- Speaker #0
Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue au Dr Chloé Haddad Halimi que j'ai l'honneur d'inviter dans le podcast aujourd'hui pour parler du développement du bébé, parler des jeunes parents, parler de son livre, de votre livre qui m'a été gentiment offert récemment au moment de sa sortie, peut-être quelques semaines après. et je trouvais vraiment intéressant de vous faire venir De vive voix dans le podcast pour justement prendre du recul et que vous puissiez nous expliquer votre démarche autour de ce livre et aussi autour de votre pratique. Mais avant ça, est-ce que vous êtes d'accord pour vous présenter auprès des auditrices et des auditeurs ?
- Speaker #1
Bien sûr, merci beaucoup, merci pour cette invitation et ce podcast qui a l'air super. Alors moi je suis le docteur Ada Dali, je suis médecin généraliste de formation, je ne fais pas un salaire en libéral. Et depuis toujours, je voulais faire de la pédiatrie. Il se trouve que par mon parcours universitaire, je fais de la médecine générale finalement. Mais je me suis rapidement intéressée et diplômée avec des diplômes universitaires autour de la pédiatrie et de la gynécologie aussi. Mais du coup, actuellement, je suis diplômée par quatre diplômes universitaires de pédiatrie et en un sur la santé et le développement de l'enfant, que j'ai fait au moment où j'étais interne, je n'étais pas encore interne. j'ai fait ensuite un diplôme universitaire autour de l'allaitement. Donc ça c'est super intéressant parce que malheureusement, quand on ne s'y intéresse pas dans notre cursus universitaire de base de notre fin, que ce soit en pédiatrie ou en médecine générale ou en gynéco, je ne pense pas qu'il y ait énormément de choses sur l'allaitement en pratique. Bien sûr on l'évoque, on évoque les bénéfices de l'allaitement. les complications entre guillemets cliniques avec le thématique tout ça mais vraiment de parler d'allaitement et de soutien des femmes et de tout ça on n'en parle pas beaucoup donc j'ai un diplôme universitaire autour de ça qui a été super intéressant et dans ma pratique j'accompagne des femmes pour leur allaitement ou pour leur sevrage d'allaitement ou pour prendre des décisions autour de ça j'ai ensuite fait un diplôme universitaire celui-là a été le plus marquant pour moi d'accompagnement à la parenté habitée avec notamment Catherine Gueguen qui m'a fait l'honneur de faire la préface du livre. Donc ça a duré un an, il y a deux jours pendant et on est encore en contact maintenant parce qu'on donne des formations et tout ça. Et ensuite j'ai fait un diplôme universitaire sur le repérage et le dépistage de troubles du neuro-développement, donc tout ce qui est TDAH, troubles du spectre acoustique, tous ces troubles du neuro-développement, parce que c'est important de savoir dépister, je pense pas qu'en tant que médecin. de pouvoir orienter en tout cas. Donc ça, c'est toute la partie pédiatrie, et puis j'ai deux diplômes universitaires de gynécologie. Ça, c'est pour ma vie professionnelle et pour ma vie personnelle. J'ai finalement deux, trois enfants qui ont la plus grande à 5 ans, d'autres qui sont assez jeunes. Donc en pratique, au quotidien, je mets en place des choses pour que ça se passe au mieux et donc c'est des challenges quotidiens. Et voilà, j'ai sorti le livre en janvier 2026. Suite à ma petite anecdote, un proche m'a dit que je ne connais rien au bébé, j'attends un bébé, donc tu n'as qu'à m'écrire un livre. Moi, je ris et je suis vraiment vraiment fatale. Pour la petite histoire, la personne n'a pas vraiment lu le livre, je l'espère. C'est parti de là, j'ai écrit un livre au début, c'est rigolo que j'ai un livre de moi-même. et puis je leur ai donné à la maternité, et c'était quand même cool. Et puis je l'ai quand même envoyé à Catherine Gueguen, qui m'a dit que c'était une super bonne idée, et c'est top, et donc on va en faire quelque chose, et je vais faire la préface. Je ne suis pas une maison d'édition, et voilà, je suis très contente, parce qu'effectivement, il va y avoir un bon accueil.
- Speaker #0
Bon, merci beaucoup. Juste avant que je bombarde de questions, je voulais savoir si vous avez la possibilité peut-être de remonter un petit peu votre micro, parce que je vous entends. Là,
- Speaker #1
c'est mieux ?
- Speaker #0
Ah ouais, c'est mille fois mieux.
- Speaker #1
Je vais rester comme ça.
- Speaker #0
Ouais, désolée. Mais le son était un peu feutré. Et c'est vrai que là, on entend mieux toutes les syllabes. Parfait, en tout cas, j'ai bien entendu. Donc, vous avez... Effectivement, j'avais regardé aussi comment vous pratiquez au quotidien. Je pensais que vous étiez pédiatre. En fait, non, vous êtes médecin généraliste. Mais finalement, votre fil conducteur, c'est la santé de la femme et de l'enfant, finalement.
- Speaker #1
Ouais, ça... Je reçois aussi des hommes et même des hommes âgés. Je reçois tout le monde. Mais effectivement, c'est plus de la médecine de famille, je dirais. Et donc, c'est vrai que c'est super intéressant parce que je peux recevoir des jeunes femmes au départ pour leur contraception. Et puis ensuite, elles me disent, j'ai un projet de bébé. Je suis la grossesse. On arrête la contraception, on suit la grossesse. Et puis ensuite, je vois le bébé. On parle d'allaitement. Et puis ensuite, les enfants sont plus grands. Il y a un deuxième qui doit arriver. Il y a des difficultés de parentalité, entre guillemets, donc de l'accompagnement parental pour accueillir ce deuxième enfant et pour gérer l'aîné. Donc oui, il y a une continuité et c'est ça qui est super intéressant et très humain. et au-delà de l'activité de médecine générale qu'on peut imaginer un peu classique avec des grippes et des angines, chose que j'ai quand même parce que quand c'est l'hiver ils ont le droit d'être malades aussi mais c'est vrai que j'ai la chance d'avoir beaucoup de suivi devant les gens quand ils vont pas bien et aussi quand ils vont mieux et ça c'est très gratifiant top c'est notre
- Speaker #0
connecteur c'est vraiment la question de l'accompagnement je suis désolée je vais encore vous empêter vous pouvez peut-être baisser un peu tout petit peu votre micro. Là, c'est mieux ? Là, ce sera parfait parce que du coup, on entendait le souffle. Donc, le son était mieux mais il y avait le souffle. Donc là, ce sera nickel.
- Speaker #1
Est-ce que je dois répéter ce que j'ai dit ou pas ? Non,
- Speaker #0
on entend très bien mais je suis pointilleuse et en fait, quand on vous voit en vidéo, c'est super facile parce qu'on lit sur les lèvres. Mais pour les auditeurs de podcast et auditrices de podcast, ce sera peut-être plus simple comme ça. Ça marche. Là, c'est nickel. Donc oui, vous êtes un peu plus, enfin plus, c'est très bien d'être médecin généraliste, mais vous allez un petit peu plus loin dans votre démarche et on sent que l'aspect de l'accompagnement de cette période autour de l'arrivée d'un enfant est une sensibilité pour vous. au point d'en arriver dans cette aventure dont j'allais forcément vous poser la question comment on en arrive à écrire un livre quand on a déjà une vie de médecin qui est très certainement très très remplie, une vie de maman et c'était le challenge de cette question où vous avez eu un proche qui vous a dit je connais rien au bébé alors moi j'ai une question quand même par rapport à ce livre que j'ai dévoré personnellement, même si bien sûr j'ai des connaissances dans le développement de l'enfant mais Merci. Quelques piqûres de rappel à chaque fois qu'on a un enfant. C'est très bien. Je précise que je suis en fin de grossesse et je l'ai commencé à mon premier trimestre. Je l'ai lu sur un mois à peu près. Et la particularité de votre livre quand même, c'est que vous donnez la parole à l'enfant. Donc vous ne parlez pas en tant qu'experte. Vous parlez aux parents mais comme si vous étiez le bébé. Comme si vous donniez la voix du bébé. Et je me suis demandé comment vous avez réussi à faire ça. parce que c'est quand même même un énorme challenge de se dire qu'on est dans le juste. Et j'ai trouvé le bouquin très très juste, justement parce qu'il n'y a pas non plus d'injonction. Je trouve que l'exercice est très délicat entre transmettre des connaissances qu'on a aujourd'hui avec les neurosciences, avec des découvertes qui clouent le bec à certaines croyances qu'on avait il y a encore 5 ans ou 10 ans. et en même temps de donner la voix au bébé pour que ce soit transmis peut-être d'une autre façon. J'avais envie que vous me disiez comment vous avez trouvé cet angle-là et comment vous avez réussi cet exercice délicat.
- Speaker #1
Oui, merci en tout cas. Des mots. En fait, effectivement, au départ, j'ai commencé en écrivant un guide. Guide pour les parents. Donc j'ai commencé en parlant de l'alimentation. J'ai écrit 2, 3 pages, 4 pages. Et puis ensuite le sommeil, 2, 4, 5, 6 pages. Et je me suis dit, mais en fait, c'est nul. Merci. C'est pas nul, mais ça existe déjà, et puis c'est plein d'injonctions, et c'est hyper stressant, c'est pas ludique, c'est chiant, clairement, pour parler un peu crûment. Et donc je me suis dit, il faut que je trouve autre chose. J'ai réfléchi, réfléchi, réfléchi, et je me suis dit, mais en fait, le plus important, je pense, quand on a un enfant, au-delà de toutes les injonctions, c'est déjà de se faire confiance, mais c'est surtout d'observer le bébé. Et que le bébé, il nous dit beaucoup, beaucoup de choses. Le bébé, le jeune enfant, l'enfant, l'adolescent, Merci. par ses comportements, il essaye de nous dire quelque chose. Donc quand il pleure, le bébé, il communique, c'est son moyen de communication. L'enfant de deux ans et demi, trois ans, qui va se jeter par terre, qui va être entre guillemets insupportable, clairement, il est en train de communiquer qu'il y a un truc qui ne va pas. Ça peut être la petite frustration de quelque chose, mais ça peut être aussi quelque chose de plus important. Et donc le conseil que j'ai donné à ce proche, déjà, c'est... Et puis c'est marrant parce qu'il y a quelques jours, il me disait... Ben, j'ai repensé à ce que... tous les conseils que tu m'as donnés, mais le plus grand conseil que tu m'aies donné, c'est observe ton bébé, maintenant la petite a deux ans, et il me dit, en fait, c'est ça, je l'observe et j'ai des réponses. Et donc, je me suis dit, quoi de mieux que de faire parler à un bébé pour observer. Quand j'ai eu ce projet de livre, j'en ai parlé à une de mes meilleures amies, et puis dès que je lui parlais d'un truc, elle est assez franche, donc elle me disait, ouais, non, mais ça, il y en a plein, non, mais ça, c'est nul, donc voilà. Et puis quand je lui ai dit, je crois que je vais écrire un journal intime, elle m'a dit, ah, mais là, c'est bon. tu tiens un truc bien. Donc, je lui ai fait confiance et je me suis lancée dans cette aventure. Le livre, pour être très honnête, je l'ai écrit en deux semaines sur la plage, dans mon téléphone, sur des notes que j'ai encore dans mon téléphone.
- Speaker #0
Ah ouais ? Il est super complet. Mais c'est incroyable.
- Speaker #1
Mais du coup, voilà. Donc, en fait, le texte brut du journal intime, après tous les encadrés d'experts qui sont venus se mettre ensuite. Effectivement, ils ont donné plus de travail parce que c'est plus professionnel Merci. plus en œil avisé. C'est des repères. Donc ça, c'est des références et tout ça. Mais le texte en soi, quand je l'ai écrit, moi j'avais à l'époque deux enfants de quelques mois et deux ans. Donc j'étais en plein là-dedans. Donc c'était un développement. Les anecdotes que j'ai reprises, c'est probablement des choses que j'avais vécues ou que je venais de vivre. Et des interrogations que je m'étais posées aussi. Et donc, c'est comme ça que c'est venu. Et c'était un super exercice. Ça m'a vraiment fait rire d'être par ça. Et ça, effectivement, le but, c'était de dire aux parents, observez votre enfant. Votre enfant, il ne fait jamais de caprices ou de choses pour vous embêter. Il essaye de vous passer des messages dans sa langue. Donc, j'essaye de le mettre à sa place. Et aussi de vous redonner confiance. Parce qu'aujourd'hui, il y a... énormément d'injonctions, que ce soit sur les réseaux sociaux, que ce soit malheureusement aussi des professionnels de santé, des pédiatres, des psychologues, enfin un peu tout. Il faut dormir avec son enfant ou il ne faut pas dormir avec son enfant. Il faut lui donner à manger tant de choses au gramme près. En fait, je pense qu'en fonction des parents, ça peut être soit rassurant d'avoir des règles toutes faites, soit très anxiogène. Et moi, je voulais vraiment me défaire de tout ça parce que je trouve que Merci. Étant donné l'ère actuelle où on a des informations en mille à la minute, c'est vraiment difficile. On pète un peu un câble. Il y a aussi l'idée qu'on a moins le village qu'il y avait avant autour de l'enfant et de la maman et du papa ou du coparent. Et donc les mamans se sentent souvent très isolées finalement. Et du coup quand on est isolé et qu'en plus on doute et qu'il y a des injonctions qui sont contradictoires dans tous les sens, c'est vraiment pas simple. Donc le livre, il se veut le moins jugeant possible. Et le plus, faites-vous confiance. En fait, il y a un moment du livre où je dis, c'est le premier bain que vous me donnez à la maison, papa, maman. Ok, ce n'est pas grave si la serviette n'est pas toute chaude, que vous l'avez oubliée dans la chambre et que finalement je sors et j'ai froid pendant deux minutes. Ce n'est pas grave. Le plus important, c'est que vous soyez là et que vous ayez confiance. Donc tout ne va pas être parfait dans la forme. Mais en fait, si vous êtes là, c'est le principal. Donc l'idée c'est ça, de vraiment redonner confiance aux parents parce que évidemment qu'il y a des choses universelles de non-violence, des choses à apprendre, des repères d'alimentation, des repères de besoin de sommeil et tout ça. Mais en fait finalement, est-ce qu'on doit accoucher tous les enfants à 19h30, à 20h30 ? Est-ce que de pouvoir être flexible et d'adapter en ayant des repères et en étant surtout un parent en conscience des choses ?
- Speaker #0
Ça me parle carrément dans mon approche d'accompagnante. C'est cet art entre pouvoir transmettre des informations à jour, des réalités qui concernent l'enfant, qui ne naît pas avec le langage d'adulte et qui n'est pas facile à décoder. Et en même temps, j'ai ressenti ça, une grande bienveillance à l'égard des parents. On ne ressort pas de là en se disant, oh là là, ça va être... difficile, je vais pas y arriver, mais au contraire, en fait, il y a vraiment ce truc de si c'est pas parfait, c'est pas grave, t'as les grandes lignes, et maintenant, c'est en toi que j'ai confiance en tant que parent. Et du coup, alors plutôt que de plonger dans le livre, je laisserai les auditrices et les auditeurs le découvrir, je mettrai le lien dans l'épisode, évidemment. Moi, j'aimerais bien savoir pour vous, quelle a été l'étape du développement de l'enfant ? qu'a été la plus dure à mettre en mots dans la bouche d'un enfant ? Ou quel concept est le plus dur à véhiculer auprès des jeunes parents ou des futurs parents qui souhaitent se documenter, comprendre comment ça fonctionne, un enfant, entre guillemets ?
- Speaker #1
Oui, je ne saurais pas dire le plus difficile, mais je pense qu'on a des automatismes. qui sont culturelles, éducationnelles et tout ça, qui font qu'un enfant qui fait une crise, il faut lui mettre des limites. Et ça, on en parle souvent. Et l'idée que le cerveau d'un enfant est immature, d'un bébé d'autant plus, mais d'un enfant un peu plus grand, parce que là, le livre s'arrête à deux ans, mais en réalité, jusqu'à six ans, un enfant qui fait des crises, et puis même au-delà, en fonction de la sensibilité, ça existe. On a quand même souvent une tendance à dire Merci. Bon, s'il fait une crise par terre pendant deux minutes, ok, il doit exprimer son émotion et tout, mais dès lors qu'il va exploser, par exemple, un enfant très très très en colère qui va taper son parent, là on va dire non mais stop, stop, il faut mettre une limite parce que c'est pas possible. Et en fait, c'est très difficile de faire passer ce message, et je ne sais pas si vous êtes d'accord avec moi d'ailleurs, parce que je vais un peu loin, Mais du coup... L'idée des limites, évidemment, bien sûr qu'il faut poser des limites à un enfant. Il a besoin d'un cadre, il a besoin de règles, il a besoin d'être guidé, parce que le parent, c'est son guide. Mais poser les limites, ça va être difficile de les poser au moment où l'enfant est dans une explosion. émotionnel. J'essaye de ne pas trop dire tempête émotionnelle puisque c'est un terme je pense fini par agacé parce qu'on en a été trop dit sur les sur les réseaux et ça fait un peu Montessori quand on met plein d'étiquettes sur le cliché de on laisse la tempête émotionnelle mais pourtant c'est une bonne image mais en fait c'est pas dans son débordement et puis même s'il s'est mis à frapper en fait là il est hors de contrôle donc bien sûr qu'on arrête son geste bien sûr mais c'est pas maintenant qu'on va lui faire la morale donc on en reparlera après on trouvera d'autres méthodes quand tu es très en colère, à un moment où on est en train de jouer avec l'enfant, de rejouer la scène, mais sans forcément lui en reparler, que ce soit un peu plus abstrait, qu'il comprenne un peu les liens, mais en gros de lui dire, on va jouer la colère, toi comment tu fais, t'arrives de frapper, c'est difficile, pourtant tu sais que c'est interdit de frapper, frapper c'est interdit, mais t'as pas pu faire autrement, alors on va mettre en place des stratégies comme ça, quand tu seras en colère, Non. peut-être que tu n'arriveras à ne pas frapper. Et s'il y a des moments où il n'arrive à ne pas frapper, quand il est en colère, on le félicite. Même s'il s'est jeté par terre et qu'il a tout jeté par terre. Il n'a pas frappé. Donc, en fait, il s'est quand même contenu dans quelque chose qu'il n'arrivait pas à faire. Et donc, c'est ce message-là de progression et d'encourager les petits efforts des enfants, même si, bien sûr, quand on est un parent, on donne tout pour nos enfants. Si on leur a acheté une glace, un cadeau, et que finalement, ils se jettent par terre parce que la glace a fondu un petit peu et que... dans leur colère, ils nous frappent. C'est très dur de garder son contrôle. Mais si on est vraiment au courant qu'en fait, s'il n'est pas contre nous, il déborde, il pète un câble, clairement, peut-être qu'on pourra plus s'accompagner. Alors pas tout le temps, c'est pas linéaire. Et évidemment qu'il y a des fois où on aura moins de patience et des fois on va crier. Mais juste de savoir que c'est pas une ligne éducatrice de crier et que poser une limite, ça se pose pas dans les cris et que ça se pose d'une autre façon et que ça se pose dans l'accompagnement. c'est un autre regard et un autre regard sur l'enfant.
- Speaker #0
Moi, au quotidien, ce n'est pas tellement ce à quoi je suis confrontée en accompagnement, parce que je suis vraiment axée sur la périnatalité. Donc, en général, mes accompagnements s'arrêtent au 6 mois, max un an de l'enfant. Ce n'est pas encore là où on va avoir, quoique vers 9 mois, 1 an, il peut y avoir ces moments-là. Mais on comprend assez facilement que l'enfant à 3 mois, il ne sait pas se maîtriser. Quoique, j'ai quand même des personnes, les personnes, la grosse question qu'elles se posent, j'imagine que vous en tant que médecin vous devez l'entendre tous les les jours, c'est est-ce que je le porte trop ? Est-ce que je réponds trop à ses besoins ? À quel moment il faut lui apprendre à lâcher ? Vraiment, cette question de l'élastique, est-ce qu'on est en proximal tout le temps ? Est-ce que je dois faire autrement parce que sinon, je vais l'avoir dans les bras toute ma vie ? Et ça, c'est vraiment une question qui revient très souvent. Je ne sais pas comment vous, vous abordez ça.
- Speaker #1
C'est rigolo parce que là, dans deux jours, il y a le salon du bébé. Ça commence samedi, mais moi, je serai dimanche. au salon du bébé à Port-de-Champerey et je donne une conférence et le thème que j'ai choisi d'aborder c'est le titre si je ne me trompe pas parce que je dois finir de la préparer mais c'est attachement, proximité et habitude ou mauvaise habitude du bébé et pas d'interrogation, on est en plein dedans et donc c'est super intéressant et effectivement moi ce que je réponds quand on me dit que je le prends trop dans les bras il faut que la prenne à le poser Je les rassure sur le fait qu'un enfant, c'est dépendant. Et plus on va répondre à sa dépendance, et plus on va l'avoir dans les bras, et plus il va être en sécurité émotionnelle. Et à partir du moment où il va développer sa sécurité émotionnelle, alors ça, ce n'est pas en deux jours, il était dans le ventre de la maman, et il se retrouve confronté à plein de bruits, plein d'odeurs, plein de visages, des similis de partout, la sécurité émotionnelle, ça se construit quand il va voir que son parent répond de façon adaptée la plupart du temps. parce qu'on ne peut pas répondre à 100%, on ne peut pas être parfait, mais la plupart du temps, on répond de façon adaptée à ses besoins, il va se sentir en sécurité. Et l'enfant, le bébé, et en principe le petit-enfant, va pouvoir explorer son environnement et peu à peu gagner de l'autonomie. Mais aujourd'hui, malheureusement, on cherche à rendre les bébés, les enfants autonomes très tôt. On parle très souvent, et ça c'est la deuxième question qui vient souvent, et d'ailleurs c'est une des façons d'aborder la parentalité. Je propose des consultations d'accompagnement en sommeil. Ce n'est pas du tout la thématique qui m'intéresse le plus, très honnêtement. Mais par contre, c'est la demande des parents qui est la plus présente.
- Speaker #0
Le sommeil,
- Speaker #1
c'est compliqué. La plus douloureuse aussi, la plus douloureuse, oui. La plus douloureuse, la plus urgente. Et le plus, mon enfant, il fait passer une nuit, il a cinq mois, c'est le drame. Et en fait, je reprends avec eux. Donc, je n'ai pas de baguette magique. Je ne vais pas faire dormir votre enfant, mais par contre, je vais changer votre regard. Et ça c'est une amie à moi, pareil, qui est médecin aussi, et qui m'avait, quand elle a eu son enfant, qui galérait un petit peu et qui me faisait le sommeil, et je lui disais, mais en fait... Là, le sommeil, ça se construit. Son cerveau, il est immature, ok, mais son sommeil, il est immature aussi. Et il y a plein de choses qui peuvent faire que son sommeil soit un peu chaotique. Déjà, ces sites, ils sont tout petits. Ils font 45 minutes. Là, au toit, ils font une heure et demie. Donc, clairement, entre chaque site, il peut se réveiller, ton bébé. Donc, heureusement, la plupart du temps, il ne se réveille pas toutes les 45 minutes. Mais en fait, s'il se réveille toutes les 3 heures au début, il a quand même enchaîné plus de 3 cycles. Donc, c'est pas mal du tout. Et donc, si on a cette vision-là et cette connaissance, et de se dire vers 4 mois, il y a une régression de sommeil potentiellement, en réalité, ce n'est pas une régression de sommeil, c'est plus que le sommeil se construit de façon… L'architecture du sommeil est de plus en plus précise et complexe. Et du coup, il y a des phases de sommeil plus légers qui viennent s'installer. En fait, on se dit, mon enfant, il est en train de se développer normalement. Alors oui, c'est dur, le manque de sommeil, c'est dur, évidemment. Mais quand déjà, on écarte la piste de ce n'est pas normal, il y a un problème. Parfois, il y a des problèmes. Évidemment, ce n'est pas toujours physiologique, mais quand ça l'est, d'entendre, c'est normal. Et si vous ne dormez pas, l'idée, c'est que vous ayez du relais, parce qu'il ne faut pas dormir, c'est terrible. Mais on ne peut pas régler un enfant. J'ai quand même beaucoup cette notion de « j'ai besoin que mon enfant soit réglé, il a 5 mois, j'ai besoin qu'il soit réglé » . Ce n'est pas un robot, on ne va pas régler un enfant. Évidemment qu'il y a des conditions préalables de le coucher à des horaires qui soient compatibles. hormonalement avec le taux de mélatonine, avec le taux de cortisol plus bas. Évidemment qu'on va essayer de surveiller ses signes de fatigue pour le coucher à un moment où il est fatigué, qu'on va vérifier que ses apports nutritionnels soient assez bons, qu'il n'est pas fin la nuit, outre mesure, après manger la nuit avant six mois c'est normal, entre six mois et un an ça peut tout à fait être normal aussi. Donc ça dépend des bébés, il n'y a pas de règle universelle, ça rejoint le fait que ce n'est pas d'injonction. Mais voilà, le rassurer, est-ce qu'il y a eu un changement récent ? qu'il a des acquisitions motrices parce qu'en fait un bébé qui essaye de se retourner toute la journée son cerveau il est peut-être trop en alerte c'est difficile d'aller trouver le sommeil donc j'explique toutes ces choses là et je trouve que c'est assez difficile quand même dans notre société parce qu'il y a cette injonction d'un bébé de 4 mois il fait ses nuits donc un bébé de 4 mois il fait pas ses nuits en fait les études elles montrent que non et que s'il le fait tant mieux profiter bien sûr on va pas réveiller un bébé qui dort s'il n'y a pas besoin de le réveiller il n'y a pas besoin de manger forcément Merci. Mais voilà.
- Speaker #0
Moi, je suis assez choquée, enfin, choquée, non plus maintenant, mais de voir à quel point dans notre culture, je pense que c'est très français quand même, mais à quel point on a besoin de dresser un enfant. On a vraiment des croyances qui sont très ancrées au point où même des parents qui sont psycho-éduqués vont entendre... Ah oui, mais attention, parce que tu vas en faire ci ou ça, comme si la limite était toujours à penser. Attention, il y a une limite à ne pas franchir. Même avec des bébés, moi j'ai pu le voir avec des bébés de deux semaines, trois semaines, des parents qui font juste ce qui leur semble juste, à la base qui ne se posent pas de questions, mais qui vont avoir ces petites voix dans leur tête, soit qui vont dater d'eux quand ils étaient tout bébés, ou de leur entourage, ou du médecin, ou que sais-je, qui va semer le doute et... Je trouve que les deux choses les plus difficiles, c'est à la fois de se faire confiance dans toute cette myriade, même sur les réseaux, un coup on va voir que tout le monde n'est pas spécialiste pour prendre la parole, donc on va voir certaines choses et tout et son contraire, donc un peu dur de savoir à quel sein se vouer. on va entendre des témoignages qui sont tellement opposés aux nôtres qu'on va se dire, ça veut dire que je suis nulle. Et vraiment, ces connaissances qui commencent à... à arriver. Aujourd'hui, les femmes de notre génération, les parents de notre génération commencent à... enfin, continuent à peut-être guérir aussi certaines choses de notre héritage qu'on donnait aux femmes qui étaient nos mères sur comment s'occuper d'un bébé. Et en même temps, pour moi, je vois les choses entre le court et le long terme. C'est-à-dire que... Vouloir dresser un enfant, ça rend service sur le coup, entre guillemets, parce que l'enfant va finir par se taire, parce qu'il va voir qu'on ne répond pas à son besoin. C'est très pratique de fermer la porte et de dire, c'est bon, ça lui fera les poumons, c'est sûr qu'on est plus en forme et on peut faire plus de choses à côté. C'est-à-dire que cette vision autour de la sécurité affective, elle demande plus d'engagement, plus de travail, sauf qu'on n'aide pas plus les parents aujourd'hui à réaliser cette mission. Alors, je ne sais pas vous, quelles problématiques vous voyez autour de ça dans votre cabinet, en tant que médecin, parce que c'est pas la même posture que l'accompagnante. Est-ce que c'est l'enjeu de tenir bon dans la durée alors qu'on manque de soutien ? Est-ce que c'est se faire confiance et se dire, bah non, en fait, j'ai raison de répondre aux besoins de mon enfant, il n'y a pas forcément trop à donner ? C'est comment on avance avec ces réponses ? Moi,
- Speaker #1
je suis assez convaincue que c'est... C'est un investissement, la parentalité, et surtout dans la petite enfance. Après, il y a aussi d'autres moments de vie. Mais je suis assez convaincue que... C'est très extrême, ce que je vais dire. Mais c'est que l'enfant, si on peut, si c'est possible, parce que ce n'est pas toujours possible, mais de l'accompagner à l'école, d'aller le chercher à l'école ou à la crèche, et d'être avec lui le soir, parce que dans les moments de routine, c'est très fatigant au quotidien de le faire tous les jours. ou de le faire un jour sur deux si on peut être deux parents, ou qu'il peut y avoir un peu d'aide aussi de temps en temps, mais je trouve que c'est la fatigue qui vaut la peine, et j'ai l'impression que si on est plus là au quotidien, il y aura quand même moins de moments de crise, et que le sommeil sera plus apaisé, parce que l'enfant il passe toute sa journée en dehors de la maison la plupart du temps, quand les parents travaillent, et qu'en fait si on arrive juste au moment de faire un bisou, ok bonne nuit, l'enfant souvent il ne veut pas dormir, il veut passer du temps avec son parent, ce qui est logique. Et donc, je pense que c'est important de réussir à aménager un peu sa vie, si c'est possible encore une fois, et si on se sent capable, parce que si notre réservoir à nous est complètement vide, il vaut mieux être aidé que d'être là pour être dans les cris et de ne pas être bien non plus, parce que l'enfant le ressent. Donc parfois, il vaut mieux évidemment être aidé. Mais si on se sent bien, je pense que c'est un investissement qui n'est vraiment pas surplus. Et donc... Et après, c'est vrai que je suis complètement d'accord que dresser un enfant, ça va marcher sur le coup. Comme tu viens d'un enfant, ça va marcher sur le coup. Mais ça ne va pas lui apprendre forcément les bonnes façons de faire. Ça va probablement nuire au lien et à sa confiance en lui ou à sa confiance en l'adulte. Et ce n'est pas idéal pour la suite. Et moi, je fais un lien qui est complètement empirique. C'est juste de ce que je vois. C'est que je reçois beaucoup de jeunes adultes de 25-30 ans. qui sont en burn-out au travail. Et en fait, j'ai quand même l'impression que c'est un profil d'enfant sage qui rentre bien dans les cases et à qui on demande plein de choses et qui n'ont pas appris ou qui n'ont pas eu l'occasion de pouvoir exprimer leurs émotions, leurs frustrations et tout ça. Et arriver au travail, c'est des bons soldats. Et malheureusement, on est dans un monde qui va à mille à l'heure. Et donc, forcément, on est sur de la productivité tout le temps. Donc, on demande aux salariés de travailler outre mesure avec les mails, la connexion H24. On essore un peu les salariés, on est ultra connectés et au bout d'un moment ça disjoncte parce que c'est trop et comme ils ne savent pas poser leurs limites parce qu'ils n'ont pas appris.
- Speaker #0
Ils n'ont pas eu l'occasion de pouvoir les poser plus jeunes. Effectivement, ça se voit plus tard. J'ai un mari qui est thérapeute aussi. Il fait un peu comme vous probablement. Il fait aussi de l'EMDR, de l'hypnose, de la PNL et de la sophrologie. Ce qu'il reçoit à son cabinet ou ce que je lui adresse parfois, ça revient souvent à l'enfance quand on travaille un peu plus loin.
- Speaker #1
Vous disiez que cette question de... De comment j'ai grandi, ce que moi j'ai reçu, pas reçu, et ce qu'aujourd'hui on comprend qu'il serait bon d'offrir à un enfant. Je pense aussi que c'est vraiment une clé de voûte. Il y a aussi la conjoncture qui fait qu'on va dire aux gens de 29 ans faites des enfants, mais on ne donne pas forcément les moyens non plus, que ce soit sur le plan financier, professionnel, comme dans certaines cultures. Moi j'accompagne aussi en visio, donc je vois des gens un peu partout, des expats français. pas mal de cultures, et il y a quand même des pays qui ne sont pas si loin que ça, qui n'ont pas du tout la même approche de la petite enfance, de la toute petite enfance, et de la place du jeune parent. Et donc il y a aussi, je ne veux pas idéaliser non plus certaines cultures qui ont des avantages comparé à la France, ce n'est pas ça mon propos, mais par rapport à cette question d'être parent, de se positionner en tant que parent, de sentir la justesse, en fait on est une génération, à mon sens, qui est en train de faire un pivot. Mais on sait ce qui serait bon, mais en fait on arrive beaucoup à des états d'épuisement parce que ça sollicite tellement de ressources, que ce soit le pro et la vie de parent, qui fait qu'on reste humain. Et à un moment donné, quand à midi on est complètement essoré parce que la journée a commencé dans la nuit et que tout le monde a préparé le matin et qu'au boulot, effectivement, il y a cette hyper connectivité, hyper sollicitation, c'est une vision où on va être dans la production. Alors que la vision de la toute petite enfance aujourd'hui, qui commence à rentrer dans les mœurs doucement, et qui revient finalement à des connaissances, je pense, qui existent depuis... Enfin, c'est des fondamentaux, mais qu'on redécouvre avec les neurosciences, finalement, il n'y a rien de miraculeux. Mais ça sollicite énormément les personnes qui vont y aller, parce que l'état actuel de la conjoncture ne permet pas complètement. Alors quand vous dites être là le matin et le soir, il y a plein de parents qui vont dire « Ouais, t'es sympa, mais en fait, mon travail... »
- Speaker #0
« Bah évidemment, bien sûr ! »
- Speaker #1
et je ne peux pas faire autrement, et ça c'est une réalité. Et aussi parce que dans notre histoire, c'est effectivement comment ma mémoire primaire a enregistré le fait que moi j'ai besoin de quelque chose, et bien souvent, pas tous les parents de la génération de nos parents n'ont pas pu répondre, mais la réponse était quand même très différente au niveau culturel. Donc je ne sais pas comment vous voyez cette question de santé mentale. des parents, des tout jeunes parents, comment vous l'abordez dans votre approche vous en tant que médecin ?
- Speaker #0
Déjà je j'en parle déjà, c'est pas mal, quand je vois un enfant en consultation, un bébé puisque je les vois dès la naissance et ben je demande à la maman, souvent c'est la maman qui amène mais il y a quand même beaucoup les deux parents au début, je demande comment va la maman Alors au début souvent ça va bien et j'explique que la dépression du postpartum ça touche une femme sur cinq, que c'est quand même vachement énorme en fait, et que ça survient plutôt au bout d'un mois, un mois et demi. En fait quand je pose la question au bout de deux semaines, je m'attends à ce que ça aille en général, sauf s'il y a eu un accouchement traumatique ou que c'était déjà compliqué avant et tout. Mais je pose cette question à chaque fois, de comment ça va, je demande au papa aussi, et puis j'explique que ça peut arriver et que surtout il ne faut pas rester isolé. Et qu'avoir un enfant, ça peut être dur. Et je parle aussi de la mort inattendue du nourrisson, qui est un sujet important. Et je parle également du bébé secoué. Et j'explique que le bébé secoué, ce n'est pas des parents qui voulaient faire du mal. C'est des parents qui sont effusés, qui parfois voulaient très bien faire justement, et qui avaient peut-être lu dans les réseaux sociaux qu'un bébé qui pleure, c'est un bébé qui abîme son cerveau. Et en fait, je... Je temporise vraiment ça, je nuance vraiment ça. En fait, je leur dis, si votre bébé pleure énormément, qu'il n'y a pas de possibilité de rôler, que vous êtes seul avec lui, que vous n'en pouvez plus, vous le mettez dans son lit en sécurité, vous sortez, vous fermez la porte, vous mettez des boules caisses. Et voilà. Et j'ai dit, si ça se produit comme ça, mais que c'est tous les jours comme ça, vous venez vous faire aider, parce que ce n'est pas normal. Si ça arrive de temps en temps, ce n'est pas grave. Si c'est tous les jours, c'est que ça ne va pas. Et donc, il faut se faire aider, venir me voir, venir... En tout cas, ne pas rester isolée parce qu'être parent, c'est difficile. Et j'explique que la société, malheureusement, elle n'est pas faite pour ça, qu'on est dans une société effectivement de performance, où on doit être un bon conjoint, une bonne épouse, on doit bien faire à manger, manger bio, faire attention à tout, bien s'occuper de son enfant, ne pas le laisser pleurer, ne pas dormir avec lui parce qu'il ne faut pas. Voilà. Je dis il ne faut pas parce que justement je matérialise tout ce qu'on entend. Et d'ailleurs la question du sommeil je la trouve très personnelle. Évidemment moi quand on me parle, est-ce que je dois dormir avec mon enfant ou alors c'est vraiment pas bien, je ne sais pas. Je dis toujours aux parents, moi je suis obligée de vous informer des risques, les morts inattendues d'une nourrisson, c'est mon rôle de médecin, ça existe, on ne peut pas faire comme ça, n'hésitez pas. Donc en termes de sécurité quand il est tout petit l'enfant, ce n'est pas super. Après, en termes de développement de l'allaitement, en termes de développement de l'attachement, dormir avec son enfant, c'est super. Donc, c'est une balance. Moi, je vous expose tous les risques et tous les bénéfices. Et vous, vous voyez, je n'ai pas à vous orienter. Mais en tout cas, je préfère faire ça et donner des clés pour dormir avec son enfant en sécurité, en tout cas le plus en sécurité possible, plutôt que de dire ses mal, qu'il ne me le dise pas et qu'il se passe un drame parce qu'il y avait une couverture, un matelas trop dur. Enfin trop mou plutôt, pardon.
- Speaker #1
Oui, des gestes qu'on connaît aujourd'hui. Bien sûr, ça c'est une colle. On a fait un atelier à la parentalité en prénatale avec mon mari. Et c'était vraiment la question à la sage-femme, on est vraiment sur une matière très physio, et cette question de quand l'enfant a besoin d'être en proximité, mais que les recommandations reconnaissent que c'est mieux de le faire dormir sur le dos dans sa turbulette, comment on fait quand l'enfant, lui, veut rester au sein, et proche de sa maman, mais c'est vrai que c'est des enjeux comme ça qui viennent se confondre et se juxtaposer, qui ne sont pas faciles à démêler, même pour les professionnels. Ah bah oui,
- Speaker #0
c'est complètement difficile. Mais c'est pour ça qu'il n'y a pas d'injonction et qu'il y a des contextes et qu'il y a des choses à prendre en compte. On ne pourra jamais faire bien à 100%. Et dans tous les domaines de la parentalité, de toute façon.
- Speaker #1
Oui. Et je trouve ça vraiment précieux ce que vous dites là. C'est le trop parfait, ça ne marche pas. Et vaut mieux poser son enfant et le laisser pleurer 5 minutes. Non, il ne va pas finir traumatisé. Et moi, c'est quelque chose que je transmets beaucoup. Il y a une grosse différence entre... Le laisser pleurer parce qu'il faut le laisser pleurer pour son bien, entre guillemets, et ne pas répondre à son besoin, et lui donner le message que son besoin n'a pas de réponse, parce qu'il n'y a pas d'écoute. Et là, je sens que mon seuil de tolérance, ça vient me peler les nerfs, là. Donc, en fait, je le pose pour sa sécurité, pour la mienne, et ça, ça ne va pas traumatiser son cortex préfrontal, et de vraiment faire la différence entre... Il faut répondre aux pleurs d'un enfant, aux besoins de l'enfant, et jusqu'où moins je vais dans mes limites. Et c'est là où je pense, enfin moi je ne suis pas confrontée comme vous aux questions du bébé secoué, mais oui, bien sûr que ça existe, c'est encore très fréquent, et aussi parce qu'il y a moins ce truc de je le laisse poser, de toute façon c'est bon, je vais faire un peu ma vie. On n'est plus sur ce registre-là, mais du coup il y a tellement peu d'accompagnement, et puis encore une fois, on n'a pas été éduqués à écouter nos limites pour beaucoup d'entre nous. Donc de savoir quand est-ce que ça va exploser, moi-même en tant que maman, je me suis vue exploser dans des moments où juste mes nerfs étaient peu à la vie, mais je ne voyais aucune solution. Et une fois qu'on est épuisé, on ne voit plus de solution, on ne peut plus demander de l'aide parce qu'on n'a plus de ressources, et en fait c'est un engrenage qui est vraiment hyper toxique.
- Speaker #0
Exactement, et d'ailleurs pour parler du cerveau de l'enfant et des traumatismes et tout ça, là j'ai l'occasion cette année de former les enseignants, de l'éducation nationale et on forme avec deux autres médecins qui sont formés à la parentalité comme moi et on parle du cerveau de l'enfant. Et pour nous c'était super important d'amener la théorie de l'attachement à l'école parce que finalement les enseignants sont avec nos enfants toute la journée donc ils deviennent des figures d'attachement secondaire. Au début, quand on en a parlé à l'académie, ils disaient que c'était le rôle des parents, ils ne comprenaient pas trop. Et puis finalement ils sont contents de nos interventions, ils ont bien compris, donc c'est quand même chouette. mais le message principal qu'on fait passer aux enseignants, mais c'est pareil aux parents aussi, c'est un enfant, pour être en sécurité, il a besoin qu'on réponde à son besoin le plus souvent possible, mais pas de façon permanente, parce qu'un prof qui a 30 enfants, qui ont des besoins différents, surtout en maternelle, effectivement, il ne peut pas répondre aux besoins de tous les enfants, comme un parent qui est sollicité par plusieurs enfants, ou même qui a un enfant, mais qui n'est pas disponible émotionnellement. malheureusement, on n'est pas forcément dans sa bulle, il y a d'autres choses. On a nous-mêmes des parents qui peuvent aller pas bien, on a peut-être des problèmes au travail, on a peut-être des problèmes dans son couple. Il peut y avoir vraiment beaucoup de choses qui viennent nous parasiter un peu la tête. Et du coup, si on ne répond pas aux besoins de l'enfant tout le temps, ce n'est pas grave. Le cerveau va enregistrer des expériences répétées, et les plus fréquentes répétées. Et donc, si la plupart du temps, on répond à son couple, Quand on est là et on est là de façon disponible, il va enregistrer qu'on est disponible. Et les quelques fois où on ne le sera pas, le cerveau oublie. Les connexions neuronales, il y en a énormément, et des milliards, et c'est très impressionnant. Mais quand il y a des choses qui ne se reproduisent pas, les connexions neuronales ne se font plus. Donc c'est pour ça que si on arrête d'écrire dans les générations futures, peut-être que l'humain ne saura plus écrire, parce que les connexions neuronales ne se font plus.
- Speaker #1
Voilà. C'est hyper précieux, je trouve, de pouvoir aussi transmettre ce message-là. C'est vraiment, pour moi, l'essence de cet épisode. C'est de pouvoir dire, en fait, chercher tout le temps à vouloir répondre parfaitement. On s'oublie aussi en tant que personne au bout d'un moment. Et ce n'est pas ça dont l'enfant a besoin. L'enfant n'a pas besoin qu'on ait la réponse parfaite, immédiate à son besoin en permanence. Les besoins d'un enfant évoluent. Entre un bébé de deux jours et un enfant de trois ans, ce ne sont plus du tout les mêmes besoins. Moi, je trouve ça précieux aussi de pouvoir dire à mes filles de temps en temps, là, je suis trop fatiguée pour répondre à ta demande. Ce n'est pas un besoin vital. Donc, on va en reparler demain. Parce que je suis aussi une personne, j'ai mes limites. Et le fait que, en fait, je leur montre que ce n'est pas une limite pour leur poser une limite, comme vous parliez de l'école. Ah ben non, vous n'allez pas aux toilettes entre les récrés. Bon, ça, c'est un principe à la con. Je suis désolée de le dire, mais il n'y a pas de fondement. Mais derrière, si c'est plutôt une limite parce que je ne suis pas disponible, je suis trop fatiguée, on n'ira pas au parc aujourd'hui parce que j'ai besoin de me reposer. Quand les enfants, ils ont été habitués à ce qu'on réponde la plupart du temps à leurs besoins ou alors qu'on leur dise là, je ne sais pas comment répondre à ton besoin, mais je cherche ou je diffère. Enfin, c'est pris en compte. Ce n'est pas répondu tout de suite, mais c'est pris en compte. Ils sont capables aussi de prendre en compte le besoin de l'adulte et ça crée des familles qui grandissent. On revient sur cette boucle du long terme. Tout de suite maintenant, c'est fatigant. Si c'est trop, c'est trop. Et à un moment donné, il faut qu'on apprenne aussi au-delà de comment fonctionne l'enfant, à comment moi je fonctionne en tant que personne. Et quand j'accompagne des femmes qui me disent par exemple j'ai peur de perdre ma liberté, de tomber dans le sacrifice, en fait on va décortiquer, on va comprendre qu'est-ce que c'est pour toi le sacrifice, est-ce que tu te connais, est-ce que tu sais à partir de quel moment. Tu tombes dans cette notion de sacrifice dans ta vie de couple, là aujourd'hui, dans ta vie personnelle, et si c'est une limite infranchissable pour toi, il faut qu'on trouve un moyen pour que devenir parent respecte ça à tout prix. Et donc qu'est-ce qui pourrait répondre à ce besoin-là ? Et peut-être qu'il va évoluer quand ton cerveau de maman va évoluer avec ton enfant, mais toi qui te connais comme ça aujourd'hui, si tu sais que ça, ça a plu à ta mère, mais pour toi ce serait no way, est-ce que c'est viable ? est-ce que c'est compatible avec peut-être une façon de faire qui n'est pas celle de la voisine ? Et ça, ça ouvre aussi un champ. Plutôt que de dire, il faut que je réponde aux besoins de mon enfant et je vais finir par péter un câble comme tous mes amis, il y a peut-être une autre pratique derrière de la parentalité.
- Speaker #0
Oui, et pour parler de ses propres limites, moi je trouve aussi que nos enfants sont notre meilleur baromètre. Parce qu'il peut y avoir, je parle un peu moins du bébé, je parle d'enfants peut-être un peu plus grands, 18 mois, 2 ans, 3 ans, 5 ans. Mais quand ça devient insupportable, quoi que le bébé aussi, mais quand on se dit qu'il est vraiment insupportable, c'est trop dur, très souvent c'est que nous, là, on a atteint nos limites. Parce que l'enfant qui ne veut pas aller se coucher, qui ne veut pas se brosser les dents, qui est frustré, qui se jette au sol, en fait c'est un enfant, lui il ne va pas trop, il ne va pas trop changer, il fait son job d'enfant. Mais si moi je n'arrive plus à supporter ça, c'est que quelque part, je n'ai pas pris assez de temps pour moi. Et prendre du temps pour soi, encore une fois, ce n'est pas la vision forcément de « je vais aller chez le coiffeur me faire des ongles, me faire belle et j'ai pris du temps pour moi » . Si ce n'est pas important pour moi et que je m'en fiche d'avoir du vernis, ce ne sera pas un vrai temps pour moi, ce sera un temps de représentation encore, pour montrer que je ne me laisse pas aller. Mais c'est encore une injonction à être une maman belle, une femme qui reste une femme. Mais si mon kiff, c'est d'aller traire des vaches et que ça, c'est vraiment mon kiff, je vais aller traire des vaches. Mais du coup, c'est vraiment de connaître ses propres besoins pour pouvoir être rempli. Et il y a des mamans dont les besoins vont être d'éduquer leurs enfants et d'être avec eux à la maison et qui vont s'épanouir dans ce rôle de ne pas travailler en dehors de la maison et d'être super bien et de vouloir ne pas mettre leurs enfants en collectivité et tout ça, et qui trouvent du sens. Et il y a d'autres mamans qui vont avoir besoin de reprendre le travail très vite. parce que leur vie professionnelle, leur carrière, ça les remplit en tant qu'être humain. Et du coup, il n'y a pas de bonne façon de faire. Il y a une façon de faire qui nous convient. Et si on subit le fait de rester à la maison pour garder ses enfants, clairement non. Et si on subit le fait de retourner au travail et qu'on n'est pas bien, clairement non aussi. Et moi, ça m'arrive très souvent d'avoir des femmes en fin de congé mat, ce qui est évidemment trop court, qui viennent... que je vais arrêter un peu plus sans exagérer parce que normalement c'est compliqué, mais qui me disent en fait « j'ai pas du tout envie de retourner à mon travail parce que ça ne m'intéresse plus, je me sens pas bien, c'est pas ce que je veux et puis en plus j'ai été mal accueillie parce que j'ai été absente 6 mois pour mon congé mat. » Et en fait il y a beaucoup de reconversions professionnelles aussi qui se font après les grossesses, enfin après les accouchements plutôt. Donc la parentalité ça chamboule vraiment. Et c'est aussi une façon de se re-rencontrer soi et d'en savoir un peu plus sur soi et de pouvoir connaître ses besoins.
- Speaker #1
Quand on s'intéresse au cerveau des mamans, avec le docteur Hugo Bottman, psychiatre il me semble, qui a écrit un livre avec Lucie Joly sur le développement du cerveau des femmes pendant la maternité, on se rend compte à quel point tout ça est un problème. notre matière grise, blanche, nos connexions neuronales, elles évoluent, et c'est là où ça va peut-être nous permettre aussi de nous rendre compte à quel point il y a certaines choses qui nous conviennent plus, ou qui s'ouvrent à nous, grâce aussi au processus de parentalité, pas forcément grâce à l'enfant, mais grâce à tout ce que ça vient chambouler chez nous, à tout ce qu'on découvre de soi. Moi, j'ai une question qui me vient pour conclure notre échange. Quand Comment vous avez envie que les gens ressortent de cette lecture ? Qu'est-ce que vous voulez qu'ils se disent ou qu'ils ressentent une fois qu'ils referment le bouquin ?
- Speaker #0
Le message principal, c'est de se faire confiance, d'arrêter de douter de soi en tant que parent, de nos intuitions et tout ça, et de se dire « oui, mais là, mon enfant, il ne fait pas ça comme il faut parce que l'enfant de la voisine, il fait autrement. Là, j'ai dormi avec mon enfant et en fait, il ne faut pas » . OK. Enfin, voilà. Ma mère me dit que je devrais laisser pleurer parce que, en fait, moi, elle me laissait pleurer. C'est vrai, je vais bien. Il faut que l'enfant comprenne. Enfin, voilà. Toutes ces injonctions qui peuvent nous mettre mal à l'aise et nous faire nous sentir pas bien, que ça disparaisse et que ça coule, en fait. Et de se dire, moi, je sais ce que je fais, c'est mon enfant, je suis bien dans mes bottes. J'ai réfléchi à des questions et puis j'ai réfléchi en permanence parce que... Chaque événement de vie, c'est des challenges avec les enfants. Parfois, je vais mal faire, mais ce n'est pas grave parce que je vais réfléchir pour mieux faire la fois d'après. C'est surtout de rester dans cette démarche qui est vraiment encourageante. La parentalité, c'est un chemin, c'est une aventure. Chaque jour, il y a des difficultés, mais il y a aussi, heureusement, des moments merveilleux. De pouvoir avoir une parentalité qui soit épanouie parce qu'on se sent bien en tant que parent et parce qu'on arrête de douter et on arrête de se fier aux injonctions. Parce que le nombre de... Des amis proches à moi qui sont devenus mamans pour la première fois et qui sont même médecins et qui connaissent, qui sont formés et tout ça et qui me disent « ma pédiatre m'a dit qu'il fallait que j'arrête d'allaiter parce que ma fille elle va avoir un an et que ça suffit plus le lait. » En fait, tu sais que c'est pas vrai, tu le sais. « Bah ouais, mais je sais pas, elle me l'a dit plusieurs fois. » Mais en fait, stop, tu peux pas écouter ça, c'est des bêtises. Tu le sais, tu peux pas être impressionné parce que c'est un médecin. T'es toi-même médecin en plus. Et puis tu me parles à moi, tu sais ce que je veux te répondre. Donc voilà, des injonctions comme ça qui ne sont pas à écouter et qu'on puisse faire le tri. Parce que parfois il y a des choses qui sont intéressantes, je ne dis pas qu'on sait tout parce qu'on devient parent du jour au lendemain, au contraire on ne sait pas grand chose, mais juste de se faire confiance.
- Speaker #1
Ouais, et je me rends compte, au vu de ce que vous me dites là, que si les injonctions sont aussi dures, et on en parle autant, c'est parce qu'on peut avoir beaucoup de mal à se positionner, quand bien même dans notre cerveau rationnel on a les éléments, en fait il y a aussi ce besoin de se connecter au village et d'être guidé, d'être porté, d'être enveloppé, d'être soutenu, et quand on va avoir quelqu'un qu'on a choisi, comme étant le représentant du garant de la santé de notre enfant, on n'a pas le choix que de créer des connexions de confiance. Mais si on fait confiance à la personne et qu'on va retourner en boucle à ce qu'elle nous a dit, ça peut remettre en question ce qu'on pensait être bon aussi et ce qu'on ressent être bon. Donc ce que vous dites, c'est regardez comment vous vous sentez avec ça. Et si vous sentez que vous, vous êtes plutôt calme avec la question, C'est pas forcément utile d'aller redonner du gras à moudre. extérieurs, si vous voyez que tout le monde va bien, vous, votre enfant. En revanche, si vous sentez que vous êtes un peu paumé, prendre le temps d'aller débriefer peut-être avec des personnes en qui on a confiance. Moi, je trouve que c'est pas mal aussi de demander un deuxième avis. Si on se sent mifigue, mérésin, on voit que nous, on a comme une intuition, mais que la personne va nous dire quelque chose, on sait pas trop si c'est une injonction ou si c'est vraiment bon pour notre enfant. Moi, je trouve que c'est pas mal de rajouter une tierce personne qui n'a rien à voir, une autre pratique peut-être professionnelle ou une amie ou peu importe. en qui on peut avoir confiance et se dire je vais rajouter un grain de sel supplémentaire et voir ce que ça me fait à moi et s'il y a deux discours différents c'est peut-être que je peux faire un peu comme je veux exactement et d'ailleurs il y a souvent plein de discours différents en parentalité mais
- Speaker #0
de se faire confiance et de savoir pourquoi on fait les choses parce qu'en fait des réflexions extérieures il y en aura tout le temps et si on est affecté à chaque fois et qu'on change et à 180 degrés ce qu'on faisait, nous, on ne comprend plus rien à ce qu'on fait et nos enfants, ils ne comprennent absolument rien. C'est insécurisant. Et c'est très insécurisant. Voilà, c'est très insécurisant pour les enfants. Ça ne veut pas dire qu'on ne doit rien changer, qu'on ne doit pas changer d'inhabitudes. Toutes les habitudes se changent si elles ne nous conviennent plus. Je parle beaucoup du sommeil, mais on peut avoir dormi avec son enfant et puis finalement se dire, là, je n'en peux plus, j'ai besoin de retrouver mon lit, j'ai besoin de retrouver mon lit conjugal, j'ai besoin... Bien sûr, quelque chose qui se comprend mille fois. Et donc, oui, on va pouvoir mettre un enfant dans son lit. Et probablement que ça va être difficile pendant 3-4 nuits. Et c'est ce que je dis aux parents. Il faut prendre le pli, en fait. Ou alors un bébé qui réclame un biberon à 3h du matin, alors qu'il n'en a pas besoin, vraiment, nutritionnellement, il n'en a pas besoin, c'est une habitude qu'il a prise. OK, on va arrêter ce biberon, c'est possible. Faites-vous confiance, faites confiance à votre enfant. Mais on va être dans l'accompagnement. Parce qu'il va pleurer, c'est normal. C'est un truc qui le chamboule. Et bien, vous n'allez pas le laisser pleurer tout seul, vous allez être là, lui dire, tu n'auras pas ce biberon parce que c'est la nuit, simplement, mais je comprends, c'est difficile et je suis là. Et pour avoir cette posture de je suis là, je suis sécurisant, je reste calme, alors que tu pleures qu'il est 3h du matin et que je suis fatiguée, c'est vraiment difficile. Donc moi je dis aux parents, il faut que vous soyez prêts, parce que si finalement vous luttez pendant une heure et que vous lui donnez son biberon, à la fin, ben non. Mais si vous n'en êtes pas capable, ne luttez pas. mais c'est pas grave il faut que ce soit le bon moment et pareil pour aller dans son lit donc je dis que toutes les habitudes peuvent changer quand on est un parent, tout est possible vous pouvez faire tout ce que vous voulez à vos enfants donc j'espère dans la bienveillance tout est possible à condition que vous soyez ancré dans votre position c'est pareil dans tout, dans l'allaitement,
- Speaker #1
dans le sevrage si on est sûr de soi l'enfant il va nous suivre et si on n'est pas sûr de soi on peut en discuter tenir conseil avec d'autres personnes euh... On a pas réponse à tout tout le temps et parfois on doute et puis parfois on n'a pas l'énergie. C'est vrai que quand on n'a pas l'énergie pour l'avoir expérimenté, c'est pas le moment d'essayer des changements comme ceux-là. On sait que l'enfant va résister et va pas être bien avec ça parce qu'il va être chamboulé comme vous dites. Donc il y a un temps pour tout. Parfois le temps c'est de dormir peu importe comment. Et puis au bout d'un moment, quand les ressources remontent, il y a peut-être un moment où on sent qu'on ressort la tête de l'eau et là on ressent la force de pouvoir instaurer un nouveau rituel qui va... peut-être générer de la résistance, des fois pas, mais souvent quand même, parce qu'un changement de rythme. Mais j'aime bien ce que vous dites là, que l'ancrage, en fait, il part du parent qui se transmet à l'enfant, et qu'aujourd'hui, on est un peu une génération de parents qui sont désancrés, parce qu'il y a trop, en fait, trop de paramètres, trop d'injonctions. Donc, c'est de retrouver cet ancrage pour soi, avant de demander à l'enfant d'être ancré, équilibré, stable dans son émotionnel.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Un enfant qui... Un enfant qui négocie, c'est normal. C'est même plutôt bon. Et donc après, c'est à nous d'être fermes. Et être ferme, ça ne veut pas dire être menaçant. Être ferme, ça veut dire être ferme dans son choix, mais être dans l'accompagnement. Je pense que je parle beaucoup.
- Speaker #1
C'est hyper précieux. Merci beaucoup, docteur
- Speaker #0
Anna Delimie.
- Speaker #1
Un petit mot de la fin, peut-être, à transmettre à nos futurs et jeunes parents qui seront contents de vous entendre sur ce podcast.
- Speaker #0
J'espère. Eh bien, faites-vous confiance. Bien sûr, informez-vous, prenez le plus d'informations possible, parce qu'on parle des réseaux comme des choses pas bonnes, mais il y a des bonnes choses aussi. Informez-vous, faites le tri ensuite. N'hésitez pas à vous faire accompagner s'il y a besoin. Un parent qui se fait accompagner, ce n'est pas un parent faible, au contraire, c'est un parent qui vous donne le meilleur de lui-même. Donc n'hésitez pas sur toutes les thématiques. Il n'y a pas de question bête, il n'y a pas de mode d'emploi d'un bébé. Un bébé, ce n'est pas un robot et chaque enfant est différent, et chaque parent aussi. Donc écoutez-vous, vous avez des ressources c'est sûr, mais parfois il y a besoin d'être un peu guidé pour les avoir. Et moi j'ai un compte Instagram qui s'appelle DocMiniCœur, où je parle d'éducation beaucoup, où je fais beaucoup de réflexion autour de situations que je vois en consultation, ou de situations du quotidien que je peux voir en tant que maman. Et voilà, en général je sais que mes postes font réfléchir, il n'y a pas d'injonction, c'est pas le but.
- Speaker #1
Très bon compte Instagram. Et puis, je rappelle le livre. Je crois qu'on n'a pas donné le titre. C'est « Bébé, raconte-moi les étapes de ton développement » . Titre très bien choisi parce que ça prend la voix du bébé. Aux éditions Mango, je crois. Mango édition. Oui. Je remets le lien dans la description, que ce soit YouTube ou sur le podcast, qu'on vous retrouve très facilement, votre compte Instagram. Et merci pour cette transmission très précieuse aujourd'hui.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
Bonne fin de journée à vous.
- Speaker #0
Merci, bonne fin de journée.
- Speaker #1
A bientôt.