- Speaker #0
c'est Bigard qui dit oh merci de citer Bigard dans le podcast il n'a pas été cité encore donc je vais le faire il dit deux fumeurs sur deux meurent j'ai fait le four une fois mais je le reconseille je ne le conseille pas c'est terrifiant comme expérience mais ça finit par marcher mais je ne conseille vraiment pas
- Speaker #1
Bienvenue sur le podcast Tu manques pas d'air. Je vous précise le contexte de cet épisode tout de suite. J'ai enregistré spontanément cette interview un dimanche matin, pendant un week-end d'anniversaire, alors que la team émergeait un par un en pyjama dans le salon, entre les cafés et la préparation du déj. Cet épisode est donc livré en l'état, avec son ambiance autour. Jean-Henri adhère à nous un projet pâte à pizza, merci Glenn, un projet gâteau praliné, merci Val, et quelques commentaires en fond sonore, bisous la source. Ce qui n'enlève rien à la qualité de ce qui va être dit. Voilà, ça c'est pour poser le décor. Ensuite, j'ai pris de court mon invité qui n'avait rien demandé, à part son deuxième café, mais que je soupçonnais être un candidat parfait pour témoigner et vous accompagner pendant votre craving passager. Et on peut dire qu'il s'en est sorti avec brio. J'essaie de ne pas vous spoil. J'en ai déjà trop dit, rien qu'avec le titre. Et vous, si vous avez des anecdotes sur le tabac aussi lunaire, drôle et peu glorieuse, quoique, que celle de mon invité, venez nous raconter en commentaire sur YouTube ou Insta, ou mieux, prenez contact pour qu'on fasse un épisode ensemble. D'ici là, courage, bisous à votre sevrage. Comment ça s'est passé votre arrêt du tabac monsieur ?
- Speaker #0
Tu veux que je réponde vraiment ?
- Speaker #1
En vrai ouais, on sait pas ce que ça va donner. Mon monteur il a pété un câble.
- Speaker #0
Il faudrait qu'il se débrouille. Axel il s'appelle ? Bonjour Axel, bon courage pour cette journée de montage. Et bien moi j'avais arrêté une première fois. Je m'étais toujours dit que j'arrêterais avant 30 ans. Parce qu'on m'avait toujours dit que si on arrêtait avant 30 ans, on pouvait un petit peu...
- Speaker #1
Sauver les meubles.
- Speaker #0
Sauver les meubles, exactement. Et j'ai arrêté une première fois... Je ne sais plus trop pourquoi, quand j'habitais à San Francisco, je crois, j'avais arrêté parce que j'avais arrêté avec une copine et on s'est dit qu'on arrêtait ensemble. Et en fait, pendant le Covid, j'ai repris parce qu'on se faisait trop chier. J'allais bien finir par fumer, donc j'ai pris une taf, une deuxième taf. Et puis, je me souviens très bien du jour où je suis allé acheter le paquet de clopes et vraiment, je marchais vers le buraliste en me disant, je suis vraiment une merde, je suis vraiment une merde, je suis vraiment une merde. J'ai acheté mon paquet et après du coup j'ai repris.
- Speaker #1
Not yet.
- Speaker #0
Et après, on enregistre s'il vous plaît, merci. Et après, deux ans plus tard, j'étais en vacances à New York et il me restait, c'était un peu la fin d'un paquet. C'était vraiment, je sortais d'un resto, il me restait une clope, et le soir on allait probablement sortir. Je pensais que je n'allais pas avoir le temps de racheter des clopes avant de sortir.
- Speaker #1
Elle n'est pas ouf cette histoire. Un peu longue,
- Speaker #0
non ? Ok. Je suis d'accord.
- Speaker #1
Je sens qu'il se joue beaucoup de choses alors que... Non pardon, je te charrie.
- Speaker #0
Et du coup, j'ai... Non, non, pardon. Non mais tu m'as mis en...
- Speaker #1
Non mais je voulais pas du tout faire ça.
- Speaker #0
Et du coup j'avais cette top dans la main et je me suis dit, allez c'est la dernière quoi, et j'ai arrêté. Et après j'ai plus refumé depuis.
- Speaker #1
Ah en fait, elle est géniale cette histoire.
- Speaker #0
Bah oui, c'est ça, tu m'as... J'ai fait un peu comme mon flip-flop en fait !
- Speaker #1
Vas-y, on la refait.
- Speaker #0
Du coup je me suis dit que j'allais arrêter avant 30 ans. Et genre à 29 ans, j'étais en vacances à New York. Et il me restait une... une clope, j'avais un peu la flemme de me retourner acheter des clopes, je savais que j'allais sortir le soir, donc ça a été de galère, je suis sorti d'un resto, et j'ai dit allez c'est la dernière. Et voilà, après le lendemain, je me suis dit bon aujourd'hui, après le classique, le lendemain je me suis dit aujourd'hui je fume pas et puis le jour d'après je me suis dit aujourd'hui je fume pas et puis tous les jours. Et pendant longtemps je me suis dit ok après un an, je recommencerai des clopes occasionnelles. Et après un an, je me suis dit, j'ai senti que j'étais un peu faiblard quand même, j'allais pouvoir replonger, j'ai vu des copains autour de moi replonger. Et donc je pense après un an et demi, j'ai fait ma paix avec le fait que je refumerai probablement pas.
- Speaker #1
Non mais t'es en train de dire que tu fais partie du club des Juste Une, c'est mort ?
- Speaker #0
Je suis persuadé que je fais partie du club des Juste Une, c'est mort.
- Speaker #1
Mais en vrai, est-ce qu'on en connaît des Juste Une, c'est pas mort ? Ouais.
- Speaker #0
Y'a des gens dans ma boîte, par exemple, qui encore aujourd'hui, tard dans leur vie... Ah non, en fait, c'est des gens qui l'ont toujours fait. Je sais pas s'il y a des gens qui sont passés par... Je connais des gens qui vraiment vont fumer une clope une fois de temps en temps. Ouais. Après, moi c'est impossible. Mais moi c'est parce que je sais que c'est comme ça avec tout, et pas que avec les clopes. Ouais. Tout ce que je touche, je... J'en fais une addiction.
- Speaker #1
Du coup, t'as compensé ?
- Speaker #0
Ouais, je bois beaucoup plus.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai, on en parlait.
- Speaker #0
En fait, c'est fou. Les moments où je sens l'envie de clope monter, je sens exactement ce que c'est, et je vois très bien les types d'activités qui peuvent la remplacer. Un café, par exemple, ça marche. Mais le truc, c'est que je peux pas boire 100 cafés. Je me limite à 4. Donc déjà, après 16h, c'est fini. Mais j'aimerais bien. J'adorerais boire plus de café. Non, alors je suis probablement peut-être addict à la caféine aussi, mais... Mais je sens que c'est ce truc qui monte.
- Speaker #1
Balzac était caféinomane. C'est assez stylé d'avoir le même problème que Balzac.
- Speaker #0
C'est pas mal.
- Speaker #1
Il en est mort.
- Speaker #0
De ça ? C'est vrai ? Oui. C'est pas du tout rassurant.
- Speaker #1
On cumule de plein de choses.
- Speaker #0
Mais il y a des problèmes de caféinomane.
- Speaker #1
Beaucoup trop.
- Speaker #0
Ah oui. Je me limite fort, mais je pourrais en boire 100% plus. Et vraiment, je sais que...
- Speaker #1
Si tu avais nos limites par rapport au café, nos impacts, tu en boirais combien ? T'aurais ta gourde de...
- Speaker #0
Non, surtout pas de gourde. Non, parce qu'il faut qu'il y ait un début et une fin, c'est tout le kiff. Comme la clope. C'est pour ça que j'ai jamais trouvé mieux les vapes ou les trucs comme ça.
- Speaker #1
On dit vape quand on habite à New York.
- Speaker #0
Les vapoteuses ? T'aurais préféré ?
- Speaker #1
Sinon les CE, cigarettes électroniques.
- Speaker #0
Les CE, c'est dans les termes techniques un peu d'assaut, genre.
- Speaker #1
En fait, je l'ai découvert quand j'ai interviewé Joseph dans un des épisodes. C'est peut-être belge, parce qu'il s'est mis à fumer en Belgique.
- Speaker #0
Je ne Non, il faut qu'il y ait un début et une fin. Du coup, concrètement, je pense que je ferais peut-être huit cafés par jour. Ok. Si j'ai pas de limite. Et là c'est 4, mais du coup comme c'est 4, ils ont des heures précises. En fait je suis obligé de faire ça. Mais avec tout, les trucs où je deviens un peu addict, il faut que je mette des systèmes très très précis.
- Speaker #1
Tu veux développer ? Tu veux pas nous faire la liste de tous tes rituels d'addicts ? Parce que je pense que les auditeurices sont avec toi, il y en a pas mal qui sont dans la même dynamique que toi, donc ils sont preneuses de tes tips et de tes blagues. Mais t'es pas obligé d'être drôle.
- Speaker #0
Oui très bien, si j'avais préparé ça, j'aurais fait la liste de ces rituels en avant. Mais déjà, le café, par exemple, c'est vraiment... Ils ont des heures très précises. Il y a des règles un peu...
- Speaker #1
Mais je n'avais pas un café, d'ailleurs. Je l'ai goûté le fond, ça me plaît. OK. Je ne t'en prie pas. OK.
- Speaker #0
En gros, le 10 minutes pour le café, c'est 1 au réveil. J'entends maintenant que ce n'est pas idéal, mais en tout cas, c'est 1 au réveil.
- Speaker #1
Oui, il faut attendre une heure.
- Speaker #0
Oui, c'est ce que je lis souvent récemment. Mais c'est impossible. Celui-là, il est devenu fondamental. Parce que c'est psy, pas psy, je sais pas. En tout cas, c'est fondamental. Avant, c'était trois. Rigoureux. Un au réveil, un juste après le déj et un à 16h pile. Mais celui de 16h pile, il est tellement timé. C'est vraiment... J'ai pas besoin de regarder l'heure, en fait. À un moment, il est 16h et je sais qu'il est 16h et c'est l'heure du café, tu vois. Wow. Et vraiment, parfois, à 15h54, je suis là genre... Ah ouais Je veux pas le prendre avant 16h Et du coup je le prends pas après parce que j'en ai trop envie quoi
- Speaker #1
Et après 16h c'est trop risqué C'est trop excitant Donc tu pourrais pas dormir ?
- Speaker #0
J'ai pas fait l'expérience de ça De ce moment où je suis dans mon lit et j'arrive pas à dormir Mais du coup je m'impose ce truc de 16h Aussi parce que je veux pas plus que 3-4 Entre temps il y en a un qui s'est intercalé vers 11h donc c'est ça qui fait 4 maintenant et après pour les autres j'essaye pas mal de de conditionner les addictions entre elles t'as un exemple ? bah par exemple s'il y a des périodes où je trouve que je fais trop je regarde trop de reels Instagram j'ai eu des périodes où vraiment je considérais enfin parler d'addiction c'est un peu fort en vrai je regarde juste des reels et c'est pas non plus horrible mais j'observe juste mais ...mécanisme interne, c'est juste que je vois que c'est les mêmes, tu vois, donc je me doute bien que...
- Speaker #1
Tu viens, ouais, tu vas chercher ton shoot de dopamine, quoi.
- Speaker #0
Ouais. En fait, je vois que c'est les mêmes, c'est ce que je te disais hier. Je vois que c'est les mêmes parce que les deux cas, c'est moi qui me mens à moi-même pour quand même y accéder. Et c'était pareil quand je fumais, où je pouvais me dire pendant une période, Ok, vas-y, là, je ne fume pas cette semaine, je ne fumerai que ce week-end, par exemple. C'est un des grands classiques, ça, de je ne fume que quand je bois etc. Et en fait, le jour 2, un meeting qui se passe un tout petit peu mal, et je sors en me disant Ah, mais là, c'est particulier, vraiment. Je suis énervé, donc je vais fumer une clope. Et c'est que ces mécanismes-là, en fait. Et du coup, comme je constate que c'est les mêmes choses avec Instagram, par exemple, j'en déduis qu'il y a un peu des mécanismes similaires.
- Speaker #1
Et t'as conscience de ta mauvaise foi pendant ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Ou t'as un décalage de quelques...
- Speaker #0
Si, un peu quand même, mais un peu en mode je suis nul Je ne l'intellectualise pas trop à fond sur le moment, mais j'ai conscience. L'autre grand que j'ai, qui est un peu plus spécifique à moi, celle-là, c'est le Milka. Je ne sais pas si tu as déjà parlé. J'ai un vrai problème avec le Milka. C'est terrible.
- Speaker #1
Je ne sais pas quand je me m'en souviens.
- Speaker #0
Je n'en ai pendant 15 ans de ma vie, je pense, mangé 3 tablettes par jour.
- Speaker #1
J'avais ça avec les kinder donc je comprends. Elle n'a pas de tablette,
- Speaker #0
elle n'a pas de tablette. J'en mangeais une au petit-déj.
- Speaker #1
Attends, 1000k nature ?
- Speaker #0
Surtout nature.
- Speaker #1
J'avais l'impression pour les 1000k Oreo, tu sais les immenses plaques qu'on trouvait.
- Speaker #0
Oui c'est dur.
- Speaker #1
J'en achetais deux, j'en mettais un dans l'avion puis le deuxième sorti. Alors au petit-déj ?
- Speaker #0
Nature, pure. Genre si il y avait un 1000k à la haute-moisette, je ne vais même pas le manger.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Nature. Au petit-déj. C'était un haut goûter en rentrant de l'école et après le dîner. Tous les jours, pendant 15 ans, je pense. Il fallait me voir le manger, je le mangeais en 8 secondes, je pense. Waouh ! En plus, c'était terrible parce que j'aimais bien, il fallait toujours que je... Ça aussi, c'est intéressant. Il fallait toujours que, notamment quand je le mangeais le soir, c'était souvent devant un truc, un épisode de série, un match de foot ou quelque chose comme ça. Et il fallait toujours que je commence la tablette, exactement la première seconde où commence le truc. J'attendais, si par exemple j'organisais une série, j'attendais le début, j'attendais même que le générique passe pour commencer ma tablette. Et pareil, si je me l'allais manger devant un match de foot, dimanche soir, je me dis je vais manger ma tablette devant un match du PSG, j'attends qu'il y ait le coup d'envoi pour ouvrir la tablette.
- Speaker #1
Sinon, quoi ?
- Speaker #0
J'aimais bien timer. Et sinon rien, ça c'est un truc classique, mais c'était plus logique, c'était plus clean de bien l'intimer. Et le problème du match de foot, c'est que du coup, t'as le chrono. Donc je voyais très bien à quelle heure je la finissais. Donc je commençais à 0-0-0 et je finissais à 0-0-8. Et c'est terrible. Vraiment. Me voir manger une tablette de 1000 cases, c'est vraiment, c'est très étrange comme scène, parce que je la mange à une vitesse folle. Et du coup, je te parle de ce truc de mensonge à soi-même. Après j'ai complètement arrêté, maintenant j'en mange un peu et en gros à chaque fois c'est le même truc, j'ai une tablette chez moi, je me dis allez, je la mange pas en entier. C'est ça tout le jeu en fait, parce que le problème de la tablette du Milka c'est que je la mange en entier. Et si tu parles de celle de l'aéroport, si je suis de la grande de l'aéroport, je vais la manger en entier aussi tu vois, c'est pas une histoire de taille, c'est une histoire de lot en entier.
- Speaker #1
Oh l'opinion, je ne l'ai jamais.
- Speaker #0
Exactement. Et du coup le Milka... Parfois ça m'arrive d'en manger et à chaque fois je me dis ok, je mange deux barres, deux lignes de la tablette, c'est tout. Et c'est toujours la même scène et je pense qu'à regarder c'est juste ridicule. Elle est dans la cuisine, je suis dans mon salon, je ne vais rien avec deux barres. Et mes parents ils ont vu ce manège 100 fois. Puis je me relève, je vais rechercher une autre barre, et je retourne au marché, et à chaque fois je pense que je vais vraiment tenir, tu vois. Et je mange la barre en plus, et pendant que je mange la barre, je suis déjà en train de me dire bah non mais je vais me relever dans deux secondes, c'est sûr et certain en fait. Et à chaque fois je m'invente un truc, tu vois. Genre non mais là, j'ai pas beaucoup mangé ce matin, donc je peux la manger celle-là. Et je me relève, et je me relève, et à chaque fois je finis par manger toute la tablette. Et en plus le 1000K c'est un peu plus intense que ça, mais c'est un peu plus perché ce que je veux dire, parce que quand je dis ça les gens ils ne croient pas que c'est vrai, mais c'est vraiment vrai. Quand je mange une tablette de 1000K, j'ai l'impression d'être connecté à toutes les autres fois où j'ai mangé une tablette de 1000K. que c'est un unique moment et vraiment ça me fait ça et ça me fait ça quand même avec le Mika ça me fait pas ça avec le café, la clope les pétriens spirituel mais avec le Mika ça me fait ça avec plein d'autres vraiment quand je mange le Mika c'est tellement constant ce goût tu vois encore tu vois les les gens ils peuvent dire que chaque défonce est différent chaque le Mika le goût est toujours le même et du coup je sais pas quand je mange du milkage je suis moi
- Speaker #1
12 ans en train de manger une tablette devant un match du PSG tu vois et moi 18 ans en train de regarder une tablette devant Lost tu vois c'est vraiment tout ça c'est incroyable parce qu'il y a 50% de moi qui est mort de rire et 50% de moi qui est full compassion et passionné parce que tu racontes parce que j'ai envie de l'analyser de l'étudier de poser un million de questions c'est incroyable c'est
- Speaker #0
marrant et quand je vois une tablette ça me même ce violet C'est un truc, tu vois. C'est pas le même violet. Mais même ce violet, il me fait un truc, tu vois. C'est vraiment les tablés de Dominique, dans les supermarchés.
- Speaker #1
Tu t'es pas fait une séance d'hypnose pour voir ce qui s'est passé ? Il y a un déclencheur.
- Speaker #0
Ça me fait un peu peur, les séances d'hypnose. J'ai pas envie d'en
- Speaker #1
Si, c'est moi qui te le fais.
- Speaker #0
J'aime pas trop l'idée en fait je trouve ça j'ai un peu peur donc je constate en parlant avec des gens que avec des séances d'hypnose donc des moyens relativement rapides ils peuvent gommer ce genre d'aspect d'addiction etc mais du coup si on la gomme de moi sans un processus très long est-ce que vraiment je suis vraiment moi après qu'est-ce qu'on a enlevé la raison pour laquelle ça m'a fait peur c'est j'ai assez peur de l'avion Et du coup, j'ai longtemps hésité à faire de l'hypnose pour ne plus prendre l'avion. Et ce qui me faisait peur, c'était de me dire, ok, j'ai peur de l'avion parce que j'ai peur de la mort, tu vois. Donc, gommer ma peur de l'avion, ce serait gommer ma peur de la mort. Donc, si on gomme ma peur de la mort, est-ce que je suis vraiment encore moi le lendemain de la séance ? Tu vois, c'est un peu flippant. Donc voilà, je n'ai pas encore fait d'hypnose. Mais tu vois, même hier, on est allé au supermarché acheter à boire. Franchement, de passer devant le rayon avec les tablettes, ça me...
- Speaker #1
Ça crée un craving ou ça crée une excitation ?
- Speaker #0
Une excitation.
- Speaker #1
Et du coup, tu t'es sevré du Milka ?
- Speaker #0
J'essaie de ne pas en avoir. Si j'en ai... C'est fichu. Je le mange, quoi. En très peu de temps. Parfois, dimanche, pas plus mieux, je me dis, allez, je t'en fais du Milka et je le mange, tu vois. En fait, j'ai réussi à... que ça n'ait pas un rôle d'addict dans ma vie, au sens où il n'y a plus beaucoup de rituels, c'est pas comme avant, il n'y a pas de rituels, juste ça me fait toujours le même...
- Speaker #1
Tu peux comparer ton addiction à la clope avec l'addiction au Milka ? Pour toi, tous tes rapports aux... tous tes rituels, tous tes rapports aux addictions, aux sensations de chouette, de dopamie, c'est la même chose ? C'est le même bain ?
- Speaker #0
En fait, vraiment le lien, c'est cette force qui est plus grande que ma volonté et qui va passer par des chemins de conscience qui sont un peu, je trouve presque malhonnêtes avec moi-même pour me convaincre de les faire. Quand moi, je remarche du salon vers la cuisine pour aller chercher ma tablette, pour reprendre une barre, ou moi qui va pour la première fois, quand j'ai repris la clope, acheter mon premier paquet de tabac, je marche, je suis en train de marcher, je suis en train de me dire. que c'est con, mais je suis quand même en train de marcher, je peux juste tourner les talons,
- Speaker #1
tu vois. Tu sais, ce qui se passe à ce moment-là, en fait, c'est le cerveau qui a dissocié la volonté de la rationalisation. Vraiment, c'est un truc où c'est dissocié. C'est pour ça qu'on dit Ah, mais t'as pas de volonté Et ça n'a rien à voir, en fait. La volonté est devenue hors champ. Le cerveau, pour survivre, pour avoir son shoot de juste kiffer la vie, va faire en sorte d'aller à l'essentiel. C'est d'ailleurs chelou, du coup, est-ce qu'on est vraiment soi ? Tu sais, tu dis Je vais pas faire de hypnose, parce que ça va retirer une partie de moi si on me retire ça Mais est-ce qu'on est vraiment nous, dans cette marche ?
- Speaker #0
C'est ça, c'est exactement ça. Parfois, j'ai l'impression qu'on n'est pas vraiment nous. Quand on a une espèce de... C'est un genre de somnambulisme presque dans ces moments. Oui, c'est ça. Et quand je vais chercher mon Milka, c'est vraiment ça. Quand je vais chercher la nouvelle barre. Et du coup, le Milka, ça a été une grosse café-club. Il y a une période où je fumais pas mal de PET aussi. Et pareil. Alors franchement, j'ai commencé à fumer beaucoup de PET quand j'ai arrêté de fumer des clubs. Et à ce jour, je suspecte. Et je continue.
- Speaker #1
Tu mets du tabac dans tes pétards ?
- Speaker #0
Oui, un petit peu. Et à ce jour, je suspecte qu'en fait, je fume juste une clope quand je fume mon pet. Ah ouais. Parce que vraiment, c'est pareil. Donc en gros, depuis deux ans, je fume le soir avant de me coucher, parfois tous les soirs de la semaine, parfois deux, trois soirs. Mais quand je vois... En vrai c'est cool la weed, mais c'est pas non plus dingue. Quand je vois, je sais pas, je suis à une soirée, je décide que je vais rentrer, et je décide que je vais fumer un pétanque. Il y a un truc qui s'allume à ce moment-là, une espèce d'excitation qui s'allume et qui reste là, tu vois. Et je suis vraiment, je pense qu'à ça. Et à partir du moment où j'ai envie de partir, en fait, parce que je sais qu'à l'arrivée, il y a mon pet. Et en fait, je pense que c'est ma clope. Je suis quasiment sûr que c'est ma clope. Puisque, parfois, j'espère même de ne pas être trop défoncé. Tu vois ?
- Speaker #1
Ah, c'est ouf.
- Speaker #0
Après, je n'ai pas encore fait le truc hyper malhonnête de le faire vraiment très léger, tu vois. Donc, je suis défoncé. Mais...
- Speaker #1
Ça te fait déculpabiliser ?
- Speaker #0
Ouais, ça me fait déculpabiliser, c'est ça. Mais c'est vraiment ça. Et pareil, avec ça, je vais me dire... Et du coup, c'est là que je conditionne, c'est là que je voulais en venir, c'est qu'entre tous ces trucs, du coup, parfois, je vais me dire, OK, un, mais pas l'autre. En rentrant, je vais me dire, OK, décide avant de rentrer, Nathola, t'as une tablette de 1000K à la maison, si tu la manges, t'as pas le droit au pet. Et si tu fumes le pet, t'as pas le droit à la tablette de 1000K.
- Speaker #1
Et tu tiens ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
T'as déjà pas tenu ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Et est-ce que tu le sais en amont que tu vas pas tenir ?
- Speaker #0
Parfois, ouais.
- Speaker #1
Comment tu gères la culpabilité ? Ou comment tu gères pas la culpabilité ?
- Speaker #0
En fait, ça dépend des sujets, justement. En fait, je pense que je n'ai pas trop de culpabilité. La seule que j'ai, c'est que pour toutes ces addictions-là, elles sont quand même un petit peu un symptôme en général. Elles se ressentent d'une certaine manière après. La tablette de 1000K, c'est le meilleur exemple. Si je mangeais une tablette de 1000K, franchement, je me sens comme une merde pendant deux heures après. Parce que tu as quand même une tablette de 1000K. Ça sent, tu n'es pas bien, tu es allongé comme ça. ça c'est le plus fort la tablette de 1000k je peux vraiment m'en vouloir et je peux passer une après-midi de merde après parce que je sens que la tablette de 1000k je me dis que c'est nul je peux manger une barre c'est le même goût depuis 20 ans 30 ans les autres trucs un peu moins par exemple la clope à part ce jour là que je te raconte je me sentais jamais très coupable vous avez vu juste ce truc en tête il fallait que j'arrête un jour merci Et en gros je m'étais dit bon voilà ce truc avant 30 ans et je me dis bon bah si j'arrive pas je passerai à la CE. Et tant pis, pour moi passer à la CE, alors que j'observe autour de moi qu'il y a d'autres histoires, mais pour moi passer à la CE c'était je renonce. Je n'enlèverai pas mon addiction à la nicotine, mais au moins je ne me flagrerai pas trop le corps. Après on ne sait pas, on verra, les études, etc. Mais bon, en gros c'est un peu ça le deal quoi. Tu te dis soit je renonce complètement parce qu'une fois que tu as ce truc dans la main, que tu peux fumer toute la journée, ça me paraît vraiment compliqué d'expliquer à ton corps qu'il ne peut plus avoir sa nicotine, alors qu'une clope, il faut l'allumer, il faut aller dehors, parfois il fait froid, etc. mais au moins tu te défonces pas trop. Donc voilà, j'étais pas coupable, mais j'avais vraiment cette espèce de deadline où je me disais, voilà, faut que j'arrête, faut que j'arrête, faut que j'arrête.
- Speaker #1
C'était quoi ta plus grosse galère dans l'année de sevrage de ta clope du tabac ? Dans l'une des deux années de sevrage, parce que t'as arrêté deux ans.
- Speaker #0
Non, c'est pas vraiment une galère, mais le symptôme négatif... J'ai jamais été un mec qui buvait beaucoup, même en soirée, etc. Et depuis que j'ai arrêté de fumer, une tonne.
- Speaker #1
Tu peux donner des quantités pour qu'on se rende compte ?
- Speaker #0
Moi, si je suis à une... On parle que de social encore. Oui. Et quoi que... Mais même pas, en fait. Je vais te dire un truc. OK. Déjà sur le social, moi si je suis une soirée avec des gens, je discute, je suis content, je suis quelqu'un de social, etc. Je peux avoir trois verres, ça me fait la soirée largement. Et au pire, il est posé, j'oublie, en fait j'oublie, même je ne me ressers pas de verre, je n'ai rien à la main, etc. Depuis que je ne fume plus, j'ai toujours un verre à la main quand je suis à une soirée, je le bois vite et je sens quand je vais me remplir mon verre. C'est ce qui meuble un peu la soirée, tu vois. Et d'ailleurs c'est pareil si des soirées où il y a des pets ou des trucs comme ça, j'ai vraiment l'impression qu'à chaque fois tous ces trucs viennent prendre la place de la clope. La clope pour un moment social c'est tellement un rythme. Tu vois, ça rythme vraiment le truc, c'est agréable. Et parfois, je le sens encore, il y a un petit flottement. Ça a vraiment une saveur, le moment qui précède, le moment où je vais m'allumer une clope, tu vois. Il y a un genre de flottement, un petit trou, je ne sais pas. Ma conversation devient un tout petit peu plus molle. La personne à qui je parlais part deux secondes. Et là, c'est vraiment ce moment-là, tu vois, où je me filmerais la clope, normalement. En plus, en soirée, il y a un élément très, très spécifique. Ça, c'est vraiment spécifique à la clope. C'est que c'est quand même... La seule activité très socialement acceptée seule. Et ça, ça me pèse beaucoup ça. Parce que je suis assez timide quand je suis avec des gens que je ne connais pas forcément. Et en fait, quand tu n'as rien à faire, tu n'as rien à faire. Et je ne veux pas être le mec qui est sur son portable. Donc je ne veux pas être dans mon coin sur mon portable, ça ne sert à rien d'être là. Tu fermes tout de suite. Ça m'est arrivé encore récemment, il y a trois semaines. J'étais à une soirée, je ne connaissais pas trop les gens. Les gens que je connaissais étaient partis ou n'étaient pas encore là. En fait, j'aurais juste voulu me mettre à la fenêtre et fumer une clope. C'est complètement accepté de faire ça.
- Speaker #1
Mais se mettre à la fenêtre sans la clope, c'est un peu chelou.
- Speaker #0
C'est un peu chelou. C'est-à-dire, qu'est-ce que c'est que ce mec mélancolique ?
- Speaker #1
Ça t'arrive de déjeuner seul au resto ?
- Speaker #0
Non. Jamais. Ça m'est arrivé trois fois dans ma vie, je pense.
- Speaker #1
Et parce que... T'oses pas ? C'est de la même dynamique ? Non, non,
- Speaker #0
non. Pas d'amour ? Non, non, non. Ah non, je m'en fous. Alors, pour le coup, je m'en fous que... C'est pas comme un truc de regard, ce que je disais, je m'en fous qu'on me voit de seul au resto, c'est juste que, quitte à être seul, je préfère me faire à manger chez moi, lire un truc, regarder un film. J'ai pas le flex de faire l'effort.
- Speaker #1
J'ai l'impression que chacun met sa confiance ou son manque de confiance en soi dans telle ou telle activité, et moi qui suis très solitaire, ne rien faire. Alors que c'était un moment où j'aurais pu fumer la clope, enfin, si je me mets dans un coin d'une soirée et normalement je fume ma clope, et là, du coup, je fume plus, je suis OK avec ça. Mais je vois bien que les gens sont mal pour moi. Je suis là, non, non, mais je vis mon meilleur moment, en fait.
- Speaker #0
Oui, je pense qu'il y a cet effet où les gens sont un peu mal pour toi. Oui, c'est ça. C'est sûr. Bah oui, c'est exactement... Mais c'est le même effet que le resto. C'est exactement ça. Et du coup, ce rythme-là, genre, je vois que je le compense par me remplir un verre. Enfin, il faut faire un truc. Donc, se remplir un verre. Sortir avec les gens qui fument des clopes.
- Speaker #1
T'aimerais changer quelque chose par rapport à tout ça ? Avec une baguette magique et un...
- Speaker #0
Bah oui, en fait, ce que je comprends maintenant, que je savais peut-être pas trop à l'époque quand je fumais, peut-être que je m'en doutais, c'est que... Enfin, je pense que l'envie, elle partira à jamais. Tu vois ? Et c'est fou parce que tout le monde dit oui, la nicotine en trois semaines c'est plus dans ton corps, etc. Arrête jamais, je pense, ça fait deux ans vraiment. Quand quelqu'un agite son sac, j'ai toujours ce petit... Une petite vieille partie fossile en moi qui se dit, ah ouais moi aussi, tiens je vais me... Et cette petite vibration interne, tu vois. Donc oui, dans ma baguette magique, ce serait sympa quand même de retirer ça. Je sais pas à quel point tous les autres trucs, ça vient du même ressort. Ou pas.
- Speaker #1
Je me dérempeur avec le fait de ne pas aller fouiller chez le psy.
- Speaker #0
Bon, j'ai d'autres sujets à faire fouiller. J'en ai un, peut-être. C'est pas un brio.
- Speaker #1
OK. Nous sommes actuellement dans un week-end d'anniversaire. Bisous, Didou. Et je suis étonnée parce que personne ne fume. Exceptionnellement, il y a Val qui a fait l'acquisition d'une cigarette électronique.
- Speaker #0
Une CE.
- Speaker #1
Une CE. Thomas, j'allais dire Thomas. C'est moi. Ok. Il y a quelqu'un d'autre qui a sa cigarette électronique, et donc plus personne ne fume. Je trouve ça incroyable.
- Speaker #0
Oui, c'est génial, mais je pense que, comme sur plein d'autres choses, l'idée a fini par faire son temps. Et je pense que sur les grands sujets de sensibilisation comme ça... C'est comme ça, ça finit un peu par marcher. C'est qu'une bande de jeunes trentenaires. Je te disais tout à l'heure, avant 30 ans, tout le monde dit etc. C'était fait là à jouer aussi. Mais je pense que de manière générale, les sensibilisations finissent par marcher. Tout le monde met ses ceintures.
- Speaker #1
Je vais dire quelque chose qui peut faire polémique. On ne va pas forcément rentrer dans le débat. Mais il y a toujours une personne sur quatre qui fume. Plus tu es pauvre, plus tu fumes. Les chômeurs fument deux fois plus. Plus tu es cultivé, plus tu finis par arrêter. C'est fou. Du coup, c'est un peu gênant ? On entend bien que finalement, c'est parce que sensibiliser, ça marche. Avoir l'intelligence de ces gens.
- Speaker #0
Oui, l'éducation marche. Et du coup, la question, il faudrait voir dans les autres grands sujets de sensibilisation qui ont eu lieu. Je pense par exemple à la ceinture, c'est un mauvais exemple que j'ai dit parce que c'est une loi, mais je pense plus à conduire bourré. C'est un truc entre la génération de nos parents et notre génération. Ça vous... Complètement changé. Moi, quand je sors, mes parents me disent encore Tu conduis pas, hein ? Et à chaque fois je les regarde avec des yeux, bah évidemment que je vais pas conduire, je suis pas un malade mental. Donc ça, ça a marché et il faudrait regarder s'il y a eu la même trajectoire, si ça a commencé par des milieux cultivés puis c'est en Orestes, ou peut-être en fait aussi aujourd'hui les milieux populaires conduisent encore bourré, je me rends pas compte, c'est possible. Mais oui, il y a ce sujet. De toute parce qu'il y a des sujets dans sensibilisation, parce qu'à une époque, il y avait des sujets de marketing aussi, on n'est pas du tout égaux face à... C'est pour ça que les meufs fument beaucoup plus. On n'est pas du tout égaux face à ce problème puisque pendant longtemps, ça a été au bon vouloir des pubards qui allaient fumer ou qui n'allaient pas fumer. Et du coup, maintenant, ça va être un petit peu discriminé sur la base de qui arrive à être sensibilisé le plus rapidement. Et puis en plus, maintenant, il y a tellement de... Des gens qui sont explosés à des fake news, à de la merde, etc. On n'est pas à l'abri d'un chercheur fou qui dit qu'il faut fumer, que c'est bon pour la santé, et qui rassemble un groupe de gens, etc.
- Speaker #1
J'ai interviewé une fille qui s'appelle Marie-Sophie, et qui, elle, a arrêté juste avant ses 30 ans. Et ce qui l'aide à tenir, c'est de se dire, je refume quand j'aurai 55 ans.
- Speaker #0
Au début, je faisais beaucoup de trucs comme ça. Parce que tout le monde m'avait dit... Si je me dis là que je fume plus jamais, c'est sûr que je refume dans deux secondes. Et donc il faut mettre des mécanismes. Ma mère, par exemple, qui a arrêté de fumer. Elle a toujours eu toutes sortes de mécanismes complètement dingues pour fumer quand même un peu. Parce que c'est ça, en fait, le rêve. Moi, j'aimerais fumer une clope tous les deux jours, tu vois. Ça, c'est mon rêve. Si tu demandes baguette magique, l'option 1, ce serait d'enlever. L'option 2, ce serait de ça. Une clope tous les deux jours. Je signe maintenant.
- Speaker #1
OK, donc ce serait ton rêve pour ton shoot dopamine. Mais je rappelle que ce ne serait pas du tout son rêve pour ses poumons et tout le reste de ses organes. Bisous.
- Speaker #0
effectivement et en plus mon père est médecin et on parle beaucoup de ça et il m'explique souvent que Contrairement à ce qu'on pense, une par jour, c'est vraiment bien pire que zéro. Une par jour, ça ressemble beaucoup plus à dix par jour qu'à zéro par jour. C'est ça. C'est pour ça aussi que je ne sais même pas ce genre de mécanisme.
- Speaker #1
Mais tu es allé dans ton idée, tu as poussé le truc de oui, mais une tous les deux jours Oui,
- Speaker #0
voilà, c'est pour ça que je n'ai pas dit tous les jours c'est vrai que j'ai eu ce genre c'est que d'une sorte de mauvaise foi ou toutes les semaines et ma mère elle expérimentait plein de méthodes pendant une longue période son truc c'était je n'allume pas de clope moi même donc elle avait son paquet, son briquet mon père fume pas donc c'est un peu plus facile et vraiment dès que j'arrive j'invite un copain à la maison par exemple tu fumes ? ah tiens tu peux m'allumer une clope s'il te plaît et donc elle a fait ça pendant très longtemps Ah mais franchement tu pourrais rigoler Peut-être que tu devrais interviewer ma mère Mais faudra pas qu'elle écoute mon épisode Et alors Elle a fait ça pendant genre 15 ans je pense Pendant le Covid Elle a commencé à fumer plus parce qu'en fait mon père A fait mieux à fumer un petit peu plus et du coup il pouvait lui allumer ses globes Et du coup ça a commencé à être trop Encore cette année Covid Et du coup elle a voulu, mais c'est encore plus drôle ce qu'elle fait maintenant Elle a voulu, ça je l'avais pas dit en fait Mais elle a voulu expérimenter une nouvelle technique Donc elle est toujours là à ces histoires de Il faut que je fume un peu mais que je m'en empêche Et donc je l'ai eu, elle m'a dit au téléphone il y a un an, ah bah bon je fais un nouveau truc maintenant, ça marche plus le coup des clopes que d'autres gens allument, donc maintenant je me roule mes clopes. Pour enfumer moins, technique classique. Je suis à dîner chez eux il y a un mois, et je la vois. Elle a une espèce de machine pour rouler, elle n'a pas une machine électronique, mais c'est le truc avec le tissu.
- Speaker #1
Parfois, les auditeuristes ne voient pas du tout.
- Speaker #0
C'est une espèce d'objet avec un bout de tissu dedans, et tu mets le tabac et la feuille, et ça te roule une clope nickel. Elle a ça, très bien, elle fait ce qu'elle veut, mais surtout, elle part d'une clope indus. ça c'est vraiment en pourré j'étais pas prête et donc j'étais à dîner et je la vois comme ça effriter une clope en plus c'est vraiment un acte de quelqu'un qui va se rouler un pet tu vois tu me fais quoi et elle me dit je me roule ma clope et en fait elle m'explique qu'elle a peur que ça fasse mauvais genre d'avoir son paquet de tabac que ça fasse genre étudiante Tu vois, du coup elle me dit non, je pars d'une indus, c'est plus chic. Mais elle la vide, elle a ses feuilles à côté et elle a rempli une autre feuille exactement du contenu. Elle a un filtre et elle roule sa clope.
- Speaker #1
Oh putain !
- Speaker #0
Du coup ça marche bien, elle veut moins parce que c'est quand même un vrai effort de rouler sa clope.
- Speaker #1
Incroyable.
- Speaker #0
Donc voilà, je sais plus pourquoi je parlais de ça.
- Speaker #1
Refilmer à 55 ans ou pas ?
- Speaker #0
Ah oui, oui. Et du coup moi, moi du coup j'y pense pas trop en fait à ça. Pour l'instant mon point de vue c'est plutôt plus jamais. Même si je ne le dis pas trop à moi-même, de peur que ça fasse cet effet de panique un peu. Mais en gros, je ne me dis plutôt plus jamais. Parce que je pense que c'est un peu con.
- Speaker #1
Et la dernière clope avant de mourir ?
- Speaker #0
J'ai tellement peur de la mort que je pense pas du tout à ça. Mais je pense qu'avant de mourir, je serais plutôt sur des sushis. Que de la clope. Pour le coup, je me suis déjà dit plusieurs fois, par exemple, que si je suis condamné à mort, c'est la question classique, ton dernier repas, etc. J'ai plusieurs fois pensé que je pourrais...
- Speaker #1
Plusieurs fois pensé, c'est-à-dire que c'est une question que tu actualises.
- Speaker #0
J'adore, j'adore. Que je pourrais, par exemple, manger du milk-hatch jusqu'à en mourir.
- Speaker #1
Ah ouais, suicido,
- Speaker #0
chose de là. C'est plutôt ça que de la clope. Vraiment. Parce que, oui, la vraie baguette magique, j'arrête pas de changer ma baguette magique. Comme si je devais avoir un nom de jeu et que vraiment, à la fin, j'allais... A la fin de cette interview, j'allais l'avoir, ma baguette magique. Ce serait ça. Ce serait de pouvoir manger du milkage à l'infini sans que ça ait eu aucun impact sur ma santé, ni sur ma diététique. Et là, je me remangerais mes trois tablettes de gore et je serais le plus heureux du monde. Parce que vraiment, ce bonheur quand je mange du milkage, c'est...
- Speaker #1
Mais c'est fou parce que... Quand tu sais que tu vas la manger et que t'es ok avec ça, t'es heureux. Quand tu la manges, t'es heureux. Et après, s'ensuit deux heures de dame.
- Speaker #0
Ouais, bien sûr. Il y a un mélange de dame physique, de dame psychologique, de culpabilité. Ouais, bien sûr. Mais comme tout, comme... Comme plein de trucs, hein ? Comme le cul, un peu, tu vois ? Je pense que les gens qui ont de l'addiction... Alors déjà, le cul, il y a un peu ça. Juste après, t'as un petit moment de... Pas de down, mais t'es moins dans le truc, quoi. Et du coup, j'imagine que les gens qui ont de l'addiction au cul doivent avoir ça pas mal. Le down d'après, il doit être assez dur. Vu que déjà, il est dur même quand tu... Juste couches normalement.
- Speaker #1
Ah ouais, pour toi, quand t'as baisé, après, t'es dans le down.
- Speaker #0
T'es pas down. C'est vraiment le moment où t'es le moins excité de la Terre, quoi.
- Speaker #1
c'est juste après oui parce que c'est redescendu qu'est-ce que tu voudrais dire au futur toi qui aurait envie de craquer et qui ferait cette marche de la honte vers le tabac en mode c'est bon tant pis si à ce moment là il pouvait t'écouter tu lui dirais quoi ?
- Speaker #0
si là t'es en train de penser que c'est juste temporaire que c'est juste pour une soirée c'est sûr que tu te trompes et je sais pas pourquoi t'as changé d'avis depuis le podcast parce que c'est sûr que tu te trompes et tu le sais très bien et tout le monde te l'a dit que à la première clope tu vas replonger en deux secondes si là t'es en train de dire c'est pas grave je recommence à fumer En fait, tu le sais, et ce n'est pas que le poumon. Il y a peu de trucs, c'est marrant parce qu'il y a peu de trucs sur lesquels les médecins sont assez unanimes et je pense qu'un des seuls c'est ça quoi. Quels que soient les problèmes médicaux qu'ils regardent, en gros les fumeurs c'est tout le temps catastrophique, pas catastrophique mais c'est tout le temps plus chiant à régler que les non fumeurs. On parle beaucoup du cancer du pompe en vérité, il y a plein d'autres choses, le cœur c'est la cata, toutes les maladies elles ont beaucoup plus de complications, tout dure plus longtemps à soigner.
- Speaker #1
C'est la première mort évitable au monde. et un fumeur sur deux en meurt mais vu l'état dans lequel est l'autre fumeur qui est vivant autant mourir c'est Bigard qui dit oh merci de citer Bigard dans mon podcast il n'a pas été cité encore donc je vais
- Speaker #0
le faire il dit deux fumeurs sur deux meurent ouais non mais c'est sûr et vraiment ça j'ai lu et vu beaucoup de choses dessus et puis les problèmes de santé, et surtout quand t'es un peu plus âgé, ils sont tout le temps plus chiants à régler quand t'es fumeur. Donc c'est ça que je me dirais. Je me dis, tu le sais ça, si tu l'as oublié, va le relire, va le redemander, va parler à n'importe quel cardiologue, parce que tu es en train de faire une connerie.
- Speaker #1
Alors je tourne la question autrement. À ton avis, qu'est-ce qui fait que tu pourrais rechuter ?
- Speaker #0
Me connaissant, toujours avec ces mécanismes de mensonge à soi-même, je pense que si Dieu m'en préserve, je vis dans les prochaines années un drame assez grave. Je le vois venir gros comme une maison, que je vais me dire, chaque problème en son temps, là tu dois gérer ce truc, va filmer un petit club pour te détendre. Je le vois très gros que je réagirais probablement comme ça.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est assez connu, on peut le dire cash, c'est la mort d'un proche ou quelque chose comme ça, où on se dit foutu pour foutu, c'est trop dur, etc. Et il y a beaucoup de personnes qui rechutent à cause de ça. Et j'en ai interrogé certaines qui m'ont dit, en fait j'aurais pu m'en passer. Donc tu es là, waouh, c'est chaud. Mais avec l'enculé, j'aurais tout fait pour ne pas la refumer.
- Speaker #0
Tu vois, du coup maintenant que je sais ça, c'est ça que je dirais au moins qui va... Peut-être que beaucoup de gens disent qu'ils auraient pu s'en passer. C'est sûr que c'est l'avoir d'un proche. Ouais, mais ce sera l'un ou l'autre, de toute façon. C'est sûr que... Déjà, là, pour le coup, le BK, ça m'arrive, même quand j'ai des petites déconvenues, de rentrer, de m'acheter...
- Speaker #1
Tu trouves une petite déconvenue dans le BK ?
- Speaker #0
Oui, j'essaie de me contrôler quand même, mais...
- Speaker #1
T'as des complications de tes déconvenues ?
- Speaker #0
Oui, je pense pas qu'elle est tangible, mais oui, ils arrivent à les classifier. Pour l'instant, aucune ne s'est approchée de... L'idée, pour l'instant, ne m'a jamais traversé l'esprit pour la clope. même dans des dégouts qui sont moyennes j'ai pas contemplé la connerie tu vois c'est à ce moment toujours où tu contemples une connerie tu vois tu te dis ok celle-là je vois à peu près comment ça se passerait tu vois je vais aller acheter le truc revenir et voilà la justification celle-là je me la suis pas contemplée alors que ça m'arrive tous les jours de contempler la connerie d'aller acheter une tablette de 1000k je pense et celle-là pas encore mais et Ouais, non, non, et en plus dans ces moments de déconvenu, que ce soit un petit truc ou quelque chose de très grave, il y a un effet qui se rajoute, qui est un peu bizarre, que je constate, de l'époque où je fumais et pour le 1000K aussi, qui est, je me venge un peu sur moi-même, tu vois. en mode ah c'est de la merde tiens vas-y prends toi cette tablette de 1000k et tu vas voir si c'est de la merde encore plus et je pense avec la clope je pourrais faire un truc pareil aussi il y a un côté pulsion mort ouais ou pulsion de t'as l'impression enfin en tout cas le petit chose en toi qui est satisfaite d'une vengeance est un peu satisfaite de compenser ses petites déconvenues ou ses grandes déconvenues par retomber dans un truc qui te culpabilise tu vois ok alors allez-y je fume la clope tant pis tu vois genre chè c'est à toi même tu vois mais je sens qu'il y a un peu ça ça peut aller jusque là pour se vaincre de passer à l'alcool le cerveau est trop fort t'as une anecdote de la honte en lien avec la clope ? alors c'est pas vraiment sur la clope mais je considère que c'est quand même pareil mais dans ces périodes où je fumais un peu plus de pète pour compenser pour en gros fumer ma clope quoi En gros, tu vois, quand tu fumes, et c'est pareil quand tu fumes des roulées, il y a tout un lot de stocks de choses qu'il faut avoir, et donc tu as le tabac, les feuilles, les toncards, etc. Et bon, il peut toujours en manquer un peu, tu vois. Et le briquet, alors, il y a le briquet aussi. Et du coup, en gros, ce qui est marrant, c'est pour chaque truc, il y a des mécanismes que tu peux avoir pour compenser si tu ne l'as pas. Tu vois ? Et à une époque, j'avais souvent des problèmes de briquet.
- Speaker #1
C'est quoi avoir un problème de briquet ?
- Speaker #0
Pas de briquet, chez toi. Et envie de fumer une clope. Et alors là... Qu'est-ce que j'ai fait ? Vraiment, j'ai tout fait. Alors, il faut réécrire des livres sur... 100 manières d'allumer sa clope quand t'as pas de briquet. Et j'ai tout fait. Une fois, je suis allé chercher. Je savais que j'avais un grippin dans ma cave. Oh,
- Speaker #1
lal ! Est-ce que t'as pas de grille-pain chez Watt ?
- Speaker #0
Non, je veux pas de toast.
- Speaker #1
Probable comme un farmacéen.
- Speaker #0
En fait, j'avais récupéré, quand mon grand-père est mort, on avait récupéré toutes sortes de trucs chez lui parce qu'il fallait vider l'appart, il le louait. Et je sais pas, j'avais dit, j'ai pas de grille-pain, je le prends. Et finalement, c'était un grille-pain dans un état lamentable. J'ai dit, ok, tant pis, je le mets à la cave. Donc il était à la cave et il traînait là. Et d'une fois de désespoir, en fait, j'avais des plaques à induction. Parce qu'évidemment, le réflexe 1, c'est les plaques. J'ai fait le four une fois, mais je le reconseille pas. C'est terrifiant comme expérience, mais ça finit par marcher, mais je ne compterais vraiment pas.
- Speaker #1
En fait, dans ton livre Des 100 manières d'allumer sa clope sans feu il y a aussi Les 100 manières de ne surtout pas faire cette… En fait,
- Speaker #0
non, pour chacune, je pense que je donnerais une petite note. Plusieurs notes, genre note de sécurité, note de rapidité, note écologique. Tu peux avoir un parrain. Une fois, je suis descendu, je cherchais mon grille-pain pour allumer ma clope. Ça a très bien marché, mais je me sentais vraiment… C'est le moment où tu te sens addict. C'est ça les moments où tu te sens anodique. Je suis vraiment anodique. Je préférais aller chercher mon... Prendre un risque, etc.
- Speaker #1
Et on peut parler du fait que peut-être que sinon tu pouvais sortir, acheter un briquet ? C'était pas le contexte ?
- Speaker #0
Alors il y avait ça, oui, bien sûr. Terrible. Mais je pense que c'est dans des cas où je pouvais plus. C'était genre 3h du mat. Où j'aurais pu aller trouver dans la rue quelqu'un, demander un feu. Mais non, il y a eu certaines scènes qui étaient pendant le confinement aussi, donc...
- Speaker #1
C'est vous.
- Speaker #0
Donc c'était un peu plus compliqué. Donc j'ai fait ça. Ça, c'est pour la partie feu, donc il y a eu... Une fois, petit, mais ça, c'était petit, j'étais avec des copains. On voulait s'allumer nos clopes et on avait, en vrai c'est génial qu'on ait réussi à faire ça, on avait juste des allumettes et rien pour les scratcher. Et on a passé, on avait 18 ans, et on a passé une heure à brainstormer, chercher sur internet comment on avait nos clopes, nos allumettes, on était vraiment pas loin quoi, il n'y avait pas beaucoup de trucs, il faisait très beau. et on a pris une loupe en fait une loupe sur une allumette une loupe sur une clope ça marche pas n'essayez pas j'ai déjà essayé ça serait l'idéal mais ça marche pas mais une loupe sur une allumette ça marche et on était vraiment très fiers de nous on avait l'impression de dominer les éléments on s'est omitté quoi Donc ça c'est la catégorie feu après non mais j'ai essayé de me rouler des pets ou des clubs avec des tickets de caisse bon ton car évidemment tout y passe mais ouais vraiment des Pour remplacer la feuille, il y a vraiment plusieurs choses que j'ai tenté qui sont pas glorieuses. Genre des tickets de caisse, des morceaux de clopes, des... Et à chaque fois, c'est là. Je pense aux tickets de caisse parce que, non seulement, ça ressemble à rien, et en plus, je le dis, ça marche pas. Le ticket de caisse, on peut l'enlever de la liste, il sera dans le livre, mais on dira, ça marche pas. Et du coup, c'est pathétique parce qu'en fait, ce qui se passe avec le ticket de caisse, c'est que quand tu l'allumes, tout prend feu. Vraiment, pareil. C'est ces moments où tu te dis, je suis vraiment un addict, parce que t'es là, dans ton salon, tout seul, dans le noir. en faisant pas de bruit parce que ta meuf dort à côté il est 3h du mat et t'allumes une petite pièce qui fait un feu une énorme flamme dans ta main tu dis je suis un addict je suis une merde c'est pas glorieux ça
- Speaker #1
Merci de partager ces anecdotes. Merci pour cette vulnérabilité mise à jour. Si jamais, au montage, tu ne te sens pas chaud de partager ça, je le couperai.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est vrai.
- Speaker #1
Ok. Je vais discrètement interviewer ta meuf pour savoir si elle a un retour à fond par rapport à ton comportement éventuellement. Mais du coup, pendant qu'elle chope le micro, tu peux réfléchir à ce que tu voudrais rajouter comme fun fact ou comme information importante. Comme ça, je te reprends après.
- Speaker #0
Ok, ça marche. Tu vas adorer cette phrase. Donne-nous la caméra.
- Speaker #2
Donnez-moi la caméra.
- Speaker #1
Ok. Donc ma question, c'est quel est ton rapport, toi, déjà, à la clope ?
- Speaker #2
Moi, j'ai déjà vu fumer.
- Speaker #1
Et donc, du coup, tu as rencontré ton mec...
- Speaker #2
Quand il fumait.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #2
Et il fumait, mais il fumait pas énormément non plus.
- Speaker #0
Non, ça arrive.
- Speaker #2
Enfin, il a jamais fumé le matin, jamais fumé trop quand on était tous les deux. Donc c'est jamais un truc qui m'a dérangée.
- Speaker #1
Ça aurait pu être un no-go ?
- Speaker #2
Non. Non, parce que j'ai toujours eu de l'histoire avec des mecs qui fumaient, parce que je rencontre rarement des gens qui ne fument pas. C'est un peu la seule dans mon entourage. Mais par contre, j'étais quand même contente qu'il arrête de fumer pour lui d'abord, mais... Comme ça on a plus de sujets de sortir du resto pour aller finir le club, c'est pas mal. Et juste ce que je pourrais dire, c'est qu'effectivement, pas mal compensé par les pétards à un moment, pour fumer son tabac.
- Speaker #1
Et tu le voyais faire ? Qu'est-ce que tu te disais ? Pas grand-chose. Ok.
- Speaker #2
Non, je trouve qu'il a bien géré sa désaddiction. Il ne me parle pas beaucoup. Je ne le trouve jamais tenté quand on est avec un groupe d'amis, en train de regarder quelqu'un qui fume une cigarette très fixement. C'est bien désintoxiqué.
- Speaker #1
Et par rapport à tout ce qu'il racontait, notamment sur le milka, ou ses comportements, il t'en parle beaucoup ? C'est quelque chose qu'il verbalise facilement ?
- Speaker #2
Verbaliser, je ne sais pas. En tout cas, ça fait partie de notre quotidien. Non, un peu compulsif, ouais, dans les trucs de bouffe, trucs comme ça, mais...
- Speaker #1
Et toi, comment t'es par rapport à ça ? Tu le soutiens ? Tu te marres avec lui ? Tu fais comme si de rien n'était pour le laisser gérer son truc ?
- Speaker #2
Non, par contre, je le calme. Ça va bien se passer.
- Speaker #1
Et ça l'aide quand tu...
- Speaker #2
Oui, un peu. Mais c'est pas... Enfin, c'est pas un vrai sujet, quoi.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #2
On en parle... Enfin, ça fait partie du... C'est léger, quoi. Ouais.
- Speaker #1
OK. Et du coup, toi, tu ne fumes pas ? Tu penses que t'as des addictions ?
- Speaker #2
Non, je pense que j'ai un terrain un peu addictif, moi. Dans tout. Ah, la chance. De la chance, ouais. Je pense que c'est bon. Moi, j'ai toujours été la seule de mes amis à ne pas fumer. Ça ne m'a jamais... Et même sur les drogues, des choses comme ça, je n'ai pas du tout de terrain addictif. Par chance.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui se passe s'il refume ?
- Speaker #2
Je serais embêtée pour lui parce qu'il serait déçu de lui-même. Après, moi, c'est par rapport à la santé, quelque chose comme ça, mais ça ne changerait pas. C'est plus par rapport à sa perception de lui-même où je serais déçue pour lui aussi.
- Speaker #1
C'est quand même mieux depuis qu'il a arrêté, par rapport aux odeurs, où tu as l'impression qu'il tousse moins.
- Speaker #2
On n'habitait pas ensemble encore, donc je pense que dans l'appart, ça m'aurait peut-être plus dérangée. Mais on laisse tout le monde fumer chez nous. Moi, je suis toujours entourée de fumeurs, donc l'odeur ne me déroule pas. Mais c'est agréable, oui, qu'on n'ait pas d'odeur de cigarette chez nous quand on n'en est que tous les deux.
- Speaker #1
OK, merci. Est-ce que pendant cet aparté, tu as eu une épiphanie ou une envie de partager quelque chose ?
- Speaker #0
Dans les petits moments pas glorieux, mais ça, c'est moins humoristique, mais j'ai pensé à ça aussi, c'est que... Un des problèmes du Milka et de la clope, c'est qu'en gros, l'un te fait oublier l'autre, juste après. Et du coup, tu peux tomber dans des cycles un peu, ça m'est arrivé rarement, mais tu peux tomber dans des cycles un peu tristes où tu manges ta tablette de Milka. Après tu fais une clope pour oublier, pour pas avoir vraiment le truc très présent de faire une tablette 2004, mais après tu dis que j'ai mangé une clope, tu la fais passer avec un petit peu de chocolat, tu vois, et tu peux tomber dans une boucle un peu triste comme ça. Et enchaîner, ça m'arrive vraiment d'enchaîner en général, parce que l'avantage d'une clope, ou d'une tablette 2004, ou d'un pet, c'est que c'est assez autosuffisant. C'est pour ça que je te parlais tout à l'heure du début et de la fin. Toutes ces choses-là, je sais pas du tout quel rôle elles auraient eu dans ma vie si elles avaient pas de début et de fin, tu vois. C'est pour ça que je te dis, la tablette, tu la finis, que ce soit la taille, tu vois. Au moins, il n'y a pas de réflexion. Il n'y a pas de combien je mange, j'ai envie de quoi, tu vois, le début, la fin. Mais il y a quand même des... Ça arrive, je pense, à tous les fumeurs. Ça, c'est vraiment pas glorieux aussi, mais quand tu t'allumes ta clope avec la clope d'avant, ça, c'est... Ça m'est arrivé trois fois, mais plutôt pour des problèmes de briquet aussi. Mais je me souviens, une fois, on avait fait un voyage sur un bateau. On n'avait pas de briquet. Du tout. Sur tout le bateau. Et sur le bateau, il fallait... Et on avait quelques allumettes. Et en gros, il fallait hyper bien compter les allumettes, parce qu'on s'en servait pour fumer. des clopes, des pêtes, mais aussi pour allumer la plaque. La plaque, il fallait la déclencher avec le briquet. Donc tout ce qui était thé, café, cuisson, du riz, etc., il y avait besoin d'allumettes. Et donc, il fallait être hyper parcimonieux. Et du coup, en gros, dès que quelqu'un se faisait un thé, tous les fumeurs s'allumaient leurs clopes. Et parfois enchaîner, l'idéal ça serait d'enchaîner plusieurs clopes toute l'après mais qu'il y ait une seule clope qui vive le long. Parfois on essayait d'aller voir les gens. Parce qu'en gros, du coup on était une minorité de fumeurs sur ce bateau. Et on voulait surtout pas que ce soit les fumeurs qui à la fin aient pris les allumettes de tous les non-fumeurs qui veulent juste boire leur café. Tu vois, ça serait horrible. Donc en gros la règle c'était, on prend jamais une allumette juste pour une clope. Ou un pet. Et du coup vraiment, t'avais vraiment ce moment où on attendait tout le temps que quelqu'un se fasse un thé ou se fasse un riz. On allait convaincre les gens, genre tu veux un petit café là ? Ils ont fait un barbeque à l'avant du bateau, donc là on était comme des fous toute la soirée, on s'allumait dans le club, c'était Byzance. Et finalement on a quand même réglé ce problème de la manière dont il a fallu le régler. On a vraiment fait une mission, on a pris le petit annexe, un petit Zodiac du bateau, on est partis les trois fumeurs, on a fait genre une demi-heure de Zodiac pour aller dans un petit village. On était en Polynésie. Faut pas rire pendant très longtemps. Pour aller sur un petit village où on a cherché pendant longtemps pour trouver un briquet finalement. Et là on est revenus, c'est un unique briquet, j'ai l'impression qu'il y avait une musique. Et après le reste du séjour était plus simple. C'était notre anecdote.
- Speaker #1
Les deux autres fumeurs de ce bateau sont toujours fumeurs ?
- Speaker #0
Très bonne question. Oui.
- Speaker #1
Ok. On les embrasse, on les renverra cet épisode ?
- Speaker #0
Oui, si tu veux.
- Speaker #1
Dernière question, tu voudrais dire quoi aux auditeuristes qui ont un putain de craving là et qui nous écoutent ?
- Speaker #0
Fais autre chose à la place, mange un café mange un milk un café la substitution ça marche quand même assez bien je l'ai pas fait mais pas mal de gens ont fait le chewing gum le verre d'eau, j'ai beaucoup entendu des trucs sur tu bois un verre d'eau à la place en vrai ça marche très bien, je pense que le cerveau il accepte les substitutions. Je ne l'ai pas fait, moi, vraiment de manière très staccanoviste, mais vu le mécanisme que je ressens, je pense que tu peux le remplacer assez rigoureusement par autre chose si tu arrives à le faire bien.
- Speaker #1
La diversification. La diversion,
- Speaker #0
plutôt. Oui, la diversion. Tu vois, l'envie monte. Ok, je fais ça.
- Speaker #1
Un peu comme un bébé qui se met à pleurer. Vite, on veut le divertir bêtement. Oui, exactement. Mais au lieu de lui faire... Accueillir son émotion, c'est ça aussi finalement le problème, c'est un autre débat, mais finalement l'émotion derrière le besoin de fumer n'a pas été entendue si on fait une diversion. Bon, c'est un autre sujet où on parle d'entérapie, mais...
- Speaker #0
Oui, c'est ça, mais après... Est-ce que la nicotine, c'est pas vraiment... Enfin, c'est une question qui est plus complexe que ça, mais est-ce que la nicotine, l'addiction à la nicotine, vient se caler dans des endroits où il y avait un terrain pour ça, ou est-ce que juste c'est une molécule qui a des propriétés addictives comme le sucre ou d'autres tellement puissantes que ça marche comme ça et tu peux pas l'avoir ? Une question que je me suis pas mal posée, c'est... Bon, la clope, c'est très mauvais pour la santé. Si ça l'était pas, si t'avais juste... Une addiction très forte, ou quand tu le souviens, c'était... Cette addiction, tu as une sensation de complétude, tu as rempli ton manque. Est-ce que ce serait mieux de vivre avec ça ou sans ça ? En gros, est-ce qu'il faut vivre sans addiction ou avec des addictions saines ? Même pas saines, je dis neutres. C'est juste la nicotine. J'ai besoin de nicotine, je la mets. Parce que ce qui est fou, c'est que ça, la clope, c'est vraiment du manque et tu remplis le manque. Et ce fait de remplir le manque, c'est tellement agréable pour les gens qui fument que si ce n'était pas de la merde, Ce serait top de vivre avec ces addictions et de les subvenir. Et je me suis pas mal posé cette question. Si c'était safe, si c'était pas de la merde, est-ce qu'il vaudrait mieux l'avoir que pas l'avoir ? Ça te passe quoi, toi ?
- Speaker #1
J'ai l'impression que ce serait pas une addiction, du coup.
- Speaker #0
Tu crois que le propre de l'addiction, c'est quand même de te faire un peu de mal ?
- Speaker #1
En fait, c'est comme la théorie de la passion. T'as la passion créatrice et la passion destructrice. T'as pas la passion neutre, la passion boring, ça existe pas. Ou alors c'est juste un besoin primaire, genre manger, dormir. Donc du coup, la nicotine qui aurait zéro impact, à part le shoot positif... Du coup, ça deviendrait neutre et on n'en voudrait plus.
- Speaker #0
Par exemple, les gens qui prennent des patchs ou des chewing-gums, c'est mauvais ?
- Speaker #1
S'ils en prennent sans sevrage, sans en prendre de moins en moins, et puis même, ils vont en prendre de plus en plus, et en prendre trop longtemps, ça fait que tu as besoin plus de ta dose de nicotine, et donc du coup, le sevrage est encore plus dur.
- Speaker #0
Ouais ok, mais théoriquement une vie où juste tu te sèvres jamais et tu prends des chewing-gums de nicotine toute ta vie, c'est pas bon pour la santé ?
- Speaker #1
Non c'est pas bon, d'ailleurs dans un des épisodes, le sevrage de Gargamel c'est Jacques qui a fait une pancréatite. Alors que normalement c'est que pour les alcooliques, mais en fait quand tu prends trop de chewing-gum, parce qu'il en prenait vraiment beaucoup parce qu'il était méga accro à la nicotine, il s'est retrouvé à l'hôpital avec une pancréatite.
- Speaker #0
Ok, donc il vaut mieux vivre sans addiction. Mais c'est vrai que c'est intéressant, et d'ailleurs la question de pourquoi, parce que ce mécanisme addictif, on voit très bien ce que c'est, il se ressent, on a fait expérience sur plein de trucs, le sucre, le café, etc. Pourquoi c'est que des trucs qui ne sont pas bons ? Est-ce que c'est une propriété intrinsèque de l'addiction que d'être porté sur quelque chose qui n'est pas bon ? Tu pourrais dire les gens qui courent...
- Speaker #1
D'une certaine manière, plus quelque chose t'apporte un plaisir rapidement... Moins c'est bon pour ton bien-être, parce que ça va t'empêcher des autres parties de ton cerveau de créer l'état de mérite, pour dire un mot qui fait débat quand même. Si t'es assouvi tout de suite, comme le cerveau va avoir une tendance à être le plus flémar possible pour sa survie, il va arrêter de créer tous les schémas à côté qui font que tu vas être bien, tu vas bouger, tu vas être en lien avec les gens. Finalement, les addictions, ça te coupe du lien, ça te coupe de l'action, ça te coupe du mouvement, et donc du coup, ça te replie sur toi-même et ça ne te nourrit pas à plusieurs niveaux.
- Speaker #0
Il faut que, en gros, il faut le temps que les choses se fassent et il faut que le cerveau développe des mécanismes un peu profonds pour obtenir sa satisfaction et pas des petits cycles rapides.
- Speaker #1
Après, ça s'étudie au niveau hormonal. Tout est une question de dosage d'hormones parce que c'est ce que va t'apporter justement le... La dopamine et la sérotonine, quand tu vas te prendre ton shoot de Milka ou de cigarette, c'est là que l'addiction te détruit plutôt qu'elle te construit. Mais les addictions positives, ce serait l'amour. Je mets l'amour de manière générique, où ça regroupe les liens familiaux, les liens amicaux. Les liens, en fait. Parce qu'apparemment, les addictions, c'est quand le lien est coupé.
- Speaker #0
Mais du coup, il n'existe pas de méthode hormonale pour répondre aux addictions ?
- Speaker #1
Les endocrinologues sont encore au début de ce qu'il y a à trouver, en tout cas. Je ne veux pas m'avancer. Il paraît qu'ils sont en train d'élaborer un vaccin contre l'addiction à la nicotine. Un vaccin.
- Speaker #0
Un vaccin ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est-à-dire qu'ils se basent sur le principe de on injecte un truc... Oui,
- Speaker #1
il y a un truc, une élaboration là-dessus. C'est fou, ça. C'est improbable. Ça me semble lunaire. Après, comment est-ce que les lobbies du tabac vont faire en sorte de ralentir cette recherche ? C'est peut-être déjà en cours. C'est d'ailleurs pour ça que c'est toujours pas...
- Speaker #0
Il y a l'eau,
- Speaker #1
parce que sinon, tu vois le Covid, tout le monde en deux deux s'était fait le vaccin. Ça paraît lunaire, mais c'est vrai, c'est un vrai truc. Il n'y a pas d'addiction positive finalement. S'il y a addiction, c'est qu'il y a un manque.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Tu vois, c'est comme la théorie de l'alcool. Il paraît qu'à partir du moment où tu bois, tu finiras alcoolique. Mais peut-être que tu seras alcoolique que quand tu auras 950 ans. Mais il y a un truc qui fait que...
- Speaker #0
C'est marrant ça. Ça doit être vrai pour la clope aussi, non ?
- Speaker #1
Bah ma théorie c'est que oui.
- Speaker #0
Déjà comme je t'ai dit, je comprends pas les gens qui arrivent à fumer un peu. Donc peut-être c'est juste ça, c'est juste qu'un jour ils fumeront beaucoup mais c'est dans mille ans. C'est marrant.
- Speaker #1
Et on t'a déjà dit que tu manquais pas d'air ?
- Speaker #0
Je pense que ça a dû arriver, ouais. Mais pas très souvent, je pense que ça va. Ouais, ouais.
- Speaker #1
Pourquoi ça m'étonne de ce que je connais de toi ?
- Speaker #0
Tu penses qu'on m'a beaucoup dit que je manquais pas d'air ? Euh... Non, je pense quand même que...
- Speaker #1
Non, parce qu'il y a quelqu'un qui me fait signe à l'autre bout de la pièce.
- Speaker #0
Toi, tu penses qu'on m'a dit que je ne manque pas d'air ? Ok, on l'a dit. Génial.
- Speaker #1
Merci d'avoir répondu à mes questions.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Je te prends le micro et je vais quand même vite fait aller vérifier pourquoi est-ce qu'il ne manque pas d'air. Il aime bien choquer un peu. Il en la provoque, ses petites phrases. C'est un plaisir pour lui. Donc, il ne manque pas d'air. j'espère que cette interview vous a plu vous trouverez toutes les informations complémentaires dans la description de l'épisode et tout ce qu'il faut pour s'abonner, liker, commenter nous retrouver sur les réseaux et même prendre contact si vous voulez nous partager votre témoignage bisous à vos horribles cravings et autres impérieuses envies de fumer rendez-vous la semaine prochaine et d'ici là bon sevrage