- Speaker #0
Bonjour, je m'appelle Pauline Maria. Bienvenue dans Virage. Le podcast est sur la vie et ses tournants qui nous font rire, parfois pleurer, mais qui toujours nous inspirent. Je suis ravie de vous accueillir dans cette quatrième saison de Virage qui promet d'être riche d'invités incroyables. Si vous voulez ne rien rater et soutenir ce podcast, je vous invite à vous abonner sur votre plateforme d'écoute. Et pour venir avec moi en coulisses, vous pouvez me suivre sur Instagram, pauline-dubasvirage et sur TikTok, virage.podcast. Je vous laisse avec l'invité du jour et je vous souhaite une très bonne écoute. Bonjour Stella ! Bonjour ! Comment ça va ? Très bien ! Je te remercie beaucoup d'être venue, je suis super contente qu'on puisse enregistrer un épisode. On en avait déjà enregistré un, toutes les deux, dans lequel on avait parlé des héritages transgénérationnels, les choses qu'on peut hériter, bonnes ou moins bonnes, de nos ancêtres et de comment s'en libérer. Et puis aujourd'hui, on avait envie de se retrouver à nouveau pour discuter autour d'une petite boisson chaude. d'un sujet qui, je pense, va beaucoup vous intéresser parce que c'est quelque chose qui revient chez beaucoup de gens pour ne pas dire que tout le monde a déjà vécu et essaie de combattre, c'est-à-dire les schémas répétitifs. Et on va se concentrer aujourd'hui sur les relations amoureuses. Pourquoi finalement on reproduit toujours les mêmes schémas, les mêmes erreurs ? Pourquoi on est toujours un petit peu attiré vers le même type de personnes ? Et pour ça, tu vas nous éclairer un petit peu avec tes lumières et ton savoir pour aider les personnes qui nous écoutent à savoir identifier un schéma répétitif et surtout essayer de donner des clés pour s'en libérer. Donc déjà, est-ce que tu peux définir un petit peu ce que c'est qu'un schéma répétitif pour qu'on puisse vraiment être sûr de ce dont on va parler ?
- Speaker #1
Bien sûr, un schéma répétitif, c'est une situation ou un comportement qui se répète. C'est-à-dire qu'au fur et à mesure de notre vie, on va s'apercevoir qu'on va attirer les mêmes personnes, qu'on va toujours avoir le même comportement. Ou c'est-à-dire carrément une situation, par exemple, on perd toujours son emploi. Là, on est concentré au niveau des relations humaines, relations amoureuses. Ça peut être par exemple quelqu'un qui est toujours avec le même type de personne. Par exemple, une personne qui est manipulatrice, se retrouver toujours avec un manipulateur ou une manipulatrice, malgré la volonté de s'en sortir et tout ça, c'est toujours la même chose qui se répète.
- Speaker #0
Et est-ce que ça peut être parfois aussi le fait de tomber sur des personnes qui ont toujours, même qui peuvent être très différentes, mais qui ont toujours par exemple les mêmes situations familiales ?
- Speaker #1
Oui. En fait, il peut y avoir... La personne peut être très différente, il peut y avoir... des grandes lignes ou vraiment des points communs, on ne va pas le voir tout de suite. Alors c'est pour ça aussi que c'est un peu vicieux parce que sur le moment, la personne va dire « Ah bah c'est génial, je ne répète pas la même situation, j'ai pris carrément l'opposé » . Il y a beaucoup de situations comme ça et c'est assez drôle parce qu'en fait, même si les deux personnes sont totalement opposées, en fait, elle va s'apercevoir qu'au final, ils avaient un grand point commun, c'est de l'ex et le nouveau ou l'ex et la nouvelle. Toujours le même schéma, par exemple quelqu'un qui n'est pas ambitieux, quelqu'un de nonchalant ou quelqu'un de violent malheureusement. Il y a des choses qui ne se voient pas d'emblée lorsqu'on rencontre une personne.
- Speaker #0
Et alors à quel endroit ça va se jouer justement d'être attiré par le même type de personnes ? Comment ça s'explique justement en psychologie ? Alors en général, ça vient de l'enfance comme beaucoup de choses,
- Speaker #1
ça dépend en fait comment la personne a vécu un manque affectif. Ça vient de l'affection, c'est un espèce de dérèglement émotionnel. Cette personne-là par exemple qui a été en manque d'attention va avoir un trouble de l'attachement. Donc on va avoir droit à la personne pot de col ou à la personne évitante. C'est un peu tout et son contraire mais on va prendre l'exemple de là où du pot de col qui a absolument besoin d'attention, d'affection, qui va être possessif, jaloux etc. qui a besoin absolument qu'on lui montre son amour parce que, évidemment, c'est cette personne-là qui a manqué justement d'affection, d'amour et peut-être même d'expression. C'est-à-dire que des parents peuvent aimer leur enfant mais il a aussi montré son amour et peut-être que voilà, cette personne-là, elle a manqué de tout ça et elle va tout remettre sur son compagnon, sauf que son compagnon, ça va être son sauveur. Et en fait, ce qui est intéressant de savoir, c'est que cette personne-là, elle va voir dans son couple une réparation et c'est là le piège. son enfance, mais son compagnon n'est pas là pour ça en fait à la base. Et c'est pour ça qu'il y a beaucoup de problèmes dans les couples.
- Speaker #0
Oui, mais par exemple, j'ai pas mal d'exemples de schémas répétitifs autour de moi que j'ai pu observer et parfois il y a des enfances totalement heureuses et les schémas peuvent être assez légers. Ça va être par exemple que des personnes qui ont par exemple pas de mère. avec en général des gros problèmes liés à ça. Donc, il y a une manque du désert abandonné. L'air absent, par exemple,
- Speaker #1
ou l'air absent. Évidemment, à partir du moment où il y a un déséquilibre dans l'enfance, ça peut être une famille dysfonctionnelle, famille toxique, on l'appelle comme on veut. À partir du moment où il y a un manque, cet enfant qui va grandir et qui va devenir un adulte, il va essayer de compenser ce manque. Il est là le problème. Et à l'âge adulte, ce manque, soit il va se mettre à fond dans son boulot, il va devenir... Son boulot, ça va être une obsession et ça va être même trop. Soit il peut se mettre dans l'alcool, enfin dans des addictions, ou soit ça va être dans le couple. Et le couple peut devenir un peu comme une addiction, c'est-à-dire couple toxique. Parce que cette personne-là va rechercher ce qu'elle n'a pas eu chez l'autre.
- Speaker #0
Et quand quelqu'un a fait un travail sur elle-même, sur lui-même, et enchaîne des échecs sentimentaux, Tout allait bien dans son enfance. Il n'y a pas de... Il n'y a pas de tout. Elle a le papier avec une famille aimante qui lui a dit, qui lui a montré, etc. Sur le papier ? Oui,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
D'où ça peut venir et surtout comment s'en défaire ?
- Speaker #1
Alors, il y a plusieurs facteurs. Ça peut être... transgénérationnelle. Cette personne-là ne connaît peut-être pas l'histoire de ses parents, mais qui nous dit que sa mère ou son père n'étaient pas comme ça finalement jeunes et peut-être que quand ils se sont rencontrés, le début de leur histoire était... Tu sais, ça peut être aussi héréditaire. C'est-à-dire que voilà, tu as l'impression que cette personne-là est née dans une famille « parfaite » où tout va bien comme ça sur le papier, mais on ne sait pas. Comment ça s'est passé au niveau de ses parents, par exemple ?
- Speaker #0
Par exemple, les parents ont eu une enfance très difficile, ont été victimes de violences.
- Speaker #1
Ça peut se transmettre, ce traumatisme-là. Donc le trouble de l'attachement. Alors je vais te l'expliquer, on en avait parlé par rapport à mon livre, mais tu sais que, par exemple, la peur de l'abandon, c'est quelque chose qui se transmet. T'es d'accord ? Donc admettons que cette personne-là a grandi dans une famille tout à fait tranquille, où il n'y avait pas de problème de couple, papa, maman, tout le monde va bien, pas de divorce et tout. Il est possible qu'il y ait la peur de l'abandon dans la famille, chez les ancêtres, pour telle ou telle raison. Et cette peur de l'abandon, qu'elle se soit transmise à cette personne-là. Même si ses frères et soeurs n'ont pas eu cette peur de l'abandon, lui ou elle peut l'avoir quand même. Mais ça ne vient pas forcément des parents, ça peut venir des grands-parents, des arrière-grands-parents. Il y a autre chose aussi, c'est qu'on ne sait pas si ces parents à cette personne-là, eux-mêmes... étaient peut-être, même si aujourd'hui ils s'entendent bien, peut-être que dans les débuts de leur couple, il y en avait un des deux qui avait un trouble de l'attachement et que finalement, ils sont restés ensemble. Ce sont des choses qui peuvent se transmettre. Et comme on dit, les chiens ne font pas des Ausha, on ressemble en général à nos parents. C'est intéressant de regarder le couple de nos parents et nos grands-parents avant de regarder aussi nous, comment on est nous aussi en couple. Et c'est intéressant parce qu'on s'aperçoit qu'on reproduit quand même pas mal de choses. inconsciemment, c'est pour ça que je le précise. C'est pour ça que je te dis, même si sa famille, les parents ont l'air parfaits comme ça sur le papier, ça peut être inconscient.
- Speaker #0
Oui, ok. Et une fois qu'on a identifié ça, comment on se libère de ce poids finalement ? Qu'est-ce qu'on peut mettre en place ? Que ce soit de son côté ou avec une thérapeute ou un thérapeute ?
- Speaker #1
Alors à partir du moment où on comprend qu'en fait l'autre n'est pas là pour nous réparer, enfin pour réparer notre histoire. On dit qu'on peut se réparer dans un couple et ça c'est vrai. On peut céder pour se réparer, pour aller mieux, etc. On peut être une guérison pour l'autre. Mais on ne peut pas refaire les choses, on ne peut pas retourner en arrière. Il faut accepter le passé, c'est-à-dire que ce n'est pas à notre conjoint de réparer notre enfance et de réparer les erreurs de nos parents ou nos grands-parents, etc. C'est à partir du moment où on n'attend rien de l'autre, en fait. Et le couple, c'est donner, c'est recevoir aussi, parce que bien sûr c'est réciproque, mais ce n'est pas attendre de l'autre, recevoir. attendre que l'autre nous sauve. Ce n'est pas notre sauveur. Donc, à partir du moment où on donne, on reçoit, mais dans un juste équilibre et qu'on n'est pas dans une dynamique de névrose toxique, ça, ça se comprend. Alors, on peut le comprendre seul, on peut avoir un déclic, mais en général, on a besoin de passer par la casse-thérapie pour qu'on nous le fasse comprendre et pour que ça monte de l'inconscient au conscient quand même. Et pour, voilà, une fois qu'on en prend conscience déjà ça va mieux. Parce qu'on est dans l'acceptation.
- Speaker #0
Comment justement faire pour briser le cycle ?
- Speaker #1
Alors tout à l'heure je disais en prendre conscience, il faut entamer un travail thérapeutique quand vraiment c'est inscrit. et qu'on est sûr que c'est vraiment quelque chose qui... À partir du moment où on n'est pas bien dans notre vie, on a un vrai mal-être et qu'on n'arrive pas à trouver la bonne personne, qu'on est toujours dans des situations toxiques et tout, là il faut vraiment faire un travail, une psychothérapie. Et après pour s'en libérer, tout dépend de l'origine du problème. Si par exemple c'est transgénérationnel, on va écrire par exemple une lettre de libération à nos parents ou à nos grands-parents, peu importe. En fait ça dépend d'où vient le problème et de qui vient le problème. Ça, c'est bien aussi d'écrire pour se libérer, faire aussi du coaching en développement personnel pour reprendre confiance en soi, apprendre à dire non, apprendre à refuser. Il y a plein de solutions, mais c'est adapté à chacun. Ça dépend de l'histoire.
- Speaker #0
Et par rapport à ce que toi, tu peux voir en consultation, quels sont les types de schémas que toi, tu vois le plus ? Elle ou il ne tombe, par exemple, que sur des pervers narcissiques.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
À répétition, est-ce que ça t'envoie beaucoup ? Oui,
- Speaker #1
j'en ai pas mal. Et j'ai aussi des gens, hommes et femmes, pareil, qui me disent en fait qu'ils sont en couple, donc même mariés avec des enfants, avec quelqu'un qu'ils n'aiment pas. Alors ça, c'est terrible. Ils s'aperçoivent en fait qu'ils se sont jamais aimés, enfin que cette personne-là n'a jamais aimé vraiment son conjoint. Ils ne sont pas heureux ces gens-là en fait. Ça aussi, c'est quelque chose qui peut se répéter. D'être en couple. mais de ne pas être amoureux de la personne, de ne pas aimer. Il y a des gens même qui ne savent pas aimer. Parce que même ils n'ont pas été aimés aussi. Donc j'ai des situations hyperverses narcissiques, c'est assez courant, manipulateurs, manipulatrices. On a le cas aussi des violences, que ce soit verbales ou physiques. On a le cas aussi par exemple d'être avec un conjoint qui ne nous correspond pas. C'est-à-dire qu'ils sont vraiment à l'opposé de nos attentes. Tu vois, toi, tu as ton idéal. Tu dis moi, j'ai envie d'être quelqu'un comme ça, comme ça. Et en fait, c'est bizarre. Je suis avec quelqu'un qui est vraiment le contraire de ce que j'espérais.
- Speaker #0
Ça, c'est quelque chose aussi qui se répète. Et je pense aux personnes dont tu venais de parler qui sont en couple avec des gens qu'ils n'aiment pas. Comment déjà ils s'en aperçoivent s'ils ne savent pas aimer ? Qu'ils n'ont jamais aimé, qu'ils ne se sont jamais sentis aimés ? Parce que c'est vrai que quand on a des jeunes enfants, Toutes les émotions s'apprennent. Bien sûr. Et donc, ce n'est pas facile. Mais comment on fait pour déjà s'apercevoir de ça et pour en sortir ?
- Speaker #1
Alors, il y a deux cas de figure. Le premier exemple, c'est quelqu'un qui n'a jamais aimé, qui ne sait pas aimer et qui ne sait pas ce que c'est. Et la deuxième, c'est celle qui peut comparer parce qu'elle a eu une autre relation avant où c'était l'amour fou et quand même, elle est capable de se dire non, là, je ne l'aime pas. Alors, dans le cas où il n'y a jamais eu... C'est une personne qui ne s'est pas aimée. Et c'est assez courant finalement, plus que ce qu'on croit. C'est une personne qui a manqué d'amour dans l'enfance. Mais en fait, pareil, c'est quelque chose qui se reproduit parce que les parents aussi ne savaient pas aimer. Et c'est quelque chose qui est... Alors, ce n'est pas forcément sur 10 générations, mais ça peut être sur 2-3 générations. Donc ça, c'est quelque chose qui va se transmettre générationnellement, mais aussi sur le terrain. au niveau de l'éducation. Là, c'est l'éducation. Ils ont été éduqués comme ça, ont montré pas ses sentiments, les parents ne montraient pas leur amour à leurs enfants, etc. Donc ils savent pas. Donc comment ils vont en prendre conscience ? En faisant une thérapie, ça c'est obligatoire. Alors ils vont se comparer ces gens-là, ils vont voir qu'autour d'eux, ils ont des couples qui s'aiment, qui sont amoureux. Ils savent que ça existe quand même. Mais justement, ils vont chercher une thérapie parce que ils vont entrer en thérapie justement pour dire « mais je suis incapable d'aimer » . Je n'ai pas d'émotion, je ne ressens rien. Voilà. Donc ils vont chercher de l'aide. Ensuite il y a le cas de la personne qui a déjà aimé et qui fait sa vie avec quelqu'un qu'elle n'aime pas. Alors ça c'est encore autre chose. C'est-à-dire par exemple amour de jeunesse, passionnel, tout ce que tu veux et tout ça. Et amour par raison. C'est-à-dire je me marie pour avoir une bonne situation, pour faire plaisir à papa, maman. Parce que papa, maman auraient voulu que je me marie avec quelqu'un comme ça. J'ai respecté la tradition familiale. D'accord ? Et donc ces gens-là s'empêchent d'être heureux parce qu'ils se sont mariés, ils ont eu un conjoint pour faire plaisir aux autres. Ils se sont oubliés. Donc, c'est quelque chose qui peut se répéter ça.
- Speaker #0
Et comment justement, quand on élève des enfants, on peut éviter qu'ils fassent ça ? Parce que ça, c'est terrible de se dire que des personnes peuvent choisir quelqu'un sans se choisir toute la vie. Par exemple, se dire je vais faire ça pour faire plaisir à tout le monde sauf à moi et du coup ne pas vivre une vie avec laquelle je me sens alignée et vivre sans amour. Qu'est-ce qu'on peut répéter comme phrase à nos enfants pour qu'elles sachent et qu'ils sachent Peu importe qui les aime, nous on les aimera.
- Speaker #1
Alors déjà ce qu'il faut leur dire c'est que l'essentiel c'est qu'eux soient heureux et qu'en fait à partir du moment, voilà mon enfant si toi tu es heureuse, moi je serai heureux, ton bonheur sera le mien. Peu importe, ton choix c'est ton choix. Il faut respecter le choix de son enfant même si parfois ça peut être difficile parce que les parents ont aussi leur idéal mais c'est comme la carrière professionnelle, on ne peut pas dire à son enfant alors je suis médecin fais médecine, ou je suis maçon, tu dois être maçon. Et pourtant il y a encore beaucoup de familles qui malheureusement répètent ce schéma. Donc il faut que les parents acceptent le bonheur de leurs enfants et qu'ils disent depuis la plus tendre enfance, ton chemin, ce que tu choisiras comme chemin, que ce soit dans les études, carrière professionnelle et amoureux,
- Speaker #0
c'est ton choix et je le respecterai. Il y a une petite phrase, je ne sais pas si avec tes enfants tu lis les livres d'Archibald qui sont écrits par Pauline Martin et dont l'illustratrice est Anaïs Desbordes. Je les trouve magnifiques ces livres et il y en a un qui s'appelle Mon amour qui parle de l'amour maternel et la dernière phrase du livre c'est « Je t'aime parce que tu es mon enfant mais que tu ne seras jamais à moi » . Et je trouve que c'est vrai, les enfants qu'on met au monde ne nous appartiennent pas.
- Speaker #1
possession. Et l'enfant n'est pas un objet. C'est pas une maison, c'est pas une voiture, c'est pas un bien matériel. Donc ce serait bien d'avancer là-dessus, que les parents comprennent tout à fait. Moi je vous le dis aussi ça. Les enfants ne nous appartiennent pas, en tout cas. Ils nous appartiennent dans le sens où on est éducateur, on est responsable, on est là pour les guider. Nous sommes des guides en fait.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu peux faire quand tu penses que d'une de tes patientes est en danger, est-ce que tu as le droit de contacter par exemple les services de police ? Oui, une aide aux victimes.
- Speaker #1
Alors je vais te répondre, c'est une question qui revient souvent. Mon rôle, c'est de faire prendre conscience à la victime qu'elle est victime. Parce que très souvent la victime, elle me consulte mais j'ai l'impression qu'elle n'en prend pas vraiment conscience que c'est inadmissible et qu'elle est victime. Donc moi je l'amène sur ce chemin-là pour qu'elle puisse se libérer. Aussi, pendant la consultation, je fais un travail pour bien sûr qu'elle en prenne conscience. Je lui explique d'où ça peut venir et c'est assez intéressant. C'est là qu'on va remonter pour « Ah ben ma mère aussi, j'ai vu ça dans mon enfance » ou « Toutes les femmes de ma famille » ou alors ça vient du manque de confiance en moi, c'est parce que je veux tellement être aimée que j'accepte tout. Alors moi, qu'est-ce que je vais faire ? Je vais coacher cette personne-là pour qu'elle ait confiance en elle, pour qu'elle apprenne à dire non. Donc mon rôle. C'est de lui expliquer pourquoi elle en est arrivée là. Lui expliquer sa position, d'où ça vient et maintenant qu'est-ce qu'il faut faire pour arranger ça. Et je t'assure que normalement, ça doit suffire. Quand vraiment un professionnel fait bien son travail... Alors attention, il faut savoir que cette personne est sous l'emprise.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Même si elle vient nous consulter, elle est encore sous l'emprise. Donc c'est un gros travail, il faut faire en sorte... qu'elle ne soit plus sous l'emprise, qu'elle prenne conscience déjà qu'elle est sous l'emprise, etc. Mais le travail, le déclic peut être très rapide. Ça m'est arrivé et la personne peut vraiment tourner dans sa tête, se dire « allez plus jamais ça » et vraiment vouloir prendre son destin en main pour se reconstruire.
- Speaker #0
C'est vrai que je trouve qu'on entend beaucoup de personnes qui disent que de nos jours, en 2025, l'amour c'est très difficile, que c'est difficile de trouver une personne qui nous corresponde. Et il y a beaucoup de gens, on le constate c'est un peu le mal du siècle, qui sent que le schéma se répète. C'est-à-dire que ça ne va pas toujours être les mêmes raisons, même s'il y a quand même un petit fil conducteur pour quelqu'un qui n'est pas très disponible émotionnellement. Mais si globalement, c'est que tu as du mal à construire une relation, à trouver quelqu'un qui est apte à construire une relation. C'est-à-dire quelqu'un qui est plutôt indisponible émotionnellement. Quand il y a toujours par exemple quelqu'un qui va partir. quoi que ce soit, qu'est-ce que ça peut refléter ?
- Speaker #1
Oui. Alors ça, on a encore l'image du couple des parents qu'on va reproduire. Si par exemple, on avait un papa absent qui ne donnait pas d'affection à maman, le couple... Voilà. Ou l'inverse, la maman qui ne donnait pas du tout d'attention au papa. Alors là, il y a le trouble de l'attachement évidemment, mais il y a cette personne-là qui est toujours indisponible. Par exemple, être avec quelqu'un de marié qui est marié. qui n'est pas libre. C'est le schéma qui se répète le plus. On va chercher les histoires impossibles, les histoires compliquées. Ça vient aussi de l'enfance malheureusement, par rapport à l'exemple qu'on a eu du couple de nos parents, mais par rapport aussi au manque qu'on a eu ou pas. en fait, on s'accroche à cette personne-là aussi parce qu'on se sent, c'est-à-dire inconsciemment, c'est comme si on ne se sentait pas capable ou pas méritante d'être aimée. Alors on va aller chercher la personne qui ne peut pas, qui n'est pas disponible, qui ne peut pas nous aimer, en tout cas pas librement. C'est parce qu'en fait quelque part on se sous-estime et moi je dis toujours ça en consultation. Quand on est avec quelqu'un qui est absent émotionnellement, qui est indisponible sentimentalement et tout, c'est qu'on ne connaît pas notre valeur. On se sous-estime en fait. Donc ce sont des personnes qui ne savent pas ce qu'elles valent et qui te bradent en fait, quelque part.
- Speaker #0
Et comment travailler sur l'estime de soi ? Parce que c'est difficile quand on se rend compte qu'on n'a pas confiance en nous, pour reprendre confiance parce que bon, il y a les grandes phrases de dire « mais t'as tout pour toi » , etc. Mais comment on fait concrètement pour reprendre confiance ?
- Speaker #1
Oui, pour s'aimer. Alors s'aimer, il faut déjà passer par la case acceptation, s'accepter comme on est. Ça, c'est un travail en coaching, développement personnel, thérapie. C'est un travail qui ne se fait pas en une séance, évidemment. C'est assez long. Après, ça dépend des personnes. Mais c'est vraiment un travail qu'on fait en séance pour déjà que la personne s'accepte. On fait un travail pour qu'elle sache parler d'elle-même parce qu'il y a des gens qui ont du mal à parler d'eux-mêmes. Qu'est-ce que la personne aime chez elle ? Qu'est-ce qu'elle n'aime pas ? Pourquoi elle ne s'aime pas ? D'où ça vient ? essayer de déconstruire les fausses croyances, tout ça, c'est un vrai travail.
- Speaker #0
Oui, c'est le travail d'une vie souvent.
- Speaker #1
Oui, c'est le travail d'une vie, mais si on tombe sur des bons professionnels de la psychologie, alors tout ne repose pas sur le thérapeute, le psy, évidemment quand même, un psy ce n'est pas un magicien non plus. Évidemment il faut que la personne qui entre en thérapie ait envie de s'en sortir, et une motivation, une détermination. Mais selon le praticien avec lequel on va travailler, il y a des praticiens avec qui on va aller plus vite. Le déclic va se faire plus facilement et la personne, à partir du moment où elle prend conscience de son problème et qu'elle veut avancer, ça peut aller vite.
- Speaker #0
C'est une bonne nouvelle parce que je pense que beaucoup de personnes souffrent de manque de confiance.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et globalement, toi est-ce que tu l'identifies rapidement quand quelqu'un vient te voir en rendez-vous pour te parler d'une répétition de schéma ?
- Speaker #1
Oui, et puis il faut savoir que moi je suis aussi praticienne en psychogénéalogie, donc tout ce qui est transgénérationnel, je connais bien. Donc évidemment pour moi c'est quelque chose que je vais très vite analyser dès la première séance.
- Speaker #0
Parce que tu vois, pour juste faire une petite parenthèse et le transposer dans la vie professionnelle, pareil je pense qu'on a tous autour de nous des exemples de personnes dont les expériences professionnelles se sont succédées toujours un schéma qui s'est répété, à savoir par exemple des problèmes à avoir été dénigrés par la personne qui est juste au-dessus d'eux. Et c'est toujours exactement la même personne, même si les boîtes peuvent être très différentes. Ça peut être des grandes entreprises,
- Speaker #1
des sentiments ou des missions ou harcèlement.
- Speaker #0
Harcèlement de collègues.
- Speaker #1
Il y a vraiment des situations qui vont se répéter. C'est un peu comme dans le couple.
- Speaker #0
Est-ce que déjà... aussi déculpabiliser les personnes qui nous écoutent. On va commencer par dire quelque chose, c'est pas votre faute. Si vous vivez des schémas qui se répètent, c'est important que ce soit dans votre vie personnelle ou dans votre vie professionnelle. Mais est-ce que quand on est nous-mêmes le dénominateur commun d'une situation qui se répète sur le plan amical, sur le plan professionnel, sur le plan amoureux, est-ce qu'on peut toujours arranger les choses en travaillant sur nous ? ou est-ce que ça peut être le fruit du hasard ?
- Speaker #1
Alors, à partir du moment où ça se répète, ce n'est pas le fruit du hasard. On peut tester, voir, bon, peut-être là, on trouve toujours une excuse. Mais en général, les gens sont un peu dans le déni quand c'est comme ça. Justement, ils trouvent toujours une excuse et puis c'est toujours la faute des autres. Donc, en général, on commence à se remettre en question quand ça fait déjà quelques années, que ça dure. Il y a des gens même qui peuvent aussi ne jamais le savoir. Quand même, il faut être à l'écoute. Il faut observer sa vie, son propre comportement. Évidemment que ce n'est pas le hasard quand ça se répète comme ça. Et ça ne veut pas dire que c'est la faute de la personne elle-même, attention. Mais ça veut dire que la personne a quelque chose à réparer, à travailler. Il faut qu'elle ouvre les yeux au bout d'un moment et qu'elle essaye de sortir de là, même si ce n'est pas de sa faute.
- Speaker #0
Alors comment tu le définirais pour bien comprendre que ce n'est pas de la faute de la personne ?
- Speaker #1
Par exemple. Une personne qui est trop serviable au travail. On va la envoyer pour faire des photocopies, le café, rendre service, etc. Tu vas me dire « c'est pas de sa faute, elle est gentille, elle est généreuse, elle est dans le partage, c'est quand même pas de sa faute, c'est des qualités » . Et bien en fait si, parce qu'on ne doit pas être la bonne poire, on doit se faire respecter, on doit mettre une barrière, on doit mettre des limites. Donc c'est de sa faute parce qu'elle n'a pas mis de limite. Tu comprends ce que je veux te dire ?
- Speaker #0
C'est qu'à un moment donné, dans son parcours, on ne lui a pas donné les clés pour apprendre à poser ses limites.
- Speaker #1
Parce que cette personne-là, elle a besoin de se faire aimer et accepter. Ça vient de là. Ça remonte encore à l'enfance où elle avait besoin de rendre service, de se surpasser, de tout faire pour être aimée, quitte à s'oublier. Et ça donne des gens comme ça. En fait, là, on parle professionnel, mais dans le couple aussi. Cette personne-là qui va se donner corps et âme pour son conjoint, tout faire, qui va se rabaisser, qui va donner plus que ce qu'elle doit donner. Ça vient de là. Et cette personne-là, elle peut être comme ça dans son couple et aussi au travail.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Et toi, le transgénérationnel, comment tu le vois et comment on peut travailler dessus quand ça ne nous appartient pas ? C'est-à-dire, par exemple, on va donner l'exemple d'une personne qui a grandi dans une enfance parfaitement heureuse avec des parents aimant, dans une sécurité affective, émotionnelle. Enfin voilà, tout va bien apparemment. En revanche, chez les grands-parents, par exemple, un de ses parents a été victime de violences et donc elle va répéter des schémas.
- Speaker #1
Ok. Ce que tu veux dire c'est que cette personne là, elle est agressive, c'est ça ? Tendance un peu...
- Speaker #0
Non pas agressive, elle va par exemple tomber sur des personnes qui ne s'engagent pas. J'ai compris,
- Speaker #1
elle-même a tombé sur des personnes et ses grands-parents.
- Speaker #0
Et par exemple, ses grands-parents ont pu être violents avec un des parents. C'est ça. Mais par contre, elle dans sa propre réponse, ses parents, c'était très impacté.
- Speaker #1
Oui, c'est parce que c'est quelque chose qui va se reproduire inconsciemment. Je te donne un exemple. Le parent qui a été même battu dans son enfance, maltraité, etc., va faire l'impasse sur ce traumatisme, va... et va vivre normalement, va faire preuve de résilience, ne va pas reproduire ça sur ses propres enfants. Donc les petits-enfants ne vont pas être maltraités, etc. Elle va être même une mère parfaite ou un père parfait. D'accord ? Eh bien, ce traumatisme-là, même si cette personne fait semblant de l'oublier qu'elle a rangé dans un tiroir bien fermé, il y est dans la déne. Il se transmet quand même. Donc je peux... C'est-à-dire qu'en fait, des grands-parents qui ont été maltraitées, ont pu en fait transmettre ce gène du stress ou voilà ce traumatisme-là aux parents qui lui est sorti nickel, enfin il n'a pas été impacté, d'accord ? Par contre ça hop, ça a sauté aux petits-enfants.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Ça c'est possible aussi.
- Speaker #0
Et là comment on le travaille ? C'est autre chose du coup j'imagine ?
- Speaker #1
Alors quand on sait où ça vient, c'est plus facile. pas d'où ça vient, on suppose qu'il y a eu quelque chose dans la famille. On travaille aussi en supposition en thérapie. On suppose qu'il y a dû certainement avoir quelque chose qui s'est transmis à un traumatisme, une frustration, une colère qui n'a pas été digérée par exemple, qui peut se transmettre. Et même si on ne trouve pas d'où ça vient, la personne peut quand même faire une thérapie et se dire que ça vient de quelque part, je ne sais pas. Mais ça vient de quelque part, c'est sûr.
- Speaker #0
En tout cas, pour rassurer les personnes qui nous écoutent, il y a toujours une solution ? Toujours.
- Speaker #1
On peut toujours réparer.
- Speaker #0
Et donc, dès les premiers signes avant-coureurs, l'idéal, c'est de ne pas poursuivre la relation ?
- Speaker #1
Oui. Il faut vraiment... Alors, après la thérapie, les gens savent ce qu'ils ne veulent pas. Parce que c'est important de savoir ce qu'on veut, mais surtout ce qu'on ne veut pas. Pour moi, ça, c'est le plus important. Et en fait, c'est comme si la personne après, elle avait le flair. Elle sait tout de suite que ça ne lui convient pas. La manière de parler de la personne, elle va observer. Il y a des choses qui, même un langage non verbal, il y a des choses qui vont sauter aux yeux qui pourtant à l'époque, avant la thérapie,
- Speaker #0
cette personne-là n'aurait rien vu venir par exemple. Oui. pour qu'on s'agit ?
- Speaker #1
Alors, il y a l'attachement anxieux évitant. Il y a l'attachement... Sécure. Alors, le trouble de l'attachement évitant. Moi, j'en ai que deux, parce que je n'en ai pas trois. C'est pour ça que du coup, je cherche l'autre. C'est quoi le troisième ?
- Speaker #0
Je ne sais plus justement.
- Speaker #1
Le trouble de l'attachement, il y en a deux. Soit tu t'attaches trop, soit tu ne sais pas t'attacher. Tu es fuyant.
- Speaker #0
Ok. Et pour élever des enfants qui ont un attachement Est-ce qu'il y a des choses à faire ?
- Speaker #1
À part leur donner le bon exemple, s'assurer qu'ils aient toujours constance en eux. Parce que le manque de constance en soi, ça fait faire plein de bêtises. Quand on manque de confiance en soi, on fait un peu n'importe quoi de sa vie. On ne fait pas forcément les bons choix, on est indécis, on n'attire pas forcément les bonnes personnes parce qu'on n'a pas confiance en soi. Ça fait beaucoup de dégâts le manque de confiance en soi. Donc je dirais vraiment régler ça chez les enfants, essayer vraiment de détecter. Et l'estime de soi, ça va ensemble, l'estime de soi, confiance en soi. C'est comme ça qu'on peut prévenir, je pense, les erreurs.
- Speaker #0
Je te remercie beaucoup. Merci. C'était passionnant j'espère que vous avez appris plein de choses que vous avez apprécié notre échange comme moi et est-ce que pour toi on a fait le tour ou il y a quelque chose dont tu voulais parler qu'on n'a pas abordé ?
- Speaker #1
On a fait le tour je voulais vraiment que les gens sachent qu'on peut s'en sortir et que s'ils remarquent qu'ils attirent toujours les mêmes personnes et qu'ils sont toujours malheureux dans une situation et tout ça vaut vraiment le coup juste au moins de réfléchir je ne dis pas forcément d'aller faire une thérapie mais au moins de réfléchir, d'y penser. Voilà, ça peut les sauver.
- Speaker #0
Je te remercie beaucoup, Stéphanie. Merci à toi. À bientôt. À bientôt. Voilà, le moment est venu de se quitter. J'espère que vous avez apprécié cet épisode. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir un nouvel invité, un nouveau parcours et se faire embarquer dans un nouveau virage. En attendant, prenez soin de vous et bonne semaine.