- Speaker #0
C'était un endroit unique. Je voulais tous les jours en apprendre.
- Speaker #1
Ce qui était bien, c'était de voir les gens quand j'ouvrais le bassin. Les gens étaient tous autour et ils faisaient « Waouh ! » C'était superbe.
- Speaker #0
Et de voir l'eau jaillir comme c'était à l'époque. Puis voir les gens émerveillés, de voir la fontaine couler, de voir les gens heureux.
- Speaker #1
37 ans de bons et loyaux fontainiers.
- Speaker #0
On est mis à l'art, vraiment garder ce patrimoine et le sauvegarder.
- Speaker #1
Je m'appelle Jean Consolier, je suis né à Paris XIII en 1958. J'ai deux frères et une sœur. Or mon père était menuisier et ma mère travaillait dans le pressing.
- Speaker #0
Je m'appelle Jean-Luc Ronard, je suis né à Neufchâtel-en-Bresse dans la Seine-Maritime en 1964. J'ai des frères et soeurs, j'étais d'une famille nombreuse, on était 11 enfants et j'étais l'aîné. Mon père travaillait dans les travaux publics et ma mère était sans profession, elle était à la maison.
- Speaker #1
J'ai passé mon CAP de plomberie à 17 ans et demi. Tout de suite j'ai travaillé, j'ai fait un peu tout. J'ai choisi ce métier-là parce qu'il me plaisait. Quand un plombier a travaillé chez moi, je l'ai regardé faire et ça m'a plu. J'avais 10 ans.
- Speaker #0
J'étais à l'école jusqu'en 3e et après je suis allé dans une école spécialisée en soudure et métallerie pour faire chaudronnier. Parce que ça me plaisait beaucoup faire de la soudure, faire des portails, construire. J'avais 16 ans à cette époque-là. Je n'ai pas trouvé un travail tout de suite dans cette activité-là. J'étais dans le bâtiment. J'ai travaillé dans une entreprise de maçonnerie. Et après, j'ai continué en rénovation de maison jusqu'en 2003. J'ai habité presque 39 ans.
- Speaker #1
À l'âge de 22 ans, j'ai rencontré ma femme. Son cousin travaillait comme gardien au Parle de Saint-Cloud. Moi, j'avais vu les fontaines le dimanche. Et ça m'avait beaucoup plu. Et je lui en avais parlé. Et puis, il a vu les chefs fontainiers. Et que les chefs fontainiers cherchaient un fontainier. Donc, il m'a fait passer le concours. Donc c'était à mettre une canalisation en fonte en pression, et après nous on l'a fait. Donc ça s'est bien passé, puis après j'étais au lycée, au Chénet, pour passer le concours de plomb. Donc c'était plomb, cuivre, c'était faire une vidange en plomb. Et le concours je l'ai réussi. En 1983, j'ai 25 ans et je rentre fontainier à Versailles, Treianon, Saint-Cloud, tous les parcs. J'étais bien, je me sentais bien. J'étais dans mon élément, le plomb, travailler le plomb, c'était le plaisir. Le travailler avec la batte, c'est ce que j'ai fait à l'école. pour revenir au service des Fontaines, pour continuer à faire ça. C'était ses pieds.
- Speaker #0
Après, je travaillais sur la région parisienne, et je commençais à en avoir un petit peu marre de traverser tout Paris, tous les jours. Et du coup, mon voisin de poilier, c'était le secrétaire du service des Fontaines. Et un jour, on se connaissait très bien, il me pose la question, est-ce que ça ne t'intéresse pas de venir ? Il manque du monde, justement, au service des fontaines de Versailles. Donc, j'ai dit pourquoi pas, je vais poser ma candidature.
- Speaker #1
Il n'y a pas d'école de fontainier, c'est les anciens qui nous apprennent à travailler. On est dix, dix fontainiers avec les chefs. En 1991, je suis une formation avec le Compagnon du Devoir pour travailler le plomb, faire les soudures à l'autogène et puis faire les soudures à la louche. L'autogène c'est le même métal d'apport donc c'est un tout petit chalumeau, une petite buse et puis on chauffe les deux parties. Et là, on met le... La baguette d'apport qui est en plomb aussi. C'est ça l'autogène. Ah, les sautères à la louche. C'est toute une histoire. Ça date de 1600 et quelques. C'était une technique qui était complètement oubliée. Donc on a fait des recherches. Moi, j'ai réussi par un monsieur dans le parc, on discutait et il m'a dit comment chauffer le plomb. Donc on prend une feuille de journal et on le met dans le plomb. S'il brûle, c'est trop chaud. S'il sort un petit peu marron, c'est bon, là on peut commencer. Et on a trois minutes pour faire cette soudure.
- Speaker #0
La soudure à louches, en fait, c'est un prototype de soudure. On fait fondre du plomb dans une grosse marmite. Et on la prend à la louche et après on va la verser sur la conduite qu'on a besoin de souder. C'est pour ça qu'on appelle la louche, parce qu'on la prend à la louche et puis on la fait couler sur la pièce à souder.
- Speaker #1
Après avec le fer marron, on chauffe, mais pas trop non plus, et on fait les traits de côtelage.
- Speaker #0
C'est une espèce d'outil avec une olive en acier qui sert à étaler le laitin qui est chaud. Sur la soudure, sur la pièce.
- Speaker #1
L'intérêt, c'est déjà la beauté des soudures.
- Speaker #0
Ça, c'est des anciens. Monsieur Conselier... qui nous a appris à faire ça. Parce qu'avant, je ne savais pas du tout faire ça. Je n'en ai jamais fait. C'est vraiment ici qu'on apprend ce métier. Parce que le plomb est très, très toxique, nocif. Donc du coup, on ne voit plus ça maintenant. C'est interdit de travailler le plomb. Donc il n'y a qu'ici, à Versailles, qu'on peut faire des sauts durs, justement. Assembler des pièces en plomb ?
- Speaker #1
Un événement qui m'a marqué à Versailles, c'était la réparation, c'est même pas la réparation, c'est la restauration des jets des terrasses. Là, c'était les premières soudures à la louche qu'on faisait. Et c'était compliqué. Ce chantier, il a duré... trois semaines, mais à fond. Il fallait faire les soudures à la louche. Et s'ils n'étaient pas belles, il fallait les recommencer, puis refaire, puis recommencer. C'était... Oh là là ! C'était super. Après 91, j'ai commencé à transmettre cette technique de soudure à la louche à tous ceux qui arrivaient, les nouveaux. En 2003, il y a Fontenier qui arrive parmi nous, qui était très bon. Donc je l'ai formé et lui il a écouté. Parmi les autres, c'était le meilleur. Ce monsieur s'appelle Jean-Luc Ronard.
- Speaker #0
C'est le monsieur consulier qui m'a reçu. Comme je savais, il soudait pas mal de... Il faisait de la soudure, donc ça l'intéressait. Et puis, il m'a pris pour une année. Et du coup, je suis rentré comme ça au service des fontaines. Ah ouais, ça m'a plu beaucoup, tout de suite, ça m'a plu. C'était un endroit unique, où je ne trouverais nulle part ailleurs, je pense. Et du coup, je voulais tous les jours en apprendre. Apprendre ce métier qui est unique.
- Speaker #1
Il était tout le temps dans le trou, tout le temps à travailler. Il ne s'arrêtait pas. Il ne s'arrêtait pas. Il fallait lui dire, Stoff, il est l'heure de rentrer. Parce qu'il restait. Et on lui a fait passer le concours. Et puis il l'a réussi. Et en 2004,
- Speaker #0
du coup, je deviens un titulaire au service des Fontaines. Je suis fontainier, je suis chef d'équipe des fontainiers. Nous, on est 7, 8, 8 fontainiers en France. Après, il y a d'autres gens qui s'appellent Fontainier, mais qui ne sont pas vraiment Fontainier, parce qu'ils travaillent avec des pompes et des conduites en plastique. Donc, nous, on est comme une communauté d'art. Et puis maintenant, c'est nous qui faisons voir aux jeunes. On retransmet aussi notre savoir-faire aux autres. Il y a des autres châteaux, ils ont perdu ce truc, du coup ils ont des problèmes, donc du coup on reçoit des gens des fois pour leur faire voir comment... Ça se faisait dans le temps pour qu'ils puissent refaire aussi un peu de restauration dans leur château. La Belgique, ils ont un château là-bas et ils ont des fontaines aussi. Ils n'ont plus personne pour réparer leurs fontaines, leurs tuyaux. plomb du coup ils nous ont demandé si eux ils pouvaient venir chez nous voir comment on travaille puis du coup on leur a fait voir comment ça se travaille le plomb les teints les soudures comment on fait et du coup ça pue au moins eux refaire leurs fontaines. L'Espagne aussi, on est allé voir eux. Eux ils ont encore un peu de gens qui travaillent mais pas de la même façon que nous donc c'est une autre méthode de travail qu'ils ont. Mon travail, c'est vraiment de sauvegarder ce travail qui est vraiment unique, qui ne se perd pas dans le temps. Vraiment le sauvegarder. Le métier, puis le patrimoine aussi. Maintenant, on est militaire d'art. Vraiment garder ce patrimoine et le sauvegarder.
- Speaker #1
Nous, on travaille sur les réseaux d'eau potable et les réseaux d'eau brute. Donc, les réseaux d'eau brute, c'est ceux qui viennent des réservoirs. Ça alimente les autres bassins, les bassins de Versailles. Ces réseaux datent de l'époque de Louis XIV. Donc, il a fait appel à des ingénieurs, donc italiens, les francines. qui ont créé tout le réseau et les bassins. Ce réseau, il y a la plupart qui est en galerie et d'autres enterrés. Il y a 35 km de canalisation, des conduites très très viettes. Donc il faut réparer, mais il faut aller tout doucement. Pour les réparer, il ne faut pas les casser.
- Speaker #0
Quand c'est de la fonte, on refait des joints coulés, comme on y faisait à l'époque ? Sinon après il y a des pièces mécaniques qui peuvent se mettre. Mais souvent quand on change une conduite, si on peut réparer comme ils faisaient dans l'ancien temps, on refait la même chose. Et quand c'est des conduites en plomb, c'est pareil. On fait les mêmes soudures au plomb à l'étain. Plomb éteint et des soudures à la louche. On fait comme si on faisait à leur époque. On ne va pas aller mettre du PVC ou quoi que ce soit. On essaye toujours de garder la même tradition que les anciens.
- Speaker #1
Ce métier, il est physique, parce que la difficulté, c'était d'entretenir les robinets van, et après c'était de mettre en charge les conduites. Il fallait aller tout doucement pour les mettre en charge, quand les conduites de Montboron viennent jusqu'à... Jusqu'aux terrasses, il fallait y aller tout doucement, parce que Montbron, c'est à 3 km en grand queue.
- Speaker #0
À Versailles, l'eau, avant, arrivait par un aqueduc qui alimentait un réservoir supérieur. Et après, on redescendait au château, sur les fontaines, toujours en gravité, puisque c'était supérieur. Et ça alimentait tout ça, toutes les fontaines. Et après, une fois qu'elle est retombée dans le bassin, elle repart par une pierrée qui va aller repartir, soit alimenter une autre fontaine, soit partir au canal entre-plein. En automne, c'est la période où on met en hivernage pour passer l'hiver, pour pas que les conduites d'eau gèlent, comme c'est des conduites en fonte, ça gèle. Donc on passe pendant un mois à vider les conduites pour pouvoir passer l'hiver. Après ça, juste après, c'est l'occasion d'entretenir toutes les vannes qu'il y a dans le parc. Parce que comme il n'y a plus d'eau dans les conduites, on peut démonter les vannes, les graisser, les nettoyer, les remonter pour la nouvelle saison qui recommencera au mois d'avril. En février, on commence à remettre l'eau dans les tuyauteries. Et après, on va vider tous les bassins pour pouvoir les nettoyer, les curer proprement. C'est quand même un grand parc et du coup, on a à peu près 34 kilomètres de conduite, de canalisation à vider. Mais on s'occupe aussi des réseaux arrosages pour les jardins, des pelouses, tout ça. Donc tout ça aussi, c'est à vider, donc ça fait beaucoup plus. Donc il y en a pour à peu près un mois à vider tout ça. Et en avril, on rouvre les grands eaux pour les gens, pour les touristes.
- Speaker #1
Quand il y avait des gens sur des bassins, par exemple sur le rocher du Belvédère à Trianon, Il y avait des gens qui étaient tout en haut, alors que c'est interdit. Eh bien nous, sans rien dire, on allait à la vanne et on ouvrait. On ouvrait l'eau. Ils étaient trempés. Quand il y avait des gens qui étaient... Quand on leur disait de partir, ils ne partaient pas. Bon, d'accord, on ouvre l'eau. Là, ils étaient trempés aussi. Mon premier souvenir de Versailles, c'était... La première fois, toute première fois, c'était d'aller faire les grandes eaux au parc de Saint-Cloud. Le chef m'avait demandé si je pouvais travailler le dimanche. Moi, j'ai dit oui. Et puis, j'ai été le voir le dimanche. J'étais à l'heure et tout, mais j'étais en bleu. En bleu de travail, prêt à travailler, à me salir, à faire, à réparer des fuites et tout. Mais le chef il m'a dit non, non, là il faut venir habillé civilement, pas au travail. Ah je suis d'accord.
- Speaker #0
Alors mon premier souvenir de Versailles c'est quand je suis arrivé en 2003, ma première fontaine à ouvrir, ça s'appelle la fontaine de Flore, c'est la première qu'on m'a mis dessus à ouvrir, le premier jour pratiquement quand je suis arrivé, il fallait ouvrir pour... pour la presse, parce qu'on ouvrait à cette époque-là, on ouvrait pour la presse les premières grandes eaux. Vraiment, c'était la première fois que j'ouvrais une fontaine avec la clé à lire à Versailles. J'en garde un très bon souvenir en moi.
- Speaker #1
Entre la fin de la mise en vidange et le début de la mise en charge, on travaillait en atelier. Et c'est là qu'on travaillait, soit pour les vases de Neptune, soit pour autre chose. Nous, les ateliers se trouvaient au château d'eau de Versailles. C'était un réservoir aussi, avant, qui alimentait Neptune. Il y avait encore des canalisations... Comment dire ? mis sur les murs pour qu'on voie. C'était des canalisations en bois. Il y avait des robinets en bronze énormes. Ça, c'était superbe. Puis il y avait la forge. J'ai passé toute ma carrière là-dedans, dans cet endroit magique. Notre métier, c'est aussi de faire les vases de Neptune, de les réparer. Déjà, on les enlève, on refait tout. Il y a 22 vases. Il y a les jets qui sortent des vases. C'est très joli, ça. Donc il fallait que nous on les répare parce que les anciens vases, ils étaient pétés au fond. Donc tout l'eau partait dans les galeries. Donc il y avait l'électricité en dessous, c'était pas formidable.
- Speaker #0
On a toujours quelque chose à aller voir, un problème pour... voir s'il n'y a pas de fuite ou si tout est bien entretenu, si on n'a pas de soucis. Même les galeries souterraines, on y va assez souvent, justement, aussi pour voir l'état. Parce que dans beaucoup de galeries, il y a des conduites qui passent. Et on va voir aussi l'état, comment elles sont, si ça ne bouge pas.
- Speaker #1
En tant que fontainier, il est obligatoire de connaître tous les réseaux par cœur. Parce que là, si on ne connaît pas les réseaux par cœur, quand il y aura une fuite, on ne sait pas quelle soupape fermer, quel robinet pour fermer. J'étais avec les anciens et quand il y avait des fuites, ils me disaient d'aller fermer là. On regardait sur le plan et hop, il fallait aller là et fermer.
- Speaker #0
C'est un peu un labyrinthe. On a à peu près 7 à 8 kilomètres de galerie souterraine. Il faut bien connaître les souterrains, les galeries, parce qu'on peut être perdu facilement. Quand je suis arrivé pour nous repérer dans ces sous-sols ou ces galeries, on avait des plans en papier, mais il fallait quand même aller voir comment c'était l'état et bien le repositionner sur les plans, parce qu'il y avait certains qu'on n'avait pas. Du coup, il faut aller dans les galeries, aller voir avec des lampes, des casques, et puis aller voir jusqu'à où on peut aller pour trouver ces réseaux enterrés, qui n'étaient pas vraiment bien cartographiés sur un plan.
- Speaker #1
En 2014, j'ai eu mon accident au rocher du Belvédère. Je suis tombé, je me suis fracassé la cheville, le poignet. J'ai été arrêté pendant deux ans. Après mon accident, en 2016, je suis dans les bureaux et je travaille plus souvent avec Daniela Mallard. Je lui ai transmis comment il fallait travailler, comment se travaillait un fontainier en principe. Comme les soudures à la louille, je lui expliquais comment il fallait faire. J'étais avec elle pour chercher des plantes, pour chercher sur le terrain, pour voir où passaient les canalisations qu'elle avait trouvées sur des plants. On faisait des visites avec Daniela, des galeries. On allait en dessous. On faisait visiter la galerie de la tonne. Il y avait les vieilles canalisations d'époque. À l'époque, ils ne savaient pas faire des coudes en fonte. Donc, ils faisaient des morceaux d'amètes en fonte. Et pour faire les coudes, ils jouaient sur les joints en plomb qu'ils mettaient. Donc il se serrait plus d'un côté et moins de l'autre. Et comme ça, et ça faisait le... Le cercle, le virage qu'il fallait faire, ça c'était l'époque.
- Speaker #0
Alors une de ce qui m'a le plus marqué dans ma carrière, c'est le travail sur le bassin, la restauration du bassin de la tonne, qui était un travail très énorme quand même. C'était en 2015, dans le bassin de la tonne, c'est vraiment un des... grand bassin qui est un carrefour hydraulique dans le parc et qui est représenté par beaucoup de grenouilles et de tortues. Il y a à peu près 77 effets d'eau dessus. On peut voir vraiment les conduites, l'araignée qu'on appelle l'araignée, qui est une conduite en plomb avec plein de départs dessus, des jets, qui est vraiment une pièce unique au parc. Après cette fontaine, ça va réalimenter d'autres fontaines. Mais comme elle était vraiment en mauvais état, du coup, elle a été restaurée. Ce qu'il y avait, ça avait été refait en fonte. pas du tout comme c'était fait à l'origine, ça avait été changé entre temps. Donc nous quand on a vraiment fait la restauration, on a refait comme c'était avant en plomb, tout en plomb. On a mis à peu près 40 tonnes de plomb sur le bassin de la tonne. Donc ça on en a fait des longueurs jusqu'à 14 mètres de long, soudés tous les 2 mètres, soudure à la louche. comme à l'époque. C'était quand même un sacré travail à faire, à restaurer, faire des soudures, tout ça, dessus. Et voilà quoi. Ça a quand même duré presque deux ans, deux ans et demi. C'est en fonctionnement et ça... On n'a pas de fuite, et puis ça tient. Il y en a pour maintenant, pour une éternité. J'en ai eu un peu les larmes aux yeux la première fois qu'on l'a remise en eau devant le public. C'est merveilleux.
- Speaker #1
Après, je suis parti en retraite en 2020. Versailles, c'était toute ma carrière que j'ai passée. 37 ans. 37 ans de... Bon et loyaux fontainiers. C'est un parcours que je suis fier. Fier d'arriver où j'étais. Technicien des monuments historiques. Ce qui me plaît dans mon métier, c'est la réaction des gens. Quand on ouvrait le bassin du Grand J au château de Versailles, ce qui était bien, c'était... de voir les gens quand j'ouvrais le bassin. Parce que je commençais par le grand V. Alors les gens, ils étaient tous autour. Ils faisaient... Après, j'ouvrais une couronne, une deuxième couronne. Puis après, j'ouvrais une troisième couronne. C'était superbe.
- Speaker #0
Versailles, pour moi, ça représente beaucoup de touristes qui viennent voir ce joyau qu'on a du parc des Fontaines. C'est impressionnant de voir tout ce monde qui vient voir. Pour moi, si j'avais pu venir bien avant, je serais venu tout de suite avant. Ça me plaît toujours. Quand on est passionné comme ça, on y reste. On est très attaché à Versailles. Même dans notre travail, on essaie de faire le mieux, le plus joli. Mettre de la passion dans son travail. Le plus, c'est la fin de la fontaine qui est restaurée ou rénovée. Et de voir l'eau jaillir comme c'était à l'époque. Vraiment. Puis voir les gens émerveillés de voir la fontaine couler. C'est ça qui m'a... Il y a toujours un plaisir de voir les gens heureux autour. De voir les effets d'eau. Merci.