- Speaker #0
J'étais complètement consciente pendant toute la séance, j'étais détendue mais consciente. Ça a duré plus de deux heures.
- Speaker #1
Ah ouais, quand même ?
- Speaker #0
Ouais. Et quand je suis descendue de son cabinet, j'étais là, dans deux minutes je reprends une cigarette, c'est n'importe quoi ce truc. Et en fait, je suis arrivée chez moi, je me suis dit, est-ce que tu as vraiment envie de fumer ? Non. Si vraiment tu as envie de fumer, tu verras. Et en fait, je n'ai plus jamais eu envie de fumer.
- Speaker #1
Bonjour tout le monde, voici la dernière interview officielle de la saison. La semaine prochaine, ce sera un épisode très spécial. Il a été tourné lors du lancement de mon livre sur le tabac. Et ce n'est pas moi qui posais les questions, moi j'étais occupée à signer des autographes pendant que le micro circulait à la librairie Erol Boulevard Saint-Germain. Ça fait pas un peu snob de dire ça non ? Bref, ce sera l'épisode 20 qui clôturera la saison 1, jour des vacances collèges. et la saison 2 débutera probablement autour de la rentrée scolaire. C'est mon côté prof qui ressent. D'ailleurs, je corrigerai quelques copies cet été. Je vous enverrai ça, mais je vous en reparlerai plus tard. Je vous laisse avec la délicieuse Adélia, qui manque d'air parfois, mais qui manque pas d'air. Bah, débrouillez-vous avec ça. Ha ha ha ! Je me sens espionnée.
- Speaker #0
Ça va ? J'enferme mon micro.
- Speaker #1
Oui. Alors attends. Non, c'est bon. Jusqu'ici, tout va bien. Ça, ça va bien.
- Speaker #0
J'adore des cheveux assortis au cul.
- Speaker #1
T'as vu un peu ?
- Speaker #0
J'ai jamais vu.
- Speaker #1
T'es prête ?
- Speaker #0
Allez.
- Speaker #1
Attends, tu prends l'ascenseur, toi, quand tu rentres chez toi ?
- Speaker #0
Pour le premier étage, non. Et en plus, je n'ai pas d'ascenseur.
- Speaker #1
Ah oui, donc affaire classée.
- Speaker #0
Affaire classée.
- Speaker #1
Et tu fais du sport en ce moment ? Pour ton petit mec, tu es l'estaville.
- Speaker #0
Trois fois par semaine, piscine. Mais non ! 45 minutes. Wow ! Et tous les jours, depuis très peu. Je fais 15 minutes de runner. Depuis 15 jours, en fait. Ok. Je n'ai pas encore atteint les 21 jours d'habitude.
- Speaker #1
Tu fais du rameur chez toi ? Oui. Attends, mais tu ne faisais pas du trampoline chez toi ?
- Speaker #0
Ah si, je faisais. Il est dans le garage.
- Speaker #1
Je rentre à une brocante parce que c'était vraiment… Il y a la place pour le rameur après à côté.
- Speaker #0
Tu sais que je n'utilisais pas le rameur parce qu'il était caché. Ça prenait trop de place. Et là, j'ai osé le mettre dans mon salon.
- Speaker #1
Ah bien.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
On est au cinquième. Tu es comment ?
- Speaker #0
Comme toi.
- Speaker #1
Par quoi on commence ? On a fumé des clopes ensemble en prison, si je voudrais le signaler.
- Speaker #0
Oui. C'était une sacrée époque. A l'extérieur de la prison aussi, c'est quand on était vraiment en train de faire des trucs dangereux. C'est toujours des bons souvenirs. Ça reste des bons souvenirs, la cigarette. C'est compliqué. Moi, je sais qu'aujourd'hui, j'ai... J'ai plus envie de fumer, c'est-à-dire le manque n'est plus là, en revanche la pensée elle est là. Pas tout le temps, ça ne m'obsède pas, je peux passer des semaines sans y penser, mais un moment de détente, une coupe de champagne. Non mais c'est vrai, j'y pense. En fait, moi j'ai arrêté de fumer avec une séance d'hypnose. Une seule ? Une seule séance d'hypnose. Et alors j'y croyais pas du tout, mais j'avais quand même pas mal de problèmes de santé. Et du coup, je sentais qu'il fallait que j'arrête, sauf que j'avais absolument pas la volonté par moi-même, parce que j'ai déjà arrêté plusieurs fois, mais la volonté par moi-même d'arrêter, de passer à travers le manque, le machin, j'avais pas envie. Et après, j'ai juste fait sur Internet, arrêter de fumer en une séance d'hypnose. C'est le truc un peu commercial, mais j'avais quand même envie de ça. Et puis je suis tombée sur Inanna, je ne savais pas du tout où elle était en France, vraiment je n'en avais aucune idée. Et je regarde les avis et à chaque fois j'avais des avis positifs, elle est super en une séance, une deuxième séance elle a toujours été là. Il n'y avait que des avis positifs sur elle et sur les résultats. Et je prends mon téléphone, c'était un numéro de portable en fait. Donc j'appelle sur le numéro de portable, sachant que je ne savais pas du tout où elle était. Mais je me suis dit, quitte à faire 500 bornes en France, autant y aller. Si en une séance j'arrête de fumer, au moins je gagnerai mon billet de train ou d'avion, peu importe. Et j'appelle et j'ai laissé un message et cette femme me rappelle peut-être une heure après, donc on parle, je lui dis est-ce que c'est vraiment efficace votre truc ? Moi j'ai pas beaucoup de volonté mais je sais qu'il faut que j'arrête, le manque de la cigarette me fait peur, c'était un compagnon la cigarette quand je suis énervée, quand je suis contente, quand je suis détendue, stressée. Elle me dit, écoutez, ça marche, j'ai de très bons résultats. Donc après, vous devez aussi, vous, avoir un engagement vis-à-vis de vous-même. Mais une séance en général, c'est suffisant. Et il y a une deuxième séance qui est prévue en cas de rechute. OK. Et vous êtes où ? Et là, elle me donne l'adresse.
- Speaker #1
Maintenant.
- Speaker #0
Et il s'avère qu'elle était à 200 mètres de chez moi. Et alors là, j'ai eu ta réaction. J'ai poufé de rire. J'ai poufé de rire. J'ai dit, vous êtes sérieuse ? Elle me dit, oui, oui, oui. Alors, je peux te donner l'adresse. Mais enfin, c'était très drôle. Et j'ai dit, on était fait pour se rencontrer. Et du coup, je n'étais pas forcément préparée psychologiquement arrêtée. Elle m'a donné un rendez-vous. Je ne sais pas, peut-être quelques jours après, je me souviens plus. Je n'avais absolument pas envie d'y aller. Pas envie, pas envie d'arrêter. Et pourquoi j'ai fait ci ? Enfin, bref, je pense que je faisais ma rebelle, et puis l'hypnose et machin, enfin bref. Et j'y suis allée. J'étais complètement consciente pendant toute la séance. J'étais détendue, mais consciente. Ça a duré plus de deux heures.
- Speaker #1
Ah ouais, quand même ?
- Speaker #0
Ouais. Et quand je suis descendue de son cabinet, J'étais là, dans deux minutes je reprends une cigarette, c'est n'importe quoi ce truc. Et en fait, je suis arrivée chez moi, je me suis dit, est-ce que tu as vraiment envie de fumer ? Non. Si vraiment tu as envie de fumer, tu verras. Et en fait, je n'ai plus jamais eu envie de fumer. Mais quand je parle de l'envie, je n'ai plus jamais eu le manque de nicotine, le manque de... Et en fait, très vite, les effets sont juste extraordinaires, parce que plus de capacité de concentration, c'est pas... Il faut que je mette une cigarette, machin, ça n'existe plus, parce qu'il n'y a pas de manque. Et donc, j'ai commencé à boire beaucoup plus d'eau, à manger des pommes, j'avais des trucs à côté de moi au cas où l'envie venait, mais en fait, elle n'est pas venue. Dans la tête, c'est compliqué parce qu'il y a quand même la gestuelle, cette copine, la clope qui peut manquer. Mais physiquement, je n'avais aucun manque.
- Speaker #1
Incroyable.
- Speaker #0
Voilà. Et mon fils a fait une séance hier avec cette même personne.
- Speaker #1
Ah, vrai ?
- Speaker #0
J'étais en presse totale parce que quand il est rentré... Bon, bref, j'avais mes parents qui étaient là, qui étaient chez moi. Et ils ne savaient pas qu'il était en train de faire cette séance. Je n'en ai pas parlé. Et à un moment donné, il me fait un bisou. Il me dit, je suis hyper stressée. J'ai l'impression d'avoir encore plus envie de fumer qu'avant. Et je sentais qu'il manquait vraiment. Et après je me suis dit que c'était quand même bizarre parce que Iva Potte, lui il fume pas, il a fumé, enfin il est jeune.
- Speaker #1
Attends, on va faire une parenthèse sur ton fils que j'ai connu nous faisant la leçon quand il était gamin. Hein, vous fumez, c'est nul, nanana. Moi je me souviens de ça. Je me souviens qu'après, il s'était mis à fumer la pipe.
- Speaker #0
Exactement. Son père fumait la pipe et lui, il se prenait pour Charles Combes. Il aimait bien le... C'est pas tellement le... Enfin, si, je pense qu'il aime tout. D'ailleurs, ça fait peut-être plus de deux ans qu'il ne fume pas de pipe. Mais moi, je déteste ça. Mais il aimait bien la posture, en fait, je crois, du fumeur de pipe. Donc ça, c'est...
- Speaker #1
Et dans quel âge il a, ton fils ?
- Speaker #0
Bientôt 19. Ça aussi, c'est dur. Voilà. Il s'envole. Ça donne envie de fumer, mais non. Je résiste.
- Speaker #1
Donc là, ton fils, hier, sort d'une séance.
- Speaker #0
Il sort d'une séance. Hier soir, quand le dîner était terminé, je le sentais très énervé. Donc j'essayais de ne pas trop lui en parler parce que je pense que dans ces moments-là, moi, je sais que je voulais juste... Je n'avais pas envie qu'on me dise alors tu n'as pas fait une cigarette. Je voulais juste faire mon bonhomme de chemin. Après, j'ai eu beaucoup de chance parce que je n'avais pas de manque. Lui, j'ai l'impression que ce n'était pas pareil. Pour tout te dire, avant d'arriver chez toi, j'ai envoyé un petit message parce que je ne l'ai pas eu de la journée. Je lui ai dit, ça va chérie, tu tiens le coup. Tu tiens le coup, c'est peut-être déjà trop. Mais j'espère qu'il va tenir. Parce que c'est cher, parce que c'est hyper mauvais pour la santé, pour plein de choses. Encore une fois, il ne fume plus, il a arrêté de lui-même. Mais il va potter avec de la nicotine. C'est une addiction comme la cigarette.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu voudrais lui dire quand il écoutera l'épisode ? Bisous Giovanni.
- Speaker #0
Bisous mon amour. Que parfois on fait des choses qui ne sont pas simples, ça demande de prendre sur soi, mais en même temps d'accepter qu'on manque, qu'on a un manque, qu'on a un besoin, qu'on ne fait pas tout bien non plus ou tout mal et que c'est tellement bien quand on n'est plus dépendant de quelque chose. Et je pense que c'est cette dépendance-là, moi j'ai pris du poids après avoir arrêté de fumer, mais je n'ai pas le même âge que lui, donc lui il est bien musclé, grand, et il ne va pas prendre de poids. Et même s'il devait prendre du poids, ce n'est pas grave en fait, parce que c'est passager et que les bienfaits à côté, tu vois j'ai monté au 5ème. Ça fait un an et demi maintenant que j'ai arrêté. Et j'ai été tentée plein de fois. Quand je suis en vacances, pas quand je suis stressée pour le coup, c'est très bizarre, mais non. Mais quand je suis détendue, je me dis bien, allez, une cigarette, ça fait quoi ? Mais en fait, je sais très bien qu'une cigarette, c'est fini. Tu peux vite retourner dans cette dépendance.
- Speaker #1
Tu l'as expérimenté le juste une et puis finalement, t'as craqué ?
- Speaker #0
Non. Non, je ne l'ai jamais. Alors par contre, ce que j'ai expérimenté il y a plusieurs reprises, c'est la chicha.
- Speaker #1
Oh là là,
- Speaker #0
mince ! Mais non, pas du tout, parce qu'en fait, j'ai mon beau-frère qui fume la chicha. Et à chaque fois qu'on fait un repas familial, il y a une chicha. Et du coup, on va fumer la chicha. Mais en dehors de ça, je n'y pense jamais. Donc ça peut arriver une fois par mois, une fois tous les trois mois. Ce n'est pas un sujet. J'avais peur au départ, mais en fait, ce n'est pas un sujet.
- Speaker #1
Tu t'es enseignée sur l'impact de la chicha sur la santé ?
- Speaker #0
Je pense que c'est pire que la cigarette. C'est pire que la cigarette, mais il n'y a pas de dépendance en fait. S'il n'y a pas de chicha, il n'y a pas de chicha. Ok. Tu vois ? Je sais que si on passe une soirée ensemble, après le thé vert du soir, on va fumer une chicha. Et donc c'est sympa. Ou alors à l'apéro, on peut fumer aussi une chicha. On en a plusieurs, mais il n'y a pas de... Quand je pars, je n'y pense plus jusqu'à la prochaine. Mais effectivement, ce n'est pas bon pour la santé.
- Speaker #1
Tu te souviens combien de fois tu as arrêté, combien de fois tu as rechuté ?
- Speaker #0
J'avais déjà fait une séance d'hypnose il y a plus de dix ans, je pense. Elle m'avait demandé d'arriver avec un paquet de cigarettes, de l'écraser dans sa poubelle en arrivant. Et donc, j'ai fait ça. Quand je suis sortie, j'avais qu'une envie, c'était de fouiller partout la poubelle et de récupérer mes cigarettes. Et je pense qu'au bout de deux jours, j'ai repris la cigarette. Ça ne m'a rien fait du tout. C'est pour ça que c'était peut-être pas le même timing. Après, je pense aussi qu'elle m'avait donné des devoirs. Je ne supporte pas les devoirs. C'est pour ça que j'arrête de fumer en une séance. C'est que dès que tu me dis, oui, alors il faudra faire ça, faire ça, rentrer dans un cadre que je ne comprends pas. C'est un côté un peu rebelle chez moi et du coup je pense que je n'ai pas eu envie. Et donc j'ai recommencé. Une autre fois j'ai arrêté toute seule. J'ai arrêté toute seule où je suis passée par tous les stades mais j'étais très gentille avec moi-même. C'est-à-dire que chaque fois que j'étais énervée, je savais pourquoi j'étais énervée. Et donc du coup ça me permettait de dire ok c'est normal que tu sois énervée parce que tu sais que tu as envie de fumer. Donc c'est pas grave. Donc j'ai pas cherché à compenser. Mais ce qui aide effectivement quand même, c'est le prendre soin de soi en fait. C'est de faire du sport, c'est de lire, c'est d'utiliser le temps gâché par la cigarette. à faire des choses qu'on aime. Mais c'est des choses simples, d'une lecture à, je ne sais pas, une séance de méditation, un coup de fil à une amie. Tu vois, ne pas remplacer ça par une autre addiction, ça, c'est fondamental. Mais l'utiliser comme du temps libre, je pense que c'est ça. Et la cigarette, ce qui m'a vraiment aidée aussi, parce que je vais peut-être dans la voiture, je n'aime pas l'odeur de la cigarette. Je pense que le fait de ne pas aimer l'odeur de la cigarette, ça m'aidait. Mais pour être très sincère avec moi-même, c'est mes soucis de santé qui ont fait que je ne rechute pas.
- Speaker #1
C'est vrai qu'on dit que si on n'a pas envie ou si on n'a pas besoin médicalement parlant, surtout quand c'est médicalement parlant, on ne peut pas s'obliger à arrêter de fumer. Tu as eu plusieurs fois envie, tu as tenu.
- Speaker #0
Oui, j'ai tenu et bien d'ailleurs. Parce qu'à une fois, j'ai arrêté deux ans, même plus. Mais bêtement, un soir, j'ai fumé un cigario. Du coup, j'ai refumé des cigarios pendant quatre ans. qui écoute une blinde. Déjà, j'ai une voix grave, du coup, ça rendait la voix encore plus grave. Et puis l'odeur, c'est horrible, en fait. Donc après, j'avais arrêté les cigariots, j'avais remplacé par des Vogue. Un truc tout fin, parce que du coup, je trouvais ça joli. Et moins... Enfin, plus féminin, en tout cas, que les cigariots. Mais bon, j'en fumais trois fois plus, parce que tu compares un cigariot à une Vogue. Comment te dire que... mais voilà tu remplaces une addiction par une autre et c'est pas bon quoi et donc quand t'as fumé ce cigario qui t'a fait rechuter il s'est passé quoi ?
- Speaker #1
tu t'es dit quoi ? tu dis j'ai rechuté bêtement avec ce cigario c'est à dire ?
- Speaker #0
bah aujourd'hui je sais que un cigario et une cigarette peut te faire rechuter donc en fait le meilleur moyen c'est de ne pas y aller J'ai fumé, c'était pendant les vacances, j'ai trouvé ça chouette, je me suis dit Oh, c'est pas une qui va me, et puis après je suis Bon allez, deux, c'est bon, trois, bon allez, c'est le dernier. Puis en fait, l'envie est déjà là et c'est fini. Et après, c'est trois par jour, puis cinq par jour. Et c'est n'importe quoi. Sachant qu'à l'époque, je fumais des Davidoff et que le paquet devait être à 18 euros, un truc comme ça. Wow. Non, mais c'est... Si je compte l'argent que j'ai gaspillé dans ces trucs...
- Speaker #1
Partis en fumée ?
- Speaker #0
Ouais, mais qui m'ont certainement procuré... Moi, j'ai commencé à fumer, c'était pour crâner. J'étais plus jeune que mes copains et mes copines et je voulais jouer la grande. Et j'ai appris à... Je me souviens qu'au départ, je fumais uniquement quand il y avait quelqu'un qui passait à côté de moi. Parce que je n'aimais pas ça. Ça sentait mauvais, je n'aimais pas ça. Du coup, je me suis dit, si je fume, il va croire que je suis grande, que je suis adulte. Voilà, la bêtise adolescente.
- Speaker #1
Putain, c'est fou.
- Speaker #0
C'est fou.
- Speaker #1
C'est à avoir bête,
- Speaker #0
mon corps. Et moi, pour le coup, tu parlais de mon fils tout à l'heure. Moi, ma sœur aînée a fumé. Et je me souviens un jour avoir rapporté à mes parents que je l'avais vu avec une cigarette. Quand je pense à ça, je me dis mais de quelle drogue quoi ! Et pour avoir fait encore pire après. Depuis elle a arrêté de fumer moi aussi mais c'est vrai que...
- Speaker #1
je ne sais pas forcément expliquer cette dépendance mais c'est intéressant est-ce qu'on rentre dans le côté médical des raisons pour lesquelles tu as arrêté ou on met un joker dessus ?
- Speaker #0
oh non on peut rentrer déjà moi j'ai depuis quelques années une sensation de sécheresse permanente dans la bouche je me souviens j'ai ça au niveau de la bouche des corps de cas donc toute la sphère ORL Pour moi, la fumée de cigarette dans les yeux, c'est une catastrophe. Les yeux qui me brûlent. Du coup, je ne fumais pas du tout dans la voiture parce que j'aime pas l'odeur, mais j'avais ça. Et plus le temps avançait, plus j'avais des problèmes de cordes vocales. J'avais un œdème dans les cordes vocales. D'ailleurs, il faut que je refasse un contrôle là, parce que je n'en ai pas fait depuis que j'ai arrêté de fumer. Je pense qu'il y a toujours quelque chose. mais que ça s'atténue énormément. C'est-à-dire qu'avant, tous les 15 jours, je devais prendre de la cortisone. En plus, je suis coach et formatrice, donc je passe mon temps à parler. Donc ça veut dire que je perdais ma voix au bout d'une journée de coaching. Et quand j'enchaînais le lendemain avec une formation, c'était hyper compliqué parce que je n'avais plus de voix. Donc je devais prendre de la cortisone pour pouvoir... arrêter l'inflammation des cordes vocales. Et en fait, je me dis, mais ce n'est pas possible. Et un jour, je vais voir l'ORL qui me dit, vous avez un œdème aux cordes vocales. Franchement, il est gros et il va falloir s'en occuper. Mais si vous voulez vraiment qu'il disparaisse, vous arrêtez la cigarette. Si vous n'arrêtez pas la cigarette, il va falloir le retirer. Et alors là, retirer un œdème sur les cordes vocales, les risques que ça engendre et tout, ben... Il y a un moment donné, c'est la vie qui a fait que je n'avais pas tellement le choix. Je sais que j'avais le choix de me faire opérer, mais que ça revienne d'ailleurs. Parce que ce n'est pas parce qu'on se fait opérer que ça ne reviendra pas. Et puis, depuis que j'ai arrêté de fumer...
- Speaker #1
Attends, mais du coup, tu sors de ce rendez-vous médical, t'arrêtes tout de suite ? Comment ça se passe ?
- Speaker #0
Non, il y a tout un processus d'acceptation de la décision. Mais ça n'a pas duré des années, ça a duré quelques semaines. Et c'est ma recherche de... En fait, c'est vraiment ce truc de... J'ai pas envie de souffrir. J'ai pas envie de souffrir en étant malade, mais j'ai pas envie de souffrir en arrêtant de fumer, en ayant un manque, en étant de mauvaise humeur. J'ai pas envie de faire payer aux autres mes propres mots, entre guillemets. Et du coup, j'ai pris le temps quand même de regarder, et la vie est quand même incroyablement faite, de regarder ces séances d'hypnose dont tout le monde parle, qui peuvent apporter des résultats. Donc j'en ai fait beaucoup, j'ai beaucoup regardé de témoignages, d'avis, jusqu'à temps que je tombe sur cette fille. Je dis Allez, j'appelle. Mais c'est extraordinaire. C'est comme si c'était le bon moment. Après, est-ce que je refumerai un jour ? Je ne sais pas. J'avais lu une phrase On peut dire oui pour la vie, mais la vie, elle peut décider autrement. C'est pour le mariage ? Que au niveau des odeurs, que au niveau de j'ai plus le stress entre chaque coaching. T'imagines avant parfois j'avais un battement de trois minutes et puis ça prenait plus de temps. C'était horrible pour moi et j'en voulais en plus à la personne que j'allais avoir. Si j'avais pas fait une cigarette, ça n'a pas de sens. Ça n'a pas de sens et du coup, oui, tu retrouves une liberté. C'est ça qui est chouette, c'est de retrouver cette liberté. Il n'y a pas longtemps, je ne sais plus où j'étais, j'étais en terrasse et... et j'étais avec une copine qui allume une cigarette mais qui ne fume pas beaucoup et je me suis dit je ne lui ai pas dit parce qu'elle l'aurait proposé et j'étais là Adélia, alerte rouge et voilà le fait de faire cet exercice ça m'aide parce que je pense que si aujourd'hui j'y vais, sachant les problèmes de santé que ça engendre franchement j'aurais l'impression de ne pas me respecter moi-même après je ne vais pas me... Je vais trop me culpabiliser, mais oui, je pense que c'est important aussi de se tenir à un engagement et à une décision.
- Speaker #1
Et là, tes problèmes de santé, ils en sont où ?
- Speaker #0
Il faut que je revoie l'ORL, mais ça va. J'ai toujours ce problème de sécheresse, mais avec peut-être d'autres explications. Mais en tout cas, le fait d'avoir arrêté de fumer a considérablement diminué tous ces problèmes-là, vraiment. Au-delà de l'argent que j'ai gagné depuis. C'est une liberté, vraiment. Ok.
- Speaker #1
Et donc, du coup, tu disais que tu n'as plus envie de fumer, mais tu y penses encore. Tu es en paix avec ça ?
- Speaker #0
Alors, en fait, c'est vraiment le sentiment, je ne sais pas vraiment, parce que la cigarette, elle est là à plein de moments, c'est-à-dire au bon moment comme au mauvais moment. Donc, quand j'ai envie de prendre une cigarette, je me dis, waouh, moment détente, très vite, je repense aussi au moment pas détente du tout quand c'est une addiction. Et ça prend le dessus, en fait. Parce que vraiment, on parlait des prisons, puisque toi et moi, on a fait cette expérience-là. Non pas d'être en prison. Mais en fait, c'est une prison de fumée. On est dans une prison, mais comme l'alcool, comme tout plein d'addictions, les jeux et autres, je pense vraiment que quand on rentre là-dedans, je peux même parler de la dépendance affective, quand on rentre là-dedans, on est dans une prison. Ce qu'on a plus, finalement, c'est ces choses-là, ces substances extérieures qui viennent nous contrôler. Et je pense que ça m'aide, ça. Je me souviens, la première fois que j'avais arrêté de fumer, j'étais dans un taxi. Et il y avait un psychiatre ou psychologue, je ne sais plus, à la radio qui disait De toute façon, la cigarette, quand on fume, c'est une forme de soumission. Et le mot soumission, alors chacun par rapport à son histoire, avait fait un déclic dans ma tête et je me suis dit mais never, j'arrête. Et ça, c'était le truc qui m'avait aidé à arrêter de fumer pendant deux ans. Wow ! Mais parce que non, je ne suis pas soumise. Tu parles, tu retournes très vite. Mais il y a des mots comme ça qui vont toucher déjà une blessure qu'on a à la base. Donc c'est pour ça que l'addiction, c'est un sujet hyper important. Quand je vois les problèmes de santé mentale chez les ados aujourd'hui, quand je vois les emballages couleur des cigarettes électroniques, avec cette forme de manipulation pour attirer le consommateur, et donc les ados, c'est comme si c'était un bonbon. Tu as toutes les couleurs, tous les goûts, tous les machins. Moi, je trouve ça effrayant, parce qu'on sait. On sait et au même temps c'est le côté marketing, le côté vente, le côté économique, enfin économique, pas faire des économies, c'est pas pour ceux qui font, mais qui prend le dessus. Alors qu'on parle de plus en plus de santé mentale chez les adolescents, je trouve ça effrayant en fait, c'est un non-sens. Je pense qu'en tant qu'être humain, on est blindés de non-sens tous autant qu'on est. On sait que c'est dangereux, mais on fait quand même. On sait qu'il faut protéger les ados, mais on va quand même tout faire pour les attirer vers des trucs qui ne sont pas bons pour eux. C'est vraiment un sujet plus philosophique.
- Speaker #1
J'adore.
- Speaker #0
C'est vrai que quand je regarde ça aujourd'hui, je pense que ce regard-là, on l'a plus quand on a fait cette expérience d'arrêter de fumer, quand on prend le recul et qu'on se dit... On voit en fait, pourquoi est-ce qu'on ne voyait pas ça avant ? Moi je vais dans un tabac aujourd'hui pour... Parfois je joue à l'auto, ça m'est arrivé une fois par an. Et en fait quand je vois toutes ces couleurs, ces odeurs quand on rentre et tout, je me dis mais qu'est-ce que je suis contente finalement de ne plus me laisser embarquer par ça. Parce qu'à un moment donné je pense qu'on doit ouvrir les yeux.
- Speaker #1
Toi qui as arrêté plusieurs fois et donc qui as repris plusieurs fois, trois fois, est-ce qu'il y a une culpabilité qui s'installe au fur et à mesure quand tu as repris ? Parce qu'en fait, je te pose cette question parce que moi j'ai la chance, je touche du bois. J'ai arrêté qu'une fois. Et je n'ai jamais voulu arrêter. Donc je n'ai jamais fumé en culpabilisant, en me disant, oh là là, ce n'est pas bien.
- Speaker #0
Je me souviens, tu adorais. Moi, j'aimais bien les moments où on fumait. La culpabilité, elle est dans la rechute. Le fait de rechuter, c'est culpabilisant, mais la culpabilité, elle part parce que la vie continue. Mais j'espère vraiment qu'aujourd'hui, je ne retournerai pas là-dedans, vraiment.
- Speaker #1
Quand tu vois quelqu'un qui dit qu'il a arrêté de fumer, est-ce que tu vas vouloir lui donner un conseil ?
- Speaker #0
Non, je vais dire chouette, bravo. Non, parce que le conseil, je pense que chacun a une méthode. Je crois qu'il n'y a pas une bonne ou une mauvaise façon de faire et qu'il faut bien se connaître aussi pour prendre conscience de pourquoi. Et d'ailleurs, pourquoi est-ce qu'on a commencé à fumer ? Qu'est-ce qui nous manque finalement ? Puisque ça vient compenser quelque chose. Chacun a des histoires différentes, donc donner des conseils, on peut si la personne nous demande parce qu'elle peut avoir besoin d'aide et c'est OK. Mais je pense que la première aide, c'est aussi de féliciter parce que ce n'est pas simple. d'être pleinement avec l'autre ou de ne pas en parler, parce que ça peut aider aussi. Là, je te dis, mon fils, j'hésite à lui dire, ça va, ne t'inquiète pas, parce que je suis sa maman. Mais en même temps, je me souviens les premiers jours, ça c'est marrant d'ailleurs, ça me revient là, les premiers jours où j'ai arrêté de fumer, la dernière fois avec l'hypnose. Alors mon fils, c'est pas du genre à me poser des questions, du genre t'as fait un truc, voilà tu l'as fait, t'assumes et il n'y a pas à revenir là-dessus. Il ne va pas dire ça va maman, il n'est pas dans ce truc-là. Et en fait ça m'a aidée. Ça m'a aidée parce que quelque part dans ma tête, je me disais mince, il pourrait voir quand même que ça fait une journée que je n'ai pas touché à une cigarette, deux journées, trois journées. Mais en fait, ce n'est pas son problème, c'est ma responsabilité et mon engagement. Ce n'est pas lui qui m'a dit maman, je veux que tu arrêtes de fumer. C'était vraiment mon engagement. Et du coup, je pense que c'est plus simple quand on est vraiment engagé vis-à-vis de nous-mêmes. on le fait. Et si on rechute, c'est aussi notre responsabilité à nous. Alors que si tu t'engages vis-à-vis de quelqu'un, en plus de la culpabilité, tu as le fait de trahir quelqu'un. C'est terrible pour moi de trahir quelqu'un. Le conseil que j'ai, c'est faites-vous mieux. C'est OK. Et on a le droit d'être en manque, on a le droit de s'énerver. Mais ce qui est sympa, c'est de se dire que si on est énervé, on sait pourquoi. C'est important pour moi. savoir pourquoi, au moins.
- Speaker #1
Tu vois d'autres avantages physiques, émotionnels, depuis que tu as arrêté de fumer ?
- Speaker #0
Alors, physique, complètement. Parce que je t'ai dit tout à l'heure que j'allais à la piscine trois fois par semaine. Je pense qu'au départ, si je neigeais 20 minutes, c'était waouh ! Et maintenant, au bout de 45 minutes, je peux neiger encore 45 minutes. alors je le fais pas parce que ça me gonfle mais c'est 45 minutes pour qu'il puisse y avoir des effets en tout cas de ce que j'ai compris et tu vas à la piscine parce que t'aimes bien ? je vais à la piscine parce que j'ai beaucoup de problèmes de dos le télétravail, le fait d'être assise tout le temps ça me pèse pour le coup et j'ai eu plusieurs séances d'ostéopathie et de chiropraxie et les deux m'ont dit si tu veux avoir moins mal je me suis Tu peux toujours avoir moins mal avec des antidouleurs, mais c'est la piscine, c'est le fait de muscler le dos. Donc la piscine est un sport complet et l'avantage de la piscine, c'est que tu n'as pas de courbature, parce que ton corps repose sur l'eau, donc en fait tout est chouette. Il n'y a rien qui fait pression sur quoi que ce soit, alors tu nages, tu fais des mouvements. Je ne sais pas l'expliquer, mais ça tonifie vraiment toutes les parties du corps. Et du coup, je me sens bien avec ça et j'adore juste... Même faire la planche, c'est le kiff. Tu n'as aucun effort à faire, tu restes juste comme ça. Et puis, la planche, tu arrives à la faire quand tu es complètement décontracté. Les personnes qui ont peur de couler, elles ne peuvent pas faire la planche. Et donc, c'est vraiment une liberté totale. La piscine est une liberté totale. Donc, je fais 45 minutes. Et au bout de... Je fais environ 60 longueurs. Tu fais quoi ? Tu fais des bras,
- Speaker #1
scroll ?
- Speaker #0
Je fais crawl, j'utilise masque et tuba. Alors, ça, c'est vraiment quelque chose d'important pour moi. Masque et tuba, j'ai découvert quelque chose. Donc, moi, je n'aime pas le rythme de la respiration. Ce n'est pas la même chose au niveau cardiaque, mais le fait de nager sans masque et sans tuba, ce n'est pas bon pour moi. Déjà parce que ça fait mal au dos, notamment quand tu nages la brasse. Donc je mets un masque et un tuba, c'est génial parce que ton corps est toujours droit, que ce soit en crawl ou en brasse. Et quand tu as ton tuba, c'est comme une séance de méditation. C'est de la respiration pleine conscience. J'avoue. Et donc, ton rythme cardiaque et ton rythme de respiration, il est hyper lent par rapport au mouvement. Et donc, c'est super parce que c'est 45 minutes de respiration, 45 minutes d'exercice, et tu sors de là, t'es... T'es dans un petit nuage en fait. T'es dans un petit nuage parce que t'es contente de toi. T'es dans un petit nuage parce que du coup, la respiration, elle a oxygéné tout le cerveau, le cœur et le ventre. Et c'est hyper agréable, vraiment. Et c'est un travail de longue haleine. Et je trouve que c'est plus sain en fait de faire ça progressivement, mais de le faire régulièrement, plutôt que de le faire à outrance pour compenser quelque chose.
- Speaker #1
Attends, tu fais quand même trois fois par semaine pendant trois quarts d'heure. C'est énorme.
- Speaker #0
Oui, c'est énorme. Mais après, je ne fais pas une compète. Je nage.
- Speaker #1
Tu prends du temps pour toi.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et quoi d'autre, alors, de positif depuis que tu as arrêté de filmer ?
- Speaker #0
L'argent, je pense que... Tu le sens ? Je le sens, oui, bien sûr. Je le sens parce que... En fait, c'est le temps de la cigarette. Les odeurs, les problèmes de santé. Le temps d'aller acheter les cigarettes, parce que quand on fume, si à 1h du matin on a envie de fumer et qu'on n'a pas de clope, moi je prends ma voiture, je fais 50 km pour aller chercher un paquet de cigarettes. Tu as déjà fait ça ? Ah oui, j'ai déjà fait. Je l'ai déjà fait. Un café, combien de fois j'ai tapé sur Internet café tabac nocturne sur Paris, sachant que je n'habite pas sur Paris, mais en région parisienne. Et oui, je l'ai déjà fait. Parce que dès qu'on a ce truc dans la tête, il faut que je fume une cigarette et je n'en ai pas, c'est hyper casse-pierre. Moi, je n'ai jamais fumé la nuit. En tout cas, je ne me réveillais pas la nuit pour fumer. Mais si je sortais ou que je finissais une dernière cigarette et qu'après je rentrais chez moi et que je n'en avais plus... Là, non, franchement, j'étais capable de faire beaucoup de kilomètres pour trouver une cigarette. Et donc, c'est une perte de temps inouïe. Et l'argent, en tout cas en France et dans d'autres pays européens, en tout cas, c'est une blinde. Je ne sais plus à combien on est, ça a encore dû augmenter depuis deux ans, mais on est à plus de 10 euros le paquet. 10 euros le paquet. Moi, j'étais à un paquet par jour. C'est vite vu, quoi. C'est vraiment... C'est pas qu'une économie financière, mais c'est beaucoup. C'est beaucoup d'argent. Et puis chacun a son histoire, mais c'est aussi une culpabilité. Mon fils fume, je ne suis pas fière que mon fils fume. C'est se poser la question de, tiens, tu n'as pas donné le bon exemple, donc c'est normal qu'il fume. Après, il aurait pu fumer pour d'autres raisons, mais peu importe. La question que je me suis toujours posée, c'est pourquoi on commence ? Parce que moi, je me souviens de la première fois que j'ai fumé, j'ai trouvé ça ignoble. Ça sent pas bon, ça a pas bon goût, ça m'a fait tousser, mais alors j'ai toussé comme une tarée, et j'y suis retournée, jusqu'à temps que je tousse plus. C'est quand même le ton, le comble. Et vraiment, c'est une question que je me pose, pourquoi ? Alors, moi j'ai trouvé ma réponse, puisque c'était pour faire ma grande, entre guillemets, en tout cas c'est comme ça que je le comprends, que je le vois aujourd'hui. Mais je... quand même. Je pense qu'il y a une autre explication. On sait, c'est comme toutes les addictions, on peut jouer aux cartes sans devenir dépendant, on le sait. On peut boire de l'alcool, alors moi le champagne, je suis fanate de champagne. Maintenant, sans cigarette, donc c'est génial, je bois du champagne sans cigarette, mais je ne suis pas addicte au champagne. Je peux rester un mois sans boire de champagne, ce n'est pas grave. Je peux même rester un mois sans boire de l'alcool, ce n'est pas grave. Mais pourquoi ? Donc c'est bien que ça vient répondre à un manque, à une souffrance qu'on a à l'intérieur de nous. Voilà, je travaille, enfin je travaille pas, j'interviens en tant que bénévole à la Croix-Rouge. Voilà, on reçoit des super personnes qui ont des parcours de vie parfois compliqués. Et là, c'est pas la cigarette, on parle du joint, je vais parler du joint.
- Speaker #1
Oui, vas-y, j'ai un livre fort là sur ça.
- Speaker #0
Et cette personne-là, c'est une jeune femme qui est hyper dynamique, souriante, bonne vivante, elle est hyper altruiste, speed, et elle a une sclérose en plaques. Et en fait, elle explique qu'elle fume autre chose que la cigarette, même si elle fume la cigarette aussi, parce qu'elle dit, mais moi, je sais très bien qu'en fumant ça, c'est un moment où j'ai plus mal, parce que les roses en plaques, ce n'est pas elle qui va m'avoir, c'est moi qui vais l'avoir. Et donc, c'est ce qui permet d'apaiser aussi une certaine douleur. Je ne pense pas que ce soit un bon moyen, mais en tout cas, sur le coup, ça donne cette impression de même pas mal. Et je pense que la cigarette, quand on est énervé, le fait de fumer, c'est Ok, je vais me détendre avec la cigarette même si on ne se détend pas du tout, parce qu'en fait, quand on n'en a pas, on s'énerve encore plus. Donc, c'est génial de pouvoir voir, d'observer tout ça. Et au même temps, c'est compliqué d'être complètement impuissant. Voilà, donc je ne prêche pas la bonne parole, je ne suis personne pour ça, mais j'avoue que je suis assez interrogative sur J'ai conscience de Donc on sait comment fonctionne finalement le cerveau humain. On sait comment programmer finalement un cerveau humain avec l'hypnose et plein d'autres choses, mais comment déprogrammer certaines choses, c'est beaucoup plus compliqué. Je trouve qu'on a beaucoup de choses à apprendre. Je suis sûre que dans les neurosciences, ils doivent bien avancer de ce côté-là, mais je trouve ça hyper intéressant, même si ce n'est pas forcément une expertise que j'ai. C'est quelque chose qui m'intéresse énormément parce que ça permet de comprendre.
- Speaker #1
C'est vrai que tu as les terrains addictifs et tu as des comportements. C'est vrai qu'on l'a étudié et on l'a fait étudier aussi en prison. La particularité de la cigarette, surtout depuis les années 80, c'est qu'ils ont ajouté de l'ammoniaque. Parce que ça va amplifier l'addiction et accélérer l'addiction. Avant, sans l'ammoniaque dans la cigarette, on pouvait être addict en trois mois. Et avec l'ammoniaque, on est addict en trois semaines. Donc, au-delà du fait que ça vient combler un truc, ça vient combler le manque qu'ils ont créé. C'est hyper bien fichu. Ils avaient un gros budget pour étudier le truc. Ils l'ont bien mis en place.
- Speaker #0
Mais ce qui est terrible, c'est pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'on met ce type de produit nocif ? On le fait de façon consciente. Pour moi, c'est un crime, en fait. C'est complètement un crime. On parle tous d'approche systémique aujourd'hui. On a un système qui est mis en place de telle sorte qu'on accepte finalement d'être... On le sait, d'être manipulé, je veux le dire, mais on le sait et pourtant, on se laisse quand même embarquer. C'est lunaire. C'est lunaire. Je ne sais plus quelle était l'émission, mais... On va parler d'un reportage par rapport à l'addiction des enfants, à tout ce qui est jeux vidéo, le téléphone portable. Aujourd'hui, un enfant à un an, il a des réflexes complètement différents de nous parce que les outils sont différents. Donc, il est déjà en train de passer à la page suivante sur son iPhone. Et c'était dans la Silicon Valley où les informaticiens ont protégé leurs enfants de ça en les mettant dans les écoles sans aucun ordinateur, sans accès à Internet, etc. Je trouve ça, mais... C'est criminel. C'est criminel. On le sait. En fait, moi, c'est une question de pouvoir, c'est une question d'argent. Et on continue. Qu'est-ce qu'on fait, en fait ? On se bat pour plein de choses, heureusement. Mais j'avoue qu'on sait tout ça, mais on y va quand même.
- Speaker #1
Il y a un truc où on nous fait porter le chapeau, c'est à nous de nous responsabiliser sur nos dépendances. Sauf que les industriels nous créent cette dépendance. et eux, on ne les remet pas en cause.
- Speaker #0
Exactement. Exactement. Tu vois, tu parlais d'ammoniaque, et je ne savais pas ce que tu m'as dit. Mais je suis sûre qu'il y a aussi dans la nourriture des choses comme ça qui vont nous rendre addicts.
- Speaker #1
Tous les e machins créent une forme d'addiction. Tout ce qui est consécrit à Rome. additifs, bon ben voilà, laisse tomber.
- Speaker #0
Et il y en a partout. Il y en a partout. Et donc ça crée une addiction et si on le sait, pourquoi on continue à le faire ? J'aime bien le... En coaching, je dis ça souvent. On se dit souvent, il y a un moment donné, il faut se prendre par la main. Mais je trouve que se prendre par la main, ce serait plus sympa de se dire il faut se donner la main à soi-même. On sait que ce n'est pas facile, mais allez, tu vas y arriver. Tiens, donne-moi la main, je t'embarque et tu vas être capable de le faire. Et ça, c'est vraiment un truc... se donner la main à soi-même c'est se responsabiliser et faire des choix faire le choix de j'y retourne, j'y retourne pas c'est bon pour moi, c'est pas bon pour moi mais le faire en acceptant que parfois on va consciemment faire quelque chose qui est pas bon mais que du coup on le fait une fois faut pas que ça devienne une addiction tu as déjà eu des coachés qui voulaient arrêter de fumer du coup Alors, c'est pas du tout un sujet, c'est bizarre ce que je vais dire, mais accompagner quelqu'un pour arrêter de fumer, c'est pas du tout mon sujet. J'ai... Parce que... Parce que moi, ce qui m'intéresse, ce n'est pas la cigarette, c'est qu'est-ce qui fait la cigarette ? Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, on compense ? Je n'ai jamais pris quelqu'un pour arrêter de fumer. Est-ce que quelqu'un a déjà arrêté de fumer suite à des coachings ? Ça n'a jamais été cet objectif-là qui avait été défini au départ. Je ne peux pas te dire. Non, non, non. Ça va jusqu'ici ? Ça va super bien. C'est chouette de se rendre compte qu'à travers un sujet auquel je ne pense plus tous les jours, et quel bonheur, mais qu'il y a tellement de liens avec notre propre histoire, nos besoins, notre personnalité, et surtout aussi notre société, nous en tant qu'êtres humains, c'est fou.
- Speaker #1
Quand tu penses à quelqu'un de connu qui fume, tu penses à qui ? Je veux voir quels sont les ancrages qu'on a inconsciemment. Il n'y a personne qui le vient ?
- Speaker #0
C'est marrant parce que je n'ai personne qui me vient. Mais ce qui me vient tout de suite, c'est que quand je regarde un film, un vieux film, et que je les vois en train de fumer à l'hôpital, dans un bureau où tu as tous les collègues à côté qui sont asphyxiés, je me dis Waouh ! Moi aussi, j'ai fait ça. J'ai mangé dans des restaurants où on fumait à table. J'ai pris des trains où ça puait, mais je prenais le wagon fumeur. Et je me dis, mais ceux qui ne fumaient pas, c'était tant pis pour eux. Ça, c'est un truc qui me choque aujourd'hui. Donc, c'est bien qu'il y ait une évolution des consciences. Et c'est quand même chouette d'avoir mis en place des espaces. Il ne doit pas y avoir des espaces non fumeurs, il doit y avoir des espaces fumeurs. Parce que les non-fumeurs, après tout, c'est eux qui sont dans leur bon droit partout. Et je trouve qu'à un moment donné, c'était pas ça, les non-fumeurs, c'était Tu fumes pas, tant pis pour toi, mais tu fumes quand même parce que t'es à côté de moi. Et donc c'est surtout les vieux films où à chaque fois je suis... Je trouve ça beau, franchement. Quand je vois les films des années 70 avec les femmes, leur cigarette et le petit support pour mettre la cigarette, je trouve ça hyper élégant. Je me souviens même que... Alors je sais plus dans quel... Je crois que c'était... Une série sur Netflix, je ne sais plus, il y avait une femme qui fumait sa cigarette très fine avec le support. Je trouvais ça super beau, je me disais tiens, et si j'achetais le support, qu'est-ce que je pourrais mettre au bout juste pour faire joli ? Ça n'a aucun sens, mais tu vois, c'est bête, mais c'est ça, je trouve ça élégant. Pour moi, c'est élégant de fumer. Ça peut être élégant de fumer. Après, quand tu vois les doigts jaunes et l'odeur de la cigarette, ça enlève vite l'élégance. Mais j'avoue que ça a un côté, ça peut avoir un côté chouette.
- Speaker #1
Oui, ils ont hyper bien, les industriels du tabac ont hyper bien orchestré ça pour rendre ça élégant.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Même en expliquant à quel moment il fallait fumer, à quelle tenue il fallait avoir pour fumer au cinéma, pour que ça rende la chose élégante. et moi j'aimerais bien remplacer le paquet de cigarettes et le briquet par un carnet j'ai toujours mon carnet et un stylo et en fait avoir un stylo dans la main est-ce que c'est pas tout aussi élégant en fait c'est qu'une histoire d'habitude d'ancrage, d'association, d'idées reçues de croyances Et j'aimerais trop qu'on remplace le carnet par le paquet de cigarettes et le stylo par le briquet. Enfin, le briquet par le stylo.
- Speaker #0
Je trouve ça hyper joli. Ça fait très journaliste et autre. Vraiment, je trouve ça chouette. Et je trouve que c'est un bon réflexe parce qu'on devrait tous avoir un petit carnet pour prendre conscience de plein de choses qui nous arrivent dans la journée. Là où je pense que ce n'est pas un truc pour moi, en tout cas dans mon mode de fonctionnement, c'est le remplacement d'un truc par un autre. c'est parce que du coup quand j'ai pas mon stylo je suis pas bien je préfère rien parce qu'au moins je sais que je suis guérie il y a un truc comme ça où j'ai pas envie de compenser ni par la gestuelle ni par un objet je
- Speaker #1
parle pas forcément de compenser par le carnet et le stylo mais pour pouvoir créer je sais pas comment dire pour montrer que il y a autre chose qui peut être tout aussi cool qu'on voit au cinéma, où on voit des gens dire Ah ouais, non mais il y a la clope au bec, c'est trop stylé. Et dire Ah ouais, non mais il est en train d'écrire dans son carnet, c'est tout aussi stylé. Et c'est pas tant nous, en tant qu'anciens fumeurs, de le remplacer, mais de planter une graine chez les nouvelles générations qui associent ça à ça. Qu'est-ce que tu voudrais dire à la future Adélia si jamais un jour elle avait envie de rechuter ?
- Speaker #0
Si je sens que je rechute, que je pourrais rechuter, ce n'est pas parce que j'ai envie, c'est qu'il y a un truc qui ne va pas. Je pense vraiment que, vu tout ce que je t'ai dit tout à l'heure, et notamment les problèmes de santé, les problèmes d'argent, etc., si je me laisse embarquer par une cigarette, Ou en tout cas par une rechute, c'est-à-dire fumer comme avant, parce que moi si je fume, ce n'est pas une cigarette par jour, c'est savoir aussi quelles sont les conséquences. Donc ça veut dire accepter de tomber malade en conscience, accepter de perdre de l'argent en conscience, et du coup me priver d'autres choses. Et je préfère kiffer la vie. parce qu'elle passe vite et que déjà moi j'ai du mal à profiter donc si en plus je suis malade et qu'après on ne sait pas ce que la vie nous amène si jamais je prends une cigarette je ne dis pas que je ne reprendrai pas de cigarette je préfère me dire ça comme ça au moins je ne me trahis pas si je le fais peut-être mais si je fume une cigarette je sais que j'aurais encore envie de fumer alors il ne faudra pas que je refume une deuxième cigarette Donc pour le coup, il vaut mieux pas que je fasse tout simplement.
- Speaker #1
On t'a déjà dit que tu manquais pas d'air ?
- Speaker #0
Moi, je pense que je manque énormément d'air. C'est vrai ? Oui. Et d'ailleurs, pourquoi ? Parce que c'est marrant que tu poses cette question comme ça. Parce que je te parlais tout à l'heure de la respiration avec le tuba, donc c'est une respiration consciente. Depuis que j'ai mon problème de corde vocale, Le fait d'avoir les cordes vocales asséchées, j'ai l'impression de manquer d'air en permanence. Et cet air, je suis obligée d'aller le chercher. Et donc, quand tu fumes... Cette ère, c'est encore pire parce que tu en as beaucoup moins. Monter les escaliers comme je l'ai fait tout à l'heure, parler là pendant, je ne sais pas depuis combien de temps on parle, mais en fait, je pense vraiment que ça aurait été hyper compliqué. Physiquement, je n'aurais pas été bien. Là, je suis très bien. Mais par contre, je sens, je ne sais pas si tu l'entends, mais j'ai eu six heures de coaching avant de venir. Je sens que j'arrive au bout de l'air que j'ai à l'intérieur de moi. Et ce qu'il y a d'intéressant derrière, c'est que manquer d'air, ça veut dire manquer de culot. Et le fait d'oser pour moi, c'est très important. Oser dire les choses, oser faire les choses, oser être moi-même aussi parfois. Et je pense que c'est tout un processus. De m'autoriser aujourd'hui à avoir plus d'air parce que j'ai arrêté de fumer, à conscientiser le fait que j'ai tous ces problèmes pour mieux respirer avec le masque, c'est aussi accepter de voir une porte dans cette prison-là pour accéder à moi-même. Donc ça, c'est important pour moi aujourd'hui. C'est même vital d'ailleurs. Je pense que c'est le nerf. de la guerre, ou de la paix, j'en sais rien, mais plutôt de la paix, on va dire ça comme ça.
- Speaker #1
Trop bien, merci beaucoup Adélia.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
J'espère que cette interview vous a plu. Vous trouverez toutes les informations complémentaires dans la description de l'épisode, et tout ce qu'il faut pour s'abonner, liker, commenter, nous retrouver sur les réseaux, et même prendre contact si vous voulez nous partager votre témoignage. Bisous à vos horribles cravings et autres impérieuses envies de fumer. Rendez-vous la semaine prochaine, et d'ici là, bon sevrage.