- Speaker #0
Habiter, pour moi, c'est vivre un lieu. Bien sûr, c'est habiter dans son logement, c'est habiter son quartier, c'est rencontrer des voisins, c'est avoir ses amis, son commerçant que tu connais, faire des relations sociales, pouvoir sortir.
- Speaker #1
Bienvenue dans la série de podcast Grenoble 2040, chemin futur.
- Speaker #2
Grenoble, c'est la ville que j'ai choisi pour y vivre, où je vis depuis dix ans et que j'ai pas prévu de quitter tout de suite. Et j'espère qu'elle est encore vivable et aussi agréable et aussi belle en 2040.
- Speaker #1
Une création sonore documentaire en six épisodes, imaginée pour la ville de Grenoble par Déborah Ozil.
- Speaker #3
J'aimerais que ce soit une ville qui a su s'adapter et qui s'est pas fait rattraper par tous les problèmes qu'on a aujourd'hui. Une ville qui a su prendre les devants.
- Speaker #1
Dans une époque traversée par de multiples bouleversements, Grenoble 2040 est née pour répondre à cette difficulté de penser l'avenir. Car c'est aujourd'hui que nous devons façonner un futur collectif, juste et désirable. Aujourd'hui que nous... nous pouvons encore dessiner l'avenir que nous souhaitons laisser aux générations futures, à celles et ceux qui fêteront leur majorité en 2040 et toutes les suivantes.
- Speaker #4
Bienvenue dans ce deuxième épisode de la série Grenoble 2040 Chemin Futur. Et si on habitait Grenoble différemment ?
- Speaker #1
Bonjour, je suis Eva, enfant de la ville grenobloise depuis mon premier jour. En 2040, j'aurai 18 ans. Alors j'ai décidé de vous accompagner dans ce voyage, dans l'exploration de récits et de rêves au gré des rencontres. Pourquoi ? Parce que j'aime ma ville, et que j'ai envie de continuer à pouvoir y vivre pleinement. Et parce que les décisions et projets d'aujourd'hui dessineront mon futur demain, tout simplement. On habite nos corps, notre maison, dans notre intimité. Mais on habite aussi la rue, l'espace public, un quartier, une ville, une région. Habiter, c'est aussi la possibilité de se loger dignement, de parcourir une ville sans risque pour sa santé, de manger sainement et à sa faim. C'est pouvoir se nourrir l'esprit de rencontres et d'échanges avec le monde qui nous entoure au quotidien. Et à une échelle beaucoup plus grande, qui nous semble d'ailleurs souvent trop lointaine, habiter, c'est habiter la Terre. Cette Terre qui nous abrite, nous et des milliards d'autres êtres vivants depuis des millénaires. L'habitabilité de nos territoires est étroitement liée à nos modes de vie, nos interactions et notre capacité à cohabiter avec le reste des vivants qui nous entourent, humains comme non-humains. Pourtant, aujourd'hui, entre déforestation, Pestation, agriculture intensive, bétonisation, surexploitation des ressources naturelles et j'en passe. En 2018, l'activité humaine était déjà responsable de la disparition de la moitié du poids total de la vie sur Terre. Alors oui, ce chiffre est assez vertigineux. Et je commence à comprendre que notre vie sur Terre dépendra demain de notre capacité collective à préserver ce qui est déjà là et encore là, à adapter nos territoires sans plus attendre. Et moi, j'ai un rêve pour Grenoble. Si la ville avait su renverser les choses pour faire face aux enjeux qui nous attendent d'ici 2040. Cette ville que l'on dit à la pointe de l'innovation. Cette ville où la Révolution française a aussi puisé ses débuts le 7 juin 1788.
- Speaker #5
Je m'appelle Nathalie Chavannis et je travaille dans l'unité Résilience Territoriale de la ville de Grenoble. C'est une unité qui travaille sur la prévention et la gestion des risques du territoire. Grenoble est exposée pratiquement à tous les risques, sauf le risque d'avalanche. Les risques majeurs, on distingue souvent, habituellement, les risques naturels, les risques technologiques. Et bien sûr, on rajoute les risques terroristes, les risques sanitaires, avec les risques de pandémie ou les risques liés à la pollution atmosphérique, par exemple. Le réchauffement climatique, on le perçoit aussi parce que, par exemple, le risque feu de forêt est remonté jusqu'à nos régions. En fait, c'était un aléa qui n'était pas du tout traité sur nos territoires. C'était un problème pour les villes du sud de la France. Et puis, depuis 2022-2023, on a mis en place des procédures parce qu'on a eu des... Nos massifs forestiers qui étaient classés en niveau sévère, voire très sévère de risque faute forêt. Donc ça c'est nouveau sur nos territoires. Et enfin, je peux citer comme autre aléa récent qui a été très significatif, ce sont les crues de novembre et décembre 2023 sur l'Isère, où on a enchaîné plusieurs pics de crues. On remarque, on repère, on vit des aléas qui sont plus exceptionnels qu'avant. en fait, nos modes de vie. peuvent constituer une certaine vulnérabilité sur nos territoires.
- Speaker #1
J'ai comme un goût de déjà vu. Cet été 2026 est déjà historique. Nous avons eu chaud, très chaud, beaucoup trop chaud même. Et pourtant, les climatologues expliquent que nous sommes en train de vivre nos étés les plus froids du reste de notre vie. En France, juin 2026 est entré dans l'histoire comme le mois de juin le plus chaud jamais enregistré depuis que l'on réalise des relevés météorologiques. La vigilance canicule rouge a été activée dans trois quarts des départements français. Le feu a même commencé à grignoter la Bastille, notre emblème, un après-midi de juillet. Alors, entre sidération et espoir, je me demande vraiment comment est-ce qu'on a pu en arriver là ? Et comment on va faire finalement pour s'adapter demain ?
- Speaker #6
Bonjour, Xavier Fouassard, je suis géographe climatologue, spécialiste de l'étude de l'îlot de chaleur urbain. Je travaille pour des collectivités, pour leurs études climatiques. Le phénomène d'îlot de chaleur urbain, c'est un phénomène climatique à l'échelle locale qui consiste à un gradient de température entre le centre-ville vers la périphérie. En fait, on a un refroidissement plus lent en ville qu'à la campagne, et ça, c'est ce qui correspond à un îlot de chaleur urbain. Présent l'hiver comme été, mais plus fréquent l'été. Il est problématique associé à des vagues de chaleur, parce qu'il va augmenter la température dans les villes. Par contre, ce qui augmente son intensité, c'est vraiment l'occupation du sol. Donc en fait, il y a un fort levier lié à l'aménagement du territoire et à l'urbanisme pour pouvoir en partie résoudre cette question d'îlots de chaleur urbain.
- Speaker #0
Bonjour, je m'appelle Mathias Rollo, je suis maître de conférence à l'École d'architecture de Grenoble. En architecture, par exemple, on a depuis 25 ans à peu près des normes environnementales, des réglementations sur l'environnement qui, pour beaucoup, s'arrêtent à des questions de bilan carbone. La construction n'est qu'une petite part des choses, la thermique et l'isolation, ce n'est qu'une petite part de l'impact environnemental de la construction. Et pour le dire plus clairement encore, aujourd'hui, par exemple, la question climatique, c'est une limite planétaire sur 9. Or, on en a dépassé 7 sur 9 à l'heure où on se parle. Pour moi, la réalité de Grenoble 2040, elle est très proche de celle de Grenoble 2025-2026. La plupart des études qu'on a aujourd'hui s'arrêtent à 2100, comme si les évolutions... arrêter d'empirer à 2100, alors qu'en réalité c'est des grands basculements qui vont se poursuivre après. Je crois que Grenoble 2040, c'est une petite étape au sein de ces grandes transformations.
- Speaker #1
On l'a vu pendant les derniers épisodes de canicule, beaucoup de logements se sont transformés en véritables bouilloires thermiques. Des logements qui emmagasinent la chaleur toute la journée et qui sont ensuite incapables de l'évacuer pendant la nuit, Alors même... que les températures sont souvent bien inférieures. Et ça va avoir un impact direct sur le bien-être et la santé physique et mentale de leurs habitantes et habitants. Entre les troubles du sommeil, les maladies chroniques ou le stress thermique qui affectent l'organisme, le confort des occupants se dégrade considérablement. Mais pour ça, on a besoin de revoir nos logiciels, de faire évoluer nos normes et de considérer la santé comme un enjeu majeur et à mettre au cœur de la manière dont on aménage ou réaménage la ville dans le futur. Gaëlle Ouzou, directrice de recherche à l'IRD, en poste à l'Institut des géosciences de l'environnement à Grenoble.
- Speaker #4
Notre équipe travaille depuis une vingtaine d'années sur le thème de la pollution atmosphérique. et leur lien avec les impacts sanitaires. On a eu un très gros projet qui s'appelait Mobilaire, dans lequel on a pu chiffrer le coût de l'impact sanitaire de la pollution atmosphérique sur Grenoble et on a pu aussi dégager les grandes sources qu'il fallait réduire, si on voulait également réduire cette pollution atmosphérique. Il en est ressorti qu'il fallait viser en premier lieu le chauffage au bois non performant et le trafic routier, et derrière la métropole. ainsi que la ville ont décidé de continuer. Les efforts sur les primaires bois notamment ont décidé aussi de développer plus les pistes cyclables. Il y a des efforts qui sont faits aussi au niveau des transports en commun pour avoir des cadences plus rapides. Et ça, ça commence à payer. On voit que la qualité de l'air s'améliore à Grenoble depuis dix ans sur tous les polluants, à l'exception de l'ozone. Aujourd'hui, la qualité de l'air, elle est aussi très liée au climat, puisqu'il faut toujours rappeler que ce sont les mêmes sources d'émissions qui vont à court terme influencer la qualité de l'air. Mais à long terme, influencer le climat. Si je prends un exemple très classique, c'est une voiture qui émet un pot d'échappement, que ce soit diesel ou essence. Sur du court terme, vous émettez des particules qui diminuent la qualité de l'air de demain jusqu'à pendant les quelques jours où elle va rester dans l'atmosphère. Mais sur du long terme, vous avez émis du CO2 qui va impacter le climat pendant plusieurs dizaines, voire centaines d'années. Cette urgence de pollution de l'air, elle ne doit pas masquer. L'urgence climatique qui est complètement colliée. Et il est clair que pour moi, on n'est pas loin d'être en train de rater des rendez-vous. Et du coup, si on les rate pour le climat, on les ratera pour la pollution de l'air aussi.
- Speaker #1
On a d'ailleurs beaucoup parlé du sujet de la clim ces derniers temps. Et c'est un vrai débat. Sauf que ça a un coût économique et écologique monumental qu'on ne peut pas ignorer. Mais avant d'avoir les cheveux qui se dressent, écoutez un peu ce qui suit. La climatisation va relâcher l'air chaud intérieur vers l'extérieur, ce qui va directement amplifier le phénomène d'îlot de chaleur dont on vient de parler à l'instant. Parallèlement, les gaz qu'elles utilisent pour fonctionner sont des gaz à effet de serre importants qui, en cas de fuite, pendant la fabrication ou l'utilisation, contribuent au changement climatique à l'échelle planétaire. Ces gaz à effet de serre vont ensuite accentuer le nombre de vagues de chaleur et de pics de pollution de l'air, cette fois-ci, de nouveau, à une échelle locale. Vous voyez un peu le bazar ? L'équation est loin d'être simple puisque ce genre de solution enclenche des cercles vicieux qui vont empirer la chaleur que l'on combat à la base du problème. Et même si on est en train de réfléchir à son utilisation dans certains lieux dès maintenant, comme les écoles, les EHPAD ou les hôpitaux, il est indispensable de s'ouvrir à d'autres manières de rafraîchir Grenoble et ses espaces, de manière durable et durable. et raisonner. On pourrait par exemple penser à des réseaux de froid urbain, à l'image des réseaux de chaleur urbain qu'on utilise déjà. En fait, en puisant la fraîcheur dans nos sols et nos rivières, on pourrait les rebalancer dans les bâtiments ensuite. Un peu dans le même principe que la géothermie. Finalement, atténuation, anticipation et adaptation, ce serait vraiment ça les maîtres mots à retenir. Je ne parle pas des Russines vouées à l'échec sous le long terme. Je parle du besoin d'une transformation profonde de nos systèmes, sans tomber dans des solutions à court terme. Que ce soit pour l'énergie, l'alimentation, la gestion de l'eau, et plus globalement pour l'organisation de nos villes et territoires. Mais je vous le dis, il n'est pas trop tard. Nous pouvons encore changer les règles pour faire de Grenoble une ville adaptée, habitable et désirable. Et tout ça, ça se planifie. Nicolas Quentin, architecte et urbaniste à la ville de Grenoble, chef de projet Grenoble 2040 pour des quartiers favorables à la santé.
- Speaker #7
Quand on planifie, c'est qu'on sait où on va. On sort d'une époque assez sûre d'elle-même. Grosso modo, le temps de la consommation du champ de patates où on peut construire la ville dessus, plus possible. On prend l'exemple du ZAN, par exemple. Aller manger du territoire pour construire plus, pour qui, pourquoi, comment, ça ne vient même plus à l'île. Tout le monde sait que ça ne sera plus possible. La question maintenant est posée, alors qu'avant, elle ne se posait même pas.
- Speaker #8
Bonjour, je m'appelle Nicolas Tixier, je suis architecte et urbaniste. J'enseigne à l'école d'architecture de Grenoble et je mène mes recherches dans un laboratoire qui s'appelle AAU Cresson. En continuité, on est aussi dans un moment, en particulier à Grenoble, où l'ensemble des terres, des sols constructibles ont presque été bâtis. Jusqu'à avant l'an 2000, il y avait encore plein d'espaces dans lesquels on pouvait bâtir. La Presqu'île, le sud grenoblois, etc. Ces territoires-là, aujourd'hui, sont bâtis. Donc on doit d'abord faire avec l'existant, mais c'est un existant qui est riche. C'est aussi quelque chose de nouveau. Le futur des villes passe beaucoup par un travail sur l'existant et plus sur des extensions, l'utopie de nouveaux quartiers dans lesquels on vivrait heureux, etc.
- Speaker #1
Quand on parlait de faire avec le déjà-là, on est en plein dedans. En donnant une diversité d'usages à nos équipements, à l'image des tiers-lieux ou des Fab Labs par exemple, on pourrait faire de ces espaces de véritables lieux de sociabilisation et de vivre ensemble demain.
- Speaker #9
Je suis Iba De Bouc, directrice territoire à Arep, donc une agence pluridisciplinaire, et je travaille sur la mission Grenoble 2040 pour la ville de Grenoble. En fait, sur les rues aux écoles, on repense la matrice de conception d'espaces publics. On sort de cet imaginaire du corridor à bagnole qui n'existait pas avant. Et aujourd'hui, quand on dit que sur une rue aux écoles, on va apaiser ou fermer à la circulation totalement la rue, on change totalement de logiciel. On va concevoir un espace pour les usages. On recrée du sol là où il n'y en a plus. Par exemple, du sol urbain, on tamponne les eaux pluviales, on protège de l'île-eau de chaleur en plantant de la strata haute, etc. Mais surtout, on propose de... La mixité sociale, on amplifie l'usage, on sort de cette logique où l'espace public est une arène de danger pour l'enfant et on lui permet de courir, de se promener, etc. Donc ça crée une qualité, ça améliore le cadre de vie. On peut proposer de la végétalisation comestible, des endroits qui sont plus événementiels, plus festifs, plus conviviaux. Et donc la ville conviviale, c'est aussi une force de la projection écologique dans le futur.
- Speaker #1
coordinateur de la mission aménagement de l'espace public à la ville de Grenoble.
- Speaker #10
Il y a deux axes de travail à la mission aménagement des espaces publics. Le premier qui est de coordonner avec la métropole tous les aménagements sous les espaces publics métropolitains. Et l'autre axe de travail qui est d'aménager les espaces publics plutôt de la ville, notamment les cours d'école, pour justement venir transformer la ville et l'adapter aux enjeux des changements climatiques. Ça se traduit par repenser ces espaces-là en d'abord imaginant... Plus d'espaces de pleine terre, plus d'espaces d'ombrage, plus de vivants, plus de capacité aussi à ces espaces-là à infiltrer l'eau pluviale.
- Speaker #11
Moi, c'est Anne-Sophie Mélet-Breton. Je suis directrice adjointe de la direction Nature en ville. Pratiquement 60% des espèces ligneuses de grande dimension sont démontrées comme n'étant pas adaptées au climat de demain. On est vraiment dans un espace de temps qui est très court et à la fois pour avoir un arbre d'une dimension suffisante pour avoir d'ombrage, il faut au minimum 10-15 ans. On ne va pas planter de la même façon. Là où on avait un arbre, un stationnement, un arbre, un stationnement, on n'agit plus comme ça, on va les grouper. On va planter groupés pour pouvoir faire en sorte qu'ils s'assurent entre eux, qu'ils se protègent, qu'ils fassent des ombres portées sur les troncs pour éviter les échaudures sur les troncs et c'est ce qui fait mourir prématurément les grands arbres. Donc il n'y a pas que le choix du type de végétal, il y a aussi comment on va aménager les espaces. Un arbre tout seul sur une grande place minérale, c'est magnifique, mais demain ce n'est plus possible.
- Speaker #1
Et en parlant de végétalisation, j'ai appris que la métropole de Grenoble pose beaucoup sur le sujet aux côtés de la ville. En 2022, elle a d'ailleurs lancé le plan Canopée. L'objectif derrière ce projet ? Atteindre 30% de Canopée en 2030 et 40% en 2050. sur les 49 communes de la métropole grenobloise. Et ça, en pariant sur une mixité des essences d'arbres et de végétaux pour qu'ils soient plus résilients face aux changements climatiques. En augmentant la surface d'ombre qu'on apporte par les arbres dans la ville, on vient naturellement rafraîchir l'air ambiant. On garantit aussi des refuges indispensables pour la biodiversité. Et puis, les arbres nous aident aussi à lutter contre les polluants atmosphériques. Et ça joue un rôle direct sur la qualité de l'air que l'on respire. Mais parallèlement à ça, il y a tout un enjeu autour de la végétalisation des espaces privés. Des toits, des parkings, des balcons, des façades, des cours aussi. Il s'agit de retirer le béton des sols, partout où ce sera possible. Aussi bien dans les espaces privés que dans les espaces publics. Et pour ça, on a besoin que tout le monde se retrousse les manches. Aussi bien les promoteurs que les bailleurs, la ville, les copropriétés ou les particuliers. Car chaque mètre carré compte pour qu'on puisse garder une ville vivable.
- Speaker #12
Alors moi je m'appelle Élise, je suis habitante de la rue et ce matin nous avons décrouté une partie de la rue pour participer à une opération de libération des sols. C'est en fait la concrétisation d'un projet qui a émané des habitants il y a plusieurs années où d'un petit collectif de la rue nous avons imaginé qu'on pourrait circuler autrement dans cette rue. On souhaitait aussi que ce soit une manière de nous réapproprier l'espace public par rapport à notre position de parent. quand quand Il y a eu la fête des voisins, c'était un moment où on fermait complètement la rue, ce qui permettait à nos enfants de venir jouer dans la rue, de faire du badminton, et ils en sont à chaque fois ravis de pouvoir venir dans cette rue qui s'approprie, puisque c'est leur espace à eux aussi, et ça, c'est quelque chose qui nous était très cher. D'ici 2040, j'espère qu'il y aura davantage d'initiatives telles que la nôtre qui auront été mises en œuvre. Ça permettra d'une part de davantage végétaliser la ville, et donc d'espérer lutter contre les élus de chaleur urbaine et puis également de créer plus de liens dans une ville qui a besoin de ces liens pour pouvoir faire face à la hausse des températures.
- Speaker #3
Bonjour, moi je m'appelle Antoine. J'ai soutenu un projet de végétalisation et d'aménagement de la place de la gare dans la boucle du tram. Cette idée m'est venue du fait que je suis médecin à l'hôpital et j'utilise tous les jours le vélo. et le train comme moyen de transport. Et je passe à cet endroit deux fois par jour. En faire un lieu où on aurait envie de se poser, de se reposer, de profiter. Et il y a de l'espace. On peut imaginer un endroit un peu coupé du reste, un petit îlot, une petite forêt au milieu de la ville, avec des arbres en pleine terre, des bancs. Je n'ai ni la légitimité du technicien ni du politicien pour porter un projet, mais finalement c'est celle de l'usager que j'ai. Et des usagers, on est beaucoup d'usagers. Finalement, c'est aussi l'usager qui est le plus important. qui sait un peu, ou en tout cas qui se rend compte de ce qui lui va et ce qui lui va pas.
- Speaker #13
Alors je me présente, je m'appelle Rabia et je suis bénévole dans certaines associations à Grenoble, dont la machinerie. Je suis venue participer à la création de bancs. On a fait les structures du banc qu'avec des choses récupérées, que de la récup, que ce soit le banc, la structure en fer. Les planches en bois, c'est que de la récup d'anciens mobiliers urbains de la ville de Grenoble. Donc on réutilise du matériel qu'on a déjà, donc on n'a pas besoin de racheter au niveau économique. Puis en plus, on apprend énormément de choses. En 2040, j'espère aussi qu'il y aura pas mal de structures faites aussi par les habitants. Là, on a fait un exemple, mais j'espère qu'il y aura d'autres choses faites par les habitants, pour les habitants. Et qu'ils font en sorte aussi de ramener aussi une autre population qui vient ici voir qu'il n'y a pas que de la délinquance, entre guillemets. un deal et qu'on peut faire des choses superbes.
- Speaker #1
Autrement dit, les citoyennes et citoyens que nous sommes avons tout intérêt à jouer notre part pour imaginer le futur de Grenoble. Mais pour s'engager, encore faut-il pouvoir se le permettre. Sur la base de savoir, d'expérience et de connaissances partagées. Imaginez un peu, si demain les grenobloises et grenoblois... avait une place de choix sur le banc des décisions pour dessiner le futur de la ville, à tous les âges et dans tous les quartiers. Les pouvoirs publics pourraient davantage accompagner, soutenir, voire créer des espaces pour encourager le passage à l'action du plus grand nombre. Adapter Grenoble face aux différentes crises que nous vivons et allons vivre, c'est aussi questionner la seule capacité des architectes et urbanistes, politiques ou promoteurs à aménager pour nous, que nous devons... collectivement nous interroger sur nos comportements, sur nos modes de vie qui façonnent la société dans laquelle nous habitons et habiterons demain.
- Speaker #0
Pour moi, un des gros leviers d'action, il est connu, mais on ne le prend pas assez au sérieux, c'est la question des transports et de la mobilité. Pour l'instant, dans ce que j'observe, la plupart des débats et des discussions ont lieu sur la décarbonation des transports ou leur mise en collectivité. Mais il y a très peu de discussions qui sont d'un ordre quasiment philosophique sur le fait qu'on devrait moins bouger, on va devoir moins se déplacer, tout court, à la fois bien sûr moins prendre l'avion, mais même à échelle territoriale, arrêter de faire des allers-retours de dizaines de kilomètres tous les jours pour aller au boulot, pour aller faire ses courses, pour aller en vacances, pour aller dans nos refuges climatiques dans les hauteurs de Grenoble quand il fait chaud, etc. Cette descente énergétique radicale et complète de la société, elle est taboue à mon sens. C'est une discussion qu'il faut ouvrir avec en tête, à mon avis, des questions de justice environnementale, de justice sociale, je veux dire, qui a un accès aujourd'hui à la mobilité facile et qui ne l'a pas, et comment on peut aller dans une descente énergétique la plus juste d'un point de vue des dominations de classe, de race et de genre qui sont à l'œuvre aujourd'hui.
- Speaker #10
Aujourd'hui, c'est un sujet qui cristallise certaines positions. On comprend que la voiture répond à un certain besoin. Sa juste place demande de se poser la question de l'attractivité commerciale d'une rue qui est à 80% destinée à la voiture, au stationnement ou à la circulation. Il se trouve que quand on regarde les villes du Nord, qui ont largement une culture du piéton, et des modes doux, en tout cas plus que dans le sud de l'Europe. L'attractivité commerciale, elle trouve aussi un intérêt assez répiétant.
- Speaker #14
Je m'appelle Étienne Siapin, je suis enseignant en histoire-géographie et docteur en sociologie. Alors en termes de travaux, en termes de rendus des étudiants et étudiantes, il y a un des groupes qui a abordé la presqu'île scientifique. Ce qui est très intéressant, c'est qu'ils ont accès ça aussi à une réflexion sur les transports et notamment avec l'usage du fleuve, de la rivière, de l'eau. Avec des transports par bateau, le fait d'avoir justement eu cette réflexion d'un déplacement lent mais collectif et finalement qui redonne aussi toute sa place à ce cours d'eau de Grenoble mais aussi de l'agglomération, c'était assez enthousiasmant.
- Speaker #1
Alors oui, la voiture c'est une vraie question. Mais pour moi, je crois que ça ne peut plus être une fin en soi. Et vous savez, c'est dont je rêve moi. Je rêve de pouvoir continuer à respirer l'air de ma ville sans risquer de tomber malade. J'aimerais aussi pouvoir entendre les oiseaux chanter quand je pars à l'école le matin. Et je voudrais aussi pouvoir jouer dehors sans que mes parents soient sur mon dos toutes les 5 minutes. En fait, en s'autorisant à reconsidérer les espaces dédiés à la voiture, on s'autorise à ouvrir de nouveaux imaginaires pour nous déplacer demain. Réduire notre dépendance à la mobilité individuelle. Mais on ne va pas se mentir, ça crée des résistances, comme dans tous les changements. Ça va effectivement nous demander de nous réorganiser, d'inventer et d'accepter un autre rapport au temps pour nous déplacer. Et puis, l'enjeu de la mobilité, c'est aussi s'emparer pleinement des questions de justice sociale qui y sont liées. C'est créer une école du vélo dans tous les quartiers, pour les petits et les grands. C'est organiser des transports spéciaux pour les personnes vulnérables ou à mobilité réduite. C'est continuer de développer un réseau de transports en commun qui quadrille au mieux le territoire. Et c'est aussi une ville où l'on pourra déambuler à pied, pour observer et contempler ce qui nous entoure, tout en prenant soin de notre santé et de notre bien-être physique et mental.
- Speaker #15
Je m'appelle Manon, je suis étudiante en deuxième année de master en design des transitions et on a fait une restitution à l'hôtel de ville de Grenoble dans le cadre du projet intitulé Labo des possibles qui envisage la santé Grenoble 2040. Et donc on a pris le parti pris d'imaginer un centre-ville en transformation qu'il puisse être un refuge pour la quiétude, le calme et favoriser le ralentissement en ville et la déconsommation. L'idée en fait c'est pas de condamner toute activité commerciale mais d'accompagner les efforts actuels de piétonnisation et de métropole apaisée donc de quand même établir une meilleure santé en termes d'environnement sonore, de diminuer la pollution en ville, c'est quand même important et d'autre part en fait le dispositif va venir accompagner cette transition là et quelque part recréer une attractivité au centre-ville de Grenoble mais qui sera différente de la consommation. Et on peut très bien imaginer une cohabitation entre des espaces de calme et de repos et des espaces dédiés à l'activité commerciale restante. On imagine que la biodiversité va revenir dans des espaces plus calmes. Des vrais espaces d'accueil de la biodiversité pourront permettre à certaines espèces de revenir s'implémenter dans le centre-ville.
- Speaker #6
Sur les vagues de chaleur en ville, c'est vrai que... Le premier impact, il est immédiat. Et ça, ça pose déjà une question, c'est sur nos modes de vie. Et finalement, comment les adapter à terme ? Donc, si ça arrive une fois tous les cinq ans, bon, ça reste quelque chose d'assez acceptable. Mais si ces phénomènes arrivent systématiquement tous les étés, en fait, au fur et à mesure, ça veut dire qu'il y a également comment on s'adapte, pas uniquement en termes d'urbanisme ou d'aménagement, mais également comment on adapte notre mode de vie par rapport à ça. Je sais qu'on peut s'inspirer de ce que font d'autres... C'est-à-dire que les horaires d'ouverture, que ce soit dans les espaces publics ou privés, c'est quelque chose qui est aménageable et qui est déjà petit à petit en train de se faire. On commence à travailler plus tôt, mais de la même manière, le sujet qui reviendra de plus en plus, c'est également pour les enfants, les écoles. Finalement, à partir du mois de juin ou jusqu'en septembre, on peut avoir des vagues de chaleur. Comment les collectivités doivent être en mesure d'accueillir les élèves également sur ces périodes de l'année ?
- Speaker #1
Repenser nos pratiques et nos modes de vie, ce serait donc ça, une des solutions. Nos voisins européens ouvrent d'ailleurs la voie à d'autres manières de faire pour nous adapter face aux vagues de chaleur. En Espagne par exemple, un congé climatique a été créé par le gouvernement. Les horaires de travail sont adaptés en cas de forte chaleur. Au Portugal, l'Office du tourisme national a recensé les différents refuges climatiques sur le territoire sous forme de cartes pour les rendre le plus accessibles possible. Et puis, changer nos habitudes demain, c'est aussi consommer différemment pour faire revenir des petits producteurs et des fabrications artisanales en local dans nos quartiers. Nous arrivons au bout de ce deuxième voyage sonore de Grenoble 2040, chemin futur. Aujourd'hui, je vous ai raconté l'histoire de Grenoble qui aura su adapter nos manières d'habiter au gré des aléas. Un Grenoble qui pourra continuer à le faire par la force de l'implication et de la préparation de toutes et tous. Bienvenue ! vivre dans notre ville ces prochaines décennies, ce sera aussi savoir aménager sobrement et en respectant. En respectant nos diversités. En respectant les limites de notre monde. En respectant aussi toute la biodiversité qui nous entoure. Le fil rouge de cette histoire, c'est celui d'envisager des solutions d'adaptation qui ne nous conduiront pas droit dans le mur. Qui nous engage à préserver, protéger les ressources et patrimoines communs tout en garantissant leur juste répartition. Et ça commence par adapter et réhabiliter nos bâtiments, végétaliser massivement nos espaces privés et publics, préserver coûte que coûte ce qui est déjà là, apaiser nos rues, cultiver nos liens. C'est faire aussi revenir l'eau. dans nos manières de penser l'aménagement. Mais on a beau prévoir, beaucoup de choses se produiront à l'avenir dont nous ne connaissons pas encore la tournure aujourd'hui. Alors finalement, est-ce qu'à la base de tout ça, il n'y aurait pas tout simplement un enjeu pour repenser nos liens de solidarité et d'entraide ? Car n'oublions pas que la solidarité et les histoires nous ont déjà fait déplacer des montagnes par le passé. À nous d'y croire. Création sonore originale, réalisée, produite et animée par Déborah Ozil, pour la ville de Grenoble. Avec Jeanne Ausha, au montage-mixage et pour les musiques originales. Vous avez aimé ce contenu ? N'hésitez pas à nous mettre quelques étoiles et à recommander autour de vous. Et pour suivre l'intégralité de l'actualité de Grenoble 2040, rendez-vous sur le site grenoble.fr dans la rubrique dédiée. Un contenu réalisé 100% sur VIA.