Speaker #0Bienvenue sur le podcast "Une place à soi", le podcast pour habiter pleinement sa vie. Ici, on explore la très vaste question de la place en soi, dans le travail, dans le monde et dans ses relations. Mon nom c'est Sophie Rioux, je suis exécutive coach et mentor. Je crois profondément qu'être à sa juste place, c'est prendre le risque d'être soi et prendre sa part dans le monde. Mon intention avec ces épisodes C'est d'aider les femmes à prendre leur place dans toutes les sphères de leur vie et incarner ce qu'elles sont dans toutes leurs dimensions. Ici, je vous proposerai de grandes prises de hauteur, des idées qui décalent et en fin d'épisode, des questions pour que les liens que je fais, vous puissiez les faire à votre tour, dans votre vie. Bonne écoute ! Dans cet épisode, je vous propose d'explorer la tectonique des plaques et des places quand on est parent. Ça pose la question de la place au travail, la place en tant que personne, la place dans le couple et aussi la place d'enfant. Peut-être que vous êtes parent depuis peu ou beau-parent et que vous faites l'expérience de la perte vertigineuse de repères. Vous n'êtes pas parent et vous questionnez vraiment ce désir, peut-être avec l'impression qu'il n'est pas qu'une impression de pression sociale. Vous avez peur des renoncements et des implications de l'arrivée d'un enfant dans votre vie. Vous êtes parent et vous faites le constat qu'à chaque âge, à chaque étape de votre vie, celle de votre enfant, c'est un nouvel équilibre à trouver. Parfois sur des bases qui sont absolument différentes de celles qui fonctionnaient avant. Vous êtes parent et vous ne voulez pas être juste mère ou père. Vous ne voulez pas renoncer à cette liberté personnelle et à la place de votre couple. Je vous propose de découvrir dans cet épisode et de trouver comment, dans la géologie familiale, remettre un peu d'espace, de liberté et de joie. On va faire cette exploration en trois temps. Le premier, on va déjà aller aérer un peu le concept de parentalité. En fait, c'est un fondement essentiel de la société avec son cadeau qui n'est même plus caché. Une injonction immense à se sentir absolument complet parce qu'on est parent. Il faudrait être alors épanoui et performant dans tous les espaces de sa vie. Ça, c'est le premier temps. Le deuxième, une fois qu'on aura posé ce constat et reconnu que c'est à la fois une potentielle joie immense et le plus profond des équilibres qu'on puisse vivre dans sa vie, on va aller regarder comment faire coexister ces espaces avec des pistes concrètes. Trouvez votre juste place dans votre famille, en tant qu'homme, femme et dans votre couple. Et puis les derniers temps, je voudrais vous emmener à mettre de la conscience sur ce qu'on transmet à nos enfants, qu'ils soient les nôtres, nos filles par exemple, mais aussi sur ce qu'eux ont à nous transmettre. Allez c'est parti ! Bon, posons-le une bonne fois pour toutes. Être parent est à la fois le fondement social et probablement l'un des plus grands vertiges existentiels. Et d'ailleurs, c'est pas un hasard si le non-désir d'être parent est de plus en plus présent autour de nous et que des voix s'élèvent timidement entre amis à base de « si j'avais su que comme c'était difficile, peut-être que j'aurais attendu ou peut-être que je n'aurais pas eu d'enfant du tout » . Et en fait, dans ce non-désir et dans ce questionnement, j'entends des considérations écologiques, économiques, mais j'entends aussi pour peu qu'on tende un peu l'oreille et qu'on suspende son jugement, la peur de renoncer à un certain confort. Un confort de temps, d'argent, dans la liberté aussi. Et parfois aussi la peur de mettre en péril sa place de femme, sa place d'homme, parfois durement trouvée. Et parce que c'est un fondement essentiel, ça rend la réaction un peu compliquée quand quelqu'un dit « non je n'ai pas d'enfant » . Est-ce que c'est une envie ? Est-ce que ce n'est pas une envie mais une difficulté ? En fait être ou ne pas être parent, c'est à la fois un sujet important. intime, un sujet d'identité sociale et encore un peu un graal à atteindre comme preuve de sa maturité, sa maturité d'adulte, la maturité de son couple. Et j'irai même un peu plus loin, c'est qu'il y a parfois encore un peu cette promesse d'un état de complétude en tant que parent. Alors si on y rajoute un peu d'héritage et de conditionnement avec des jolis modèles parentaux qu'il faut perpétuer ou des moins jolis modèles qu'il faudrait réparer, nous voilà dans un petit théâtre familial dans lequel s'invitent la société et nos parents. Et être parent, c'est aussi souvent faire l'expérience d'une certaine solitude avec des parents qui sont loin ou plus là, et puis d'une grande exigence, notamment avec les réseaux sociaux. Je pense qu'être parent aujourd'hui, ce n'est pas tout à fait la même chose qu'il y a 30 ans. Je vous donne un exemple. Exemple de Marie qui essaie de faire rentrer sa journée entre 9h et 18h, plus souvent 19h, quitte à faire sauter la pause déj'. et qui déclare joyeusement en enfilant son manteau « C'est parti pour ma deuxième journée ! » Alors parfois c'est joyeux, parfois sa petite mine trahit sa bonne humeur apparente. Et en fait Marie elle se fait deux journées en une avec l'envie d'être à la hauteur partout. Alors elle parle timidement, mais elle en parle un peu de charge mentale. Mais elle a complètement intériorisé le fait que c'est parfaitement normal de chercher à être parfaite partout. Et de ce fait, quand elle perd patience sur les devoirs du petit dernier ou que le frigo est vide ou qu'elle n'a pas la force de se remettre sur ses mails quand tout le monde est couché, eh bien elle culpabilise. Ce qu'il y a à voir ici, c'est le mythe de la bonne mère ou du bon père, parce que je le vois aussi chez mes clients. C'est ce mythe qui exerce une pression de fou. Il faudrait être parfaite pour être aimé des siens. Il y a une certaine idée du devoir, et en creux, un oubli de soi. Et on est souvent un peu plus qu'un ou deux dans la parentalité, il y a aussi tout un tas de mémoires de parents avant nous, et ça ne nous appartient pas, mais c'est là. Moi j'ai autre chose à vous proposer, c'est sortir de cette exigence et de l'illusion de la mère parfaite, et on va aller la remplacer par la mère suffisamment bonne, c'est un concept qui a été développé par Winnicott. Cette mère, elle n'est pas médiocre, elle n'est pas non plus renonçante, elle est juste humaine, présente et parfaitement parfaite. Et je parle depuis une expérience de mère qui est parfois tiraillée, de coach, de personne qui amène souvent ce sujet de la place de la parentalité en séance. Et je crois vraiment que les enfants ont plus besoin d'un espace de tendresse qu'un espace d'exigence. Et ça, ça passe par le respect, et vraiment j'insiste sur cette idée, le respect que vous vous donnez à vous-même. Et en fait, les enfants sont souvent de très bons miroirs des choses qu'on répète et qui ne sont finalement pas si alignées, pas complètement guéries. Donc allez regarder, est-ce que je me respecte à cet endroit-là ? Développons un petit peu cette deuxième idée de la coexistence des mondes et comment on apprend à piloter ces différents espaces identitaires, parents, professionnels, hommes, femmes, couples. Donc une fois qu'on s'est dit ça... On s'est dit que c'était un immense poids social, une pression sociale. Avec un peu ce mythe de la complétude, comment on fait ? Comment on fait coexister l'espace qu'on occupe en tant que parent avec les autres espaces qui composent notre vie ? Alors je vous propose de prendre un peu de hauteur avec moi. Si vous êtes en voiture ou pas posé tranquillement, laissez-vous guider par ma voix tranquillement sans rien chercher à mémoriser et vous pourrez revenir facilement à cette séquence avec la retranscription sur votre plateforme d'écoute. Donc vous êtes en parfaite sécurité, tranquille, détendu. Imaginez vos différents espaces comme des continents. On s'envole au-dessus de la Terre et on peut voir un territoire de parents, un continent de femmes ou d'hommes. Et là vous êtes alors complètement avec vous-même et totalement décentré de vous, à la fois complètement avec vous. Il est complètement décentré de vous. Vous observez à gauche, vous observez à droite et il vous voit là face au continent couple. Laissez-le prendre sa forme, sa couleur. Parfois c'est un continent qui n'est pas encore habité. Sentez comment il pourrait l'être ou pas. À côté, il y a un autre continent avec un relief un peu différent. C'est le continent travail. Vous voyez comment il se présente, ses couleurs, son énergie. Même de loin, vous pouvez la sentir. Et vous ouvrez le regard et vous voyez peut-être aussi un continent fait de la famille dont vous êtes issus. Peut-être un peu plus loin, un continent amical. Vous voyez à la fois chacun de ces continents et vous sentez que chacun de ces continents est habité par vous. Vous avec différentes formes, avec différents besoins, une énergie différente. Et voyez-vous passer d'un continent à l'autre et juste sentir comment c'est. Du travail à la famille, de la famille au couple, du couple aux amis, des amis au fait d'être parent. Peut-être qu'il y a des continents qui se touchent, qui se chevauchent, créant un peu plus d'épaisseur. Prenez encore un peu de hauteur, allez encore un peu. et laisser venir, depuis cet endroit un peu stratosphérique ? Votre désir pour vous, pour chacun de ces continents. Ça peut être une envie de liberté, de légèreté, une envie d'impact, de puissance, de sensualité. Laissez venir et accueillez ce qui vient, sans jugement. Voyez comment les frontières se redessinent. Voyez comment vous pouvez passer d'un continent à un autre. Voyez même comment vous pouvez être parfaitement unifiés, tout en étant énergétiquement ici, ailleurs, nulle part, à plusieurs endroits en même temps. Ma proposition ici, c'est vraiment d'envisager de danser avec ces différents espaces, de les voir comme un continuum et de vous voir vous-même un continuum. De voir que vous pouvez en conscience dessiner les espaces en partage, en conscience vous vivre un peu plus intégré et donc un peu moins séparé. Parce que c'est finalement la séparation qui crée de l'attention et qui crée une suractivité du mental. Tranquillement on va faire cette troisième partie où je vous ai dit qu'on parlerait du couple. J'ai prévu de faire un épisode dédié au couple, mais je déplie un peu l'idée avec celle de la parentalité. Et si vous avez des attentes particulières sur le sujet du couple, pour un épisode, n'hésitez pas à m'envoyer un message. Quand on travaille et qu'on est parent, mais quand on n'est pas parent et qu'on travaille beaucoup, le couple peut devenir un peu le parent pauvre. Il devient un espace transactionnel, parfois un peu un comité de pilotage du quotidien. Je vous invite vraiment à considérer le couple non pas comme une addition de deux personnes, mais vraiment comme une entité à part entière avec son propre projet et ses propres besoins. Vous pouvez vous demander en couple c'est quoi notre projet ? en fait. Qu'est-ce qui fait qu'on est ensemble ? Quel est notre projet à tous les deux ? Comment va nourrir notre intimité ? Comment nourrit la joie, la simplicité ? Puis de quel rituel on a besoin ? Je pense ici à Chloé, elle endosse beaucoup à la maison et là elle prend un nouveau job. Et alors celui-là il a un sens particulier parce qu'elle s'est mise en quatre pour tout le monde jusqu'à présent et là aujourd'hui elle veut se remettre un peu au centre du jeu, reprendre un peu plus de place dans son travail, en tout cas avec que le travail ait plus de place dans sa vie, et lui trouver un centre de gravité plus juste pour elle. Dans ce job, elle a envie d'oser davantage, et de mettre plus de ce qu'elle est, et remettre l'énergie qu'elle avait un peu éteinte jusqu'à présent. Alors elle sait que sa famille est son espace ressource, elle aspire simplement à moins de compensation à cet endroit. Donc elle a défini ce qu'elle souhaitait pour ce job, Pour cette année, avec son équipe, comment elle se voit ? Elle a visualisé ses continents, les frontières mouvantes, et puis un peu sa danse sur sa map monde. Et donc, elle décide d'entreprendre, d'expliciter ses besoins, ses envies, avec la personne qui partage sa vie, depuis un espace de vulnérabilité et en même temps de verticalité radicale. Et c'est parce qu'il y a cette honnêteté et qu'il y a cette vulnérabilité que tous les deux, ils peuvent redéfinir un nouveau pacte, des rituels, et puis continuer de prendre appui l'un sur l'autre en conscience. Et pas uniquement en tant que parent, mais là c'est vraiment sur l'entité couple qu'on porte son attention. C'est vraiment un espace de dialogue et vraiment un profond espace d'intimité qui est assez fondamental aussi dans le modèle de parent qu'on va donner. Je ne vous parle pas d'une solution miracle. Quand c'est posé, ça nécessite toujours d'y retourner de temps en temps pour ajuster. Parfois il y a des choses difficiles à dire Mais chaque fois qu'il y a une explicitation, c'est toujours une attente en moi. Et je voulais terminer avec cette idée un peu d'héritage invisible de nous vers les enfants et des enfants vers nous. Et finalement de ce qui se transmet au sein d'une famille. C'est toujours un sujet qui m'a passionnée. Je crois que les enfants n'ont pas besoin de perfection et plutôt de parents présents. Ça je vous le disais un peu plus tôt. Et l'idée, en fait, si on va un peu plus loin, c'est pas présent avec une injonction à finir tôt pour passer plus de temps avec eux. Même si quand c'est possible, c'est chouette, mais il ne faut pas que ce soit une injonction. Moi, je pense vraiment déjà à une présence de soi-à-soi en tant qu'individu. Avant même d'être parent, avant d'être présent à l'autre, est-ce que je suis présent à moi ? Est-ce que mon enfant peut sentir que je suis déjà présent à moi ? Et ensuite, de pouvoir être présent à eux, en chair, en os et en attention. Si on est présent à soi, alors on peut l'être à l'autre. Et donc du coup, on peut dire « Écoute là mon petit chéri, laisse-moi quelques minutes pour souffler un peu parce que là tu n'auras pas toute mon attention. » Parce qu'on ne va pas se mentir, les enfants sont des petits êtres exigeants qui ont besoin aussi de sentir qu'on n'est pas disponible tout le temps. Et le bénéfice que je vois à ça, c'est que ça les aidera demain à poser des limites aussi pour eux. Et donc c'est être attentif, c'est écouter vraiment avec les oreilles mais pas qu'avec les oreilles. Je crois qu'une des plus belles choses que j'ai entendues en coaching, c'est j'ai appris à mieux écouter mon équipe mais j'ai aussi appris à mieux écouter mon partenaire et mes enfants. Parce que je m'écoute plus. Et ça, je pense que c'est une des plus jolies choses que j'ai pu entendre d'une cliente. En fait, je crois vraiment que le monde a plus besoin de futurs adultes qui savent écouter que d'adultes en lutte interne pour être impeccables. Et s'agissant de nos luttes internes, en bon miroir, ils savent très bien comment mettre le doigt sur ce qu'il reste à guérir, ajuster, remettre en question de nos modèles hérités. Je crois vraiment qu'on a tous à gagner, à se reconnecter à la capacité d'émerveillement qu'ont les enfants. Il y a vraiment quelque chose de pur, de spontané, de gratuit, de profondément libre chez les enfants pour lesquels il n'y a rien à performer, il y a juste à être. J'ai une amie professeure de yoga qui m'a dit il y a quelques temps en parlant de sa pratique et de son enseignement depuis la naissance de ses enfants, qu'elle avait vu évoluer, que ces petits êtres en couche-culottes sont souvent des maîtres d'humilité et de simplicité. Je vous laisse méditer. sur cette phrase que j'ai trouvée très inspirante. Du coup, j'ai une question pour vous. Ce sera la question signature de l'épisode. Si on se reconnectait un peu plus à l'enfant libre instinctif en nous, comment ce serait dans le continent de la parentalité ? En conclusion, et pour reprendre les grands thèmes de cet épisode, j'ai envie de vous inviter à questionner l'exigence, les conditionnements, et où vous vous placez entre bonne mère ou bon père et parents suffisamment bons ? Ensuite, c'est de voir vous et vos différentes identités, vos différentes places comme un continuum où vous pouvez décider en conscience comment chacune nourrit l'autre. Et agrandir votre espace plutôt que de les séparer. Vraiment l'intégration plutôt que l'équilibre instable. Et c'est aussi voir la parentalité finalement comme une bonne manière de se décentrer, de se découvrir et d'aller irriguer les autres espaces de ce qu'on est avec sa qualité de parent et la manière dont on se découvre en tant que parent. un peu chaque jour. Et enfin, c'est d'aller regarder comment votre parentalité a un excellent laboratoire de présence à soi, d'écoute et de simplicité. Donc on finit avec deux questions qui sont venues nous visiter dans cet épisode. Comment vos différents continents peuvent se nourrir mutuellement pour plus d'unité et avec moins de séparation ? Et si vous convoquez, si vous invitez un peu plus votre enfant libre instinctif en vous, à quoi ça ressemblerait ? dans votre place de parent. Merci de votre écoute et je vous dis à très bientôt. pour le prochain épisode d'Une place à soi. A très bientôt !