- Speaker #0
Ces podcasts ont été enregistrés dans le cadre de la Semaine de l'Éducation, un événement porté par la Ville de Grenoble ayant eu lieu en 2026. La conférence qui suit est intitulée « Animée avec ambition et joie » . Elle a été donnée le jeudi 28 mai par Sébastien Ausha à La Chaufferie. Bonjour à toutes et tous, bienvenue à La Chaufferie. Merci beaucoup d'être là ce matin. Donc pour celles et ceux qui ne me connaissent pas, Pas Léonie Marcoux, je suis la nouvelle maire adjointe à l'éducation, aux écoles et aux droits des enfants. C'est avec plaisir que je serai avec vous ce matin dans le cadre de cette semaine de l'éducation, qui est donc la troisième édition. Dans la première, on avait interrogé quel enfant pour 2030. En 2024, on avait parlé plutôt des parentalités. Et là, cette année, il a été choisi le thème de la joie, qui peut paraître un peu simple de premier abord, mais qui en réalité est assez nécessaire. et à travers la joie On parle également de toutes les autres émotions. Et vous le savez, pour travailler avec des enfants et des jeunes au quotidien, c'est absolument fondamental d'apprendre à décrypter, à comprendre, à gérer ses propres émotions, autant en tant qu'adulte qu'en tant qu'enfant. Et donc aujourd'hui, nous avons le plaisir de recevoir Sébastien Ausha, qui nous fait le plaisir de venir, qui est donc un spécialiste de l'éducation populaire, mais il en parlera sûrement mieux que moi. Et son travail porte sur les questions évidemment d'animation, de participation collective et de pédagogie par le jeu. Il a un parcours mêlant ingénierie et sciences de l'éducation et il accompagne des réseaux associatifs éducatifs et culturels dans la conception d'outils de formation qui favorisent l'engagement, la coopération et le pouvoir d'agir collectif. Il est l'auteur notamment d'un ouvrage qui s'appelle « Animons avec joie et ambition » , d'où notamment son invitation. Il défend une approche exigeante et profondément humaine de l'animation, une pratique qui ne serait dû pas à occuper un groupe, mais qui cherche au contraire à créer des espaces où chacun peut participer, expérimenter, réfléchir et prendre sa place. Son intervention va particulièrement résonner aujourd'hui avec le thème de cette semaine et le projet éducatif de la ville de Grenoble, pour reconnaître qu'à travers la joie, le jeu, la créativité et la qualité du lien qu'on a avec les enfants et les jeunes, on crée... de réelles histoires et on contribue que les enfants se développent le mieux possible et c'est des leviers essentiels pour l'apprentissage, l'émancipation et la création de liens sociaux et donc je tiens évidemment à le remercier pour sa présence et vous remercier également pour la vôtre et je vous souhaite une très bonne séance Le principe, si ça vous va, c'est qu'on va prendre thème par thème, en essayant de se donner du coup à peu près un quart d'heure sur chaque. Les groupes qui sont sur ce thème vous disent leur machin. de réagir, compléter, vous donner des outils aussi. On m'a dit que ça vous permettait d'avoir non seulement des manières de le planter, mais aussi des bouts d'outils à l'endroit. Je vais essayer de faire ça dans le temps que j'ai. Ça vous va comme principe ? Oui. On va faire 4 fois un quart d'heure et sur chaque quart d'heure, on prend vos questions et remarques sur un des thèmes et on essaie d'échanger après, de réagir dessus avec des apports, si possible, d'outils et de machins de pratique. Alors, on a un temps court, mais on va essayer. Et j'essaie au fur et à mesure pour vous... Plus fort, donc. J'essaie au fur et à mesure pour vous, comme pour ceux et celles qui ne sont pas là, de vous noter au moins quelques... mots clés, quelques outils, etc. ici. Ça va comme logique ? Globalement, sur ce que je raconte, il y a un site web où moi je mets tous les outils que je bricole et tous les trucs que j'ai écrits sur les questions d'animation qui est tout accessible librement. Donc vous l'avez là, vous pouvez aller piocher tout ce que vous voulez. dont le livre dont on parlait tout à l'heure qui est payant en papier parce qu'il faut payer le papier, qui est gratuit en PDF en ligne donc vous pouvez le prendre aussi et le regarder on commence avec, je vous répartage il y a 3 groupes normalement qui étaient autour de ce sujet là Dénoncez-vous, je ne sais pas lesquels c'est. Et le troisième ? Dans le désordre le plus total, vous nous listez vos 2-3 par groupe.
- Speaker #1
Je vais poser la question, qu'est-ce qui fait groupe ? D'accord. Qu'est-ce qui fait groupe ?
- Speaker #0
Qu'est-ce qui fait groupe ? Pas juste, on a une deuxième, je le prends.
- Speaker #1
C'est la curiosité de l'altérité.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Le mélange, parce qu'il provoque la curiosité.
- Speaker #0
Ok. Super. On va prendre les autres groupes, ouais. Je vais être frustrant, mais ça fait partie du métier d'animation. Parce qu'on m'a bien dit qu'à 11h vous aviez d'autres choses à faire pour un certain nombre d'entre vous. Donc j'essaie de bien m'y tenir, mais de passer tous les thèmes. Autre groupe, autre question ?
- Speaker #1
On s'est posé la question de la sécurisation dans le groupe.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
les points d'appui, la confiance. On s'est interrogé sur le partage de la joie, est-ce que ça provoque chez les autres ?
- Speaker #0
En tout cas,
- Speaker #1
il faut cacher du coeur. Et le but. la capacité des enfants à partager ouvertement par rapport aux adultes.
- Speaker #0
Ok, et votre hypothèse, c'est quoi ? C'est que les enfants entendent plus facilement ?
- Speaker #1
Plus brut de décrochage. Ok, ça marche. Ok, c'est bien ?
- Speaker #0
Ça va ?
- Speaker #1
La notion d'individualité à travers le groupe.
- Speaker #0
La notion de la méditation à travers le groupe.
- Speaker #1
Bonne formulation. On a eu la notion de culture commune.
- Speaker #2
Partager un... un... un groupe de valeurs commun. Se fédérer autour d'un groupe de valeurs.
- Speaker #0
Je vais le mettre là-bas, pour avoir les valeurs. Allez, je vous prends.
- Speaker #2
Je le mettais, si je peux me permettre, dans le partage, parce qu'on peut avoir des valeurs et pas les partager. Mais les partager peut faire gros.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #2
il y a un enjeu d'exprimer avant de fédérer je disais que je mettais plus les valeurs dans le
- Speaker #0
côté de faire composer un groupe de valeurs ensemble pour faire un groupe et donc le groupe en parle et se met d'accord là-dessus c'est bon ? mais au sommet d'accord je garde Pour après, je prends tout de suite. Non, c'est juste que... Ça va dans un premier temps ? Ouais.
- Speaker #3
On s'est dit aussi l'histoire personnelle, comment est-ce que l'histoire personnelle, elle va influer sur comment est-ce qu'on se sent dans un groupe ou pas, à titre personnel, mais aussi dans l'exercice de son métier.
- Speaker #0
Ok. Ça marche. Alors, j'essaie de faire des réactions là-dessus, un peu à la volée, et vous me dites, je sais que le temps est court, ça me va super bien si vous n'êtes pas d'accord avec ce que je dis. Il faut juste me le dire. Non, non, mais pour de vrai, c'est comme ça que ça va marcher le mieux. Sur Fair Group, alors je ne sais pas comment vous y prenez, il y a un enjeu pour moi vachement important avec la question de la libéralité. de comment tu fais la bascule entre des gens, quel que soit l'âge, dont vous ce matin, mais aussi les enfants que vous gérez, qui arrivent en tant qu'individus, et pour que ça devienne un groupe. Et ça, en termes de technique, il y a un cheminement pour aller vers un groupe. Alors je ne sais pas comment vous, vous le pensez. Moi, si je le fais un peu vite, en vert, ce sera les outils. Le temps de l'accueil, c'est un vrai temps d'animation. Officiellement, on n'a pas commencé, ça fait vraiment déjà partie de notre boulot. Avant que l'animation soit rangée, le être disponible, si vous avez en plus de quoi grignoter, des petits jeux, des n'importe quoi, c'est super. Le minimum, c'est d'être disponible, c'est-à-dire de ne pas être à ce moment-là en train d'installer des tables, des chaises, d'être faire autre chose. C'est un temps de transition d'accueil des personnes en tant qu'individu qui est hyper important. Il n'y a pas forcément l'air, parce qu'il n'est pas nommé comme c'est déjà commencé, mais il se passe un gros truc à ce moment-là. Ça marche ? Ensuite, on fait quoi ? Ensuite, idéalement, je vous fais l'idéal, vous aurez vraiment le temps de faire l'idéal. L'idéal, c'est que dans la foulée du temps d'accueil, il y a un temps de rencontre, c'est-à-dire un temps de trucs à la cool, où on peut se mélanger sans être obligé. D'accord ? Pour papoter, pour faire un petit jeu de société pour commencer, pour préparer une bouteille. Installer les tables et les chaises, ça peut en faire partie. Ça va ? Et c'est le moment où tu commences à franchir un peu la distance. Et après ça, t'as un temps, en jargon, que j'appelle de l'inclusion, qui est là vraiment ensemble pour se voir collectivement. Ce qu'on a fait ce matin en se mettant en ligne, c'est exactement ça. Et l'objectif pour moi dans un temps comme ça, dans l'idéal encore, ce n'est pas que chacun, chacune se présente, parce que ce matin, moi je n'ai plus aucun souvenir de qui a dit quoi. Par contre, ce qui était hyper important, et en particulier pour moi, mais je pense pour vous aussi, c'est de voir quelle gueule il a ce groupe dans lequel je vais me mélanger. Et de commencer à se faire un portrait commun. Et là, on peut se projeter de dire, tiens, je suis bien dans la moyenne de ce qui se passe, ou je suis un peu décalé et je vais faire en fonction. Et à partir de ça, tu peux faire un groupe. Et basculer de je suis des gens, je fais un groupe. Après, tu peux l'outiller plus ou moins. en détail sur on se parle de valeur, d'objectif ou pas, ou juste de qui on est, mais il fait cette bascule-là. Ça va, ça vous parle à peu près, dit vite fait ? Et ça, à chaque fois, c'est des outils. Ici, ce qu'on a fait en ligne ce matin, ça marche très bien. Je passe. Vous pouvez faire plein de variations dessus. Et un que j'aime beaucoup, ceux et celles qui sont là cet après-midi, cette série de petits jeux là, qui sont en fait des cartes avec des questions. Ça marche super bien. C'est-à-dire que tu les mets en vrac, chacun, chacune prend une question. et tu vas rencontrer quelqu'un au hasard avec une question à la con. Genre tu préfères manger un chocolat Goulimas ou une guignasse au chocolat. Non mais, et ça te permet justement de, de manière optionnelle, rencontrer les gens tête à tête. Il y a un certain nombre de petits jeux dont on parlera cet après-midi qui servent à ça aussi. Ça va comme logique de cheminement. Et une fois qu'on est là, il y en a un dernier. Il y en a un dernier, qui est le fait de poser le cadre devant les règles de fonctionnement collectif. Si on se dit qu'on est un groupe, on se dit comment il fonctionne. Ça va ? Et là encore, il y a des trucs pour certains d'entre vous, ils seront basiques. Le fait de poser le cadre, si vous voulez être dans de l'animation un peu participative, un peu éduque, les règles, c'est un contrat qu'on passe ensemble. C'est pas vous qui êtes flics et qui lisez des règles, c'est ça, et il faut les respecter. Il y a un minimum de temps de « est-ce que ces règles-là, elles marchent pour vous ? » et qu'on est OK pour partir ensemble avec ça. Ça roule ? Qui fait qu'après, quand il s'agit de les tenir, ce n'est pas moi qui suis le policier ou la policière qui les impose. Moi, je suis là pour, au service du groupe, rappeler qu'on s'était mis d'accord là-dessus et est-ce que c'est OK qu'on ne le respecte pas. qui vous met pas dans la même position par rapport à votre groupe. Ça va ? Sur la curiosité, c'est hyper important la curiosité. Alors si on parle émotion, la curiosité ça naît de quelle émotion ? En plus elle est bizarre parce qu'on la met pas toujours les émotions. Vous êtes curieux parce qu'il se passe quoi ?
- Speaker #1
Ça nous prend au cœur de la joie.
- Speaker #0
Alors pour moi, ce n'est pas la même chose que la joie. Pas exactement. La curiosité, elle est liée à la surprise. Ce qui n'est pas la même chose. Alors il peut y avoir des bonnes surprises, et du coup c'est moitié surprise, moitié joie, et c'est super. Mais la surprise en tant que telle, du coup la curiosité, globalement, elle vient de la surprise et donc de l'inattendu. Alors pourquoi je nomme ça un vêtement ? C'est parce que du coup, si vous voulez provoquer la curiosité, il faut proposer des trucs inattendus. C'est aussi con que ça. Et en même temps, ce n'est pas si simple à faire. Mais vous aurez du mal à faire de la curiosité avec des trucs déjà vus, déjà travaillés à l'école et que vous reprenez. Ça ne va pas trop marcher. Avec un truc, là encore, je vous le dis un peu vite. Des fois, quand l'inattendu est trop inattendu, ça bloque. Donc il y a un vrai enjeu technique de dosage. Pour que ce soit inattendu, si je mets des grands mots, mais que ça ne provoque pas de la réactance, c'est-à-dire que ça ne fasse pas trop peur. Il y a quand même un bout de « ça va sur de la curiosité » et pas sur du tellement inquiétant que je ne veux pas y aller. Pardon ?
- Speaker #1
Non mais dites-moi !
- Speaker #0
Par exemple, ce serait carrément inattendu, mais ça ne rend pas forcément curieux. Sur le fait d'exprimer les valeurs, ou se mettre d'accord sur les contrats, ou etc. Il y a des moments où aujourd'hui je vais tricher. Ouais, parce que j'ai un temps limité. Donc, sur l'expression... Sur le fait de s'exprimer dans un groupe, il y a un gros enjeu à se débrouiller avec des gens vraiment différents que le plus possible tout le monde à la parole. Ça c'est un sujet en soi, je ne peux pas vous le faire maintenant. Par contre, sur mon site, il y a un outil complet, il y a une boîte à outils complète là-dessus. Ça marche ? Je vous en mets juste un parce qu'il fait partie, évidemment, pour moi aussi de sécurisation et d'expression. Quand vous essayez que les gens, ils parlent, quel que soit leur âge, il y a un truc qui est hyper utile et qui vous coûte pas cher. Bon, on va prendre un père. C'est que, quand quelqu'un prend la parole pour les solliciter, quelle que soit la connerie qu'il ou elle dit, la première chose que vous lui répondez, c'est oui. Ouais, je sais. c'est hyper important c'est pas très intuitif mais parce qu'il veut dire quoi ce oui vous avez le droit de changer c'est lui qui pense à ce quoi de faire le chien à la tête, de dire d'accord etc pourquoi ça c'est super important vous avez vécu l'inverse à l'école à l'école on vous pose une question vous tentez votre chance et c'est flippant Et la première action du prof, c'est non. Vous y retournez pas pour au moins trois semaines. Non, mais pour de vrai. On l'a vécu. Du coup, il y a un vrai enjeu, si vous voulez que les gens sont en sécurité et osent prendre la parole, à toujours commencer par valider la prise de parole.
- Speaker #4
Oui.
- Speaker #0
Voilà, oui. Ça peut être merci, ça peut être d'accord, ça peut être Ausha à la tête. Et une fois que ce oui, il est dit, après, mais, c'est de la merde. Non, mais après, c'est dans votre pays, vous le tournez différemment. Mais comment t'en es arrivé là ? là, mais pourquoi, mais on discute, et on n'est pas d'accord sur le contenu. Mais d'abord, on valide la forme. D'abord, on valide le courage de cette lancée à prendre la parole dans un groupe. Ok ? Et ça, en termes d'expression, c'est hyper utile. Et en termes de sécurité aussi. Enfin, ça joue sur les deux. Et, je vous disais, ça ne coûte pas cher. Par contre, c'est une vraie discipline au début. d'apprendre à le faire, d'avoir ce temps de recul avant de traiter le contenu. Ça marche ? Oui. Du coup, vous allez dire oui à chaque fois. Sur les questions, partagez. Je vais vous dire un truc compliqué très vite. Sur les trucs de partage, Partager la joie et les questions d'individualité, d'histoire perso. Alors, il y a des trucs qui relèvent de l'individualité, mais il y a tout un tas de trucs sur comment on partage la joie et est-ce qu'on y arrive ou pas. Et tout un tas de trucs qu'on se dit que c'est des tendances individuelles qui sont des tendances sociales. C'est-à-dire qu'en gros, tiens, je vous prends un exemple très très clair. Sur partager la joie. Si tu viens de chez les riches, ça tu ne le fais pas, ou alors très discrètement. Ça ne veut pas dire que tu n'en ressens pas. Mais la manière de le mettre en scène, ce n'est pas tant que ça une question de personnalité, il y en a un petit bout, que une question de dans quel contexte tu as grandi et qu'est-ce qu'on t'a appris comme manière de faire. Ça va ?
- Speaker #5
C'est quoi ? Du coup ça relève de la vie d'heure ?
- Speaker #0
Non, ça relève de l'apprentissage social.
- Speaker #6
De l'éducation ?
- Speaker #0
Si je fais un deuxième... Alors là, dans le cas présent... Il y a des grands mots tout de suite. Dans le cas présent, l'exemple que je t'avais, ça dépend de ta classe sociale. La catégorie socio-professionnelle, si je vais vite. Il y a une vraie tendance forte là-dessus. Pareil entre garçons et filles, sur l'expression des émotions, il y a une vraie différence qui n'est pas du tout naturelle, qui est que depuis votre naissance, voire avant votre naissance, on vous renvoie des messages différents sur comment gérer vos émotions. Ça va ? Si je le dis là encore très vite, un peu brut. Quand t'es élevé en tant que fille, t'as le droit et t'es même encouragé à exprimer presque toutes les émotions. Ça va ? Dès tout petit. Quand t'es un petit garçon. Vas-y. Sauf la colère. Voilà, chez les filles, sauf la colère, parce que les garçons, les émotions, c'est naze, sauf la colère. Ok ? Pardon ? Chez les garçons, c'est plutôt la tristesse qui est un petit cachet. Alors, c'est tout, sauf la colère. Je caricature. Je caricature, ça mérite plus de finesse. Mais en tout cas, la colère est ultra légitime. Et les autres, pas trop. Donc il y a un truc là qui se joue vraiment sur nos identités, mais collectives, sur nos identités sociales. Ça marche ? Donc c'est cool de se poser la question du traitement de l'individualité, mais on rate vraiment des trucs si on ne se dit pas qu'il y a aussi des tendances globales. Je ne peux pas vous en faire bien plus là tout de suite, mais qui pour moi est vachement important dans des démarches d'éducation populaire pour comprendre ce qui se passe dans des dynamiques collectives entre différents sous-groupes ou différents genres de personnes dans un groupe. Ça va en version ultra méga courte. Et malgré tout... Malgré tout, il reste un bout là sur individualité et histoire perso, qui est d'avoir une attention dans nos postures à ce que... Alors si on est plusieurs, c'est super de se répartir, mais il y a un vrai rôle dans l'animation, qui est le rôle de guetteur ou de guetteuse d'ambiance. Un truc que vous faites intuitivement, sûrement, au-delà de mettre de l'énergie, donner du cadre, machin, etc. C'est d'essayer de repérer, est-ce qu'il y a d'un coup des gens qui font la gueule, qui viennent de décrocher, qui bloquent sur un truc. Il y a un machin comme ça de repérer les trucs qui sont un peu cachés et individuels. Et ça c'est une vraie fonction d'animation. Si vous êtes plusieurs à animer, vous avez le droit, et ça peut même être pratique selon l'expérience que vous avez, de se dire que cette fois-ci... fonction là, il y a une personne dans l'équipe qui fait plus attention que les autres. Et du coup, qui fait moins le reste. Ça marche ? Et ça permet de repérer là des enjeux qui sont pour de vrai des enjeux de vécu individuel qui peuvent être liés à plein de choses. Mais que du coup, on va d'abord repérer, si possible un peu finement, et commencer à discuter en off avec les personnes concernées et pas les étaler devant tout le groupe par défaut. Alors si on est tout seul,
- Speaker #3
on fait un métier compliqué et du coup on fait trop de choses à la fois.
- Speaker #0
on adapte. On adapte quoi ? Si on voit que l'ambiance,
- Speaker #3
il y en a qui décrochent, on devient obligé d'adapter.
- Speaker #0
Alors, si c'est l'ambiance de tout ton groupe, bien sûr, tu t'adaptes tout de suite. Si c'est de repérer une ou deux personnes qui décrochent, moi, je conseille plutôt de continuer tranquillement avec le groupe et attendre une pause, voire provoquer une pause un peu plus tôt pour voir ce qui se passe au niveau de ces personnes-là. Si tu y réagis tout de suite, la difficulté, c'est que tu vas exprimer ...poser face à tout le groupe une ou deux personnes qui étaient déjà en gavé. Et ça, ce n'est pas très confort pour elles. Ça peut même être un peu violent. Alors ça se dose, mais voilà. Et dans plein de cas, tu as aussi l'option, si tu te dis, là il se passe un truc qui est très très net, de te dire, on fait une petite pause plus tôt que prévu pour t'en occuper là. Mais vraiment, mon premier conseil, c'est d'abord d'aller vérifier en off ce qui se passe. Enfin, en off, c'est-à-dire en plus tête-à-tête ce qui se passe, avant d'en faire un sujet de groupe. Ça marche ? Des fois, c'est des trucs pas graves. Des fois, c'est des trucs très perso. Et des fois, c'est des trucs graves et que la personne n'a pas du tout envie de livrer au groupe. Mais en termes de prise en compte des individus et de la sécurité dans le groupe, c'est vachement important. Ça va ? Et du coup, pardon, pour partager la joie, pour finir sur le temps qu'on s'est donné, je vous dis un truc. Ça rejoint nos questions d'expression. Mais je vous disais, partager la joie, c'est pas appris à tout le monde de la même manière. aussi bien sur le faire ou pas, que comment le faire. Si vous voulez que ça, ça se fasse bien, il faut multiplier les manières de pouvoir s'exprimer. Il y a des personnes qui ont l'habitude, et peut-être la personnalité, mais aussi l'apprentissage, pour l'exprimer très spontanément, très vite, et d'autres pour qui il va falloir un support, un intermédiaire ou du temps. Si votre ambition, c'est vraiment que ça s'exprime, multipliez vos outils pour le faire sortir. Ça va, dit comme ça ? Est-ce que sur cette manière de fonctionner, avec vos bouts à vous et des réactions comme ça, ça fait à peu près le job pour vous ? Ouais ? On essaie de se refaire encore ça trois fois ? Au mieux possible ? Et bien les groupes qui étaient sur joie et fer, qu'est-ce que vous avez à raconter ? Un là-bas, et puis il y en a un là, et un là, super ! Et bien dans l'ordre que vous voulez, c'est quoi votre best-of ?
- Speaker #4
L'émancipation collective par le plaisir.
- Speaker #0
Ça c'est quoi ? C'est une pratique que vous avez déjà ? C'est un objectif ? C'est une question ? C'est des données en vie par le plaisir.
- Speaker #4
Oui, oui, et garder. C'était ce qu'on disait par rapport aux équipes d'animation. C'était de garder ce truc-là, de continuer à animer avec plaisir. joie parce qu'on la transmet. Déjà, un peu les former à ça et surtout de garder dans le temps de ne pas prendre des mauvaises habitudes et de perdre le côté plaisant du métier. Super. Gros sujet.
- Speaker #0
Qu'est-ce que vous avez d'autre ?
- Speaker #2
Alors nous on a demandé sur qu'est-ce que faire et qu'est-ce que ne pas faire aussi. Et c'était est-ce qu'on est tout le temps obligé de faire, est-ce qu'on est tout le temps obligé d'être organisé, est-ce que parfois le plaisir il vient. pas de ce qui n'est pas planifié, ce qui est spontané, ce qui n'est pas organisé, comme couper des poivrons ou regarder les étoiles. Notre société aime bien tout planifier, tout sécuriser à l'avance, comment on laisse le... le temps aux différentes façons d'avoir du plaisir dans le faire et des fois, juste effectivement, pour moi, c'est pas ne rien faire, c'est faire quelque chose de différent. On s'était dit aussi que parmi les... la question qui était, qu'est-ce qui te donne l'impression que quelque chose n'est réussi, c'est important le retour, le feedback des autres sur mon sentiment de réussite vient du fait qu'il est partagé et que c'est les autres qui me renvoient aussi ma réussite. et il y avait aussi un côté un peu défi qui ressortait aussi des papiers qui étaient là que le plaisir de faire quelque chose c'est aussi faire quelque chose qu'on ne pensait pas savoir faire et le fait qu'on se rende compte qu'on y arrive fait que le plaisir est décuplé même des passements merci
- Speaker #5
Alors nous on a... On a commencé par prendre le prisme des équipes d'animation et que notamment parfois on a affaire à des animateurs qui ne se sont pas posé la question de qu'est-ce qui me fait plaisir, qu'est-ce qui me fait du bien et encore moins comment est-ce qu'il faut le transmettre. Donc déjà aller chercher ça dans son équipe. Donc il y a vraiment un travail préalable avant le partage. On était sur l'idée de sortir de l'objet. abouti en termes de finalité et que c'était plutôt la démarche et ça revient, ça regroupe aussi le ne pas faire, c'est juste se satisfaire d'un moment partagé et c'est vrai que pour autant les enfants dans le cadre scolaire et même depuis qu'ils sont tout petits, il y a une progression dans l'activité, il y a un objet abouti et en plus il y a la propriété et le fait de le ramener et c'est casser ce schéma là et juste se satisfaire d'un moment partagé d'être et de faire ensemble. Après, la question qu'on s'est posée, c'est quand on se dit que la notion de plaisir, elle se transmet. Ça se disait aussi, moi, je prends plaisir à faire quelque chose, je prends plaisir à animer une équipe qui, elle, prendra plaisir à animer des enfants. Mais comment est-ce qu'on peut avoir ce schéma de plaisir dans une organisation dont ce n'est pas la mouvance ? Une organisation, qu'elle soit professionnelle ou sociétale, comment on décrète sur un tableau plutôt gris d'y mettre un gros point, un gros souci ? Et surtout, et la question après ça rejoint du maintien et de la constance.
- Speaker #0
Celle-là va faire le lien pour moi avec les questions de résistance. Je ne commence pas avec un arbre et un prême, elle est carrément. Ça va comme premier tour ? Je garde la vôtre en dernier parce que c'est la plus grosse, mais elle est super, j'adore. Par où je démarre ? Je ne sais pas par où je démarre. J'aime bien, j'aime bien votre... votre réaction à faire, vous m'envoyez tout de suite à ne pas faire, et en vrai, ça me parle vachement. Effectivement, on a un peu un piège dans nos métiers, pour plein de raisons de contexte, d'essayer d'être productif et de le montrer comme justification de ce qu'on en sert. et il y a effectivement un enjeu à se dire qu'on ne sert pas forcément à être productif et productive on sert à quelque chose, ça j'ai pas de doute mais c'est pas dans la production et la question de la liberté si on parle d'émancipation on parle de se libérer de trucs si je fais en version courte du coup prétendre faire de l'émancipation dans des espaces où la liberté elle est réduite parce que tout est programmé on sent bien que ça frotte Merci. Donc si on se dit que notre objectif c'est de l'émancipation, il faut assumer le fait qu'il y ait des espaces libres, c'est-à-dire des espaces vides. Ça va ? On dit comme ça. Attention, le vide c'est pas vous barrez fumer les clopes. Non, non, mais pour le vrai. Ça s'anime du vide. C'est-à-dire, l'anime ça suppose qu'en termes de posture, toi tu sois toujours présent. Je vous présente. Ok ? Et ça s'accompagne. Mais assumer le vide, et du coup avec l'ennui, c'est hyper important, on est autour des questions d'émotion. Globalement, tu fais rien de créatif si tu t'ennuies pas. Et c'est difficile, parce que l'attente des parents, elle est qu'ils soient occupés et qu'ils s'ennuient pas, voire d'autres commanditaires, et même les attentes spontanées des gamins, c'est ça. Pourtant on se dit que nous il y a un objectif à faire ça. Vous pourrez aller regarder, il y a plein de dispositifs d'EducPop un peu anciens. Je trouve vachement intéressant. Le plus frappant, c'est les terrains d'aventure. Il y en a qui voient ce que c'est les terrains d'aventure, c'est juste des terrains vague avec du matos. Et il n'y a pas de consignes, il n'y a pas d'activité proposée, et c'est une étude des merdes. Du coup, si tu n'as pas d'idée, tu t'ennuies, puis tu finis par trouver une idée, et tu inventes ton machin. Ce truc là moi je le trouve hyper utile par contre pour qu'il marche outre le fait d'assumer ça par rapport à un certain nombre de gens qui vont nous dire mais vous faites pas votre boulot c'est une difficulté je dis pas le contraire Il y a un truc dont on a vachement besoin pour que ça, ça marche et que ça serve à quelque chose, et qu'on ne fait pas si souvent que ça pour moi, c'est de se dire, à la fin d'un temps, en partir d'un temps comme ça, il faut qu'on ait un moment d'expression de qu'est-ce qui vient de se passer. Il y a beaucoup dans nos pratiques, le côté on tient les timings, on tient les machins, on déborde toujours sur nos timings, on finit souvent de manière un peu pourrie nos temps d'animation. Non mais t'es souvent un peu de merde c'est l'heure, merci barrez-vous. Non mais moi je le fais aussi, vous inquiétez pas, c'est pas la question. Le temps de la fin, si on le fait correctement, il a une fonction hyper importante. C'est le temps où on a fini, on se dit on arrête d'être en groupe, et maintenant chaque personne se demande qu'est-ce qui vient de se passer. Et ce temps de prise de recul, c'est à ce moment-là que tu vas nommer ce que ça apporte. C'est à ce moment-là que ça va prendre du sens et que ça va s'ancrer. Si tu ne le fais pas, ce qui va être retenu, c'est un truc au hasard, et souvent le dernier machin. Si tu as passé une heure et demie super, et que sur la dernière minute, tu t'es engueulé avec un copain, tu reviens à la maison en disant « on s'est engueulé, c'était nul » . Non mais c'est vrai, et en tant qu'adulte, pareil. Du coup, il y a un truc à se faire un vrai temps de débrief avec notre groupe, avec des fois, c'est juste une ou deux questions. C'est quoi le truc que vous avez retenu ? C'est quoi qui s'est passé de bizarre aujourd'hui ? C'est quoi qui s'est passé de chouette ? Pourquoi ça a fonctionné ? Vous pouvez le faire de plein de manières. Et juste comme ça, sur de la parole, si vous n'avez pas plus de temps. Des fois, je le fais même sans le partager, moi. C'est-à-dire qu'il y a des temps, notamment de formation, où vraiment, je leur dis, vous, le truc qui vous a touché, impacté, dans ce qu'on a fait aujourd'hui, c'est quoi ? Vous avez deux minutes pour y réfléchir, et au bout de deux minutes, on ne s'en reparle pas. Mais vous avez eu deux minutes pour prendre du recul et vous poser la question. Ça va comme idée ? Et ça, pour faire bien avec la question d'émancipation, c'est là que tu prends conscience de trucs. Si tu poses ta question correctement. Du coup, là, il y a la question du débrief. Hop, et émancipation, du coup. C'est tes temps de prise de recul qui vont, si ce n'est provoquer, en tout cas faciliter, augmenter, optimiser la prise de conscience que tu cherches à provoquer. Ça c'est vrai pour vos publics, et que vos publics ce soit les enfants ou vos équipes. Je pense que sur l'animation avec les enfants on ne le fait pas forcément tant que ça, je pense que sur l'accompagner les équipes on le fait encore moins. Après, ça dépend, on peut être beaucoup mieux que ce que je vois le plus souvent. Mais les temps de bilan, ils sont souvent sur l'aspect productif. Ils ne sont pas souvent sur l'aspect prise de conscience. Et qu'est-ce qui s'est passé et quel sens ça a ? Vous voyez ce que je veux dire ? Et ça, du coup, cet enjeu-là, il fait le lien avec le animer avec plaisir. Parce qu'il y a un enjeu pour animer avec plaisir, tu posais la question très bien, c'est pourquoi moi j'y trouve du plaisir. Et le premier enjeu c'est d'arriver à le nommer. Vous sauriez dire vous facilement pourquoi vous prenez du plaisir à animer ? C'est pas forcément si simple. Vas-y, une proposition ?
- Speaker #1
Le plaisir, il se trouve dans la transmission.
- Speaker #0
Ok. La transmission de quoi ?
- Speaker #1
De valeur, de droit, de souvenir, de plaisir.
- Speaker #0
Et tu donnes déjà plusieurs trucs différents. Et c'est là que ça va avoir le fou. De plein de choses en fait. Si c'est la transmission de plaisir, ton plaisir, tu le trouves, passe les autres en non. Ce qui n'est pas nul, mais c'est un truc spécifique et ce n'est pas tellement toi. Si t'es sur le qu'est-ce que ça fait bouger chez les gens, c'est plus le côté de transmission au terme pédagogique qui te parle. Et si c'est ça qui te parle, tu vas l'animer différemment. Du coup, il y a un enjeu à le nommer et accompagner les équipes à le nommer. Et notamment, moi, je... Je vais vous le noter en gros. La... Non, je ne pourrais pas généraliser. Posez-vous la question et amenez-vous à vos équipes à se poser la question pour eux et pour elles. Et pas seulement sur ce qui est projeté sur le public. Vous voyez ce que je veux dire ? Parce que c'est là qu'il y a un truc qui peut tenir sur la longueur. Le faire pour le public, c'est très chouette. C'est très sympa en termes d'empathie. En termes d'usure, par contre, ça ne te protège pas beaucoup. Il y a un moment de voir des gamins qui s'amusent. Il y a un moment, ça s'épuise quand même, pour beaucoup d'entre nous. Du coup, si tu ne le relis pas à un truc qui est plus de toi-même, et qui n'a pas plus de sens, ça va être dur de te tenir. Alors pour le tenir, il faut le nommer, il faut avoir des temps de débrief, etc. Mais, point de départ, où est-ce que ça m'agite, moi ? Ça va ? Moi, j'anime d'abord parce que je suis en colère et que j'aime emmerder les gens. Et je fais ça avec le sourire, ça fera le lien. Je fais ça avec le sourire et très gentiment, mais le truc qui fondamentalement me fait bouger et continue à me faire y prendre du plaisir, c'est ça. Ce qui n'est pas forcément votre cas, chacun peut être à des endroits différents, tellement notre métier il est large, mais plus vous le nommez, mieux ça va marcher sur ce côté-là. Ça roule ? Je dis un dernier truc, parce qu'après je pense qu'en termes de timing... Je suis mort. Ouais, c'est ça. En termes de... Merci. Je vais compter sur toi pour la prochaine. En termes de feedback, il y a tout un feedback qui est le feedback à faire faire au groupe, sur lui-même ou vis-à-vis de vous. qui est hyper intéressant pour ça et pour ajuster vos pratiques. Passez au moment aussi où on vous raconte ce qui s'est passé pour eux et pour elles, et vous allez pouvoir corriger, adapter. Ça, c'est super. Par contre, quand on est dans le faire, il y a aussi un truc super important, vous le disiez, c'est se rendre compte qu'on vient de faire un truc. Et ça, pareil. Il y a besoin pour la plupart des publics que vous avez de faire vous le job, qui peut sembler un peu artificiel, de nommer ce qu'on vient de faire. On vient de faire une fresque, à la fin d'un temps d'animation, nommer on vient de faire une fresque, c'est-à-dire une peinture collective à 20 personnes sur 4 mètres, c'est lui donner un sens. C'est en faire un objet. Ça peut avoir l'air anodin, je vous promets que ça l'est pas. Parce que tu leur dis ce qu'ils viennent de faire. Pour lequel ils n'ont pas forcément de mots ou d'idées que c'est un vrai truc. Moi, c'est un machin qu'on a fait en vrac. C'est différent de « on a terminé une frasque collective » . Ça va ?
- Speaker #1
Ça veut dire qu'il y a deux étapes, finalement, de fin. Il y a à la fois le fait de nommer, et à la fois le fait de prendre le temps de se dire « qu'est-ce qui s'est passé là pour vous ? »
- Speaker #0
Là, j'avais mes étapes de démarrage. Mes étapes d'arrivée, il y en a au moins deux. En vrai, on peut en mettre d'autres, mais il y en a au moins deux super importantes. Il y a le... Pour clore ce qu'on va faire ensemble, on nomme le ensemble qu'on a fabriqué. S'il a une forme physique, c'est super parce qu'on a un objet qui est notre production ensemble. Mais ça, comme point d'arrivée, symboliquement, c'est hyper important. Et dans la foulée, nous, on essaie de faire l'effort d'apprendre à valoriser, c'est-à-dire à donner de la valeur à ça, à dire qu'est-ce que ça a demandé de réussir ça. Et le nommer, c'est le donner aussi, pour de vrai. Et après ça, prise de recul de qu'est-ce que ça me fait d'avoir fait ça, comment ça se fait qu'on a réussi, est-ce que c'était facile ou pas. Il y a tout le registre de questions qui mène sur les questions d'émancipation. Est-ce que j'aurais pu le faire si on ne m'y avait pas poussé ou pas ? C'est une question qui est vachement intéressante par exemple.
- Speaker #4
C'est valoriser aussi.
- Speaker #0
Alors là, c'est toi qui valorise. Là, c'est toi qui leur dis, qui leur apporte un truc qui leur donne de la valeur. Là, tu leur poses des questions où ils se démerdent pour donner de la valeur ou te dire du sens et prendre la mesure de ce qu'ils viennent de faire. C'est tout à fait complémentaire, mais il y en a un, c'est vous qui le faites pour eux, vous leur nommez, vous leur valorisez, et l'autre, où on est redevenu des individus, c'est plus vous qui gérez un groupe, et vous leur posez des questions pour provoquer de la réflexion. Ça va ? N'hésitez pas à réagir, en termes d'interaction, d'animation, c'est pas le format le plus facile, mais... On est ok avec ça ? On essaie de se prendre... Il est quelle heure du coup ?
- Speaker #1
28
- Speaker #0
Tu me fais signe à 40 Ça marche Joie et valeur Qu'est-ce que vous avez à nous raconter ? Il y avait vous ? Il y avait qui d'autre ? Sur la question valeurs, il y avait vous ? Allez, on est parti dans l'ordre où vous voulez.
- Speaker #1
On se retrouve dans ce fédéré, plutôt dans le sens où on a tous des valeurs totalement différentes. Il y a des valeurs qui vont être importantes pour toi qui ne vont pas forcément être importantes pour moi. Il y a des valeurs notamment aussi dans le projet pédagogique qui ne vont pas être... importante peut-être pour certains animateurs donc c'est comment fédérer autour de ces valeurs là mais également aussi les valeurs que par exemple la ville de Grenoble dans le PEDT nous transmet comme par exemple on parlait de l'égalité filiation qui pour beaucoup peuvent parler et quand on transmet à l'équipe d'animation pour qui ça ne parle pas forcément Donc c'est comment travailler par exemple sur ce genre de valeurs et amener une dynamique de groupe là-dessus.
- Speaker #0
C'est vraiment bon. Et deux autres groupes ?
- Speaker #4
On se demande si l'enfant perçoit vraiment la valeur qu'on tient à lui partager. Le plus important c'est qu'il comprenne quelle valeur il s'agisse. Et le plus important c'est qu'il le vive, qu'il l'expérimente.
- Speaker #1
Vous parlez plus fort que je parce que même lui-même il entend ça. Il a trop longtemps de domination, il rentre en carrière.
- Speaker #4
C'est vraiment important pour l'enfant qu'on crée une seule valeur et qu'elle est derrière une activité ou un projet. Et que le plus important c'est plutôt l'avenir qu'il expérimente derrière une activité. Merci. La finalité finalement c'était quand l'animateur n'est pas là, n'est pas avec l'enfant, c'est à ce moment là qu'on peut voir, comprendre s'il a intégré cette valeur et ce que ça lui a apporté.
- Speaker #1
Nous on est parti des mots égalité, justice, vivre ensemble, on s'est parti des textes, et en première lecture on se dit que ça ne nous dégageait pas de la joie comme ça, dans le mot, à part peut-être le vivre ensemble. Sinon les os c'était plutôt quelque chose de... C'était assez rigide, assez austère. Par contre on s'est dit que si on arrivait à vraiment les faire vides, pas forcément à les nommés mais en tout cas à les faire vides, c'est pour ça qu'on pouvait nous donner de la joie en tant que famille. Et ce qui était important pour nous, c'était de donner un sens commun, en tout cas que l'équipe partage et qu'on y mette tout ça même chose derrière. Et qu'en fonction des publics, de la structure dans laquelle on travaille avec le public, ça va pas être tout à fait les mêmes, il va y avoir des solutions différentes.
- Speaker #0
Carrément différentes.
- Speaker #1
Et nous on rajoute que dans le sens commun, parfois une valeur... ne véhiculent pas la même chose pour un individu et un autre et du coup qu'est-ce qu'on en fait et pourquoi et enfin quelle est la réponse est-ce que c'est grave
- Speaker #0
plein de choses là-dessus. Dès qu'on parle valeur, effectivement, alors déjà, on ne les entend pas forcément de la même manière, ça c'est un enjeu, et puis on n'est pas forcément d'accord. La première question que ça pose, on va faire bien là, dès qu'on parle valeur, si vous voulez parler valeur, il va falloir assumer du conflit. On peut appeler ça du dissensus, si vous voulez faire plus poli. Mais c'est l'idée qu'on ne peut pas parler valeur sans se dire que c'est ok de ne pas être d'accord. Alors on peut avoir des lignes rouges, etc. Mais si vous voulez en parler avec des gens, soit vous parlez avec vos clones, non mais soit vous bossez le fait que ça va se faire avec une dimension de conflit. Ce qui de mon point de vue est une tout à fait bonne nouvelle. Non mais... Je vais le dire. Tiens. Une astuce, mais ça fait bien avec un truc que je les appelais tout à l'heure. Se réconcilier avec le conflit, c'est un vrai boulot selon nous, vous venez. Mais quand vous animez, si vous voulez, par les valeurs du coup qu'il y a des conflits, ou si vous voulez produire de l'émancipation, qui passe forcément par des moments pas confortables et de conflits internes, il faut équilibrer le conflit avec la convivialité. C'est très con, mais... Mais exactement, t'engueuler autour d'une bonne pizza avec des bières, c'est beaucoup plus facile que t'engueuler autour d'une table froide avec un powerpoint et des gens que tu connais pas bien. Du coup, plus vous voulez aller sur les questions de valeur ou d'émancipation, plus il faut équilibrer ce truc qui va produire de l'inconfort avec un truc qui fait qu'on se sent quand même bien ensemble et qu'il y a une raison de continuer. Tu vois ? Ce qui fait qu'il y a toute une partie de trucs, de jeux, de bouffe, de machins qui sont juste là pour dire on est bien ensemble. Alors, c'est pas mauvais en soi, mais pour moi, ils ont une fonction qui a vraiment du sens quand tu te dis que ça permet d'équilibrer ce machin et de tirer dans ce sens-là. Après, tu peux faire des soirées pizza pour le plaisir des soirées pizza. Si je chipote, parce que j'aime bien chipoter, pour moi, t'es dans du plaisir et du confort, t'es pas dans de la joie. La joie, c'est plus fort que ça. C'est qu'il y a un truc qui fait écho en termes de valeur et que t'as un minimum d'ambition, de truc où tu veux aller, si c'est joyeux. Ça va ? Donc on l'écrit avec le point UIL. Ce qui nous laisse le problème de nommer les valeurs... Alors il y a un des textes qu'il y a là, où moi je mets un mot que je trouve intéressant. Si vous voulez faire des grands débats qui n'avancent pas beaucoup, vous pouvez faire deux heures de débat sur qu'est-ce que c'est qu'une valeur, un principe, un besoin et quelles sont les différences. Je ne trouve pas ça très utile dans notre métier, mais il y a des gens qui aiment ça. C'est pour ça que j'essaie de réduire d'un point de vue pratique. Un des valeurs, c'est les trucs sur lesquels on est prêt à se bouger le cul, voire à se battre. C'est un truc qui nous importe. Et, pour que ce soit une valeur, c'est un truc qui nous importe et il y a d'autres gens qui ne sont pas d'accord. Ça va ? Le gâteau au chocolat, c'est pour une valeur. Tout le monde est d'accord ? Pour penser ce truc-là, je vous l'opte ici, c'est sur mon site, je ne peux pas vous le présenter aujourd'hui. Il y a un gars en sciences sociales qui a bossé sur nommer les valeurs et les organiser de manière qui permet de voir lesquelles sont en tension les unes avec les autres. Ça marche ? Et ce qui est intéressant, c'est que ça permet de nommer que toutes les valeurs, elles sont positives, et que c'est après les questions de hiérarchie. Ça va ? Par exemple, si on se dit une valeur... Alors, la sécurité, c'est une valeur. Vouloir être en sécurité, voire vouloir que sa famille soit en sécurité, c'est une valeur. Ça marche ? C'est pour ça que je ne vais pas chipoter sur Besanar. C'est un truc qui t'importe. C'est un truc qui t'importe. Qui compte. Ça marche. Donc ça, ça marche. Mais cette valeur-là, si tu veux, par exemple, faire de... Je fais pas une émancipation. Si tu veux faire de l'égalité ou de la nouveauté ou du changement, ça vient en opposition à ça. Et les deux sont bons. C'est juste que selon les manières des personnes, tu vas arbitrer « Ah ben moi c'est ça qui passe avant ça, moi c'est ça qui passe avant ça. » Voyez l'idée ? Ce truc-là, ça permet de le penser comme ça et de le mettre en discussion. Je trouve hyper intéressant pour ça. J'en fais pas beaucoup plus. Je dis ça sur le côté fédéré. Alors, à partir du moment où on parle d'émancipation, je trouve ça toujours, il y a toujours une tension de dire je veux que les gens s'émancipent, qu'ils soient libres, mais je voudrais bien qu'ils soient d'accord avec mes valeurs à moi. Non mais sur la transmission, il y a un truc qui est toujours un peu problématique de comment tu doses. Et du coup, pour moi, il y a une vraie différence sur la question que tu posais entre incarner les valeurs C'est-à-dire faire un travail sur nos outils, nos postures d'animation, pour faire qu'on fait vivre ça, on les montre, on les traduit dans ce qu'on fait. Ça marche ? De dire égalité femmes-hommes, par exemple, ça peut se traduire dans des attentions de comment tu répartis la parole dans un groupe, sur du langage inclusif. Mais ça, c'est d'incarner ces valeurs. Et du coup, c'est un enjeu d'être juste par rapport à ces valeurs-là. C'est pas de convaincre les gens quand tu fais ça. Et c'est un enjeu différent, du coup. de la question de la transmission. Et transmettre les valeurs, c'est compliqué. OK ? Là, on est sur la pédagogie. Et en vrai, si on creuse un peu, soit tu le fais en mode ultra-descendant et autoritaire, et ça s'appelle... Je sais que je m'en ai une autre histoire. Mais ça s'appelle de la propagande, en vrai. La propagande, ça a eu des usages très moches. Mais tu vaux que dans la tête des gens, il y a le truc auquel tu crois. Ce qui est une approche pédagogique avec 16 outils. Tu veux transmettre des valeurs et que tu veux que les gens se les approprient vraiment, t'accompagnes de l'émancipation et tu croises les doigts. Mais pour le vrai, et c'est pas le même boulot. C'est-à-dire que tu vas outiller de l'esprit critique, de la réflexion, etc. Et après, quand je dis que tu croises les doigts, c'est que si tu veux produire l'émancipation, sur la fin du chemin, c'est le moment où tu lâches Et juste, t'espère que la majorité vont reconnaître dans tout ce qu'on a réfléchi ensemble que c'est plus sympa l'égalité que l'autorité. Mais en vrai, si tu veux qu'elle s'intègre, il y a vraiment une question de pari. Ça vous parle, dit comme ça ? C'est un pari. Tu peux essayer d'expliquer tes valeurs, tu peux essayer de donner l'esprit critique, des machins, etc. Mais moi je pense pas que tu puisses, en tout cas si tu restes cohérent avec nos idées d'éluque-pobre, d'émancipation, les transmettre directement. Et ce qu'il fait, on s'en met pas à l'âge. Pourquoi j'ai écrit ça ? Et du coup, les moments... Vous le dites tel que je le prends... Ah oui c'est ça, pardon. Moi, un truc que j'aime bien me dire pour mon métier, et puis le vôtre aussi, parce que sinon c'est pas vivable, on peut se donner des obligations de moyens, faut pas qu'on se donne des obligations de résultats sur ces enjeux-là. Si vous dites que votre métier, il est bien fait, s'il croit tous à l'égalité homme-femme après un an de péri-scolaire, vous allez vous faire du mal. Non mais pour de vrai, c'est vachement important. Par contre, de se dire, moi je me suis donné l'obligation de mettre tous les moyens que j'ai à disposition du mieux possible. Pour ça, ça on peut le mesurer et se dire, ok, j'ai bien fait mon boulot. Ok, merci. Et du coup, les moments où tu te rends compte que ça va marcher, pour moi c'est du bonus. C'est du bonus super important, mais c'est du bonus. Tu vas en choper les petits bouts si tu fais bien tes temps de débrief. Et les vrais bouts que tu vas choper, c'est quelques... Des années plus tard, au hasard d'une rencontre, quelqu'un qui va te dire que. Ces moments-là, captez-les, ils sont hyper précieux. Et ils permettent de mesurer tous les autres que t'as pas vus et que tu verras jamais. De la même manière que je suis sûr que vous avez eu des animateurs, animatrices ou des profs qui ont eu beaucoup d'importance pour vous, et vous êtes jamais allé leur dire. Là, vous êtes aujourd'hui dans cette position-là. Donc les petits bouts, on vient nous le dire, ils sont précieux, gardez-les. C'est dans le incarné. Et tu croises les doigts pour...
- Speaker #3
Si on ne fait pas du descendant, on peut faire de l'exemplarité,
- Speaker #0
de la mise en situation pour... La mise en situation, je ne suis pas contre. Et j'ai un temps très court. C'est toujours un peu casse-gomme. Parce que ça peut vite renvoyer à un imaginaire un peu scolaire de « en attend de moi tel comportement » . Et du coup, ça va plus être du copier pour faire plaisir que du intégrer vraiment. Alors ça dépend comment... comment tu l'animes, mais il y a toujours ce piège derrière la mise en situation anime. Et si c'est pour du ressenti, justement ? Ah, c'est pour nommer ses ressentis ? Ok, ça, ça me va. Et du coup, tu es sur le travail de la prise de conscience et pas de l'injonction à un comportement. Ouais, ça, super. Voilà. Et effectivement, sur la question de transmettre, plus les valeurs que vous essayez de transmettre, elles ont l'air de venir d'une institution et d'un cadre où c'est une injonction, plus chez certains publics tu crées une résistance et ça ne marche pas. En particulier, là encore je dis très vite un truc très compliqué, plus tu vas essayer de le transmettre à des populations qui sont défavorisées socialement, plus ça va bloquer. Parce que l'institution, ce n'est pas leur pote par défaut. Même si en vrai ça devrait, dans le ressenti de vécu social, c'est pas très bien. Et je dis un dernier truc, et je sais que je suis en retard, sur la question des différences au sein de vos équipes, parce que ça vous... Je vous mets juste deux mots importants et on en discute en off si vous voulez. Il y a deux choses importantes dans nos métiers et qui ne sont pas les mêmes. La déontologie, c'est en termes de valeur, qu'est-ce qui est nommé dans les règles et les textes. Vous avez un PEDT, vous avez des projets politiques, vous avez des projets éducatifs, et vous avez la loi. Ça, c'est des textes qui vous donnent un cadre déontologique. C'est-à-dire qu'il vous dit, votre métier, il a telle limite, tel truc que vous avez le droit de faire, tel truc que vous n'avez pas le droit de faire. Ça, ça fait partie du contrat que vous passez dans votre métier. Ça répond à un certain nombre de questions et où, entre guillemets, c'est facile parce que là, vous n'avez pas à chipoter, c'est le cadre qui vous est donné. Ce cadre, il n'est jamais suffisant parce qu'on ne peut pas écrire un texte qui répond à toutes les situations. Donc, dans les trous, il se pose des questions d'éthique et les questions d'éthique, c'est beaucoup plus compliqué. Ça va demander à toi de juger en termes de justice par rapport à tes valeurs, là, qu'est-ce qu'il faut faire quand le texte ne répond pas lui-même. Ça marche ? Et on jongle très souvent entre les deux dans notre pétier. C'est pour ça, c'est surtout pour vous rassurer, qu'il y a plein de moments où on n'est pas dans du total confort. Parce que ça déjà, il faut le connaître pour l'appliquer bien. Et puis ça ne répond pas à tout. Il y a des moments où ça frotte et il faut aller sur ce terrain-là. Et ce terrain-là, plus tu auras nommé les questions de valeur, moins ce sera chiant. Mais c'est normal que ce ne soit pas simple.
- Speaker #1
Petite réflexion,
- Speaker #6
entre les deux là, entre l'émancipation et la transmission, je trouve qu'il faut quand même conscientiser que c'est des petits bouts qui s'ajoutent et dans le temps et qu'on ne peut pas mesurer d'où le... on ne peut pas aller sur le résultat, mais se dire qu'on participe à un cheminement.
- Speaker #0
C'est pour ça que dans notre PC, il y a une partie de foi qui n'est pas religieuse, vous pouvez, en option, mais qui est la foi que par petite touche au bon endroit, ça va contribuer à ce gros machin qu'est l'émancipation, en particulier collective. Et ça, on n'est pas en position, nous, globalement, de le mesurer. Par contre... Si ça, c'est important. Par contre, n'hésitez pas à aller regarder des gens en sciences sociales qui bossent sur quel est l'impact de notre métier, parce qu'il en a clairement un. Et ça, c'est mesuré. Enfin, il y a des gens qui bossent vraiment dessus. Et vous avez, récemment, vous en avez deux qui sont super. Des personnes qui témoignent de parcours individuels. Allez voir sur les réseaux que vous fréquentez, vous allez les trouver. Il y a deux vidéos différentes et une où ils sont ensemble, de Marwan Mohamed, d'un côté, qui est sociologue, et de l'autre côté, Nesrin Slaoui. qui est journaliste, et qui raconte en quoi l'éducation populaire et le BAFA a changé le parcours de leur vie. Mohamed, il dit, j'aurais pas eu une MJC pour passer un BAFA, je serais mort parce que j'aurais été dealer. Aujourd'hui, il est enseignant-chercheur en sociologie et il dit, c'est le BAFA qui a fait toute la différence. Donc sur le fait que nos métiers ont de l'impact. Voilà. Prenez le temps de la regarder si vous avez du doute, ça fait du bien. C'est important. Marwan Mohamed, je vais vous le noter. Marwan Mohamed et Nesrin Saoui, accessoirement, les deux, au-delà de ce témoignage, font des trucs super intéressants. Marouane Mohamed en sociologie, et Nesrin Stawi, notamment, si vous voulez, moi j'ai adoré son dernier livre, celui juste avant, sur qu'est-ce que c'est un parcours de jeune femme maghrébine de quartier, en passant par les études, etc. C'est hyper bien écrit et hyper fort. On est bien ? On nous reste 10 minutes ? Vite fait. Non, on a qu'à rester. Allez ! Joie et résistance. Pardon, joie et valeur, je tiens, dernier truc avant de passer aux deux ou trois groupes sur joie et résistance. Je vous ai dit pour la surprise inattendue tout ça, si on fait de la pédagogie des émotions basiques, ce qui fait partie de nos outils fortement utiles, la joie, ça vient du fait que vos valeurs et vos besoins viennent d'être respectés. Donc le lien, il est essentiel. Et c'est pour ça que ce n'est pas juste du plaisir ou du confort. C'est plus fort que ça. Ça roule ? Et du coup, l'inverse, je le nomme, parce que, hop, ça va faire la transition là, et je trouve ça vachement utile dans nos métiers, et je l'ai nommé juste avant. À l'inverse, quand tes valeurs et ou tes besoins ne sont pas respectés, c'est quelle émotion ? Ouais, c'est la colère. Et ça, c'est la paire d'émotions pour moi au cœur de l'éducation populaire. Au cœur des questions de sens. Et la colère, ça mène à quoi comme réaction saine ? La révolution en fait partie. La colère, c'est, vraiment en psychologie, c'est l'émotion qui te met en action. Et en partie en action pour résoudre le problème. Donc dès qu'on va faire bouger des choses, la colère se tient. Du coup, joie et résistance. Qu'est-ce que vous avez ? On a un groupe là-bas et... Et un bon plat, merci. Ah mais c'était le gros pro, je vais dire ça. On a hâte que vous nous direz des petits mots ici,
- Speaker #3
je sais pas si vous avez l'air d'avoir l'air d'y être. Nous, on a un plan d'injustice, et qui justement amène la question, est-ce qu'on arrive toujours à être juste dans nos pratiques, dans nos métiers ? Et justement, comment est-ce qu'on peut laisser la place aux revendications et comment on peut les accompagner ? La résistance c'est aussi affirmer, essayer de faire avancer les choses, résister pour faire avancer les choses peut-être. Et c'est aussi en fonction de nos valeurs, peut-être. Ne pas oublier les valeurs. Ne pas oublier le milieu social. Tu peux être un frein ou être aidé. Et ça renforce le... Résister, ça peut renforcer l'estime de soi.
- Speaker #7
le collectif permet peut-être de dire non plus joyeusement pour certains dans le cadre de donner d'autres perspectives. Donc souvent, c'est un non qui t'amène à penser autrement ou à penser différemment. Et puis individuellement, ça revient à ce que disaient les globaux, c'est-à-dire le non individuel peut être posé quand il est aligné avec tes valeurs et que tu sais pourquoi tu dis non, mais que c'est un vrai non. Tu dis franchement non là, c'est bien. Et puis les questions qu'on se posait, on disait aussi qu'en grand groupe, c'était quand même compliqué parfois de dire non, parce qu'en fait on ne peut pas être dans la prise en charge individuelle tout le temps. Et les questions c'est comment l'autre peut comprendre ton nom ? Est-ce que le nom mais est plus simple à dire que le nom tout court ? Comment si on peut parvenir à dire non et à en être responsable ? Comment accepter le nom de l'autre avec voix ? et puis on parlait avec les enfants comment le nom de la frustration justement peut être dit avec joie enfin proposer le cadre et ne pas être à un moment le monde à limite c'est important à apprendre et à commencer avec vous
- Speaker #0
et non de la contrainte qui donne de la liberté.
- Speaker #1
On s'est dit aussi, dans la transmission, comment on apprend à dire non. Comment on apprend à dire non. Comment on s'entraîne, on s'est dit, il y a des endroits où il faut s'entraîner, mais on n'est plus capable de dire non. Dans certaines organisations, notamment. Et puis notre nom, il n'est pas toujours entendu. Ouais. Du coup, on est en colère, en fait. C'est vrai.
- Speaker #0
de travailler l'expression. Alors, on peut encore beaucoup trop choisir. Ça passe par un vrai travail de fond de se redire que le conflit, c'est OK. Le pire ennemi du don, enfin, je dis ça, je veux dire, pour moi, c'est la tendance qu'on a culturellement au consensus permanent. Cette idée que c'est super d'être tous d'accord et tous au même endroit. Et ça, c'est hyper présent. Et notamment, pardon, je dis ça sans méchanceté, mais derrière beaucoup la manière de dire que notre objectif, c'est de vivre ensemble, il y a beaucoup ce truc-là de lisser les différences. Et du coup, pas légitimer des positions différentes. Les premières personnes qui ferment leur gueule, c'est les personnes minorisées. Ça marche ? Donc oui, il y a un gros enjeu en termes de justice et d'égalité à faire la place à cette parole-là. Ça roule ? Là dessus. Toute la boîte à outils avec les outils d'expression, vous trouverez les astuces pour ça. Je suis refavorisé. de la prise de parole. Et honnêtement, regardez, il y a un certain nombre de jeux et de supports qui sont autour de la question du consentement, qui sont beaucoup autour de ces questions sur comment réussir à formuler un nom, à l'assumer et comment écouter en face. En termes de pure technique, c'est à cet endroit-là qu'on trouve l'outillage spécifiquement là-dessus. Que votre question soit le consentement ou dire non en général, vous allez trouver de la ressource là sur le comment. Ça marche ? Donc ça oui, sur l'expression du coup plutôt individuelle, pour passer vers du collectif, il va falloir en faire du commun. Et ça c'est un vrai job de, ça fait partie de la partie, une fois que le nom il est dit, nommer quelqu'un. quels problèmes il y a déjà et assumer qu'il y a des problèmes et que c'est ok dans la dynamique collective ça nous mène sur toute la logique là encore je vous balance les trucs vous allez chercher sur tout l'outillage autour de ce qui s'appelle le développement du pouvoir d'agir des personnes et des collectivités qui est un truc qui a été beaucoup bossé et de manière à certains endroits tout à fait compréhensible un petit bouquin si vous arrivez à le trouver collectivité il va le trouver qui est super bien foutu là dessus parce qu'il est efficace il est très court avec plein de dessins il est super lisible soutenir sans prescrire de Yann Lebossé avec une méthode et des vraies ressources sur comment tu fais problème avec un collectif pour accompagner ensuite des démarches d'émancipation, de se mettre en action. Mais ça te suppose effectivement de faire commun et de le porter collectivement, ce qui fait qu'en termes de joie, le portage collectif, si tu le débriefes à la fin, je me rappelle avec le disette, si tu le débriefes à la fin, tu peux constater par petits bouts que tu contribues à de la transformation sociale, à faire bouger les choses qui ne t'avaient pas au départ. Et je le redis, entre le faire et le faire puis le nommer, ça ne fait pas le même impact. Régulièrement, on le fait sans le nommer à la fin, sans en prendre conscience, et tu perds la moitié du bénéfice. Ça, ça alimente de l'espoir, c'est important aussi. Et tu as raison, et c'est super important, et il y a plein encore de récits qui montrent que... Ces actes de résistance, et des fois les premiers sont très petits, sont dire non, monter un micro-collectif pour, j'en sais rien, avoir une post-toilette en plus. Ces trucs-là, en vrai, dans des parcours d'émancipation et de vie, c'est des vrais déclics. En termes de « je suis quelqu'un qui est capable de » dire non, demander un truc. Et vous bossez, je pense, avec des publics où ces premiers déclics, ils sont pas du tout anodins. Et là encore, la question se pose pas pareil pour différentes personnes dans la société. Il y a des gens qui l'apprennent dès tout petit, et il y en a d'autres pas du tout. Donc vraiment ce côté... Vous souhaitez des clics et ce qui va avec, vous avez super raison, pour nous, animateurs et animatrices, c'est que du coup, ça nous demande de faire un truc qui peut-être vous posez problème, c'est qu'il va falloir lâcher du pouvoir à ces endroits-là. À des endroits choisis, pas n'importe lesquels. Là encore, c'est pas se barrer fumer des clopes. Mais c'est d'accepter que quand c'est une vraie revendication, qui a été portée comme un nom et où il y a un truc derrière, de vous accepter de lâcher votre pouvoir. Parce que, alors je sais qu'on n'est pas des métiers bien traités en général, et que globalement, les gens ne vous disent pas que vous faites un métier important, grandiose, etc. Et malheureusement, malgré tout, quand vous êtes avec vos groupes, votre public, vous êtes dans une position de pouvoir sur votre groupe, à cet endroit-là. Et c'est pas facile, quand on est en position de pouvoir, avec en plus plein d'argent de temps et de demandes, que ça se passe bien, que ce soit en sécurité, que le programme soit tenu, que machin, que bidule, d'accepter de lâcher quand on vous dit non. Comme pour laisser les espaces vides. Alors faites-le petit à petit, vous ne mettez pas en danger, mais c'est un endroit super intéressant. Pour l'avoir accompagné sur des MJC il n'y a pas longtemps, quand des enfants ou des jeunes arrivent à se mobiliser pour dire « non, on ne veut pas faire ça » et que c'est entendu et que ça devient rééducatif, c'est beaucoup plus précieux, en général en termes d'effet, que d'avoir fait l'activité prévue. Mais ça nous met nous en inconfort. Donc la question c'est d'arriver, vous ou pas, je ne donne pas d'or, c'est de lâcher du pouvoir, et que là c'est le moment où on prend l'inconfort pour notre biol, pour arranger notre groupe. Mais c'est plus chiant que de garder le contrôle, et se dire tant pis c'est mon groupe qui sera un peu inconfortable, mais moi je maîtrise. Par contre, en termes d'impact, selon ce que vous visez en termes de valeur, pas perdu. C'est bon. Sur les questions de... Ouais, je viens de transférer un bout de ma charge. Alors, je le dis vite. Oui, je suis d'accord. Il y a tout un cas, tout un tas de cas, où en vrai, les contraintes, c'est un outil productif. Mais c'est aussi parce que se confronter à la contrainte, ça sert à quelque chose en termes de cadre. tous les gens créatifs vous le diront être créatif si t'as pas de contraintes c'est la merde non mais t'en as besoin et t'en as besoin pour te construire indicativement d'avoir un truc auquel te confronter c'est là aussi qu'ils apprennent à dire non bah ouais s'il y a rien face à quel dire non c'est horrible et en vrai psychologiquement si t'as pas de truc auquel te confronter c'est la merde par contre quand tu dis non et qu'il y a une raison de le faire c'est cool nous de l'écouter Et dernière chose que je dis, sur les injustices, si on parle éducation populaire, etc., oui bien sûr, ça veut dire... Si on veut parler à la justice, il faut, nous, être capables de mettre des mots dessus et de les nommer. C'est-à-dire, quand remonte un truc, accompagner, et là encore, c'est ambitieux, ça, c'est la partie la plus ambitieuse, quand on fait remonter une difficulté, un nom, un problème, nommer, est-ce qu'il y a une injustice derrière et laquelle, ça, c'est un vrai job. Qui peut être un job de réflexion collective ou éducatif ? Si vous voulez bosser et être en cohérence, Merci. Eh bien, il faut bosser le nommé des injustices. Je vous en parlais vite fait. Être capable de dire que le racisme, c'est du racisme, que le sexisme, c'est du sexisme, que les injustices de classe ou de catégorie sociale, elles existent et elles produisent des effets. Si vous ne faites pas ça, vous ne bosserez pas cette question-là. Et à l'inverse, vous risquez même de renvoyer à votre public que s'ils sont dans la merde, c'est leur faute. Alors que pour une partie, non. Ça va ? Si je le dis simplement, et sur des trucs que vous savez déjà, mais juste pour illustrer, le fait que dans la plupart des quartiers où vous bossez, les jeunes, pas blancs, ils trouvent pas de boulot, c'est pas parce qu'ils sont mauvais pour rédiger des CV, hein. Et c'est pas en leur apprenant à faire des super CV que ça va résoudre le problème. Ça, si tu ne le nommes pas, en termes d'enjeux de quartier et de racisme... presque, si tu vas être méchant, sous couvert de neutralité, tu vas presque saboter l'estime de ton public, plus qu'autre chose. Donc il y a un enjeu à nommer et du coup à mettre des mots. Et ce truc-là, quand on arrive à le faire, il y a une prise de risque, c'est pas si simple, le jour où tu es en cohérence avec ça, dans plein de cas, ça va te permettre, sur le fond pour de vrai, d'arriver à être en... ...alliance avec ton public. Et là c'est du commun, et là t'avances beaucoup plus loin. T'avances jusqu'à la limite de ton mandat, parce qu'on est dans un cadre de boulot, on a une dentologie, il y a des trucs sur lesquels on n'ira pas, et c'est ok. Ça va ? J'ai essayé de faire interactif, mais j'ai beaucoup parlé après. Non mais c'était la commande ? J'espère que c'était pas trop incohérent, pas trop bordélique. Il nous reste combien exactement ? 5 ? Moins d'une ? Moins d'une ? Ok. Alors on va le faire de la manière que je vous l'ai dit tout à l'heure. On le partagera après. La dernière minute, c'est juste pour vous, tout seul ou toute seule, dans tout ce qu'on a brassé ce matin, c'est quoi le truc que vous repartez avec, qui va vous poser des questions ? Si c'est rien, c'est rien. Je vous laisse la dernière minute là-dessus, et après on se dit au revoir.
- Speaker #4
Le fait de nommer.
- Speaker #0
Ok, alors ça marche. Allez, une minute. Allez. Vous le faites pour vous, s'il y en a un ou deux qui veulent nous lancer à la volée, je prends. Donc le fait de nommer. Super.
- Speaker #1
La question du conflit, vraiment, en fait, on a toujours l'impression que le conflit, ça va finir,
- Speaker #0
le conflit armé, tout ça, et du coup, essayer de faire vivre ce sens, de finir quoi ? Ouais, il y a deux ou trois très bons bouquins à réfléchir là-dessus, je ne sais pas si vous voulez après. Ah, il y a une connotation culturelle qui est compliquée, et selon la gueule que ça avait dans notre famille, ça peut en plus faire très peur, parce qu'on vous a appris autre chose. Mais c'est un super sujet dans nos boulots.
- Speaker #3
Je vais accepter de reculer.
- Speaker #0
Ouais. Ouais. Ça roule. Laissez la place.
- Speaker #1
Laissez la place.
- Speaker #0
A du vide, à de l'intrévu. Super. On est bien ? On vous fait des photos de ça, il y a un bout d'enregistrement. J'ai mis d'autres ressources sur mon site, il y en a plein d'autres. J'aurais aimé faire un petit temps pour finir ensemble, mais vous partez travailler, donc on ne va pas le faire. Je vous dis sincèrement merci, c'est un exercice un peu bizarre pour moi, mais je suis très content d'avoir pu échanger avec vous. Merci beaucoup.