- Speaker #0
Bonjour, je m'appelle Pauline Maria, bienvenue dans Virage. Le podcast est sur la vie et ses tournants qui nous font rire, parfois pleurer, mais qui toujours nous inspirent. Je suis ravie de vous accueillir dans cette quatrième saison de Virage, qui promet d'être riche d'invités incroyables. Si vous voulez ne rien rater et soutenir ce podcast, je vous invite à vous abonner sur votre plateforme d'écoute. Et pour venir avec moi en coulisses, vous pouvez me suivre sur Instagram, pauline-du-bas-virage, et sur TikTok, virage.podcast. Je vous laisse avec l'invité du jour et je vous souhaite une très bonne écoute. Bonjour Philippine ! Bonjour ! Ça va ?
- Speaker #1
Bah ouais très bien, je suis trop contente d'être là !
- Speaker #0
Moi aussi, je suis super contente qu'on enregistre un épisode toutes les deux et que tu sois venue jusqu'à moi en studio pour parler de toi, de ton histoire, de ta vie. En ce moment, tu joues ton spectacle qui s'appelle Fifi à papa, qui est formidable. Oh mais c'est gentil ! Je te le recommande vraiment. On est traversé par un peu toutes les émotions. Vraiment, le rire... Prédomine, moi j'ai pleuré de rire dans tout ce spectacle, je te jure. Je pense que tout le rang à côté me détestait tellement je riais. Mais il y a aussi d'autres émotions dont on va parler, que tu explores. C'est un spectacle pour le coup, pour les personnes qui te suivent sur les réseaux sociaux, où tu as vraiment rencontré ta communauté et où tu proposes des vidéos de sketch très fréquemment. Je trouve le spectacle hyper différent. de ce que tu proposes sur les réseaux, très complémentaires. C'est-à-dire que tu vois des personnes qui parfois hésitent en se disant « Oui, on a déjà vu sur les réseaux » . C'est hyper différent, je trouve, ce que tu proposes sur scène. Et en tout cas, en tant que spectatrice, après, tu vois, on n'a pas toujours accès à ce que toi t'as mis quand tu l'écrivais. Mais j'ai l'impression qu'on apprend beaucoup sur ta personnalité quand on regarde ton spectacle.
- Speaker #1
En tout cas, un des retours que j'ai, et alors je suis super touchée de celui-ci, Et un autre aussi retour, mais je pense que ça va exactement avec ce que tu dis, c'est que justement, les gens qui me suivent sur les réseaux, beaucoup me disent, on adore ton univers sur les réseaux. Et sur scène, ce qui est génial, c'est qu'on reconnaît bien évidemment ta patte qui nous touche sur les réseaux, ce côté assez solaire, enjoué, péchu que tu as sur tes réseaux. Mais sur scène, ce qui est génial, c'est qu'il y a ça, mais ça va encore plus loin. Et c'est ça qui est génial avec la scène, c'est qu'on peut pousser les choses beaucoup plus loin et donc aller en effet dans des émotions aussi que sur les réseaux, tu ne peux pas trop t'autoriser à jouer. À pleurer. Exactement, c'est ça.
- Speaker #0
Et tu parles beaucoup au début du spectacle, notamment du fait que tu es issue d'un milieu aisé, plutôt bourgeois de Bordeaux. Et je me demandais si ça n'a pas été difficile de choisir cette voie. Et est-ce que ça n'aurait pas été plus facile pour toi de suivre un peu une voie toute tracée, comme j'imagine beaucoup de personnes que tu as pu fréquenter dans tes collèges, tes lycées, etc. Est-ce que tu penses que ça t'a demandé un peu de courage ?
- Speaker #1
Alors, je ne sais pas. En revanche... Moi, je joue beaucoup en effet de ce milieu bourgeois d'où je viens. Je viens de Bordeaux, donc c'est un milieu en effet assez traditionnel, petit monde bordelais, on va dire. Et j'ai beaucoup d'autodérision, tu l'as vu en effet là-dessus. Mais c'est vrai que je joue beaucoup, je surjoue aussi beaucoup un personnage de ma mère qui a besoin, qui présente sa fille pendant notamment une soirée rallye et tout. Mais c'est vrai que moi, j'ai été très, très soutenue par mes parents et mes parents ne nous ont pas mis trop de pression par rapport à faire telle étude, telle chose. J'ai l'impression que c'est drôle parce que mes frères et sœurs, donc on est quatre, et chacun on fait des métiers artistiques. Donc ce qui est drôle, enfin ma sœur, il y en a une qui est oenologue, et l'air de rien, je dis que c'est un peu artistique aussi, parce que ça n'empêche que c'est la culture. Enfin je veux dire, il y a un truc qui n'est pas dans un bureau du lundi au vendredi. Donc je pense que si tous les quatre ont fait un métier comme ça, c'est aussi parce qu'on a eu des valeurs transmises par nos parents qui étaient aussi sur « faites votre passion » , « vivez de tout ça » et « vivez par passion » , je pense aussi beaucoup. Et donc moi, mes parents m'ont beaucoup soutenu. Après, j'ai perdu mon père, donc il ne savait pas vraiment que j'allais finir par faire du théâtre. Mais j'ai été très soutenue. Du coup, je pense que je n'ai pas été élevée complètement dans un truc très classique. Même pas forcément. Mes parents n'étaient pas très classiques.
- Speaker #0
Ok, c'est hyper intéressant. Dans ce milieu-là,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
Si vous êtes tous artistes dans ta fratrie, est-ce que tu penses que justement, au contraire, en n'étant pas classique, on vous a presque inspiré ? L'art en vous autorisant finalement à être exactement ce que vous voulez être, en vous ouvrant l'esprit peut-être ?
- Speaker #1
Complètement. Je pense que moi, j'ai des souvenirs de mon enfance, adolescence, de maison où c'est toujours la fête chez nous. Il y a la musique à fond, on danse, c'est joyeux, c'est très gai. Mon père était quelqu'un de très, très gai. Ma mère est toujours là, mais c'était très joyeux. Et donc, je pense qu'on a aussi grandi là-dedans. Après, moi, comme je le dis, je suis la dernière. Donc, il y avait peut-être aussi un truc de toute façon... foutue pour foutue, tu vois, on a l'âme qui est la rampe, c'est la dernière, elle fera ce qu'elle veut. Et mon père, un jour où je lui avais dit justement, depuis que je suis petite, je disais que je voulais être comédienne, donc mes parents savaient que je voulais faire du théâtre depuis toujours, mais au moment du bac, j'ai un petit peu paniqué, c'est là que je suis partie faire une licence de psycho, et j'avais eu mon père au téléphone en lui disant, écoute, j'ai peur de me lancer tout de suite dans le théâtre, je vais peut-être me faire bouffer, j'étais un peu timide à l'époque et tout, et il m'avait dit, écoute Philou, de toute façon, si tu veux faire en effet psycho, à l'époque, on bossait sur Freud, j'étais en terminale L. Et il me dit, de toute façon, Philou, tu peux partir faire ça, et si le théâtre, c'est toujours là, après ta licence, ce sera nécessaire, tu ne pourras pas faire autre chose. Donc ce sera toujours là, et tu le verras très bien. Et c'est rigolo, pendant cette conversation, il m'avait vraiment dit... Il n'y en a vraiment aucun qui va faire des grandes études. Vraiment, il n'y en a pas un de vous quatre qui va en faire. Pourtant,
- Speaker #0
sur quatre enfants, tu te dis, je mets les chances de mon côté. On en a quatre.
- Speaker #1
C'est ça. Mais bon, c'est rigolo.
- Speaker #0
C'est incroyable que vous soyez tous hyper alignés et que vous soyez tous sentis de suivre votre passion.
- Speaker #1
Oui, mais en effet, je pense qu'il faut du courage aussi parce qu'il faut accepter de choisir une voie qui est très compliquée. Et c'est les montagnes russes et parfois tu vas être... super heureuse de plein de choses qui vont se passer et une semaine après ou deux semaines après tu vas être en redescente parce qu'il se passe plus grand chose et que tu dis oh mon dieu mon dieu mon dieu c'est trop dur et que oui t'es pas dans un confort on va dire de j'ai mon travail j'ai mon cdi à la fin du mois j'ai mon salaire qui tombe dans ces métiers là de passion on va dire c'est vrai que tu sais pas trop de quoi demain est fait c'est surtout ça qui peut paniquer un petit peu l'entourage au départ je pense forcément c'est moins cadré donc moins certain mais si tu l'as pas ressenti de tes parents
- Speaker #0
dans le milieu dans lequel tu as évolué, tu n'as jamais pu le sentir de ton entourage ou quoi que ce soit ?
- Speaker #1
Quand j'ai dit que je voulais faire du théâtre ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Non, au contraire, quand je l'ai dit après ma licence, à ma mère et à mes sœurs et à mon frère, « Ok, je vais partir faire les cours Florent » , eux, ils m'ont dit « Ah bah enfin ! »
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce que vraiment, c'était « Bah ça y est, tu y retournes, tu vois. » Oui. Cool. Ma famille est un peu plus élargie dans le sens où mes oncles, tantes… grands-parents du côté de mon père qui ne savaient pas forcément que je faisais du théâtre parce que quand j'ai perdu mon père j'ai arrêté un peu de faire du théâtre j'ai arrêté tout ça et donc ils ne savaient pas donc ça sortait pour eux un peu de nulle part et ils se disaient mais mais tu te lances là dedans mais alors que tu n'en as jamais parlé et moi je disais bah si mais j'en ai parlé plus jeune mais vous saviez pas enfin mais en même temps tout le monde m'a suivi et soutenu énormément mes potes pareil c'est cool et le deuil tu en parles aussi beaucoup dans ton spectacle
- Speaker #0
De ce moment justement où tu as l'impression que la vie se fige et où c'est difficile de reprendre son cours. Et c'est ça que je trouve très fort dans ton spectacle. C'est que même si c'est un spectacle où on vient pour passer une très bonne soirée, etc. Je trouve qu'il suit un petit peu le cours de ta vie et la vie, elle est semée d'épreuves. Et ça donne aussi du courage pour les gens qui viennent t'applaudir et qui traversent peut-être des périodes plus difficiles. Est-ce que c'était important pour toi ? de parler à cette jeune Philippine de 18 ans qui venait de perdre son pilier et qui se sentait extrêmement seule. Et peut-être que tu ne te projetais pas à ce moment-là dans une vie heureuse sur scène, alignée.
- Speaker #1
Oui, alors ce que j'aime beaucoup, c'est que dans ce spectacle, j'ai mis en effet énormément beaucoup de moi, beaucoup de mon histoire. Et là où je suis trop touchée, c'est quand j'ai des retours qui me disent en fait, ton spectacle, il pourrait s'appeler Résilience, parce qu'il y a quelque chose sur... Ok, comment tu transformes des épreuves de vie douloureuses en un super pouvoir ? J'ai envie de dire, moi j'appelle souvent ça, après bien évidemment je ne prétends pas que pour toutes les épreuves de vie, tu puisses en faire des super pouvoirs et des choses positives, mais je pense que, en tout cas dans mes épreuves de vie à moi, j'ai toujours essayé de les transformer en me disant ok, dès lors que tu l'auras transformé, après ça te donnera une force supplémentaire et tu seras mieux armé pour vivre on va dire. Et c'est vrai qu'il y a un truc sur la résilience de ok, il arrive ça, c'est très triste et c'est très douloureux et tu vas... descendre très très très très très bas mais dès lors que tu auras touché le fond c'est là que tu peux toucher le fond pour remonter encore plus haut c'est ce que ma mère me disait après mon père quand je la voyais triste et je lui disais mais enfin ça me rendait trop mal et elle me disait non mais filou au contraire c'est bien il faut pleurer il faut pleurer parce que c'est que quand je pleure et qu'on va très très très bas qu'en effet tu touches le fond tu rebondis pour remonter encore plus haut et c'est que comme ça que tu progresses et que tu vas mieux et il ya un vrai truc comme ça de d'accepter et il ya un vrai truc comme ça de hockey quand ça arrive qu'est ce que tu en fais après Et comment tu te relèves de ça ? Parce que dans le truc du deuil, tu vois, j'aime pas trop le côté... Parfois, des gens vont dire, est-ce que t'as fait ton deuil ? Je pense que pour toutes les personnes qui auront perdu quelqu'un, c'est toujours bizarre. Parce qu'en fait, pour moi, le deuil, tu le fais pas. Enfin, c'est peut-être ça d'ailleurs, faire son deuil. C'est comprendre qu'en fait, tu le fais jamais.
- Speaker #0
Accepter que tu le fais pas.
- Speaker #1
Voilà. Et c'est aussi peut-être... Moi, ce que j'ai compris, c'est qu'avec la mort de mon père, c'est qu'en fait, là, on est 12 ans plus tard. Et qu'en fait... c'est pas non, t'as pas fait ton deuil, c'est juste que t'as accepté de vivre avec l'absence. Et tu t'es adaptée à ce vide, cette douleur qui était très très très vive et abominable, tellement il manque les mots pour décrire ce qu'on ressent à ce moment-là. Vraiment, moi quand c'est arrivé, je me disais je n'ai pas les mots pour dire à quel point je souffre. Je me disais chaque mot n'est pas assez fort pour décrire ce que je ressens en moi, tellement c'est violent, tellement c'est douloureux. Et en fait, peu à peu, cette douleur, tu vis tellement avec au quotidien que tu la connais. et que tu apprends à vivre avec et que tu te dis « Ok, là, je sais que ça va arriver. Donc, je vais accepter de plonger et là, ça ira mieux. » Ça fait 12 ans et j'ai l'impression que c'est comme si c'était hier. En revanche, avec ce spectacle, c'est parce qu'il s'était passé 10 ans depuis la mort de mon père et je m'étais dit « Ok, ça y est, je me sens prête à en parler vraiment sur scène. » J'en parle pas une énorme partie dans le spectacle, mais j'en parle quand même à un moment très important. Et je me sentais prête surtout à avoir un discours positif là-dessus, sur un apnée possible. Parce que pendant les cinq premières années, j'aurais pas pu sortir les mots que je sors aujourd'hui dans mon spectacle. Tu verras, le temps, il va se figer, mais ça va reprendre. Tu vas aller mieux, tu vas être heureuse. Parce qu'en effet, quand c'est arrivé, et c'est pour ça qu'aujourd'hui, en effet, ça me semblait... nécessaire de m'adresser à cette jeune philippine quand elle avait 18 ans et qu'elle a perdu son père parce que quand c'est arrivé du jour au lendemain mon père qu'il a eu une maladie foudroyante donc c'est un peu comme un accident de voiture il est là il est plus là et tu te dis pour la personne qui part c'est mieux parce qu'il sait pas qui parle mais pour les gens qui restent waouh qu'est ce que c'est douloureux et il ya quelque chose de en fait tout s'est arrêté le temps s'est arrêté et j'avais l'impression de vivre comme un robot d'être en dehors de mon corps et t'es là mais t'es pas là T'es là en apparence, tu bois des verres avec tes potes, mais tu comprends rien à ce qui se passe dans ta vie. T'as pas envie de la vivre, cette vie. T'as plus envie de la vivre parce que tu te dis « Oh, waouh ! » En fait, si c'est ça la vie, parce que moi, j'ai quand même eu la chance d'être très préservée jusqu'à mes 18 ans. J'avais jamais perdu personne. Et donc, en fait, j'ai aussi eu la chance de connaître mon père jusqu'à 18 ans, d'avoir la chance d'avoir ses parents heureux. Enfin, j'ai grandi là-dedans. Mais c'est vrai que du coup, quand ça m'est arrivé, c'est « Oh ! » Mais en fait, c'est ça la vie. Ça va être jalonné de la mort de tous mes proches. Et j'étais là... J'ai l'impression de prendre conscience de la vie en prenant conscience de la mort dans la vie. Donc c'est assez fou. Et en même temps, il y avait ce truc de, ben j'ai pas envie de la vivre, et surtout je suis très très malheureuse, et je voyais beaucoup le temps d'avant. Pour moi, j'ai deux vies, il y a la vie avec mon père, et l'après. Il y a l'avant 18 ans, et l'après. C'est d'ailleurs drôle, parce que c'est arrivé à 18 ans. Et il y a ce truc de, je n'arrivais plus à me projeter dans le temps, parce que j'étais plus heureuse, et je me disais, je serai plus jamais heureuse de ma vie. Et en fait, c'est ça qui est fou, c'est de se dire, ben en fait, au bout d'un moment... Si tu te projettes à nouveau et en fait, tu as envie de la vivre la vie et il y a des moments où tu es très, très, très, très joyeuse. Tu n'arrives pas à dire que tu es complètement heureuse. Mais en fait, aujourd'hui, c'est 12 ans plus tard et mon père, il est toujours avec moi. Bien évidemment, dans mes pensées, il ne se passe pas, je pense, 15 minutes sans que j'y pense. Mais je suis heureuse et je suis pleinement heureuse dans ma vie. Et c'est ça qui est beau. C'est de dire il y a un après possible aussi.
- Speaker #0
Oui, et ça, je pense que c'est un message aussi, parce que pareil, autour de moi, il y avait des personnes qui étaient très touchées par ce moment là. et je pense que Ma voisine traversait un deuil à ce moment-là et c'est pour ça que je pense que c'est extrêmement utile que tu abordes ce sujet-là. À un moment aussi dans le spectacle, tu l'abordes sous le couvert de l'humour, puisque tu commences un peu avec de l'humour noir en disant à une personne à qui tu t'adresses dans le public « Et ton père, il est toujours vivant ? »
- Speaker #1
Je t'ai dit ce soir-là ?
- Speaker #0
Parce que ça, je ne le dis pas dans le spectacle d'habitude.
- Speaker #1
Ce n'est pas du tout écrit, c'est en impro que c'est sorti. Ah oui ?
- Speaker #0
Et elle t'a répondu oui. Et du coup, tu...
- Speaker #1
Ah oui, alors ça, ça ne fait pas partie du spectacle. Mais en tout cas, c'est drôle parce que je pense que je l'ai sorti deux fois. Ou en effet, quand il y a des moments d'improvisation, si je le sens, parce que c'est très, très rare, parce que je n'oserais pas trop... Enfin, c'est quand même un peu touchy comme sujet. Donc, il faut quand même jauger un peu le public et tout à ce moment-là. Mais là, en effet, je sais que c'est sorti le soir où tu es venue. Et je l'avais sorti une autre fois à une personne qui racontait sa vie. Et je me disais, c'est rigolo parce qu'à ce côté, on a des vies similaires. Mais la tienne... On a l'air de devenir du même milieu. Ta vie, elle a l'air très, très parfaite. On va accentuer tout ça en te demandant si ton père est en vie. Et forcément, moi, ça me donne du jeu très rigolo. Les gens savent que le mien est mort. Donc, en effet, c'était un truc assez rigolo.
- Speaker #0
Mais du coup, est-ce que tu penses que c'est important aussi pour toi de parvenir à en rire aujourd'hui ?
- Speaker #1
Ah, bien sûr. Moi, depuis toujours, chez moi, le rire, c'est un mécanisme de défense, vraiment. Après, moi, j'ai aussi grandi dans une famille où le rire avait beaucoup, beaucoup de place. Mon père était quelqu'un de... très très drôle voir la personne la plus drôle que j'ai eu la chance de rencontrer dans ma vie en toute objectivité c'est pas parce qu'il est mort que je dis ça peut-être mais en vrai non il était très très drôle et tout le monde est d'accord pour dire ça et ma mère aussi est très très drôle mes frères et soeurs on a grandi là dedans on a grandi dans beaucoup d'humour noir aussi et donc c'est vrai que même quand il est mort très rapidement on s'est mis à faire de l'humour noir mais parce que comme je le dis c'est un mécanisme de défense pour comme un un autre. C'est-à-dire que ça permet de mettre à distance un sujet. de le survivre et de l'appréhender et de le dompter, on va dire. Et moi, c'est exactement ça aussi. C'est que rire de quelque chose, c'est ça. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais il y a vraiment ce truc, en effet, de mettre à distance un sujet et de le dealer un peu. Et je pense que ça fait du bien aussi de pouvoir en rire. Parce que ça fait absolument pleurer. Mais venez, c'est cool aussi parfois qu'on en fasse rire.
- Speaker #0
Et puis, c'est un bel hommage en même temps que tu rends à la personne d'honorer quelque chose qui était hyper important pour elle.
- Speaker #1
Et puis moi aussi sur scène, je veux que les gens viennent me rencontrer sur scène pour aussi passer une bonne soirée, sourire. C'est pas tu rigoles toutes les cinq secondes, mais il y a un truc de venez, on raconte une histoire et on rigole ensemble et on crée un moment hors du temps ce soir-là tous ensemble. Et donc, je préfère faire rire. J'ai pas envie de faire pleurer. Moi, je suis pas quelqu'un comme ça aussi. Et après, bon, souvent, les gens sortent un peu avec les larmes aux yeux du spectacle. Mais il y a un truc de moi, j'aime bien aller dans toutes les émotions, mais je suis quelqu'un de très positif. Donc même si je vais parler d'événements douloureux, je ne sais pas si c'est un besoin, peut-être que oui, mais j'ai besoin de sourire de tout ça. Et d'en parler toujours avec, même si parfois c'est très compliqué à voir, mais le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide. On va dire,
- Speaker #0
tu présentes toujours la lumière au bout du tunnel.
- Speaker #1
Alors que parfois je suis dans le fond du fond et parfois j'ai eu du mal à la voir la lumière au bout du tunnel. Parce que tu es un être. Ça arrive bien sûr, mais j'essaie toujours en effet de me dire oui, mais si c'est arrivé, c'est pas... pour rien et ça a pris ça, ça, ça. Parce qu'aujourd'hui, je me dis, la Philippines que je suis aujourd'hui, elle ne serait pas cette même personne si elle avait toujours son père. Elle ne serait pas cette même personne s'il ne lui était pas arrivé toutes ces choses-là dans sa vie. Et comme j'aime beaucoup la Philippines que je suis aujourd'hui, je me dis, tout est très beau finalement dans ce qui m'est arrivé.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Ça fait partie de ton histoire.
- Speaker #1
Exactement. Enfin, tout est très beau, tout est très positif, on va dire en tout cas,
- Speaker #0
après coup. Et moi, il y a quelque chose que j'adore aussi sur ton contenu de manière générale, c'est que Merci. J'aime beaucoup le fait que tu explores beaucoup de personnages et de situations. Et aussi quelque chose qui, je trouve, ressort beaucoup, c'est que tu offres quelque chose qui... réconcilie et reconnecte les femmes dans la pluralité de leur vie et de leurs histoires. Par exemple, tu vois, tu peux autant faire un sketch d'une maman au bout du rouleau, etc. Et du coup, ça renvoie quand même le message de dire je vous vois, je vous sais, tu vois. Et en même temps, faire des sketches complètement différents sur le jeune intermittent, etc. Et j'aime beaucoup cette pluralité.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Et le fait que justement... Je trouve qu'il y a un côté qui dépasse l'humour, où tout le monde se sent un peu vu dans les périodes de vulnérabilité et que t'incite un petit peu. Enfin, tu vois, c'est encore une fois comme ça que moi, spectatrice, je le prends. Je ne sais pas si c'est conscientisé pour toi quand tu crées. Mais j'ai l'impression que t'incite un petit peu les gens à dépasser les périodes difficiles en offrant, tu vois, un petit peu cette petite fenêtre. en disant, regarde, aujourd'hui, ce n'est pas top, mais ça va aller.
- Speaker #1
Je suis très touchée que ce soit perçu comme ça parce que comme je suis comme ça et c'est ce que je suis dans la vie de tous les jours, je me dis que c'est trop génial si ça transparaît dans mon travail et que c'est ce que j'apporte aux gens. Et c'est vrai qu'il y a plein de fois, ou même sur les réseaux, même sur les réseaux d'ailleurs, c'est exactement ça, quand tu dis même que j'arrive à traiter de tel ou tel sujet, c'est aussi sur les réseaux que je traite plein de sujets différents. Il y a beaucoup de messages que je reçois qui me disent Tu vois, en ce moment, je vis une période compliquée et tu m'apportes tel sourire, tel rire à tel moment. Donc ça, c'est tellement touchant. Déjà, tu reçois des messages, tu te dis mais c'est fou. C'est incroyable de procurer ça à des gens. Enfin, c'est complètement dingue et très, très touchant. Et en effet, il y a ce truc de moi, j'essaie de ne pas être dans une case. Donc, il y a un truc de je me dis, j'ai cette liberté de pouvoir traiter tous les sujets que je veux traiter. Je ne suis pas cantonnée. Typiquement, il y a un moment où, par exemple, sur les réseaux, je faisais beaucoup de vidéos sur la maternité. Parce que... Mes soeurs et mon frère sont devenus, ce que je raconte dans le spectacle, parents en très peu de temps tous. Donc du jour au lendemain, il y a eu beaucoup de nevenièces chez moi et surtout mes frères et soeurs sont devenus des parents. Donc j'ai été très inspirée sur la parentalité. Mais à un moment, je me suis dit, attends, attends, attends, attends, ma soeur me donnait plein d'idées. J'ai dit, attends, Gégèle, là, c'est pas non plus un conte que sur la maternité. Moi, il faut que je traite aussi d'autres sujets parce que je veux pas être cantonnée à un seul sujet. Et c'est ça qui est génial, c'est que j'ai l'impression que je touche... Un panel assez large de spectateurs, de gens qui me suivent sur les réseaux. Et là où je suis très touchée aussi, c'est que, merci beaucoup, parce qu'en effet, il y a ce truc de femmes que je fédère sûrement à différents moments de leur vie, en jouant des personnages, en effet, dans ces situations, parce qu'en effet, je ne suis pas mère, mais je joue cette mère au bout du rouleau, parce que je parle de ma sœur. Il y a des choses comme ça. Et ce qui est très touchant, c'est aussi que dans le spectacle, au début, c'est carrément devenu une vanne, parce qu'il y avait vraiment trois mecs dans la salle, et que des nanas. Mais comme aussi sur les réseaux, c'est beaucoup plus de nanas qui me suivent. Et j'en ai fait une vanne en me disant mais c'est pas possible, il n'y a jamais de mec dans ma salle. Et là où je suis trop touchée, c'est qu'aujourd'hui le bouche à oreille fonctionne aussi pour les mecs parce que moi plus je peux toucher de gens, plus je suis heureuse. Et que tu sois mec, meuf, que tu aies 80, 20, 50 ans, et bien j'ai l'impression que ce spectacle il peut toucher à différents endroits puisqu'il parle de sujets qui sont assez universels. Et en fait c'est ça qui est bien, c'est que tu pars toujours de ta propre histoire, de ton histoire personnelle. Mais l'idée, c'est de parler de ton histoire pour parler aux autres. En soi, moi, l'histoire de Philippines, oui, les gens qui me suivent, ils ont envie d'en apprendre plus sur moi. Mais en soi, on s'en fout un peu de ce qui m'est... Enfin, c'est pas qu'on s'en fout, mais tout l'intérêt, c'est pas de faire ta psychothérapie. C'est que tu racontes ton histoire pour ensuite toucher les autres dans leurs propres histoires. Dans l'universel.
- Speaker #0
Voilà, exactement. Le personnel est universel. C'est parce que toi, ça te touche et que tu l'incarnes super bien que du coup, on peut s'identifier.
- Speaker #1
Exactement. Et tu peux en parler avec des mots assez justes parce que tu l'as vécu. Ou à travers ton regard à toi, ton prisme. Et l'intérêt, c'est en effet, moi, là où je suis le plus touchée, c'est que c'était la semaine dernière, après le spectacle. Je sors de scène et je vais toujours devant le théâtre tisser pour rencontrer les gens et tout à la fin. Et là, il y a un groupe de quatre nanas qui me dit, c'est fou. Il y en a une qui me dit, écoute-moi ton spectacle, il m'a trop touchée parce que je me suis mariée cette année. Trop rigolo, tu parles de ton mariage et tout. Sa pote à côté me dit, bah moi, il m'a trop touchée parce qu'en fait, j'ai perdu mon père. Donc, voilà. Sa pote à côté me dit « Moi, il m'a trop touchée parce que j'ai été cocu. » Donc, comme toi, j'ai divorcé. Et là, j'ai regardé vraiment ce groupe de potes en me disant « Non, mais c'est quand même énorme, le panel ! » Et tu vois, c'est ça qui est cool, c'est de te dire « Peu importe tel ou tel moment du spectacle, les gens, j'ai l'impression, arrivent forcément à se rattacher à une histoire qui va les toucher. »
- Speaker #0
Quelque chose qui ressort beaucoup des personnes qui voient ton spectacle. Enfin, je ne sais pas si ça ressort beaucoup, en tout cas, moi, les gens qui ont vu ton spectacle, à qui j'ai parlé, ce qu'ils apprécient beaucoup. C'est le fait que tu mettes en avant la pression sociale qui pèse beaucoup sur les épaules des femmes. Aujourd'hui, je pense que c'est très, très, très, très fort et que globalement... Les femmes en ont marre et surtout que c'est sans fin, en fait, c'est l'escalade. Tu vois, quand tu n'es pas en couple, il faut que tu te mettes en couple. Quand tu es en couple, il faut que tu t'installes. Quand tu t'es installée, il faut que tu aies un enfant. Puis le deuxième, enfin bref, c'est sans fin. Est-ce que c'est important pour toi de t'emparer de ce sujet-là ? Et est-ce que c'est quelque chose que tu peux vivre au quotidien ?
- Speaker #1
Alors, en effet, il y a un moment dans le spectacle où je parle de ça ou de l'après-mariage. Les gens te posent directement la fameuse question « et alors c'est pour quand ? » parce que c'est vraiment la suite logique. Genre tu es à peine mariée, tu n'as pas enlevé ta robe, que les gens sont là. Alors du coup, c'est pour quand ? Enfin le bébé et tout. Après, j'en parle moins qu'avant, parce qu'avant, ça prenait une plus grosse partie dans le spectacle. Et on a un peu épuré beaucoup de choses avec Adèle, ma meilleure pote, avec qui on a réécrit ce spectacle, Adèle Rouanet. Et il y a beaucoup de choses qu'on a enlevées en se disant « bon, attends, maintenant, c'est moins fort que d'autres choses parfois » . Mais oui, en effet, ce truc de pression sociale. je voulais quand même le garder et en parler un petit peu parce que moi je l'ai vraiment vécu je me suis mariée dans la foulée on me demandait ça et là tu dis oh là là et tu as l'impression qu'en effet passé 30 ans il se passe quelque chose de bon bah et ce qui est pas faux en même temps il y a alors la fameuse le fameux terme afro d'horloge biologique tu sais tu as l'impression d'avoir un compte à rebours quoi et donc oui en effet ça m'intéressait d'en parler parce que je l'ai vécu et parce que je pense que on est beaucoup beaucoup beaucoup de femmes après 30 ans enfin même pas après 30 ans à pile 30 ans je veux dire à déjà vivre ça ouais
- Speaker #0
Parce que tu commences aussi avec la petite vidéo, tu sais. Et oui, en effet,
- Speaker #1
je dis ça. Ah oui, t'as raison. Il y a ce truc de, ah oui, tu préfères élever tes enfants à Bordeaux, je ne sais pas quoi. Non, je n'ai pas d'enfants. Ah pardon, je pensais que tu avais 30 ans. Oui, exactement.
- Speaker #0
Et du coup, ça, moi, ça fait beaucoup réagir. Oui, ça rigole, j'entends à chaque fois. Voilà, les filles étaient vraiment contentes que tu le dises à côté de moi. C'est drôle.
- Speaker #1
Mais parce que moi aussi, on croit que j'ai des enfants. Comme j'ai beaucoup traité des choses, des sujets liés à la maternité, Beaucoup de gens... pensé que j'avais déjà des enfants, donc c'est rigolo.
- Speaker #0
En tout cas, je trouve qu'il y a quelque chose de vraiment hyper soraure qui se dégage de ton contenu et c'est ce que je te disais aussi tout à l'heure avant qu'on enregistre. Moi, j'adore aussi le fait de mettre d'autres femmes en avant, de se mettre en lumière entre femmes. J'ai vu une phrase récemment, c'est de parler, entourez-vous des femmes qui parlent de vous dans une pièce remplie d'opportunités. Je trouve ça vraiment vrai et j'ai l'impression que c'est de plus en plus comme ça. Pendant des années, on a mis les femmes en concurrence. Est-ce que toi, tu t'en rends compte de cette importance-là quand tu fais des contenus ou est-ce que c'est très spontané ?
- Speaker #1
Moi, je suis tellement admirative déjà. Quand on monte sur scène, on se rend compte de tout ce qu'il y a derrière. Quand tu fais du spectacle vivant, de toutes les merdes qui peuvent arriver, de tout le stress, de toutes les montagnes russes émotionnelles. Donc moi, déjà, quand je vois des spectacles de nanas, d'ailleurs comme de mecs, Mais que je vois les gens monter sur scène, rien que là, je me dis « Waouh ! » Rien que ça, moi, je suis admirative. La personne, elle monte sur scène, elle est tellement courageuse. Donc, je suis fascinée par les gens qui font ce même métier que moi. Vraiment, je les trouve tous merveilleux et très courageux. Et ce qui est vrai, c'est que pour les nanas, surtout, c'est des copines. Et donc, moi, j'adore. Moi, je joue beaucoup toute seule sur mes vidéos. Ça fait maintenant, depuis le confinement, ça fait cinq ans que je fais des vidéos, beaucoup toute seule, où je me donne la réplique. Donc, à un moment donné... Tu tournes un peu en haut, tu vois. Et donc, je me dis, trop chouette de pouvoir jouer avec des copains, des copines. Et là, en effet, il y a des nanas que j'aime trop. Une Mao Drama, avec qui on a tourné récemment. C'est une pote. Et Mao, on a des univers complètement différents, mais qui se ressemblent quand même sur certains aspects. Donc, de mêlée, on sait qu'aussi, quand on va faire une vidéo ensemble, on va toucher nos deux cibles qui sont assez différentes. Et donc, c'est génial parce que ça fait des crossover, on va dire, des featuring originaux. Après, moi, j'adore bien évidemment... une Camille Tissot qui est une pote, Marine Leonardi, même Diane, on n'a jamais fait Diane Segar de vidéo ensemble mais j'aimerais trop. Il y a plein de personnes comme ça en effet, de meufs que je trouve géniales, avec qui je tourne, avec qui je m'amuse énormément et ça fait un bien fou et moi je pense que après je suis assez comme ça et tu t'entoures aussi des personnes qui te ressemblent. Donc toutes les personnes dont je parle et avec qui je tourne, c'est que des gens bienveillants qui deviennent un peu des amis aussi et ça fait du bien de se créer un… un peu une team, parce qu'aussi on est beaucoup solitaire dans nos spectacles. Toutes les personnes que j'ai citées, elles ont aussi leur spectacle. Donc ça fait du bien de tourner ensemble et de s'amuser. Et en fait, à chaque fois on se le dit aussi, mais quelle chance on a de faire ce métier-là. Parce qu'en fait on va tourner des trucs où on part en fourrir à chaque fois. Et c'est trop chouette !
- Speaker #0
Bien sûr !
- Speaker #1
Et on se comprend beaucoup, par exemple, Camille Tissot, on s'aide beaucoup dans le quotidien sur des conseils. On s'écrit beaucoup en se demandant des conseils, des avis, qu'est-ce que tu ferais toi dans telle situation ? Et on se soutient énormément et c'est ça qui est très très chouette.
- Speaker #0
Ouais, c'est magnifique. Bah ouais,
- Speaker #1
de pouvoir parler des galères, des moments de doute aussi, parce qu'on doute beaucoup dans ce qu'on fait. Donc, aller trouver et chercher conseils chez ces nanas que tu admires aussi, parce que moi, je les admire toutes. Et c'est génial de se sentir soutenue et émolée, c'est sûr.
- Speaker #0
Quelque chose que j'ai trouvé aussi, je te l'ai dit tout à l'heure, super féministe dans ton spectacle, c'est d'aller chercher des émotions qu'on a longtemps un petit peu refusées aux femmes. À savoir, tu vois, une femme, elle ne doit pas être trop en colère, elle ne doit pas être trop bruyante, etc. Et elle doit toujours vivre des émotions un petit peu raisonnables, raisonnées, tu vois, dans son coin. Et toi, tu vas vraiment explorer un moment du spectacle que je ne vais pas raconter pour vous donner le... le plaisir de le découvrir, parce que c'est hyper important de le découvrir quand on va voir le spectacle. Mais du coup, tu explores vraiment une émotion super vive à un moment. Et moi, je me suis dit, ça fait un bien fou de voir une femme qui vit ça, mais tu vois, qui s'en fout de ce qu'on pourrait dire et qui s'autorise ça. Alors que j'avais l'impression que jusqu'à présent, c'était davantage les hommes qui s'autorisaient à aller... aussi loin sur scène. Et moi, ça m'a fait du bien vraiment de voir ça. Bah alors, je ne sais pas, mais en tout cas, en effet, oui, ça, pour le coup, pareil, tu vois, je ne l'ai pas du tout conscientisé. Donc, je suis très touchée qu'on puisse l'interpréter comme ça et c'est génial. Merci beaucoup. Et je sens qu'en effet, ce moment du spectacle, il est très, il est un peu salvateur pour beaucoup de personnes, j'ai l'impression. Enfin, il se passe un truc.
- Speaker #1
Ah, mais tu te lâches à ce moment. Et tu fais du bien aux gens. Complètement.
- Speaker #0
Et parce qu'en effet, il y a un moment un peu, en vrai aussi, d'hystérie, en fait. Vraiment, il y a un moment de... Les gens, je le vois à ce moment-là, ils sont en fourrure, mais... pleure de rire et vraiment les gens je vois parfois ils se tiennent tellement ils ont mal parce qu'en fait en effet déjà c'est complètement inattendu tu vois pas du tout arriver ce moment là et moi ouais bon forcément en terme de jeu puisque j'adore jouer des personnages c'est un de ceux que j'adore et que je préfère jouer parce qu'il y a aussi beaucoup d'improvisation à ce moment là et je sais que quand ce moment là arrive donc pour pas tout spoiler mais c'est un moment où en effet je joue une mariée qui est un petit peu trop sous pression le jour de son mariage et quand ce moment arrive moi je ne sais jamais puisque je vais Merci. être en impro ce que je vais sortir. Et je ne pense pas du tout à ce que je vais sortir avant que ça arrive. Et donc en fait, c'est vraiment sur le coup. Et moi, il y a un exercice même physique qui se passe à ce moment-là, enfin un challenge un peu physique, c'est-à-dire que je sens que mes abdos, ils sont gainés, que je suis dans un état de trance un peu, il y a vraiment ça. Et ce qui est intéressant, c'est que ce moment-là, en répétition, je suis incapable de le faire. Et je n'arrive jamais, mon régisseur me dit « Philou, je sais que tu ne peux pas le faire, mais crie au moins juste pour que moi je check au son comment ça se passe. » Mais parce qu'à ce moment-là, quand je le joue sur scène, j'arrive à me mettre dans cet état de transe pour ce personnage. Parce que j'ai trois quarts d'heure de spectacle dans les pattes, que je suis fatiguée, que je suis passée par telle émotion, telle émotion, telle émotion déjà. Et qu'on en est à tel endroit du spectacle. Et là, je sors tout ça. Mais sinon, c'est ça qui est intéressant. Je suis incapable de le jouer à un autre moment. Et en fait, à ce moment-là, en effet, je lâche tout. Et je pète un câble. Et je hurle. Et c'est assez rigolo.
- Speaker #1
Et est-ce que ça fait du bien ? Même à titre... perso quand tu sors de scène, d'avoir extériorisé comme ça.
- Speaker #0
Alors c'est marrant parce qu'il y a trop de gens du coup qui m'en parlent, en plus avec la relecture du spectacle actuel où je parle justement de mon divorce et tout, il y a plein de gens qui, c'est rigolo, me disent mais en plus la mariée qui arrive à ce moment là ça a tellement de sens avec ta vie ce que tu racontes et c'est drôle parce qu'en fait moi je l'avais pas forcément pensé comme ça.
- Speaker #1
Et moi oui !
- Speaker #0
Ben non mais c'est génial c'est que du coup c'est ça, c'est pour ça que c'est trop intéressant tu vois quand tu dis entre toi ce que tu as écrit et ce que tu as créé Et comment les gens interprètent les choses. Parfois, tu as des fils comme ça qui se font sans que tu l'aies même pensé. Oui, après,
- Speaker #1
le spectacle n'appartient plus finalement. Il appartient aux gens qui vont le voir et qui en font ce qu'ils veulent.
- Speaker #0
Et surtout, il y a un truc où dans l'écriture, en fait, c'est génial. Parce qu'en fait, quelle chance, tu te dis, mais attends, c'est génial. Parce qu'en fait, dans cet ordre-là, les gens voient ce fil conducteur-là à ce moment-là, alors que toi, tu ne l'avais pas forcément identifié. Et donc, c'est trop cool parce que c'est très naturel, en fait. Et ça a du sens, donc trop chouette. mais après moi c'est vraiment un personnage donc c'est à dire que Quand je lâche tout sur scène, c'est pas Philippine qui lâche, c'est le personnage. Donc en soi, moi, quand Philippine, elle sort de scène, je me suis pas dit ça m'a fait du bien. J'ai lâché pas du tout. Tu vois, moi, j'ai fait mon. C'est un peu. J'ai fait mon taf. C'était le moment de la marier. Mais moi, j'ai pas du tout un truc salvateur à ce moment là. La comédienne n'a pas du tout ce truc là. C'est vraiment je joue le perso, mais Philippine elle même ne vit pas un truc. Je n'extériorise rien à ce moment-là. Alors qu'on pourrait peut-être croire. Ça m'éclate à jouer parce que dans le corps, je le sens. Mais elle me demande, elle me fatigue beaucoup aussi. C'est pour ça que d'ailleurs, je la fais vers la fin du spectacle. C'est qu'elle est très fatigante à jouer. Et du coup, quand je sors, je suis un peu fatiguée. Et notamment, dernièrement, ce mois de décembre est assez intense pour tout le monde. Donc, on est tous un peu dans le jus, fatigués. Et c'était la semaine dernière, en jouant ce personnage, il y a un moment, j'ai senti que j'étais à deux doigts de tomber dans les pommes. En fait tellement je me sentais faible et tellement je n'ai tout et à un moment je me suis dit « Wow Philou attends calme-toi un petit peu, calme-toi un petit peu » parce que là je me suis sentie tanguée. Et là tu te dis « Bon après ça ferait un chouette spectacle, un spectacle vivant mais… »
- Speaker #1
Mais les gens qui pensent…
- Speaker #0
En revanche ce qui est quand même drôle à dire c'est que ma mère n'aime pas du tout ce personnage. Ma mère elle a vu le spectacle, bon elle l'a vu bien évidemment plusieurs fois mais la première fois qu'elle l'a vu c'est trop drôle, je sors de scène donc pour aller voir les gens devant et là je vois ma mère devant le théâtre avec des spectatrices et là je l'entends… Tu sais, parler de mon spectacle. Mais qu'est-ce qu'elle dit et tout. Et là, je vais voir et là, j'entends qu'elle dit. Mais moi, j'aime pas Philou quand elle fait la mariée. J'aime pas, c'est pas ma Philou. Elle crie pas comme ça, Philou. Elle sait pas. Elle est pas en colère comme ça, ma Philou. Et là, à chaque fois, du coup, tu sais, je vais la voir. Maman, juste si tu pouvais éviter quand je sors de scène de dézinguer mon spectacle. Genre juste devant le théâtre aux nanas qui viennent de le voir. Et après, pareil, je joue un personnage de ma grand-mère. Et tu sais, je fais une canne. Elle m'a dit mais c'est pareil, sa grand-mère elle n'a pas de canne ! Je suis là, oui, mais maman, c'est un spectacle. C'est des personnages. Mais moi, je n'aime pas. Et quand je joue la mariée et qu'elle est dans la salle, je le vois, elle a une tête. Elle ne passe pas du tout à un bon moment.
- Speaker #1
Donc, ce n'est pas le visage allié que tu vas chercher à ce moment-là.
- Speaker #0
Ce n'est pas la vie qui m'a le dit.
- Speaker #1
Et justement, tu parlais de ton divorce. Tu en parles beaucoup dans le spectacle. Ça a une part importante. Et pareil, c'est... hyper drôle la manière dont t'en parles parce que, vu que tu commences par le mariage, avec la demande au mariage qui était spectaculaire et merveilleuse, et qu'ensuite tu dis qu'il a été tout aussi créatif dans la tromperie, et que tu le joues en tout cas sur scène avec beaucoup d'humour, et c'est hyper fédérateur, il y a un côté super girl power dans la manière dont tu l'amènes et dont t'en parles. Est-ce que ça a tout de suite été une évidence ? Parce que c'est assez frais quand même.
- Speaker #0
Et girl power et en même temps, ça touche autant les mecs. Parce que moi, il n'y a pas de mecs qui sortent et qui ont été cocus et qui m'écrivent des histoires et des messages en me disant « moi, j'ai vécu ça aussi » . Je le dis parce que je trouve que c'est important aussi. Parce qu'il y a aussi des hommes qui sont beaucoup trompés. Oui, ce n'est pas genré. Voilà, ce n'est pas genré. Et je suis très touchée aussi que ça puisse toucher tous les genres possibles. Parce que justement, c'est des situations qui nous arrivent à tous et toutes. Et si ça peut toucher chacun, c'est là où moi je suis très contente. Mais en tout cas, il y a un truc de... Quand c'est arrivé... En fait, en effet, au départ, ce spectacle s'appelait Fille à Papa. Et la première version de ce spectacle parlait en grande partie de mon mariage. Incroyable. Comme il en parle aujourd'hui d'ailleurs encore de ce mariage. Mais je n'étais pas divorcée, je n'étais pas séparée, puisque j'étais encore en couple avec mon mari. Sauf qu'en cours de jeu de ce spectacle, au bout de 3-4 mois de jeu, j'ai appris que j'étais cocu. Et le problème, c'est que j'avais... toutes mes dates de prévues. J'avais plein de dates à Paris, j'avais plein de dates de tournées, enfin j'avais toutes mes dates prévues sur l'année qui suivait. Et donc je me suis dit, mon dieu, mais attends, ce spectacle il est tout récent, ça fait seulement 3 mois que je le joue, j'ai des retours géniaux, j'ai tellement mis de moi, je l'adore, comment je vais faire ? Parce qu'il faut que je puisse l'adapter, mais il faut que je puisse continuer à le jouer. Et le truc, c'est qu'en effet, 10 jours après, je suis montée sur scène et je me suis dit, bon bah allez, on va voir, je pense que je vais le balancer en impro. Parce que la demande en mariage, je pense que c'est nécessaire que je la raconte parce qu'après, on ne va pas spoiler tout le spectacle. Mais il y a un moment où je parle avec quelqu'un dans le public et la personne me raconte des choses de sa vie. Et je pense qu'elle me les raconte parce que moi-même, je raconte des choses de la mienne. Et je pense qu'il faut donner ça. Je pense que c'est donnant-donnant la relation sur scène que tu as avec ton public. C'est aussi parce que tu donnes des choses personnelles que la personne peut te les donner. Sinon, ce serait bizarre d'aller poser des questions sur la vie intime de la personne si moi-même, je ne l'ai pas fait avant. Je trouverais ça un petit peu... impudique. Donc je me suis dit ok il faut que je continue à la raconter mais après ça bon bah on verra comment ça sort le jour J, je vais peut-être balancer. Et le jour J c'est arrivé en effet j'ai balancé que je venais d'apprendre que j'étais trompée et là ma soeur voit le spectacle elle me dit alors Philou si on peut éviter de donner la temporalité parce que là tu as dit je viens d'apprendre donc là nous dans le public on te voit sur Z on se dit oh mon dieu elle va avoir envie de mourir à l'instant même et donc elle dit fais genre que tu l'as dealé et en fait très rapidement j'ai créé des sketchs autour de ça mais sauf que j'avais la tête dedans et je devais continuer à jouer le spectacle alors que j'étais un peu au bout de ma vie est vraiment au fond du fond du fond et je devais continuer à jouer ce spectacle tu continues à jouer un spectacle qui parle de ton mariage incroyable quand tu comprends rien à ta vie à ce qui se passe en ce moment même tu dis mais attends ma vie tout est parti en cacahuètes je comprends rien et je dois continuer à jouer sur scène et surtout le plus dur c'est que quand tu es trompé il ya un truc où tu te sens assez misérable ça vient de toucher un peu sur la personne que tu es ça vient tout péter sur un peu ce que tu Toute la confiance que tu peux avoir en toi. Ouais, ton estime de toi, exactement. Et moi, je me sentais vraiment misérable. Et c'est très dur de monter sur scène quand tu te sens comme ça. Parce qu'il fallait que chaque soir, je monte sur scène en faisant croire à 150 personnes que j'étais full confiance en moi et que je me sentais légitime d'être sur scène et pleine confiance pour vous jouer un spectacle. Et en même temps, je pense que ça m'a énormément aidée à ce moment-là de ma vie parce que le fait de monter sur scène, ça t'oblige à te focus. Et pendant une heure, tu dois être là. Parce que les gens, ils ont booké leur soirée, ils ont booké des babysitters, ils ont pris leur place depuis des semaines, voire des mois, parce qu'à ce moment-là, c'était rempli à l'avance. Et en fait, tu te dis, bah non, tu peux pas, toi, Philippine, pas être bien. En fait, c'est ton taf et tu dois monter sur scène et tu dois... Les gens, ils ont pas à savoir ce qui se passe dans ta vie actuelle. Tu peux, en effet, en faire des sketchs, mais il faut pas que tu montes que toi, Philippine, sur scène, t'es sur le fil, tu vois. C'est très important et c'est pour ça que tout à l'heure, je disais le truc de... C'est pas ma psychothérapie sur scène, tu vois. Ce qui est important, c'est que tu parles de ton histoire, mais il faut que... toujours ça soit maîtrisé. Tu la transportes. Voilà. Et que tu apportes de l'humour et que t'en fasses un sketch et que ce soit justifié. Pourquoi tu le racontes ? Pour faire rire ? Pour toucher à quel endroit les gens ? Et moi, c'est ça. C'est ce que je traite beaucoup de sujets qui m'arrivent ou qui arrivent à mes proches. Et en vrai, avec cette histoire, c'est encore... Je vois le positif aujourd'hui parce qu'en vrai, deux ans plus tard, je suis très heureuse dans ma vie. Je suis très épanouie. Et encore une fois, j'aime beaucoup la Philippines que je suis devenue grâce à tout ça. fait reprendre possession de ce spectacle en y ajoutant des sketchs où je traite d'un sujet que je ne connaissais pas avant et le merveilleux monde de la coquification. C'est vrai, c'est quand même un truc sacrément vecteur de vannes. C'est un vivier à vannes énorme. Parce que si, moi je suis persuadée que c'est dans les moments de plus grande détresse que tu as les moments de rire extrême. C'est sur le fil, tu passes du rire aux larmes. Oui,
- Speaker #1
et puis ça réunit les gens parce que pour le coup, je pense que ça fait du bien à tout le monde. C'est quand même une situation, je pense que...
- Speaker #0
Malheureusement banale.
- Speaker #1
Exactement. Malheureusement banale que je pense que tout le monde a déjà expérimenté. Alors pas forcément aussi difficile que toi, parce que c'est vrai que toi, c'était, je trouve, particulièrement difficile. En tout cas, l'histoire que tu racontes sur scène. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Mais je pense que... Dans tous les cas, il n'y a pas de bonne façon. C'est la vie en fait, c'est la vie. Et c'est ça que j'aime beaucoup et c'est pour ça que je suis très très fière de cette nouvelle version du spectacle. C'est qu'en fait, elle traite... Je ne sais même plus de quoi traiter fille à papa. C'est ça qui est fou, c'est que je me dis mais quel était ce spectacle avant ? Parce qu'en fait aujourd'hui, c'est un spectacle qui est tellement plus dense, qui me ressemble tellement plus parce que tu vois même quand tu disais, on passe par toutes les émotions et moi c'est ça que j'aime. C'est que bien sûr les gens ils viennent pour sourire Et j'adore ça Mais moi ce que j'aime aussi c'est quand on peut aller dans plein D'émotions différentes Et quand on peut apporter un peu plus d'émotions à des moments Et qu'en effet on va passer du rire au larme Et en fait parce que c'est ça aussi la vie C'est que tu tombes, tu te relèves, tu tombes, tu te relèves Tu te prends une claque, oh là là tu comprends plus rien T'es dans un tourbillon, tu te relèves Et c'est ça qui est trop beau avec la vie C'est que tu passes par toutes les émotions Et en fait la vie elle est plus inventive que toi Il y a un truc de putain quand t'es dans le fond du fond du fond Et bah là moi par exemple je pense à ce moment de mon divorce en effet Et après deux ans plus tard tu te dis mais je suis tellement heureuse et ce qui est rigolo et la chance que j'ai avec le métier que je fais c'est d'encore une fois pouvoir utiliser le rire comme mécanisme de défense et je jouais un spectacle sur scène chaque soir où quand même quand je parlais de mon père je parle de tu vas voir le temps il va s'arrêter, tu vas t'en sortir, il y a un avenir qui est positif chaque soir je disais ces mots là auxquels je ne croyais plus à l'instant T puisque dans ma vie tout partait en vrille et je me disais Filou écoute ce que tu racontes, écoute ce que tu racontes et crois aux mots que tu dis parce qu'en fait c'est ça, tu fais un putain de spectacle sur la résilience, vas-y genre Merci. Va à fond là-dedans et transforme encore une fois cet événement de vie douloureux en un super pouvoir.
- Speaker #1
En un super pouvoir et en un très joli message aussi que tu envoies aux jeunes filles. Le bonheur et l'accomplissement est totalement décorrélé de ta situation amoureuse. Et en fait, nous les filles, on nous a beaucoup trop tôt mis en tête que le bonheur, c'était le couple. Trouver un prince charmant qui te sauve, etc. Et je trouve que c'est très inspirant. En fait, de venir applaudir quelqu'un qui transforme non seulement une rupture, je parle du spectacle, tu vois, qui montre qu'en fait, son bonheur ne dépend pas du fait de rencontrer quelqu'un d'autre.
- Speaker #0
Ok, je suis très touchée. Tu vois, moi,
- Speaker #1
je trouve ça hyper cool de renvoyer ce message aux jeunes générations.
- Speaker #0
Je suis très touchée parce que je suis super touchée qu'on puisse voir ça aussi. Trop bien, parce qu'en fait, là où c'est vrai et ça me fait penser à ça, c'est que... Moi j'ai réalisé que là, quand je dis que je suis vraiment très très heureuse aujourd'hui, et c'est fou, c'est parce que j'ai vécu, c'est pour ça que je dis que je revivrai tout pareil, c'est parce que j'ai vécu exactement toutes ces choses-là, parce qu'en vrai, même mon mariage dont je parle dans le spectacle a été merveilleux. Ma relation, elle était très très belle, c'était magnifique. Et quand je fais la vanne de ma psy, il ne faut pas tout jeter, vraiment. Moi, ma relation, elle était incroyable. Bien sûr ça c'est pas bien fini mais de toute façon je pense pas Que ça se finisse forcément de très belle façon à chaque fois, c'est compliqué. Donc voilà, c'est pas noir ou blanc, c'est pas bien, mal, c'est juste ça s'est passé comme ça. Et quand ça se passe comme ça, qu'est-ce que t'en fais après coup ? Et en effet, il y a un truc de, moi aujourd'hui, Philippines, ce que j'ai appris avec tout ça, c'est qu'en fait, ton pilier, c'est toi. Tu dois pas reposer tout sur quelqu'un. Et c'est peut-être l'erreur que j'ai faite, plutôt dans ma vie. Et aujourd'hui, je me suis dit, mais Philo, en fait, ton pilier, c'est toi. et en effet, la personne sur qui tu vas pouvoir compter toute ta vie, c'est toi. Et moi, maintenant que j'ai pris confiance... conscience de ça, c'est un beau lapsus que j'ai fait parce qu'en fait j'ai confiance en moi maintenant et je me sens solide et je me sens hyper ancrée et je me sens femme. Il y a un truc vraiment de c'est trop beau parce que je me sens super femme et je pense que c'est ça en effet qui se voit dans le spectacle c'est qu'il y a plein de personnes nanas qui viennent me voir et qui me disent putain c'est fou parce que d'aller voir une nana en spectacle qui est sur scène et qui parle de son mariage incroyable, ça fait du bien déjà parce que c'est super bienveillant aussi comment tu parles de ton mariage de toute cette demande et tout mais qui parle aussi du fait qu'elle était trompée, qui parle de médicaments, parce que ça, pareil, c'est quand même un sujet tabou. Et en fait, il y a plein de nanas de santé mentale et qui te disent, putain, quand tu viens voir un spectacle, la nana sur scène, elle est en train de te dire qu'elle a été un peu dépressive à un moment, qu'elle a dû prendre des médicaments, et qu'en fait, elle est sur scène et qu'elle te dit, ok, vas-y, on se relève. Et je ne prétends pas du tout être super et génial, tout ça. Mais en tout cas, j'ai l'impression que ça fait d'air et que ça touche et que je suis très honnête. Et qu'en fait, c'est comme je suis et j'ai l'impression que ça a l'air de plaire, en effet.
- Speaker #1
Ça plaît beaucoup.
- Speaker #0
Mais en même temps, pardon pour finir, mais le truc de la vanne, c'est qu'aujourd'hui, j'ai écrit un sketch sur Philippines pendant qu'elle était sous antidépresseur, quand je raconte ma mère qui était au téléphone et qui parle de moi. C'est vraiment arrivé parce que moi j'avais vraiment la tête au méd... Quand tu commences des médicaments, moi j'ai quasiment jamais... Enfin j'ai jamais pris de drogue de ma vie. Si tu veux mon corps il s'est pris des médocs, il a rien compris. J'étais vraiment un peu sur Zion. Et il y avait vraiment des situations où je me disais... Ouais, si j'étais un peu défoncée, je me disais... J'écrivais sur mon application notes. Oh, là ça va être quand même super rigolo plus tard. On aura du recul sur cette situation parce que c'est quand même très rigolo ce qui est en train d'arriver. donc j'avais quand même ce recul là aussi
- Speaker #1
Oui, tu avais toujours cette petite Philippines qui ne s'est jamais éteinte et qui était prête à revenir.
- Speaker #0
Oui, j'ai essayé en tout cas.
- Speaker #1
Cette Philippines solaire. Je te remercie beaucoup d'être venue raconter ton histoire. Incroyablement inspirante.
- Speaker #0
Merci beaucoup, c'est gentil.
- Speaker #1
Et encore une fois, je vous conseille vraiment d'aller voir le spectacle de Philippines. Alors, quelles sont les dates du coup pour 2026 ?
- Speaker #0
Alors, je le joue tous les mardis soirs à 19h à la Comédie de Paris. Et ensuite, en tournée un peu partout en France, Belgique. Suisse ! Ouais, ouais, ouais, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup de dates. Je ne saurais même pas toutes les citer mais je suis trop contente et il faut aller voir en effet sur mon site philippines-de-l'air.com.
- Speaker #1
Je te remercie beaucoup et je te dis à bientôt !
- Speaker #0
Merci beaucoup !
- Speaker #1
Voilà, le moment est venu de se quitter. J'espère que vous avez apprécié cet épisode. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir un nouvel invité, un nouveau parcours et se faire embarquer dans un nouveau virage. En attendant, prenez soin de vous et bonne semaine !