Speaker #0Bienvenue sur le podcast Une place à soi, le podcast pour habiter pleinement sa vie. Ici, on explore la très vaste question de la place, en soi, dans le travail, dans le monde et dans ses relations. Mon nom c'est Sophie Rioux, je suis exécutive coach et mentor. Je crois profondément qu'être à sa juste place, c'est prendre le risque d'être soi et prendre sa part dans le monde. Mon intention avec ces épisodes, c'est d'aider les femmes à prendre leur place. place dans toutes les sphères de leur vie et incarner ce qu'elles sont dans toutes leurs dimensions. Ici, je vous proposerai de grandes prises de hauteur, des idées qui décalent, et en fin d'épisode, des questions pour que les liens que je fais, vous puissiez les faire à votre tour, dans votre vie. Bonne écoute ! C'est le début de l'année, et vous vous demandez comment la rendre mémorable, ou peut-être juste plus douce que 2025. Vous aspirez à plus de sport, de voyage, de challenge, ou au contraire, à moins de projets et à plus de présence. Pour ce premier épisode de la nouvelle saison d'Une place à soi, je vous propose d'aller regarder si poser une intention sert à quelque chose ou pas. Bon, donc c'est le début de l'année 2026 et vous devez voir passer comme moi des posts sur les réseaux sociaux qui vous invitent à poser une intention. Alors en farfouillant un peu pour préparer cet épisode, j'ai même, tenez-vous bien, trouvé des huiles essentielles pour éveiller son intention. ou une feuille, une feuille d'arbre, une feuille de l'abondance financière. Je pense même que Josiane Pichet va nous préparer une danse de forêt pour manifester la santé et la réussite. Moi je plaisante, mais ces deux dernières années, j'ai été une adepte d'un outil de pas moins de 20 pages pour faire le bilan de son année et le plan de celle à venir. Et moi j'aime assez interroger ce qu'on fait et pourquoi on le fait. Ce que je vous propose dans cet épisode, c'est déjà de se demander ensemble d'où ça vient, et aussi à quel moment cette idée d'intention se transforme en résolution néo-spirituelle. Ensuite, on ira regarder l'intention de plus près. On ne va pas jeter l'intention avec l'eau du bain et on va se demander ce qu'elle permet de positif pour soi dans sa relation aux autres et dans son action. Enfin, je vous emmènerai vers une autre approche qui, je crois, résiste mieux à l'épreuve du réel. À la fin de cet épisode, vous poserez une intention ou pas, mais j'espère une intention tranquille et un peu moins mentale, plus incarnée, qui dirige votre énergie et qui vous laissera en même temps toute la liberté dont vous avez besoin pour vivre votre année, votre semaine, votre journée. à l'épreuve du réel. Déjà, allons se demander d'où ça vient, cette histoire d'intention, et finalement, c'est quoi la différence avec une résolution ? Dans les traditions philosophiques anciennes, et Aristote notamment, c'est pour la minute intello, il y a déjà l'idée de but intérieur qui orientait l'action. Ce n'est pas un objectif au sens moderne du terme, mais c'est un mouvement. essentielle du dedans vers le dehors. L'action n'est pas dissociée de l'être et elle permet même de s'accomplir. Si on fait un tour par l'Inde, on retrouve l'idée de volonté intérieure. Si vous avez déjà été dans un cours de yoga, vous avez peut-être déjà entendu le terme de sankalpa, qui permet de poser une intention pour sa pratique et d'agir un peu comme un pont entre sa pratique corporelle, le cœur et l'esprit. Plus près de nous, avec les vagues New Age, et c'est là que ça commence un peu à dévier, L'intention, c'est un peu vider de sa profondeur pour devenir surtout une technique de développement personnel du type « je me fixe une intention, je la firme, je crée ma réalité » . Et ça s'inscrit dans une culture souvent tournée vers l'action, la performance et le faire. Mais cette récupération moderne, en fait, elle n'est pas neutre parce qu'elle véhicule une idée implicite, c'est « t'es pas assez » . Il faut absolument se réaliser, il faut se créer, il faut être dans la réinvention permanente. Et ça, ça peut un peu créer, ça peut d'ailleurs franchement renforcer l'obsession. que l'accomplissement passe par l'action au détriment de l'être. Du coup, la différence avec la résolution commence un peu à se brouiller. La résolution, c'est souvent « cette année, je vais changer ça » ou « je vais faire ceci » ou « je vais obtenir cela » . Elle est vraiment orientée action-résultat, souvent performance. Elle repose beaucoup sur la volonté, sur la discipline, sur le mental, parce que là, je m'impose un changement, je dois tenir, je m'engage à faire quelque chose de plus, de mieux. La résolution, en fait, elle génère des injonctions. Elle génère de la pression, elle génère un rapport violent à soi-même. Et surtout quand la vie, je pense travail, famille, imprévue, s'en mêle. Et en fait, du coup, beaucoup abandonnent et culpabilisent d'abandonner et revivent la même résolution l'année suivante. Et c'est pour ça, en fait, que les résolutions, elles échouent souvent. Et soyez honnêtes, c'était quand la dernière fois que vous avez tenu une résolution toute l'année ? Non, genre vraiment honnête. Si c'est le cas, écrivez-moi, je serai curieuse. Et quand on voit que ça ne tient pas, revenons sur quelque chose de sérieux, quand on voit que ça ne tient pas, on ressent de la frustration, on ressent de la culpabilité, on ressent un sentiment d'échec. Et c'est assez terrible, en fait, pour l'estime de soi. Là où je veux en venir, c'est que notre rapport au taux d'abandon de résolution montre bien que la discipline seule, et donc la volonté mentale, n'est pas suffisante. Et sans ancrage intérieur, sans sens, sans acceptation de soi, on retombe vite dans l'ancien. Parce que l'ancien, c'est connu, c'est familier, c'est réconfortant. Et que notre mental, tout sophistiqué et huilé qu'il soit, il aime bien le confort. Ce que je vois, c'est que l'intention moderne, elle bascule. parfois dans une version néo-spirituelle de la résolution. En fait, aujourd'hui, beaucoup de personnes utilisent le mot intention parce qu'il sonne spirituel, holistique, aligné, mais très souvent derrière l'intention. Et je vous invite à regarder peut-être les intentions que vous avez posées les années précédentes, les mois précédents, etc. On retrouve souvent une logique, un peu la même logique que la résolution, mais c'est avec des mots un peu plus doux. C'est une pression qui est plus douce, une injonction bienveillante, mais ça reste quand même une injonction. Et parfois, l'intention, c'est un peu une autre idée, mais l'intention, parfois, elle devient une pensée magique. Si je pose cette intention, l'univers me le donnera, sans forcément questionner les mécanismes, l'action, les freins, l'environnement. Et là, en fait, on transfère sa responsabilité à l'univers, et l'univers, il a assez de choses à gérer. En ce sens, pour beaucoup, l'intention peut être un peu un vernis spirituel appliqué à une vieille logique de performance. Alors, poser une intention en début d'année, est-ce que c'est une bonne idée ou pas ? Comme on le voit, ça dépend quand même beaucoup de ce que vous mettez derrière le mot intention. Si c'est juste une résolution rebrandée, vous retombez dans les mêmes schémas. Mais si c'est un vrai ancrage intérieur, un retour à vous, une écoute profonde de ce qui émerge depuis votre corps, alors là, votre intention peut devenir une belle aide pour orienter votre action. On a dit qu'on ne jetait pas l'intention avec l'eau du bain, donc je vous propose qu'on aille le regarder de plus près et de voir en quoi elle peut être utile. Et je vais vous donner cinq axes pour vous aider. à voir si votre intention, elle part du bon endroit. Premier axe, première idée, l'intention, elle part de l'être et elle ne part pas de l'avoir. Je m'explique. Vous avez envie d'être présent, vous aspirez à de la vitalité, c'est une énergie plus douce que je veux avoir de l'argent, je veux réussir ce challenge, je veux obtenir cet appartement. Dans un cas, il y a quelque chose qui accueille, dans l'autre, il y a quelque chose qui réclame, qui prend. C'est une énergie de manque, en fait. Dans le premier cas, le cœur parle, le corps aussi. Et dans l'autre, c'est plutôt l'ego insécure qui se manifeste. Donc la première idée, c'est l'intention, elle part de l'être. Deuxième signe, l'intention, elle donne de la cohérence. Il y a de l'alignement entre ce que je projette en pensée, mes paroles, mes actions, mon énergie. Et ça donne une colonne vertébrale. Par exemple, vous rassemblez votre toute nouvelle équipe en début d'année, vous souhaitez clarifier le cap et vous voulez mieux les connaître, avec une intention. Vous mettez de la cohérence dans le programme de cette journée et dans votre énergie. Troisième signe, l'intention va nourrir votre identité mais sans vous épuiser. Il n'y a pas de « il faut » , il n'y a pas de « je dois » . C'est quelque chose qui donne envie et qui n'enferme pas et donc qui évolue. Par exemple, vous avez envie de plus de fun dans votre vie parce que 2025 a été lourd comme 10 ans de mort. Ça ne veut pas dire que vous allez mettre de la légèreté dans tout, mais ça veut dire que vous saurez y revenir. Quatrième signe, la juste intention, elle crée de la stabilité intérieure. Parce qu'il y a une direction, c'est rassurant et ça permet de faire face aux obstacles et aux imprévus. C'est vous demander sur tel projet, quelle est votre vision pour lui et à quoi le succès ressemble. Et en fait, c'est un bon rappel en cas de turbulence. Et cinquième et dernier signe, la juste intention, elle fait l'effet d'un tamis. Elle peut aider à filtrer ce qui n'est pas essentiel. vous sentez que vous pouvez vous laisser un peu étourdir par le bruit du quotidien, les avalanches de priorité, l'intention, elle peut vous aider à trier. Premier signe, elle part de l'être, l'intention. Deuxième signe, donne de la cohérence. Troisième, elle nourrit votre identité sans vous épuiser. Quatrième, elle crée de la stabilité intérieure en cas de turbulence. Et dernier signe, ça fait une bonne aide à la priorisation. Une amie m'a donné l'image que j'avais envie de partager avec vous, des statues de Giacometti. vous voyez c'est ces silhouettes qui sont debout immobiles mais qui en même temps marchent et moi j'aime bien cette image, je trouve qu'il parle vraiment du moment juste avant le mouvement donc s'y poser une intention vous permet de créer un temps pour vous de l'espace pour vous, pour vous demander à quoi vous aspirez, qu'est-ce qui vous mettra en mouvement, qu'est-ce qui va diriger votre action, je pense que c'est déjà une bonne chose donc mon invitation pour vous, si vous voulez poser une intention, c'est vraiment de tenter quelque chose de différent C'est de faire avec ce temps et cet espace et de vous demander si c'est une intention d'être ou d'avoir. Une fois la transformation de l'intention en résolution est écartée, le seul écueil que je vois maintenant, c'est que l'intention, en fait, elle peut n'être que mentale. C'est pas parce que vous posez l'intention que l'intention se fait. Parce que c'est posé mentalement et que c'est souvent trop général. C'est pas une intention pour l'année, pour le mois, pour la semaine. Moi ce que je vous propose c'est une attention de chaque instant. Au jour le jour, heure après heure, minute après minute, est-ce que je suis là ? Ou est-ce que je suis dans mes pensées et donc pas là ? Avec le corps présent aussi constamment que possible. Et c'est tout le travail qu'on fait ensemble en séance individuelle, c'est vraiment de relier la pensée au corps pour que l'action coule de source. Alors on commence à éveiller le corps et à créer une mémoire corporelle de présence. C'est sentir ses pieds, c'est sentir ses jambes, son bassin et tout le corps. Et ça, ça n'a rien à voir... avec une intention mentale. Parce que vous êtes dans la présence, vous sentez ce qui est juste, là, maintenant. Et parfois, là où vous pensez que l'intention mentale vous ouvre un champ des possibles infini, moi, je vous dis que c'est dans votre présence, à votre corps, que vous avez accès à tout. C'est votre corps qui permet d'être conscient de ce qui est juste, dans l'ici et maintenant. Je dirais même, peu importe ce que vous projetez pour demain, pour dans six mois ou à la fin de l'année. Le premier acte de volonté, c'est vraiment de revenir dans le corps. Pour ramener la pensée dans le présent, parce que finalement, c'est la seule chose qui ne soit pas construite, qui ne soit pas élaborée, c'est l'expérience pure. Du coup, moi, je vous propose de vous poser une question plutôt qu'une intention. Est-ce que vous êtes présent dans votre corps, là, maintenant ? Est-ce que dans cette interaction que vous êtes en train d'avoir avec quelqu'un, est-ce que vous êtes en contact avec votre corps ? Ou est-ce que vous êtes en train de cavaler dans votre tête ? En étant présent au moment, en fait vous vous nourrissez de chaque chose, de chaque chose en chemin, et pas seulement du résultat de votre action. Et à partir du moment où on est dans son corps, on est dans le présent. Il y a quelque chose qui est juste. Et plus on est dans son corps, plus on crée une mémoire corporelle. Et plus on sent ce qui est juste pour soi. Et là, il n'y a plus besoin de plan, d'intention. Il n'y a plus besoin de challenge abondance. Il y a juste un état d'être tranquille qui s'en remet à la vie. Et souvent, ça se passe bien, quoi. La seule place, finalement, qui vaille, c'est celle qu'on a en soi. Et finalement, quand on est OK avec sa place à l'intérieur, globalement, on sent où on doit aller. Si vous voyez sur les réseaux sociaux « Pose une intention pour ton année » , « Vis l'année la plus badass de ta vie » , vous vous direz peut-être que là encore, on est en train de se rajouter de la pression. Et moi, mon invitation, c'est vraiment juste de vous foutre la paix et de faire de votre mieux chaque jour en n'oubliant pas de revenir au corps parce que le corps, lui, il sait où il est. Merci pour votre écoute et je vous dis à très bientôt. J'espère que cet épisode vous a plu et qu'il vous a donné envie d'oser mettre un peu plus de ce que vous êtes dans ce que vous faites. Si cet épisode a résonné pour vous, vous pouvez le repartager sur vos réseaux, laisser 5 étoiles ou un commentaire sur votre plateforme d'écoute préférée. Vous pouvez me suivre sur LinkedIn et sur Instagram, les liens sont dans le descriptif de l'épisode. On se retrouve lundi dans 15 jours pour le prochain épisode d'Une place à soi. A très bientôt.