Speaker #2Voilà, bonjour à toutes et tous. Merci Madame Marcoux, M. Hamelin de votre accueil. Merci à la Ville de Grenoble de l'organisation de cette semaine. Je remercie aussi les deux inspecteurs de deux circonscriptions de la Ville de Grenoble de leur accueil très chaleureux ce midi. Je suis heureux d'être avec vous, ça serait le comble sur une semaine sur la joie de ne pas témoigner à la fois de cette joie qui m'habite depuis que je travaille sur toutes ces questions-là pour l'éducation, tellement l'instituteur que je suis a pu faire l'expérience aussi de l'importance de ce sujet lorsqu'on en enseigne. J'ai essayé de vous montrer en quoi les compétences psychosociales, donc vous voyez au cœur de ce titre, sont absolument au centre des conditions qui favorisent le bien-être et la réussite. Alors ce n'est pas nouveau en soi. Ce qui est nouveau, c'est d'en parler. Donc depuis des années, certains, certaines, vous incarnez cela. Et c'est quelque chose qui est plus ou moins conscientisé, mais qui est vraiment dans ce que vous êtes, parfois pour certains, dans votre ADN. Ce qui est fondamentalement nouveau, c'est de pouvoir expliciter comment ça fonctionne. comment on va favoriser des compétences qu'on appelle compétences psychosociales et qui vont permettre vraiment aux élèves de se sentir mieux mais aussi on va le voir, aussi à vous de vous sentir mieux on aurait pu choisir comme titre ici un titre légèrement différent où on aurait indiqué notamment par le développement des compétences psychosociales des élèves et des personnels parce qu'il est clair que sans vos compétences psychosociales à vous vous aurez du mal et vous avez du mal et donc la majorité d'entre vous, vous avez déjà un haut niveau de compétences psychosociales alors vous allez me dire pourquoi le sujet parce qu'il s'agit de les développer chez les élèves mais aussi peut-être de renforcer les vôtres autres. On va voir comment ça fonctionne et combien le sujet est absolument passionnant. On n'est véritablement pas du tout, du tout, dans un effet de mode. Ce n'est pas du tout une mode. C'est une conscience nouvelle adossée à une connaissance, une connaissance issue, on va le voir, d'un certain nombre de travaux que je vais présenter tout à l'heure. En plus, ici, on est dans la ville en France où, très particulière sur le plan des connaissances psychosociales, parce que deux des Merci. quatre grands chercheurs en France qui travaillent sur ce sujet-là, travaillent à l'Université de Grenoble. Donc, Rebecca Shankland et Damien Tessier ont vraiment œuvré depuis des années au développement des compétences psychosociales. Ce sont vraiment des personnes pour qui j'ai une immense considération. Alors, le diaporama, je me tourne vers nos deux inspecteurs de circonscription. Je pense qu'on pourra en avoir accès. Je ne sais pas comment vous allez faire, peut-être sur le site de la circonscription. Donc, au niveau de la prise de note, tout ce qui est là, vous l'aurez en accès. Il y a des tas de choses que je vais dire qui ne sont pas sur les 28 ou 30 diapositives que je vais projeter. Ne cherchez pas surtout à être dans l'exhaustivité. Je ne vous présente pas un discours où il s'agit de vouloir appliquer à la lettre quelque chose. Pas du tout, ça va être structuré, vous allez le voir, autour de dix questions. Mais plutôt de vous laisser... touché par certains sujets qui vous parlent vous personnellement là où vous en êtes. Donc ça peut être des mots, des idées. Donc c'est ça qui va vous faire avancer, progresser. Parce que c'est un sujet sur lequel il y a plein de paradoxes. Vous verrez dans la conclusion, je l'explique, mais je peux déjà le dire en introduction. Il y a un temps d'appropriation de la complexité du sujet, mais en même temps, ce sont des choses que vous incarnez vous déjà personnellement. Donc vous êtes tous au gré... de ce que vous lisez depuis quelques années sur ce sujet en développement et vous pouvez accélérer ce développement en vous laissant porter, en ne cherchant pas à être dans l'appropriation d'une norme de comportement d'une norme d'exercer le métier ça ne fonctionne pas comme ça d'abord je ne crois pas pour avoir écrit un certain nombre d'ouvrages pédagogiques qu'on ne... qu'on applique vraiment des méthodes in extenso, ça ne fonctionne pas comme ça. On enseigne vraiment avec ce que l'on est, beaucoup. Certes, on s'appuie sur des repères pédagogiques, stratégiques, méthodologiques qui sont essentiels. Alors, première question, que sont les compétences psychosociales, de quoi on parle ? Je ne vais pas trop m'attarder là-dessus, vous savez à peu près, mais c'est quand même intéressant d'aller voir du côté des définitions, parce que la définition sur laquelle on est depuis 2022, elle a été élaborée en 2021 et publiée en 2022, c'est une définition assez longue. qui montre qu'il s'agit quand même, en France, la conception des compétences psychosociales, c'est une conception qui renvoie à des capacités essentiellement psychologiques, dans trois dimensions, cognitive, émotionnelle, donc psychologique d'une certaine manière, et sociale, ça veut dire relationnelle. Donc il y a ces trois dimensions dans ces compétences psychosociales, qui sont des compétences très psychologiques, dans la manière dont on les présente en France. des compétences, et c'est dit dans cette sorte de définition, qui ont des vertus, notamment une vertu essentielle qui est de renforcer le pouvoir d'agir. Quand on dit ça, on dit quelque chose de très très fort, parce que le pouvoir d'agir, c'est le pouvoir personnel. Donc quand on développe ces compétences-là chez des jeunes, au lieu d'être et de vouloir être les enfants qu'on attend qu'ils soient, ça leur donne la possibilité d'advenir à eux-mêmes, de devenir eux-mêmes. On a un certain nombre dans la salle, moi j'aurais bien aimé qu'on me laisse la place pour être moi-même. Il m'a fallu des années, des années, avant de commencer vraiment à être moi-même. À quel moment d'ailleurs on peut dire je suis vraiment moi-même ? Et les compétences psychosociales, on va voir pourquoi et comment, mais elles participent véritablement de la capacité à s'autonomiser. à dire ce que l'on ressent, puisqu'il y a les compétences émotionnelles, et pouvoir réguler sa relation aux autres, à soi, et aux apprentissages. Je vais en parler tout à l'heure. Et il est dit aussi dans cette définition, sur laquelle je m'attarde un peu, Elle favorise le fonctionnement individuel optimal. C'est-à-dire, elle permet d'être vraiment bien avec soi-même. Donc, il y a une optimisation de son fonctionnement personnel. Et enfin, elle permet de développer des interactions constructives. C'est pour cela que... Elles sont très importantes, notamment pour le climat scolaire, pour les relations sociales, mais aussi les relations entre jeunes, entre enfants, mais aussi les relations avec les adultes. Et donc déjà entre nous, les adultes, on est plus... plus ou moins habile dans notre fonctionnement entre adultes, et c'est lié principalement à nos compétences psychosociales, à nos capacités à réguler sur le plan intra-psychique, on verra tout à l'heure, et disposer d'une certaine forme de connaissance de soi, une capacité à exprimer nos émotions, à les réguler, on va voir tout cela. Alors j'aime bien aussi la définition de l'OMS de 1993, qui est la première qui a été diffusée sur le plan international, les compétences psychosociales. Parce que pour vous les enseignants, en majorité vous êtes des enseignants ici, c'est extrêmement intéressant de comprendre cela. Regardez bien, les compétences psychosociales sont la capacité d'une personne à répondre avec efficacité aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne. Quand on enseigne, on impose des conditions, on crée des conditions pour que les élèves se retrouvent dans un système d'exigences et d'épreuves pour apprendre. Donc on influence l'engagement dans les apprentissages, la motivation à apprendre. Et vous voyez, pour répondre avec efficacité aux exigences que pose l'enseignant... On sait que les élèves qui réussissent, ils arrivent mieux que les élèves qui ont des difficultés à répondre aux exigences et aux épreuves de la vie quotidienne. Et pas que les épreuves de la vie quotidienne à l'école, mais les épreuves de la vie quotidienne aux abords de l'école, à la maison pour faire les devoirs à la maison, dans les transports, dans les services publics, que sais-je. Il y a des épreuves qu'on peut rencontrer. Et notamment, cette définition-là, elle renvoie à une idée majeure. Écoutez bien. C'est quand la vie est difficile que se révèlent les compétences d'une personne. Quand tout va bien, les compétences, tout le monde arrive, quand la vie est belle, on n'a aucun souci. Effectivement, on n'a pas besoin de compétences particulières pour pouvoir faire face, puisqu'on n'a pas de soucis. C'est quand il y a des soucis, et donc des soucis, nous adultes, on en a déjà pas mal, lorsqu'on a un métier exigeant comme le vôtre. C'est extrêmement exigeant, même, je dirais. Donc on a vous, déjà, vous avez besoin de vos propres compétences psychosociales, mais les élèves aussi, pour faire face. Et donc, en classe, il y a régulièrement des difficultés et des obstacles, des contraintes, on va le voir. Et donc, il y a besoin de compétences psychosociales pour s'accommoder de ces exigences et de ces difficultés. Alors la Direction Générale de l'Enseignement Scolaire, en développant l'éducation à l'empathie, l'apprentissage de l'empathie, a mis en avant 15 compétences, même 16 ici, compétences... qui sont des compétences psychosociales dans les trois domaines que j'ai évoqués. Et on voit ici ce qui est fondamentalement nouveau pour l'éducation nationale, c'est de se mettre à parler de compétences émotionnelles. Il y a quelques années, on n'en parlait pas beaucoup. Là, on voit, et ça nous semble naturel, d'apprendre à des élèves à accroître la connaissance qu'ils ont de leurs émotions, d'identifier ces émotions, de les voir les nommer, mais aussi pouvoir les gérer, les réguler, et notamment parmi ce champ émotionnel, gérer son stress, particulièrement lorsqu'il y a des évaluations. Les compétences sociales aussi, elles nous semblent... naturel puisque apprendre, on sait bien qu'il y a moins de conflits sur les cours de récréation lorsque les élèves arrivent à comprendre ce que ressent l'autre, comprendre ce qu'ils pensent, donc communiquer de façon empathique en parlant. On va voir tout à l'heure à quoi cela correspond en manifestant de l'empathie, mais aussi en s'affirmant par le consentement. La notion de consentement est une notion un petit peu délicate, mais dont on se rend compte en tout cas qu'elle est absolument déterminante, notamment face à des sujets comme la vie affective et relationnelle à l'école. A l'adolescence, bien sûr, tout ce qui a trait à la sexualité va aussi prendre une importance considérable en termes de consentement. et tout particulièrement sur la question des addictions. Or, sur les compétences psychosociales, on va voir tout à l'heure qu'il y a eu des différents plans santé et qu'on a commencé à développer les compétences psychosociales depuis déjà pas mal d'années grâce à des associations qui travaillent pour la Mildéca, la mission de lutte contre les addictions. Et que, contrairement à ce que l'on croit, la société française va beaucoup mieux qu'il y a quelques années sur ce plan. plan des addictions. Il y a une diminution de la consommation de cannabis considérable, la consommation de l'alcool considérable et la consommation du tabac chez les adolescents. Chez les adolescents. Alors ce n'est pas le cas de toutes les substances psychoactives, mais avec les médias qui ont un discours régulièrement négatif sur l'évolution de la société, on a quand même trois sujets qui mettent en jeu les développements des comportements psychosocials et qui ont donné des résultats spectaculaires. L'empathie, on essaie de la développer, vous le savez, dans l'éducation nationale, et cette capacité qui implique plusieurs savoir-faire. Désolé pour la diapositive qui, effectivement, au niveau de l'affichage, n'est pas parfaite. mettent en jeu dans l'idéal différents niveaux de savoir-faire qui vont de la compréhension empathique, c'est-à-dire la capacité à comprendre ce que ressent et ce que pense l'autre, jusqu'à une forme d'écoute particulière. qui est l'écoute active, qui est une écoute notamment où on utilise des reformulations qui permettent, ou éventuellement des questions ouvertes, qui permettent à l'autre de s'exprimer lors de l'échange et à celui qui a envie de parler de pouvoir être entendu et s'exprimer plus facilement. Et c'est dans l'idéal la reformulation empathique, c'est-à-dire être capable de mettre en mots ce que nous percevons chez l'autre. Mais beaucoup dans la communication empathique ne vont pas jusque-là. Même nous, parfois, on va manifester de l'empathie, mais on ne va pas jusqu'à reformuler. Par contre, dans l'entretien qu'il peut avoir un enseignant ou un psychologue avec un enfant, aller jusqu'à reformuler ce que l'enfant ressent, ce qu'il pense. C'est effectivement l'idéal de la communication empathique. Donc du coup, les enjeux, c'est que ça permet à la personne, donc à l'enfant ou si c'est un collègue avec qui on a une communication empathique, de se sentir compris et pris en considération. Je dis collègue, parce que le besoin premier des enseignants, je dirais même pour nous aussi, les inspecteurs. C'est d'être pris en considération et de se sentir reconnu dans nos compétences. Les adultes, on a beaucoup besoin de se reconnu. Dans les enquêtes sur le mal-être des personnels, on sait que le manque de considération, de reconnaissance, est une cause majeure du mal-être des personnels. Il y a bien d'autres causes. Se sentir aussi, et ça ça va être un sujet que je vais beaucoup développer tout à l'heure, respecté dans ses besoins psychologiques fondamentaux. Je vais m'attarder tout à l'heure sur ce sujet. Alors je vous disais en introduction, on est... mais pas sur un sujet nouveau. Pas du tout. D'ailleurs, on voit, je ne sais pas que ce n'est pas forcément votre lecture quotidienne, le socle commun, mais c'est quand même un texte de référence. Et en 2015, on voyait déjà apparaître, parce que je vous rappelle que le dernier socle, même s'il y a eu une ébauche de projet de socle parue en avril dernier, il y a un an, un peu plus d'un an, pas avril dernier, mais l'avril 2025. On est toujours sur le socle officiellement de 2015. Et dans ce socle, on nous dit, voilà, l'élève s'exprime, exprime ses sentiments, il résout les conflits sans agressivité et évite le recours à la violence. Il coopère, il fait preuve d'empathie et de bienveillance. On est... Alors qu'on n'employait pas le terme, on était déjà dans le socle commun sur des marqueurs de compétences psychosociales. Pareil dans le référentiel de juillet 2013, qui est le référentiel des personnels de l'éducation. On voit bien qu'aider l'élève à développer son esprit critique, participer à l'usage responsable d'Internet, installer une relation de confiance, il y a des dimensions psychosociales. Ce n'est pas vraiment des compétences psychosociales, mais il y a des... dimensions psychosociales. Et si vous regardez bien, ici, dans les verbes, c'est là que se situe la différence. C'est dans la manière d'incarner dans votre relation un certain nombre de compétences, et notamment les compétences psychosociales, que vous faites la différence. Si on observe des enseignants dans les classes, on va voir que dans la manière d'accorder à tous les élèves l'attention et l'accompagnement appropriés, il y a toute une palette considérable de gestes, d'attitudes qui permettent de développer... l'attention et d'accorder de l'attention. Cette attention, elle est surdéterminante. Parce que c'est parce que vous avez de l'attention aux situations des élèves que vous allez pouvoir mieux les aider. Un enseignant qui déroule sans être attentif, c'est un enseignant qui a beaucoup plus de difficultés parce que la relation ne prend pas forcément de la même manière que quand il y a une présence, un regard, une attention aux difficultés et notamment aux vulnérabilités. Parce que quand on est enfant, on est plus jeune, on est plus immature, donc on a une vulnérabilité intrinsèque d'enfant, c'est-à-dire la vulnérabilité c'est la potentialité à être. victimes d'un certain nombre de choses, de tensions, de faits qui peuvent nous blesser. Vulnus, dans la vulnérabilité, c'est la blessure. C'est la potentialité à être blessé, touché, affecté. C'est ça la vulnérabilité. Et lorsqu'on est enfant, on est plus vulnérable à situation égale qu'un adulte. Or, à l'école, la relation entre un enseignant et un enfant, c'est une relation profondément asymétrique. Profondément asymétrique. Seulement, il y a des enseignants, et j'imagine que vous êtes nombreux dans l'amphithéâtre, il y a des enseignants qui arrivent à réduire la vulnérabilité en se mettant régulièrement au niveau de l'élève. Lorsque vous formulez... des exigences fortes en choisissant le ton sur lequel vous allez dire les choses. Et ça change, modifie énormément cette vulnérabilité, parce que ça réduit l'asymétrie relationnelle. Il y a une grande asymétrie relationnelle entre enfants et adultes, et notamment en classe. La classe est un lieu qui renforce par définition et parce qu'elle est par nature la classe qui renforce la symétrie ou la dissymétrie relationnelle et du coup qui vient accroître la vulnérabilité. L'enfant, lorsqu'il est face à un adulte qui est imprévisible, qui en plus ne cherche pas à réduire cette asymétrie, il sent qu'il a plus le risque que ça ne se passe pas comme il veut. Donc il ne va pas oser lever la main, oser demander de l'aide s'il a peur, s'il est insécurisé. Je vais y revenir tout à l'heure. ses compétences. Elles se distinguent beaucoup des compétences disciplinaires et académiques. Elles n'ont rien à voir même, pas grand chose à voir. Seulement, il y a quand même des disciplines où on les retrouve. Donc elles ont à voir quand même, on va voir cela de plus près. Elles ont des spécificités... Tout d'abord parce qu'elles sont particulièrement psychologiques et comportementalistes. Donc elles portent vraiment sur des comportements, sur la psychologie, et du coup elles sont éloignées de la culture en français, en maths, la culture disciplinaire et académique. Elles sont aussi particulièrement interdépendantes, c'est-à-dire qu'on travaille sur une ou qu'on mobilise l'une, ça engage l'autre. Je vous donne par exemple la compétence résoudre des problèmes de manière constructive. Quand vous êtes vous-même dans une situation d'un peu de tension, il faut essayer de trouver une solution constructive, vous avez besoin de vous mettre un peu quand même dans la tête de ce que ressent l'autre interlocuteur ou de ce qu'il imagine, ou ce qu'il ressent ou ce qu'il imagine, l'empathie cognitive ou l'empathie cognitive. émotionnel, vous êtes obligé. Donc vous comprenez bien que si on développe la capacité à développer des relations constructives, on est obligé de développer la capacité à être plus empathique. Alors il y a des enfants qui très tôt ont beaucoup d'empathie, pour x raisons familiales notamment, et puis d'autres pour lesquelles il y a tout un travail à faire. Elles sont liées à la maîtrise de connaissances et de techniques. Alors ça, par exemple, j'ai mis du temps à comprendre. Je m'en suis rendu compte dans le cadre d'un entretien avec une organisation syndicale. Où là, il y en a eu une démonstration d'un personnel qui nous a montré vraiment très clairement comment ces compétences sont dépendantes des compétences. Il suffit de donner un exemple concret. Je prends souvent l'exemple de l'escalade. On apprend, on est en cycle 3, on apprend à des enfants à maîtriser, découvrir certaines compétences en escalade. Vous avez des enfants qui ont peur, certains. Ils vont avoir moins peur dès lors qu'ils développent des compétences en escalade. Les compétences techniques viennent renforcer, la maîtrise de connaissances et de compétences vient renforcer les compétences émotionnelles. Pour autant, et c'est là qu'on découvre, c'est qu'elles ne sont pas transférables, en tout cas pas facilement. La capacité de transfert de ces compétences dépend de nombreuses compétences disciplinaires, c'est-à-dire que la même compétence, avoir peur quand je grimpe en escalade, même si je déverrouille, développe mes compétences en escalade, on reprend le même enfant, on lui demande une demi-heure après de jouer à un sport co. Avec un jeu, il va avoir peut-être peur de perdre à un moment donné, ou avoir des difficultés émotionnelles liées au fait qu'on lui passe jamais la balle, que sais-je. Et donc ces compétences émotionnelles vont être dépendantes du contexte. Elles ne dépendent pas uniquement de la maîtrise technique, elles dépendent du contexte. Et vous le savez vous-même, certains ou certaines d'entre vous, Vous avez des émotions, on en a tous, notamment particulièrement dans certains contextes. Vous avez des peurs dans certains contextes, vous avez des situations particulières qui vous mettent en colère. Et cela, c'est lié au contexte. Et même si vous travaillez sur certains sujets, vous les travaillez un peu ces compétences, on voit quand même que ça permet de mieux les maîtriser. Mais elles vont encore toujours être dépendantes un peu du contexte. La question du transfert est compliquée. Alors que si on prend la compétence savoir accorder à un participe passé, c'est une compétence, le contexte peut jouer un peu, mais beaucoup moins. Quand on maîtrise la compétence, vraiment, on peut la transférer. Il y a des compétences orthographiques, grammaticales qui se transfèrent facilement. Alors je l'ai indiqué ici, elles se construisent tout au long de la vie. On n'a jamais fini de développer ses compétences psychosociales, jamais. On apprend tout au long de la vie, dès lors notamment qu'on a envie d'apprendre, qu'on a envie de les développer. Et il y a les circonstances de la vie qui nous amènent à beaucoup plus les développer. Si on a vécu beaucoup de métiers différents avec des responsabilités différentes, on va développer plus de compétences psychosociales, notamment s'il y a des responsabilités psychosociales.
Speaker #0Voilà, c'est une évidence. Alors pourquoi dans l'éducation nationale on développe ces compétences psychosociales depuis quelques années ? Pourquoi on s'engage dans cette voie-là, notamment pour les élèves et les personnels ? Regardez en haut, on voit qu'au tout départ, c'est quand même beaucoup la recherche scientifique qui, dans différents domaines, la psychiatrie, la pédiatrie, les sciences cognitives, la psychologie sociale, beaucoup, et les sciences de l'éducation, qui ont été à l'origine dans les années 90. A la fin des années 80, début des années 90, apparaissent les compétences du XXIe siècle, les compétences socio-émotionnelles, qui d'une certaine manière recouvrent les compétences psychosociales, en partie. Ça dépend, pour les compétences socio-émotionnelles notamment. à travers le modèle américain, notamment sur les compétences socio-émotionnelles, le CASEL, qui est un dispositif aux Etats-Unis de développement des compétences psychosociales. En 1993 apparaît ce référentiel en jaune que vous voyez là, et qui présente, je pense que beaucoup d'entre vous connaissez cela, les compétences sont présentées sous forme de binômes. Et ces compétences psychosociales, elles ont beaucoup été connues pendant 15 ou 20 ans à travers ce référentiel-là. Alors, c'est pas parce qu'il est vieux qu'il faut le mettre à la poubelle. Véritablement... on comprend, il y a une logique. Par exemple, savoir réguler ses émotions et savoir gérer son stress, on comprend que c'est lié. En haut, savoir résoudre des problèmes, savoir prendre des décisions, c'est lié. Pour prendre des décisions, il vaut mieux savoir bien résoudre des problèmes. Ce sont des compétences quand même très générales. Et puis à droite, apparu en 2001, un modèle qui a fait distinguer les trois domaines sous-domaines des compétences psychosociales. Et c'est sur cette base-là qu'on a construit le référentiel que vous allez voir tout à l'heure. En France, parallèlement au développement de ces référentiels, tout a commencé en France au niveau de la santé publique. On a commencé à développer des plans de santé publique avec des feuilles de route, avec un travail sur les addictions qui a conduit à développer les compétences psychosociales. Et puis, dans l'éducation nationale, c'est surtout le parcours éducatif de santé, l'école promotrice de santé, et enfin ce moment inaugural, on peut dire, d'une politique nationale. En août 2022, le ministre actuel, Édouard Geffray, qui était directeur de la DGESCO, signe une instruction interministérielle. Il dit, à un moment donné, dans une allocution, la France a 20 ans de retard sur les connaissances psychosociales, ce qui est vrai. Et on doit rattraper notre retard, et donc il y a eu neuf directions ministérielles, dont la Direction Générale de l'Enseignement Scolaire, qui a signé en août 2022 un document qui engage la France, jusqu'à l'horizon 2037, à former toutes les nouvelles générations aux compétences psychosociales. Il y a eu la... À la rentrée scolaire septembre 2023, il y a eu l'annonce d'un travail sur l'empathie, le kit empathique est sorti, je vous rappelle qu'on vient de sortir le volume 3 du kit empathie, et puis... des nouveaux programmes apparaissent au fur et à mesure qui comportent des compétences psychosociales et prochainement il est fort possible qu'il y ait un socle commun de connaissances qui intègre vraiment plus explicitement les compétences psychosociales a été publié par Santé publique France. Donc c'est des chercheurs qui ont travaillé autour de Béatrice Lamboy, c'est la chercheuse chez Santé publique France, avec deux chercheurs de Grenoble, Rebecca Chanclan de Damien Tessier, et puis on pourrait rajouter Thomas Villemontex et Karine Simard, deux autres chercheurs qui ont travaillé aux compétences psychosociales, à un référentiel que vous voyez en haut, dans les neuf grandes compétences, mais qui en fait, on va le voir actuellement, en développe 17. Politiquement, je ne vais pas trop m'attarder, mais sachez qu'il y a eu cette instruction interministérielle en août 2022. Nous, nous avons produit deux rapports à l'inspection générale. L'un, le deuxième, qui a été publié il y a quelques mois, qui porte sur toutes les questions délicates liées aux compétences psychosociales, dans les rapports dans lesquels nous préconisons, et en accord notamment avec la Direction générale de l'enseignement scolaire, à ce que les compétences psychosociales soient développées dans toutes les disciplines. On va le voir tout à l'heure comment, parce que vous le faites déjà plus ou moins. En termes de pilotage, ont été installés des comités territoriaux qui ont été installés en 2023, avec notamment un délégué académique aux compétences psychosociales depuis 2024. Et puis il y a des formations dans toutes les académies, comme l'Académie de Grenoble, il y a des formateurs. Ils sont formés aux compétences psychosociales, notamment pour le second degré, mais dans le premier degré, il y a beaucoup de conseillers pédagogiques qui se sont formés, des maîtres formateurs. Donc se déploie la formation des personnels et enfin on est sur aujourd'hui depuis la mi-avril, suite au rapport que nous avons rendu à l'inspection générale, il y a eu une feuille de route ministérielle et une note de cadrage qui sont sorties il y a quelques jours, donc un peu plus d'un mois. Et ce sont des documents que je vais évoquer à la fin de mon propos tout à l'heure, parce qu'il y a quelques éléments qui sont extrêmement importants à connaître, notamment pour les équipes de circonscription. Alors, pour quelles raisons précises ces compétences favorisent-elles le bien-être ? On va essayer de faire le lien avec la semaine de l'innovation qui porte sur la joie. Pourquoi ces compétences favorisent le bien-être ? Là, il y a quelque chose d'un peu subtil à comprendre, qui n'est pas difficile, mais qui est pour vous très important de comprendre. Vous avez ici, en noir, en haut, la définition du bien-être, une des définitions du bien-être. Et vous allez voir, c'est une définition extrêmement opérationnelle. Le bien-être résulte de la satisfaction des besoins fondamentaux. fondamentaux, donc dans cinq dimensions, physiques, matériels, cognitifs, psychologiques et sociales. Le bien-être, je répète, le bien-être résulte de la satisfaction des besoins fondamentaux. C'est une idée absolument sombre. Il y a quelque chose à comprendre là. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que... Je me sens bien, qui que je sois, je me sens bien lorsque mes besoins fondamentaux sont respectés, satisfaits. Que je sois enseignant, un enfant, une personne âgée, je me sens bien lorsque mes besoins fondamentaux sont satisfaits. C'est une idée extrêmement opérationnelle, ça veut dire que ça peut avoir un impact très concret. Vous le voyez en dessous, vous voyez les cinq dimensions, physique, maternelle, cognitif, psychologique et sociale, voilà les cinq dimensions. Si on veut qu'un jeune se soit bien, se sente bien, il faut qu'il y ait sur le plan physique, matériel cognitif, psychologique et social, c'est-à-dire relationnel, il y ait un certain nombre de conditions qui soient réunies. Donc c'est clair que physiquement, tous, vous le savez en tant qu'enseignants, si on ne fait pas faire d'activité physique suffisante aux enfants, ils ne sont pas bien. Ils ont besoin d'un minimum. Mais ce n'est pas que l'activité physique, c'est le sommeil et c'est aussi les habitudes alimentaires. On le voit beaucoup à l'adolescence, où les enfants sont commencés de plus autonome, et là on a des enfants qui ne mangent pas bien, mangent devant des écrans, ne dorment plus beaucoup. ou dorment avec leur téléphone, etc. On voit tout l'impact sur la santé physique et surtout la santé mentale. On a beaucoup de données là-dessus qui montrent vraiment la dégradation au moment de l'adolescence et sur la santé mentale chez les filles, tout particulièrement l'enquête en classe. J'en parlerai un tout petit peu tout à l'heure. la question matérielle même pour vous enseignants quand vous n'avez pas votre matériel en classe si vous manque quelque chose, vous ne vous sentez pas bien momentanément parce que vous perdez du temps ça vous agace et c'est bien normal et pour les élèves aussi qui y arrivent ils n'ont pas leur matériel, ils ne se sentent pas bien Alors ça dépend bien sûr des ressources des familles, c'est clair. Et puis vous avez trois autres dimensions dans la définition, et ces trois dimensions, on retrouve les trois dimensions des compétences psychosociales. Vous les retrouvez là. Donc vous comprenez bien... que pour favoriser le bien-être, en actionnant, en agissant sur trois des cinq dimensions du bien-être, on favorise le bien-être. C'est pour ça que les compétences psychosociales, lorsqu'on les renforce, on améliore son bien-être social, on améliore son bien-être psycho-émotionnel et on améliore son bien-être cognitif. Alors, on pourrait parler pendant des heures de ce sujet, le bien-être cognitif va beaucoup dépendre de l'estime de soi, de la motivation et des connaissances. C'est clair qu'un élève qui a beaucoup de connaissances, qui a des bonnes notes, qui est motivé pour aller à l'école, qui a une estime de lui, ce n'est pas la hauteur de l'estime de soi qui compte, qui a une estime de soi stable. Il y a des élèves qui ont beaucoup de réussite qui sont quand même d'une estime de soi très basse. Mais elle est stable. Elle n'est pas instable. C'est l'instabilité qui est déterminante. Un élève qui a suffisamment d'aide de temps, ça c'est du cognitif, l'aide et le temps c'est du mental. Si j'ai suffisamment d'aide et de temps pour apprendre, chez moi, à l'école, en classe, je me sens mieux. Le bien-être psychologique, c'est absolument central. Si je suis en sécurité relationnelle avec les adultes, avec mes camarades, je me sens mieux à l'école. Je vais y revenir un peu. Si j'ai... Si je me sens serein, je n'ai pas beaucoup de stress. Le stress c'est bon quand même, ce n'est pas que négatif le stress. Mais le stress c'est quand il y en a trop que ça devient négatif, ça bascule à un moment donné. Et si j'ai de la joie, si j'ai du plaisir, si j'ai du bonheur... Alors on pourrait parler pendant... Je ne suis pas venu faire une conférence sur la joie, ce qui est un sujet qui m'a beaucoup intéressé, mais la question de la joie est centrale. Avoir de la joie à l'école, c'est avoir du plaisir à s'engager. à apprendre, à participer. Donc c'est un plaisir qui est multidimensionnel. Et dans la joie, moi je me suis assez tôt interrogé dans mon histoire de vie pourquoi les émotions existent-elles dans la nature humaine ? Pourquoi la joie existe-t-elle ? La joie c'est un indicateur qui nous guide. J'ai rencontré à l'âge de 40 ans une femme qui avait pour philosophie de penser pour elle et pour ceux qui l'entourent, c'est une inspectrice, une amie très proche, et qui me disait toujours, va vers ce qui te met en joie. J'étais universitaire à l'époque. Et de temps en temps j'acceptais de faire des articles, des publis, des recherches. pour participer à l'équipe, pour faire plaisir aussi parfois. Puis je me rendais compte qu'il n'y a rien de pire que de s'engager dans une recherche pour laquelle on n'a pas de plaisir, parce qu'il faut beaucoup s'engager, et c'est difficile au moment de la rédaction notamment. Et du coup, la joie, si on réfléchit bien, c'est quelque chose qui correspond à un alignement, c'est-à-dire un alignement personnel. Lorsqu'on est en joie dans une activité, c'est-à-dire que cela correspond à une position, une posture, une manière d'être dans laquelle on est beaucoup plus inspiré, beaucoup plus relié. Relié à quoi ? A chacun d'interpréter ce que ça veut dire. Mais on se sent inspiré, en tout cas. Beaucoup plus en état de complétude. On se sent beaucoup plus ancré. Et aller vers ce qui nous met en joie, ou permettre à un enfant d'aller vers ce qui le met en joie, c'est lui permettre d'aller dans une direction où il va être beaucoup plus créatif, inspiré, engagé, motivé. C'est pour ça qu'en éducation, la question de la joie, elle est fondamentale. Il y a eu d'ailleurs des travaux de recherche, de recherche doctorale par Verdiani, qui a organisé le printemps de l'éducation. Antonella Verdiani a fait une thèse sur l'éducation à la joie, à partir des travaux en Inde, sur Auroville notamment. Le bien-être social. Le bien-être social, c'est le bien-être relationnel. Les êtres humains, nous sommes des êtres sociaux, des êtres de la relation. Et en plus, vous faites un métier de la relation. Un métier où vous êtes immergé dans la relation. Et donc, si dans la relation avec vos collègues, avec vos élèves, ou avec les parents, et notamment avec les élèves, ça ne se passe pas bien, vous êtes mal, vous n'êtes pas bien. Et il y a des années, vous êtes mieux que d'autres années. Moi, j'ai souvenir, il y avait des années qui étaient plus dures, lorsque j'étais instituteur. parce qu'il y a certaines années on a des climats de classe on a parfois aussi des élèves on a beau faire l'effort il y a des élèves avec lesquels on a plus d'affinité plus d'acquaintance et il y a des années plus agréables que d'autres on aime nos élèves quand on est bien Alors je sais bien que c'est un peu tabou de parler de cela. Mais réciproquement, les élèves aussi, ils disent, « Ah, cette année, on s'aime, j'aime bien mes maîtresses. » Ils vont dire cela. Moi, je me souviens de mes filles, en seconde, l'une d'elles me disant, « Cette année, j'aime les maths. » « Ah bon, pourquoi ? » « Je vois bien que la prof de maths, ça se passe bien, elle m'apprécie. » Il y a une affaire de réciprocité. Quand je vois par exemple, et ça a dû arriver à certains d'entre vous, vos anciens élèves qui vous écrivent, vous dites il s'est passé quelque chose avec un tel, voilà, ça a bien, voilà, ça fonctionnait bien au niveau des apprentissages, de l'enseignement apprentissage. Oui, on est dans les métiers de la relation et on ne peut pas faire fi de cela. Du coup, on comprend bien que, sur le plan de notre bien-être, la relation est fondamentale, mais elle l'est aussi pour les élèves. La qualité des relations... est surdéterminante, notamment lorsqu'il y a un sentiment d'appartenance, d'authenticité, qu'on peut être vraiment soi. Et c'est valable à tous les niveaux. Ça peut être valable aussi dans la relation avec l'inspectrice ou l'inspecteur. Lorsqu'on est bien, ou avec son collègue directeur ou directrice, lorsqu'on est bien, ça se passe mieux. Et du coup, on se sent mieux. C'est dans la dimension relationnelle que ça se joue. Vous vous souvenez de la définition tout à l'heure ? Satisfaction des besoins fondamentaux. Alors les besoins, ils apparaissent ici en filigrane, et les voilà les besoins. Ils sont là. J'ai repris un peu, je me suis inspiré des travaux de Bram Masso que certains d'entre vous connaissent, 1940. 1943, c'est pas tout jeune, mais le génie d'Abraham Maslow, qui découvre en 1943 que dans les entreprises américaines, pour que les ouvriers se sentent bien, il faut que leurs besoins fondamentaux soient satisfaits. Moi, je découvre ça en 2003, ces travaux. C'est parfois un gras à la recherche quand on redécouvre des choses qu'on découvre. Et là, j'en discutais avec l'école à X midi, j'en ai pas dormi de la nuit. Parce que c'est au cœur de toutes les problématiques éducatives. Vous imaginez ? Il y a 20 ans, je ne compte pas le nombre de centaines d'interventions que je fais sur plein de sujets. Je ne fais jamais une intervention sans montrer ces diapos là. Pourquoi ? Parce que c'est au cœur de toutes les problématiques socialement vives. Le décrochage, la violence, la réussite scolaire. fondamentaux au milieu. Et on va vite le comprendre. Le matin ou dans la journée, si un enfant a des problèmes, n'a pas assez mangé, n'a pas bien dormi ou ne fait pas d'activité physique, bon ça, ça ne se joue pas sur une seule journée. L'élève, on n'en fait pas grand-chose, surtout s'il manque de sommeil. L'alimentation aussi. Et puis au-dessus, alors ils sont multidimensionnels, vous retrouvez 4 des 5 dimensions, je n'ai pas mis les dimensions matérielles. Mais vous retrouvez ici le besoin de sécurité qui est le premier c'est ce qu'avait découvert Abraham Maslow pas chez les enfants mais chez les adultes mais chez les enfants, à l'école les enfants à l'école si un enfant n'est pas sécure dans la relation à son maître ou sa maîtresse dès qu'il ne comprend pas, il n'ose pas lever la main Il a peur que le maître ou la maîtresse se fâchent, le grondent, l'humilient, que sais-je. Alors, vous allez me dire, on a un certain nombre ici, on pourra presque tous lever la main, avoir eu un prof, ou des profs, ou des maîtres, avec qui on se sentait insécure. Vous en êtes bien sortis, donc il n'y a pas de problème. Ben si, il y a un problème. C'est que, un, vous n'êtes pas représentatif de la majorité des camarades que vous aviez avec vous à l'époque. Vous, vous en êtes sortis, vous avez été résilients, pour certains d'entre vous qui avez eu des maîtres. des maîtresses très dures ou des profs. Ça, c'est la première chose. On pourrait analyser, on développe la résilience lorsqu'on a dans la famille un contexte suffisant pour pouvoir nouer des relations qui permettent de renforcer cette résilience. Deuxièmement, parce qu'il y a des personnes, par nature, qui sont beaucoup plus résilientes que d'autres. qui arrivent à analyser leurs propres difficultés, à apprendre sur elles, etc. Certains d'entre vous, vous avez fait un sport, par exemple, à haut niveau, ou jouez à l'instrument, ou ce qui renforce, par exemple, la résilience. Et puis d'autres, parce que vous aviez des camarades, un grand frère, une grande sœur avec qui parler, ça vous aidait à ce qu'on appelle élaborer analytiquement vos difficultés et à les dépasser. Il y a plein de facteurs, c'est complexe la résilience. Mais ce besoin de sécurité, il est surdéterminant et il est étroitement relié à la confiance. Quand on a la confiance de son père ou de sa mère, voire des deux, et que l'on a en plus la confiance de son maître ou de sa maîtresse à l'école, on a beaucoup pour réussir. Beaucoup. C'est fondamental. Et du coup, on pourrait faire une conférence entière sur la confiance, comment créer la confiance. La confiance, c'est très particulier, la confiance. Il faut des mois, voire des années pour la construire, ça dépend du contexte. Parfois, il faut quelques secondes pour la détruire. Il suffit que vous humiliez gravement un enfant, que ce soit brisé quoi. Donc on le sait ça, on le sait quand on est enseignant, on sait que c'est fragile. Et la confiance c'est une des trois composantes de l'estime de soi. L'estime de soi, vous avez la confiance en soi, donc ça c'est dans l'agir, le faire, comment je peux me fier à moi-même dans mon agir, lorsque j'apprends, lorsque je me lance dans quelque chose de nouveau, ça c'est la confiance en moi. Deuxième composante de l'estime de soi, la représentation de moi, la vision de moi, comment je me vois. Je me vois à travers ce que les autres disent de moi. Si je suis dans une classe où constamment on me dit tes soucis, tu es cela, il y a du jugement, donc un peu du harcèlement, c'est négatif. Ma vision de moi va complètement se déprécier et comme les trois composantes, la troisième c'est l'amour de soi, comme les trois composantes sont en interaction, l'estime de soi va se déstabiliser, se déprécier si une des composantes est malmenée. Donc à l'école, c'est surtout la confiance en soi et la représentation de soi. Quand un maître ou une maîtresse, un parent, fait constamment du renforcement positif, me donne confiance, ça booste, ça sécurise et... les chercheurs, vous en avez tous entendu parler de John Hattie qui a fait un travail de méta-analyse sur 50 000 travaux de recherche pendant 15 ans avec toute une équipe de chercheurs ils ont cherché c'est quoi les facteurs qui permettent de faire réussir réussir les élèves, ils ont découvert que le premier des facteurs, c'est le feedback positif qui vient agir sur la confiance en soi ou la vision de soi. Le feedback positif, vous savez ce que c'est, c'est ce que vous dites, un élève produit ce qu'un élève dit. Alors il y en a certains d'entre vous qui en font beaucoup, d'autres qui en font moins. Je vais en reparler un petit peu tout à l'heure. Alors il n'y a pas que les besoins fondamentaux. J'aurais pu parler du temps, des besoins de justice, des besoins d'estime de soi. Le besoin de justice serait le besoin le plus conscientisé. Il n'y a pas que les besoins, il y a aussi les croyances. Vous avez certains enfants dans certaines écoles où il y a plus d'enfants qui ont des croyances spirituelles. La question des croyances spirituelles peut avoir de l'importance, notamment à partir de l'adolescence, mais même parfois plus petit. Les valeurs, les droits, les biens personnels, mais aussi son identité. Un enfant qui est malmené dans ce qu'il est, ou lorsqu'on juge ses parents, dans les insultes à l'endroit de la maman ou du papa, ça affecte beaucoup. Tout ça est lié aux besoins fondamentaux. C'est le besoin d'être respecté, de se sentir appartenir. Besoin d'appartenance, besoin de considération. Je vous l'ai dit tout à l'heure, les élèves ont besoin de se sentir aimés, considérés. A l'école, c'est surtout considéré. Mais les élèves, ils sentent, si la maîtresse ou le maître ne les aime pas. Ils vont vous dire, mais même pas. Ils sont capables de dire ça, certains. Ce qui est assez rare, quand même. Au premier degré, les enfants sont en général très aimés par leurs enseignants. variable. Chez les petits, on voit quand les besoins sont pas satisfaits, les droits, on touche à tout cela, on le voit émotionnellement. En général, ils ont du mal à cacher. Même si, un enfant petit, ça dépend de l'éducation qu'il a, on apprend à cacher, à dissimuler. assimilé. L'éducation d'autrefois, les garçons, surtout pas pleurés, un garçon pleure pas. Voilà, c'était des choses comme ça qui circulaient. Maintenant, on est un peu moins là-dedans quand même. Mais montre pas ses émotions. Chez les adolescents, c'est beaucoup plus difficile, on ne voit pas. Alors il y a un double problème. Il y a le déni des émotions des enfants, le déni des adultes. Les adultes qui veulent pas voir qu'un enfant va pas bien. Et il y a le déni des enfants eux-mêmes ou des ados eux-mêmes qui ne voient pas, qui ne se rendent pas compte qu'ils vont pas bien. Ce qui est normal, pour être capable de s'analyser qu'on va bien ou pas bien, ce n'est pas à la portée de tout le monde. Globalement, on sait que les filles y arrivent mieux que les garçons. Parce qu'on a l'habitude d'analyser, de parler de ce qui va, ce qui ne va plus bien. Ce qui fait que dans les enquêtes, on a des données extrêmement différentes entre les garçons et les filles, ce qui correspond à une réalité, mais aussi à un ressenti. Alors en face chacun des besoins, vous avez des leviers dans la famille ou à l'école qui sont à peu près les mêmes. Et à l'école, les gestes professionnels que vous connaissez, qui permettent de satisfaire ou de respecter les besoins fondamentaux, ben les voilà, en gros. Et vous avez plusieurs fois le même, notamment le feedback positif qui apparaît plusieurs fois, c'est plus ou moins en face. C'est pas facile de mettre ça exactement en face, mais vous avez la confiance, les signes de confiance, le temps, l'espace, la justesse, l'équité, vous voyez, en face, la justice. Le problème de justice, c'est surtout autour de l'évaluation des sanctions, punitions, sanctions. Tous les petits signes de considération, la stabilité, la prévisibilité du comportement. Donc un conseil pour le problème de sécurité relationnelle. Rendez-vous prévisible, soyez prévisible. Ça renforce le sentiment de sécurité des élèves. Donc en gros, même si on a un prof un peu plus sévère que le collègue, ce n'est pas le problème de la sévérité qui tend le problème. C'est l'imprévisibilité du comportement. Si le prof est sévère de temps en temps, c'est beaucoup plus insécurisant que s'il est tout le temps sévère. Ce qu'ils ne vont pas supporter, les élèves, c'est une sévérité injuste. C'est l'injustice qu'ils ne supportent pas. Donc il y a des enseignants qui vont être beaucoup plus fermes que d'autres. Le sujet des élèves s'accommode. Ce qu'ils veulent, c'est que ce soit juste. On va y revenir là-dessus, parce qu'on a eu des entretiens avec un collègue absolument passionnant sur ce sujet, avec des adolescents qui nous ont parlé de leur histoire dans le premier degré. On reprend, je vous ai dit c'est central, je ne vais pas vous lâcher là-dessus, c'est central les besoins fondamentaux. Je vous rappelle la définition, le bien-être résulte de la satisfaction harmonieuse de ces besoins-là. A l'école, si on prend en dehors de l'école, et donc pour nous, on va retrouver ça, nous on a ça, là on n'a pas besoin, ça c'est à l'école, il faut de la justice, de l'aide, du temps, de la motivation. Mais nous on a tout ça et ça, ça c'est à l'école. donc on est aussi très concerné dans la relation, quel que soit notre statut on a besoin d'être sécure de se sentir un partenaire d'un groupe d'essayer d'être autonome de se réaliser au mieux, tout le monde ne se réalise pas dans son métier c'est sûr quand on se réalise, on est beaucoup plus sûr beaucoup mieux, en termes de bien-être. Alors, si on regarde à travers la recherche scientifique, c'est quoi les leviers cognitifs, à dominante cognitive ? On va retrouver plein de choses que vous connaissez, notamment le sens des activités. Si on a un enseignant qui a des bonnes relations, mais qui, sur le plan du sens des activités, ne fait pas ce qu'il faut, les élèves ne sont pas bien. Besoin de feedback positif, quelqu'un qui va à des improves qui dédramatisent l'erreur, quelqu'un dont les évolutions sont particulièrement encourageantes. Et puis sur le plan social et psycho-émotionnel, vous avez bien sûr la qualité, le soutien au comportement positif dont vous avez entendu parler, le fait de s'engager collectivement, de bénéficier de l'espace de parole. Levez la main ceux qui font un petit espace de parole, soit un conseil d'élève ou quelque chose comme ça dans leur classe. Vous pouvez lever la main s'il vous plaît. Vous êtes déjà à peu près 10%, à peine. C'est à peu près le taux national. Les conseils d'élèves, on va le voir tout à l'heure, c'est un super levier pour développer les comportements psychosocials, surtout lorsqu'on responsabilise les élèves. les élèves et pour développer le bien-être des élèves. Et puis vous avez l'activité physique, la qualité de la restauration, on pourrait dire la propreté et sécurité des sanitaires, les espaces lumineux des classes qui sont plus ou moins agréables. Et enfin, en dessous, sans vous en rendre compte, vous intégrez les compétences psychosociales dans vos enseignements, on va voir comment. L'idée, c'est de le faire de manière plus explicite pour que, éventuellement, sous forme d'ateliers spécifiques, il y a des écoles où il y a des associations qui interviennent. Je ne sais pas s'il y en a beaucoup dans vos circonscriptions, mais il y a des écoles où il y a des associations qui interviennent sur les comités en psychosocial. Alors, dans quel type de situation et à quel moment les élèves et les personnels mobilisent-ils leurs compétences psychosociales ? Ce titre-là de diapo est très important. Il y a vraiment quelque chose à comprendre là. Je vous laisse lire, c'est central de comprendre ça sur le sujet qui nous rassemble cet après-midi. Lorsque c'est nouveau, une situation, lorsqu'il y a de l'incertitude, de la contrainte, du stress, du conflit ou de la coopération, il faut faire ensemble. Là, il y a besoin de compétences psychosociales, parce que forcément, je vous l'ai dit tout à l'heure, ça va être un peu difficile. On va se coltiner des moments difficiles. Donc, pour dépasser ces difficultés-là, il va falloir des compétences psychosociales parce qu'il y a des risques. Dans ces moments-là, on est vulnérable, on risque d'être touché, blessé par le risque de ne pas comprendre, le risque de ne pas y arriver, le risque d'être humilié, le risque d'être en retard, le risque de... Comment on dit ? On peut en trouver toute une liste. Donc les risques sont nombreux quand on est à l'école et qu'on est en situation d'apprentissage. Et donc la vulnérabilité à ces risques fait que pour dépasser cette vulnérabilité, pour dépasser le risque d'être blessé, il faut des compétences psychosociales pour s'accommoder de sa vulnérabilité et comme dit le philosophe Bertrand Bergelis, transformer la vulnérabilité en force. Il y a des élèves qui, il y a des temps, plus chez les adolescents, il y a certains élèves qui arrivent à dépasser, transformer la vulnérabilité en force. C'est-à-dire que les élèves qui ont une très grande sensibilité, ils vont en faire une force parce qu'en littérature, ça va leur permettre d'avoir des idées. Ils ont cette grande sensibilité qui leur permet cela. C'est un sujet délicat, je ne suis pas trop développé là-dessus. Alors à l'école, que ce soit en classe ou dans les espaces de la vie scolaire, il y a toutes les situations où il y a des moments d'apprentissage, de rapport aux évaluations, tous ces moments-là qui sont des moments en relation avec l'enseignant ou avec les camarades, qui sont des moments où on peut être vulnérabilisé. il y en a aussi... Aux abords, dès qu'on sort de classe, dans les couloirs, ça frotte. À l'endroit des... On fait la queue à la cantine. Il se passe plein de choses, plein d'interactions sociales. Il faut trouver sa place. Et il y a des enfants qui ont des difficultés parfois. Et ça mobilise un peu, par moment, de compétition psychosociale pour négocier, s'articuler, harmoniser les petites tensions. Tout ça est très subtil. Ça ne commence pas là et ça finit là. Merci. Il faudrait faire de ce qu'on appelle de l'entretien d'explicitation en vidéo-formation pour comprendre un petit peu où est-ce que ça commence, où est-ce que ça finit. Et puis en dehors de l'école, dans les lieux de loisirs, les clubs de sport, les transports en commun ou les lieux publics, à partir du moment où il y a de la relation sociale, notamment dans les clubs de sport, un enfant qui fait des sports courts, il va avoir beaucoup. de compétence psychosociale mobilisée. C'est bien pour ça que les sports collectifs sont extrêmement développeurs de compétence psychosociale. Toutes les activités très sociales Dans le cadre des devoirs à la maison aussi, quand on est seul face à soi-même, face à l'exigence de faire le travail dans un temps limité, pour le lendemain, il peut y avoir des compétences sociales, soit même dans le rapport aux apprentissages, soit même dans le rapport au travail, ou alors dans le rapport au père ou à la mère qui sont derrière, qui forcent, qui accompagnent, il peut y avoir des moments un peu difficiles. Et puis, un peu moins à l'école, mais beaucoup chez nos adolescents, sur les réseaux sociaux, sur internet, alors là on sait quand même que vous avez des élèves de cycle 3, qui jouent beaucoup sur des plateformes, par exemple comme Roblox, où il y a des milliers de jeux, et qui se retrouvent en ligne avec des joueurs qui pensent être des enfants, d'ailleurs qui sont parfois des adultes, avec tout ce que vous pouvez imaginer. Du coup, il peut y avoir des compétences psychosociales pour consentir ou ne pas consentir à répondre à tel ou tel message, etc. Vous connaissez tout cela. Notamment actuellement parce que les papas de vos élèves sont des papas en majorité qui sont la génération des jeux vidéo. Donc, vos élèves jouent parfois avec leur père. C'est un peu genré, mon propos. Les papas jouent quand même globalement, vous êtes d'accord avec moi, madame. Les papas jouent plus avec les vidéos que les mamans. Mais quand même, il y a des mamans qui jouent beaucoup. Et du coup, il y a toutes ces interactions sociales qui se développent. Il ne s'agit pas de juger si c'est bien ou si c'est mal, mais d'être sensible à cette réalité qu'il y a toute une spirale d'entraînement et d'un système à jouer à des jeux qui mobilisent des compétences psychosociales. Alors vous avez notamment trois grands types de situations qui mobilisent des compétences psychosociales chez les élèves et chez les enseignants. Dès lors que vous proposez quelque chose, ça résiste. En classe, c'est tous les jours que ça résiste. On met en place une consigne, il y en a quatre qu'on n'a pas écouté. Ça résiste. Soit ils ne veulent pas, soit ils ne comprennent pas, soit ils n'ont pas le temps, soit ils n'ont pas sorti leurs affaires. Ça résiste par rapport au projet qu'on a. Donc là, vous, l'élève, parfois il peut être mobilisé dans ses conditions psychosociales face à ça, puis vous aussi, en tant qu'enseignant. Il y a un comportement, un élève qui a J'ai dit souvent, il n'y a pas d'élèves perturbateurs, ça n'existe pas. Par contre, il y a des comportements perturbateurs, il y a des élèves perturbés. Mais l'élève perturbateur, ça c'est un élève perturbateur, de toute façon il n'est que perturbateur. Non, on ne peut pas penser comme cela. Il y a des élèves qui ont des comportements perturbateurs au point d'être régulièrement perturbateurs et qu'on finisse par les qualifier d'élèves perturbateurs, ce qui n'est pas une bonne chose, parce qu'on les enferme dans une catégorie. Mais objectivement, il y a des élèves qui sont beaucoup perturbés par ce qu'ils vivent à la maison notamment, ou à l'école parfois. Et du coup, ça mobilise par la réitération. Il n'y a rien de pire dans une classe qu'un élève qui vient régulièrement réitérer par son comportement, des comportements qui viennent perturber le projet que l'on a pour la classe et pour les élèves. Et puis les moments où on demande aux élèves de travailler ensemble. Eh bien, il y a des problèmes parce que quand on travaille ensemble, il faut être capable de faire avec celui qui est le leader du groupe, il faut être capable de résoudre des problèmes parce qu'on n'arrive pas à se mettre d'accord pour répondre à la question numéro 2, etc. On construit des compétences psychosociales dès lors qu'on travaille, mais on construit encore plus de compétences psychosociales dès lors qu'on réfléchit ensemble sur ce qui vient de se passer. Il y en a parmi vous, vous le faites, de temps en temps. Vous avez mis les élèves à travailler en groupe et vous prenez 3 minutes, 5 minutes pour revenir sur la manière dont les élèves ont travaillé en groupe. Là, à ce moment-là, vous êtes sur un sujet de développement des compétences psychosociales. Vous allez demander aux élèves de parler sur la manière dont ils ont travaillé en coopération. Donc là, on est un petit peu dans les CPS. Un petit peu. On s'est auto-saisis du sujet des combattants psychosociaux à l'inspection générale il y a un peu plus de deux ans. On s'est dit, mais voilà, ça soulève plein de questions délicates. Ce sujet, est-ce que c'est un sujet assez complexe ? Donc on en a fait... Elisabeth Mann a donné son accord pour que ce soit une mission, une mission de l'inspection générale on l'a travaillé pendant un an pour répondre à une quarantaine de questions délicates notamment la question du référentiel moi je pense que sur le plan, le référentiel que je vous ai montré tout à l'heure je rentre dans des considérations un peu techniques mais vous allez voir derrière pourquoi je le fais sur les compétences cognitives on n'est pas encore au point autant sur les compétences émotionnelles exprimer, nommer, réguler ses émotions ça va, réguler le plan des relations sociales on voit bien Réguler ses... communiquer de manière empathique, réguler ses relations de manière constructive, on voit bien de quoi il parle. Mais les compétences cognitives, avoir conscience de soi, ce qui est dans le référentiel, ça parle pas beaucoup aux enseignants. Moi j'étais un peu gêné. Donc il y a un sujet. Et puis je me disais, mais ces compétences psychosociales, c'est curieux quand même. Ça correspond à des choses que savent faire plus ou moins les personnels de l'éducation, qu'ils le font plus ou moins, consciemment plus ou moins, effectivement. Mais le mot compétence psychosociale, c'est un peu complexe. Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose derrière qui est à l'œuvre ? Donc depuis deux ans, je me disais, mais il y a quelque chose derrière, je ne trouve pas, qui est à l'œuvre et qui est très important. Et qui est plus simple. Alors on n'a pas vraiment, on l'a effleuré dans le rapport qu'on a rendu sur les compétences, mais je vais vous le montrer. Ce qui est derrière, c'est ça. Et ça, vous connaissez. Ce sont les vertus de la condition humaine. Les savoir-être de la condition humaine qui ont été transmis par l'humanité. Par les cultures, certes religieuses, mais pas que. Pas que. Nos parents, les familles, l'entraide, la patience, le pardon. On ne voit pas dans les textes officiels ça, le pardon. Pourtant, levez la main ceux qui ont dit une fois à un de vos élèves, il faut que tu apprennes à pardonner. Levez la main. Voilà, vous êtes nombreux à voir ça. Vous l'avez fait, parce que vous savez, au fond de vous, que le pardon, ça résout quand même bien des problèmes entre les élèves. Et puis il y a tous ceux qui n'ont pas osé lever la main. On le fait en tant que père ou mère, ça, de temps en temps, avec ta sœur, écoute, il faudra pardonner un peu. Voilà, des choses qu'on dit. Et on sait que c'est essentiel. Pareil sur la compassion. savoir aider celui qui n'est pas bien, celui qui visiblement n'est pas bien, qui éventuellement souffre d'ailleurs. La gratitude. Les quelques-uns qui font du conseil d'élève, peut-être sur la mode Freinet ou pas Freinet, Freinet disait, il faut savoir remercier cette semaine. Alors moi, ce que je n'aimais pas, c'est que lui, il normalisait. Allez, on fait un moment gratitude. Dans la vie, il n'y a pas des moments gratitude. On exprime sa gratitude, ses remerciements quand on en a envie. Et ça, pour l'avoir expérimenté dans toutes les fonctions que j'ai eues depuis que je travaille, c'est d'une puissance, c'est très puissant. Surtout quand c'est fait avec sincérité, avec humanité, avec cœur. Et ça, ce n'est pas dans les textes officiels, mais c'est très puissant. Je suis sûr que certains d'entre vous, vous pourriez témoigner. vous dites tu peux remercier ton camarade, tu as vu comment il t'a aidé, tu peux, voilà. C'est les choses que vous dites, parce que ça vous vient dans votre cœur, dans votre âme, vous sentez que c'est sur ce terrain-là que ça se joue. Et vous voyez, ce n'est pas explicitement dans les compétences psychosociales, mais c'est derrière. Pourquoi c'est si important ? Parce que je considère que c'est le socle de notre humanité. C'est ça, lorsqu'on transmet cela, on transmet ce qui fait qu'on arrive à faire société. Donc pour moi, alors je le mets un peu à l'épreuve, je le teste depuis quelques conférences, parce que je pense que c'est encore plus fort qu'elle peut être que les compétences psychosociales. Je ne sais pas, j'ai encore besoin d'y réfléchir, mais je vous le transmets. Parce que ça ne dépasse, c'est bien plus grand que moi. Ça est transmis depuis des millénaires. Et on trouve ça, curieusement, quand on fait de l'anthropologie, dans toutes les civilisations. C'est assez curieux quand même. Des civilisations qui ne se sont jamais fréquentées. Quels sont les enjeux de la mobilisation des compétences psychosociales ? On retrouve un peu dans le référentiel quand on dit communiquer avec empathie. L'empathie, elle est là. C'est la vertu, empathie. Vous avez vu en bas, c'est intéressant ça. Force morale avec laquelle l'être humain tend au bien. Juste une petite remarque, les valeurs transcendantales de ces choses-là, c'est le bien, le bon, le juste et le vrai. Et ça, c'est notre socle commun à tous ici, qui nous réunit. Dans l'éducation nationale, il y a un engagement très fort des enseignants. Quand on circule dans le pays, il y a vraiment quelque chose de très très fort là-dessus. les enseignants sont beaucoup engagés pas tous exactement de la même manière, au même niveau mais il y a beaucoup d'engagement c'est des métiers qu'on ne peut pas faire autrement qu'en étant engagé donc il y a une bonté aussi on est engagé pour le bien des élus élèves globalement. Il y a parfois, on n'est pas parfait, il faut être bienveillant avec soi, mais il y a aussi des moments où on n'est pas bon, où on ne fait pas forcément pour le bien de tous parce que on est fatigué, on en a marre, on est énervé. Voilà, c'est le métier, c'est dur. C'est dur. Mais il y a ça. Et ça, c'est dans cette force morale, dans cette force morale, cette vertu, c'est vertu. C'est une détermination qui implique un effort. C'est ça la vertu. Quels sont les enjeux ? Alors là-dessus, il y a beaucoup de mété... Vous savez ce que c'est que les mété-analyses ? C'est des recherches qui font la synthèse de beaucoup de travaux de recherche. Il y a des mété-analyses sur les compétences psychosociales. Alors voilà le référentiel actuel. Ça, c'est le référentiel actuel. Et qui nous disent que ces compétences-là, elles aident à auto-réguler la relation à soi et à son comportement personnel, mais aussi à auto-réguler la relation aux autres. et à ses apprentissages. Donc c'est puissant. Les CPS, elles permettent d'agir sur les apprentissages, la régulation à soi et la régulation aux autres. Ça fait beaucoup quand même. C'est des compétences très puissantes et j'aime bien ce que met Santé publique France qui est l'organisme du ministère de la Santé qui a développé les compétences psychosociales au tout départ. et qui continue d'ailleurs à former des formateurs, à publier des travaux et notamment des référentiels, qui dit que c'est bien-être avec soi-même et bien vivre avec les autres. Et ça résume assez bien les vertus des compétences psychosociales, la recherche montrant notamment que ces compétences, à court terme et dans l'immédiat, elles permettent notamment de réduire le stress de développer des relations constructive et positive avec les élèves, de favoriser, quand on parle de bien-être, il y a deux grands bien-être, il y a le bien-être hédonique et le bien-être plaisir. Quand on n'est que dans l'hédonisme, on cherche le plaisir. Le bien-être hédonique, c'est un autre bien-être, c'est le bien-être que l'on éprouve et que l'on ressent. C'est vos élèves, ils entendent la sonnette, ah déjà ! Là, ils sont dans leur bien-être eudémonique. Ils sont dans un bien-être qui est un bien-être parce qu'ils ont été absorbés dans le flot. Le flot, F-L-O-W, c'est quand on est absorbé par ce que l'on fait, par l'intérêt de ce que l'on fait, et que on est bien parce que... Parce que ce qu'a proposé le maître ou la maîtresse c'est tellement intéressant qu'on en oublie les contraintes. C'est le bien-être démonique. Les compétences psychosociales, lorsqu'on arrive à s'autoréguler dans son rapport aux difficultés, on se laisse vite absorber par le flow et on est bien. Et puis, à moyen et long terme, on l'a vu, ça renforce l'estime de soi, ça crée un climat positif, on est dans l'autorégulation cognitive, et puis ça développe beaucoup sur le plan des relations, des valeurs de paix, de coopération. Donc du coup, la recherche internationale, là, c'est toutes les grandes méta-analyses avant 2024. On a eu deux autres depuis, mais qui nous disent qu'il y a trois grands domaines. C'est la santé, d'abord. Ça a été beaucoup développé en France pour la santé, mais c'est aussi beaucoup l'impact sur la réussite scolaire, notamment le sentiment d'efficacité et la persévérance. Ça agit beaucoup sur la persévérance et indirectement sur l'amélioration des résultats scolaires. Et enfin, c'est les relations. Les élèves qui ont des compétences psychosociales, ils savent y faire avec les autres, ils savent composer avec les autres, ils savent consentir à certaines choses et ne pas consentir, ils savent dire non. qui savent dire non, parce qu'ils vont être capables d'assumer et de discerner les enjeux d'une proposition, etc. Ça permet notamment, vous voyez, la loi de juillet 2019 qui interdit la violence éducative ordinaire, ça permet de réduire la violence éducative ordinaire. Les enfants de la nouvelle génération qui sont formés aux compétences psychosociales vont devenir encore plus... plus des parents qui n'auront pas de propension à la violence éducative ordinaire. La violence éducative ordinaire, c'est la violence qu'on trouve beaucoup dans les familles où on insulte, on humilie, on peut être parfois soi-même dans de la violence éducative ordinaire lorsqu'on donne des choses à faire qui sont contraireuses. qui ne correspondent pas au niveau de l'élève. Des injonctions paradoxales, des injonctions contradictoires, des injonctions en tant qu'enseignant inadaptées au niveau de l'élève. C'est une forme de violence pédagogique ordinaire. Mais bon, on a connu les humiliations. Moi, j'ai connu, comme un certain nombre d'autres, des profs qui humiliaient quand on passait au tableau. C'est une forme de violence pédagogique ordinaire. Les compétents en psychosocial, lorsque les professeurs en ont, ils font très attention à ne pas blesser les élèves. J'aime bien les travaux de Vincent Canot, qui est inspecteur pédagogique régional en EPS, et qui, dans l'Académie de Versailles, développe l'idée que, il vient de publier d'ailleurs un ouvrage, je vous le montrais tout à l'heure, avec Nadine Godin, où il montre que chaque domaine... des compétences psychosociales permet notamment de cultiver et correspondre à des finalités majeures qui se dégagent, principalement l'autonomie pour les compétences cognitives, mais pas uniquement la persévérance sur l'émotionnel on va être plus motivé, plus persévérant et on va arriver mieux sur le plan relationnel et des apprentissages à coopérer. C'est assez clair et assez juste. Alors, une des dernières diapos très importantes, après, c'est pas que ça le soit moins, mais ça l'est un peu moins, mais là, il y a vraiment quelque chose de très important pour vous, c'est de comprendre c'est quoi les pratiques les plus efficaces pour développer les compétences psychosociales. Et ça, c'est le plus important dans mon propos cet après-midi, au-delà des enjeux de la conscience. Comment on fait pour accélérer le développement des CPS ? Parce que les compétences sociales, les enfants, je vais accélérer là-dessus. Il y a d'abord la relation, bien sûr. La relation entre un enfant et un adulte, c'est une relation qui est cognitive. qui passe par la communication émotionnelle. Et dans la communication, il y a une dimension émotionnelle et cognitive. Dans la communication, il y a trois dimensions. Le verbal, le non-verbal et le para-verbal. Le verbe, c'est les mots qu'on emploie avec les enfants. Le non-verbal, c'est les attitudes, la posture, les mimiques. Le para-verbal, c'est le ton ou le débit de la voix. Le ton. Si on dit à un élève, oui c'est bien. Il entend que ce n'est pas très bien. Donc pour lui, il va prioriser dans sa perception de ce qu'on lui a dit, que ce n'est pas très bien, parce que dans le ton, il capte le paraverbal pour un enseignant est beaucoup plus signifiant que le verbal, dans certaines interactions, pas toutes. notamment toutes les interactions de feedback ou d'évaluation si le ton n'y est pas donc si bien qu'en tant qu'enseignant des fois on force le ton on va se rendre plus enthousiaste pour forcer le ton montrer plus de joie plus de satisfaction Vous voyez ici, vous rappelez les compétences psychosociales, cognitives, émotionnelles et sociales. On les retrouve dans la communication. On les retrouve, elles sont là, réguler son stress, nommer ses émotions, les réguler, voyez. Quand cognitive se donnait... des buts, s'auto-évaluer, prendre des décisions. Par exemple, identifier ces situations de vulnérabilité personnelle. Vous ne trouverez ça dans aucun référentiel, ce mot qui est vu de ça, parce que je pense que le référentiel actuel, il manque des petites choses sur le plan cognitif. Par exemple ça. Un élève qui connaît bien ces situations de vulnérabilité personnelle, il connaît quelque chose qui peut l'aider sur le plan psychosocial. Il sait que dans telle situation... par exemple à chaque fois que quelqu'un de nouveau arrive se présenter, il sait qu'à chaque fois il s'y prend mal donc il va être plus attentif et il a connaissance de ça donc il va se mobiliser un peu plus ça on l'a vu communiquer de façon constructive résoudre des problèmes de manière constructive alors là ici je vous montre une diapo après qui est tiré d'entretiens qu'on a menés avec des lycéens. On leur a demandé comme question. On leur a dit, mais vous avez bien des profs avec qui ça passe vraiment bien, vous vous sentez bien, vous êtes bien avec eux. Ils sont comment ces profs ? Et là, ils nous ont fait une description. Vous allez voir sur quoi ça repose quand on est élève, d'être bien avec son professeur. Et ça retentit sur vous à l'école. Les leviers sont les mêmes. Regardez bien. Ça repose sur pas grand chose. Mais c'est fondamental. Alors, ils n'ont pas dit ça avec ces mots-là. C'est nous qui avons analysé à partir de leur verbatim. On a compris que les profs et qui se sentent bien, c'est des profs qui... comprennent ce qu'ils ressentent, en tout cas ressentent ce qu'ils ressentent, comprennent ce qu'ils pensent. Comme les co-empathies, quand ils leur parlent, ils sont attentifs à ce qu'ils ressentent. Deuxième chose, respect inconditionnel. de chaque élève. Ça veut dire que, ce qu'ils nous ont dit, en gros, même quand on a des difficultés, ils viennent nous dire des choses, mais jamais, ils nous respectent toujours. Jamais on va avoir une parole désagréable, où on va se sentir jugé, maltraité, humilié. Il y a un respect qui est inconditionnel. Disponibilité, se rendre disponible. Donc ce sont des profs, on lève la main, ils ne vont pas venir nous aider systématiquement, mais il y a toujours une réponse au fait de lever la main. C'est ça la disponibilité. Ils tiennent compte du fait qu'on demande de l'aide. Parce que quand on circule dans les classes, on voit aussi des professeurs ne répondre pas parfois à une demande d'aide. Exigences formulées avec bienveillance. Je sais bien que vous en avez marre parfois la bienveillance. On comprend parce qu'on le met à toutes les sauces. Pourtant, c'est quelque chose d'extraordinaire la bienveillance. Pourquoi ? D'abord parce que les travaux de Shalom Schwarz en Israël, ce chercheur en psychologique sociale a montré, il est en retraite je pense maintenant, et il a montré que c'est la valeur qui se développe le plus dans le monde. Quand on regarde les informations, on se pose des questions. Mais bon, c'est quand même la valeur qui se développe le plus dans le monde. Eh bien la bienveillance, ça permet de faire accepter les exigences. Avec les difficultés, on s'éteint. C'est en mettant de la bienveillance dans le ton, les mots que l'on emploie, les regards, en se mettant au niveau de l'élève, que l'élève va accepter d'entrer, de recommencer, de revoir ce qu'il a fait. Dans les feedbacks formulés avec bienveillance, ou dans les consignes formulées avec bienveillance, les élèves vont beaucoup plus s'entraider. Ça, c'est des choses que vous savez tous. Donc, ça aide à l'acceptation des exigences. Et surtout, ce qui m'a beaucoup marqué, c'est le dernier. C'est le dernier, parce que j'ai travaillé pendant des années sur la vulnérabilité. J'en ai fait un bouquin, et puis une année, je me retrouve dans un taxi, j'allais faire une conférence à l'IHDS à Poitiers. Dans le taxi, il y avait une jeune femme, on discute. Elle avait fait sa thèse sur la vulnérabilité, on discute. Puis bon, je lui ai dit, on va vous inviter à un séminaire, vous viendrez intervenir, je pense, vous avez vraiment des choses très intéressantes à nous apprendre là-dessus. Et elle a fait une intervention deux ans après, un séminaire national sur la vulnérabilité, où elle explique. Elle explique que les jeunes sur lesquels ils ont fait des études, qui sont les plus en marge de la société, qui sont vraiment en limite d'implosion psychologique, qui sont vraiment en décrochage total, ceux qui s'en sortent, ils ont tous comme point commun d'avoir eu dans leur parcours une personne qui s'est intéressée à eux personnellement. S'intéresser personnellement A la personne de l'élève, c'est le levier le plus puissant pour les élèves les plus fragiles. Donc le temps, j'en parle à des professeurs des écoles, on sait que les professeurs des écoles sont ceux qui s'intéressent le plus aux élèves, plus que dans le second degré, parce que les profs vont vous dire « mais bon, moi j'ai passé le concours pour transmettre du savoir et pas pour forcément m'intéresser personnellement aux élèves » . élèves, on entend encore ça de moins en moins. Mais on entend encore ça parfois. Des professeurs sont résistants à la rencontre des élèves. En premier degré, il y a quand même, parce que vous les avez une vingtaine d'heures par semaine avec vous, et voire plus, parfois ça peut être plus. forcément vous vous êtes amené à vous intéresser il y a une propension à s'intéresser et du coup le levier c'est effectivement de considérer que les élèves ils ont besoin notamment à partir de l'âge de raison du cycle 3 où là ils conscientisent le fait que le maître ou la maîtresse s'intéressent à... alors tu avais une compétition de natation ce week-end alors comment ça s'est passé ? C'est les choses que vous faites naturellement si vous êtes bien avec vos élèves. Et ça, vous faites ce qu'on appelle, vous tissez des liens avec vos élèves quand vous faites ça. Il y a ce qu'on appelle un savoir relié. Vous savez mettre des liens, construire quelque chose qui est plus fort que simplement la relation prof-élève. Il se passe quelque chose d'une autre nature, qui est une relation de personne à personne. Et arriver à vivre son métier comme ça, on n'y arrive pas toujours. Certains d'entre vous, vous êtes peut-être fatigués, épuisés, vous avez des doutes, vous n'y arrivez moins peut-être. D'autres, vous avez quelque chose auquel vous accédez. Je vous le dis, s'intéresser à la personne des enfants, c'est quelque chose qui donne une dimension, qui permet de créer ce qu'on appelle, ce que Michel Janos appelle une relation. Michel Janos, c'est un chercheur canadien qui a beaucoup travaillé sur le climat scolaire, sur la relation significative. Ça permet de créer une relation vraiment forte, significative. Comment se construisent les CPS ? Voilà une diapo très importante. Comment on fait, peut-être une des plus importantes, pour développer les compétences psychosociales des élèves ? À la maison, les enfants, nous tous, nous avons construit beaucoup par imitation des élèves. adultes, imprégnation, intériorisation, par des discussions informelles, notamment sur les moments, les sujets des expériences vécues, qui sont notamment les moments difficiles. Quand on analyse les moments difficiles, notamment à l'adolescence, mais pas uniquement avant aussi, le fait de discuter régulièrement permet de développer des compétences psychosociales. La réflexion personnelle sur les situations vécues ou à vivre et leurs enjeux. Le fait de réfléchir personnellement ou avec des adultes sur les enjeux d'une situation un petit peu délicate, donc là, attention, tu vas aller chercher le pain, la première fois, c'est toi qui vas aller faire la course, tu vas sortir. C'est des moments où on prévient, le père, la mère discutent avec l'enfant, ils préviennent éventuellement des risques, traverser, si on te parle, etc. Ce sont des moments où on aborde des compétences psychosociales. Dans le cadre scolaire... Il y a aussi l'intériorisation, pareil, des compétences des adultes, des compétences psychosociales, et puis l'analyse des situations relationnelles. À partir du moment qu'on adhère, et c'est ce que vous faites beaucoup pour les professeurs de l'école, dès qu'il y a des tensions sur la cour de récréation, vous discutez avec eux. Les moments où vous analysez avec eux les raisons, qu'est-ce qui s'est passé, il t'a dit quoi, tu lui as dit quoi, et alors t'en penses quoi ? Et alors comment t'aurais dû te comporter ? Quel effort t'aurais dû faire pour que ça se passe mieux ? Là, on entre dans les compétences psychosociales. Ah ben j'aurais peut-être pu me mettre un peu à sa place, oui en effet, je n'ai pas au point de repenser. Là on est dans les CPS, vous voyez donc... Alors ça, c'est dans la relation que vous vous développez. Et en fait, on s'est rendu compte que tous les gestes quotidiens des adultes, si vous êtes vous-même beaucoup dans les CPS, vous imprégnez vos élèves. Alors après, c'est ce que nous livre la recherche, il y a des disciplines, notamment les sciences de la vie de la Terre et surtout l'EMC, le programme EVAR en premier degré. L'EPS, mais aussi le français quand on étudie des romans, la psychologie des personnages, les émotions de tels héros, etc. Les langues vivantes, bien sûr. Et puis l'éducation aux médias et l'information et les sciences de la vie de la Terre, sur tout ce qui tourne autour, effectivement, pas uniquement de la sexualité, mais de tout ce qui concerne la biologie humaine. Il y a des aspects qui peuvent être peut-être plus au collège ou au lycée qu'en école élémentaire, c'est clair. Les CPS et les gestes relationnels dans la relation avec le pédagogique et surtout cela. C'est très important de comprendre ça. Le conseil d'élève... L'heure de vie de classe au collège ou au lycée, les ateliers philo, les programmes de développement affectif et social, il y a plein de programmes en France et en Europe, mais le conseil d'élèves c'est très très puissant. Notamment si on confie des rôles aux élèves, parce que dans le conseil d'élèves, les élèves vont avoir beaucoup la parole et ils vont avoir des rôles, et on sait que les rôles en fait correspondent à ce qu'on appelle des responsabilités. Les responsabilités ça n'apparaît pas en dessous, ici il y a une partie sur les responsabilités. Le fait, dans une école, d'avoir des enfants ambassadeurs, des enfants qui ont des responsabilités, et le fait qu'on analyse avec eux... Les responsabilités qu'ils ont, qu'on fasse des feedbacks sur... Il y a des écoles où il y a des enfants médiateurs. Il n'y en a pas beaucoup, c'est plus dans les collèges et lycées. Mais les enfants qui font un peu de médiation, qui sont des enfants tuteurs, les enfants qui aident les plus petits, ou les élèves en difficulté. Une responsabilité, dès lors qu'on va avoir des moments d'analyse du comportement pendant l'exercice de la responsabilité, sont des lepements de compétence psychosociale. Le jeu des trois figures, de Serge Tisseron, le théâtre, Et puis bien sûr le théâtre... autres forums d'Auguste Boal ou avec ces fameuses scénettes que vont jouer les enfants des moments où ils sont malmenés et ils vont rejouer les rôles, analyser les rôles, faire permuter, etc. Les rôles qu'on peut jouer sont des moments où effectivement on se développe beaucoup l'empathie notamment et la capacité à résoudre des problèmes de manière constructive. Alors il y a des conditions minimales, je passe vite là-dessus pour développer les CPS. D'abord le fait d'incarner ses compétences au quotidien. Ensuite, de les intégrer dans les disciplines, parce qu'il y a des disciplines quand même. Il peut y avoir, si vous prenez des textes à étudier, si vous prenez en EMC des situations, mettez en place des activités en EMC où les élèves sont en interaction, vous allez beaucoup plus développer de CPF que si vous faites un EMC qui est très peu actif. Si vous faites un EMC livresque, les élèves ne développent pas de CPF. Zéro. Si vous faites de l'EMC par des débats, des jeux de rôle, Là, les élèves développent beaucoup plus de CPS. Et c'est très puissant. Les moments pédagogiques d'analyse des interactions sociales vécues. Retour de récré. Retour d'une activité de communication, de coopération. On fait ce qu'on appelle de la métacommunication. On communique sur la manière dont on se parlait. Dont on sait parler. Mais beaucoup, l'analyse est différente. Quand il y a eu des petits conflits sur la cour et que vous prenez cinq minutes de temps en temps pour en parler, surtout si vous mobilisez bien, vous êtes conscient de ce que vous voulez développer chez les élèves, sur les vertus, sur les compétences psychosociales, vous les développez parce que, justement, vous avez insisté sur, qu'est-ce que tu pourrais faire dans ce cas-là vu que tu n'as peut-être pas fait exprès, mais tu as fait du mal. Tu penses quoi, là ? On apprend à s'excuser, à pardonner, on apprend des choses élémentaires de la condition humaine mais qui font la différence différence. On apprend à s'expliquer. Certains connaissent la justice restaurative, les cercles de justice restaurative où on va parler des moments difficiles et restaurer les responsabilités, restaurer la dignité des uns et des autres. Renforcés par des activités complémentaires que je viens de citer tout à l'heure. Conseil de coopération, théâtre forum, notamment les projets citoyens, sociaux et humanitaires aident beaucoup les enfants. Alors la recherche scientifique donne notamment, vous voyez, ce principe-là autour de quatre critères d'intervention. La recherche dit que ça doit être safe, c'est-à-dire que ça doit être séquencé en principe. La recherche montre que quand on fait ça dans tous les pays à l'étranger, ils ont mesuré les programmes. Les programmes safe sont des programmes beaucoup plus puissants que les autres. Les activités de développement de CPS sont séquencées. Il y a une pédagogie qui est très active. expériencelle, on analyse les expériences vécues les interventions sont focalisées aujourd'hui on travaille sur tel tel CPS, que deux par exemple et les CPS sont clairement présentés explicités aux élèves il y a une implantation de qualité avec une qualité de formation, des intervenants de qualité Il faut une adhésion des participants. Il faut que toute la chaîne hiérarchique porte. C'est vrai que dans les écoles, si c'est porté par un projet de circonscription, ça facilite. Je passe rapidement sur la fin. Les stratégies qui favorisent le développement des enfants. Je parle des stratégies maintenant. Là, c'est plus pour nos collègues inspecteurs et les collègues qui sont directeurs d'école qui peuvent aussi connaître le fait que dans cette feuille de route qui a été publiée il y a un mois, dans la feuille de route, on nous parle bien de tous les éléments qui vont contribuer à une stratégie et à développer les compétences psychosociales. Je ne vais pas être trop détaillé. Il y a aussi une note de cadrage associée à la feuille de route qui nous donne des principes très intéressants qui nous disent que les temps d'apprentissage doivent être structurés, ils doivent être répétés. L'objectif doit être explicite, la pédagogie doit être active, il doit y avoir des moments de méta-cognition, des moments où on réfléchit sur ce qu'on est en train d'apprendre et on conscientise ce que l'on vient d'apprendre, on vient de l'expliquer. Des temps spécifiques dédiés, il vaut mieux le faire dès la maternelle par des temps avec des pratiques expérientielles. On fait vivre des expériences particulières comme le jeu des trois figures par exemple. Les professeurs et les personnels sont formés eux-mêmes. Il y a des ressources et des méthodes qui permettent de conserver la liberté pédagogique qui doit être développée. Alors on voit des freins quand même quand on circule. On voit quand même que globalement, il y en a certains qui considèrent que c'est un peu trop normatif dans les comportements. dès lors qu'on développe des compétences, c'est normatif. Après, les élèves sont libres de suivre ou pas suivre. Il peut y avoir des dérives thérapeutiques dès lors qu'on fait venir des associations. Il y a quelques dérives thérapeutiques, il n'y en a pas beaucoup en France, mais il y a pu y avoir des dérives thérapeutiques. Je me souviens de quelqu'un qui me disait qu'il travaillait sur les massages, des choses qui n'ont rien à faire à l'école, vous voyez. autour du bien-être, la relaxation. Là-dessus, soyez vigilants, vous êtes enseignants. Nous, on considère, à l'Inspection générale et à la DGESCO, que c'est aux enseignants de piloter tout cela que les élèves sont sous leur responsabilité. Je suis devenu, malheureusement, je le dis malheureusement parce qu'il y a des gens extraordinaires dans les associations qui ont développé en France les CPS, mais c'est aux enseignants de s'acculturer aux CPS et de les développer. Les associations ont vocation à apporter un soutien, mais pour moi, sur le temps, Du midi, la pause méridienne est sur le temps périscolaire. C'est mon point de vue. Je crois que la DGESCO est un peu plus souple que... Mais j'ai vu tellement de choses en ce qui est de l'antéi que je deviens, en fin de recommandation, prudent. Sur un principe simple, c'est que certaines associations qui étaient extrêmement puissantes... sans plan des outils qu'elles ont préparés, devenant de plus en plus sollicités, ont été obligés d'intégrer des nouveaux animateurs qui, eux, n'ont pas le niveau des animateurs d'origine. Et d'un coup, on voit des dérives. C'est venu de là, ma prudence. Traite psychologique, méconnaissance des compétences. Culturellement, il y a parfois un refus de certains enseignants, surtout dans le second degré, d'investir le champ psychosocial. Seulement, on sait que c'est un champ qui facilite beaucoup la réussite. Et enfin, des résistances didactiques, parce qu'il y a un manque de formation, un manque de temps, on vous demande beaucoup, il y a une sédimentation des demandes. Beaucoup d'enseignants nous disent, mais encore ça en plus ? C'est vrai qu'en termes de demande, on peut se dire encore ça en plus, mais ce qui est particulier, c'est que vous le faites déjà plus ou moins. On vous demande simplement d'être plus conscient quand vous le faites, et de le faire, donc du coup de vous former pour être plus conscient quand vous le faites, de telle manière à être plus explicite quand vous le faites avec les élèves, et de mieux cibler, parce qu'on mesure l'importance que ça a. Alors c'est vrai que quelque part, c'est une demande en plus, il ne faut pas dire le contraire. Donc moi je pense qu'il faut se donner du temps, il y a un temps d'appropriation de ces compétences-là, c'est vrai que c'est un peu nouveau. Alors il y a des précautions, je ne veux pas trop... voilà, j'en ai parlé un petit peu, vous avez des associations, elles veulent savoir que les associations normalement doivent être agréées au minimum par l'académie, agrément académique, et attention à la gratuité, la neutralité, parce qu'il peut y avoir aussi des enjeux financiers derrière, voire des enjeux d'entrisme spirituel aussi d'association. Je ne développe pas là-dessus. Voilà, en guise de conclusion, il y a quand même quelques points intéressants qu'on peut dire. Tout d'abord, que vous comprenez bien qu'on est dans un moment de l'histoire de l'éducation où par ces compétences-là, on va... induire une élévation qualitative sur le plan pédagogique. Parce que les enseignants, il y en a beaucoup qui commencent à s'intéresser à ça, il y en a de plus en plus, c'est des dizaines de milliers d'enseignants dans le pays qui s'intéressent, voire se passionnent pour cela. Ils augmentent qualitativement leur conscience et leur volontarisme d'agir là-dessus parce qu'ils savent que ça aide à lutter contre le harcèlement, les adductions, la santé mentale et la réussite scolaire aussi ça aide. donc il y a vraiment une montée et ça permet aussi de développer des compétences qui permettent de lutter contre la violence et tous les maux de la société. C'est au cœur des maux de la société qu'on a du retard là-dessus. Alors, tous les INSP, toutes les écoles académiques de la formation continue ont des formateurs maintenant pour développer cela. Il y a une montée en puissance de la demande. Toutes les formations initiales abordent ce sujet-là maintenant. les formations initiales pour préparer au concours de l'enseignement. Je termine là-dessus, il y a curieusement des paradoxes sur ce sujet. C'est nouveau... Mais ce n'est pas complètement nouveau. Parce que beaucoup, en fait, je vous parle de quelque chose que vous avez déjà éprouvé, dont vous avez déjà plus ou moins fait l'expérience. Ce qui est nouveau, c'est de vous dire, il faut en être conscient, il faudrait plus le développer. C'est à la fois complexe, mais avec des gestes simples et efficaces, on obtient des résultats incroyables. Juste plus d'écoute, plus de présence, plus d'attention, plus de temps de parole où on s'explique sur ce qu'on a vécu et on analyse ce qui n'allait pas. Ça repose sur pas grand-grand chose finalement. Il faut du temps pour s'approprier l'objet. L'objet, vraiment se l'approprier, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Franchement, ça n'empêche pas du tout d'avoir des résultats très rapides alors que vous n'êtes pas complètement approprié l'objet. C'est très paradoxal. Et enfin, il y a quand même... On le voit, une vigilance à avoir, alors qu'il y a un grand enthousiasme. Mais il faut être vigilant. On ne fait pas n'importe quoi sur ce registre-là et on reste professionnel. Donc il y a enthousiasme et vigilance parce qu'on entend quelque chose de plus intime, plus intérieur dans ce que vous vivez dans la relation avec les élèves et intérieur dans ce que ressent l'élève. Voilà, merci de votre attention. Il y a peut-être quelques témoignages ou des questions, des interrogations, des désaccords, je ne sais pas. Si vous avez des questions, n'hésitez pas, on va prendre un petit temps, on a le temps encore un peu pour échanger.