- Speaker #0
On devient manager parce qu'on est bon dans son métier.
- Speaker #1
Vrai.
- Speaker #2
Non.
- Speaker #1
Ma compétence était de diriger mon équipage sur le bateau, montrer l'exemple, d'être le leader.
- Speaker #0
Le manager, il n'existe que parce qu'il y a un leader.
- Speaker #2
Mais c'est aussi notre manager qui va nous pousser à aller plus loin, qui va nous donner de la valeur.
- Speaker #1
Le fait d'avoir un bon manager qui me dégageait de toutes les tâches annexes me permettait d'être plus performant dans ce que je savais faire.
- Speaker #2
Je n'ai pas envie de transformer qui je suis pour obtenir un poste à responsabilité.
- Speaker #1
A l'époque, c'était une vraie promotion. Maintenant, je n'ai pas forcément ressenti comme une promotion.
- Speaker #0
On arrive à moins recruter. On a du mal à avoir des managers.
- Speaker #2
On arrêterait de promouvoir des personnes managers mais qui n'ont pas le profil.
- Speaker #1
Le meilleur conseil que tu aies reçu et qui te sert encore ?
- Speaker #2
PTC.
- Speaker #1
Quoi ?
- Speaker #2
Protège ton cul.
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut travailler en confiance avec quelqu'un qui protège son cul toute la journée ? Bonjour à toutes et à tous, je suis contente de vous retrouver pour ce nouvel enregistrement du podcast qui s'appelle Une génération d'écart. Le principe c'est d'inviter deux générations qui vont venir non pas s'affronter ni se confronter mais juste partager leur point de vue, leur regard croisé sur une thématique. Et aujourd'hui la thématique que j'ai choisie est sur le management. Souvent j'ai entendu dire que devenir manager est une promotion. Alors vrai ou faux, c'est ce qu'on va explorer. Parce que pendant longtemps, la réponse semblait assez évidente. Plus on grimpait dans les échelons, plus on devenait manager, plus on manageait d'équipe. Parce qu'on était bon dans son métier, alors on prenait des responsabilités, on devenait manager et on continuait à progresser comme ça. La question c'est, est-ce que c'est encore valable aujourd'hui ? Parce que les chiffres, quand je les regarde, racontent une toute autre histoire. Selon l'APEC, entre 2022 et 2025, la part des cadres... qui souhaite accéder à des responsabilités hiérarchiques, est passée de 42% à 34%. C'est-à-dire qu'on a perdu 8 points. Et si je regarde uniquement chez les moins de 35 ans, elle est passée de 63% à 47%, donc une perte de 16 points. Donc il y a un véritable désamour pour la fonction de manager. Alors qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que les nouvelles générations rejettent vraiment le management ? Ou est-ce qu'elles questionnent simplement le rôle du management qui a changé ? Alors parce que si le métier lui-même a changé, il y a un objectif que les managers doivent atteindre année après année. Mais aujourd'hui, on leur demande aussi de faire grandir leurs équipes, de gérer des conflits, d'intégrer l'IA, de créer de la cohésion, de donner du sens, de manager à distance. Et parfois, avec moins de temps, c'est ce qu'a rélevé une étude de Segos qui disait que 77% des primo-managers français déclarent avoir vu leur temps de travail augmenter. après leur prise de fonction. Et là où c'est un peu ennuyeux, c'est que la moitié disent que manquer de temps pour la dimension humaine du management, qui paraît cependant essentiel. Alors, pourquoi est-ce qu'on associe autant encore réussir sa carrière avec manager des gens ? Pourquoi est-ce qu'on voudrait devenir manager ? Est-ce que c'est pour gagner plus, pour avoir plus de pouvoir, pour progresser, pour grand se mettre ? On va voir ça maintenant. J'ai l'honneur d'inviter Aurélie. Et Éric, est-ce que vous pouvez vous présenter en une minute, s'il vous plaît ?
- Speaker #2
Une minute. Challenge.
- Speaker #0
Vas-y.
- Speaker #2
Alors, je m'appelle Aurélie Bauduin. Je vais bientôt fêter mes 32 ans à la fin du mois de septembre. J'habite en Essonne, donc proche Paris. J'ai un frère jumeau.
- Speaker #0
Vrai, vrai jumeau ?
- Speaker #2
Faux, parce que c'est un homme.
- Speaker #0
C'est pas faux. J'ai raté, là. Mais vous vous ressemblez beaucoup, beaucoup ?
- Speaker #2
Selon les syndicats ou selon la police ? Non, depuis que j'ai perdu un peu de poids, on se ressemble un peu. D'accord. Je pratique l'équitation sur mon temps libre et je voyage énormément. Et à ce jour, je travaille pour un groupe bancaire français, mais je n'ai pas de poste managérial.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #0
Et quelle est ta fonction aujourd'hui ?
- Speaker #2
Alors moi, je suis technicienne service client à la monétique processus transverse.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
C'est un nom à rallonge. D'accord. On en fait beaucoup de choses.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #0
Ça roule. Dernier voyage, en date ?
- Speaker #2
Corfou et la Laponie en janvier.
- Speaker #0
D'accord. Très bien. Et le prochain ? On n'en a pas encore ?
- Speaker #2
Non, il n'y a pas encore là.
- Speaker #0
Ok. Ça roule.
- Speaker #2
On va voir.
- Speaker #0
Merci Aurélie. Ravi de t'accueillir en tout cas.
- Speaker #2
Merci à toi de m'inviter.
- Speaker #0
Eric, à toi de te présenter en une minute s'il te plaît.
- Speaker #1
Je m'appelle Eric Loiseau. Je suis breton. Avec un Z. Oui, avec un Z, c'est important. Donc je suis navigateur, un peu alpiniste. Je suis un vrai navigateur professionnel. J'étais courant au large. Ensuite, j'ai fait de l'alpinisme. Et puis là, je me consacre énormément à la protection de la planète et des océans. Je travaille beaucoup sur les problèmes du plastique. qui est quand même un déchet très néfaste. Donc voilà, c'est mes principales occupations. Je renavigue beaucoup avec mes amis navigateurs. Et puis j'écris aussi des livres. Voilà, je suis très occupé. J'ai un peu plus de 70 ans.
- Speaker #0
D'accord. Donne-nous quand même quelques-uns de tes palmarès, s'il te plaît.
- Speaker #1
Je vais commencer par gagner des étapes de la... la course tour du monde qui était à l'époque la Whitbread et qui est devenue maintenant la Volvo Ocean OS. Et ensuite, j'ai gagné la Haute-Neurone dans ma classe. J'ai gagné trois transats, beaucoup de grands prix de multicoque. J'ai beaucoup navigué en monocoque et surtout après en multicoque. J'ai eu des bateaux extraordinaires. J'ai eu un trimaran qui a été révolutionnaire, qui s'appelait Golfe S4 à l'époque. Les tartionnaires étaient dans le tabac.
- Speaker #0
Il y a des choses qui ne se passeraient plus aujourd'hui.
- Speaker #1
Alors que ma famille, mon père qui était au lycée de Marine, avait tout fait pour arrêter de fumer. On avait très de 14 ans pour éviter tout ça. Et pour finir, il a fallu quand même que... Après, je ne regrette pas parce que c'était des gens très intelligents et avec des partenaires très efficaces. Et ensuite, j'étais dans les parfums, chez Roger Galet. Donc là, j'ai eu un grand catamaran de 23 mètres. J'ai continué comme ça et j'ai arrêté la partie navigation aux courses alors que je n'étais pas très âgé. J'avais une quarantaine d'années et simplement parce que je voulais me consacrer à l'alpinisme et changer de vie. D'ailleurs, je trouve que le changement de vie, c'est très intéressant. Le fait d'avoir arrêté ma carrière de navigateur pour me consacrer à l'alpinisme, je me suis construit un autre monde. Et en fait, je suis dans deux mondes qui sont drôlement intéressants. Et si j'avais continué à faire du bateau, ce qui aurait été tout à fait possible, je pense que j'aurais manqué beaucoup de choses. Et le changement n'est pas facile parce que c'est vrai que quand j'ai arrêté, quand je me suis mis complètement à l'écart de la navigation pour faire de l'alpinisme, je me suis carrément... Je suis parti dans un petit village de montagne, personne ne savait où j'étais. Et c'est vrai qu'à ce moment-là, c'est un peu compliqué, c'est dur parce que... tu passes d'un système où tu es quand même, à l'époque, je suis quand même relativement connu, médiatique, etc. Et tu arrives dans un monde où personne ne te connaît. C'est à la fois intéressant, mais à la fois un peu stressant. Mais ça vaut le coup de le faire.
- Speaker #0
Un peu vertigineux. Et aujourd'hui, Aurélie, tu entraînes beaucoup de navigateurs à la respiration grâce à l'alpinisme.
- Speaker #1
Oui, alors, ça, je trouve que... Oui, effectivement. En fait, je discute beaucoup avec les marins actuels pour... C'est pas du coaching en fait, j'ai pas la prétention de faire du coaching. Par contre, on s'en rend compte, j'explique comment je voyais les choses auparavant, les méthodes qu'ils connaissent bien d'ailleurs maintenant, parce que les méthodes anti-stress, de respiration, etc. c'est des choses qui sont passées maintenant dans le commun des coureurs. Ce qui n'était pas le cas entre nous et à mon époque, on était quand même moins... C'était quand même très différent. Moi j'ai connu une période où en fait on naviguait sans aucune aide. électroniques ou techniques même d'ailleurs, parce qu'en fait on avait tellement peu de communication possible entre la mer et la terre, qu'on n'avait pas d'équipe à terre qui allait dire maintenant si jamais ton moteur est en panne, tu vas faire ci ou ça. On naviguait aux étoiles, on regardait beaucoup autour de soi, et je trouve que c'est un peu ce qui manque actuellement à la nouvelle génération de coureurs, qui est quand même très omnibulée par les écrans, comme nous dans la vie normale d'ailleurs. et qui sont un peu moins à l'écoute des circonstances extérieures, c'est-à-dire l'état de la mer, les nuages, etc. Ce que nous, en fait, c'est vraiment partie de notre système de navigation.
- Speaker #0
Je pense qu'il y a une analogie, de toute manière, avec le monde actuel, l'individualisme numérique, etc.
- Speaker #2
Mais il y a de la transmission. Du coup, ce n'est pas du coaching,
- Speaker #0
mais c'est de la transmission. C'est génial.
- Speaker #1
La transmission, c'est très intéressant. De toute façon, c'est... D'ailleurs, je fais beaucoup de choses dans mes activités avec la jeune génération. Je parle de la jeune génération, c'est-à-dire les gamins qui ont une deuxième année. Tout à fait, parce que je trouve que, typiquement par rapport à l'environnement et aux problèmes de la planète, moi, je suis en 10 ans, je peux être inquiet, mais ça ne va pas vraiment me concerner. Par contre, je pense que la nouvelle génération, vraiment, il faut qu'ils soient inquiets. Il faut vraiment qu'on leur explique les choses, sans dramatiser d'ailleurs. On leur explique la réalité des choses. Il faut faire attention à beaucoup de choses, sinon on ne va pas y arriver. Et je trouve que la transmission est très importante.
- Speaker #0
Alors on va parler de transmission et de management, et comment tout ce petit monde arrive à travailler ensemble. Et on va commencer par ce premier parti qui est les affirmations. Je vais vous donner les affirmations. J'aimerais que vous me disiez de manière très crivante, vrai ou faux. Ok ? Parti ?
- Speaker #1
Qui commence ?
- Speaker #0
Vous me le dites ensemble. D'accord ? Alors, devenir manager est une promotion.
- Speaker #1
Vrai.
- Speaker #2
Hélas vrai.
- Speaker #0
Hélas vrai. On devient manager parce qu'on est bon dans son métier.
- Speaker #1
Vrai.
- Speaker #2
Non.
- Speaker #0
Faux. Un bon expert fera un bon manager.
- Speaker #2
Faux.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Pour bien manager, il faut être physiquement auprès de ses équipes.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #2
Je vais nuancer, j'ai un hybride.
- Speaker #0
Un peu quand même.
- Speaker #1
Un peu hybride quand même aussi, je suis un peu d'accord avec ça.
- Speaker #0
Une bonne équipe doit pouvoir fonctionner sans manager.
- Speaker #2
Vrai.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
L'IA est le nouveau manager de demain.
- Speaker #2
Non.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Le manager doit avoir plus de réponses que son équipe.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Manager est une source de stress supplémentaire.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Le manager doit être à la fois un coach et un leader.
- Speaker #1
Non. Pas obligatoirement.
- Speaker #0
Le meilleur manager est celui dont l'équipe peut se passer.
- Speaker #1
Oui. Oui.
- Speaker #2
Non.
- Speaker #0
Le télétravail a rendu le rôle du manager encore plus compliqué ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Non.
- Speaker #0
Le management est une étape obligatoire pour progresser dans une carrière ?
- Speaker #2
Hélas, oui.
- Speaker #1
Je ne crois pas.
- Speaker #0
D'accord. Ok. Quand on a préparé cette émission, déjà merci beaucoup, quand on a préparé cette émission, on voit qu'il y a certains points communs, certaines affirmations sur lesquelles vous n'êtes pas d'accord. Quand on a préparé cette émission, je vous ai demandé à quel film le management vous faisait penser. Vous avez chacun émis deux propositions. Eric, en deux mots, pourquoi est-ce que tu as choisi La machine étant moderne ?
- Speaker #1
D'abord parce que j'aime beaucoup Charlie Chaplin. En fait, le truc, c'est que je trouvais... que c'était vraiment l'exemple de ce qu'il ne fallait pas faire avec tout ce système industriel que dépend, que c'est un moderne que des cris chaplains. Et en plus, c'était quand même presque 100 ans. C'est remarquablement réalisé. Et vraiment, je pense qu'il faut qu'on évite d'être là-dedans. Et je pense que le management a poussé ce système-là. En plus, c'était la raison.
- Speaker #0
Et toi, très différent, un style un peu différent avec les choristes. Pourquoi alors ?
- Speaker #2
J'ai toujours cette image d'une classe un peu vraiment avec des personnalités différentes, des objectifs différents. Il y a un homme qui arrive et qui va faire de ce foutoir organisé un truc merveilleux.
- Speaker #0
Un peu l'homme providentiel, le management providentiel qui redonne du sens. Oui,
- Speaker #2
mais du coup qui va donner confiance en chacun, qui va trouver la place de chacun et qui va en faire une vraie équipe avec un objectif. qui est de pouvoir faire de la belle musique.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #2
Et de pouvoir se faire obéir, non pas par la peur, mais par l'engagement. Et moi, aujourd'hui, si j'ai un manager qui est comme ça, je signe.
- Speaker #0
D'accord. Tu signes plus pour le manager que l'entreprise.
- Speaker #2
J'ai eu la chance d'avoir toujours des managers plutôt humains avec qui j'ai été très à l'aise et qui ont réussi à me faire... comment dire ça...
- Speaker #0
Aimer, m'engager, dépasser.
- Speaker #2
Oui, et puis qui m'ont fait monter en compétence, qui m'ont aidée à prendre confiance en moi, et je trouvais que du coup, si on perd l'humanité dans le management, et c'est pour ça qu'il y a aussi des mauvais managers, c'est qu'on est propulsé parfois en tant que manager, mais on n'est pas fait pour ça, parce qu'on n'est pas très humain parfois, c'est pas grave. Mais ouais, non, l'éco-riste, c'est ce qui m'a... Tout de suite.
- Speaker #0
D'accord. Et tu voulais rajouter un truc, Eric ?
- Speaker #1
Non, je trouvais que c'était un bon exemple. Ah oui ? Ok.
- Speaker #2
Et puis il est magnifique en plus.
- Speaker #0
Alors on va commencer en venant dans la tête la deuxième partie qui est celle du dialogue vraiment entre vous sur ce rapport au management. Et je vais commencer par une des réponses que vous m'avez apporté à la question « Quel premier souvenir avez-vous du management ? » Et Eric, quand la question t'a été posée, tu m'as parlé de quand tu étais petit. Tu avais 7 ou 8 ans et c'était en classe. Et le mot que tu emploies, c'est le mot « subir » .
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu voulais exprimer ce jour-là, ou maintenant, quand tu as pris ça comme exemple ?
- Speaker #1
Non, simplement, en fait, j'avais la chance d'avoir des parents très libéraux, je dirais. On faisait à peu près ce qu'on voulait. Et ça m'a permis d'ailleurs, même très jeune, de faire du bateau, de faire des tas de choses. Et donc, en fait, dans ce système très libertaire, après, je suis rentré à l'école. À l'école, je me retrouvais dans un système qui était... très management. Je veux dire, c'est du management d'une école. Et j'avais du mal parce que c'était quelque part, ça me privait de ma liberté. J'avais beaucoup de mal à... Finalement... Oui, tout à fait. C'est pour ça que voilà, quand tu m'as demandé un exemple ou tu m'as demandé un exemple par rapport à ça, je pense que c'était vraiment la première fois où j'ai senti une oppression de la société. De Charlie Chaplin,
- Speaker #0
etc.
- Speaker #1
Je suis oublié. Enfin, toi, voilà. Mais après, bon, ça s'est bien passé. Mais voilà, c'était quand même... Les premières classes, pour moi, c'était une entrée un peu difficile.
- Speaker #0
Mais je suis contente de vous avoir tous les deux, parce que vous êtes vraiment des... Je dirais pas des oppositions, mais très complémentaires dans les choix que vous faites. Parce qu'à cette question-là, toi, t'as répondu ta maman, Aurélie. Tu l'as décrite comme celle qui anticipait, qui s'adaptait, qui coordonnait. Est-ce que quelqu'un l'a déjà appelée manager ?
- Speaker #2
Et bien quand je lui ai posé, en préparant le podcast, je lui ai posé cette question et ça a été assez drôle, c'est qu'hier soir elle m'a envoyé un vocal en me disant « Est-ce que tu te rappelles du tableau que je faisais pour la rentrée scolaire ? » Elle avait un tableau Véleda avec les tâches, donc faire son quart table, faire ses devoirs et puis on avait chacun notre petite tâche ménagère, vider le lave-vaisselle, etc. Le jour où il y avait sport, le jour semaine A, semaine B, c'était titanesque et c'est vrai qu'elle m'a fait beaucoup rire hier soir et je me suis dit « Non, en fait... » Elle ne sait pas que j'avais donné déjà le nom de ma mère en réponse. Et elle-même a dit, mais ton premier souvenir, c'est ça en fait. C'est-à-dire que c'est moi qui un peu qui chapeautais tout, qui essaie que la maison roule, quoi, et que chacun y trouve sa place. En plus, elle était malade. Mon père n'était pas particulièrement présent parce que malheureusement, un emploi du temps peut être typique. Donc, il fallait bien que ça tourne, quoi. Et en plus, double peine, on est jumeaux. Donc, la rentrée en sixième cataclysmique, on avait la chance d'être deux. On s'aidait mutuellement, mais ça n'était pas merveilleux. Pour le coup, elle manageait la maison, elle manageait le foyer. Et aujourd'hui, avec l'âge, en prenant de plus en plus d'âge, respect. On dit non, elle est maniaque. Non, mais en fait, il fallait survivre. Il fallait à un moment donné prendre le lead. Et de dire, toi, tu vas faire ça, toi, tu vas faire ça. Moi, je vais faire ça, Et ça roulait.
- Speaker #0
Donc, c'est décidé, organisé, planifié pour les autres ?
- Speaker #2
Ben oui. Non, non, clairement. Les menus, les listes de cours, celle qui faisait les comptes. Quand je regarde un petit peu, c'est elle qui a tout chapeauté. Respect maman.
- Speaker #0
Respect maman. Elle s'appelle comment ?
- Speaker #2
Laurence.
- Speaker #0
Eh ben, Laurence, respect.
- Speaker #2
Je t'aime.
- Speaker #0
Ce qui est drôle, c'était assez inattendu, Eric, quand on a parlé ensemble du rôle du management, tu as dit que le manager n'existe que parce qu'il y a un leader. Disons que tu distingues le rôle du manager et du leader. Et tu dis même que le rôle du manager a un rôle passif quand tu donnes l'exemple de l'équipe sur Roger Gallet, où ton manager à l'époque gérait les 30 personnes, les deux bateaux, les budgets, le matériel, les escales, les partenaires. Alors déjà, toi, c'était quoi ton rôle ? Et puis finalement, est-ce que c'est vraiment passif de s'occuper de tout ça ?
- Speaker #1
Passif, ce n'est pas le mot exact. Mais tu l'as dit. Oui, tout à fait. Parce que je fais vraiment une différence entre les deux. Le rôle de mon manager était très important. D'ailleurs, je me suis toujours... Je me suis toujours engagé avec des managers vraiment très compétents. En fait, parce qu'ils avaient des compétences que moi, je n'avais pas. Et en plus, quand je dis que c'est passif, c'est vrai que son rôle était plutôt bureaucratique. Un logisticien. Oui, il gérait les choses importantes et que moi, je ne voulais pas faire directement, c'est-à-dire gérer les budgets, les finances, même si j'avais toujours un regard dessus. Mais c'était lui le responsable. Et c'est lui qui assurait toutes ces tâches que moi, je ne voulais pas faire d'une part parce que ça ne m'intéressait pas, d'autre part parce que j'estimais ne pas avoir la compétence. Par contre, ma compétence, c'était de diriger mon équipage sur le bateau, montrer l'exemple, d'être le leader, de gagner des courses, de les entraîner, etc. Faire du sport, toutes les tâches où je me consacrais à 100%. Et je trouve que c'était très bien parce que du coup, le fait d'avoir un bon manager qui me dégageait de toutes les tâches annexes, me permettait d'être plus performant dans ce que je savais faire. Et voilà, c'était un partage. Mais son management était très important. J'estime qu'on ne peut pas avoir une équipe, que ce soit dans le business ou dans le bateau par exemple, je prends l'exemple des équipements de course actuelles, il y a toujours... Des coureurs, navigants, un skipper et puis un ou deux managers qui gèrent l'ensemble de l'équipe. Des fonctions support, tu peux dire ? Oui, tout à fait, mais il y a un état de fonction support. Et en bateau, dans les courses en équipage, quand tu es en solitaire, de toute façon, tu te gères toi-même. Dans les courses en équipage, j'étais quand même obligé de manager mon équipe d'une façon ou d'une autre, c'est-à-dire de diriger le bateau. Mais quand même, j'ai toujours été accompagné d'un second. très compétent, qui gère aussi des choses dont je ne voulais pas m'occuper.
- Speaker #0
Mais tu étais le manager de ton manager ?
- Speaker #1
Si on veut.
- Speaker #0
Où est-ce que tu considères que vous étiez ? Il y a un niveau hiérarchique entre toi et lui ? Ou tu considères que c'est vraiment ton bras droit et c'est une même fonction séparée en deux personnes ?
- Speaker #1
Oui, c'est vraiment mon bras droit. Tu peux appeler ça un botte-captaine maintenant. C'est des gens dans lesquels tu as une grande confiance et qui te permettent ensuite de progresser. Et pour moi, la confiance, c'est hyper important. D'ailleurs, dans le leadership, la confiance, c'est la chose de base. Si tu ne fais pas confiance à ton équipage, et si ton équipage ne te fait pas confiance dans l'autre sens, parce que tu es exemplaire, tu essaies d'être exemplaire, c'est-à-dire d'essayer de faire toutes les tâches qui sont additionnées partout, à ce moment-là, ça marche. Mais sinon, ça ne marche pas. Mais voilà, en fait, c'est... Je pense n'avoir jamais dit que le management était inutile. Au contraire, je pense que c'est très utile. Il faut que ce soit très bien fait. Mais ce n'est pas ma compétence.
- Speaker #0
Quand Eric parlait de cette séparation des deux rôles...
- Speaker #2
Je trouvais qu'il avait résumé le management. Toutes les tâches que tu effectuais, pour moi, tu étais le manager de ton équipage. Je pense qu'il y a juste la partie bureau. les emplois du temps, la compta, les budgets, etc. Pour moi, ça, ce n'est pas le manager.
- Speaker #1
Il y a beaucoup de choses. Oui, il y a ça, mais en fait, ça…
- Speaker #2
C'est mieux dans notre banque. En tout cas, on a des experts métiers qui sont là pour nous faire monter en compétences, qui sont là pour nous aider. On a notre manager qui va effectivement dispatcher les tâches, faire les emplois du temps, les tableaux Excel, etc. Mais ce que tu fais… ce que tu faisais, de donner l'exemple, de dire, toi, tu fais ça, toi,
- Speaker #1
c'est manager une équipe. Je reprends l'exemple d'une écurie de course. Le problème, c'est que les tâches annexes, elles sont énormes. Tu as à l'agir sur les chantiers, tu as évidemment toutes les sessions de budget, tu as les rapports avec les partenaires. Enfin, c'est quand même très, très important et c'est essentiel. Alors après, moi, en tant que leader de l'équipe, effectivement, j'étais obligé, j'étais au courant de tout. En fait, on avait toujours une réunion au départ pour dire qu'est-ce qu'on va faire dans les trois mois qui viennent, etc. Et c'était organisé. Après, la responsabilité du management de tout ça, c'était celle de mon manager. Moi, je m'occupais plus à ce moment-là de la partie de... Quand j'ai dit « lead l'équipe » , c'est-à-dire que nous, c'est un peu particulier parce qu'on se retrouve dans une équipe de course, t'as des navigants et les navigants, en fait, c'est des mecs avec qui tu es sur le terrain et tu essaies de gagner des courses, etc. Donc, il faut vraiment s'entraîner, naviguer, etc. Et là ? Mon rôle était hyper important. Parce que le rôle de leader, là, c'est le rôle de capitaine, de commandant. Enfin, c'est un truc...
- Speaker #0
Mais les deux sont indispensables. Les deux sont interdépendants, de toute manière.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Mais nous,
- Speaker #2
par exemple, on n'a pas une course à gagner, mais on a des objectifs à atteindre. Et du coup, quand j'entends parler comme ça, je me dis, mais nous aussi, en fait, on est sur notre bateau. On est tous sur le même bateau. Le but, c'est de nous emmener le plus loin possible en accord avec ce que la direction nous demande en termes d'objectifs. Mais nous, on va faire du mieux qu'on peut. Mais c'est aussi notre manager qui va nous pousser à aller plus loin, qui va nous donner de la valeur. Pour le coup, à la fin de l'année, si on atteint nos objectifs, qu'on ait élu service client, que le taux de satisfaction en interne est élevé, nous, on a gagné notre course. Mais on n'a pas eu un leader et un manager.
- Speaker #1
Non, mais attends, je suis d'accord avec ça. C'est ça.
- Speaker #0
On se titille sur des points.
- Speaker #1
Il y a forcément une interaction entre les deux. C'est complètement évident. Moi, je vais bien séparer les choses.
- Speaker #2
Je comprends tout à fait, par contre. Moi, je n'aimerais pas faire du tableau Excel toute la journée.
- Speaker #1
Pour moi,
- Speaker #2
ce n'est pas être manager.
- Speaker #1
Oui, il n'y a pas que le tableau Excel.
- Speaker #2
C'est pour ça qu'Eric,
- Speaker #0
tout à l'heure, quand on discutait ensemble avant de démarrer là, disait que je n'ai pas envie d'être manager parce que dans l'imaginaire d'Eric, être manager, c'est s'occuper de la partie logistique. Non, il n'y a pas de paperasse.
- Speaker #1
Il y a des tas de choses qui sont... Oui, que tu n'aimes pas. Oui.
- Speaker #2
qui ne fait pas vibrer.
- Speaker #1
D'une part, parce que ça ne m'intéresse pas forcément, d'autre part parce que beaucoup de choses, je n'ai vraiment pas la compétence. Du coup, je me dis, il faut que ce soit un mec compétent qui s'en occupe.
- Speaker #2
Si je suis expert sur quelque chose, autant garder mon expertise sur le terrain et laisser l'expertise du tableau Excel à d'autres.
- Speaker #0
Quand tu as cité l'exemple des choristes, tu disais, c'est qu'on a montré un prof qui arrive et qui arrive à redonner confiance aux élèves de sa classe, comme on pourrait parler de collaborateurs. Donc, ce n'est pas quelqu'un qui sait tout, m... quelqu'un qui connaît la valeur de son équipe. Est-ce que tu as déjà vu quelqu'un faire ça ?
- Speaker #2
Oui, ma première chef.
- Speaker #0
Ta première chef ?
- Speaker #2
À Paris.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
Encore une dédicace.
- Speaker #0
D'accord, décrinez-nous.
- Speaker #2
Alors, j'en avais entendu parler, on m'a dit, fais attention, elle est intimidante avec les femmes avec qui elle travaille. Et en fait, moi, je suis arrivée en disant, non, je ne me fais pas d'a priori les gens pensent qu'ils veulent, je ferai mon propre avis. Et elle m'a appris le métier de A à Z. Je me suis calquée à ce qu'elle voulait que je sois. à faire mon emploi du temps, mes rendez-vous, mes formations. On avait un tel niveau de confiance que je me suis surpassée pendant trois ans. Et encore plus, son aspect humain m'a plu. Et on pouvait ne pas être d'accord, même parfois être un petit peu énervée. Pour autant, aller boire un verre le soir, et on est devenus amis. J'ai été dormir chez elle, elle est venue chez moi, je l'invite à mes 30 ans. Et voilà, un bon manager humain qui nous donne envie de se lever le matin, c'était pas du tout... Je me suis pas levée le matin avec... Maintenant, j'ai pas envie d'y aller. Non, je savais que ça allait bien se passer, qu'elle allait être juste et que si jamais il y avait une baisse de régime, elle allait me le dire. Je suis allée grogner. Mais qu'après, c'était OK, quoi. Elle m'a donné des responsabilités, elle m'a fait prendre confiance en moi. C'est elle qui m'a dit de me lancer dans un bachelor. Enfin, non, non. J'en ai un très très bon souvenir.
- Speaker #0
Ça fait penser à l'exemple que tu donnais avec Eric Tabarly. Oui,
- Speaker #1
je pense justement au niveau de la confiance. Vas-y,
- Speaker #0
donne-nous cet exemple-là, parce que c'est assez complémentaire.
- Speaker #1
Je passais quatre ans avec Eric Tabarly. C'est pour ça que pour moi, c'est quelqu'un qui a toujours été très inspirant. Justement parce que d'ailleurs, lui, en termes de l'intergénérationnalité, il était quand même très fort. personne sans doute parce qu'effectivement c'est quelqu'un qui s'est confiance aux petits jeunes en fait quand on a commencé à naviguer avec Eric il avait déjà une cinquantaine d'années bref nous on avait une vingtaine et on est dans un monde un peu différent puisqu'en fait nous on est du monde de la regatta pure et lui était quand même quelque part même si c'était un bon régatier il était quand même dans la course au large alors que nous en fait on connaissait pas la course au large par contre on avait des techniques qui étaient de la regatta pure qui était transposable effectivement à la course au large Bon, après, il faut encore que l'ancien, entre guillemets, avec beaucoup de respect, fasse confiance aux petits jeunes, ce qui n'est pas toujours le cas. Et là, en fait, c'était vraiment génial, parce qu'effectivement, on lui montrait des techniques que nous, on connaissait sur nos petits bateaux, et qui pouvaient être transposables, et il les adaptait et les acceptait. Et ça, c'est une vraie marque de confiance. De même que les choses...
- Speaker #0
Et il gagnait des courses grâce à ça ?
- Speaker #1
Oui, et si je parle du management d'Eric... C'est un peu pareil, c'est lui qui m'intéressait. J'ai beaucoup calqué mon système de fonctionnement sur celui, sur le sien. En fait, c'est un vrai leader. Mais par contre, typiquement la navigation, le fait de savoir où était le bateau, où est-ce qu'il fallait, ça ne l'intéressait pas. Et donc très rapidement, des équipiers comme moi ont pris ce lead. En fait, on s'occupait de la navigation du bateau. Parce qu'il nous faisait énormément confiance. Alors il est petit jeune, etc. Et moi il m'a appris à naviguer au sextant, parce qu'on ne savait pas faire à l'époque. Mais une fois que c'était parti, on faisait nous-mêmes. Parce que lui, à ce moment-là, ça lui permettait d'être actif sur d'autres choses qui lui paraissaient plus importantes, comme le réglage des voiles, du bateau, etc.
- Speaker #0
Ça correspond un peu à ce que moi j'ai vécu par la suite et je m'en suis vraiment inspiré. Mais la confiance, c'est quelque chose de fondamental dans la vie de tous les jours et dans le management, c'est clair.
- Speaker #1
Tu disais que ton chef fait ça, c'est-à-dire ?
- Speaker #2
Je sais qu'il va utiliser les expertises de chacun. Et moi, je sais que je suis assez bercée dans tout ce qui va être RSE. Bien sûr. Je me suis un peu démarquée là-dessus. Et à chaque fois qu'il doit y avoir une intervention en réunion sur la thématique de la RSE...
- Speaker #1
Tu sais que c'est un sujet que tu aimes bien. En fait,
- Speaker #2
il me dit, tu parles à la réunion tout à l'heure. OK. Mais ça nous fait prendre aussi... Moi, ça me fait monter en compétence, prendre la parole devant des personnes, parler avec aisance devant tout le monde. Ce n'est pas un exercice qui est forcément facile. Mais il nous fait confiance. Et dans cette... Dans ce sentiment de confiance, on se surpasse, forcément. Et on a envie de rendre fière aussi, quelque part, l'autre. On va encore plus se transcender. Je trouve que c'est la meilleure évolution qu'on puisse avoir, d'avoir quelqu'un qui a confiance en nous. Voilà, c'est parfait.
- Speaker #1
Paradoxalement, tu me disais en préparation que tu avais envie d'évoluer dans l'entreprise, dans celle-ci ou ailleurs, potentiellement, mais pas forcément dans une fonction managériale. Alors, est-ce que c'est paradoxal ? Est-ce que c'est compatible ? Est-ce que tu peux continuer à... Déjà, est-ce que tu as déjà eu à te justifier dessus ? Est-ce que c'est entendable ? Est-ce que c'est un exercice obligé ?
- Speaker #2
Dans l'agence bancaire classique, moi j'en fais plus partie, mais pendant des années j'en ai fait partie, on commence à l'accueil, on commence conseiller particulier, et à ce moment-là on nous pose la question « qu'est-ce que tu veux faire après ? » . Soit on va faire du pro. Soit on va sur de la gestion privée. Moi, je voulais faire du pro. On m'a dit non. Le chemin tracé pour toi, c'est fais un bachelor en gestion de patrimoine. Je le fais, pas de souci. Vous prenez votre poste, vous restez 3, 4, 5 ans. Mais après, la liste d'après, c'est être directeur d'agence. Et pour ce que ça engendre comme responsabilité, moi, ça ne me fait pas vibrer. Ça ne me fait pas du tout vibrer de devoir gérer mes équipes sur leurs ventes, sur leurs objectifs, faire des réunions toute la journée avec la direction. En fait, on en perd de vue le métier en tant que tel qu'on faisait avant, c'est-à-dire faire du conseil, être avec le client face à face. Et moi, ça ne m'inspire pas. Et le problème, c'est qu'aujourd'hui, quand on veut passer à cadre, la première chose qu'on va nous demander, est-ce que tu veux faire du management ou non ? Si je dis non, on va dire, OK, mais quelle est ton expertise aujourd'hui pour faire autre chose ? Aujourd'hui, en fait, je me sens bloquée. Je n'ai pas envie de manager des équipes. Le côté humain, je l'aime, mais je n'aime pas avoir une expertise. Donc, c'est compliqué. C'est compliqué à l'heure actuelle.
- Speaker #1
Est-ce que déjà, tes amis de ton âge pensent pareil ? Qu'est-ce qui les rebute ? Qu'est-ce qui les effraie ? Tu parlais de la charge de travail ?
- Speaker #2
Oui, la charge de travail et les responsabilités qui vont avec. J'ai des amis qui sont aussi en agence bancaire et qui ne souhaitent pas devenir directeur d'agence. Jamais de la vie. Parce que les comités, les emplois du temps, faire les évaluations des collaborateurs. Et puis en plus de ça, après, moi je sais que je ne suis plus autant à l'aise avec la personne qui va devenir mon chef. Là, aujourd'hui, on a une coordinatrice qui vient d'être nommée. Elle se met un peu en retrait. Alors qu'il y a encore quelques mois, elle était avec nous au même niveau. Je n'ai pas envie de transformer qui je suis pour obtenir un poste à responsabilité manager.
- Speaker #1
Tu me disais aussi tout à l'heure que le fait de devenir manager, ça voulait dire aussi adhérer à la voix du parti.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Est-ce que ça aussi, c'est quelque chose qui vient intercéder ou qui vient compliquer cette relation que tu avais avec les équipes où d'un coup, tu es avec elles et du même coup, d'un coup, tu changes de bord ? C'est comme ça que tu le vois ?
- Speaker #2
C'est ça parce que du coup, imaginons que la direction me donne une ligne conductive. Je ne saurais pas les mots exacts, mais si je ne suis pas en accord avec ce que la direction me demande de faire et d'appliquer à mes équipes, je ne saurais pas. pas trop comment faire.
- Speaker #1
Comment les faire adhérer ?
- Speaker #2
Parce que si ça ne me correspond pas, que ça ne résonne pas en moi, mais que je suis quand même obligée de le mettre en place, de faire adhérer un collectif sur un truc que je ne... comprends pas et que je ne valide pas, c'est nous mettre en danger. Quelque part, c'est signer un peu un pacte avec le côté obscur. Non, toutes les directions ne sont pas le côté obscur, mais on n'est pas toujours OK avec certaines décisions. Sauf qu'à ce moment-là, tes managers, tu le fais.
- Speaker #1
Alors, c'est quoi ? Qu'est-ce que tu envisages comme suite ? Comment est-ce qu'on continue à grandir, à évoluer ? Ce passage obligé, tu ne le fais pas.
- Speaker #2
Il faut devenir expert dans son métier, en espérant que ça suffise pour grappiller des échelons, mais ce n'est pas simple. Ce n'est pas simple.
- Speaker #1
À quoi ça te fait penser, Eric, quand tu entends ça ? Aurélie parlait de cette relation management, responsabilité, voie du parti, etc.
- Speaker #0
Du parti, je n'en sais rien, mais la responsabilité, c'est sûr que le management, c'est lourd. Quand tu perds de responsabilité, c'est quand même drôlement important. La survie ou l'évolution de la boîte, elle est fonction quand même de la façon dont c'est managé l'histoire. Donc c'est très responsable. Et évidemment, ça prend beaucoup de temps.
- Speaker #1
Mais comment t'expliques qu'aujourd'hui, cette génération est moins en demande ? Alors qu'il y a 20 ans, quand on te proposait de devenir un manager, c'était tu revenais à la maison, on ouvrait le champagne. Parce que tu avais 5, puis 10, puis 40, puis 100 personnes à manager.
- Speaker #0
Non, à l'époque, c'était une vraie promotion. Alors que maintenant, je pense que ce n'est pas forcément ressenti comme une promotion. Parce qu'à la jeune génération, effectivement, elle fonctionne un peu différemment de la nôtre, c'est évident. Mais je crois que le cure-saint, c'est... Je comprends quelque part que la jeune génération a peut-être envie de pas moins travailler, mais avoir moins de responsabilité sur l'avenir de sa société, etc. D'ailleurs, en fait, c'est quelque part, c'est un peu ce que je ne reproche pas, mais je trouve que par rapport aux problèmes de la planète, de l'environnement... Je trouve que la jeune génération, elle s'en occupe pas vraiment, alors qu'ils sont directement concernés. Et je suis mal avec mes enfants, alors qu'on a essayé de les éduquer correctement. Ils continuent à voyager beaucoup. C'est compliqué. C'est Corélie qui vient de dire on a trop. J'adore voyager. En plus, franchement, ça c'est aussi une histoire. Si on rentre là-dedans, je trouve que dans tous ces problèmes d'environnement et de protection de la planète, avec tout ce qui se passe actuellement, avec les... Avec les incendies, les canicules, etc., je trouve que la responsabilité, elle est trop facilement donnée, portée par nous, par les consommateurs, par le bas de l'échelle. Oui, c'est pas les milliardaires qui... On nous dit, il ne faut pas voyager, il ne faut pas... Alors qu'est-ce que tu vas raconter ? Enfin, on va te dire, il ne faut pas voyager, alors que nous, on n'a pas arrêté de le faire. Non mais c'est un peu compliqué. C'est un peu compliqué. C'est comme si vous preniez des voitures électriques. Je veux bien prendre une voiture électrique, mais il faut déjà avoir le moyen de le faire. J'ai l'impression qu'on est responsable de tout et c'est à nous de nous adapter. J'ai horreur de ce thème d'adaptation. Si on ne va pas trouver le moyen de garer mon châle au travail. Mettez des climatisateurs, etc. Ce n'est pas l'adaptation. Le problème, c'est qu'on a mou. Et je trouve que le gouvernement ne nous fait rien. Bon, on ne va pas rentrer là-dedans.
- Speaker #1
Ça va être un autre sujet. Je te promets de faire une thématique, tu reviendras. La thématique RSE. Mais on rouvre un autre débat. Mais je voudrais quand même revenir sur ce que tu disais Aurélie, ce que c'est intéressant, parce que c'est la question que beaucoup d'entreprises se posent sur comment on va gérer ça. On arrive à moins recruter. On a du mal à avoir des managers. Qu'est-ce que tu attendrais que l'entreprise te dise ?
- Speaker #2
Aujourd'hui, on arrêterait de promouvoir des personnes managers mais qui n'ont pas le profil. C'est-à-dire que demain, je suis conseillère privée, je pense à mon porte-monnaie, je veux avoir ma promotion, je n'ai pas envie de me prendre la tête. Ok, on me propose un poste de directeur d'agence, imaginons, je le prends. Qui dit que je suis quelqu'un d'humain, qui dit que je vais être à l'écoute de mes collaborateurs, qui dit que je vais avoir assez de patience pour les amener à se surpasser ? Aujourd'hui, on a fait passer des gens managers qui n'en ont. pas du tout le profil. Du coup, ça a dégoûté énormément de gens. Ces managers-là ont soit pourri l'ambiance, soit nous ont fait un peu du mal dans leur façon de nous parler. Il faut vraiment axer. Les recrutements sur des managers, sur...
- Speaker #1
C'est comme une direction à part.
- Speaker #2
Mais oui, je pense que tout le monde ne n'est pas manager. Enfin, je veux dire, il faut caler le comportement, il faut caler, je ne sais pas, comment tu es, la façon dont tu parles aux gens, comment tu gères le stress, comment tu gères la pression. Moi, j'ai vu des managers sortir dans des colères, mais moi, je ne suis pas là pour prendre les foudres de si tu as passé une mauvaise réunion avec la direction. Quelque part, ce n'est pas tant mon problème. Mais les bons managers, ils vont avoir pris une soufflante une heure avant, mais ils vont dire à l'équipe, allez, courage, c'est dur en ce moment, mais on va y arriver. Il ne va pas dire, oh là là, vous êtes nuls, je viens de me faire taper sur les doigts, c'est de votre faute. Ça, pour moi, c'est un mauvais manager. Donc, ça serait bien déjà qu'on recrute des bons managers.
- Speaker #0
Non, mais ça demande vraiment de la compétence. Moi, je suis tout à fait d'accord avec ça.
- Speaker #2
Est-ce qu'on apprécie nos managers ? Je pense qu'on n'aura plus autant de dégoût en tant que jeune génération à se dire, moi je suis humaine, je suis gentille, je pense que je suis quelqu'un qui est assez intelligent pour prendre ce poste. Mais j'aimerais bien être accompagnée. Il y a des gens qui sont devenus managers, ils ont eu zéro formation. On leur a expliqué grosso modo le métier. Pour moi, on va au caspique.
- Speaker #0
Il faut avoir le sens. C'est vrai que ce n'est pas très simple. De toute façon, il faut avoir beaucoup d'empathie dans tous les cas par rapport à son équipe. Moi, je suis du jour qu'il faut vraiment des compétences et que ce n'est pas forcément des choses qu'il faut apprendre à l'école non plus. Mais il est certain que le choix d'un manager, moi j'ai vécu, c'est hyper important. Parce que c'est comme c'est là-dessus que tout se tient. C'est pour ça que je n'ai jamais dit que le management était inutile. Non, non,
- Speaker #1
tu parlais de... Non, c'était le côté passif, actif. Oui,
- Speaker #0
passif, c'est un... Oui, tout à fait, parce que je sais quand même... quelque chose de très, entre guillemets, bureaucratique. Oui, oui, j'entends bien. Tu es toujours dans les papiers, etc. Tu n'es pas dans l'action. Ce que j'appelle l'action, c'est...
- Speaker #1
Oui, être sur l'eau.
- Speaker #0
Oui. Après, il y a les qualités du leader qui sont aussi celles du manager. Il y a une interaction entre les deux. Et d'un autre côté, à un moment, comment dire, je pense que le leader, à un moment, il dirige et il fait gagner. Le manager, il faut aussi gagner quelque part dans son système, mais c'est moins direct. Moi, je prends vraiment l'exemple, parce que je connais, je n'ai jamais vraiment travaillé en entreprise, je n'ai jamais travaillé en entreprise, mais j'ai toujours des boîtes à moi, que j'ai gérées, et c'est surtout des boîtes pour naviguer. Donc c'est vrai que c'est un peu spécial, parce que tu te retrouves dans un système forcément très actif, évidemment, où tu dois faire preuve d'un leadership petit peu. Très important. Tu mènes ton équipe dans des conditions qui peuvent être très difficiles jusqu'à un résultat. Après, tu me diras, c'est la même chose dans l'entreprise. Tu mènes, tu as des objectifs et quelquefois, c'est très difficile. Mais bon, on est en mer. C'est sympa.
- Speaker #1
Je voudrais qu'on regarde les alternatives au management. Et quand on est manager, on a une équipe, on a une capacité à leur dire vous allez là, à droite, à gauche, bref. Est-ce qu'on peut avoir de l'influence dans une organisation sans être manager ?
- Speaker #0
Ça dépend comment est organisée l'équipe.
- Speaker #1
Oui ou non ?
- Speaker #0
Oui, on peut. Ça dépend comment est organisée l'équipe. Si en fait le manager est à l'écoute, ce qui est vraiment important, est à l'écoute des... Pour le skipper du bateau, c'est la même chose. C'est toi qui prends la dernière décision, mais tu t'appuies sur les compétences de ton équipe.
- Speaker #1
Dont des experts.
- Speaker #0
Oui, effectivement. C'est pour ça que ça peut fonctionner.
- Speaker #1
Et toi, tu dis quoi ? Est-ce qu'on peut avoir de l'influence sans manager ? Et c'est oui comment ?
- Speaker #2
Oui, mais si on a un manager qui croit en nous, qui nous laisse la place de briller.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #2
Si on a un manager qui pense... qui pense qu'à lui, il ne fera jamais briller son équipe, il se fera briller lui avant. Mais j'ai la chance d'avoir un manager qui, s'il voit qu'on a une expertise, plutôt que de prendre la parole en réunion, il va nous donner la parole. Je trouve que c'est mieux.
- Speaker #1
C'est ça qui te permet de t'engager, d'être motivée ?
- Speaker #2
Oui, on sent la considération. On sent qu'on n'est pas juste un pion, pas juste un matricule. à faire son 9h, 17h30. Ça donne d'autres objectifs aussi. Je vais avoir ma partie technique où ma journée type va être toujours la même. Mais pour autant, lui, il m'a donné son OK pour faire d'autres choses, me consacrer. Je suis ambassadrice RSE. C'est là où on s'est rencontrés, d'ailleurs, sur un événement pro. Là, je vais faire du bénévolat avec mon employeur qui nous a alloué 16 heures de bénévolat. Donc là, je vais choisir le roi le 22 septembre pour faire du tri avec Emmaüs. Mais si j'avais pas un manager qui avait convaincu... qui avait autant confiance en moi. Je n'aurais jamais demandé si je pouvais m'absenter sur mon temps de travail pour aller aider une association. Ils ne m'auraient pas donné l'opportunité d'aller sur des salons professionnels. Ils ne me feraient pas intervenir en réunion. Du coup, j'aurais juste eu ma journée type de saisie de dossier. Grâce à un bon manager, on se transcende aussi, on voit autre chose. Je connais des équipes où il y a des managers qui ne font pas ça.
- Speaker #1
Ça change quand même de la fonction de management d'avant, non ?
- Speaker #0
Oui, probablement, oui. Ça change. Je pense qu'il faut aussi...
- Speaker #1
Il y a moins d'écoute, pardon. Il y a plus d'écoute aujourd'hui qu'il n'y en a eu auparavant.
- Speaker #2
Il faut avoir un capital humain important. Je pense qu'aujourd'hui, on a vraiment besoin pas d'être amis forcément avec nos managers, ça c'est rare, mais qu'il y ait suffisamment d'humanité et suffisamment de liens pour pouvoir se confier aussi. Avoir un manager, on va lui dire j'ai une problématique avec ma famille. il faut que je puisse être exceptionnellement en télétravail ce jour-là pour aider ou quoi que ce soit j'ai toujours eu des managers qui m'ont dit oui pas de soucis,
- Speaker #1
il y a un capital confiance il sait derrière que la journée je vais être en avion de chasse mais derrière il va nous aider t'entendais pas avant ces réflexions de dire on laisse la vie privée à l'entrée du bureau il y avait une grande séparation oui il y avait une grande séparation on vient pas avec ses problèmes perso au bureau c'est vrai aussi en
- Speaker #2
fait c'est vrai aussi Quand on arrive... Non, il faut être au boulot, mais parfois, notre vie...
- Speaker #1
C'est là où ça change beaucoup.
- Speaker #2
C'est pour ça qu'être manager, c'est difficile.
- Speaker #0
Je ne suis pas forcément psychologue pour parler à mes équipes et être à point. Je pense qu'il y a pas mal d'années, ça se passait aussi comme ça. Moi, si je prends mon expérience personnelle, on était déjà... Peut-être parce que c'est un système... Le bateau, c'est un système un peu spécial, mais dans le tout, on était vraiment à l'écoute des problèmes familiaux, des choses comme ça, mais c'était très ouvert par rapport à... C'était peut-être très en avance,
- Speaker #1
en fait.
- Speaker #0
Non, mais je pense que c'est... Oui, je crois qu'il y a des exemples que tu peux trouver, même auparavant, d'avoir des managements qui étaient quand même très à l'écoute de... Je ne suis pas sûr, enfin... Ça, c'est peut-être... Effectivement, actuellement, c'est peut-être beaucoup plus fréquent.
- Speaker #1
Quel conseil tu donnerais à un DRH, à une boîte aujourd'hui ? Parce que tu es conférencier, tu bosses beaucoup aussi dans les boîtes. Quel conseil tu donnerais à un DRH sur comment redonner envie ? Parce que la fonction managériale est-elle stratégique dans une entreprise ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc, quel tuyau tu leur donnerais pour redonner de l'envie à prendre ces fonctions-là ?
- Speaker #0
Moi, je pense qu'il faut vraiment être à l'écoute de son équipe. Vraiment écouter les gens. leur faire confiance quand il le faut. Montrer que tu peux leur faire confiance et ça les fait progresser. Je pense que tout est là-dedans. On en a beaucoup parlé du mot confiance depuis le début, mais c'est vrai que pour moi c'est très important. Effectivement, de faire preuve d'empathie, c'est-à-dire de savoir qu'est-ce qui se passe, pourquoi ça ne va pas, pourquoi ça va mieux, pourquoi ça va... Faire attention. Je pense qu'il faut vraiment se mettre dans la... tête et dans l'esprit des gens avec qui tu travailles. C'est l'empathie. Pour comprendre pourquoi un jour ça ne va pas du tout. Le management de l'équipe pour moi est vraiment comme ça. Donc c'est une qualité que tu as ou que tu n'as pas. Être à l'écoute.
- Speaker #1
Très bien. Alors maintenant, on va passer à la troisième partie. On va être dans l'écoute. C'est les petits papiers de carreau. Je vous ai préparé quelques petites questions. Vous allez lire les questions et vous allez les poser à la personne qui est en face de vous. Vas-y. Et vous répondez brièvement. Il nous reste 9 minutes.
- Speaker #2
Alors, la fameuse. Si demain, tu devais apprendre quelque chose de difficile en partant de zéro, qu'est-ce que ce serait ?
- Speaker #0
Quelque chose de difficile en partant de zéro ?
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
de faire du windsurf.
- Speaker #1
D'accord. Le windsurf.
- Speaker #0
Non, non, mais naviguer sur une planche à feuilles. C'est toujours une question d'alimentation. C'est une question d'alimentation. Ouais, non mais voilà.
- Speaker #2
Non mais, à priori, ça a l'air difficile.
- Speaker #0
T'as fait un sportif.
- Speaker #2
À toi Eric.
- Speaker #1
Pose une question au René.
- Speaker #0
La phrase sur le travail que tes parents te disent ou te disaient. Ta maman, elles ont parlé là.
- Speaker #2
En plus, elle était dans le domaine bancaire. Ah oui, c'est plusieurs générations. Il faudrait faire un poste là-dessus. Qu'est-ce qu'elle pourrait me dire sur le travail ? C'est pas la boîte à ta mère.
- Speaker #1
Ça veut dire quoi ?
- Speaker #2
B, qu'à un moment donné, quand on prend trop à cœur... Ah,
- Speaker #1
c'est pas ta boîte !
- Speaker #2
C'est pas ta boîte. Et surtout, tu ne sauves pas des vies. Et dans mon cas, effectivement, il y a eu des moments où je suis sortie en pleurs, où je passais des soirées à potasser mes dossiers dans ma tête et à pas dormir. Arrivé le lendemain matin, ma chef m'a dit « Aurélie, tu ne sauves pas des vies. Calme. » C'est pas grave, t'as fait une erreur. Oui, tu vas te faire taper dessus, mais...
- Speaker #1
Là, j'accompagne des jeunes cadres dans les entreprises, ils ont moins de 30 ans. C'est un peu des hauts potentiels dans les boîtes, mais c'est des moins de 30 ans. Ils aident à dépasser un peu leur croyance, etc. Et il y en a beaucoup qui expriment ce sur-engagement. Et en fait, ils attendent beaucoup de reconnaissance. C'est ça. Ils investissent beaucoup, ils restent plus tard, ils font plus, plus, plus. Je te dis, le problème là... c'est que vous vous réinvestissez dans un objectif, celui d'être reconnu, qu'on vous félicite. Mais en fait, tu fais ton job.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #1
Donc n'en attends rien pour l'instant et félicite-toi toi-même déjà de bien faire ton boulot.
- Speaker #2
A toi de jouer.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #2
Qu'est-ce que tu te permets de faire aujourd'hui que tes parents n'ont jamais osé faire ? J'aurais bien aimé la même salle.
- Speaker #0
L'alpinisme.
- Speaker #1
L'alpinisme.
- Speaker #0
Oui, parce qu'on était une famille de marins.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Et au fait, la montagne était... On est quand même dans le finistère. Ah oui.
- Speaker #1
Il fallait la trouver, la montagne.
- Speaker #0
La montagne. Et en fait, mes parents n'ont jamais compris pourquoi je m'étais mis à faire de l'alpinisme. Enfin, ils n'ont jamais compris, ils ont fini par comprendre, mais c'est vraiment... interloqué. C'est vrai que ça, c'est un truc que je n'aurais jamais fait avec eux.
- Speaker #1
Et toi, tu disais que tu aurais bien aimé avoir cette question-là ? Oui,
- Speaker #2
parce que je me fais tatouer. Je crois que c'est vraiment un truc de génération. Les parents, ils disaient, on aimerait bien. Et en même temps, chaque fois, ils sont, non, ça... Et moi, je suis en mode... Ok.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Le meilleur conseil que tu aies reçu et qui te sert encore ? Décidément.
- Speaker #2
C'est un peu vulgaire.
- Speaker #1
Vas-y.
- Speaker #2
PTC.
- Speaker #1
Quoi ?
- Speaker #2
Protège ton cul. Voilà. Et ça me sert toujours dans ce que je fais. Garder des écrits. Je suis un peu naturelle. Je suis désolée. Et je le dis à beaucoup de gens. Et ça reste. Parce que justement, ça fait rire. Donc ça reste. Et il soit PTC, PTC, je ne sais pas. Quoi que tu fasses, il faut que tu sois toujours en règle. Et qu'on puisse rien te reprocher et donc faire son travail correctement, avec conscience et de se protéger.
- Speaker #1
Je fais l'avocat du diable. Est-ce qu'on peut travailler en confiance avec quelqu'un qui protège son cul toute la journée ? Oui ?
- Speaker #2
Je pense. Tu veux que j'argumente ?
- Speaker #1
Non, juste comme ça, ça m'a fait réfléchir.
- Speaker #2
Quand je dis que je me protège moi, c'est-à-dire que je ne sais pas si je suis en train de gérer une réclamation. Je vais garder le mail de copie, je vais me faire un dossier et avec le mail initial de réclamation, ma réponse, parce que ça m'est déjà arrivé qu'on me dise « bah non, t'as pas fait le nécessaire » .
- Speaker #1
Si.
- Speaker #2
Alors, petit dossier, et bah il y a eu un mail telle date, telle date, non mais parce que d'ailleurs c'est tellement facile aujourd'hui de nous reprocher des choses, de garder des traces de tout, ça veut pas dire penser qu'à soi, c'est juste se protéger dans son travail. Et de travailler de façon à ce qu'on n'ait rien à me reprocher.
- Speaker #1
Partagé par beaucoup de ta génération ?
- Speaker #2
Le PTC ?
- Speaker #1
Oui. Ou c'est... Non,
- Speaker #2
je pense que c'est un peu... Il y a plusieurs phrases comme ça. C'est quand il y a un doute, il n'y a pas de doute. Et le PTC, moi, je...
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
Futur tatouage.
- Speaker #1
Ok. Sur le front.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. Alors, qu'est-ce qu'il faut te dire ou faire pour te donner envie de te dépasser ?
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'il faut te dire ? Je veux me dépasser facilement, donc c'est pas la peine, parce qu'on me pousse trop.
- Speaker #2
Et si je dis, ça, tu n'y arriveras jamais ? Ça va te motiver à le faire ou pas ? Oui,
- Speaker #0
effectivement. Je vous ai dit tout à l'heure, il faut quand même que je m'y mette. Oui, mais je me motive assez facilement pour finir. Je n'ai pas besoin d'avoir trop de directives ou qu'on me dise des trucs. Non, en général, je me motive tout seul.
- Speaker #1
Toi, il faut te dire quelque chose ? Tu n'y arriveras jamais, justement ?
- Speaker #2
Oula, pour me dépasser ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
arrête de réfléchir c'est ce que ma coach d'équitation me dit c'est bon, vas-y arrête de te poser des questions,
- Speaker #1
vole ok c'est un conseil que je donne beaucoup l'inertie n'est pas une solution il y a un moment où il faut y aller ça va déclencher quelque chose c'est ça c'est la dernière question des petits papiers et on vient de clore la dernière partie et on va faire la conclusion maintenant Déjà, est-ce que vous avez passé un bon moment ?
- Speaker #2
Carrément.
- Speaker #0
Parfait. C'était intéressant.
- Speaker #2
Carrément.
- Speaker #1
Avec quoi vous repartez chacun ?
- Speaker #2
Des souvenirs plein la tête.
- Speaker #1
Un mot, une phrase, une émotion ?
- Speaker #2
Qu'on est sur le même bateau.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #2
Le management, c'est un bateau.
- Speaker #0
Je dis que le management, c'est une affaire de confiance. D'accord. C'est intéressant de discuter avec des... Moi, je suis... De toute façon... Je suis toujours entouré, même dans mon équipe actuelle, j'ai toujours une jeune génération. Et je trouve que le partage est vraiment important. Tout ce qu'on peut s'apporter les uns les autres est quand même exceptionnel.
- Speaker #1
I know, je sais. Je le dis toujours.
- Speaker #2
Et puis on n'est pas si... Enfin, on est complémentaires.
- Speaker #1
Toujours. Pour arrêter d'opposer les générations.
- Speaker #2
C'est ça. Mais aussi, c'est rare de faire autant confiance aussi aux jeunes générations. Parce que parfois on dit qu'ils n'ont pas envie de travailler, les TikTok et compagnie veulent être influenceurs, footballeurs. Non, il y a des jeunes qui travaillent. J'ai commencé à bosser en 2017, il y a bientôt 10 ans que je suis dans le même groupe et je n'ai pas envie de partir parce que je suis corporate. Et non, on a envie de bosser, on a envie de se dépasser. Et on est mal jugés quand même.
- Speaker #1
Est-ce qu'un manager, parce qu'il parle de TikTok, doit être curieux, comprendre des comportements, comprendre des... des nouvelles modes de consommation et voir comment est-ce que tu peux, peut-être que des choses que tu peux te révéler toi-même ?
- Speaker #2
Moi, je suis le bébé de la boîte en plus. L'IA, tout ça, il faut faire confiance aux jeunes générations. Parce que parfois, on captera plus vite quelque chose de numérique, par exemple, que mes collègues qui ont bientôt deux ans de la retraite. Ils vont être là, moi, l'IA, je ne vois pas trop en quoi ça peut m'être utile. Si on regarde juste la relecture ou la reformulation de phrases, ça va faire gagner un temps fou. Ah ok, mais petit à petit.
- Speaker #1
Tu pourras donner l'exemple d'Eric Tabarly. Non,
- Speaker #0
mais c'est sûr que dans le monde digital, dans le monde informatique, etc., il y a beaucoup de choses que notre génération peut prendre aux jeunes. Parce qu'ils vont beaucoup plus vite, ils sont dedans complètement. Alors que nous, on l'est maintenant, plus ou moins. Et plutôt moins que plus.
- Speaker #2
Mais vous faites d'autres choses que nous on ne fait pas.
- Speaker #0
Je ne sais pas faire les nœuds sur un bateau.
- Speaker #2
Je ne sais pas faire.
- Speaker #1
En tout cas, c'était le cinquième épisode ou six ou sept. Ça va dépendre de l'ordre dans lequel on les publie. En tout cas, j'étais très contente de ce nouveau format. Merci beaucoup. On l'a bien préparé ensemble. Le contenu était très qualitatif. Merci beaucoup. Si vous avez aimé cet épisode, mettez des étoiles aussi parce que comme ça, ça me donnera de la force. Partagez aussi cet épisode-là. Partagez-le aux gens que ça peut intéresser. Ça peut être des billes pour mieux comprendre ce qui se passe dans la tête des uns et des autres par rapport au management, justement. Si vous avez des thèmes à suggérer, n'hésitez pas. Pour les prochains, ça pourrait être des tuyaux pour trouver des thématiques. Si vous voulez sensibiliser aussi aux enjeux du dialogue intergénérationnel, des dynamiques intergénérationnelles, appelez-moi. Je donne des conférences de sensibilisation et d'inspiration pour les managers et le collectif. Et le prochain rendez-vous qu'on a, c'est ça, c'est Vive à Genne. C'est le 22 avril 2027. Ce sera la troisième édition de l'événement qui fait dialoguer les générations. Et j'ouvre au mois de septembre et quatre mois d'avant, je suis ravi. La sélection des partenaires pour la prochaine édition, la troisième édition, la deuxième a été un succès tout comme la première. Merci beaucoup, à très vite et surtout... continuer à dialoguer entre générations, c'est vraiment important. Ciao ! Au revoir.