Speaker #2Bonjour à vous tous et toutes, et vous êtes bien courageux de venir jusqu'ici avec cette chaleur. Merci à vous. Voilà, on m'a demandé de parler de joie. Voilà, moi je suis assez joyeuse, donc ça me branchait. En dépit des difficultés, et parfois justement... par rapport à ça aussi. Donc mon propos, puisque je travaille en petite enfance, c'est de parler de ce que je connais. Et tout ce que je vais évoquer, vous le verrez après dans la bibliographie, tout ce que je vais dire a été écrit, publié, documenté. Donc pour ceux qui sont intéressés, mon PowerPoint est disponible et vous pouvez y avoir recours par la suite. vivre joyeux en petite enfance, évidemment, c'est avec tout le monde, tous les protagonistes, les enfants, les parents, les professionnels, les partenaires et toute la ville. Je voulais commencer par parler de la bonne compagnie des bébés et des adultes, parce que bien souvent, on voit des choses marrantes comme ça, inattendues. Là, j'étais dans une séance de travail dure, avec des collègues espagnols. Un artiste espagnol et une artiste allemande. Et puis au fil de notre travail de plusieurs années, il y a un bébé qui est né, le bébé était par là. Et ce bébé, pendant que nous avons discuté sérieux, il n'arrêtait pas de joyeusement interpeller le monsieur à côté, donc l'artiste Carlos Laredo de Madrid, que cette petite fille ne connaissait pas. Et vous voyez, il va se passer des choses très joyeuses. Vous ne l'entendez pas, je n'ai pas mis le son, mais alors c'était des rigolades et des rigolades, au point qu'on n'arrivait plus à travailler. pour dire que les enfants naissent joyeux. Et vous voyez en plus comment après, les adultes, vous les voyez aux mimiques, il y a de la joie dans tout ça. Vous le voyez très clairement à travers les voix, à travers les mimiques, à travers tout le corps, tout le corps qui parle avec cette émotion forte qu'est la joie. Première, même dans des moments où ce n'est pas prévu. Avoir un bébé pendant qu'on bosse, j'en ai tout le temps, quand on prend les enfants avec nous, on ne les laisse pas forcément à côté. Et dans ces communications avec les bébés, on a bien décrit en psycho depuis longtemps, depuis l'année 70, cette musicalité qui existe dans la communication verbale ou non-verbale. dans le corps entre bébé et adulte. Il y a deux grands psychologues, Colwin Trevarten, un écossais qui est mort il n'y a pas longtemps, qui a bien décrit tout cela. C'est publié en français dans ce livre aussi, On n'est pas tout seul. Oumaya Grattier, qui est ma collègue, jeune collègue à Nanterre, prof de psycho, qui a bien travaillé ça au niveau de la communication musicale à travers le chant. Et on sait aujourd'hui, à travers plein d'études, du monde entier, combien le champ est central pour le développement des tout-petits, et souvent, pas toujours, mais souvent, le champ peut être joyeux et porteur de tous ces phénomènes intersubjectifs qui font qu'on devienne homme, et pas simplement animal. Ces études ont montré aussi des correspondances très intéressantes entre les structures musicales des cantines, et ceci dans tous les pays, y compris en Afrique, avec les compétences des bébés. Donc là, on voit bien que l'apport culturel à travers les cantines que chantent spontanément les parents. probablement depuis le temps préhistorique, on ne le sait pas, mais peut-être qu'un jour on le saura, je tanne mes collègues du musée de l'homme par rapport à ça pour en avoir des éléments, on sait pour l'aspect pictural bien sûr, parce que même les enfants peignaient dans les grottes, mais par contre sur ça on n'en a pas encore de... on trouvera peut-être. Et donc cette correspondance qu'il y a entre ce qu'un bébé, dès qu'il naît, est capable de faire, donc c'est inscrit génétiquement, Est-ce que la société, si elle n'est pas trop entravée, si elle n'est pas trop déprimée, si, si, si, tout se passe bien. Et ça communique joyeusement. On connaît l'universalité dans toutes les populations des chansons-actions. Vous savez, les coucous, la petite bête qui monte, etc. qui sont dans les répertoires des adultes, qu'on fait sans l'avoir appris. Toutes les grands-mères le font, etc. Et qui font rigoler les enfants, et avec tous les trucs un petit peu de surprises, d'attentes, etc. qui vont renforcer la participation des enfants, qui vont dire encore, encore, encore, bien évidemment. Tout ça, des phénomènes joyeux qui paraissent anodins, mais qui en fait sont fondamentaux pour le bon développement des tout-petits, et aussi pour le bon développement de la parentalité. Alors joyeusement, il s'agit de vivre ensemble, de jouer, de chercher, en découvrant, en inventant et en créant ensemble. Alors j'évoquerai beaucoup une petite ville de Toscane qui s'appelle Pistoya, que je connais depuis très très longtemps, depuis l'année 80. Je vais très régulièrement. Et je vous invite vraiment à lire cet ouvrage qui s'appelle « Vivre ensemble, découvrir ensemble » . enfants et adultes dans les services éducatifs de Pistoya. Et vous verrez la joie à travers les récits, à travers les images. Il y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup d'images. C'est pour ça que le livre est un petit peu cher à cause de ces images. Joyeuse de tout ce qui peut se passer quand on vit ensemble et qu'on cherche ensemble. Déjà, Analia Gallardini, qui était la chef de service, qui en 1970, lorsqu'elle a créé... parce que c'est créé, pardon, la première crèche municipale de Pistoya, a décidé, avec tout le monde, que ce serait un service éducatif. Semaine de l'éducation, l'éducation commence dès la naissance et avant. Ce n'est pas un tube digestif, ce n'est pas qu'un cerveau non plus. Donc la crèche avec des éducateurs, voilà, et qui fonctionnera comme les écoles maternelles, avec... Plein de choses en commun. Et ça continue aujourd'hui. Et depuis, avec d'autres communes, Reggio Emilia, Bologne, etc., petit à petit, ça a mené le gouvernement italien à suivre le modèle, finalement, nordique, à faire une petite enfance grande, 0-6 ans, sous l'éducation, avec, non pas l'instruction, l'éducation. Et ça, ça change tout. Et dans une conférence qu'Analia avait donnée à Montréal, il y a exactement... 12 ans, c'est ça ? Oui. Elle terminait justement pour présenter Pistoya avec le mot « joie » . Et dans tous les murs, les documentations qu'on voit dans les crèches et les maternelles de Pistoya, on voit des enfants qui rient, qui jouent, des enfants qui sont joyeux. C'est l'image qui est donnée, c'est l'enfant joyeux. En plus, il est avec un livre. Alors, Pistoya, pourquoi ? Parce que c'est une petite ville, si vous ne connaissez pas, qui est toute petite à côté de Florence, 90 000 habitants, qui est reconnue internationalement pour la qualité de ses services éducatifs, pour l'inclusivité, puisque très tôt, il y a eu... Il y a eu plus que les 40% qui étaient des accords de Barcelone, de 90, qui étaient largement dépassés dans les crèches. Aujourd'hui, en Toscane, la crèche est gratuite. Bon, voilà, ça veut dire que c'est comme l'école. Il n'y a pas de raison. Un enfant qui a 6 ans, 3 ans, il vaut la même chose. Ça va jusque-là. Et puis, en Toscane, la beauté, je vais y revenir, parce que la beauté, ça rend quand même assez joyeux. Alors Pistoia n'était pas connu avant, mais il a fallu que Lella Gandini, qui est pistoiaise mais qui a travaillé beaucoup à Reggio, parte travailler dans une université américaine pour que justement ils éditent cet ouvrage Bambini. Et chaque chapitre, c'est une ville et il y a Pistoia et il y a Reggio Emilia. Et donc ça va se faire connaître dans le monde entier comme l'Italian Approach, un modèle qui va diffuser partout et être inspirant pour plein de pays. Il a eu beaucoup de mal. encore aujourd'hui, à traverser les frontières de l'Hexagone, je peux vous le dire. Mais en tout cas, c'est dans tous les continents et nous, c'est un peu difficile. À l'OCDE, on a fait des études comparatives de différents pays. Moi, j'étais experte dans les deux premiers rapports, Petite Enfance, Grand Défi, en 2001 et 2006. Et là aussi, les résultats nous montrent que, où est-ce qu'il y a la meilleure qualité et la plus grande inclusivité des pays nordiques ? quelques communes italiennes. Encore une fois, je fais court, mais vous pouvez lire les ouvrages, les rapports, ils sont là, disponibles, et c'est encore vrai aujourd'hui. Une étude de la Commission européenne a été demandée à mes collègues de l'Université de Gant et de Londres, pour étudier les... Corses et les compétences requises pour être un professionnel de la petite enfance. Ils ont fait la revue, la bibliographie des milliers et des milliers d'articles pour arriver à dire que pour qu'un personnel soit compétent, il faut un système compétent. Et que donc un système compétent, c'est justement tout un système qui va permettre... que les professionnels développent leur potentialité en même temps que les enfants, en même temps que les familles, et tout cela joyeusement, et dans ce rapport, comme par hasard, l'exemple est pris, c'est Pistoya. Pour vous dire que ce n'est pas simplement un dada de ma part. Je vous renvoie à tous ces travaux. Alors évidemment, quand Analia Galardini a pris sa retraite, j'ai voulu qu'il y ait au moins un ouvrage en français qu'elles ont écrit avec toute l'équipe de coordination pédagogique. Je vous invite à le regarder. Il est très facile à lire, il est petit. Il y a beaucoup d'images aussi. Et il n'est pas cher, celui-là. Et là, ce qu'on voit, c'est effectivement, et j'accompagne depuis que je suis dix ans la retraite, beaucoup de voyages d'études. Le huitième voyage à Brest va partir bientôt. Trois voyages à Jamniers de Paris, etc. Et tout le monde est frappé par cette ambiance joyeuse qui crée des personnes joyeuses. Ces personnes joyeuses créent une ambiance joyeuse qui crée, etc. Vous voyez le cercle vertueux de tout cela. Alors ? De la joie. Qu'est-ce que c'est que la joie ? Vous le voyez à travers ces bébés, vous le voyez à travers les mimiques, les yeux. Alors on ne sait pas si c'est les parents qui rigolent avec lui, un grand frère, une grande sœur, n'importe quoi. Mais en tout cas, il y a de la joie. La joie, bien sûr, dans les moments de tendresse, il est très heureux. La joie dans toutes les rigolades. Et vous imaginez la malice qu'il y a à vouloir arroser. J'imagine qu'il y en a pas mal en ce moment dans les jardins de ce type. La joie, là, c'est des enfants quand ils sont photographiés. dans une école maternelle, par d'autres enfants de 2 ans, lors d'une recherche qu'on avait faite avec mon labo il y a une quinzaine d'années. Disons, pour la CNAF, on a comparé des enfants de 2 ans en crèche, en maternelle, en classe passerelle et puis dans un jardin maternel. Et on a demandé le point de vue des enfants en leur donnant à 2 ans un appareil photo. Et ils ont photographié beaucoup de choses joyeuses et voilà, des choses qu'on voit. Donc vous voyez que cette joie, elle est quand même, quand on regarde de près... assez présente dans tout ça. Et « vivez joyeux » , je ne sais pas si vous devez le savoir, c'est la devise de M. Rabelais. Monsieur Rabelais, elle date de 1534, c'est dans la première édition de Gargantua, dans la lettre au lecteur. Après, ça n'y sera plus. Rabelais était médecin aussi. Il a fait ses études de médecine à Montpellier. Moi, je suis montpellierenne. Et dans le jardin des plantes qui était à côté de ma maison, il y a toujours encore le monument dédié à Rabelais et la devise « Vivez joyeux » . Donc moi, « Vivez joyeux » , je l'ai. Je l'ai inscrite dans ma peau et je peux dire que l'année où j'ai passé mon bac, premier devoir de philo au mois de septembre, la rentrée, c'est en 1967. Je suis vieille. Quel est le sens de la vie ? Là, je suis allée au jardin des plantes, il m'a vachement inspirée à blé, merci. Voilà. Donc, je vais alterner un peu des paroles un peu philosophiques et un peu des paroles scientifiques, mais simplement, mais comme un parti de travaux, de recherche, mais aussi d'expérience professionnelle. Alors, ce fameux colline Trébarten que j'aime beaucoup. qui a vraiment beaucoup travaillé sur ces dialogues mère-bébé, a pu écrire beaucoup de choses, et notamment, il a pu, à partir de ses travaux, démontrer que le bébé était né pour l'art et le joyeux compagnonnage de la fiction. Et dans un ouvrage de 2000... dans l'ouvrage que j'ai évoqué tout à l'heure, il dit, dans toutes les communautés humaines, et il a travaillé dans plein de continents, toutes les communautés humaines trouvent du plaisir dans les univers fictifs et poétiques. Souvent, l'imaginaire nous semble plus important que le langage informatif ou la logique, surtout si nous sommes un jeune enfant. Un artiste, un créateur, ou comme l'ont dit Einstein ou Wittert, philosophe, un scientifique en quête d'inspiration, cherchant à penser librement. La joie est liée à la liberté. Et ça, petite confidence aussi, j'ai fait de la psycho, j'étais étudiante de M. Jean Piaget, j'étais même son assistante, et toujours il nous disait, quelle joie de découvrir un beau fait. Et nous, comme étudiants, chaque année, on était impliqués dans ces recherches. En tant qu'étudiants, on ramassait les faits dans les écoles, accompagnés par un assistant, et on l'envoyait au boss chaque année, année après année. C'est comme ça qu'on apprend à faire le pain, à faire la recherche en faisant avec. Et de temps en temps, on disait, ah, quel beau fait, ça me remplit de joie. J'ai encore des messages comme ça. Voilà, ça, c'est des choses qui vous... Petit message personnel. Revenons à Trévertel qui conclut dans cet article, c'est une cruauté que de traiter un enfant sans joie ni imagination. Et ça peut commencer dès la naissance ou voire avant la naissance, y compris chez des petits bébés qui ont été dans des couveuses, qui ont été prématurés, qui ont été pour diverses raisons... qui sont arrivés trop tôt, qui ont entendu des comptines chanter et qui, dès qu'ils sortent de leur couveuse, arrivent à la maison avec joie, retrouvent les chansons que leurs parents leur ont contées, encore intubées de mille fils, encore avec des bruits terribles, une pollution sonore épouvantable, quand on est dans une couveuse, que ça sonne terriblement dès que le cœur s'arrête ou le poumon s'arrête, on désature. Un message pour les puricultrices. qui connaissent bien ces termes, et les chants, le maintien de l'humanité, et voilà, bien sûr que ça doit être partout. Joie, qui est liée à la nature ludique de l'homme, parce qu'avec les comptines, bien sûr, on rigole beaucoup, et en même temps liée à la création culturelle, qui commence avec ces toutes petites formes que sont ces comptines ou ces berceuses, et qui correspondent tout à fait à ce que Piaget appelle la créativité du développement. Le développement, il est créatif. Et justement, quand parfois on est empêchés, je pense à des enfants primo-arrivants qui sont arrivés dans une école maternelle du Val-d'Oise. Tous sont arrivés mutiques. Il a fallu qu'une artiste, Agnès Defos, travaille avec les émotions, avec des projections familiales sur un t-shirt pour qu'explose la joie et que les paroles sortent. Et là, c'est vraiment extraordinaire de voir, c'est publié dans cet ouvrage-là, l'agriculture pour inclure les enseignantes, n'en revenez pas, un déblocage s'est fait par cette joie qui va exploser quand quelque chose de significatif va survenir, et souvent grâce aux artistes. Alors la joie, bien sûr, c'est très lié au mouvement, on l'a vu, les mouvements, les mimiques, les mouvements du corps. On le voit dans la rue, regardez, rien que ça, une petite fille qui, joyeusement, on la sent partir dans son mouvement de trottinette, dans son corps, ce papa qui fait des roulades avec son enfant dans ce jardin. crèche japonaise, on en parlait tout à l'heure alors là ça rigole, je peux vous assurer avec des mille et une inventions que font les professionnels pour inventer des machines infernales pour faire des trucs on rigole beaucoup, les crèches des 0-6 ans là-bas là c'est à la crèche Kawawa, il faut y aller il faut y voir pour le croire M. Tareda il est formidable pareil dans les pays nordiques, quand de dehors on rigole un peu plus que si on est assis sur une chaise ou si on dit ne cours pas ça je peux vous dire que dans la recherche pour la CNAF On a filmé les enfants du matin au soir, dans les crèches, à deux ans. La parole la plus fréquente, c'est « ne cours pas » . Tu courras quand tu iras dehors. Quand est-ce que c'est dehors ? Voilà. Donc, il faudrait que ce soit tout le temps. Sinon, c'est quoi ? C'est déjà la discipline du corps. Discipline, discipline. Vous voyez Foucault qui est derrière. On peut philosopher par rapport à ça. Dans les pays nordiques où parfois il y a des écoles sans mur, en l'occurrence là, On voit effectivement des enfants souvent beaucoup plus joyeux. Et bon, là, c'est les collègues universitaires de Trondheim qui ont travaillé sur ces écoles sans mur. Mais aussi Agnès Defos, la même que tout à l'heure, s'est promenée dans plein de pays et a étudié la créativité selon les différents contextes. Et par exemple, c'est des photos qu'elle a faites. Et d'ailleurs, je le signale, elle a une très belle exposition qui circule dans le monde entier. Elle est déjà venue à Échirol il y a quelques années. Et sur les pays européens qu'elle avait présentés, maintenant elle a ajouté justement le Japon, elle a ajouté le Brésil et d'autres choses et ça continue à circuler. Donc si Grenoble est intéressée, n'hésitez pas, elle met des post-it. Et du coup il y a tout un travail sur la créativité qui est vraiment épatant. Et la joie et les mouvements aussi, la photo du haut, ça se passe à Helsinki. Helsinki, pareil, c'est les professionnels des structures de la petite enfance, c'est tous des pédagogues. on ne parle pas du médical, du paramédical ça n'existe pas, là c'est pour l'hôpital et du coup là c'est dans le cadre de leur formation comme au Japon les professionnels ont à apprendre un instrument de musique ou faire de l'art donc là en l'occurrence de la danse c'est à l'université elles ont évité dans ce cours des mamans avec des bébés qui vont danser joyeusement donc c'est des choses importantes le corps, la danse le mouvement Qu'on soit dedans, qu'on soit dehors. Alors, joie des enfants en correspondance, la joie des adultes. Et là, j'ai envie de parler de connivence. La connivence adulte-enfant, ce n'est pas évident chez nous. Il y a toujours la vision un petit peu condescendante entre adulte et enfant. Entre adultes, il y a une telle hiérarchie, je pense en petite enfance, entre les je ne sais combien. nombre de professions, entre secteurs, puisqu'on est bien divisé entre l'école et le périscolaire, alors que dans d'autres endroits, il n'y a pas. Et ça se passe peut-être un petit peu mieux. Là, je fais une petite parenthèse, parce que ça me revient de plus en plus. C'est-à-dire que les enfants qui sont confrontés à des relations hiérarchiques en permanence, ils apprennent la hiérarchie. De voir dans une structure... telle personne en haut qui s'adresse d'une certaine manière à la personne en dessous, tous les jours, il l'imprime. On apprend ça. On éduque à ça, sans le savoir. Ça, c'est le curriculum caché. Alors que si on est comme dans les pays nordiques, tous au même niveau, en Italie, tous au même niveau, etc., on apprend la démocratie un peu plus. Voilà. Tout ça, c'est des choses... qui sont travaillés à l'université pour la formation des professionnels là-bas. Chez nous, je ne suis pas sûre que ce soit beaucoup dans les programmes d'éducateurs de jeunes enfants, du périscolaire ou même des enseignants. Je reviens sur cette connivence, donc connivence entre personnes, qui implique une bonne proximité, pas une bonne distance. La bonne distance, c'est quand on est en psychiatrie, quand on est en psychanalyse, là, on ne touche pas le corps. Il faut avoir la bonne distance. Par contre, si on veut être suffisamment prêt pour entendre la petite chose que le bébé va dire, le petit mouvement de l'œil qui va être fait, il faut être suffisamment proche pour pouvoir l'accueillir et pour pouvoir être responsive, être répondant. Sinon, on ne répond pas, on ne l'a même pas vu. Et du coup, bah... Voilà, le dialogue n'est pas amorcé. Donc une bonne proximité avec cette connivence. Et le mot connivence, c'est les japonais qui le disent. Pour eux, c'est d'avoir... Ils ont un niveau master pour entrer. Ils sont tous éducateurs, niveau master pour travailler dans les crèches. Donc ils demandent, on leur enseigne cette connivence, c'est le terme qu'ils utilisent, pour être justement dans cette présence authentique, pour pouvoir manifester un intérêt vrai. par rapport à ce que les enfants sont en train de faire pour pouvoir rebondir sur ce qu'ils font et pas refaire des relances qui viendraient un peu par-dessus leur épaule. Ce qui permet des observations fines et surtout une écoute très fine. Ce qui va permettre aussi de s'émerveiller. Parce que si on est trop loin, on ne va pas s'émerveiller. Il y aura du bruit entre-temps. On va écouter d'autres choses. Ça va stimuler chez l'adulte la capacité à se les surprendre. c'est cette capacité à être ouvert à l'imprévu et à accueillir l'inétendu, c'est justement ça qui est indiqué dans les conclusions finales du rapport CORE que j'évoquais tout à l'heure, comme la compétence majeure d'un professeur de la petite enfance, c'est ça, cette capacité-là à rebondir sur l'inattendu, c'est ça qui est demandé. Donc pas des recettes toutes prêtes, pas des machins tout prêts, pas des trucs, on sort de ça. Voilà, ça se passe dans les lieux d'accueil aux enfants parents à Tokyo, où on va beaucoup rigoler les professionnels, les parents. Les professionnels, vous les reconnaissez parce qu'ils ont dit... des blouses, mais sinon, et croyez-moi, ça rigole, ça rigole aussi, aussi bien que dans les crèches. On a fait une étude comparative avec ma collègue Miwako Oshii Watanabe, dans ces années-là, tous les films qu'on a, j'en ai des tonnes à la maison, c'est ainsi. Et on part de petits détails du quotidien, du pas grand-chose, qui peuvent avoir des significations très importantes, et je reviens sur ce bouquin que j'évoquais tout à l'heure de Pistoya, c'est à partir de l'observation Très fines. Par exemple, sur une crèche, la Gomago, les professionnels avaient remarqué que les bébés s'intéressaient beaucoup à la lumière qui était projetée tous les jours par la vitre. Et s'amuser à faire des tas de choses là-dedans. Ils ont pris cet intérêt au sérieux. Et pendant deux années, dans ce livre-là, vous avez les deux années, ils ont poursuivi un projet autour de l'ombre et de la lumière. Merci. Et ça coûte 0 centime. Je ne dis pas le... Et là, justement, Gabri, je l'ai invité dans ma fac au mois de décembre, et ça fera partie aussi d'un nouvel ouvrage. Donc ça veut dire qu'à partir de là, on peut faire des choses extraordinaires qu'on n'imaginerait pas, sans avoir de programme prévu à l'avance. Alors la joie, c'est une émotion, et comme toute émotion, ça ne peut pas se décréter. Elle survient. Alors elle a des sources internes. ou externe. et là je ne vais pas être pesante avec toute la philosophie mais la joie d'après tous les philosophes c'est quelque chose qui va libérer ça a des rapports avec la liberté mais aussi ça va libérer beaucoup de choses notamment de la créativité bien sûr la joie c'est une émotion qui est spontanée qui est toujours intense et qui est puissante c'est le terme utilisé aussi par pas mal de philosophes sur la puissance la puissance de la joie justement pour qu'il participe de l'élan vital et qui va amener beaucoup de découvertes, beaucoup d'inventions, beaucoup de choses très très importantes dans la vie quotidienne ou dans la vie scientifique etc. Et ça apparaît dans des grands moments mais aussi quand il y a des petits riens. Regardez, là justement on a cette crèche Lagomago C'est le matin, j'imagine que cet enfant, vous voyez qu'il y a son papa derrière, il vient comme tous les jours, mais regardez la posture de l'éducatrice, Gabri, on dirait que c'est la première fois qu'elle va l'accueillir. Regardez les petits qui vont le chercher, joyeusement, qu'elle accueille en fanfare. Voilà, c'est du petit quotidien. C'est du petit quotidien. Et ça, répété tous les jours, vous imaginez, et ce n'est pas du forcé, c'est du vrai. Je suis heureux d'aller à ta rencontre. Je suis heureux de t'accueillir. Voilà. C'est une photo qui date d'au moins 30 ans. Parce que Gabriel est plus vieillet maintenant. Au Japon, par exemple, vous avez un bébé qui s'approche comme ça d'une adulte, et automatiquement, l'éducatrice va s'aplatir comme lui, et ils vont s'amuser à se rapprocher, s'éloigner, se cacher. se poursuivre et ça n'en finit plus. Simplement un bébé qui se rapproche et qui va inciter à jouer, à se poursuivre. Là j'ai filmé plusieurs fois dans des crèches japonaises, très souvent après le repas dans la section des bébés, on installe le bébé dans un relax pour qu'il digère, pour qu'il tranquille. Il finit par s'assoupir et tchac, on le transporte dans son lit. Au Japon, pas du tout. Après le repas, jeu, ils vont courir comme ça à quatre pattes dans le couloir, etc. Donc on mange bien, tranquillement, on joue bien. Après, croyez-moi, on dort bien. Donc vous voyez comment on peut... Donc il faut le voir pour le croire. Et du coup, cette tendance joyeuse contribue à... On n'est pas habitué à tout ça, mais c'est du...
Speaker #0Voilà. Alors on est joyeux, bien sûr, dans les jeux traditionnels de coucou, vous le savez bien. On connaît bien la permanence de l'objet piagé, on connaît bien la bobine de Freud, on connaît bien tous les coucous. Là, on avait mis des cartons et des machins dans les scrèches à Paris. Et puis évidemment, ils ont fait beaucoup de jeux de coucous, de cache-cache et de tout le bazar. Et ça a été très, très, très, très riche pour justement, notamment, ces sections. Ça, c'est des années 70. les sections de moyens où ils se mordaient, où ils se bataillaient, il a suffi de mettre un matériel un peu plus intéressant, qui correspond bien à leurs intérêts, qu'on n'avait plus de morsures, plus de machins, plus de conflits, donc les sections de moyens, c'était formidable. ces jeux de coucous peuvent arriver n'importe quand même là, de nouveau on a la fameuse éducatrice Gabri dans ses vieilles photos on voit ce gamin qui rigole avec ce coucou caché derrière un livre n'importe quel moment sont des moments qui peuvent être joyeux au Japon, pareil aussi, section de bébé ou de moyen, je ne me souviens plus il se cache, il se cherche c'est des choses qu'on voit tout le temps tout le temps tout le temps tout le temps On en voit aussi chez nous, bien sûr, mais pas tout le temps. C'est ça que je veux dire. Parce que si on mesure et qu'on filme sur la journée entière, on voit que c'est des petits moments, des petits moments, mais pas... qui ne suffisent pas pour créer une ambiance joyeuse. Pareil avec leurs chansons traditionnelles, « Die, die, die » , ça c'est une histoire de tempête. Ils ont tous un petit mouchoir, et avec ces chansons et un petit mouchoir, ça ne coûte pas cher. Alors là, c'est des choses incroyables qu'ils viennent réclamer dans la poche de l'éducatrice, etc. Si c'est joyeux, ils vont redemander de retrouver des moments joyeux. Ils vont dire encore, Alors avec Coucou, après on peut aller de manière plus intellectuelle, on peut trouver des choses, regarder au travers, on le fait joyeusement, mais on peut le faire aussi de manière plus scientifiquement, avec des tuyaux de rouleaux de sopala, on peut le faire avec d'autres trucs, regarder à travers, etc. Et là, c'est dans le bouquin que j'évoquais tout à l'heure, et ça peut se multiplier, avec une diversité de matériaux. Que vont créer les professionnels qui vont se régaler, être joyeusement, vont créer un matériel de plus en plus diversifié pour satisfaire ce besoin de chercher à travers un microscope, Donc la joie aussi est très liée à la connaissance. La joie dans les murs des structures, mais aussi hors les murs, par exemple au musée, donc j'ai pris l'exemple avec de nouveau ce machin, qui permet de regarder les détails, ça ils adorent, les bébés, tout petits, ils ont deux ans, c'est à Toulouse, les détails, croyez-moi, ils les voient. Alors, il est hors de question évidemment qu'on leur dise, regarde ça, non, non, non, laissez-les, par pitié, regarder, et ils voient des choses que vous ne voyez pas, et laissez-les parler pour qu'ils vous montrent des choses que... Vous n'avez même pas vu. Et ils voient tout. Alors ça, je peux vous dire, ils sont incroyables. À la découverte du détail, à la découverte des postures, là, c'est les professionnels qui, avant d'aller avec les enfants, n'avaient jamais été au musée, à la découverte du musée des Augustins, et elles aussi, voyez la joie qu'elles ont à être dans un musée où elles ne se sentaient pas légitimes, parce que c'est dans l'esprit de certains, considérés pour préserver à une élite, mais non. Tout le monde a le droit d'aller au musée. Et si on veut accompagner les enfants, il faut déjà qu'on y sente bien soi-même et qu'on fasse un peu les imbéciles en prenant les poses des statues spontanément, avec beaucoup de joie. Chaque fois, on a ça avec des professionnels. C'est souvent des trucs très rigolos qui se passent. On se lâche. Après le moment de « j'ai peur d'y aller, c'est pas pour moi, j'ai pas le droit » . Si, il y a le droit, tout le monde a le droit. Tout cela est raconté dans ce bouquin-là. En détail, ça peut être aussi dans les jardins des musées, là à Beauvais par exemple, avec les familles qui joyeusement vont danser autour de cette œuvre d'art d'une artiste dont j'oublie le nom par contre. Ou alors, là c'est au musée Renoir de Cagnes-sur-Mer, et c'est une structure qui s'appelle la passerelle qui accueille des enfants dont les familles viennent d'arriver. Et la directrice amène, non seulement dans le musée, mais dans toute la ville avec la médiatrice. Et c'est rapporté dans ce livre. Les enfants, pour leur donner les clés de la ville, comme en Moyen-Âge. Regardez, quand vous voyez l'expression de ces gamins, il n'y a pas photo, il y a de la joie. Le musée, ce n'est pas ennuyeux. Le musée peut être joyeux. Si on l'ouvre, et s'il n'est pas complètement poussiéreux quand même. Donc, la joie de l'art et tout ça, comme on voit. La joie de lire, bien sûr. La joie de raconter, de chanter. Parce que si on le fait bien, si on a des beaux albums... Si on est disponible, qu'on joue vraiment le jeu, vous n'en pouvez plus. Ils en réclament encore et encore. Là, ce sont des photos en PMI, dans l'association Lire à Paris. Ce sont des vieilles photos d'il y a au moins 30 ans aussi. Et vous voyez comment les bébés ensuite vont vers des plus jeunes. Et regardez la joie que ce gamin qui parle à deux ans peut-être va le donner à un plus jeune. Vous voyez comment la joie est contagieuse. C'est comme les poupées russes. Donc ça, c'est assez génial. Donc, les lectures, pareil, c'est des vieilles photos de Pistoya, ça. On ne va pas à la sieste à la crèche sans lire, bien sûr, évidemment. Voilà, ça c'est des choses très importantes. Les albums des enfants, quelle joie justement d'avoir documenté toute leur vie à la crèche. Ils sont très contents de les montrer les uns aux autres. Une grande joie, et du coup c'est des occasions de langage très très importants. et de partage. Là, c'est aussi en France, en Seine-Saint-Denis, une crèche qui a travaillé avec l'association Dulala, d'une langue à l'autre, qui ont fabriqué des boîtes à histoire, et qui ont été plus loin que les boîtes à histoire de l'association Dulala, où les comptes sont simplement en langue de langue, entre guillemets, plus noble. n'ont pas subalterne, entre guillemets. Et donc, avec les familles, elles l'ont rapporté dans cet ouvrage, ils ont créé des contes, et avec les langues de toutes les familles, Wolof, etc., donc des langues moins connues. Et là, la fierté qu'elles ont d'avoir créé tout cela, voilà, et la fierté, ça va avec la joie. Et là, c'est sûr que... Il y a moins d'absentéisme. Et puis, dans ces crèches-là, les personnels sont là, évidemment, etc. Là, c'est une autre crèche où, à la période de familiarisation, au tout début, avec Chantal Gonesia, ils font un enregistrement avec les berceuses de la maison. Vous voyez la joie des parents de pouvoir communiquer les berceuses dans leur langue, leur musique, la reconnaissance de l'autre. On en parlera de l'hospitalité, de l'accueil de l'étranger sans condition. Ne pas attendre la fête de fin d'année, commencer le jour 1 et même le jour moins 1 si on peut encore, avant la rentrée du bébé. Il y a de la joie. Et pareil, chanter, danser, là c'est pareil, c'est encore à Paris. Ça c'est une... Il y a longtemps de ça. C'est un jardin maternel. Mon enfant de deux ans qui n'a pas eu de mode d'accueil auparavant et pour éviter le choc de la rentrée scolaire après, surtout que ses enfants ne parlent pas le français, et bien voilà, avec les mamans... On a découvert que les chansons, elles existent beaucoup, les mêmes dans différentes langues, donc on va regarder leur pays, et après, toutes les mamans ont écrit « Dodo l'enfant d'eau » , depuis le japonais jusqu'en Wolof, etc. Donc, inscrire sa langue, et du jour au lendemain, d'avoir entendu son parent chanter sa langue dans ce lieu, automatiquement. ils parlent le français. Il n'y a pas photo. Ça, les Italiens, ils ont été scotchés de le voir chez elles. C'est pour ça que les Italiens les ont invités en Italie. S'en sont inspirés, Bologne s'est inspirée des expériences françaises, qu'on se le dise, celles-là, avec qui je travaillais dans ces années-là en recherche d'action dans le 13e arrondissement. Une autre à côté, une halte-garderie en plein quartier chinois, pareil. Vous voyez le plaisir qu'il y a entre les parents et les professionnels. Elles aussi, invitées dans les colloques italiens, eux aussi qui vont inspirer tout Bologne, faisant des fêtes avec les familles, les papas aussi, les enfants aussi. Et ça, c'était très heureux de voir cela. Ça a été publié avec l'accord. Et puis est arrivé ce jour-là, j'amenais des Japonais que je voulais visiter. Il y avait une nouvelle coordonnatrice qui était là et qui du coup voulait connaître. Et là, elle a dit, attention, attention, La peur. La peur. De quoi ? Alors j'ai pris le livre. Vous lisez d'abord. Et vous faites confiance à l'équipe qui raconte en Italie et qui a eu la bénédiction de la mairie de Paris pour faire tout ça. Mais d'emblée, vous voyez comment la hiérarchie, la domination, le machin, imaginez que ce soit de nouvelles professionnelles. Attention, attention ! Danser, on danse beaucoup en Italie, dans tous les parcs, on fait des rondes, sur la place du Dôme, toutes les visites qu'on fait, tous les projets qui sont faits en ville, en crèche et en maternelle, se terminent toujours à 1, 2, 3 soleil sur la piatta del Dôme. Et cette image-là, pour moi, elle est très, très... émouvante. C'était après le Covid et c'était un jour, j'étais là avec un groupe, un groupe de Paris d'ailleurs, et pendant qu'on était là, c'était au moment où il y avait l'Ukraine, le début de la guerre d'Ukraine, et j'ai vu partout, sur les murs des crèches et des écoles, les parents qui avaient fait faire des dessins aux enfants contre la guerre. en Ukraine. Et c'était la semaine où la ville accueillait les premières familles avec enfants qui allaient dans les structures. J'ai vu ça toute la semaine. Et le vendredi après-midi, le service à l'éducation, les coordinatrices qui ont été à l'écoute des familles pour refaire humanité. Voilà. Et la joie qui arrive même dans ce contexte de guerre pour justement résister, lutter et dire qu'on est pour la paix. Un bel exemple du ville, c'est ça aussi. Et là, c'est encore autre chose, c'est une crèche à Cap d'Aïe qui a été à Pistoya justement, et qui a été émue par tout ce qu'elle a vu justement. Et dans cet ouvrage sur les musées, elle fait des activités muséales dans le cadre du printemps des poètes. Ça se termine toujours par une création qui dure toute l'année autour d'un poème, dans leur structure, et ensuite la création va être exposée dans ce château des terrasses. Cette année, c'était autour d'une mapomonde qu'ils avaient créée. Et la ronde, oui. Danser, danser, donne de la joie. Et cette année, c'est la troisième édition, quatrième édition. Il y a de plus en plus de parents qui viennent et qui dansent partout. Ça veut dire que ça aussi, ce n'est pas bête de faire la ronde. C'est très important et ça donne beaucoup de joie. Je vois dedans, je vois dehors, je vois dans et avec la nature, bien évidemment. Regardez cet enfant qui se roule par terre, un petit citadin, première chose qu'il fait, il se roule, j'en ai des milliers de photos comme ça. A commencer par mes petits-enfants et d'autres, des petits citadins tout de suite. Ils ne se roulent pas. On appelle ces enfants aujourd'hui des enfants du dedans. Le rapport du HSEA décrit bien cela. Ce déficit en nature qui est écrit et documenté très sérieusement depuis 2000, à peu près, depuis 25 ans déjà. Voilà. Donc, la nature qui peut rendre joyeux. Au Japon, vous voyez. Et on va dans les flaques d'eau. Alors là, c'est à Pistoya. Et figurez-vous que cette photo, alors là, elle était Deux fois ce panneau dans la section des moyens, pendant des années, pour montrer l'importance de la nature aux parents et montrer la joie que ça procure lorsqu'ils avaient fait cette sortie à quelques centaines de mètres de la crèche. Là, c'est la section des moyens. Après, ils vont s'émerveiller en face. Ils ont un lac et ils ont beaucoup de joie à découvrir les canards tous les jours, Et là, vous voyez quoi ? Ça, c'est pas une photo... C'est une photo officielle du ministère de Berlin, qui justement, je l'évoquais tout à l'heure avec vous, madame, en 2000, les Allemands ont eu un très sacré choc, parce qu'il y a eu le rapport PISA. Nous, on s'en fout. On diminue chaque année, mais on s'en fout. On continue à faire pareil, donc on va encore plus mal la fois d'après, évidemment, parce qu'on n'en tire pas des leçons. Eux, ils se sont rendus compte que ils étaient, je sais plus, je devais je ne veux pas dire des bêtises, mais ils étaient au niveau d'un des pays d'Amérique du Sud. Donc ils ont eu un choc terrible. Donc ils ont réfléchi, pourquoi diable ? Et du coup, parmi les points faibles, c'était le préscolaire. Et du coup, il faut savoir, dans l'histoire allemande, avant que l'Allemagne soit réunifiée, du côté Est, il y avait beaucoup de crèches, du côté Ouest, non, parce que les mamans à la maison, Voilà. Donc, quand on a réunifié, malheureusement, du côté Est, on a perdu beaucoup de ces structures. Et du côté Ouest, ça s'est développé, mais pas tant que ça, dans un pays où la natalité est très, très basse. Parce qu'évidemment, quand on est coincé à la maison, justement, on n'en fait pas d'autres. On en fait un et basta. Donc ça, si on veut limiter la natalité, on ramène les femmes au foyer. Voilà. Il n'y en aura pas. Donc, l'Allemagne, c'est un pays fédéral. Donc, chaque État a été invité à faire un curriculum, donc un programme pour leur quitta. Les quittas, c'est une contraction entre krippe, qui veut dire crèche, et kindergarten, qui veut dire j'en ai un enfant. Donc, pour le 0,6 ans. Et le 0,6 ans en Allemagne dépend du ministère des Affaires sociales. Mais voilà. à Berlin, qui n'est pas qu'une ville, mais un land. Voilà-t-il pas que son programme est publié en 2004, par notamment les collègues de la Freie Universität de Berlin, et dans le chapitre sur la motricité, vous avez cette photo, en plein milieu. Je vous garantis que vous n'auriez pas ça chez nous, ni du côté crèche, ni du côté école maternelle. 2004, voilà. Et ça, c'est revendiqué à Pistoya, partout, le droit de se salir. de plonger dans la boue, de regarder si on est tout près, de regarder les reflets des nuages dans l'eau. etc. Et de le documenter. Il se passe plein de choses. Et là, j'avais assisté à une conférence, on avait fait une journée à la maison de la Suède à Paris, il y a longtemps déjà, 30 ans peut-être. Donc il y avait les Suédois, puis il y avait les Français. Et dans le parc à côté, l'école franco-suédoise... Amener les enfants souvent, bien sûr. Et les enfants, évidemment, bien beautés et bien équipés, aller dans les flaques d'eau, ce qui est chaque fois un tollé de la part des familles, des gens, etc. Ça veut dire que quand on est en Suède, c'est tout à fait normal de faire des choses pareilles. Qui n'a pas fait ça dans sa vie ? Avec la nature, c'est la joie de ressentir. de découvrir, d'imaginer, de penser ensemble. Et là, je dois rendre hommage aux assistantes maternelles, notamment Madame Arango et Garrigue dans ce bouquin-là, dans leur petit village des Alpes-Maritimes, dans les montagnes à Sospel, qui sortent tous les jours, et qui racontent joyeusement tout ce que les enfants découvrent. dans la nature, ou que ce soit en étant dans les EHPAD, aussi en donnant de la joie aux personnes âgées. On le voit très bien, les photos sont là. Les mots peuvent tromper des japonais, mais les photos, quand on voit les photos et les mimiques, vous mitraillez et vous voyez s'il y a suffisamment. Et ça, c'est des choses qui s'expriment bien. De nouveau, dans ce livre-là, il y a une très belle... Je vous ai évoqué l'histoire de la lumière. Une des situations après, ça a été d'apporter une boule lumineuse, évidemment, et de faire des tas de choses. Vous voyez l'éducatrice ? Elle est par terre. Elle a quelques centimètres des enfants. C'est ça la bonne proximité. Elle laisse pas la boule et puis vous vous débrouillez. Moi, j'observe de loin. Non, ça, c'est le travail des chercheurs, des psychologues et tout. C'est pas le travail des éducateurs. Et ça, c'est assez extraordinaire tout ce qu'ils ont pu développer. pareil aussi à Pistoia dans une structure, il y a un magnifique vitrail et évidemment, côté est et ouest et tous les jours les enfants vont jouer avec la couleur une pure merveille, c'est bien développé dans ce livre-là par Monica Scartavelli et des centres de loisirs du Calvados qui sont venus à Pistoia, vont reprendre cette idée-là par hasard, pas volontairement là c'est à Bayeux et Un jour, les enfants ont fait cette construction avec ces cubes qui sont translucides. Et il y avait du soleil, donc ça a fait comme à Pistoya. Et les enfants ont joué avec ces lumières qui traversaient ces cubes. Mais comme sur le sol, il y avait un tapis avec plein de motifs, ça se brouillait. Il y avait une pollution. Et l'intelligence animateur a été de leur mettre le papier blanc. pour qu'ils puissent jouer avec la lumière, etc. Et de là, je vous la fais courte, parce qu'elle aussi les a invitées dans ses journées d'études qu'on a faites récemment, tout ce qu'ils ont repris depuis ce temps-là, et ils ont pu dire que, petit à petit, ils commençaient à changer. de paradigme, c'est-à-dire que même les éducateurs, les animateurs où il n'y a pas de vrai programme, comme à l'école, malgré tout, ils arrivent avec un programme, parce que la forme scolaire est tellement importante chez nous qu'on ne peut pas arriver comme ça et qu'on va improviser n'importe quoi. On arrive avec un programme. Même au Club Med, il y a un programme. on va faire une activité avec un truc qui est prévu à l'avance à Pistoyane non, dans ce livre là non, il n'y a rien qui est prévu à l'avance juste, et on va regarder et on ajuste et du coup, ces animateurs là en tout cas Laetitia Le Mansel le rédige et l'écrit petit à petit vont changer de posture professionnelle et pas arriver avec des idées, tout le fait des programmes tout fait c'est à dire une activité qu'on va refaire d'année en année en milieu, mais par contre, à partir de là, ils vont jouer sur les ombres, dans le jardin, etc., etc., en écoutant les enfants, et ça va donner des projets tout nouveaux, toujours nouveaux, toujours nouveaux, par rapport à l'inattendu de la créativité des enfants. Et ça coûte, encore une fois, zéro centime, l'ombre et la lumière. Donc on ne dit pas, c'est une histoire de budget. La joie de partager cette créativité professionnelle. Parce que les professeurs sont très créatifs. Et là, je pense, pour la crèche, on a depuis 2017 la sortie de la Charte nationale d'accueil de jeunes enfants, composée de dix principes, dont le plus difficile est celui qui concerne l'égalité des genres. Je pense que c'est le plus difficile à faire passer chez nous. Mais déjà... à la crèche Bourdarias en Seine-Saint-Denis, grâce à une équipe, le service des crèches du département très engagé. par rapport à ça, notamment par rapport à la lutte contre les violences faites aux femmes dans ce département, eh bien, on fait tout un projet, ils sont partis en Suède, etc., etc., etc., et sont revenus, et de là, il y a une crèche, la crèche Bourdarias, qui a donc fait un très beau travail par rapport à ça, qui est explicité dans ce livre-là, et qui a donné lieu aussi à un DVD. Un DVD qu'elles ont elles-mêmes fait, c'est-à-dire que le service des crèches a mis à disposition de l'équipe, Imagimem, c'est un centre de ressources pour faire du cinéma, qui met à disposition et qui aide les professionnels à faire leur propre montage, etc. Donc il y a eu le bouquin, mais elles ont fait aussi leur propre film qu'elles ont appelé le genre idéal. Maintenant, j'ai vu qu'en ce moment, une expo qui débute. Où est-ce que j'ai vu ça ? McVall, art contemporain, ça débute cette semaine. Elle s'appelle le genre idéal. Vous voyez, là, on était en 2012-2013. Les professionnels sont très créatifs. Et là, il y a eu une grande fiesta au département. Et la fierté et la joie de montrer son travail, le partager, c'est des choses qui fédèrent, qui sont très importantes. Pareil, au niveau des Asmat, c'est une association qui fêtait ses 10 ans. Vous voyez, Mme Fabre qui est là, qui est toute contente avec son camion, elle va tout sortir pour les parents, pour les familles, tout le bazar. Et elle va documenter tout ce qui se passe avec les enfants. Il y a une grosse fête, etc. Donc ça veut dire que... Qu'on soit en crèche, qu'on soit chez les asthmates, partout, partout c'est possible, à condition justement de rendre visible son travail, et pas être submergé par tous ces rapports horribles où on voit que des horreurs, et après ça répercute de manière négative sur celles qui font du bon travail. Donc l'importance de le mettre en visibilité, et j'insiste sur le mot documentation, elle le documente pour le partager avec les familles. Et là, nous sommes justement, j'accompagnais beaucoup de voyages à Pistoya, dont trois voyages parisiens, 0-6 ans, crèche, école maternelle, centre de loisirs. Et entre chaque voyage, Paris a invité Pistoya. Là, vous avez la personne Frédérique Attadei qui rigole et qui est la directrice actuelle du service éducation et instruction à Pistoya. Et en janvier, à la semaine de l'éducation, c'est nous en janvier. Et du coup, pour le 06 ans, pour le PEDT, chacun va rapporter qu'on soit directeur de centre de loisirs, de crèche ou de maternelle, tout ce qu'on a fait depuis qu'on a été à Pistoya. Et là, vous voyez par exemple Ibrahima, qui dirige un centre de loisirs dans une école maternelle en Rêve Plus dans le 14e, lui montre tout ce qu'il fait avec les parents, etc. Parce qu'il disait, mais je n'arriverai jamais à documenter parce que chez nous, il y a marqué que les parents ne peuvent pas rentrer à telle heure, Et qu'est-ce qu'il a fait ? Je le fais le samedi. Et samedi, c'est plein à craquer. Avec tous les parents, et c'est génial. Et depuis, je peux vous dire que tout ce qu'il a fait, il l'a documenté à la mairie du 14ème. Moi, j'ai vu ça, c'est incroyable, incroyable. Et du coup, pardon, j'ai demandé à Ibrahima, au ministère des Solidarités, c'était le 13 janvier, de venir le rapporter. à tout le monde, etc., en grande pompe. Et là, il est en train de le rédiger pour le lire. Ça veut dire comment on peut faire aussi, s'inspirer les uns des autres et être fier. On ne peut pas, on ne peut pas, parce que c'est marqué qu'on ne peut pas rentrer. Alors, on trouve des moments où on peut rentrer. Voilà, il l'a trouvé et ça fait tâche d'huile et tout le quartier. Et même du coup, maintenant, ce qu'il fait, c'est qu'il n'y a pas seulement les parents de l'école, où c'était très difficile avec les familles, il le dit bien, mais aussi, et ça s'est venu en cours de route, il va accepter. où il a déjà commencé, j'en sais rien peut-être, certainement il a commencé déjà, à accueillir aussi des familles qui vont rentrer l'année prochaine, pour qu'ils se familiarisent avec l'école dans ce contexte agréable, alors qu'ils n'ont pas été en crèche les enfants, donc ils ne peuvent pas bénéficier des dispositifs passerelles. Donc là aussi, la dimension inclusive, comment on peut le faire et faire une entrée ensuite joyeuse à l'école. Pareil, là c'est une autre, là c'est au ministère des solidarités, comment les professionnels racontent avec joie et fierté leur créativité, et là on voit, et vous voyez comment la joie avec l'intellect ça va ensemble, c'est une émotion mais il y a aussi une émotion cognitive qui est derrière. Et là c'est encore une troisième, là c'est Paulina, là c'est dans ma fac, c'est une directrice de centre de loisirs qui parle dans le 13ème, qui fait un travail remarquable avec la nature. Les deux à côté c'est une directrice de crèche et d'un centre de loisirs et une directrice maternelle aussi qui est devenue avec nous d'un groupe littré dans le 6ème. Et donc cette fierté, elle a dit mais moi j'ai fait la révolution, j'ai fait la révolution et tout ça avec des résultats très forts. Ils ont les évaluations même à l'école, à OCP. Les scores montent. Les parents, formidables, etc. Donc, le cercle vertueux qu'ils ont envie de continuer, Bon, ça ne marche plus. Voilà. Donc, je n'avais pas parlé de Spinoza, mais bien sûr, notre barouche Spinoza, c'est le grand philosophe qui parle de la joie et qui justement parle de ce lien avec cette pulsion vitale, cette pulsion créatrice. Donc l'importance des rencontres, de ces rencontres, où on montre tout ce qu'on fait, etc., qui donne de la joie et qui font avancer à la fois celui qui écoute, comme celui qui parle, parce qu'il doit préparer son topo, etc. Donc il doit encore plus... Joie, bien sûr, de montrer ses réussites, joie aussi de montrer ce sentiment d'accomplissement, et ils le disent, les professionnels, j'ai le sentiment de m'accomplir. C'est-à-dire qu'il y avait des objectifs, Mais ils n'arrivaient pas à les atteindre. Ils ne savaient pas comment. Et à travers un petit truc, et que chaque fois c'est zéro centime, de dire, j'y arrive, yes we can. Et ça, ça... Et c'est tout derrière, c'est ce pouvoir d'agir et d'agentivité qui est là. Donc ça veut dire, basta les exécutants. C'est-à-dire, basta les professionnels à qui on demande d'exécuter un programme, d'exécuter, na-na, ce que le chef va dire, ce que la hiérarchie dit. C'est ça. Si on exécute, on est passif, on le fait bonhomme-malhomme, on le fait en résistant, on le fait pas bien. Si on le fait en étant partie prenante, en étant protagoniste, c'est ce pouvoir d'agir, cet empowerment, comme on dit en anglais, la gentilité qui est là. C'est fondamentalement lié à la joie et on peut trouver les sources dans Spinoza. Quand on fait ces rencontres, l'important, ce n'est pas de faire du blabla, c'est de les documenter avec des images et avec des exemples. Il faut le prouver. Et ça, ça provoque de la joie. Le fait de le documenter, de le faire, mais le fait de recevoir cette documentation chez les uns et chez les autres. Là, par exemple, c'est en Seine-Saint-Denis où, justement, une crèche formidable a documenté, ils ont fabriqué pour chaque enfant un livre en langue des faits Et... sur l'année passée à la crèche. Et vous voyez cette maman qui découvre son album qui était bien enveloppé et tout ça. Et vous ne savez pas, la maman qui est heureuse, l'Occident de Péculture qui est heureuse, tout le monde est heureux et fier du cheminement. Et ce n'est pas des pauses, l'enfant avec le Père Noël, non, c'est tout ce qui s'est passé. Et ça, c'est vraiment très joli de pouvoir montrer avec fierté le cheminement de chacun. Ça, évidemment, la pratique de documentation, c'est la règle numéro un à Pistoya. On documente avec des panneaux mureaux, on documente avec des journaux hebdomadaires ou les enseignants, mais c'est pareil dans les crèches. On met quelques pages où on note les points forts, ce qui a été important et fort dans le groupe, avec des images, et vous voyez tout de suite, vous mettez quelques trucs et paf, ça suscite des dialogues, des discussions entre les enseignants et les parents. Là, c'est pareil, voilà. C'est au niveau mural, dans une crèche. Et là, c'est une maman qui me parlait à moi. Je suis photographiée en train. C'était en 2016, il y a 10 ans exactement. Elle me parlait d'un documentaire. C'est une maman marocaine qui avait absolument voulu venir pendant que je faisais visiter à mon groupe et qui a voulu faire la traduction. Et c'était merveilleux parce qu'en plus, elle a rajouté tellement. Elle était contente, elle m'a été bien accueillie, etc. Donc, comment, effectivement, on peut voir des parents fiers, aussi contents grâce à ce qu'elles pouvaient lire. sur les murs, lire dans les journaux de bord, etc. Tout ce qui se passait dans la crèche ou dans l'école et pas simplement le deviner. Alors, donc, joie et protagonisme, c'est-à-dire, l'important c'est d'être que chacun, tous, parents, professionnels, enfants, collègues, partenaires, soit des protagonistes. On parle ensemble et on fait ensemble. Ici, vous avez la... Maintenant, elle est à la retraite, déjà, à Bichet. Depuis longtemps, déjà. Et c'est l'accueillante du LEP. Et là, vous voyez, sa posture accueillante, mais sur des fauteuils qu'elle a elle-même, avec les parents, cousus. Tout est du fait main. C'est de la haute couture, comme dit Sylviane Jampino. C'est pas du machin acheté sur le catalogue. Donc, ils récupèrent tous les vieux fauteuils, les vieux machins, et ensemble, On va créer son habitacle, les jouets, le matériel, le mobilier. Les parents, ils adorent ça. Et puis, on va être protagonistes, savoir la parole. Et parfois, tout le monde n'est pas à l'aise pour parler spontanément. Alors qu'est-ce qu'elle a eu la bonne idée ? Et ça continue toujours dans ce LEP. Il y a toujours une petite ficelle avec un magnifique canapé là. Et puis, elle fait des petites propositions qui sont écrites en couleurs. Et ces vierges et les parents qui le souhaitent écrivent. Et s'ils le souhaitent, ils le suspendent pour que d'autres le lisent. Et le thème est différent chaque fois. Et il y en a encore. Et c'est génial parce qu'après ça... Et là, c'était par exemple, votre meilleur souvenir d'enfance. Parce que du coup, quelqu'un le lit. Du coup, un autre parent le lit. Ça rebondit. Si ce n'est pas une belle, magnifique situation de parentalité. Un autre exemple, preuve de démocratie. J'ai vu ça, etc. Donc oui, parler et faire ensemble, parce que l'écriture, c'est un faire aussi. Donc pas simplement des réunions où parfois tout le monde n'a pas envie de parler. Et souvent, c'est beaucoup de parlotes. Et après, ça disparaît. Tandis que là, ça laisse des traces, des traces visibles. et tout ça avec beaucoup de détails vous voyez comment les détails c'est mis en couleur c'est pas moche c'est pas une photocopie comme ça c'est vraiment très beau et comme dit Léonard de Vinci qui est quand même Vinci et juste à côté de Pistoya les détails font la perfection Et la perfection n'est pas un détail. C'est ce qui est écrit à Normale Sup à Lyon, quand j'enseignais là-bas, à la cantine. Vous voyez, les normaliens, ils ont ça comme devise, en train de manger. Merci Leonardo. Et donc c'est tous ces petits détails qui vont faire qu'ambiance joyeuse, personne joyeuse, etc., Le fameux cercle vertueux. Et ça développe, évidemment, ce sentiment d'habiter les lieux. Les parents habitent les lieux, les personnels habitent les lieux, c'est leur lieu. Développe un sentiment d'identité à ces lieux, qui sont tous différents les uns des autres, et un sentiment d'appartenance. Et donc, tout ça n'est possible que si, au départ, on a été suffisamment hospitalier. Donc, évidemment, je reviens avec Jacques Derrida, il est bien chez nous. il est très utilisée dans la formation des éducateurs du monde entier, pas beaucoup de chez nous, je dois dire, comme beaucoup de philosophes français sont très utilisés à l'étranger, bachelards, avec la joie de l'espace, etc. La Pistoya, il ne parle que de bachelards, nous. Je n'ai jamais entendu parler de bachelard dans une école maternelle. Et d'hérite en non plus. Mais voilà, il n'y a pas de joie s'il n'y a pas d'hospitalité. Et qu'est-ce que c'est que l'hospitalité ? C'est accueillir l'arrivant avant de lui poser des conditions. C'est l'accueil inconditionnel de l'autre, avec sa différence. C'est ça, Apistoya. Mais ça suppose qu'on s'adresse à lui, singulièrement, en l'appelant, en demandant son nom. D'ailleurs, parenthèse, dans une structure de Pistoya, dans une école maternelle, dans un quartier multiculturel, dans le hall où les enfants, les parents se déshabillent, on s'appelle le Bastiaire, il y a écrit dans les langues parlées là, une phrase. qui est situé dans le quartier italien d'Auschwitz. Il faut le faire. Une phrase de Primo Levi qui dit « D'où que tu viennes, tu n'es pas un étranger » . Voilà, tout est dit. Donc il n'y a pas dans les halls d'entrée, des crèches, des écoles, il n'y a pas d'affichage, il n'y a pas d'interdit, il n'y a pas des machins, il n'y a pas des trucs moches, il n'y a pas de réglementation, blabla, tout ça, vide. Uniquement des signes de bienvenue, mais vraiment authentiques et puissantes. Donc retournons quand même à Derrida qui dit que l'hospitalité, et on rejoint, vous voyez, la psychologie, Drevarten, tout ça, l'art et la poétique. philosophie, art et poétique qui est en même temps une politique et une éthique, exactement comme Apistoya. Vous voyez que tout ça c'est important de les avoir ces auteurs quand même pour s'en inspirer. Alors joie et passerelle bien sûr puisque chez nous on a les uns d'un côté, les autres de l'autre, etc. Chacun dans son petit... territoire. Alors, la joie est passerelle, parce qu'on sait que quand on décloisonne, ça procure de la joie. Quand on ose, justement, ne pas considérer l'autre comme un étranger, etc. Et donc, ça peut permettre d'avoir des enfants qui vont courir à l'école. Pour la grande joie des enseignants et des animateurs qui connaissent tous par leur prénom. Là dans cette école, le gardien connaît tous les enfants parce qu'ils vont faire la passerelle. C'est les grands de la crèche Tolbiac qui va faire le lundi dans une école, le mardi dans une autre école. Celle-ci avec la directrice de l'école Tolbiac. Le mercredi avec le centre de loisirs d'une troisième école. Le jeudi avec une quatrième. Et que le vendredi qu'ils ne font rien. Depuis le 1er septembre jusqu'au 4 juillet. Et chaque fois, avec la directrice que vous voyez là, ça fait 8 ans qu'elle devrait partir à la retraite, qu'elle est toujours là. Bon, pour vous dire qu'elle bosse avec une joie, qui transmet la joie à tout le monde, bien évidemment. Alors, donc là aussi, dans tous ces ouvrages, il y a plein de témoignages, justement, dans plein d'écoles, plein de crèches. centres de loisirs, qui, en ouvrant leurs portes et en faisant connaissance, en chantant ensemble, justement ce que j'ai dit tout à l'heure, en lisant ensemble, en jardinant ensemble, toutes ces choses qui font plaisir, mais en le faisant ensemble, vont apprendre les uns des autres et ça va changer leur vie et celle des enfants. Donc, la joie de grandir ensemble, enfants, parents, professionnels, sachant que Avec Marie Curie, et c'est la deuxième phrase, c'est la troisième phrase, pardon, qui se trouve dans la cantine de Normal-Chuclion, c'est écrit quand on mange, qui dit « Dans la vie, rien n'est à craindre, tout est à comprendre » . C'est ce que j'ai dit à la coordinatrice qui a dit « Attention, attention, attention ! » Pourquoi créer la peur ? Pourquoi faire du terrorisme là-haut ? Franchement, c'est interdit, c'est interdit ! Ouh, cherche-moi, donne-moi le document, c'est interdit ! Ou c'est interdit. Il faut reculer au dédier. Montre-moi. Voilà. Et sachant que, ça j'aime bien Anna Arendt, penser, étant lui-même une entreprise très dangereuse, mais ne pas réfléchir, est encore plus dangereux. Par les temps qui courent, c'est un message criminal. Ça, vous pouvez le retrouver sur Internet, l'entretien à l'ORTF. Je l'ai transcrit directement de l'entretien. Donc, grandir ensemble en cultivant la joie, en cultivant donc la vie. S'il n'y a pas de joie, il n'y a pas de vie. En pratiquant, là c'est la troisième maxime qu'il y a à la cantine de Normale Sup, en pratiquant l'humanité, l'humanité qu'on voit à travers les cantines, comme j'ai dit depuis le début, les berceuses et tout ça. L'humanité, c'est ça. Vous voyez ce qui est écrit ? Monsieur Sénèque, qui nous dit, tant que nous sommes parmi les hommes, pratiquons l'humanité. Aujourd'hui avec les robots, les IA, tout ça, dans les crèches il y aura des robots qui vont... Pas simplement pas s'hypérateur, mais bercer les enfants, ce sera bien. Tout ça, c'est des choses qui... Donc, art, culture, joie, tout ça, ça va ensemble, parce que je ne crois pas qu'un robot sera joyeux. C'est des choses assez intéressantes. Alors, avec la ville, on a vu dans les structures, avec les familles, etc. Et avec la ville éducante... considéré comme un espace éducatif et avec tous ses habitants. Là, par exemple, ils sont tout le temps à faire des projets dans la ville. multiples et variés. Et il s'était rendu compte, après la Covid, que beaucoup de choses s'étaient cassées. Les commerçants étaient très ouverts avant. Il y avait un petit logo, Amis des enfants. Tous les enfants pouvaient aller, demander à boire un verre d'eau, aller se ressourcer si jamais... Et puis tout ça, bref, était parti. Et donc, c'était en 2022, là, j'étais avec un groupe parisien. Et on a assisté à ça, c'était merveilleux. C'était l'idée d'une éducatrice, une enseignante, qui a proposé à toutes les enseignantes des grandes sections de maternelle de réfléchir aux mots gentils. Puisque justement, on ne se disait plus des mots gentils. Donc, à partir... Bon, je ne vous dis pas tout ce qu'ils ont fait comme travail dans les écoles autour des mots gentils que les enfants ont inventé, ont écrit, etc. Tout ça pour arriver au mois de décembre, fin novembre, début décembre, et qui donc vont mettre leurs plus beaux mots gentils dans un bocaux. Parce qu'ils ont lu un livre qui s'appelle « Les trésors en bocaux » . Et ils mettent leurs plus beaux mots gentils dans des bocaux. Et chaque enfant va apporter son bocal de mots gentils chez un commerçant. Donc là, un enfant par commerçant, d'accord ? La dame qui est en rouge, c'est l'enseignante qui, nous, on est tous derrière. Et je peux vous assurer, là, j'ai fait des films. Vous ne le voyez pas ? Pourquoi il n'y a plus rien ? Vous avez vu jusqu'où ? La suite, en même temps, du coup, j'ai filmé chaque fois qu'on entrait, et qu'est-ce qu'on entendrait là ? On entendait « Amore ! Amore ! Amore ! » Et tous ces commerçants sont redevenus amis des enfants et des familles. Ces mots gentils, en pleine période de Noël, mis dans le magasin de chaussures, mis dans la pharmacie, mis partout. Les gens regardent. Et donc, voilà. Tout ça pour dire que l'année d'après, ils ont continué. C'est ça que dire. Il n'y a pas une activité. On ne refait pas la même chose. Ça, ça va donner lieu à autre chose. Et cette créativité va donner de la joie. Et donc, l'année d'après, projet solidarité. C'était quoi ? Et là, ce n'était plus que les grandes maternelles de 5 ans. Ça va être tous les enfants de maternelle et de toute la crèche, sauf les nourrissons. D'accord ? Donc, elle a embarqué tout le monde. Et ça a été qu'avec les parents, ils puissent... offrir à des familles qui ont des difficultés, à des familles qui n'ont pas de parents, à des familles qui sont malades, etc. Trois cadeaux. Quelque chose de bon, quelque chose de beau, et quelque chose qui fait du bien. Donc les parents, partout, avaient des boîtes de chaussures, et ensemble, avec les enfants, ils ont mis du beurre de cacao, un biscuit. Quelque chose comme ça, d'accord ? Et les plus grands, de 5 ans, des bocaux. Donc, on a assisté avec un autre groupe à la fabrique de final. Donc, dans le bocal, ils ont décidé, chaque enfant, de dire à qui était le cadeau. Une petite fille, un petit garçon, un papa ou une maman. qui a des difficultés, qui est seul, etc. Et là, on ne va pas le donner chez les commerçants, tout le monde est invité vers le 15 décembre à l'apporter sur la pièce d'Adele Dôme, vous avez vu. Imaginez, tout le monde, toutes les familles apportent sur la pièce d'Adele Dôme. Et sur la pièce d'Adele Dôme, qu'est-ce qu'il y a ? Le patron de pédiatrie, les associations caritatives, etc. qui vont remettre acquis de droit ces cadeaux à ces familles oubliées. Et la chef de service va apporter à la prison. Au niveau où il n'y a pas de hiérarchie, tout le monde va faire, participe quelque part à quelque chose de très émotionnant, de fort, de puissant et qui donne de la joie. L'année suivante, c'est le projet Gratitude. Gratitude aux générations passées. pendant tout le premier trimestre, dans toutes les crèches et toutes les écoles, les grands-parents sont invités à raconter leurs plus belles histoires. Une fois, deux fois, trois fois, dix fois, autant de fois que tous les grands-parents puissent venir. Et au bout du compte, les enfants vont décider de quelle est leur best, la plus belle histoire. Et la plus belle histoire par section va être réalisée en l'éporélo. Et pareil, au mois de décembre, par demi-groupe de classe maternelle ou par section, imaginez que ça défile. On envoie les enfants qui défilent dans la ville et vont les déposer chez les commerçants, les libraires. Et quelquefois, j'ai assisté une fois où c'était le grand-père en question, le nono Gabriel, c'était lui l'artisan, c'était lui qui avait été le choisi, etc. Et ce travail a donné lieu au mois de... L'été, à une exposition extraordinaire au Palacio Municipal, je vais vite. Et cette année, ils ont travaillé la courtoisie. Vous voyez comment ? Ce n'est pas un nouveau sujet, ça vient de la gratitude et de la courtoisie, etc. Et c'est en ce moment, ça se passe en ce moment même, depuis un mois, le festival c'est un mois entier, vous imaginez ? Assez incroyable. J'avance pour vous dire que j'en avais fini. Là où vous trouvez toutes les références de tout ce que je vous ai raconté, tout ça s'est développé, précisé, détaillé, avec tous les détails de toutes les histoires, etc. Et je termine avec un petit dessin que m'a offert une petite fille il y a très longtemps, au début des années 2000, où je faisais un travail comparatif avec les écoles américaines maternelles, les écoles anglaises, allemandes et italiennes. Et dans les films français, au moment de la récréation, c'est vrai que souvent, il y avait une maîtresse ou deux qui surveillaient, point barre. Les autres, ou se reposer, ou préparer le travail qu'elle est suivant. Et là, une petite fille m'a offert ça. Je lui ai dit, mais qu'est-ce que c'est ? On voit bien des enfants qui font la corde à sauter, des personnages qui font la corde à sauter. Certains sont plus grands. Elle me dit, un jour, donc un jour, donc on est bien dans la fiction, un jour, ou bien dans le futur, l'utopie, ce sera un jour. Elle a récréé. création, elle, ma maîtresse, reste toujours dedans. Mais aujourd'hui, dans le dessin, elle joue dehors. Elle joue joyeusement à la récréation. Voilà ce que rêvent les enfants de maternelle. Ça vaut la peine de les écouter. Je vous remercie. Applaudissements Si vous avez des remarques, des réflexions, des questions, des partages, je vous laisse mon mail, je vous envoie tout ce que vous voulez. Si vous avez besoin de références, de machins, de trucs, je suis service public. Ce que je vous donne là, je ne le perds pas, c'est ça de donner. Voilà.
Speaker #0Au niveau du système d'abord, parce qu'on ne va pas répondre... Voilà, on sait, on sait. Jusqu'à prendre du contraire, parce que au niveau scientifique, on sait modestement, provisoirement, jusqu'à ce que quelqu'un dise le contraire, le prouve. Jusque-là, depuis les rapports de l'OCDE, Petite Enfance Grandes Filles, pas PISA, Petite Enfance Grandes Filles, on sait que les systèmes intégrés 0-6 ans, c'est ça qu'il faut faire. Bon, déjà, vous voyez qu'on n'en voit pas l'ombre d'un rapprochement possible et imaginable au niveau national, au niveau des deux... deux ministères. Vous les voyez, vous ? Jamais. Donc, le seul espoir, c'est de faire comme en Italie, au niveau local. D'où, c'est pour ça que je ne mesure pas mes efforts pour accompagner ceux qui ont envie de voir comment on fait au niveau local. Je crois que dans la ville de Brest, il est venu, il vient, et voilà. Là, j'ai mon truc qui a fait quatre voyages, un cinquième voyage qui va venir. Donc, ça veut dire qu'en France, vous allez pouvoir lire, c'est possible au niveau local, au niveau national, Et les ministres et les sous-ministres, ils ne viennent jamais dans toutes ces réunions-là, etc. Ils ne lisent pas et ça ne remonte pas. Donc ça, c'est un problème. Et déjà, je peux signaler que lorsqu'on a... La France a été évaluée pour le rapport de l'OCDE, c'est le seul des 20 pays où on n'a pas pu avoir un rapport commun entre les deux ministères. Il a fallu que les experts aillent d'un côté et de l'autre. C'est en dit long. C'est en dit long. Voilà, donc ça veut dire qu'il faut sacrément bouger, mais je crois, je suis assez joyeusement confiante par le fait que ça peut commencer par la base, la révolution commence par la base. Donc ça veut dire que si on a suffisamment de communes qui arrivent à montrer qu'effectivement, quand ils font ça, déjà les gosses sont plus joyeux, ils réussissent mieux, les parents sont mieux, et les professionnels, il y a moins de pénuries, et il y a moins de toutes ces horribles choses qu'on lit dans les journaux. Mais c'est quand même terrible d'en avoir à passer par là. Deuxièmement, la formation. Franchement, qu'on fasse une formation universitaire, non une pipe. Ils y ont droit, les enfants petits. Et une vraie formation universitaire, pas ce qu'on fait dans les inspets, etc., où on fait trois années de... C'est une discipline et après on bachote son concours et après on fait... Bon bref, quand c'était les écoles normales, moi je les ai souvent invitées. Quand j'ai fait sortir mon cas sur le symbolique, j'étais invitée et c'était formidable. Ça s'excluait un peu quand même. Là maintenant, c'est une formation qui est à l'interne. Je vois les enseignants, ils ont des formations qui sont déconnectées de ce qui est... par-dessus le marché qui en rajoute une couche, au lieu de les utiliser à bon escient, on voit au contraire, ils viennent nous parfois un peu empêcher. Mais on voit que si on déverrouille, si des gens... Moi, je vois la libération de ces professionnels et qu'ils le disent. Et c'est pour ça que je m'emploie, moi, à les faire témoigner à ce qu'ils documentent tout ce qu'ils font de telle manière que ça fasse tâche d'huile. Et à Paris, justement, par exemple... Ça s'est passé comme ça. Moi, c'était parce que j'avais fait le bouquin sur les passerelles sur deux arrondissements que du coup, notre élu à l'éducation a souhaité que ce soit diffusé dans tout, qu'on a proposé ces voyages à Pistoia. Et au même moment, ce n'était pas prévu, il y a eu une initiative venue du rectorat qui s'appelle Cap Maternel. Je ne sais pas si vous avez entendu parler de ça. C'était une initiative de 2022, au moment où je préparais le premier voyage. Il y a six écoles maternelles dans des quartiers très contrastés sociologiquement où le recteur a donné carte blanche, vous entendez, carte blanche au plan pédagogique pour rendre l'école plus accueillante pour que les enfants apprennent mieux. Deux mois après, ils vont à Pistoya et ils voient. Et en ce moment, j'ai passé tout le week-end de la Pentecôte là à réviser les textes de ces enseignantes et de ces responsables sans douleur de dire. Et voilà. Ils ont transformé leur hall d'accueil. Les parents y sont tout le temps. Ils ont rendu zen tous leurs espaces de classe et ailleurs en supprimant toute cette pollution d'objets, de machins, de trucs qui permet du coup que les enfants soient plus attentifs, plus concentrés, que les professionnels aussi respirent, etc. Bon, je ne vais pas faire tout le laïus. Donc, ça veut dire que c'est tout à fait transposable. Une semaine, et voilà. Donc, c'est mieux que deux années de formation à apprendre je ne sais pas quoi. Donc, voilà. Et là, maintenant, ça diffuse sur 12, et ainsi de suite. Donc ça veut dire que c'était avec la... C'est venu, pour être exact, à un moment où l'école maternelle quand même était assez plébiscitée en France par rapport à d'autres pays où c'est beaucoup le privé. Le public maternel est quand même très fort en France. Mais on a senti un soubresaut. du virage vers le privé. Et c'est là qu'apparit le recteur. Elle n'est pas assez accueillante, l'école. Donc, expérimentons. Carte blanche. Ça veut dire déjà, ouvrir et ne pas mettre fermé qu'à 4h30, on ne peut plus. À 8h20, c'est fini. On repense tout ça. Parce que ça, quand même, moi, quand j'enseignais, j'avais fait un master professeur des écoles pour Créteil, où c'était petit-enfant-école maternelle. Il n'existe plus, malheureusement, maintenant. Mais quand je faisais mon cours sur la participation des parents, avant mon cours, je demandais à mes étudiants d'aller photographier les trois écoles de leur quartier, qu'elles photographient tout ce qui est affiché sur le portail, et ensuite, analyser le texte. Qu'est-ce qu'on dit et comment on le dit ? Je peux vous dire que je peux faire une encyclopédie avec ça, parce que moi, quand j'organise des journées d'études, des colloques et tout ça, que j'ai des universitaires étrangers, que des éministres suédois, qui voient ça écrit. Ils parlent pas, ils ont besoin d'écrire sur la porte. C'est des étrangers, les parents ? Et qu'il y a des choses que, vraiment, et moi, vous voyez qui je suis, c'est des choses que j'ai pu dire à des réunions au ministère. Et progressivement, on a dû les siffler, parce qu'en plus de ce qui était marqué, officiellement, de dire, on ouvre à 8h20, à 8h30, basta, il ne faut plus rentrer, parce que, il y avait des messages, mais en rouge. écrit soit par la directrice, soit par l'équipe, soit par n'importe qui. Il y a des perles. Alors c'était par exemple une journée d'études que j'avais faite au moment de septembre, et puis j'avais des collègues du Japon qui étaient dans un hôtel, il y avait l'école matin à côté, et la directrice avait écrit « car les apprentissages commencent dès la rentrée » . Comme si vous n'avez pas appris avant. Comme si on n'apprenait pas ailleurs. Ils ont fait quelle étude ? Malheureusement, ils avaient des masters, ceux-là. Donc, ça veut dire formation universitaire, mais pas n'importe quelle formation universitaire. Voilà. C'est ça que je veux dire. Donc, le système 06. Et vous voyez qu'un pays qui était divisé, comme l'Italie, apparaît avec les deux ministères. Grâce à l'expérimentation de 40 ans, de 50 ans, de Reggio Emilia, de Bologne, de Parme, etc., petit à petit, parce que c'est collégial, Il n'y a pas de hiérarchie. Ils sont ensemble, les éducateurs, les enseignants. Ils ont le même niveau de master. Ce n'est pas le même. Mais mal tenu qu'en 2017, le gouvernement italien, et pourtant Dieu sait que, on peut en dire, ils ont voté la loi, c'est passé à l'éducation. Donc ça veut dire que ça crée un truc ensemble. Et là, en ce moment, ils essayent des choses. Et ils mesurent un peu ce qui se passe ici ou là. À Pistoria, par exemple, ils profitent. Parce que malheureusement... Ça ne suffit pas d'avoir des bonnes structures petite enfance pour faire augmenter la natalité. Et ça, je le remarque dans tous les pays qui ont connu le fascisme, comme l'Espagne, comme la Grèce, comme l'Italie. Je ne fais pas de lien de causalité. C'est justement uniquement un lien de concordance. Ce n'est pas de la causalité. Mais je le constate sur ces pays-là. Eh bien, il n'y a pas une vraie confiance dans l'État. Donc, ils font confiance aux communes, etc. Et qu'est-ce que je voulais dire ? J'ai perdu le fil, maintenant. De ce que je voulais dire ? Oui, donc à partir de ces réalités-là, comme Apistoya et autres, on voit que ça fonctionne. L'intelligence de penser ces laboratoires, ces villes comme des laboratoires, est pour le proposer au plan national. Et là, Apistoya, ça se traduit comment ? J'en étais là. Ils créent maintenant des structures comme en Suède, 0-6 ans. En Suède, c'est 1 an 6 ans, mais en Italie, c'est 3 mois 6 ans. Mais ce n'est pas des vraies créations, c'est des restructurations, puisqu'il n'y a pas d'enfants. Par contre, là, à Pistoia, il y a une liste d'attentes de professionnels qui ont des masters qui attendent à bosser. Parce qu'elles ne lâchent pas les autres. Elles ne lâchent pas le poste, pour vous dire. Attendez, je termine pour le monsieur, parce qu'il m'a demandé ça. Et du coup, j'ai perdu le fil du coup. Ah zut ! Oui, alors les structures, ça s'appelle comment ? C'est pour ça, puisqu'on est un pays proche, on peut s'en inspirer. Ils s'appellent polo dell'infanz, polo de l'enfance, 0-6 ans. Et donc, lorsqu'une crèche ferme, parce qu'il n'y a pas assez d'enfants, on voit beaucoup des sections qui ferment. Un jour, on aura des crèches qui vont venir. En France, qui ferment, parce que faute de personnel. En Italie, c'est faute d'enfants, ce n'est pas faute de personnel. Donc, nous, c'est parce que, faute de personnel, on ferme des sections, on ferme des crèches, ou fermeture d'école, on ne ferme pas, on le restructure en polo. Et donc, c'est comme ça qu'à Pistoya, il y en a deux qui sont en création, et mes collègues chercheurs du CNRS de Rome font les recherches actions en ce moment, et donc, avec, qui mêlent les éducatrices et les enseignantes. Alors pour le moment, pour le moment, les éducatrices... fonctionnent dans les sections de petits. jusqu'à 3 ans, et pour le moment, les enseignantes, voilà. Mais ils ont beaucoup de temps en commun, et surtout, c'est la même pédagogie sur l'ensemble de la ville. Donc, ce n'est pas un problème. Mais imaginez dans d'autres communes qui n'ont pas cette force comme à Pistoia, c'est plus compliqué. Je l'ai vu à Rome, je l'ai vu dans d'autres communes. Ça se travaille, et actuellement, les professionnels cherchent entre eux pour qu'il y ait un diplôme commun, un master commun, en soins d'éducation toujours, mais qui mêle les deux. On en est là, et pourtant... Mais c'est parce qu'il n'y a pas cette multitude de professionnels. Et maintenant, on nous met encore une nouvelle catégorie. On fait le contraire. Il faudrait réduire. Déjà, pour le rapport Jean-Pinou, j'avais dit, il faut réduire, le nombre de professionnels à des professionnels éducatifs. Et pas les multiplier, parce que multiplier, c'est pour diviser en morcelles. Et ce morcellement est négatif à la cohésion. Et voilà. Donc, l'idée, c'est vraiment de, petit à petit, faire monter tout ça. en plus comme en Suède par exemple vous avez vous avez Dans les structures en Suède, il y a toujours obligatoirement un pédagogue, ou deux. Mais s'il n'y en a qu'une, il est toujours avec deux assistants. Un assistant, ce n'est pas un auxiliaire. Les mots, c'est important. Les agents, les adsem, en italis, on dit les collaboratrices. Les mots comptent. Le respect des personnes et du travail. Et en Suède, Norvège, etc., moi j'ai enseigné beaucoup là-bas, et je voyais dans le... public, des jeunes après le bac qui vont faire leurs études, mais aussi des plus vieux, c'est les assistants, c'est-à-dire des gens qui ont un bac, un bac professionnel, qui vont faire, de fait, dans la structure, le même boulot que les autres, parce que quand vous les voyez, quand vous filmez, vous ne savez pas qui est l'éducatrice et qui est l'assistant. Mais au bout de quelques années, elles ont l'équivalence, elles entrent directement à l'université, et tout de suite, elles peuvent monter, vous voyez, tandis que chez nous, quand vous êtes dans un endroit... On peut, si on veut, mais il en faut du courage pour monter les... Voilà. Donc c'est ça le système. Mais c'est possible. Merci beaucoup pour ces apports très riches. Merci d'être venue participer à cette conférence, je veux juste vous dire que c'était la première... de la semaine de l'éducation qui du coup se poursuit toute la semaine. N'hésitez pas à aller voir s'il y a d'autres choses qui vous intéressent sur le site de la Ville. On vous souhaite une très bonne soirée. Merci beaucoup.