- Speaker #0
C'est une grande richesse. On apprend beaucoup sur l'histoire, sur le lieu.
- Speaker #1
L'ambiance dans cette équipe de Trialon, les gens rigolaient beaucoup. C'était vraiment inoubliable.
- Speaker #0
Et c'est un partage aussi avec les visiteurs.
- Speaker #1
J'adorais discuter avec le public, dire qu'ils avaient besoin d'un renseignement. Je les renseignais au mieux que je pouvais.
- Speaker #0
J'aime aussi transmettre l'histoire du lieu. Quand j'intéresse les personnes, ça fait plaisir.
- Speaker #1
Je m'appelle Jean-Michel Blart, je suis né à Versailles le 18 mai 1956, dans une famille qui était aussi à Versailles. C'est une ville que j'affectionne particulièrement beaucoup.
- Speaker #0
Je m'appelle Marie-Sylvie Tendéro, je suis née à Versailles et je suis née en juillet 1966.
- Speaker #1
Comme j'habitais à Versailles, mes tout premiers souvenirs étaient... Très souvent dans le parc de Versailles avec mes parents, quand on venait se promener le dimanche par exemple, on venait souvent à l'embarcadère près du canal là-bas. Où y a les barques ?
- Speaker #0
Mes premiers souvenirs à Versailles sont des visites, des promenades. Je jouais très souvent les week-ends autour du bassin de Neptune. On faisait aussi des sorties sportives, on nous faisait monter les 100 marches pour tester notre endurance. Mes souvenirs sont plutôt des visites extérieures. en fin de compte dans le parc de Versailles.
- Speaker #1
J'ai commencé à travailler à l'âge de 16 ans. Les petits boulots qui me permettent de vivre et d'apporter un peu d'argent à mes parents. J'ai fait beaucoup de manutention, particulièrement dans un magasin comme employé de libre-service. J'ai dû partir pour essayer de trouver mieux.
- Speaker #0
J'ai été à l'école jusqu'en troisième et ensuite je me suis orientée pour faire un BEP, donc BEP secrétariat. J'ai des amis de la famille qui travaillaient déjà au château de Versailles et qui me proposent de venir puisqu'ils recrutaient des contractuels, des vacataires. Donc j'ai commencé. à avoir démission de quelques mois en tant que vacataire. Et j'ai fait ça jusqu'en 1992, où j'ai la proposition de passer le concours du ministère de la Culture en tant qu'agent technique d'accueil, de magasinage et de surveillance.
- Speaker #1
En 1978... J'ai fait un passage dans une société de gardiennage, un petit peu plus d'un mois, ce qui m'a donné l'idée de refaire du gardiennage, mais cette fois-ci dans la fonction publique. Donc je me suis présenté au château. Finalement ça s'est fait en mois de juin 1979.
- Speaker #0
Ensuite je rejoins le château de Versailles. On me propose de travailler à Trianon puisque j'habite Versailles. Donc ça n'est pas un problème parce qu'à l'époque on n'avait pas de transport, on n'avait pas de navette, on n'avait pas de petit train ni pour nous ni pour le public. Donc on allait à pied. Je suis stagiaire pendant un an. J'apprends le métier. Ce métier est divers. Il est autour de l'accueil, donc savoir accueillir, autour de la surveillance. Qu'est-ce que c'est que la surveillance active dans un musée ? Et pendant un an, on nous permet de suivre des formations, de connaître sur Paris, dans la région, plusieurs musées tels que le Louvre, telles que la bibliothèque de Richelieu. ça nous permet de d'avoir des références, de lecture, de connaître des personnages, la manière dont on vivait à une certaine époque. Par exemple, sur la vie de Madame de Maintenon, la dernière femme de lui, du roi Louis XIV, j'apprends qu'elle va connaître le roi en s'occupant des enfants. de celui-ci et de Madame de Montespan. Et que, voilà, c'est une rencontre qui aura un grand impact dans sa vie un peu plus tard. C'était quelque chose qui me manquait et qui m'a permis de, comment dire, d'accéder en fin de compte à la culture, à l'histoire. J'aime beaucoup les biographies, à l'architecture aussi. La culture, c'est quelque chose de tellement vaste, en fin de compte. Donc, écoutez, c'est petit à petit, on avance, et plus on commence à en connaître, et plus on veut en connaître, en fin de compte.
- Speaker #1
Quand je suis arrivé au château, il y avait tout un groupe de jeunes qui était arrivé en même temps que moi. On était, je crois, douze. On nous a distribué une casquette, une cravate. Et c'était à nous de nous fournir un vêtement foncé. Le chef de service nous a demandé de nous faire visiter le château. Finalement, on s'est arrêté dans le hall de la chapelle. J'étais près de lui et j'entends mon nom, donc c'est Kweewalki, qui demandait d'envoyer M. Blard jusqu'au musée du Trianon. Donc à cette époque-là, j'étais en mobilette, j'ai pris ma mobilette. Puis il y a le chef de service qui m'attendait sur le perron ici. Donc ce monsieur qui m'a reçu, qui s'appelait M. Robert Fournier, M'a très bien reçu. avec un gros sourire. Finalement, j'ai su beaucoup plus tard pourquoi on m'avait choisi moi dans ce groupe de jeunes qui était arrivé. J'étais la seule personne embauchée en emploi fixe et tous les autres étaient des vacataires de saison. L'ambiance dans cette équipe de triathlon était vraiment intéressante. Les gens rigolaient beaucoup. C'était vraiment inoubliable.
- Speaker #0
Et donc je suis titularisée en 1994. J'ai une certaine reconnaissance d'avoir pu passer le concours, d'avoir été admise et de travailler dans un lieu, comment dire, au milieu de la culture. Un joli cadre qui soit architectural et puis au milieu de cette nature qui est magnifique. et de me permettre d'apprendre son histoire.
- Speaker #1
J'ai été titularisé en juin 1980. Je reçois le costume, et le costume qui composait d'une casquette, d'une veste, d'un pantalon, d'une cravate. Même les chemises, c'est des chemises pilotes qui avaient des poches plaquées. Comme les chemises de pilote, les chemises bleues avec même les épaulettes. Les boutons, c'était des boutons qui étaient gravés aux initiales RF, République Française. Donc on était pratiquement habillés un peu comme les policiers.
- Speaker #0
Mon métier est d'abord la surveillance.
- Speaker #1
À surveiller les salles.
- Speaker #0
C'est de regarder si les gens sont dans le bon sens de la visite et si les gens font attention au mobilier.
- Speaker #1
Pour ne pas qu'ils touchent aux rideaux, aux œuvres et tout sur leur passage.
- Speaker #0
C'est l'accompagnement aussi, s'ils ont besoin de sortir. C'est de joindre si par exemple il y avait besoin pour une personne qui se sentait mal, c'est d'appeler le service de sécurité. Merci. à la personne. Nous sommes formés en cas d'alarme à évacuer. Nous sommes aussi en premier. Il ne faut pas oublier l'accueil. On est là pour aider les gens à mieux connaître le lieu. C'est souvent des demandes pratiques. Où se trouve le château ? Comment revenir au château ? Par quels moyens ? Où se trouvent les moyens pour s'alimenter ? C'est les deux grandes missions qui nous sont dévolues.
- Speaker #1
Il faut surveiller tout le temps le musée sans arrêt, même quand il n'y a personne. Il ne faut pas relâcher sa surveillance parce que des fois, c'est là où il peut se passer des choses pires que tout. Les agents sont concentrés tout le temps pour la surveillance. En tout cas, on y veille en tant que responsable.
- Speaker #0
Les bons côtés de mon métier sont avant tout beaucoup de contacts. Voilà, d'échanges, d'expliquer, par exemple, si on a un petit enfant, comme l'autre fois, parce que nous avons des coffrages qui protègent des tapis enroulés, il ne comprenait pas pourquoi il n'avait pas le droit de mettre les pieds. Donc, tout simplement, je lui expliquais qu'on vient de l'extérieur, on amène de la poussière, on amène des petits cailloux qui abîment les tapis. Donc il a compris, j'ai un sourire du papa et c'est à travers de simples recommandations qu'on peut essayer de participer de façon à notre niveau à la préservation de ces objets, de ces textiles précieux. Donc c'est une grande richesse. J'aime recevoir, j'aime accompagner. Et si je peux aider, j'apprécie de trouver une solution. J'aime aussi transmettre l'histoire du lieu. Et quand j'intéresse les personnes, c'est extrêmement plaisant, ça fait plaisir.
- Speaker #1
J'adorais discuter avec le public, dès qu'ils avaient besoin d'un renseignement, je les renseignais au mieux que je pouvais. Et puis je me suis beaucoup intéressé aussi à l'histoire, à l'historique, ça m'a permis de renseigner un peu mieux les gens aussi. J'ai beaucoup aimé me promener aussi dans les sous-sols. qui sont immenses. D'ailleurs, le Trianon est un vrai labyrinthe. Quand on le voit de l'extérieur, on ne croirait pas comme ça, mais quand on vient comme ça, par exemple, des nouveaux agents qui essayent de faire une ronde et tout, ils sont complètement perdus.
- Speaker #0
Les moins bons côtés, c'est le fait qu'on reçoit beaucoup de personnes. On peut avoir des fois des gens qui, parce qu'ils sont fatigués, parce qu'ils ne se sont pas assez bien renseignés, notamment des fermetures, parce qu'ils sont arrivés un petit peu trop juste. Donc voilà, on peut avoir des moments un peu difficiles à ce moment-là.
- Speaker #1
En 1982, grâce au syndicat, il y a eu un changement de statut de toute la fonction publique. Ce qui a permis de nous avoir deux week-ends de repos par mois au lieu d'un. L'abolition de la casquette. D'où les agents attendaient ça depuis longtemps. Il y en a beaucoup qui n'aimaient pas ça, qui n'aimaient pas porter cette casquette. Du coup, on a eu de nouveaux costumes qui étaient moins rigides, moins stricts. Donc on avait une petite veste bleue avec un éculson sur la poche devant. Et au fur et à mesure des années, on a eu des costumes de différentes couleurs. On a même eu des vestes rouges à une époque. Ces nouvelles conditions de nouveaux statuts ont permis à beaucoup de personnes de passer des concours. Et nous, à Trianon, on a eu... Un gros contingent d'agents qui est arrivé en 1986, notamment des femmes, exactement, parce qu'il y avait très très peu de femmes. Ça a fait beaucoup de bien justement à la profession, parce qu'on était vraiment... On manque un peu d'agents.
- Speaker #0
Dans les années 2000, j'ai la possibilité de passer un concours. J'en ai passé d'autres, mais celui-ci était important. Ça m'a permis d'avoir, comment dire, une promotion et de passer adjoint technique de surveillance et d'accueil. À ce moment-là, je peux être responsable de secteur, donc d'encadrer une équipe. qui échangent chaque jour pour leur donner leur mission du jour, leur donner des recommandations qui nous sont émises par l'encadrement.
- Speaker #1
J'ai travaillé au Trianon pendant 42 ans exactement. Au cours de ces 42 ans, j'ai eu l'opportunité de passer des concours justement dans les débuts des années 82, quand les concours se sont mis en place. Et puis au fil du temps, je suis devenu responsable de secteur, adjoint de la surveillance. Donc ça m'a permis de bouger beaucoup, de superviser les agents en salle. Je me suis occupé du suivi des travaux, souvent. Je signalais des choses cassées. Je faisais appel à des gens compétents pour tel ou tel travail et ils venaient réparer, par exemple, une serrure cassée. Si le trianon tient debout, c'est un petit peu en partie grâce à moi.
- Speaker #0
J'ai la possibilité, après 1994, de continuer à faire des formations et cela jusqu'à aujourd'hui. Ces formations peuvent être sous forme de la sécurité, assistance à la personne. premier secours, ça peut être aussi des formations concernant la sûreté, ça peut être aussi des formations concernant l'accueil. Comment appréhender un accueil vis-à-vis d'une personne qui est en situation d'handicap ? Donc c'est très divers en fin de compte.
- Speaker #1
Alors nous, en tant qu'agents de surveillance, on avait des relations aussi avec les conservateurs. Il y en avait toujours un qui était attitré à Trianon. Alors le travail d'un conservateur, c'est de faire des recherches justement historiques sur certaines périodes d'une personne dont il est chargé, et de restaurer les meubles. au mieux, au plus près de la réalité. Personnellement, j'en ai connu plusieurs. Et en particulier le dernier, qui était vraiment très très gentil, M. Jérémy Benoît. On avait l'occasion justement de lui poser des questions différentes sur plein de choses. Il était vraiment à même de nous répondre, pour nous personnellement, et puis pour renseigner aussi le public. Parce qu'on avait des gens du public qui étaient habitués à venir, donc ils s'intéressaient beaucoup aux œuvres. Et ils se demandaient, tiens, pourquoi tel meuble n'est plus là, ou tel meuble est arrivé là, comment ça se fait ? Nous, on allait discuter avec le conservateur, vraiment presque comme amis.
- Speaker #0
Il y avait un conservateur qui nous a formés sur les effets... de la lumière sur les textiles qui peuvent soit les brûler, soit les décolorer. Donc il y avait un moyen très simple, c'était quand il y avait du soleil ou un fort éclairage de repousser les volets. Donc c'est un moyen où là on a presque plus de 50% d'abaissement de température qui permet de préserver les textiles, mais aussi les tableaux. les tapisseries.
- Speaker #1
Donc en plus de la fonction de la surveillance, il y a certains agents qui étaient accrédités pour pouvoir faire les visites au public. Il fallait un maximum de 15 visiteurs parce que les petits appartements de l'Empore sont très étroits. Donc on ne pouvait pas... prendre de groupes très importants. On visitait tous les petits appartements de l'Empereur qui sont là derrière. J'ai vraiment appris comme ça en entendant, parce que je suis curieux sur l'historique. Ça permet d'en savoir toujours plus.
- Speaker #0
Dans les années 2000, j'ai la possibilité de passer une accréditation devant un jury composé de conservateurs. Chef de service, notamment de Trianon, qui nous permet comme ça de conduire des visites auprès de visiteurs dans des parties autant ouvertes que fermées, telles que les appartements de Napoléon Ier, les petits appartements de Napoléon Ier.
- Speaker #1
J'ai une pièce préférée à Trianon, qui est au fond de la galerie des Cotels, qui est le Salon des Jardins. qui a des couleurs magnifiques et qui a un espace vraiment très beau. Et on l'appelle le salon des jardins parce qu'il donne directement sur les jardins par un escalier, contrairement aux autres pièces.
- Speaker #0
Alors ma salle préférée est le salon des jardins. par rapport au fait que c'est une salle qui est comme celle-ci, avec des portes-fenêtres qui apportent énormément de lumière, et le fait que le textile en velours dévoré soit de couleur violette, ça apporte quelque chose de chatoyant et de charmant.
- Speaker #1
Une rencontre qui m'a marqué beaucoup au Versailles, c'est la rencontre que j'ai faite et... avec le chanteur Jean Ferrat. Je l'ai rencontré dans le début des années 90, donc je l'ai accompagné dans les petits appartements de l'Empereur, où je l'ai guidé en détail et tout, et il était vraiment charmé, content. Il était accompagné de sa femme et de sa mère, et tous les trois étaient vraiment ravis de cette visite, ils m'ont chaleureusement remercié. Ça m'a fait vraiment beaucoup de bien parce que c'était déjà un chanteur à la base que j'aimais beaucoup. Et puis de le voir là comme ça devant moi, en plus de l'avoir guidé, ça m'a donné un élan de bonheur en plus.
- Speaker #0
Ça fait 33 ans que je travaille dans l'établissement de Trianon. Moi, je suis quelqu'un qui est dans l'affectif, donc oui, c'est un lieu qui est très important pour moi, puisque ça fait partie de notre vie. Donc, bien sûr, je suis avant tout agent de surveillance quand je suis au château, mais je suis aussi une personne, donc voilà, c'est un lieu que j'aime.
- Speaker #1
Je suis en retraite depuis le mois de juillet 2021. Moi je retiens des 42 ans un bonheur total de tout ce que j'ai fait. D'ailleurs j'ai fait trois ans de plus que la normale. Quand on travaille dans ce château c'est vraiment particulier je trouve. Parce que ce n'est pas donné à tout le monde d'être ici. C'est vraiment un privilège réellement de travailler ici. On voit beaucoup de monde. On voit beaucoup de métiers aussi qui se passent à l'intérieur. C'est vraiment du bonheur total. J'ai eu un collègue d'ailleurs qui est aussi à la retraite qui dit encore que c'est le plus beau château du monde. Je suis d'accord avec lui, d'ailleurs.