue ! Ça va ?
- Speaker #1
Oui et toi ?
- Speaker #0
C'est quoi carrément ? T'es une petite boule ?
- Speaker #1
Ouais, t'es venue à vélo ?
- Speaker #0
Donc très beaux étages, petites fenêtres, carreaux, terracotta sur la droite. On a beaucoup de charme dans ces bâtisses du disque de Montmartre. C'est quel étage ?
- Speaker #1
C'est le dernier. C'est tout l'intérêt du podcast. Enfin, du concept.
- Speaker #0
Parce que le podcast est commencé.
- Speaker #1
Ah, il est complètement commencé, meuf. T'es pas au courant que je veux savoir si t'as du soupe ou pas.
- Speaker #0
Je t'ai dit que j'allais écouter mon seul podcast pour... Je me suis pas... Je me suis pas... Je me suis pas... 6 ans, l'arrêt du tabac, là... Mes poumons sont renouvelés.
- Speaker #1
Ok, tu vois la différence ? Très bien. Allez, bravo. Tu as déjà validé la première étape.
- Speaker #2
Bienvenue.
- Speaker #1
Ça va, ce n'est pas trop pressant d'avoir un micro comme ça ? Si. Ouais. Tu vas voir, on l'oublie. Déjà, merci d'être fait le plaisir de répondre à mes questions.
- Speaker #0
Je t'en prie.
- Speaker #1
J'avoue que j'étais un peu harcelée. Parce que tu as eu une idée. Je me dis, il faut absolument qu'on en parle dans un épisode. Parce que je ne l'ai jamais entendue nulle part. Et elle est tellement vraie que je veux que les gens qui n'osent pas arrêter de fumer l'entendent. D'accord. Donc, on va y venir, mais avant tout, bonjour Léna.
- Speaker #0
Bonjour Astrid.
- Speaker #1
T'as cherché mon prénom ?
- Speaker #0
Non, j'hésitais sur le est-ce que c'est officiel ou est-ce que ça l'est pas ? Bien sûr. Si,
- Speaker #1
tout à fait, tout à fait.
- Speaker #0
Bien sûr, je ne manque pas d'air.
- Speaker #2
J'avoue.
- Speaker #1
Donc, c'est quoi ton passif de…
- Speaker #0
clopeuse mon passif de clopeuse j'ai commencé parce que j'étais une rebelle à 14 ans je savais pas trop comment comment me révéler par rapport à mes parents qui étaient des obsédés de la santé bien sûr je les aime très fort si ils écoutent le podcast mais ceci dit quand même c'était un bon moyen de me trouver une petite place dans une petite société rebelle donc j'ai commencé à fumer à 14 ans
- Speaker #2
Pas mal.
- Speaker #1
Et t'as arrêté à quel âge ?
- Speaker #0
Et j'ai arrêté à mes 35 ans.
- Speaker #1
Et t'as eu plusieurs arrêts ?
- Speaker #0
Non, pas trop.
- Speaker #1
Pas trop,
- Speaker #0
c'est quoi pas trop ? Pas trop parce qu'en fait, quand on est fumeur, en tout cas moi, comme je l'étais, je pense qu'il y a plusieurs phases où on se dit on va arrêter. On croit qu'on le fait, mais c'est pas un vrai arrêt dans le sens où moi, j'étais pas prête psychologiquement à arrêter de fumer. Donc j'arrêtais après des soirées en gros où j'avais pris une énorme cuite et où je me disais que c'était plus possible, j'avais plus de voix, plus jamais et tout ça. Mais en fait, c'était pas un arrêt.
- Speaker #1
Ça veut dire que tu reprenais le soir même ou dans la semaine ?
- Speaker #0
Ça veut dire que dès que ma santé reprenait, effectivement, j'empartais sur la cigarette. Mais parce que j'avais la cigarette super festive. Et que moi, je suis quelqu'un qui aime bien parler, qui aime bien être en terrasse, qui aime bien profiter du soleil, qui aime bien sortir. Et du coup, ça faisait partie d'une espèce de logorée. J'avais la clope logoréique depuis que j'ai 20 ans. Et du coup, voilà.
- Speaker #1
Comment s'est passé ton arrêt ?
- Speaker #0
Alors, mon arrêt, il s'est fait... En fait, je pense qu'il a commencé à peu près six mois avant. Ça a commencé en fait sur une rupture qui était très dure pour moi. Donc du coup, comme je ne sentais plus mon corps, on embrasse bien sûr tous les gens qui m'ont construite aujourd'hui et puis surtout leur nouvelle compagne, mon courage. Et donc du coup, six mois avant, je pense qu'en fait c'était plus... pour me prouver que je pouvais faire quelque chose. Et que je n'avais pas beaucoup de moyens à l'époque de retrouver une confiance en moi, en tout cas sur quelque chose qui allait bien me challenger. Et en fait, la seule réponse que j'avais, c'est c'est la clope, il faut que tu arrêtes de fumer, et là tu vas être fière de toi à peu près tous les jours, plus tous les jours de ta vie, plus toutes les secondes, plus à chaque moment où tu vas en fait continuer à vivre.
- Speaker #1
Tu vas être fière de toi parce que tu avais honte de fumer ou parce que tu avais honte de fumer ? Ouais. Wow ! Vas-y, explique-moi parce que j'ai pas eu ça.
- Speaker #0
La cigarette, quand on est dans une famille comme moi, où tout le monde travaille dans la santé quasiment, où c'est...
- Speaker #1
Et toi aussi un petit peu ?
- Speaker #0
Moi aussi un petit peu en plus, complètement même.
- Speaker #1
Tu veux dire ce que tu fais ?
- Speaker #0
Je suis faciathérapeute. Et du coup, forcément, c'est vu comme quelque chose de très négatif. et d'où la rébellion à 14 ans et du coup je l'ai porté en fait comme quelque chose de très lourd, plutôt culpabilisant en fait pendant des années donc il fallait juste qu'en fait j'allie libération et arrêt de cigarette alors je parle que pour moi mais la première club c'était celle où je pense que je réalisais que fumer c'était très mauvais pour mon corps parce que je suis quand même dans le ressenti je travaille dans le ressenti depuis un moment Et en fait, au fur et à mesure de la journée, plus je fumais, plus j'oubliais. Et en fait, je n'oubliais pas qu'entre la première et la dernière, il y avait eu en fait une sorte d'insensibilité qui s'était installée. Et ça, en fait, au bout d'un moment, je pense que je peux faire une petite généralité en tout cas. Je pense que c'est ce qui fait qu'on continue à fumer. C'est-à-dire qu'on ne sent plus que la clope en fait. Ce n'est pas que c'est néfaste, c'est juste qu'en fait... c'est quelque chose qui étouffe, tout simplement. Enfin, de base, c'est quelque chose qui met dans une certaine... Moi, ça me mettait dans une fumée, dans une espèce de...
- Speaker #1
Ça opacifie les ressentis, les croyances et les projections qu'on peut avoir sur ça.
- Speaker #0
Ouais, et puis ça isole pas mal aussi, je pense, de ce qu'on peut recevoir de l'extérieur, je trouve.
- Speaker #1
Tu peux donner un exemple ?
- Speaker #0
Je pense que moi, ça me permettait de masquer une certaine forme de timidité et du coup, ça m'était un peu dans une capsule de fumée.
- Speaker #1
Avantage, inconvénient.
- Speaker #0
Bah ouais, mais en même temps, on sort pas trop de sa zone de confort dans ces cas-là. Voilà.
- Speaker #1
Ok, donc déclic à 34 ans t'as dit ?
- Speaker #0
Ouais, 35.
- Speaker #1
Et donc t'as arrêté comme ça ?
- Speaker #0
J'ai arrêté parce que je me suis fixée en fait à une espèce de challenge. A l'époque, je refaisais mon appart et je n'avais plus de sous. J'avais calculé tout l'argent que je pouvais dépenser. J'avais demandé à énormément de gens. Beaucoup de gens m'avaient soutenu déjà et tout ça. Et je voulais encore faire faire des plans par une archi d'intérieur. C'était très sympa. J'avais une étudiante qui me proposait de faire le truc moyennant du cash. Et là, je me suis dit, un an de cigarette, c'est le temps. et je vais le dépenser pour l'archi et comme ça en fait on n'en parle plus donc en fait je me suis verrouillée je me suis verrouillée mon financement de cigarette,
- Speaker #1
je me rappelle c'était début janvier donc en amont tu t'es dit l'argent je vais le dépenser maintenant et c'est l'argent que j'aurais économisé si j'ai vraiment arrêté de fumer d'ici la fin d'année ça c'était un moyen,
- Speaker #0
c'était une petite béquille et vraiment la motivation, parce que je pense que c'est surtout la motivation qui compte dans ces cas là c'était vraiment de trouver quelque chose qui puisse me rendre fière de moi-même et qui ne soit pas dans du superficiel, dans du superflu.
- Speaker #1
Donc, tu as un mindset parfait, une rupture, un sentiment de honte, une envie de changer, du budget à mettre dans autre chose.
- Speaker #0
Et surtout autre chose de créatif.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ce qui ouvre.
- Speaker #1
Et donc, du coup, tu te souviens de ta dernière clove ? Ça s'est passé comment ?
- Speaker #0
Pas du tout. Mais pas du tout. Alors moi je ne fais pas du tout de... Je ne suis pas du tout sentimentale sur les derniers moments de ma cigarette.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Je pense que, comme c'était début janvier, ça devait être aux environs du nouvel an. J'ai dû la finir avec un pote avec lequel je partageais énormément d'histoires en terrasse le soir après le travail.
- Speaker #1
Il fume toujours, lui ?
- Speaker #0
Qui a arrêté. Pas tout de suite, mais qui a arrêté depuis.
- Speaker #1
Génial.
- Speaker #0
Et puis, en fait, il n'y a pas de sujet, en fait, sur ces cigarettes. C'est assez bizarre, mais je pense qu'en fait, mon esprit a fait une espèce de... Tu sais, de... Il a annulé l'objet de contournement de l'époque qui était pour moi représenté par la club.
- Speaker #1
Trop bien. Ouais. Et moi, j'ai voulu t'interviewer parce que quand on a discuté de ça, tu m'as expliqué que tu t'étais rendu compte que... Le plus dur, c'était l'appréhension qu'on disait que ça allait être dur. Quelque chose comme ça ?
- Speaker #0
Oui, c'est exact. C'est surtout pour ça aussi que je parle aujourd'hui. Évidemment, parce que tu es là en face de moi et que ça, c'est toujours du bonheur. Mais du coup, c'est le fait qu'en fait, j'aurais aimé qu'à l'époque, il y ait quelqu'un... qui ont en tout cas une figure, ou je ne sais pas qui, ou en tout cas je ne pouvais peut-être pas l'entendre si ça existait, qui viennent me voir pour me dire, en fait, tu sais quoi ? Pour certaines personnes, arrêter de fumer, ce n'est pas dur. Et en fait, arrêter de fumer, c'est juste changer une habitude. Alors ouais, c'est dur de changer une habitude, c'est dur de se faire autre chose, mais ce n'est pas plus difficile que ça. Alors que moi, à l'époque, dans mon environnement, qui était quand même très sortant, très... Voilà, qui était très cultureux, sortant, des gens beaucoup célibataires, donc qui avaient beaucoup d'heures pour parler en terrasse avec moi. Et bien du coup, il y avait quelque chose qui me manquait, en tout cas dans une espèce de forme de bienveillance, ou alors que je n'écoutais pas encore une fois, et qui était simplement de me dire, bravo, essaye, tu vas voir, c'est cool. Et ce n'est pas si dur que ça pour certaines personnes. Voilà. Et moi, je faisais partie juste de ces personnes-là pour lesquelles, du jour au lendemain, arrêter de fumer, ça a été une épreuve dans le sens où il y a eu évidemment des étapes. Mais j'avais déjà accepté en fait que j'allais avoir un petit peu de prise de poids, que j'allais peut-être devoir réguler un peu l'humeur, mais pas plus qu'un syndrome prémenstruel pour les femmes qui nous écoutent. Qu'elles ont, on le rappelle, tous les mois.
- Speaker #1
Quand est-ce que tu t'es rendu compte que ce n'était pas si difficile que ça ?
- Speaker #0
Alors vraiment dans l'expérience. C'est pour ça que j'encourage les gens qui se demandent à quel moment ils vont arrêter de fumer, parce que je pense que c'est une vraie question pour celui ou celle qui fume. Et en fait, si vous pouvez, si j'ai un conseil à donner, c'est vraiment de se sentir. Parce que moi, j'avais une perte de sensibilité à cause justement de cette cigarette et de quelques petits excès de sortie. Et du coup, de se sentir et de vraiment se dire, OK, je rentre dans l'expérience et puis on verra.
- Speaker #1
Est-ce que si tu avais su que c'était, entre guillemets, aussi facile, tu aurais arrêté avant ?
- Speaker #0
Comme ça n'existe pas, je ne peux pas te dire.
- Speaker #1
Avec une baguette magnifique.
- Speaker #0
Je pense que si j'avais eu l'occasion d'en discuter, en tout cas avec plus de personnes dans mon entourage qui avaient arrêté et pour lesquelles, ça n'avait pas en fait été cette catastrophe dont certains parlent de tu vas voir, ça va être horrible, tu ne vas plus dormir, tu vas machin Non, en fait, pas du tout. Le premier soir, je crois, j'ai dormi comme un bébé. Le deuxième soir, j'ai écrasé. Le troisième soir, je transpirais des gouttes brons. Pendant une semaine, ça je m'en rappelle, la nuit effectivement j'ai éliminé, mais plutôt cool.
- Speaker #1
Ouais grave.
- Speaker #0
Et deuxième semaine déjà c'était loin quoi. Parce qu'en réalité la cigarette c'est... Il y a le facteur physique, mais quand on éloigne le facteur physique, si c'est pas en lien trop avec une compensation ou un truc psy... En tout cas, ça peut être facile. Voilà. C'est tout ce que je te dis. Voilà, ça fait 20 minutes.
- Speaker #1
Allons,
- Speaker #2
t'as vu ?
- Speaker #1
En fait, je me retiens de te poser un million de questions, mais j'aime beaucoup vraiment ton témoignage parce que je ne me rends pas compte à quel point beaucoup de gens n'osent pas arrêter parce qu'ils ont cette appréhension. Et donc toi, avant de te lancer, tu t'es mise dans un mindset pendant six mois. Tu t'es mise dans un état d'esprit de je vais arrêter. Donc tu t'es conditionnée, tu t'es préparée. Et pendant cet état de préparation, est-ce que tu appréhendais ? Est-ce que tu disais, ça se trouve, j'y arriverai jamais ?
- Speaker #0
C'était plus une préparation comme on prépare un concours. Moi, j'ai passé un concours quand j'étais très jeune. Et du coup, je voyais plus ça comme un entraînement à l'effort. Un peu comme quand on prépare peut-être une course, j'imagine. Où on se dit, je ne sais pas quel temps je vais faire, mais par contre, je vais courir.
- Speaker #1
Ok, donc finalement, tu vois souvent on dit qu'on arrête de fumer à partir du moment où on commence à y penser. Et toi, tu t'es préparée pendant six mois, donc on peut dire que tu avais arrêté six mois avant d'arrêter, techniquement. Peut-être.
- Speaker #0
Ouais, ouais, c'est possible. Moi, j'appelle ça ma velute autour de moi. J'ai une espèce de forme de fumée qui est partie au fur et à mesure. Et ça m'a permis de sortir un peu la tête de ça et de dire, ok, bah sans, ça fonctionne.
- Speaker #1
Et tout à l'heure, tu expliquais que c'était une forme de zone de confort, justement, cette fumée. Donc, comment ça s'est passé sans ?
- Speaker #0
Eh bien, justement, c'était moins confortable pour tout ce qui était social, parce que cette espèce de bulle, c'était surtout mon rapport et mon lien avec l'extérieur. Mais en même temps, c'est ce qui m'a permis de m'ouvrir sur autre chose et une certaine forme d'intime auquel je n'avais moi-même pas accès. Ce que je n'avais pas compris, c'est que la cigarette, c'était non seulement moi qui m'isolais de l'extérieur avec ma petite fumée, mais mes entourages qui sont très comme moi, qui consommaient de la même façon et tout ça, qui sortaient au même moment dans les grands dîners, qui avaient forcément les mêmes conversations au bout d'un moment. Et en fait...
- Speaker #1
Le petit clin d'œil.
- Speaker #0
Mais ce que je n'avais pas vu, c'était que ça m'éloignait vachement de moi. Effectivement, avec moins de culpabilité, moins de honte et puis peut-être juste avec plus de souffle, des nuits hyper cool, des envies de manger tous les jours, des habitudes sexuelles rebondissant. Enfin, j'ai une liste juste... Croyez-moi, c'est juste incroyable d'arrêter de fumer. Et c'est une grosse blague qu'on n'entende pas plus. à mon avis, aujourd'hui, dans la société, en tout cas la française.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu as eu ou ressenti ou vu comme changement où tu ne t'attendais pas du tout à ce que ça fasse ça ?
- Speaker #0
Je crois que c'est plus le sommeil qui m'a vraiment surprise.
- Speaker #1
Ouais, j'avoue.
- Speaker #0
Cette espèce de truc où tu tombes, tu vois. Je ne me rappelais pas. En fait, je crois que j'ai senti que j'étais en permanence dans une espèce d'état de nervosité que je maintenais avec la cigarette. C'est ça que je faisais inconsciemment. Là, je parle de moi, bien sûr. Et en fait, lâcher ça, c'était un peu comme quand tu vas pour la première fois te faire masser. Et que, évidemment, je parle du massage. C'est un peu mon métier. Et que le ou la masseuse appuie sur ton point, sur ton point gâchette. Et que tu fais, là, je peux me détendre. Là, je peux faire une forme de lâcher prise. En fait, c'est hyper cool. Et après, la deuxième phase, c'est vraiment le retour d'énergie. Déjà, je n'en manquais pas. Vraiment pas. Mais je dirais que c'était une énergie plus saine, plus subtile, plus posée, plus calme, plus ancrée. Et ça, c'était hyper joyeux. Vraiment. C'était joyeux. Je ne sais pas. C'est à la fois... Une fierté personnelle que j'avais du mal à m'administrer à l'époque parce que je n'avais pas spécialement les facteurs environnants qui permettaient. En plus, fin d'histoire amoureuse et tout ça. Et le début d'une nouvelle construction avec un truc super chouette, imperceptible et en même temps, c'est quand même assez cool, un truc qui te booste tous les jours. qui te permet d'avoir de l'oxygène et d'avoir un corps qui est en mouvement. Ah oui, aussi, précision ! On retrouve son corps. Moi, j'ai retrouvé surtout la zone du thorax, ce qui sépare la tête des hanches, qui était très anesthésiée. En fait, j'étais un bloc. Et avec toutes les représentations que ça a sur le rapport aussi aux émotions, aux autres, aux liens et tout ça.
- Speaker #1
T'as jamais rechupé ? T'as jamais eu envie de reprendre une clope ?
- Speaker #0
Alors l'envie, elle est revenue très rarement. Et moi, j'ai un espèce de système qui fait que je ne vois pas les gens fumer autour de moi.
- Speaker #1
J'adore ! Pour toi, le délit, c'est hyper pratique.
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais.
- Speaker #1
Fais ma première invité à la vraie pour de vrai dans mes mots. Ouvre au hasard pour voir s'il y a un hasard ou pas. Il y a un passage qui te parle et il lit ce sur quoi tu tombes.
- Speaker #0
C'est une petite victoire. Je parviens même à avoir une pensée de gratitude quand je me réveille avec un fucking engine. Cette engine me fait prendre conscience que je ne suis pas réveillée avec une gêne dans la gorge depuis 141 jours. Et ça, c'est une grande victoire.
- Speaker #1
T'avais mal à la gorge toi ?
- Speaker #0
Ouais, moi ouais. Moi ouais, c'est assez... C'est assez juste ouais.
- Speaker #1
J'avais toujours cette gêne, je me dis bon bah c'est la vie quoi. Mais en fait non, j'ai plus jamais eu mal à la gorge de ma vie. Sauf à ce moment là, au bout de 141 jours où je me suis réveillée avec une l'angine genre Ah oui c'est vrai, avant j'avais mal à la gorge
- Speaker #0
Ah ouais, et bah écoute, ouais, si si, j'avais mal en fait je pense que j'avais mal à peu près... Surtout le conduit respiratoire, donc gorge, arrière-nez.
- Speaker #1
T'as gagné ça aussi.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Que non. Ok, qu'est-ce que tu voudrais dire à la future Léna si jamais un jour elle prend une clope juste comme ça, puis une deuxième, puis une troisième ?
- Speaker #0
Je lui dirais qu'elle me fait rire. et je lui dirais tu te rappelles en fait c'est marrant que tu me dises ça parce qu'en fait je me fais souvent des images j'envoie des photographies à moi même plus tard oui c'est un peu spex mais c'est un moyen en fait de c'est comme si j'avais un moyen un peu de maîtriser le temps tu vois c'est juste mon moyen à moi de me dire le temps il est comme ça, il s'étire comme ça apparemment mais je vais essayer de jouer avec donc bah écoute j'en fais l'expérience de ce soir et puis Et je pense qu'en fait, juste je rigole et je danse avec elle et je lui fais sentir qu'elle a encore des poumons, encore de la vitalité et du mouvement. Et je pense qu'en fait, elle est presque la troisième dans un cendrier.
- Speaker #1
Mais comme t'as arrêté, j'ai envie de dire facilement. T'as pas peur du coup de te dire je vais reprendre, de toute façon je vais arrêter. De reprendre facilement. On me dit non oui, je peux arrêter quand je veux.
- Speaker #0
espèce de faux vrai fumeur je dis bien que c'est la cigarette qui a été facile à arrêter par contre j'ai trouvé difficile de changer les habitudes Arrêter facilement, c'est pas tout à fait le terme, mais par contre, est-ce que la cigarette me manque ? Non. Est-ce que tout ce qu'il y a autour me manque ? Pas trop, ou en tout cas pas consciemment. Et après, par contre, les changements d'habitude, ça c'est autre chose. Ça, pour moi, c'est un petit peu plus compliqué, mais c'est un challenge. Moi, je l'ai pris en challenge. C'était ma réponse. C'est pour ça que vraiment j'insiste sur le Ouais non mais essaye Et puis si t'y arrives pas en fait c'est cool T'as déjà essayé Ça c'est vraiment cool
- Speaker #1
Est-ce que t'aurais une anecdote de la honte En lien avec le tabac
- Speaker #0
Alors une anecdote de la honte Bah oui en fait Moi la plus grosse honte c'était, alors ça va paraître pour certains complètement décalé, mais c'était de revenir chez moi, donc chez mes parents, avec en fait une odeur de cigarette sur moi, ou de côtoyer des enfants, je m'en rappellerai, ou de côtoyer des enfants et que pour la première fois ils me sentent sentir la cigarette. Et de me dire, j'ai honte que ta première sensation de moi au niveau olfactif qui est... qui est pour moi une sensation hyper importante dans la vie, ça soit du tabac en fait. Et vraiment j'avais... Et ça, ça m'a relancé quelque chose. Ouais. Ça, ça vient de me revenir là en... En immédiat, c'est... C'est le fait que quelqu'un puisse se rappeler de moi au travers de cette odeur-là. Alors que c'est pas mon odeur. Et que justement, encore une fois, moi, ça me mettait dans un nuage de fumée. En fait, il atteignait le nuage, pas mon odeur.
- Speaker #2
Ok,
- Speaker #1
je vois. J'ai posé une question, tu pourrais me dire, Joker ?
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ton mec fume, je crois.
- Speaker #0
Je crois, oui.
- Speaker #1
Comment ça se passe, du coup ?
- Speaker #0
Son rapport à la cigarette, c'est à lui de le cerner. Exactement, ça lui appartient.
- Speaker #1
En vrai, tu ne te sens pas affectée par ça ?
- Speaker #0
Non, moi... Tout ce que je pourrais avoir, c'est juste un soutien à lui fournir qui va être extrêmement positif. Le jour où il voudra, en fait, il voudra réaxer les choses. Après, il respecte, il fait attention. Il n'y a pas de conflit à propos de ça.
- Speaker #1
Un dernier conseil pour ceux qui auraient un craving qui nous écoutent là.
- Speaker #0
qui aurait un...
- Speaker #1
Un craving.
- Speaker #0
Alors, traduction.
- Speaker #1
OK. Une intérieure envie de fumer. Une habilité à vouloir prendre une clope.
- Speaker #0
OK. Un conseil ? Tout simplement, je pense... Moi je ferais plus un exercice autour de la respiration, se demander juste si on en a vraiment envie et à se retenir si c'est le cas. Mais par contre se poser la question, juste s'octroyer cette petite porte de doute et de se dire sans culpabilité, est-ce que là vraiment j'en ai envie ?
- Speaker #1
C'est quoi ton exercice de respiration prête ?
- Speaker #0
Celle que je travaille pas mal, c'est une respiration en quatre temps, où tu travailles beaucoup sur l'inspire ventrale. Après, tu suspends ta respiration, et pendant que tu suspends, tu relâches tout ton corps sur la structure sur laquelle tu es. Donc si tu es allongé quelque part, tu relâches tout ton dos à l'arrière. Si tu es assis, tu es plutôt dans l'ancrage. Et pendant toute cette apnée, ça te permet à la fois de suspendre un instant. Donc de t'arrêter vraiment et d'aller sentir sa force en fait, leur ressenti corporel par rapport à cette gravité et à ce qui se passe dans le corps. Et après tu lâches tout avec un A qui est un peu lâché prise, un A même prononcé. Et puis à la fin tu restes juste en apnée expire et là tu vas rien faire, rien avoir à faire.
- Speaker #1
Trop bien, j'adore, je ne connaissais pas cette manière-là. J'ai trop testé.
- Speaker #0
Cool, je te la préfère.
- Speaker #1
Merci les gars,
- Speaker #0
je t'en prie. Merci Astrid. Et félicitations. Merci.
- Speaker #1
Trop bien. Attends, mais je veux la faire tout de suite cette respiration. En fait, tu peux la faire n'importe où.
- Speaker #0
Genre là, je peux être... Je suis affalée. Tu te mets dans le canapé. Tu te mets dans le canapé. Voilà, tu t'allonges. Tu as tout ton corps en fait qui est en brouillard avec le canapé. Et là en fait tu vas respirer par le nez et gonfler le ventre.
- Speaker #1
J'espère que cette interview vous a plu. Vous trouverez toutes les informations complémentaires dans la description de l'épisode. Et tout ce qu'il faut pour s'abonner, liker, commenter, nous retrouver sur les réseaux. Et même prendre contact si vous voulez nous partager votre témoignage. Bisous à vos horribles cravings et autres impérieuses envies de fumer. Rendez-vous la semaine prochaine et d'ici là, bon sevrage.