- Speaker #0
Bonjour, je m'appelle Pauline Maria, bienvenue dans Virage. Le podcast est sur la vie et ses tournants qui nous font rire, parfois pleurer, mais qui toujours nous inspire. Je suis ravie de vous accueillir dans cette quatrième saison de Virage qui promet d'être riche d'invités incroyables. Si vous voulez ne rien rater et soutenir ce podcast, je vous invite à vous abonner sur votre plateforme d'écoute. Et pour venir avec moi en coulisses, vous pouvez me suivre sur Instagram, pauline-du-bas-virage et sur TikTok, virage.podcast. Je vous laisse avec l'invité du jour et je vous souhaite une très bonne écoute. Bonjour Christine !
- Speaker #1
Bonjour Pauline !
- Speaker #0
Comment ça va ?
- Speaker #1
Ça va, ça va très très bien, merci. Je suis très contente d'être là.
- Speaker #0
Moi aussi, je suis super contente qu'on enregistre un épisode ensemble, un épisode dans lequel on va parler de ton livre, Intensément Vivant, que tu défends en ce moment aux éditions Très Daniel, et de ton parcours, parce qu'en fait ton livre c'est le résultat d'un parcours intime qui t'a amené à t'intéresser à la... haute sensibilité et donc à essayer de dégager la voie pour d'autres personnes qui, comme toi à l'époque, pourraient penser encore une fois que c'est quelque chose qui va les affaiblir alors que c'est une richesse comme tu le mets en lumière dans ton ouvrage. Et j'aimerais commencer notre discussion par justement parler du terme haute sensibilité, puisque si les personnes qui nous écoutent ont dû en entendre parler, mais en tant qu'hypersensibilité. Et toi, tu as vraiment fait la distinction. en disant qu'en fait, les études scientifiques parlent bien de haute sensibilité et que ce n'est pas anodin, que ça a été transformé et qu'on parle aujourd'hui dans le langage courant d'hypersensibilité, parce que ça, finalement, ça donne une connotation un petit peu négative que d'imaginer que ce serait quelque chose de trop, et donc de gênant. Est-ce que tu peux nous l'expliquer, s'il te plaît ?
- Speaker #1
Tout à fait. Et c'est justement quelque chose qu'on essaie vraiment de faire développer. qu'on utilise le juste mot parce que ce terme hypersensibilité, moi je l'ai utilisé puisque c'est le premier terme que j'ai connu pour définir ma sensibilité. Et après, en me formant, en me formant auprès de Savé, Rio Thomasé, j'ai appris, j'ai compris ce que c'était d'utiliser les bons mots pour soi et comment ça résonne à l'intérieur de soi en fait. Et ce terme de hypersensibilité, il a été médiatisé. dans les années, je sais pas, de 2018-2019, parce que ça arrivait très tard en France quand même ce terme, il a été médiatisé et tout le monde a commencé à en parler. Sauf que ce terme de hyper, il y a ce terme, ce préfixe d'excès. Dès qu'on parle de hypersensibilité, il y aurait un excès de sensibilité, alors que pas du tout, pas du tout, on n'est pas en excès de sensibilité. Et c'est aussi un terme... qui le préfixe hyper est surtout utilisé dans le monde médical pour hyperthyroïdie, pour tout ce qui est allergie, on va parler d'hyperréaction. Donc ce sont des termes qui sont médicaux et lorsque une personne va dire je suis hypersensible, les gens vont avoir du mal à trouver cette définition juste de qui ils sont et ils vont croire qu'on est en excès. Et c'est pour ça que... haute sensibilité et un terme qui est juste et c'est ce que Hélène Aron en 96 a parlé de height sensitive personne une personne avec une sensibilité élevée et juste je voudrais rajouter pour les personnes qui nous écoutent faire cette distinction ça je le mets aussi dans le livre c'est de quand on dit je suis hyper sensible qu'est-ce qu'on ressent à l'intérieur moi si je me dis je suis hyper sensible je trouve que je suis trop par contre Si on dit je suis hautement sensible, mais moi j'ai un apaisement à l'intérieur, donc si les gens peuvent le faire, je trouve ça vraiment, il y a une énergie, une vibration qui résonne, mais totalement différente. Et si on dit à la personne, enfin je suis hypersensible, le regard va être différent. Et si on dit hautement sensible, le regard va être aussi différent, et il y aura sûrement plus de curiosité que quand on dit hypersensible.
- Speaker #0
Et aussi quelque chose qui est important, c'est que j'ai l'impression qu'il y a aussi énormément de gens qui pensent que la haute sensibilité, ça rentre dans la sphère de la neuroatypie. Alors que, pas du tout, c'est ce que tu expliques justement dans ton livre. C'est vraiment une caractéristique comme une autre.
- Speaker #1
C'est un tempérament. C'est pas un déficit, c'est un tempérament. Et il y a quand même 25 à 30% de la population qui est hautement sensible. Donc, c'est quand même énorme. Et dire que 2 milliards d'individus ont un trouble... C'est quand même énorme. Hélène Ahon a toujours bien spécifié, c'est un tempérament, même le neuro, la chercheure ACV2, je ne sais pas si je le prononce bien, ils ont fait des recherches sur les IRM. On a un cerveau qui est tout à fait normal, simplement qu'il a une intensité qui est là et qui va réagir plus intensément et surtout plus vite.
- Speaker #0
Alors quand on pense qu'on est hautement sensible, Comment on fait pour en être sûr et quelles sont les caractéristiques ou les faisceaux d'indices ? Parce que j'imagine qu'on n'est pas obligé de cocher toutes les cases pour être hautement sensible.
- Speaker #1
Généralement, déjà, on a les émotions intenses qui sont vraiment très présentes. Et les personnes qui ont encore un peu de mal avec leur sensibilité, généralement, c'est des débordements émotionnels parce qu'il n'y a pas encore de régulation. Donc ça, c'est vraiment un premier signe, c'est les tempêtes émotionnelles qu'on arrive. plus à contrôler, à vivre parce que ça nous déborde et ça va au-delà de ce qu'on peut réguler. Quelque chose qui est vraiment très important et qui va se différencier d'ailleurs du HPE au potentiel émotionnel, parce que beaucoup vont pas trop savoir la différence, mais vraiment cette grosse différence, c'est la sensibilité sensorielle, donc à l'environnement. Une personne hautement sensible va être sensible donc aux lumières, va être sensible au son, va être sensible au toucher. Souvent, chez les enfants, un des premiers signes, c'est les étiquettes qui grattent. Souvent, là, on commence à se dire, ça gêne vraiment. Ou alors, quand ils ont un col roulé, ça va gratter. Moi, je me souviens, petite, les cols roulés, c'était une galère pour moi. C'était une galère, surtout pour mes parents, parce qu'ils voulaient quand même que je mette un col roulé. Mais voilà, ça, c'est des premiers signes. L'environnement sensoriel, c'est pour moi ce qui va le plus définir la personne hautement sensible. Avec les émotions, avec l'empathie aussi, on a une très très forte empathie. On va comprendre l'émotion de l'autre, les non-dits. Et des fois, ce qui va dans les défis, c'est qu'on peut être une éponge émotionnelle et prendre l'émotion de l'autre. Et en fait, plus trop savoir si c'est notre émotion ou l'émotion de l'autre. Donc ça, je... et... le traitement de l'information qui est plus profonde. On va tout analyser en profondeur et pas en lenteur, en profondeur.
- Speaker #0
Ok, et donc pouvoir un petit peu après beaucoup penser à cet événement, le ressasser, que ça prenne beaucoup de place.
- Speaker #1
Tout à fait. Un mot va rester et un mot surtout qui est dit à une personne hautement sensible, c'est très important parce qu'un mot est important pour une personne hautement sensible et comme tu l'as dit, ça va tourner en boucle.
- Speaker #0
Oui. Ok. Et toi, à quel moment tu te rends compte que tu es hautement sensible ?
- Speaker #1
J'avais justement les émotions qui débordaient, mais qui débordaient vraiment beaucoup. Et à chercher, à savoir ce qui se passait en moi, parce que je me pensais extraterrestre, je me pensais anormale, je me pensais folle. Et un jour, j'ai lu le livre de Xavier Riotomasé, là, à fleurs de peau, et qui décrivait complètement qui j'étais. Et là, en fait, ça m'a ouverte, ça m'a apaisée et ça m'a permis d'aller chercher plus loin parce que moi, je suis comme ça. Après, j'aime approfondir les choses et ça a vraiment été une lumière pour moi parce que j'étais vraiment très, très mal avant de poser ce mot de haute sensibilité.
- Speaker #0
Ok, tu dirais que tu te sentais un peu isolée.
- Speaker #1
Isolée, oui, et même si je pouvais être entourée quand même du monde, mais je me sentais à part. différentes et je n'arrivais pas à comprendre pourquoi et j'essayais de faire comme les autres sauf que ça ne me convenait pas, je portais un masque et ça faisait des dissociations à l'intérieur de moi et voilà, ça partait dans tous les sens
- Speaker #0
Ok, et tu accompagnes de différentes manières les gens puisque tu es à la fois kinésithérapeute et coach est-ce que tu dirais qu'il y a quelque chose de complémentaire dans le travail justement du corps et de l'esprit ?
- Speaker #1
Mon métier de Merci. kiné, de ma sœur kiné, j'incite bien sur ma sœur kiné parce qu'on a ces deux professions, m'a vraiment appris le lien entre l'émotion et le corps. Et que c'est pas deux choses séparées. Que lorsqu'on a une émotion, elle s'exprime dans le corps. Et lorsque j'avais des patients, souvent en kiné, on parle beaucoup et donc on raconte sa vie et je voyais vraiment un lien entre là où ils avaient mal et l'émotion qu'ils avaient dans leur vie actuelle. Et après, j'ai fait des recherches, je me suis formée en naturopathie, en EFT. J'ai fait plein de formations pour encore plus approfondir cette relation avec le corps. Mais oui, il y a une énorme relation. On n'est pas séparés, on est entiers entre notre esprit, notre corps et tout ce qu'il y a à l'intérieur et avec les autres aussi.
- Speaker #0
Et par rapport à la sensibilité ? Tu dis dans ton introduction, dans le début du livre, qu'en fait, notre regard sur la sensibilité au fil de l'histoire a vraiment évolué. Est-ce qu'on peut en parler un petit peu ? Parce que c'est vrai qu'il y a une période où être sensible, c'était vraiment une qualité. Et puis ensuite, il y a eu vraiment un recul et ça a été associé comme une faiblesse. Et notamment, il y a eu une période où les enfants, on ne les invitait pas à explorer leur sensibilité et où justement, il fallait être fort. Est-ce qu'on peut faire un petit topo justement sur l'évolution de notre rapport à la sensibilité ? Parce que je trouve ça intéressant.
- Speaker #1
Il y a quelques siècles, la sensibilité était vraiment très bien vue. À la Renaissance, on parlait de la sensibilité. Les hommes pouvaient pleurer. C'était une qualité chez eux d'être sensibles. Et la vie est un cycle. Donc la sensibilité s'est perdue petit à petit pour venir peut-être avec... le côté industrialisation où il fallait performer et il fallait éviter de parler de ses émotions pour être plus fort, plus performant, et la sensibilité s'est perdue. Le pourquoi, moi je n'ai pas la réponse, c'est juste le fil de l'histoire qui montre qu'il y a des évolutions, et comme je dis, c'est cyclique, donc on a perdu ce côté de sensibilité. Je dis toujours maintenant, c'est plus au passé parce que... Tu fais des podcasts comme ça, moi aussi. On en parle de plus en plus. Je pense que les gens veulent retrouver cette sensibilité, veulent vraiment la retrouver.
- Speaker #0
Oui, et puis j'ai l'impression aussi que, par exemple, quand on se penche sur l'éducation des jeunes enfants, qu'il y a vraiment ce désir d'accueillir leurs émotions et de les accepter telles qu'elles sont, même si parfois c'est vertigineux. Je pense qu'il y a ce côté aussi de les inviter tout petits, donc les émotions et aussi leur sensibilité. Enfin, il y a moins ce côté de rentrer dans les moules, justement, j'ai l'impression, après, peut-être que...
- Speaker #1
Tout à fait, tout à fait, au système. C'est encore pas simple, surtout avec le système éducatif, c'est parce qu'ils sont encore dans le passé, en fait, ils ont du mal à sortir de ce qu'ils faisaient, mais il y a encore des écoles, maintenant, qui commencent à apporter la méditation, à apporter du yoga. Les parents, surtout, sont informés. Et ça, c'est génial. C'est que moi, mes parents, je ne peux pas leur en vouloir parce qu'ils ne savaient pas ce que c'était la haute sensibilité. Ils ont grandi comme ça, ils ont grandi à la dure. Donc, ils n'ont pas pu m'apporter ça. Là, les parents actuels ont cette chance d'avoir toutes ces informations et de pouvoir mieux agir vers l'enfant et de permettre à l'enfant, oui, de mieux exprimer ses émotions. Et ça, c'est vraiment très, très bien. Et petit à petit, dans le système éducatif, ça rentre doucement, mais sûrement.
- Speaker #0
Et quelles seraient les conséquences, selon toi, si, par exemple, on grandit en tant que personne hautement sensible et que ce ne soit pas un paramètre qui soit pris en compte, qu'on nous demande de lisser cette part de personnalité ? Quelles pourraient être les conséquences ?
- Speaker #1
Ça va être très dur. ça va être un parcours difficile si on ne nous permet pas d'exprimer nos émotions d'être qui on est en fait c'est comme si on disait à la personne hautement sensible mais non toi ce que tu es c'est pas logique c'est pas normal, tu deviens une autre personne c'est vraiment très compliqué je pense que ça sera un parcours difficile et qu'on passe à côté de sa vie et qu'on passe à côté de beaucoup de choses et qu'on joue un rôle tout le temps donc c'est très dur à l'intérieur parce que ça fait deux parties de soi voire plusieurs parce que si on peut pas On peut porter plusieurs masques en fonction des personnes.
- Speaker #0
Ok. Et est-ce que tu peux nous parler un petit peu de l'Académie des Sensibles ?
- Speaker #1
L'Académie des Sensibles, c'est un lieu... Alors, j'avais choisi ce nom justement pour permettre aux gens d'apprendre leur sensibilité. Et c'est pour ça que j'avais choisi ce terme d'Académie des Sensibles. C'est que les gens apprennent à comprendre leur sensibilité et surtout à bien vivre avec leur sensibilité et à oser vivre leur sensibilité. Et ça, c'est... C'est souvent le plus dur parce que j'ai des personnes qui comprennent leur sensibilité parce qu'elles ont été sur des livres, des recherches et tout ça. Et au final, elles la comprennent, mais elles n'osent pas encore la vivre. Et moi, je veux vraiment... Lorsque je fais des coachings, des ateliers, je fais énormément d'ateliers en groupe. D'ailleurs, c'est quasi ce que je préfère, ce qui est en groupe, parce qu'il y a une énergie qui est extraordinaire quand il y a des ateliers de groupe. Et qu'à la fin, les personnes se disent « Allez, je peux. » Et un petit pas, et les personnes osent exprimer leur sensibilité. Et l'académie, c'est ça. C'est la comprendre, l'apprivoiser, mais l'oser. Oser exprimer. la sensibilité, leur sensibilité, hommes et femmes.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, ce que tu expliques dans le livre, c'est qu'il n'y a pas plus de femmes que d'hommes hautement sensibles.
- Speaker #1
Tout à fait, c'est pareil. Et les hommes commencent petit à petit à oser exprimer leur sensibilité. C'est encore dur parce qu'on a encore l'image de l'homme viril, de l'homme qui ne doit pas pleurer, qui ne doit pas trop parler. qui ne doit pas exprimer ses sentiments, parce qu'il faut qu'il soit fort. Mais ça change. Il y a autant de femmes que d'hommes. C'est vrai qu'on permet plus à la femme d'exprimer ses émotions qu'à l'homme. Mais ça change.
- Speaker #0
Et par rapport à ton chemin, justement, est-ce que tu dirais que ça a aussi ouvert ton champ des possibles ? Parce que tu parles évidemment dans le livre du fait que ce n'est pas du tout une entrave. et que le fait d'apprivoiser cette haute sensibilité permet d'en libérer tout le potentiel. Et tu expliques comment cette haute sensibilité peut être transformée en force, notamment sur tout l'aspect créatif. Est-ce que ça, tu penses que c'est une information qui a besoin de passer et que l'image de la haute sensibilité, mais cette fois-ci, j'ai même envie de l'appeler l'hypersensibilité parce que c'est l'image qui est diffusée en fait. Tu vois, les gens parlent d'hypersensibilité. Le nombre de parents qui disent « mes enfants sont hypersensibles » , par exemple. Est-ce que tu penses que cette image a besoin, justement, qu'on donne un bon coup de pied dans la fourmilière pour pouvoir le voir comme quelque chose qui soit de la haute sensibilité et du coup, quelque chose qui soit vraiment une qualité ?
- Speaker #1
Voilà, c'est vrai que comme tu l'as dit, on voit bien la différence entre l'hypersensibilité, comme tu l'as dit, qui serait un problème à gérer, un problème à corriger chez l'enfant, par exemple. Et la haute sensibilité où on voit tout son potentiel. Donc, ce n'est pas un problème à régler. C'est à définir peut-être les défis de l'enfant, par exemple, et de voir comment on peut mieux les assumer et faire potentialiser toutes ces forces. Parce que, oui, moi, quand je me suis définie en hautement sensible, mon parcours a changé, ma lumière a changé, mon énergie a changé. J'ai osé faire tout ce qui me plaît. J'ai permis de créer. Et comme tu as dit, la créativité, ça peut être plein de choses. Ça peut être créer des formations. Ça peut être créer sur une peinture. Aménager un intérieur.
- Speaker #0
C'est être créatif, créatif.
- Speaker #1
Voilà, tout à fait. Et si les parents ont un enfant qui est hautement sensible, l'enfant a un potentiel énorme. Il a une intuition déjà qui est énorme. Donc l'enfant, généralement, si on ne lui met pas ses peurs et des doutes, et souvent les peurs et les doutes des parents, il sait vers quoi il doit aller. Et il a une créativité incroyable et il a, pour tout ce qui est apprentissage, alors il peut apprendre peut-être avec un peu plus de lenteur, je vais quand même mettre ce mot-là, que certains enfants, parce qu'il a besoin d'approfondir le sujet, d'aller au bout du bout. Et comme il va au bout du bout, il en sait encore un peu plus que l'autre qui va survoler.
- Speaker #0
Et j'avais envie aussi de t'interroger sur quelque chose, parce que justement, on a cette fausse croyance qui est que la haute sensibilité viendrait d'un trauma, par exemple, vécu dans l'enfance, qui aurait rendu un enfant, puis adulte, du coup, trop sensible pour les gens qui nous écoutent, je mets des guillemets, et que c'est quelque chose qui ne fait pas... partie de la personnalité, mais quelque chose qui aurait été transmis.
- Speaker #1
Alors, c'est un tempérament, donc c'est à l'intérieur. Alors, il y a beaucoup d'études actuelles, justement, sur ce côté. Est-ce que c'est génétique ? Il y a certaines études que j'ai lues dernièrement qui parlent de gènes. C'est encore un sujet qui est en exploration, puisque justement, on étudie de plus en plus la haute sensibilité, puisqu'on en parle de plus en plus. Donc... plus de la majorité dès la naissance. On sait qu'il y a des enfants qui sont plus sensibles que d'autres. Dans le livre d'Hélène Aron d'ailleurs c'est bien défini, elle a fait des études entre une soeur et un frère, donc le frère est hautement sensible et elle fait tous les comparatifs et on voit bien que l'enfant il est hautement sensible parce qu'il va réagir à son environnement et qui va être Il ne va pas agir comme sa petite sœur qui n'est pas hautement sensible. Après, il y a ce côté de trauma dans la vie où certains se rendent compte qu'ils sont hautement sensibles. Là, je pense qu'il faudrait quand même beaucoup plus d'études pour savoir si la personne n'était pas hautement sensible avant mais que ce trauma lui a permis de se révéler ou avant elle avait le masque puisque moi, hautement sensible. Donc là, je repars sur mon parcours. Si tu m'avais connue il y a 15 ans, je n'exprimais plus une émotion. J'étais une personne qui était complètement fermée. J'avais mes émotions à l'intérieur, mais je ne les montrais plus.
- Speaker #0
Pourquoi ? Parce que tu en avais peur ?
- Speaker #1
Parce qu'on m'en a fait peur et parce qu'on me montrait cette différence. Et donc, je voyais que si j'exprimais trop mes émotions, eh bien, j'étais pointée du doigt. Donc, j'ai appris au fil du temps et des petites. J'ai appris, puisque mes parents me disaient « ne pleure pas comme ci, ne fais pas ça, tu exagères » . Donc, j'ai appris à me réfréner, j'ai appris à être une autre personne. Et donc, un trauma, ça peut tout faire déborder et se dire « en fait, non, avant, ce n'était pas moi. Je n'étais qu'une façade et là, maintenant, j'ose. » Et les gens mettent après un mot. Donc, là, il y a encore beaucoup d'espoir. d'études là-dessus sur le côté génétique inné et le côté trauma. Il n'y a pas de réponse fixe. Il y a des pourcentages que je n'ai pas là exactement en tête. Donc, je ne voudrais pas dire des bêtises. C'est encore vraiment en exploration.
- Speaker #0
Et est-ce que toi, par exemple, tu as des frères et sœurs ?
- Speaker #1
J'ai un frère, oui.
- Speaker #0
Tu as un frère et est-ce que tu penses qu'il est hautement sensible ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Non, et du coup, est-ce que tu voyais des différences dans votre manière de grandir, d'évoluer côte à côte avec et sans cette haute sensibilité ?
- Speaker #1
Moi, je prenais tout, tout pour moi. Je prenais tout ce qui se passait autour pour moi avec ma sensibilité. Comme je n'avais pas ce droit d'exprimer mes émotions, souvent ça faisait des conflits ou des jalousies avec mon frère. Un mot qui m'était dit par lui, par exemple, ça faisait des conflits parce que je ne pouvais pas exprimer mon émotion. Ou sinon, lui, il allait me titiller justement sur mes émotions. C'était des chamailleries de frères et sœurs. Et souvent, il jouait de ma sensibilité pour me... Alors, je vais mettre ce mot, me rabaisser. Mais je suis sûre qu'intentionnellement, ce n'était pas le cas. Parce que c'était des chamailleries de frères. Mais moi, ça me rabaissait dans mes émotions. Je me faisais bien comprendre que mon émotion n'était pas normale par rapport à lui.
- Speaker #0
Et tu dirais que cette blessure d'enfant, de t'être sentie anormale, ça nourrit ton combat aujourd'hui pour faire en sorte que les enfants se sentent totalement compris ?
- Speaker #1
Tout à fait. C'est une mission. Ce n'est pas forcément un combat. C'est une mission. Et quand j'ai des plus jeunes, alors je fais surtout avec les ados et que je vois qu'ils ont un mal-être, du fait de leur sensibilité, souvent ça me ramène à mon histoire et je me dis « purée, tu as du p... » potentiels et j'essaie vraiment de les booster pour qu'ils restent pas sur cette fermeture et qu'ils aillent plutôt vers l'ouverture et qu'ils voient en fait tout ce qu'ils peuvent accomplir et que oui il y a des défis ça c'est sûr parce qu'on a une société qui est pleine de défis pour nous hautement sensibles mais que à côté de ça lorsqu'on comprend ces défis il y a beaucoup de belles choses hum
- Speaker #0
Est-ce que tu dirais, sur la définition de la haute sensibilité et les critères pour être définie comme hautement sensible, qu'il y a autant de personnes hautement sensibles, qu'on n'est pas obligé de remplir tous les critères ? Parce que, par exemple, je pense qu'on a tous dans notre entourage, ou même nous-mêmes, je pense être quelqu'un d'hautement sensible, par exemple, et je ne coche pas tous les critères. Et dans mon entourage, d'autres personnes, je pense le sont, ils cochent certains critères, pas d'autres. Est-ce que ça, tu peux le confirmer ?
- Speaker #1
Tout à fait. On a différents degrés de haute sensibilité. On est tous différents. Sinon, déjà, ce ne serait pas drôle. Il y a des personnes qui vont avoir une sensibilité émotionnelle exacerbée, mais même dans cette sensibilité émotionnelle, il va y avoir différents niveaux. Hélène Aron avait mis l'acronyme DEUZ avec DIP, la profondeur de traitement des informations. ça généralement tous les hautement sensibles l'ont. La sensibilité émotionnelle, généralement tous les hautement sensibles l'ont. Mais avec des degrés différents. J'ai une amie, après je dirai avec le reste de l'acronyme, j'ai une amie qui est hautement sensible, mais au niveau émotionnel, elle va réagir ou réguler plus facilement que moi. Mais ce n'est pas pour ça qu'elle n'est pas hautement sensible. Et donc, j'étais à deux. Donc, l'overstimulation, le haut, on est surstimulé émotionnellement et par son environnement, les émotions et l'empathie, et cette sensibilité sensorielle qui est là. Ça, c'est vraiment quelque chose qui est important. Pour moi, souvent, je définis les gens, je vais leur dire, oui, là, tu es peut-être hautement sensible si, sensoriellement, tu as une sensibilité importante.
- Speaker #0
Ok. Et toi, dans ton entourage, alors, du coup, tu as beaucoup de personnes hautement sensibles ?
- Speaker #1
J'ai un petit peu des deux, mais généralement, quand on se comprend mieux, on attire à soi les personnes qui nous ressemblent. Donc, j'ai de tout. Et oui, j'ai des personnes aussi hautement sensibles. Et ce qui est sympathique quand on est entre personnes hautement sensibles, c'est qu'on peut parler facilement de nos émotions. Et ça, c'est toujours important, justement, d'avoir des... des connaissances ou des amis qui ont une sensibilité élevée parce qu'on peut s'exprimer beaucoup plus facilement.
- Speaker #0
Et comment faire pour que le regard des gens change, notamment, alors davantage, j'ai envie de dire, sur les enfants, parce que les adultes, après, bon, on est armé pour passer outre le regard des autres, etc. Mais les enfants qui sont dans une phase de construction, etc. et que ça peut... freinés finalement dans la découverte d'eux-mêmes, comment aider à changer ce regard ? Est-ce que c'est quelque chose que vous faites justement avec l'Académie des Sensibles ?
- Speaker #1
D'en parler, tu vois, là, on en parle et c'est génial. Ça veut dire que les gens qui vont écouter, il y aura peut-être un instite, il y aura peut-être un parent qui va un petit peu mieux comprendre l'enfant. Donc je pense que c'est d'en parler, d'en parler et d'en parler, d'en parler justement avec les bons termes, surtout. Pour moi, c'est vraiment essentiel, c'est de parler des bons termes, d'en parler simplement, ne pas rendre ça trop scientifique. Pour moi, c'est ça, c'est éduquer, éduquer aussi les enseignants. Si on peut avoir des accès à l'éducation nationale pour qu'on puisse en parler plus facilement, ça serait vraiment, vraiment bien parce que les enseignants sont intéressés. Moi, j'ai plusieurs enseignants qui me demandent de venir. Mais là, ce n'est pas si simple que ça d'intervenir dans les collèges et dans les lycées.
- Speaker #0
Ok. Et si tu avais quelque chose à rajouter sur la haute sensibilité, qu'est-ce que tu aurais envie de faire passer comme message ?
- Speaker #1
De vivre sa sensibilité, d'oser exprimer sa sensibilité, qu'on soit hautement sensible ou pas, parce que ça, c'est important de dire que tout être humain est sensible. On a tous. une sensibilité, à part certaines pathologies. Les animaux ont une sensibilité, donc qu'on soit hautement sensible ou pas, exprimons notre sensibilité, nos émotions, ce qu'on ressent, et osez être soi. Moi, c'est ce que je dirais, et particulièrement la personne hautement sensible, c'est libère-toi. Libère-toi et enlève tous ces masques, ose, ose. et tu verras que ça va t'ouvrir des chemins, même si ce n'est pas forcément facile au début.
- Speaker #0
Oui, le parcours est sommé d'embûches. Eh bien, je te remercie beaucoup de m'avoir accordé du temps pour ton échange. Donc, si vous vous êtes reconnus dans cette caractéristique, vous pouvez aussi lire le livre de Christine Intensément Vivant qui est sorti aux éditions de Très Daniel dans ce livre. Tu décris ce qu'est la haute sensibilité et tu proposes des exercices pour pouvoir vivre avec cette sensibilité. Donc ça peut vous aider comme outil. Je te remercie beaucoup. Merci à toi. À bientôt. Voilà, le moment est venu de se quitter. J'espère que vous avez apprécié cet épisode. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir un nouvel invité, un nouveau parcours et se faire embarquer dans un nouveau virage. En attendant... Prenez soin de vous et bonne semaine !