Speaker #0Avant de démarrer l'épisode, j'ai envie de vous parler de Mamazoa. Mamazoa, c'est une nouvelle box spéciale grossesse et postpartum que j'ai choisi de vous présenter dans le podcast parce qu'il y a une éthique derrière cette box qui me plaît énormément. L'idée, c'est de vous faire vivre une matrescence en pleine conscience et de façon engagée vers plus de physiologie et d'empowerment. Donc j'aime beaucoup l'approche de Marine qui est la créatrice de Mamazoa. Dans chaque box, vous allez trouver des produits à la fois utiles, minimalistes, engagés et zéro déchet, comme des tisanes, des cosmétiques, de l'alimentaire, de la phytothérapie, etc. Un livret avec plein d'informations hyper utiles à l'intérieur et des surprises. Donc si vous souhaitez vivre une maternité physiologique et optimale, c'est vraiment la box qu'il vous faut. En complément d'un accompagnement, je trouve ça vraiment fabuleux, c'est un programme de 8 box entre la grossesse et le postpartum. Et vous pourrez les commander à partir du 20 septembre. 2021. Rendez-vous sur mamazoa.fr ou sur l'instagram Mamazoa. Bon épisode ! Bonjour à toutes et tous, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Un Temps pour Naître. Je suis Edwige Caloc, accompagnante en périnatalité dans le Morbihan à Vannes et à travers ce podcast, j'explore la partie taboue, cachée, émotionnelle du désir d'enfant. et de la maternité. Mon objectif avec ce podcast, c'est de vous montrer que vous n'êtes pas seul à ressentir ce que vous ressentez, à vivre ce que vous vivez sur le plan intérieur. C'est vraiment important pour moi que je puisse faire partager les réflexions qui sont les plus communes, en tout cas celles que je vois chez les personnes que je rencontre au cabinet, et de les partager au plus grand nombre. Et aujourd'hui, j'ai envie de vous parler du premier trimestre de grossesse. Et particulièrement du vécu intérieur de cette période-là. Parce que je rencontre bien sûr des femmes enceintes au cabinet, des femmes qui en sont au premier trimestre, et je suis quelque part leur seule confidente avec leur conjoint bien souvent. Ou alors une amie intime qui est au courant, mais comme c'est une période où on est un peu justement dans l'intimité, où on ne dit pas qu'on est enceinte, parce qu'il y a ce fameux cap des trois mois, que l'on s'impose plus ou moins, avant de pouvoir en discuter, et donc c'est là où je recueille des confidences sur l'état émotionnel des femmes qui sont enceintes au premier trimestre, et qui du coup ressentent beaucoup de choses, qui sont par essence invisibles de façon, c'est-à-dire qu'on s'interdit de l'annoncer, et en plus physiquement ça ne se voit pas encore, en tout cas au niveau des formes. Donc ça génère beaucoup beaucoup de ressentis qui sont plus ou moins communs chez certaines femmes, Je vais les évoquer ici sans donner de conseils absolus ou vraiment dresser un portrait type de la femme enceinte du premier trimestre, parce qu'on est toutes différentes, vous êtes toutes différentes, vous avez toute votre vécu, votre histoire, vos ressentis, qui vont être dépendants de tellement de facteurs, qu'ils soient intérieurs à vous ou alors par rapport à votre environnement. Donc vraiment, c'est des émotions que je peux remarquer. Après, n'en faites pas une généralité. Alors tout d'abord, je remarque que beaucoup de femmes vivent un état de choc émotionnel. Et oui, on peut l'appeler comme ça, même si on est censé être en extase de joie quand on découvre qu'on est enceinte. Selon si c'était un projet ou pas, déjà ça peut générer une émotion justement de panique chez certaines femmes qui ne souhaitaient pas être enceintes. d'incrédulité beaucoup, qu'on le veuille ou non en fait ce bébé, quand les deux barres s'affichent ou que notre prise de sang affiche un résultat positif, il y a souvent un temps en fait où le cerveau il n'a pas l'info quoi, donc il y a une sorte de creux pendant un certain temps et puis ensuite les montagnes russes émotionnelles. Comme je le disais à les femmes qui ne souhaitaient pas être enceintes, bon bah oui, ça peut générer des émotions qui peuvent être très dures à vivre. Chez les femmes qui souhaitent aussi avoir un bébé, ça peut être compliqué. C'est pas forcément l'extase immédiate, parce qu'on se rend compte que notre vie va changer. On le sait, et pourtant là, il se passe rien. Oui, on peut parler de choc émotionnel. Je pense aussi aux femmes et aux couples qui désirent avoir un enfant depuis longtemps. Il peut y avoir cet effet de « waouh, j'ai vécu un parcours tellement long et là ça y est » . Donc les émotions peuvent être aussi très très vives à ce moment-là. Et souvent au premier trimestre, je remarque aussi une émotion très commune de peur. Donc je repense à ces femmes et ces couples qui mettent du temps à avoir un enfant, la peur de la fausse couche. très présente. Peur de perdre le bébé, peur que ça s'arrête, donc s'ensuit comme un empêchement de se projeter dans la grossesse. Et donc du coup une culpabilité de ne pas s'investir. C'est un peu le serpent qui se mord la queue, mais c'est assez fréquent et voir des états d'angoisse chez certaines femmes. Oui, chez les couples qui sont en PMA ou qui sont en essai depuis longtemps, c'est assez commun de retrouver ces émotions de grande anxiété et de grande angoisse dans ce premier trimestre. Sachant que la peur de la fausse couche peut être aussi vraie chez les personnes qui ne sont pas en essai depuis longtemps, ou alors les femmes qui ont déjà vécu des fausses couches. Du coup, il y a un peu ce spectre du passé qui reste là. Il y a aussi la peur que ça se voit. Je parlais de cette sorte d'omerta au premier trimestre, on s'empêche de dire parce qu'on dit qu'il faut attendre les trois mois avant de l'annoncer, qu'il y ait moins de risque de fausse couche. Donc déjà c'est un peu dans l'inconscient collectif qu'on risque de faire une fausse couche. Et donc du coup comme on se fixe ce cap un peu systématiquement, on est dans la peur que ça se voit parce qu'il y a quand même des symptômes chez pas mal de femmes qui montrent qu'on est enceinte. Notamment au travail ça peut être très gênant d'avoir la nausée, d'être fatiguée. c'est des... C'est des changements physiologiques qui nous empêchent d'être efficaces comme d'habitude, et cela s'explique très bien. C'est le seul moment de la vie où le corps est fait pour accepter la greffe du patrimoine génétique d'une autre personne. C'est quand même incroyable ce que le corps fait, donc oui, il doit ralentir le rythme, oui, ça génère de la fatigue, un ralentissement du transit, des nausées aussi. Donc le corps donne beaucoup à ce moment-là, et comme je le disais, on peut avoir peur que ça se voit alors qu'on ne doit pas le lire. On se monte beaucoup la tête, c'est difficile. Je remarque aussi une grande solitude. Alors je sais que c'est pas très joyeux tout ce que je dis, effectivement, mais j'ai vraiment envie de casser ce mythe comme quoi on doit être absolument heureux en extrèse quand on apprend qu'on est enceinte. Non, le premier trimestre c'est pas que de la grande grande joie, des grandes sautes d'euphorie. Même si ça peut l'être, je dis pas que ça doit pas l'être, pas du tout, et c'est souvent le cas, mais il n'y a pas que ça. Donc cette solitude, elle est notamment liée au fait que justement on ne peut pas en parler. Donc c'est difficile du coup d'être rassuré parce qu'il y a plein de choses qui changent dans le corps, on se projette sur l'avenir finalement qui se dessine petit à petit et il ne se passe rien au niveau concret, c'est-à-dire que les personnes ne nous en parlent pas autour à part les quelques visites médicales, mais le premier trimestre il n'y en a pas tant que ça. Donc du coup on se sent un peu seul, même très seul bien souvent dans cette période-là. Donc je tiens juste à dire que si vous avez cet élan de solitude, Si vous sentez que c'est pas juste pour vous de pas le dire, révisez un petit peu ce truc-là, vous posez la question, passez par vous avant de vous l'imposer, posez-vous la question de savoir est-ce que c'est juste pour moi de pas en parler et de garder ça pour moi jusqu'au troisième mois. Et je pense que la bonne question à se poser du coup c'est de se dire si oui il y a fausse couche un moment, est-ce que j'ai envie d'être seule dans mon couple, si vous êtes en couple, ou entourée de... quelques personnes, et ces quelques personnes, dans ces cas-là, est-ce que je peux ne pas leur dire si je pense que ça peut me faire du bien de leur dire ? Voilà, petit tips que je trouve intéressants. Je parlais des hormones au début de grossesse, alors effectivement, ces hormones vont générer une forme d'irritabilité, d'instabilité émotionnelle qu'on peut ressentir très fréquemment pendant le premier trimestre. C'est dû aux hormones, mais aussi au choc émotionnel dont on parlait au début, parce que, bah, on oscille entre ma vie est normale et... waouh je vais devenir maman ma vie est normale waouh je vais devenir maman il se passe des trucs dans mon corps mais ça se voit pas et qu'est ce qu'il faut que j'achète et en même temps peut être que je vais faire une fausse couche bon voilà vous avez compris l'idée souvent il y a une instabilité on passe de l'euphorie au calme à la tempête intérieure à la colère c'est pas facile ce premier trimestre et comme on ne le dit pas du coup ça peut créer des tensions des des incompréhensions relationnelles. beaucoup d'anxiété. L'anxiété, c'est quand on pense au futur, et comme on ne peut pas le contrôler, on monte en tension, on monte dans un stress d'anticipation. Donc oui, beaucoup d'anxiété, en général, au premier trimestre. Il y a aussi le fait que parfois, on sent qu'il y a un truc, on n'est pas comme d'hab, on ne se sent pas super bien, ou il y a des émotions qui arrivent, même de l'euphorie Et on ne les maîtrise pas, ces émotions, on ne sait pas d'où elles viennent, on ne sait pas où les foutre, on ne sait pas les mettre en mots. Et c'est bien souvent à ce moment-là qu'on développe des symptômes un peu plus forts. On peut remarquer des nausées un peu plus présentes que la moyenne, qui peut même se transformer en ce qu'on appelle... De l'hypérémèse, c'est les femmes qui vomissent tout le temps, qui ont tout le temps, tout le temps des vomissements, des nausées, même jusqu'à très tard pendant la grossesse, et là on n'est plus dans la physiologie d'une grossesse normale. Là c'est vraiment important d'aller en parler à son médecin, à sa sage-femme, et explorer pourquoi pas la partie émotionnelle, parce que bien souvent c'est là, dans ces moments-là, que ça peut être intéressant d'aller creuser ce qui remonte. Ça peut être des traumatismes, des vécus difficiles. le fait de devenir mère et que ça monte à la conscience peut générer beaucoup de choses, que ce soit dans le corps ou dans l'esprit. Donc vraiment, c'est un moment clé où là, je sens que l'accompagnement que je propose peut être très utile pour certaines femmes, parce que c'est le moment de la vie où on passe de « je suis responsable de moi-même » à « je deviens responsable d'un autre être humain » . Et même quand c'est le deuxième ou le troisième ou plus, c'est toujours... Très très engageant en fait de devenir responsable de quelqu'un d'autre et c'est là où vont remonter notre relation au fait d'être responsable, sachant qu'on est dans un système, une société où on lit responsabilité et culpabilité et du coup tout ça, ça vient rentrer en jeu sur les systèmes relationnels dans lesquels on est, le passé qu'on a vécu en tant qu'enfant, en tant que bébé, même avant. En tant qu'adulte, en tant qu'adolescent, dans la famille, avec les amis, dans le couple, etc. Tout ça, ça peut remonter, mais d'une manière inopinée. Et c'est difficile de faire le lien quand on n'est pas initié à ça, quand on se découvre enceinte, on se dit juste au début, ok, j'attends un enfant. Mais il y a plein d'autres choses qui se jouent et qui commencent à jouer à ce moment-là. Et comme on ne maîtrise pas absolument la date de grossesse, c'est-à-dire qu'on peut avoir un projet, mais ça ne se passe pas toujours au moment pile où... on le souhaitait, on n'est pas forcément prêt. Et même quand on croit qu'on est prêt, il y a d'autres choses qui remontent. On peut être prêt matériellement, on peut se dire tiens c'était le bon moment dans le calendrier, donc ça c'est le cerveau conscient qui décide ça. Pour le reste, c'est d'autres parties de notre cerveau, notamment le cerveau limbique qui est lié à la mémoire, qui fait remonter d'autres choses. Donc, ce qui peut expliquer des symptômes très très forts en début de grossesse et qui n'ont pas forcément d'explication physiologique, à part le fait qu'il y a les hormones qui diminuent, on peut avoir Alors... Des maladies hormonales ou d'autres pathologies qui font que ça peut être plus présent, mais n'empêche que la sphère émotionnelle, elle a souvent une importance capitale en début de grossesse. Et donc je parlais du fait qu'on prend conscience qu'on va devenir responsable de quelqu'un d'autre, ça c'est vraiment une dimension que je souhaite souligner, parce que c'est pas rien de savoir qu'on va devenir maman, même si c'est un projet qu'on désire, que c'est attendu, qu'on l'a fait sans se prendre la tête, peu importe le cas de figure, finalement, c'est C'est bouleversant pour l'immense majorité des femmes de savoir ça, de l'intérioriser, de se familiariser avec l'idée qu'on va avoir un bébé. Et c'est pour ça aussi que la grossesse dure 9 mois. qu'il nous faut du temps, le cerveau a besoin d'un temps, tout comme le corps a besoin de 9 mois pour concevoir ce bébé, et le bébé a besoin de 9 mois pour être prêt à naître, et bien notre cerveau a besoin de temps aussi pour conscientiser. Pour résumer, je pense que ces trois premiers mois de grossesse sont là pour aider notre cerveau et notre corps à conscientiser ce qui se passe, à intégrer. C'est une phase d'intégration, d'acceptation. Et surtout, n'hésitez pas à vous faire aider à ce moment-là si vous sentez que c'est difficile pour vous, peu importe votre passé, peu importe votre histoire, votre situation. Même si, a priori, tout va bien, si vous sentez que vous avez besoin de déposer des choses, confiez-vous à quelqu'un de proche, à une accompagnante comme moi par exemple, ou toutes les autres accompagnantes de France et de Navarre. Et donc il y a des thérapeutes qui sont très compétents aussi pour recevoir ça. C'est très important d'avoir un espace d'échange de paroles pour livrer tout ça. Une fois que c'est déposé, ça se décharge assez vite au niveau des symptômes. Il suffit bien souvent, pas toujours, mais bien souvent de se livrer, de déposer, pour pouvoir prendre un pas de recul et intégrer ce qu'on est en train de vivre en se détachant de tout jugement personnel. Comme je le disais au début de l'épisode, ce n'est pas du tout un épisode où je vais donner des conseils à appliquer systématiquement et à dire comment c'est exactement, ce qui est rarement le cas d'ailleurs parce que chaque personne est différente, mais aujourd'hui c'est une palette. de ressenti que je peux constater chez pas mal de femmes que je rencontre, n'hésitez pas à m'envoyer un message ou à laisser un commentaire sur votre appli de podcast pour me dire si ça vous parle, si c'est des choses que vous vivez, que vous avez vécues, si au contraire pas du tout, vous n'avez pas ressenti des choses comme ça, que vous avez ressenti d'autres choses que je n'ai pas évoquées. Surtout n'hésitez pas, l'interaction ça me plaît beaucoup et je vais me partager sur ce que vous ressentez, ce qu'on peut ressentir. Donc ça me ferait très plaisir de pouvoir... partager autour de ça et justement à propos de partage, si ça vous plaît, si vous pensez que c'est pertinent, n'hésitez pas à partager aussi à vos proches, à vos amis qui sont concernés, si vous pensez que ça peut les soutenir. Et si vous souhaitez soutenir le podcast, je vous invite à laisser une note et un avis sur votre application ce qui me permet de faire décoller les écoutes et surtout de faire connaître le podcast, de le partager au plus grand nombre de personnes qui sont concernés par la maternité et donc pourraient trouver des astuces utiles dans mon podcast. Sur ce, je vous souhaite une excellente fin de journée et je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.