- Speaker #0
Bonjour, je m'appelle Pauline Maria, bienvenue dans Virage. Le podcast est sur la vie et ses tournants qui nous font rire, parfois pleurer, mais qui toujours nous inspirent. Je suis ravie de vous accueillir dans cette quatrième saison de Virage, qui promet d'être riche d'invités incroyables. Si vous voulez ne rien rater et soutenir ce podcast, je vous invite à vous abonner sur votre plateforme d'écoute. Et pour venir avec moi en coulisses, vous pouvez me suivre sur Instagram, pauline-du-bas-virage, et sur TikTok, virage.podcast. Je vous laisse avec l'invité du jour et je vous souhaite une très bonne écoute.
- Speaker #1
Bonjour Héloïse. Bonjour Pauline.
- Speaker #0
Comment ça va ?
- Speaker #1
Ça va super, je suis vraiment ravie d'être ici et de pouvoir raconter un petit peu de mon histoire à toi du coup et aussi à tes auditeurs.
- Speaker #0
Merci, je suis très contente parce que ton histoire n'a rien de banal. Pour le coup, tu as fait un virage vraiment à 360, c'est le moins qu'on puisse dire, puisque tu étais militaire dans l'armée de l'air et qu'aujourd'hui tu es magnétiseuse. énergéticienne et cartomancienne. Donc, on peut le dire, ça n'a pas grand-chose à voir.
- Speaker #1
Non, ça n'a rien à voir.
- Speaker #0
Vraiment rien à voir. Et donc, tu vas me raconter cette histoire un peu spectaculaire. D'abord, j'ai envie de savoir, d'autant plus que je suis hyper contente de recevoir une femme ancienne militaire, parce qu'on entend beaucoup moins ces récits. C'est plutôt des hommes qui prennent la parole en tant que militaires ou anciens militaires. Donc, je suis hyper contente que tu viennes nous raconter ton histoire. Et est-ce que tu peux m'expliquer ? Pourquoi tu as eu envie d'aller dans l'armée et notamment l'armée de l'air s'il te plaît ?
- Speaker #1
Alors en fait moi c'était pas vraiment une envie initialement. Donc en fait ce qui s'est passé c'est que moi j'étais à l'université, je faisais des études de théâtre, donc encore rien à voir, encore un autre virage en fait.
- Speaker #0
Ouais, ta vie n'est que virage.
- Speaker #1
Oui c'est ça. Et en fait après ce qui s'est passé c'est qu'après mes deux années, je me suis rendu compte que je voulais pas forcément faire une troisième année. Je savais pas trop quoi faire mais ce qui vraiment comptait pour moi c'était d'avoir mon indépendance financière. Et du coup durant cet été-là, à la fin de ma deuxième année... Je suis allée en vacances chez mon père et en fait, il m'a un petit peu soufflé l'idée. Et finalement, ce n'était pas forcément une véritable envie. On peut dire qu'on m'a un petit peu quand même forcé la main, même si bien évidemment, j'ai quand même ma part de responsabilité dans cette histoire, bien évidemment. Mais voilà, ce n'était pas forcément une envie. De moi-même, je n'y serais pas allée.
- Speaker #0
Ok, quels étaient ses arguments à ton père pour t'inciter à prendre ce chemin-là ? Parce que pour le coup, c'est rare quand même, sauf erreur, mais c'est plutôt une voix qui peut faire peur aux parents, tu vois. Donc, quelles étaient ses motivations ?
- Speaker #1
En fait, lui, il a toujours été intéressé par l'armée. Il travaillait d'ailleurs pour l'armée, donc pas en tant que militaire, mais il baignait quand même dans cet univers-là. Et pour lui, c'était une manière assez, entre guillemets, je n'ai pas envie de dire simple, mais une manière que j'obtienne mon indépendance financière tout en faisant un travail qui me permettrait d'avoir ma sécurité. En plus, lorsqu'on est à l'armée, on est aussi payé durant notre formation. Donc il y a vraiment tout ce côté sécurité, finalement, financière, aussi le statut social. Parce que quand on dit qu'on est militaire, qu'on travaille... Dans l'institution, etc., c'est souvent bien vu. Donc il y avait aussi ce côté un petit peu, je pense, statut social qui était important. Même si en soi, je n'étais pas du tout faite pour ça et que je le lui disais et qu'il le savait, puisque ça n'a jamais été un domaine dans lequel je voulais travailler. Et en plus de ça, j'ai toujours dit que je ne voulais pas travailler dans l'administration et que je ne voulais pas être militaire. Et finalement, j'ai terminé RH dans l'armée. Donc voilà, ces arguments, c'était plutôt, je pense, la sécurité, la stabilité, le fait que je puisse prendre mon envol tranquillement.
- Speaker #0
Mais c'est marrant parce que tu as employé plusieurs fois le mot sécurité. Et pour le coup, c'est paradoxal avec le fait d'être militaire parce que finalement, il y a la sécurité, bien sûr, financière, mais il y a aussi la sécurité physique. Et ce n'est pas forcément la chose à laquelle on pense. En tant que maman, c'est un peu ce qui me ferait peur si mes enfants devaient s'engager dans l'armée. Et ça, par contre, ce n'était pas présent, ni pour toi, ni pour ta famille, par exemple.
- Speaker #1
Non. Non, parce que de toute manière, ils savaient que si je postulais éventuellement, je n'allais jamais postuler pour un travail qui allait m'amener sur le terrain. Bien que, bien évidemment, il y ait des RH qui aillent sur le terrain, on est d'accord avec ça. Mais le fait est que, voilà, je n'allais pas postuler pour ça. Et encore une fois, j'étais dans l'armée de l'air et donc pas l'armée de terre. Et donc ça, c'est vraiment différent aussi en termes des potentiels dangers auxquels, oui, moi, j'allais être confrontée.
- Speaker #0
Ok, donc il n'y avait pas cette angoisse, cette angoisse-là.
- Speaker #1
Non, parce qu'en fait, ils m'imaginaient vraiment atterrir dans un bureau et juste travailler tranquillement. Et effectivement, c'est ce que j'ai fait.
- Speaker #0
Ok. Et est-ce qu'en tant que femme, quand on rentre dans l'armée, on est bien accueillie ?
- Speaker #1
Honnêtement, je ne me suis pas sentie mal accueillie, du moins durant la formation. On était vraiment tous traités de la même manière. C'est vraiment ça qu'il faut prendre en compte. Après, bien évidemment, à part dans les examens de sport, là, c'est différent puisqu'on n'a pas la même force physique. Donc, ça, c'est pareil, logique.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Mais sinon, voilà, on était vraiment... traitées de la même manière, que ce soit dans les cours d'armement ou les cours de... Ouais, tout le reste en fait, tous les cours théoriques et même pratiques. J'ai pas ressenti de... de moqueries ou de discriminations, même de la part de mes autres collègues qui étaient aussi en formation avec moi, pas du tout. En plus, on était pour le coup une... comment on appelle ça ?
- Speaker #0
Une promotion ?
- Speaker #1
Oui, on était vraiment une promotion majoritairement féminine. Ah d'accord, c'est intéressant. Une première d'habitude, il n'y a quasiment pas de femmes et nous on était vraiment une grande majorité. Du coup, il y avait aussi ce côté-là, on était vraiment un petit peu plus dans la sororité entre guillemets.
- Speaker #0
Ouais, ok. Et ton expérience, tu dirais qu'elle est positive de l'armée ?
- Speaker #1
Je dirais qu'elle aurait pu être positive si j'avais été faite pour ça, mais le fait est que j'ai eu un tel mal-être intérieur que du coup ça s'est retranscrit aussi. Mais sinon en soi, est-ce que j'ai eu de mauvaises expériences avec mes collègues ou pas vraiment, à part deux, trois personnes une fois que j'étais en poste. Et puis il y a aussi le fait que j'ai tendance à beaucoup oublier. C'est-à-dire que je pense que quand on a vécu un événement un petit peu négatif, on a tendance après à se focaliser que sur le positif. Et donc je sais que par exemple cet été, je suis retombée sur un carnet que je tenais quand j'étais en formation. et où je marquais presque tous les jours tout ce qu'on nous faisait faire, parce que je me disais, dans 15, 20, 30 ans, j'oublierai tous les petits détails. Donc je marquais vraiment tout, la manière dont on nous demandait de faire notre lit, je faisais des schémas, tous les exercices qu'on nous faisait faire, les examens, mes notes. Et en fait, lorsque je suis retombée dessus cet été, je me suis rendue compte à quel point j'étais mal dès cette période-là, parce que je marquais, j'étais très mal, mon corps me fait... Parce que forcément, je n'étais pas du tout sportive à cette époque-là. Du coup, quand on nous fait faire énormément de sport, je sais que je m'étais blessée. Donc forcément, j'avais des douleurs physiques. de l'Atsa. Je disais que je pleurais souvent parce que je n'étais pas à ma place, que je ne savais pas ce que je faisais là. Et qu'en fait, je m'étais vraiment engagée dans un truc qui n'était pas fait pour moi. Et donc, dès le début, en fait, dès les quatre premiers mois dans cet univers, ma lettre, elle commençait déjà à s'installer. Même si en soi, il ne s'est rien passé de négatif à proprement parler. Enfin, je veux dire, je n'ai pas eu d'humiliation ou quoi que ce soit.
- Speaker #0
C'était vraiment toi qui n'étais pas à ta place. C'était pas lié à l'institution en elle-même pour laquelle tu n'as pas spécialement... Non. Ok. et Comment c'était pris ? Parce que est-ce que toi, tu ressentais du coup ce côté un petit peu de statut social ? Est-ce que c'est quelque chose, quand tu parlais autour de toi et que tu disais que tu étais militaire, est-ce que tu sentais qu'effectivement, c'était quelque chose qui te positionnait dans une pièce ? Et comment tu te situais par rapport à ça ? Est-ce que ça, ça te faisait plaisir ou même pas parce que c'était tellement pas toi que tu n'en retirais pas de plaisir ?
- Speaker #1
Donc effectivement, il y avait vraiment un statut social derrière, je pense, une sorte d'admiration, même de la part de mes proches, de « oh là là, tu fais ça, c'est quand même fou, jamais je t'aurais imaginé faire ça, mais on est fiers de toi, t'es courageuse » , pour des choses qui n'avaient rien d'exceptionnel pourtant, mais c'était tellement aux antipodes de qui j'étais que je pense que pour eux c'était « waouh, elle travaille quand même pour l'institution, c'est pas rien » . Donc déjà, oui, effectivement, il y avait ce côté-là. Je pense qu'au fond, je m'accrochais un peu à ça. En fait, j'avais un peu que ça pour m'accrocher. C'était un petit peu la fierté que ça pouvait... Créer chez les autres, même si je faisais que répéter, notamment à mes proches, que je n'aimais pas ça et que de toute façon j'allais partir à la fin et qu'il ne fallait pas compter sur moi pour que je reste très très longtemps. Mais au fur et à mesure, effectivement, la fierté que je pouvais ressentir dans le regard d'autrui a diminué au fil des années parce qu'après je n'avais plus du tout de fierté à faire ce métier.
- Speaker #0
Mais quelle est la relation que tu entretiens avec tes parents pour que, par exemple, ton père ait réussi à avoir cette place-là ? pouvoir justement te faire emprunter une voie qui n'était pas celle que tu désirais emprunter ?
- Speaker #1
À cette époque-là, j'étais vraiment très très proche de mon père, à tel point qu'on se parlait presque tous les jours par message, par SMS. Je dirais que son avis comptait énormément et que je pense qu'il nous faisait ressentir de manière assez inconsciente et pas forcément que inconsciente d'ailleurs, que on devait un petit peu suivre le cheminement qu'il avait imaginé pour nous, pour qu'on puisse obtenir finalement... sa fierté, sa reconnaissance et son intérêt en fait. Et donc je pense qu'au fond de moi, j'avais peut-être, je crois que j'avais 20 ans à cette époque-là, je me disais bon ben voilà, au moins je vais le rendre fier et peut-être qu'il aura plus d'intérêt pour moi que lorsque je faisais mes études de théâtre par exemple où jamais il allait dire qu'il était fier de moi etc. Même s'il venait à mes spectacles quand même, il n'y avait pas de soucis mais je ressentais que c'était pas... Voilà j'étais un petit peu la salta-banque de la famille tu vois.
- Speaker #0
Tu ressentais que son amour était conditionnel. Oui. Ouais.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et c'est quelque chose que tu as pu résoudre depuis ?
- Speaker #1
Non. Non, c'est quelque chose qui est toujours actuel malheureusement. Mais je me suis fait... C'est pas que je me suis fait une raison, mais je pense que j'ai pris plus de recul sur la situation pour me rendre compte qu'à un moment donné, je ne vais pas forcément que vivre pour son propre bonheur, entre guillemets, pour rentrer dans ses cases qui le rassurent. Finalement, c'est ça, parce que je pense qu'il y a une part peut-être d'insécurité, peut-être de peur, de ne pas vouloir s'ouvrir à d'autres champs des possibles, à d'autres carrières, etc. Et donc, oui, voilà.
- Speaker #0
Et est-ce que tu dirais qu'il y a eu un événement déclencheur dans l'armée qui t'a donné vraiment envie de changer de voie ?
- Speaker #1
Alors comme je disais, j'ai toujours eu envie de partir. Dès que je suis arrivée, je me disais mais qu'est-ce que je fais là ? Même en formation, j'appelais mon père en pleurs. C'est qu'on était vraiment à un niveau de mal-être qui était assez intense.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que te disait ton père quand tu l'as appelé en pleurs ? Qu'est-ce qu'il te disait ?
- Speaker #1
Eh bien il me disait que ça allait bientôt se terminer, que de toute manière, la formation c'était que quatre mois. Après je serai en poste, ce sera plus calme, je serai à mon bureau. Du coup, il y aurait pu... plus tous ces exercices très physiques ou ces choses qui n'allaient pas du tout me plaire en lien par exemple avec l'armement parce qu'on apprenait vraiment à monter démonter les fusils et qu'importe voilà des choses qui vraiment moi j'étais là non pas du tout c'est pas du tout mon univers donc vraiment il me disait t'inquiète pas ça va passer et après sera plus tranquille tu auras ton petit appart tu seras tranquille et le fait est que non c'est pas passé en fait et donc qu'est ce qui m'a donné envie de partir qu'est ce qui a été l'élément déclencheur je dirais qu'il y en a eu deux entre guillemets le premier j'ai essayé de partir un mois après être arrivé en poste Je suis allée voir une RH et je lui ai dit, voilà, j'ai vu ce qu'était le métier, en fait ça me plaît pas, donc il faut trouver une solution parce que moi j'ai pas envie de rester là. Et ce qui était un petit peu difficile, c'est que quand t'es formée par l'armée, forcément t'es payée aussi durant ta formation, et donc il faut rembourser ta formation, ce qui paraît logique si après tu pars. Et moi je disais, j'ai vraiment aucun souci avec ça, je rembourse tout vraiment, même s'il y a de l'argent en plus à rembourser, j'en sais rien, je sais pas comment ça se passait. J'ai dit, moi je rembourse tout, on m'a dit, non mais en fait c'est pas possible, tu peux pas partir, ça fait qu'un mois que t'es là, il faut que tu... Il faut que tu restes, quoi. Et je n'ai pas cherché à creuser plus que ça. Mais en soi, je pense qu'on m'a un petit peu dit ce qu'on voulait bien me dire, mais qu'on ne m'a pas forcément dit la vérité. Et donc, du coup, j'ai continué comme ça pendant trois ans. Et ensuite, c'est la quatrième année où là, en fait, c'est mon corps qui a dit « Là, il faut arrêter parce que tu ne peux plus tenir, en fait. »
- Speaker #0
Tu as commencé à tomber malade.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. En fait, déjà, j'ai été malade tous les jours pendant ces quatre années. Tous les jours déjà, donc tous les matins, des maux de ventre, etc. Ce qui faisait que bon déjà j'arrivais pas dans un très bon état tous les jours. Et au-delà de ça, effectivement, c'est à partir de septembre, donc après les vacances d'été, où je me disais bon allez Héloïse, il te reste un an, t'as fait le plus dur franchement, c'est bon, ça va être tranquille, tu travailles à ton bureau, tout va bien se passer. Et en fait presque toutes les semaines, toutes les deux semaines, je dirais que j'avais un nouveau symptôme. Donc dénausée à tel point que je pouvais même pas parler quand j'arrivais au travail. Brûlure d'estomac à tel point que je ne pouvais plus manger, insomnie, cauchemar presque toutes les nuits, palpitations à tel point que je devais aller voir les médecins militaires pour qu'ils me fassent électrocardiogramme, etc. Parce qu'il y a une nuit en particulier, c'était un dimanche soir, je m'en souviens, et j'ai eu vraiment des palpitations toute la nuit. Je me suis dit, en fait, je vais faire un arrêt cardiaque. Je me suis dit, là, ça y est. Bien évidemment, ce n'est pas forcément possible. C'était vraiment quelque chose en lien avec le stress. Mais je me suis dit, je vais mourir cette nuit-là et je me serais infligée ça. Je crois que c'est ça aussi qui était difficile après. Peut-être qu'on en parlera après. Donc, il y a eu ça. Qu'est-ce qu'il y a eu d'autre ? Sensation de douleur aussi dans les avant-bras. Voilà, j'ai eu vraiment, je pense, tous les symptômes possibles et inimaginables d'anxiété et de stress.
- Speaker #0
Ouais, ton corps te parlait.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et tu m'avais parlé aussi de certaines relations un peu délicates avec certaines personnes quand tu étais en poste. Est-ce que tu dirais que ça, ça a joué ? Est-ce que tu peux nous raconter, s'il te plaît ?
- Speaker #1
Oui, alors effectivement, il y a eu deux ou trois anecdotes et moments avec des hommes plus âgés et plus gradés aussi. Parce que ce qu'il faut savoir, c'est que moi, j'étais que sergent. Pour ceux qui ne savent pas d'ailleurs, ça veut dire que j'avais vraiment beaucoup de personnes qui étaient au-dessus de moi. Je n'étais pas du tout en bas de l'échelle, mais j'étais au milieu. Et donc, j'ai eu deux ou trois personnes qui m'ont mise vraiment très mal à l'aise d'un point de vue de sexualisation. Et ça a été vraiment un moment où je me suis dit, je ne veux pas accepter ça pour moi. Ce manque de respect et le fait qu'ils dépassent les limites sans se sentir mal.
- Speaker #0
Qu'est-ce que c'était par exemple ?
- Speaker #1
Alors du coup, c'était vraiment au tout début. C'était vraiment dans ma première année, même les premiers mois où je suis arrivée à poste. Comme je te disais, on monte la garde en fait sur le camp. C'est-à-dire que même si je suis RH, à peu près une fois par mois, on doit monter la garde, faire des rondes, etc. Et du coup, on est en binôme. Et donc pendant 24 heures, en fait, on est armé. On s'occupe entre guillemets de la sécurité. Et un jour, du coup, j'étais avec un gradé. C'était un homme. C'était le soir. Il était à peu près minuit. J'allais aller me coucher. Donc on dort sur le site, dans un bâtiment bien précis. Et avant d'aller me coucher, il me dit... Alors je ne sais plus comment la discussion est arrivée parce que bon c'est assez flou, mais du moins je me souviens qu'il m'a vraiment dit « Oh là là, je vais demander à ce que tu te fasses punir, etc. » Et j'ai dit « Je ne pense pas que vous puissiez me punir parce que j'ai rien fait et j'ai monté la garde correctement, etc. » Donc il n'y a rien passé. Il m'a dit « Non, non, mais je vais trouver une excuse. » Et j'ai dit « Bah oui, mais du coup, moi aussi je peux très bien dire entre guillemets que vous avez menti, etc. » Enfin moi je sais que je n'ai rien fait de mal. Oui, c'est ça, votre parole contre la mienne. Oui, voilà. Après, je n'ai pas dit ça de manière aussi fermée.
- Speaker #0
C'est ce que tu as voulu dire.
- Speaker #1
Et en fait, il m'a dit, oui, je vais dire que tu as refusé d'avoir des relations sexuelles avec ton supérieur. Et là, il ricanait, il gloussait. Et pour lui, c'était vraiment de l'humour. Et moi, j'étais juste interdite. Et je me suis dit, mais qu'est-ce qui est en train de se passer ? Il est minuit, je suis dans un bâtiment avec un homme que je ne connais pas plus que ça, qui est plus âgé que moi et qui littéralement me dit qu'il veut me punir parce que je ne veux pas coucher avec lui, grosso modo.
- Speaker #0
Et tu as eu peur pour ton intégrité physique à ce moment-là ? pensé que ça pouvait très mal tourner
- Speaker #1
Je pense que forcément on y pense, mais après j'avais quand même la chance de pouvoir, j'avais ma propre chambre et de pouvoir m'enfermer à clé. C'était vraiment ma seule sécurité si je puis dire, donc je me suis dit ok je vais vite rentrer, m'enfermer à clé. Et je me suis dit au pire s'il y a quelque chose qui se passe, je sais que l'étage d'en dessous il y avait des civils aussi qui montaient la garde, donc je me suis dit au pire je peux très bien, j'ai de l'aide en tant que maire à proximité, mais je trouve ça terrible d'avoir à penser à ça. Et à des issues de secours, entre guillemets, alors que je suis juste là pour faire mon travail et que je fais mon travail correctement. Et que finalement, je suis juste mal à l'aise à cause d'un homme qui fait des blagues qui sont totalement irrespectueuses et déplacées.
- Speaker #0
Totalement. Et qui te sont adressées parce que tu es une femme.
- Speaker #1
Oui. Et puis aussi parce que j'étais jeune, parce que je venais d'arriver, parce que j'étais moins gradée. Et donc, voilà, ils se permettent aussi...
- Speaker #0
Oui, c'est un ascendant. Il a tout le temps l'ascendant sur toi. C'est un abus de position.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et donc, est-ce que tu en as parlé à quelqu'un ?
- Speaker #1
Tout à fait, j'en ai parlé à ma chef. C'était une civile. Je l'ai raconté dans mon bureau à tout le monde Je n'ai pas cherché à le cacher Je ne me suis jamais dit que j'étais fautive Dans cette situation Et elle m'a dit ok je vais aller lui parler Parce qu'elle le connaissait Je ne vais pas dire qu'elle était amie Mais c'était un collègue avec qui elle s'entendait bien Mais je n'ai jamais su
- Speaker #0
Si elle est allée lui parler En tout cas toi tu n'as pas eu de retour En ce sens là Et ça tu dirais que c'est des situations Auxquelles tu étais souvent confrontée
- Speaker #1
Alors souvent je n'irais pas jusque là parce que moi je restais enfermée dans mon bureau. Je n'étais pas la personne très sociable qui allait parler à tout le monde parce que je n'avais pas d'atome crochet avec les gens. Mais je sais que ça m'est encore arrivé dans d'autres situations. En fait c'est fou parce que les seules situations finalement où j'étais avec des hommes, que je sois seule ou alors avec d'autres hommes, j'étais la seule femme entre guillemets, ça m'est arrivé. Donc ce qui est terrible c'est que là j'étais toute seule, donc personne ne pouvait réagir pour prendre ma défense ou pour s'interposer ou pour faire comprendre que non ce n'est pas du tout des choses à dire. Mais le souci, c'est que même quand il y avait d'autres hommes autour, les hommes baissaient la tête et ne disaient rien. Ils n'allaient pas remettre en cause les leaders alors que c'était totalement inapproprié.
- Speaker #0
Très problématique. Et quand tu décides véritablement de partir de l'armée, est-ce que tu sais ce que tu veux faire ?
- Speaker #1
Alors déjà, quand j'ai décidé de partir, ça ne s'est pas passé tout de suite comme ça. Parce que moi, du coup, j'étais en arrêt maladie pendant neuf mois. Ça a été très, très dur de me mettre en arrêt maladie. Je ne voulais pas du tout. Pour moi, c'était vraiment essentiel d'honorer. finalement ce contrat et d'aller jusqu'au bout. Je trouvais que ce n'était pas correct, entre guillemets. Et surtout, je pensais que je n'avais pas la légitimité de mettre en arrêt maladie. Je me disais, je ne suis pas en burn-out, je ne croule pas sur le travail. J'ai un travail qui est assez tranquille, entre guillemets, sur le papier. Et finalement, pourquoi je suis aussi mal ? Donc, j'ai eu beaucoup de difficultés.
- Speaker #0
Et tu t'es fait aider au niveau de ta santé mentale ?
- Speaker #1
Oui. Avant de mettre en arrêt maladie, j'ai d'abord vu des hypnothérapeutes. J'ai vraiment essayé la médecine douce. Et puis après, j'ai aussi vu une cartomancienne, faire des guidances. Et après, j'ai effectivement, je suis allée dans un cabinet médical civil parce que les médecins militaires ne m'écoutaient pas forcément. Et ils voulaient juste me mettre sous médicaments très, très forts. Bref, ça détruisait aussi ma santé. Et j'étais totalement, ça m'endormait totalement. Et ça me créait plein de symptômes autres que des nausées énormes. Je ne pouvais plus faire mes courses. Je ne pouvais plus sortir de chez moi. Enfin, c'était vraiment terrible. Et donc voilà, en fait, on voulait juste me droguer, me dire ok, c'est bon, tu restes. Et puis parce qu'on m'a quand même dit, oui, enfin bon, si toutes les personnes qui étaient un petit peu malades étaient en arrêt maladie. Voilà, donc en mode, tu vois, tu vas travailler et puis tu te mets quoi ?
- Speaker #0
Un peu marche ou crève. Et je rebondis aussi sur autre chose qui est intéressante, dont on avait pu parler, parce que tu es en couple avec une femme. Est-ce que c'est quelque chose qui est dans l'armée, par exemple ? Je sais qu'il y a une image de l'armée qui est un petit peu homophobe, sans connaître ou quoi que ce soit. mais... De l'extérieur, c'est un petit peu l'idée qu'on pourrait en avoir. Est-ce que c'est quelque chose que tu as pu ressentir ?
- Speaker #1
Chez certaines personnes, oui, je dois dire. Alors, pour ma part, je n'ai pas du tout parlé de ma vie privée au travail. Donc, personne n'était au courant. Donc, moi, de moi-même, je n'ai pas eu de remarques ou quoi que ce soit. Mais c'était plus dans le sens où, comme je travaillais en tant que RH, j'avais accès aux dossiers de tout le monde. Et donc, forcément, quand on travaillait sur certains dossiers, parfois, il y avait des remarques un petit peu déplacées sur certaines personnes qui, on pouvait voir, qui était en couple avec une femme de même sexe, ou alors des personnes qui aussi, pour le coup, faisaient la transition pour changer de genre. Et donc, il y avait des ricanements, des « Oh là là, il faut trop qu'on vous montre ça, sergent ! » ou ce genre de choses. Et moi, j'étais là, mais en fait, j'allais pas dire que c'est pas correct, parce que je me sentais pas à l'aise de prendre la défense aussi ouvertement. Mais par contre, je disais « En fait, vous vous rendez pas compte, mais cette personne, peut-être qu'elle a été malheureuse pendant des années, et là, enfin, elle s'assume. » Je me souviens vraiment d'un dossier en particulier sur lequel on avait discuté et d'une personne en particulier pour laquelle il y avait eu des remarques et donc je me souviens de la scène. Et oui, c'était vraiment plus des discussions comme ça. Ou alors, je me souviens aussi, une fois, une collègue faisait un compliment physique à une autre collègue et directement après, elle s'est reprise en disant « Non mais t'inquiète pas, je n'aime pas les femmes. » Alors que ça n'avait pas lieu d'être. Surtout, je ne m'identifie pas à ça. Alors qu'en soi, tu lui as juste dit qu'elle avait une belle coupe ou j'en sais rien. On s'en fiche, c'est juste un compliment entre collègues.
- Speaker #0
Oui, et du coup, ça renvoyait l'image que finalement, être identifiée comme une personne homosexuelle, c'était injurieux. Oui,
- Speaker #1
voilà,
- Speaker #0
il ne fallait pas l'être.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Et ça, ça participait à ton mal-être ou pas tant ?
- Speaker #1
Oui, parce que finalement, ça me confirmait encore et encore que je n'étais pas du tout faite pour ce domaine-là, dans ce métier-là, et surtout que je n'avais pas vraiment d'atome crochu avec ces personnes-là. C'est encore quelque chose qui ressortait dans la mentalité, dans... Dans tout, en fait, dans les loisirs, j'avais pas de...
- Speaker #0
Bien sûr. Et quand tu te retrouves en arrêt, est-ce que... Toi, dans ton esprit, tu te disais « je ne vais pas revenir à l'issue de la fin de mon arrêt » ou tu étais un petit peu dans le flou ?
- Speaker #1
Moi, dans ma tête, je ne voulais pas revenir, mais j'avais très très peur qu'on m'oblige d'une manière ou d'une autre à revenir. Et donc, c'est pour ça que ça m'a aussi causé des mois et des mois de cauchemars et d'insomnies. Mais après, j'ai vraiment été soutenue par un cabinet médical, donc dans le civil. Je voyais plusieurs médecins, puisque forcément, tous les mois, je devais renouveler mon arrêt. Ces médecins-là m'avaient dit « non, mais en fait, ne vous inquiétez pas, madame, on va vous soutenir et on ne vous laissera pas. » pas revenir, c'est hors de question, donc vous pouvez compter sur nous. Et effectivement, ils m'ont vraiment soutenue, ils ont prolongé mon arrêt jusqu'à la fin et ça, ça a été un soutien énorme parce que je ne sais pas comment j'aurais pu tenir, clairement.
- Speaker #0
Et est-ce que tu dirais que quand tu t'es fait aider et que tu as pu voir des hypnotiseurs, des cartes homanciennes, est-ce que tu dirais que ça t'a allumé une petite lumière, que tu t'es dit « Oh ben pourquoi pas, c'est vrai que j'ai de l'attirance, là je me sens à ma place » , est-ce que c'est comme ça que c'est un peu né en toi ?
- Speaker #1
En réalité, c'est né même avant, parce que du coup, avant d'être en arrêt maladie, avant de me faire aider, etc., je n'avais plus forcément d'espoir pour l'avenir et je me disais, ok, il faut que je trouve un moyen de retrouver cette motivation. Et donc, c'est là en fait que j'ai commencé à m'intéresser à la cartomancie. Ça m'a permis de comprendre que je pouvais changer les choses dans ma vie, je pouvais reprendre le pouvoir et de ne pas juste être victime de cette situation et me dire, ok, je suis bloquée dans cette situation, mais on va commencer à préparer l'avenir. Et ça m'a permis vraiment de modifier ma manière de voir les choses finalement.
- Speaker #0
Oui. Et quand tu pars de l'armée, comment ton entourage le prend et notamment ton père ? Parce que lui qui t'incitait tant à rester dans l'armée, est-ce que ça a changé son regard sur toi ?
- Speaker #1
Je pense qu'il s'y attendait parce que de toute façon, je lui disais mot pour mot et je le disais à tout le monde, là je vais partir, etc. Je pense que ce qui a été compliqué, ce n'est pas tant que je parte, c'est plus après ma reconversion. Parce que c'est plus ça qui a posé entre guillemets problème et où je n'ai pas forcément été prise très au sérieux.
- Speaker #0
Parce que tu t'es tout de suite positionnée comme magnétiseuse quand t'as changé de...
- Speaker #1
Non, au début j'étais vraiment cartomancienne et c'est au cours de ma première année d'entrepreneuriat en tant que cartomancienne qu'après je me suis formée au magnétisme parce que j'avais moi-même eu des soins de magnétisme, des soins énergétiques durant mon arrêt maladie et après j'ai continué aussi durant cette première année. Je me suis dit ok c'est génial, je veux apprendre, je veux faire et après je me suis vraiment plus positionnée là-dessus depuis je dirais un an à peu près.
- Speaker #0
Et comment ça se passe alors du coup les séances ? type de profil tu peux accompagner du coup ? Et tu me disais aussi que t'accompagnais principalement les femmes.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est un désir pour toi ou c'est fait comme ça ?
- Speaker #1
Alors oui, effectivement, accompagner les femmes, c'est vraiment un choix de ma part. Je pense qu'il y a un côté très engagé derrière, finalement, qui se reflète. Et j'avais envie, en fait, de pouvoir mettre ma pierre à l'édifice dans cette émancipation de la femme. Et donc, voilà, c'est vraiment ma manière à moi de faire porter leur voix, je pense, et oui, de les aider à reprendre leur pouvoir aussi. Donc oui, il y a un côté vraiment très engagé et... Et tout à fait assumées.
- Speaker #0
Assumées, oui, exactement. Et dans quel sens reprendre un peu leur voix ? Parce que tu as l'impression, et tristement c'est le cas, mais que la société est violente envers les femmes. Et est-ce que tu dirais que toi, finalement, ce que tu proposes permet de réparer d'une certaine manière ?
- Speaker #1
Je pense que ça leur apporte effectivement de la douceur. Ça leur permet aussi de s'émanciper. Oui, c'est ça, de reprendre leur pouvoir et d'oser finalement faire des choses que peut-être elles ne se seraient pas permises. Et aussi de voir les choses d'une autre manière. Parce que je pense qu'à travers l'énergie, ça nous apporte vraiment une autre vision des choses. Et donc, c'est pour ça aussi qu'on vient travailler à différents niveaux, le transgénérationnel, etc. Donc oui, je pense que ça permet d'apporter une autre vision. Et je ne sais pas si ça répare, mais je pense que ça adoucit peut-être.
- Speaker #0
Oui. Et tu parles du transgénérationnel. Et ce qui est intéressant, c'est que tu me disais que ton arrière-grand-mère était cartomancienne.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que c'était une information que tu connaissais déjà ou est-ce que tu l'as découvert quand tu t'es intéressée justement à la profession ?
- Speaker #1
Alors effectivement, mon arrière-grand-mère était cartomancienne et magnétiseuse en plus. Donc vraiment, j'ai repris la même chose. C'est quelque chose que je savais. C'était un petit peu la légende, un petit peu mystique de la famille, quoi, dont on aimait bien parler. Voilà, on savait qu'elle tirait les cartes. On savait qu'elle arrivait à momifier même des bouts de viande et du poisson avec son magnétisme pour le rendre vraiment dur comme de la pierre et qu'elle avait exposé ça sur son buffet apparemment. Donc c'était vraiment quelque chose qui était connu. Mais du coup, c'est vrai que j'ai vraiment eu l'impression de me relier à elle, entre guillemets, et de dire, hé, regarde, je reprends un petit peu le ton flambeau. Ouais.
- Speaker #0
Et est-ce que tu dirais que la demande, parce que tu fais aussi des soins énergétiques, quelle est ta demande d'accompagnement principale ? Ce sera plutôt la cartomancie ou plutôt, justement, le magnétisme, les soins énergétiques ? De quoi les femmes que tu accompagnes ressentent le plus grand besoin ?
- Speaker #1
Ça dépend vraiment. Je dirais qu'il y a une partie quand même de cartomancie. Mais en réalité, la carte au Mans 6, ça permet vraiment de faire émerger les réponses que vous avez déjà et que les personnes ont déjà. Donc, c'est plus pour se réassurer, je pense. Et sinon, j'ai de plus en plus, je dirais, de soins énergétiques. Mais c'est aussi parce que c'est quelque chose qui me plaît quand même plus. Et c'est ce vers quoi je veux vraiment me diriger à temps plein. Et là, les thématiques les plus touchées, je dirais que c'est vraiment la confiance en soi, le transgénérationnel aussi. Et oui, c'est vraiment plus la confiance en soi et le fait aussi de se sentir, je ne vais pas dire fière en tant que femme, mais vraiment d'incarner son pouvoir, de ne pas se sentir moindre parce qu'on est une femme. Il y a vraiment ça aussi qui ressort.
- Speaker #0
Tu dirais que ça a un côté vraiment donné de la force. Oui. Et comment tu trouves tes clientes ?
- Speaker #1
Principalement sur les réseaux sociaux, donc sur Instagram. Et j'ai aussi commencé à développer ma chaîne YouTube et TikTok depuis cette année, depuis quelques semaines. Mais du coup, c'est vraiment les réseaux sociaux et le bouche à oreille qui fonctionnent aussi plutôt pas mal. Parce que je pense que c'est plutôt rassurant dans ce domaine-là de savoir que quelqu'un de notre entourage ou qu'un ami a déjà eu recours à quelqu'un qui fait des soins énergétiques. Parce que ça reste quand même une profession qui peut être mal vue parfois, où on peut se dire que c'est des charlatans ou que sais-je. Et donc je pense que c'est à ce côté assez rassurant de se dire que ce n'est pas juste une fille d'Instagram. Il y a ma sœur qui a déjà fait ce soin, etc. Et tu accompagnes les enfants ou pas du tout ? Oui, je fais aussi des soins pour les enfants, mais pour le coup, c'est vraiment 100% à distance. Oui, j'ai déjà fait des soins pour les petits bébés ou alors pour des enfants qui ont 3-4 ans.
- Speaker #0
Par exemple, pour des problématiques de sommeil ou des choses comme ça, parce que ça peut concerner pas mal de personnes qui écoutent. Je sais que j'ai pas mal de jeunes parents qui nous écoutent. Et donc ça, tu peux faire par exemple ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Ou même les dents. Lorsque les dents poussent aussi, c'est quelque chose qu'on fait. Tout ce qui est aussi problématique lié à la selle. J'avais une petite fille qui avait du mal à aller à la selle. Donc, ça aussi, c'est quelque chose qu'on vient de travailler. L'anxiété aussi au niveau scolaire, c'est quelque chose qu'on peut aller venir apaiser en maternelle, etc. C'est quelque chose que j'ai déjà fait. Donc, oui.
- Speaker #0
Et pourquoi seulement à distance ? C'est un désir de ta part ou c'est comme ça que c'est le plus efficace ?
- Speaker #1
Pourquoi ? En fait, c'est juste que moi, je n'ai pas de cabinet. Donc, je travaille chez moi. Donc, toutes mes séances, elles se font soit en visio, soit 100% à distance. Et pour les enfants, je privilégie le 100% à distance parce qu'il n'y a pas de...
- Speaker #0
Pour éviter les écrans.
- Speaker #1
Oui, voilà. Et puis, ils n'ont pas besoin d'être là. Ils n'ont pas besoin d'être conscients que je fais un soin. Tant que j'ai eu un échange avec les parents, qu'on est en échange durant tout le soin, etc. De toute façon, après, moi, je leur fais part de tout ce que j'ai ressenti. Il y a vraiment un échange, même si c'est à distance. Je ne fais pas mon soin dans mon coin. Et puis, les parents, ils ne savent pas ce qui se passe. Il y a vraiment un suivi malgré tout. Mais du coup, il n'y a pas d'écran pour les enfants.
- Speaker #0
Il n'y a pas d'intérêt d'être en visio.
- Speaker #1
Les pauvres, je vois mal. L'enfant de quelques mois qui en vit hausse n'a pas trop d'intérêt.
- Speaker #0
Oui, voilà. En tout cas, c'est intéressant que tu fasses aussi les enfants. Et dans ton entourage, est-ce que les personnes de ton entourage ont voulu que tu les accompagnes ?
- Speaker #1
Oui. Déjà, avant de commencer à me professionnaliser dans ce domaine-là, j'ai dû m'entraîner sur mon entourage. Donc, ils ont vraiment été mes cobayes pendant sept mois. Et je leur faisais des soins pour tout et pour rien. Ah, t'as mal ici ? Attends, t'inquiète, je te fais un soin, etc. Du coup, oui. Et puis, on m'envoie des messages régulièrement. « Ah, en ce moment, je ne me sens pas très bien, tu peux me faire un soin ? » etc. Ou même pour les guidances, « Ah là là, je me pose une question, est-ce que tu peux m'aider sur ça ? » Donc oui, bien sûr, je suis vraiment la petite sorcière de la famille, on va dire.
- Speaker #0
C'est trop bien. Et justement, je rebondis sur la petite sorcière de la famille, parce que tu me disais que c'était du travail et qu'il n'y a pas de don à la base, contrairement à ce qu'on peut penser, même pour les cartes, tu dirais ?
- Speaker #1
Oui, je dirais que vraiment pour toute pratique extrasensorielle, C'est vraiment du travail, c'est vraiment une capacité qu'on vient développer. Un petit peu comme lorsqu'on apprend à dessiner, au début on ne maîtrise pas trop le pinceau ou le coup de crayon. Et après vraiment on s'entraîne et c'est comme ça qu'on affine aussi nos ressentis, notre intuition. Les soins que je faisais en débutant n'ont rien à voir avec les soins que je fais aujourd'hui. Aujourd'hui j'ai beaucoup plus de précision, je ressens beaucoup plus les choses et c'est normal parce que j'ai aussi... vu plus de choses, de travailler sur diverses thématiques, sur diverses personnes. Donc forcément, on s'affine au fur et à mesure. Et oui, tout le monde peut devenir cartomancien, magnétiseur ou qu'importe. Je pense qu'il faut juste se former correctement et avec les bonnes personnes pour faire les choses.
- Speaker #0
Et tu dirais que pour recevoir le soin, quel qu'il soit, ou la pratique, il faut croire ou qu'on peut toujours être réceptif ? C'est une bonne question. Je dirais que si on n'y croit pas, je pense qu'on va mettre une barrière quand même inconsciente et énergétique. Et donc j'ai l'impression que l'énergie va rebondir, on va dire, un petit peu sur la barrière énergétique que la personne peut se faire, la barrière mentale finalement. Mais après, j'ai déjà eu des personnes qui réservaient des tirages par exemple, donc là c'est un petit peu différent, mais ça reste quand même de l'énergie malgré tout, qui n'y croyaient pas forcément et qui finalement se retrouvaient un petit peu abasourdis parce qu'ils pouvaient ressortir. donc je pense que Pour les soins, c'est peut-être un petit peu différent parce qu'on va vraiment travailler dans l'énergie de la personne. Donc je pense effectivement que si la personne est vraiment obtue par rapport à ça et qu'elle se dit « de toute façon, je n'y crois pas, ça n'a pas fonctionné » , peut-être que ce sera plus difficile parce que de toute manière, l'énergie ne va pas forcer. Donc à un moment donné, si tu ne veux pas, tu ne veux pas quoi ?
- Speaker #1
Bien sûr. Et tu te sens à ta place aujourd'hui ?
- Speaker #0
Franchement, oui. Franchement, je pense qu'on peut dire que oui, que je me sens vraiment à ma place. Dès que je sors d'un rendez-vous, je suis trop contente et je dis « Ok, c'est bon, c'est ça que je veux faire » . En fait, ça me confirme à chaque nouveau rendez-vous que je suis faite pour ça. Et puis, les retours sont positifs aussi. Et donc, en fait, c'est vraiment une aventure humaine. C'est-à-dire que ces personnes, les personnes que j'accompagne m'apportent énormément. Et en même temps, je leur apporte aussi. Donc, c'est vraiment un échange. Et c'est ça aussi que j'aime. En fait, j'aime le côté assez intime. Un peu comme toi, tu vois, avec ton podcast, tu rencontres des personnes. Il y a ce côté un peu intime dans l'échange. Eh bien, moi, il y a aussi ce côté assez intime, je trouve. parce que même si on travaille dans l'énergie il y a quand même des discussions Voilà, encore une fois, je ne fais pas juste mon soin dans mon coin ou juste ma guidance dans mon coin. Souvent, ça donne lieu à des discussions assez intimes, personnelles, des sujets qui peuvent être parfois difficiles. On vient libérer aussi des non-dits, peut-être même des tabous. Et même d'ailleurs avec la cartomancie aussi, des personnes qui viennent me parler parce que ça ne va plus dans leur couple. Et comme ça ressort dans la guidance, et bien après, du coup, elles viennent un petit peu se confier à moi. Et donc, il y a ça aussi qui me plaît énormément, je trouve. Je ne suis pas une épaule sur laquelle on peut... On peut pleurer, mais je dirais que je suis là pour accompagner à ma manière.
- Speaker #1
Et tes symptômes physiques dont tu souffrais quand tu étais dans l'armée ? Tout a disparu depuis que tu es alignée ?
- Speaker #0
Tout a disparu, mais je fais encore des cauchemars. Ça, il faut quand même le dire. De moins en moins, mais j'en ai encore fait peut-être il y a quelques jours.
- Speaker #1
Toujours liée à l'armée ?
- Speaker #0
Oui, toujours liée à l'armée. Oui, où je rêve que je suis dans mon bureau en uniforme et je me dis mais qu'est-ce que je fais là ? Il faut que je trouve un moyen de partir. Je ne veux pas revivre ça.
- Speaker #1
Ah, c'est fou. Et ça a été accepté quand tu es partie, finalement ? Ils ont fini par entendre que tu voulais partir et par te faciliter les choses ?
- Speaker #0
Eh bien, en fait, du coup, j'étais en arrêt maladie. Et donc, l'arrêt maladie, il a duré jusqu'à la fin de mon contrat. Et en fait, je ne suis jamais revenue. En fait, je suis partie. Ah oui,
- Speaker #1
tu es en CDD. Oui, oui, oui. Oui,
- Speaker #0
c'est du CDD. Enfin, pour mon cas, en tout cas, c'est du CDD.
- Speaker #1
OK. Ben, écoute, je te remercie beaucoup. J'ai été super intéressée par ton histoire. Est-ce qu'il y a des choses que tu voudrais ajouter ? Peut-être quelque chose dont on n'aurait pas parlé ?
- Speaker #0
Je dirais juste que s'il y a des personnes qui nous écoutent et qui ont l'impression que leur situation est sans issue, comme moi j'ai pu le ressentir avec l'armée, il y a toujours un moyen de trouver la lumière quelque part et d'arriver à renverser la situation. Parce que si la Héloïse d'il y a 4-5 ans s'imaginait aujourd'hui dans un podcast pour parler de son métier et du fait qu'elle accompagne des femmes, elle n'en reviendrait pas. Je pense qu'il y a toujours une petite lueur d'espoir et je pense que c'est juste ça qui...
- Speaker #1
qu'il faut retenir de ton histoire. Je te remercie beaucoup de délivrer ce message et de le porter. Et je souhaite beaucoup de succès à ton activité. Et je te dis à bientôt.
- Speaker #0
À bientôt.
- Speaker #1
Voilà, le moment est venu de se quitter. J'espère que vous avez apprécié cet épisode. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir un nouvel invité, un nouveau parcours et se faire embarquer dans un nouveau virage. En attendant, prenez soin de vous et bonne semaine.