Speaker #0Bienvenue dans ce nouvel épisode, à vous toutes et à vous tous. Aujourd'hui, on va parler du postpartum et j'ai choisi un angle d'attaque assez précis. C'est la peur du postpartum. Et j'ai envie de décortiquer avec vous d'où vient cette peur actuelle du postpartum. Est-ce qu'elle est bien fondée et que faire de cette peur ? Bon déjà, est-ce qu'on a raison d'avoir peur du postpartum ? La réponse est oui. Ciao, bye bye, je vous laisse. Bonne journée. Non. Évidemment, on va aller un peu plus loin que ça. Déjà, si on pose une définition ensemble, c'est quand, c'est quoi, le postpartum ? Le postpartum, c'est la période qui suit l'accouchement. Littéralement, c'est ce que ça veut dire. Post, après, partum, accouchement. Donc déjà, on se rend compte que cette période, elle n'a pas de terme à elle-même. C'est la période d'après quelque chose d'autre, comme si elle n'existait pas intrinsèquement. Donc on a peur de quelque chose qu'on ne nomme pas. Déjà, ça c'est paradoxal, vous ne trouvez pas. Et je suis sûre que si vous m'écoutez, vous êtes déjà plus ou moins éveillés à cette question, combien de temps dure le postpartum, et les réalités que ça revêt. Alors, vous êtes peut-être plus ou moins informés, peut-être que vous êtes déjà passés par là, que vous avez déjà eu un ou plusieurs enfants, ou pas du tout. Ces dernières années, on entend quand même beaucoup plus parler de cette période qu'il y a... Ne serait-ce que 5 ou 10 ans, très très honnêtement, si je regarde le monde qu'il y a entre les informations qu'on va avoir autour du postpartum maintenant, en 2026, au moment où j'enregistre cet épisode, et quand j'ai eu mon premier enfant, donc en 2010, je sais même pas si j'avais entendu ce mot-là. Je n'en suis pas si sûre, je vous avoue. Donc pour ce... Préparer à quelque chose, c'est compliqué quand cette période n'existe tout simplement pas. Aujourd'hui, elle existe dans ses représentations et dans le vocabulaire, mais on comprend déjà que postpartum, on parle d'après quelque chose, comme s'il n'y avait pas assez de valeur pour que ça ait son propre nom. En tout cas, c'est après quelque chose d'important. Donc effectivement, l'accouchement, c'est un moment très important. Au moment où je vous parle, je suis à bientôt 38 semaines d'aménorée. Donc évidemment que l'accouchement est dans mon esprit, c'est sûr et certain. Pour autant, le postpartum, il y a vraiment une ambivalence aujourd'hui entre « Oh là là, apparemment c'est assez terrible » ou alors « Je ressors avec une expérience qui a été difficile, je vois, je suis témoin que les gens ont des difficultés » ou « Je me représente des grosses difficultés » et « Je ferme les yeux » et « Le système entier ferme les yeux » . Parce qu'il n'y a pas beaucoup de vraies préparations au postpartum. Si on regarde la préparation classique qui est proposée, elle est vraiment axée autour de l'accouchement. Et encore, ça peut se discuter. Donc c'est super que ça existe la préparation à la naissance et à la parentalité. Mais quand on a des séances sur le postpartum, c'est déjà chouette. Souvent ça concerne comment se préparer pour allaiter et les besoins du nourrisson. c'est souvent les deux types de... de sujets qui vont être abordés, ce qui est vraiment fondamental et super. Et du coup, ça se résume à plus ou moins deux heures, deux, peut-être trois, pour parler de ce qui concerne le lien avec bébé, comment le nourrir et comment s'en occuper. Donc ça, c'est un fondamental, je suis absolument ok avec ça, que, bah oui, on va ressortir avec un enfant dans cette histoire et il va falloir avoir des fondamentaux pour pouvoir... assurer son bien-être et sa survie. Donc il y a du progrès. Je me rappelle effectivement, pour mes premiers enfants, il n'y avait pas ce genre d'atelier. Enfin, dans le parcours classique, et j'en ai fait deux différents. Pas un mot sur ce genre de préparation. Donc ça évolue. Mais pour autant, là, moi je parle du postpartum vécu par notamment la maman. Et on se retrouve aujourd'hui avec les représentations surtout qu'on va voir sur les réseaux sociaux. Et très souvent des images, alors soit juste parfaites, l'image de la chambre, Pinterest, magnifique, comme si c'était absolument indispensable d'avoir quelque chose de très visuel, et en même temps des témoignages assez lourds, très très lourds même, sur le vécu du postpartum. Et il m'arrive même, enfin c'est très fréquent, quand moi-même j'anime, cette question du postpartum dans des ateliers pour des couples, je demande aux partenaires, aux coparents, pour vous, pour toi, qu'est-ce que c'est que le postpartum et très souvent c'est la dépression. C'est une période compliquée qu'il va falloir traverser tant bien que mal. On serre les dents, on avance. Finalement, on est passé d'une étape qui dit, vous n'existez pas. La vie de nos mères, par exemple, nos mères, nos grand-mères, elles n'existaient pas en tant que personnes dans ce postpartum. C'était vraiment l'injonction de se lever rapidement, de reprendre une activité très très vite. Voilà, on ne prend pas le temps de se reposer. A, la femme vit un postpartum, égale la femme vit un état de dépression. Alors que non, un postpartum, c'est une période après l'accouchement, c'est la période après l'accouchement, donc non, ce n'est pas caractérisé par la dépression. Ça peut, ça peut, effectivement, une dépression, malheureusement, ça arrive une fois sur cinq. Donc c'est quand même une menace importante, qu'à mon sens, il ne faut pas diaboliser, mais plutôt... prévenir, envelopper, préparer et aider si ça arrive, évidemment, pouvoir avoir les signaux, etc. Dans ce contexte, je comprends que le postpartum fasse méga peur, que ça puisse même freiner des projets d'enfants, des personnes, des femmes notamment, qui se disent « non, je ne peux pas vivre ça, ce n'est pas du tout ok pour moi, donc je n'aurai pas d'enfant » . Parfois ça fait partie des raisons pour lesquelles ça bloque un projet parentalité. Et donc mon propos n'est pas de dire non non non tout est bien dans le meilleur des mondes, absolument pas. Mais je vous invite plutôt à vous questionner sur les fondamentaux autour de cette peur. Si vous, vous avez une peur de vivre le postpartum, d'où vient-elle ? Est-ce que ça vient de votre propre vécu ? Par exemple vous avez eu un enfant et ça a été difficile, vous n'avez pas bien été accompagné, ça a duré longtemps, il y a eu des problèmes d'épuisement, de sommeil, que sais-je. Et donc vous portez les traces physiques, psychiques peut-être de ce vécu-là. Ou alors vous avez vu des personnes en souffrir, ou vous avez des représentations même de personnes que vous ne connaissez pas ou de loin, avec cette souffrance-là. En tant que professionnel de la périnatalité, c'est vraiment délicat de parler de cette période comme une funambule, c'est-à-dire sans minimiser les problématiques qui peuvent découler de cette période-là. mais qui ne parle pas de cette période en elle-même, qui parle de certaines conséquences de circonstances liées au postpartum. Et donc il faut nommer les choses, effectivement, ça doit exister dans les accompagnements, parce que c'est une réalité. Et en même temps, ne pas tomber dans la dramatisation, parler aussi des choses qui sont très belles, et qui peuvent complètement exister, sans évangéliser non plus, comme... On a pu le faire sur certaines générations, c'est tout beau, tout rose, c'est un épanouissement parfait. En fait, il y a toute une myriade de possibilités pour les femmes, pour les coparents, et c'est rarement absolument magnifique ou l'horreur absolue. Il y a tout un panel de vécu. Et en tant que professionnelle, bien sûr, moi ma question c'est d'où vient ce retour d'expérience difficile ? Pourquoi il s'ancre comme ça ? Il est où le problème ? Il est où le problème ? Parce qu'accueillir un enfant, c'est pas censé nous rendre dépressifs, c'est pas logique, ça va pas dans le sens de la survie de notre espèce. Si c'était censé être une épreuve absolue, au sens absolu, l'humain n'aurait pas eu envie d'y retourner, enfin, il y a un truc qui va pas en fait. Donc à mon sens, c'est vraiment plus une analyse des circonstances autour du postpartum. sur lesquelles il est important d'agir aujourd'hui. Donc à la fois de façon absolument individuelle, chacun, chacune, chaque couple en fait, chaque personne qui va pour traverser le postpartum peut aller chercher une base de préparation. Et moi qui propose ce type de préparation, y compris en e-learning si ça vous parle, je vous mettrai le lien dans l'épisode, donc avec des ressources que vous pouvez appréhender tout au long de la grossesse, à votre rythme. Voilà, c'est accessible. Je reste quand même dans l'affirmation que, en fait, ça se prépare, mais tant qu'on ne l'a pas vécu, ce postpartum-là, on ne saura pas. On ne peut pas tout anticiper. Il y a à la fois un socle qu'on peut nourrir à l'intérieur de soi, des bases de représentation, de connaissances, des repères. C'est vraiment ça le plus important pour moi, c'est d'avoir des repères fiables, objectifs, sur ce que je vais traverser, ce que mon bébé va traverser, ce qui... peut se passer potentiellement dans mon corps, de quoi a besoin cet enfant, mon couple, voilà, tout le... l'environnement autour du postpartum, pouvoir mettre en place des choses qui vont dans le sens de je récupère au mieux, on récupère au mieux, on se découvre au mieux, ça c'est accessible. Et en même temps, je reprends l'image d'une de mes consultantes que j'ai accompagnée il y a quelques temps maintenant et qui me disait en fin de grossesse, je suis tout en haut de l'échelle qui me mène à la montagne russe, vous savez, l'appareil dans lequel je vais embarquer, puis qui va m'emmener en fait. Il y a une part de ça. C'est vraiment une aventure où on ne va pas tout maîtriser. Et ça, ce n'est pas évident quand il y a des choses dans lesquelles on va être transporté et qui ne vont pas forcément répondre à notre contrôle. Et ça, bien sûr qu'en postpartum, on a des moments comme ça, c'est sûr et certain. Plus on va comprendre la réalité de ce sur quoi on n'a pas le contrôle, plus il y aura des repères et des alertes qui vont potentiellement s'allumer en cas de... de signal qui nous dit qu'on dépasse le cadre normal. Et dans ce cadre normal, il y a des choses qui sont déstabilisantes. En fait, c'est de pouvoir à la fois être flex sur « Ok, ça me déstabilise, je n'ai pas l'habitude de ça. C'est même inconfortable, waouh, c'est hyper intense. Mais ça, c'est normal et ça va passer en fait. » Et là-dedans, même si c'est déstabilisant, il y a des trucs assez chouettes. On note aussi des découvertes de soi, de cet enfant. Inconfortable, mais ça fait partie du chemin. Un peu comme un voyage, en fait, il y a des choses qui sont inconfortables, mais qui font partie complètement de l'aventure. L'aventure, c'est censé être inconfortable aussi. On n'est pas exactement soi-même avant et après l'arrivée d'un enfant, et ça, ça fait partie complètement intrinsèquement de cette expérience. Donc si on ne se laisse pas un peu bousculer, oui, ça va être une énorme souffrance. Donc parfois, c'est un travail sur soi qu'il est important de faire avant d'accueillir l'enfant. Et ça, ça ne va pas forcément être lié au problème de sommeil, par exemple, ou de charge quotidienne, mais plutôt d'instabilité personnelle et à quel point ça vient bousculer, en fait, d'avoir la responsabilité de quelqu'un d'autre dans ma vie. Ça peut être tout à fait ça aussi. Et donc ça... C'est d'apprendre à surfer sur la vague, à naviguer dans la tempête. Ça, c'est vraiment une compétence, je pense, qui est de plus en plus nécessaire et de plus en plus difficile, malheureusement, parce que nos ressources s'épuisent. On est dans un contexte assez particulier aujourd'hui. Et en même temps, je pense beaucoup d'insécurité, beaucoup de solitude. Et ça, ça ne fait pas bon ménage, effectivement, avec le postpartum. Et comme je le disais, savoir solidifier tout ça. et avoir un vrai système d'alerte pour nous permettre d'aller chercher ce dont on a besoin en cas de réel danger, finalement potentiel danger. Là, on se dit que ça ne fait plus partie de l'aventure normale du postpartum. Il y a quelque chose qui... Voilà, ce n'est pas normal en postpartum de vivre ça. Ou alors, on l'a banalisé parce qu'on dit, oh là là, c'est dur, c'est dur. Ouais, mais il y a peut-être un truc qui ne va pas chez mon enfant, chez moi. Il y a peut-être un quelque chose qui fait que ça met un grain de sable et ça vient tout enrayer. Si je prends un exemple tout bête, les crevasses au niveau mammaire en postpartum. Si on a des crevasses au niveau des seins, c'est très probablement qu'il y a une autre problématique que ces crevasses. C'est des gersures au niveau du mamelon, qui peuvent arriver assez vite après le début de l'allaitement. Et j'entends beaucoup aujourd'hui, même chez les professionnels... Alors pas soignant, mais je pense par exemple à une femme que j'ai vue au labo, qui m'a fait mon bilan sanguin, et qui m'a demandé si je voulais allaiter, donc j'ai dit oui, qui ne me connait pas du tout, et qui m'a dit vous allez voir au début, ça fait mal, vous aurez des gerçures sur les seins le premier mois, puis après il faut serrer les dents, et après c'est bon. Et bon, ok, c'est chouette aussi le partage d'expérience, et ce sera mon quatrième allaitement, donc je lui ai expliqué que moi je n'ai jamais eu de crevasse. Et dire, ah bah c'est exceptionnel, vous avez de la chance. Mais en fait, c'est pas que de la chance. Je sais qu'il y a des femmes qui vont avoir des crevasses très très facilement, qui ont une sensibilité cutanée. Ok, pour moi, ça reste assez rare. Et ça demande à voir quelqu'un. Pas rester seule avec ça. Très souvent, c'est un problème de position. Un problème de sussion, en fait. Il y a très souvent une problématique qui est toute bête autour de la sussion. et qui demande à corriger ça, plus la crevasse qui peut s'aggraver. Et donc non, on ne serre pas les dents quand on allaite pour tenir bon. Ce n'est pas logique, ça. Donc en fait... Il y a beaucoup d'amalgame, en fait. C'est dur, mais il faut tenir, il faut être solide, il faut montrer qu'on va tenir dans la durée. Et, oulala, attention, là, tu vas risquer la dépression, c'est un peu inéluctable. Pour moi, il y a tout un terrain qui n'est pas encore très sain autour du postpartum. Et ajoutons à cela la façon dont c'est accompagné, on a très peu de visites postnatales. Très honnêtement, c'est réduit à peau de chagrin, là où dans certains pays, l'âme. La prise en charge du postpartum, elle est vraiment importante. On va avoir une accompagnante qui vient chez soi, qui vient pour le bébé, pour nous, le premier mois, nous apporter confort, soins. Il y a aussi le concept du mois d'or, dont j'ai déjà parlé dans le podcast. On en est encore très loin. Et à mon sens, le postpartum, c'est vraiment un marathon. un événement, un moment de vie dans la durée. Donc j'aimerais bien qu'on lui trouve un autre nom, alors on va peut-être y réfléchir ensemble, à ce postpartum et comment on pourrait l'appeler. Mais pour moi c'est une affaire de plusieurs années, parce que pendant plusieurs années, d'autant plus si on a l'aide, on va avoir un remaniement psychique, hormonal, corporel, dans la configuration familiale, dans la gestion des priorités. C'est... oui. C'est intense en fait dans cette période-là, il y a beaucoup de choses, et en plus c'est intense et instable dans le sens où ce qui était vrai il y a trois semaines sera peut-être plus vrai là, parce que l'enfance a évolué très très vite. Et ces trois premières années, c'est difficile de prendre pour acquis la façon dont se déroule le quotidien. Donc pour répondre à cette question, est-ce qu'on doit avoir peur, où est-ce qu'on doit placer cette peur, la peur c'est un signal, de façon tout à fait binaire et primaire. Si un monstre m'attaque ou une personne très mal intentionnée vient vers moi avec un couteau pour me courser, bien sûr que je vais avoir peur, ça va me faire activer des réflexes de survie. Heureusement, donc c'est très bien d'avoir peur, c'est très bien que cette émotion existe. Maintenant, pour le postpartum, à mon sens c'est important de reprendre les armes, entre guillemets, et pas se laisser gouverner par la peur. Si vous désirez avoir un enfant et que c'est le postpartum uniquement qui vous bloque, moi je trouve ça absolument dommage de ne pas aller plus loin et de ne pas prendre cette peur-là, mais d'aller gratter, d'aller gratter, d'aller comprendre qu'est-ce qui dépasse votre limite, est-ce que c'est imaginaire, est-ce que c'est une potentielle réalité. Moi je suis accompagnée des femmes par exemple qui ont pu me dire « bah ouais ça me fait super peur en fait, j'arrive pas à dire oui à mon... » compagnon pour un enfant parce que je trop perds du postpartum. Ok, mais quoi dans le postpartum ? Il y a tellement de choses. Donc ça peut être la conciliation entre mon travail et le besoin d'un enfant, ok. Ça peut être d'être épuisée, que l'enfant ne dorme pas, ok. Ça peut être plein de choses en fait. C'est d'aller un peu plus loin que juste le générique du postpartum. C'est comme l'accouchement finalement. Je peux parler des heures de l'accouchement. Qu'est-ce qui... Qu'est-ce qui pourrait vous faire peur ? Il y a des femmes qui n'ont pas peur, attention, mais si vous écoutez cet épisode, c'est qu'il y a une peur en vous, où vous vous questionnez justement sur cette peur ambiante, une peur qui vous appartient, qui vous appartiendrait. Donc déjà, première question, concrètement, de quoi ça parle ? Est-ce que ça vous appartient ou c'est des représentations que vous avez ? Et finalement, vous, en tant que personne, vous n'avez pas vraiment peur ? Ou oui, oui, il y a vraiment une peur, une appréhension qui est légitime et fondée ? Et qui peut ? vous aider maintenant et plus tard. C'est-à-dire aujourd'hui, maintenant, qu'est-ce que vous pouvez mettre en place pour diminuer la potentialité que ça arrive ou pour vous permettre de trouver des ressources si ça arrive. Je pense, par exemple, moi qui vais accueillir mon quatrième enfant, je vous avoue, ma plus grande peur, c'est d'être épuisée. C'est de vivre des nuits terribles, pas que des nuits en fait, de pas, parce que je me connais, il y a l'enfant, bien sûr qu'il va pas faire mes nuits. Au début, c'est absolument normal. Donc je suis bien préparée heureusement à ça. Donc je sais comment je vais faire pour vivre la nuit, pour dormir la nuit. J'ai mes repères. En tout cas, pendant les premières semaines, premiers mois. Et après, j'en sais trop rien. En fait, ça dépend vraiment des enfants. Mais justement, en fait, ça dépend des enfants et tout vient pas de moi. Donc je sais que ça peut être hyper fluide. Mais je sais aussi que ça peut être vraiment vraiment difficile moi ce qui me fait peur c'est la reprise du travail quand je vais reprendre mes rendez-vous au cabinet à temps presque plein Il faudra quand même se lever le matin avant avec les aînés. Donc en fait, c'est concilier à la fois le rythme de l'enfant, les besoins de ce bébé, les besoins du reste de la famille et les besoins du cadre de la vie professionnelle et d'être un peu balottée derrière tout ça parce que je me connais, en fait, ma grosse difficulté à moi, c'est de savoir aussi dire, bon, ok, là, il est 14h, je vais me poser. Je vais me poser parce que mes voyants sont au... orange, début rouge, là ça ça va pas, je suis trop fatiguée pour faire ce que j'avais prévu. Et d'oser me dire, allez, c'est pas grave, en fait tu peux aller t'allonger, parce que j'ai une grosse réticence à ça. Je m'autorise pas beaucoup. Donc en fait, j'ai peur à la fois de l'épuisement, mais de moi qui m'engouffre dans un épuisement. Donc il y a les circonstances en elles-mêmes, l'enfant, est-ce que il va pas avoir un trouble de santé qui fait qu'il va pas dormir ? Bon ben oui, c'est une réalité qui va avoir des besoins de grande proximité, mais c'est pas tant cette proximité, c'est moi ce que je fais du temps qui me reste et à quel point mon cerveau a été mis en alerte avec ma dernière expérience de maternité. Parce qu'il y a eu beaucoup, alors c'est même pas qu'une question de sommeil, il y a eu beaucoup de crises émotionnelles à part de ma fille et mon système nerveux n'est pas encore bien bien réparé. Donc, j'ai des repères concrets. Je n'ai pas aucune peur sur le nourrissage de mon bébé, je n'ai pas peur, j'ai pas peur de grand chose, mais c'est vraiment concrètement de finir, enfin de finir, d'être vraiment éclaté au sol, de ne plus avoir de patience, de ne plus avoir de ressources en fait à cause de cet épuisement. Et donc en fait quand je tire le fil, je découvre, je comprends que c'est mon système nerveux, est-ce qu'il va... tenir le choc, et qu'est-ce que moi je vais faire aussi du temps que j'ai pour me régénérer, est-ce que je vais me l'autoriser ? Ça c'est pas facile pour moi, donc j'ai ces deux axes en fait. Et donc qu'est-ce que je peux faire aujourd'hui ? Eh bien aujourd'hui c'est justement de m'entraîner à m'autoriser à me poser, parce que je peux m'autoriser à me poser mais j'y arrive pas tout le temps. Donc je vais pas me flageller parce que j'ai préféré ranger la cuisine que de faire une sieste, mais quand même, ok, ça me permet de voir jusqu'où. Je vais ou je ne vais pas en prénatale. Et qu'est-ce qui pourrait évoluer dans ma façon de vivre le postpartum pour diminuer le risque que ce soit compliqué ? Ça peut être ma récupération les premières semaines. Bien sûr qu'elle sera complètement différente que les précédentes, autant sur le plan alimentaire que dans le mouvement, que dans les visites, que dans ma dynamique globale. La place de mon partenaire aussi. m'entraîner au maximum à lui laisser une place qu'il ne prend pas tout le temps parce que je ne la lui laisse pas non plus et qu'il ne prend pas toujours parce qu'il n'est pas habitué à la prendre et donc on s'entraîne avant aussi. Et une réflexion sur l'organisation du quotidien sur le long terme, c'est une réflexion sur quelles seront mes ressources aussi sur mon système nerveux. Donc j'ai des idées aussi de personnes qui pourraient m'accompagner pour apaiser mon système nerveux. Parce que je sais que c'est mon petit point faible qui peut devenir mon dragon, quoi. Et ça, je veux pas. J'ai pas envie de revivre ça. Donc, je ne peux pas savoir à l'avance si mon enfant sera plutôt cool ou aura un problème. Il peut y avoir des problèmes de santé aussi qui font que c'est beaucoup plus difficile. Ok, bah ça, ça fait partie des montagnes russes de l'aventure. Et je ne sais pas, en fait, à quel point ce sera turbulent ou pas. L'appareil dans lequel je vais monter, est-ce qu'il sera... très fort, ou alors en fait, ben non, ça va, la balade est plutôt chouette, naturellement, et ben voilà, en fonction du niveau de difficulté, quels sont mes leviers maintenant, et quels seront mes leviers plus tard. Donc c'était mon exemple à moi, mais il peut y en avoir plein d'autres, et ça c'est aussi des choses qu'on discute en accompagnement. Quand je fais un accompagnement de la grossesse au postpartum, ce qui est assez fréquent forcément en tant qu'accompagnante, Bien évidemment, on va aborder cette question que je vais demander. Comment, toi, tu vois cette période-là ? Qu'est-ce que tu projettes ? Est-ce que tu projettes quelque chose, vous, s'il y a un couple ? Et là, on tire le fil. Parce qu'autant on a des représentations assez binaires, très joyeuses, ou la famille parfaite, ou la catastrophe, il n'y a plus de nuance. On nous dit que tout passe, mais des fois il y a des choses qui ne passent pas toutes seules, donc ce n'est pas toujours si vrai, même si oui, intrinsèquement, nos enfants grandissent. Ça finit par passer, mais pas toujours au prix d'une grande tranquillité. Donc tout passe, mais pas toujours de façon autonome. On va entendre, prends soin de toi, mais qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Crée ton village, mais d'accord, mais c'est quoi en fait créer son village ? Bon, des fois on n'a pas toujours de village, donc ça veut dire quoi ? Si je suis assez isolée, je suis condamnée à vivre un postpartum de MERDE. Enfin voilà, il y a vraiment ce côté très binaire. Moi je propose de revenir à vous. à vos représentations, vos réelles appréhensions, éventuellement vos besoins, en tant que personne, en tant que famille, et à quel point vous naviguez en fait dans l'inconnu, est-ce que vous êtes à l'aise avec la question de l'inconnu, est-ce que vous êtes peut-être trop à l'aise parce que parfois on se laisse porter aussi, on se dit bah on verra comment ça se passe, de toute façon les autres l'ont fait avant nous et puis ça va aller, il y a quand même plein d'enjeux dans cette période-là. Et comme elle n'est pas toujours extrêmement bien accompagnée... naturellement, je trouve que c'est pas mal quand même de l'aborder tout comme l'accouchement en fait si on se dit bon bah oui j'ai envie de vivre un accouchement physio et puis faut faire confiance à son corps et puis ça suffit non je crois pas, oui faut faire confiance à son corps mais il y a quand même tout un tas d'outils, de repères qu'il est important d'appréhender avant la mise au monde du bébé parce que sinon on manque cruellement de ressources pour ce jour là Parce que c'est hyper intense, parce qu'on n'est plus habitué, parce que ça se prépare. C'est un peu comme un mariage, en fait. On n'arrive pas, le jour de son mariage, les mains dans les poches. Quoique, pourquoi pas, je veux dire, c'est qu'un papier. Mais si on veut vivre une expérience, réunir des gens qu'on aime, il y a des choses qu'on recherche, il y a tout un cheminement. L'accouchement, oui, mais pas que. Le postpartum aussi, ça dure longtemps. Donc oui, en fait, ça demande un socle. S'il y a de l'émotionnel derrière, beaucoup de la peur, c'est mon sujet aujourd'hui, qu'est-ce qu'on fait de cette peur ? Ne restez pas seul avec cette peur, ne la laissez pas vous gouverner et vous mettre des œillères, parce que ça c'est aussi hyper contradictoire. On va avoir peur de cette période, mais très peu de personnes vont oser se préparer réellement. Ou alors on va à la fois d'un côté cumuler certaines informations, mais pas les malaxer pour les apprivoiser et les faire siennes. Il y a comme une méthode, une méthode un peu parfaite, toute faite, ou alors on est pour, on est contre. Et puis, il y a la réalité du terrain et puis on se retrouve parfois un peu largué. Donc prenez les outils et plutôt que de se demander est-ce que c'est bien ou pas bien, est-ce que je vais faire ça ou pas, c'est de les apprivoiser, savoir que ça existe, un peu comment ça marche et de vous laisser porter. Je pense par exemple au portage. Alors avec mon mari, on a fait un atelier de portage. Moi, je connais déjà le portage. Mais je trouvais ça super cool de refaire un atelier parce que, bon, mince, c'est encore un nouvel enfant. Le temps est passé et j'ai envie d'être à la place de ces mamans qui se préparent. Et mon mari ne connaissait pas le portage, il n'a jamais pratiqué avec ses aînés. Donc c'était aussi super de pouvoir réappréhender l'outil, de voir comment mon partenaire, lui, se sent avec ça. Sans dire, il faut qu'on le fasse, ou non, surtout pas. C'est commenter avec ça, c'est comment. Et de comprendre les bien fondés de l'existence de ces outils-là. Bien sûr, moi, je ne peux faire que l'apologie du portage. Mais il y a 50 nuances de réalité. Puis il y a peut-être des jours où je n'aurais pas envie de porter mon enfant. J'aurais juste envie de me poser à côté ou de le confier. Et puis, il y a des jours où ce sera tellement génial d'avoir cette écharpe plus ce porte-bébé. Et bref, en fait, c'est de pouvoir être bien équipé pour... naviguer au creux de la vague et que cette vague vous fasse pas boire la tasse au point de vous dépasser. Parce que c'est censé être une super chouette période. C'est censé être un beau moment de vie. Donc ouais, c'est intense, oui, c'est challengeant. Mais qui je deviens dans ce challenge ? Comment ça peut m'apporter des ressources ? Et ça, pour moi, c'est un point fondamental en accompagnement. Non seulement faire en sorte qu'on apaise au maximum, ce qui a besoin d'être apaisé, d'avoir des ressources le jour J, enfin le jour J, à la période P, ça se dit pas mais vous aurez compris, pour sortir d'une situation très compliquée ou alors pouvoir être flex face à des choses qui sont normales mais qui viennent beaucoup nous bousculer, comment on peut faire que ça bouscule moins, et aussi avoir tout un ensemble de ressources pour pouvoir s'autoriser à vivre un truc vraiment super chouette parce qu'il y a des moments super chouettes. dont on n'a pas été habitué à profiter, à célébrer. Donc voilà, c'est mon rôle d'accompagnante. En tout cas, moi, c'est vraiment les repères qui sont importants pour moi. À la fois apaisée, préparée. autonomiser et embellir, célébrer, magnifier des choses quand même extraordinaires autour de cette période de vie. C'est pas ni absolument catastrophe, ni absolument merveilleux, mais il y a les deux dans cette période. Et si on peut faire en sorte que tout ce qui semble être catastrophique ne nous arrive pas, ou diminue dans l'impact de la catastrophe, évidemment, on est tout un ensemble de personnes pour... Faire en sorte que la dépression du postpartum ne soit pas une case à cocher, tant bien que mal, et on y va, on serre les dents. Pas du tout, pas du tout. Et si ça arrive, malgré des repères, parce que voilà, on ne décide pas d'avoir une dépression, clairement pas, c'est comment on peut être accompagné là-dedans. Est-ce que je m'autorise à être accompagné ? Quelles sont les vraies ressources ? Et de les avoir avant. Mais ô combien c'est utile. Donc oui, ça demande une certaine préparation. Voilà, donc je vous rajoute de la charge peut-être, mais... Plutôt que d'avoir un amoncellement d'infos un peu en vrac qu'on trouve sur les réseaux de comparaisons toxiques, faites-vous votre propre petite besace pour le postpartum et allez piocher ce qui est bon pour vous au moment voulu sans vous charger. Voilà, donc moi c'est ma petite recette à moi pour conjurer la peur du postpartum et ne pas en faire quelque chose de stagnant, de purulent. Ou alors une non-information, comme si il ne fallait pas du tout avoir peur. Non, non, non, c'est qu'est-ce que ça vient dire ? Comment on peut mettre du sens et de la réalité dans tout ça ? Voilà. J'espère que ça vous a apporté des repères. C'était un épisode plutôt mindset, émotionnel et social autour du postpartum. Mais je trouve que c'est nécessaire de prendre ce recul avant de foncer tête bêche dans ces expériences de vie. Et si l'idée de vous préparer à mes côtés vous botte, ou si on est après mars 2027, on peut le faire en présentiel, c'est-à-dire en rendez-vous d'accompagnement, mais j'ai aussi créé un accompagnement totalement autonome sur tous ces thèmes autour du postpartum, que ce soit la récupération physique, la santé mentale, les besoins de bébé, l'allaitement, la gestion du quotidien, le couple, que vous pouvez suivre et surtout apprivoiser. à votre réalité. Ça pour moi c'était vraiment important quand j'ai préparé toute cette matière. Oui, donner des repères clairs, fiables, hyper importants, mais pas juste vous proposer d'appliquer une méthode toute faite, pas du tout. C'est vraiment comment vous appropriez vous toutes ces transmissions, de quoi vous avez besoin vous parce qu'il y a tous ces chapitres, mais peut-être que vous n'aurez pas besoin de tout ça qu'il y a vraiment un ou deux points. Tout est modulable dans les thèmes et surtout Vraiment le plus important pour moi, c'est de vous permettre de prendre le recul, de vous questionner sur est-ce que ça me parle, comment je suis avec ça, est-ce que juste ce socle d'infos suffit, est-ce que j'ai besoin d'aller un peu plus loin, et d'avoir une démarche introspective et de préparation personnelle. Encore une fois, je fais le parallèle avec l'accouchement, on pourra vous donner des informations factuelles sur la physiologie de la naissance, après on n'est pas toutes identiques. On n'a pas toutes envie de vivre la même chose et on n'est pas toutes sensibles, par exemple, à la douleur. Oui, il y a ce questionnement de moi, je suis comment ? Et comment, moi, c'est intéressant d'apprivoiser cette sensibilité-là. Pour le postpartum, c'est pareil. Donc, on ne peut pas juste appliquer une méthode. Ce n'est pas comme ça que ça marche. Donc, j'ai vraiment mis un grand soin à vous rendre les plus libres et autonomes dans ces transmissions-là. Je vous mets le lien dans la description de l'épisode si ça vous parle. Mais quelle que soit votre façon de faire Que ce soit avec moi Avec votre sage-femme, si elle propose certains ateliers, plus la maternité, plus des ateliers ailleurs, etc. Prenez ce qui vous fait du bien, encore une fois, sans devoir coucher des cases, mais en ayant eu d'abord ce questionnement sur qu'est-ce qui est juste pour vous, qu'est-ce qui sonne comme une alerte, qu'est-ce qui vous paraît fluide, qu'est-ce qui vous paraît tellement fluide qu'en fait vous vous rendez compte que vous êtes un peu dans les œillères et puis on verra bien, c'est une démarche tout à fait personnelle. Je vous remercie de m'avoir écoutée. j'espère que ça vous aidera comme d'habitude, n'hésitez pas à me faire un retour retour d'expérience, de questions et je reste à votre disposition je vous souhaite une très bonne fin de journée et à la semaine prochaine pour un nouveau thème à bientôt