Speaker #0Bienvenue sur le podcast Vibre le diabète à la recherche de l'équilibre. Je suis Nathalie, diabétique de type 1 depuis février 2010. Je suis également patient expert et RU, représentante des usagers. Après dix ans de service dévoué dans une association en lien avec le diabète, j'ai décidé de partir vers de nouvelles aventures. En créant ce podcast, je veux continuer à accompagner les patients diabétiques et à partager mon expérience. En outre, en utilisant mon expertise, je veux t'aider à comprendre que plus tu apprends sur le diabète, mieux tu arrives à le gérer efficacement et à améliorer ta qualité de vie avec cette maladie chronique. Je m'adresse à toi qui viens de déclarer un diabète, à toi qui es diabétique de type 1 ou de type 2, ou à toi qui es en pré-diabète. mais aussi à toi qui soutiens et aides, que tu sois parent ou conjoint, etc. Je m'adresse également à toute personne désireuse de savoir ce qu'est le diabète vu par une patiente diabétique. Je te laisse maintenant avec l'épisode du jour. Dans cet épisode, je souhaite partager 24 heures de la vie d'une personne insulino-dépendante, qu'elle soit diabétique de type 1, soit diabétique de type E2 sous insuline rapide et lente. Car cette personne prend tout au long du jour et de la nuit des décisions décisives pour sa vie. Commençons par qu'est-ce qu'une personne insulino-dépendante ? Une personne insulino-dépendante est une personne atteinte de diabète qui dépend de l'administration régulière d'insuline pour maintenir des niveaux de sucre normaux dans le sang et gérer la maladie. Le terme insulino-dépendant est généralement utilisé pour décrire les personnes atteintes de diabète de type 1 dont leur pancréas ne produit plus du tout d'insuline. Certaines personnes atteintes de diabète de type 2, en particulier celles dont la maladie a progressé, peuvent également devenir insulino-dépendantes à un moment donné de leur vie. Qu'est-ce que l'insuline ? L'insuline est une hormone vitale produite par le pancréas, qui joue un rôle essentiel dans la régulation de la glycémie, taux de sucre dans le sang. Son principal rôle est de permettre aux cellules de l'organisme d'absorber le glucose, sucre, circulant dans le sang pour l'utiliser comme source d'énergie ou pour le stocker sous forme de glycogène. grosse molécule de glucose qui sert de réserve d'énergie, dans le foie et les muscles. Lorsque les niveaux de glucose dans le sang augmentent après un repas, les cellules bêta des îlots de Languerrand du pancréas réagissent en produisant de l'insuline. L'insuline agit comme une clé qui permet aux cellules de l'organisme d'ouvrir leur membrane pour laisser entrer le glucose. L'insuline contribue à abaisser les niveaux de glucose dans le sang, ramenant ainsi la glycémie à des niveaux normaux après un repas. L'insuline est essentielle pour maintenir la glycémie à des niveaux appropriés. L'absence d'insuline entraîne une hyperglycémie, taux de sucre élevé dans le sang, ce qui peut avoir des conséquences graves sur la santé. J'en parle dans mon épisode 6. C'est pourquoi les personnes insulino-dépendantes doivent prendre de l'insuline par injection pour compenser le manque d'insuline, car elles n'ont plus de cellules bêta. La découverte du rôle de l'insuline en 1921 est une avancée médicale majeure qui a révolutionné le traitement du diabète et a sauvé d'innombrables vies. Elle demeure l'une des avancées médicales les plus importantes du XXe siècle. 24 heures d'une personne insulino-dépendante. Le réveil est la première vérification de la glycémie. Je me réveille, je ne suis pas encore levée, que je vérifie ma glycémie grâce à mon capteur en continu, pour m'assurer de ne pas être... soit en hypoglycémie, soit en hyperglycémie, et être dans la plage cible. Un nouveau challenge commence tous les jours. Rester dans cette fameuse plage cible toute la journée pour équilibrer son diabète. Ensuite, viennent les choix alimentaires pour mon petit déjeuner en fonction de la glycémie que j'ai à jeun au saut du lit. S'ensuit le comptage des glucides que je vais ingérer pour calculer les unités d'insuline que je vais administrer avec ma pompe à insuline. Une fois que toutes ces réflexions, ces calculs et toutes ces manipulations sont faites, je peux enfin manger. Tout au long de la journée, je suis obligée d'effectuer des contrôles réguliers de la glycémie, toujours pour savoir où je me situe par rapport à la plage cible et prendre une décision. Soit un resucrage si hypo, soit une correction d'insuline si hyper, soit rien si tout va bien. Les ajustements des doses d'insuline varient en fonction des activités, de l'alimentation et du stress. L'équilibre est au prix de cette constante surveillance du taux de sucre dans le sang, la gestion des collations et des repas. A l'heure des collations et des repas, le processus est le même que pour le petit-déjeuner. Je vérifie ma glycémie avant le repas et de nouveau je compte mes glucides pour calculer mes unités d'insuline. Avec la pompe à insuline, c'est relativement facile. grâce au paramétrage de la pompe instruit par mon prestataire de santé ou mon diabétologue. La pompe calcule le nombre d'unités d'insuline par rapport au nombre de glucides que je lui ai indiqué et je n'ai plus qu'à confirmer l'injection du nombre d'unités d'insuline. A chaque collation dans la journée, s'il y a lieu, et au repas du soir, le même procédé est appliqué. Deux heures après les repas, en post-prandial, je surveille de nouveau ma glycémie pour voir si la décision prise au repas était bonne. Sinon, je rectifie en fonction du taux. Si rectification, je contrôle de nouveau quelques minutes plus tard pour voir si tout est rentré dans l'ordre. Si je fais le compte des contrôles pour trois repas, deux contrôles minimum par repas, un avant, et 1-2 heures après. Cela fait 6 contrôles. Ensuite, s'il y a des rectifications à faire, cela peut monter toujours pour 3 repas à 3 contrôles supplémentaires. J'en suis à 9 fois. Mais d'autres facteurs entrent en jeu dans la journée qui vont faire augmenter ce chiffre. L'importance de l'activité physique et de la surveillance continue. Tout au long de la journée, je suis active. Par activité physique, je parle de tout ce que je peux faire dans une journée. Le travail, s'occuper de mon foyer et faire de l'exercice physique. Toutes ces activités font descendre ou monter la glycémie. Donc une surveillance accrue est recommandée. Quand par exemple je pars en randonnée une journée, les contrôles sont nombreux et fréquents. Je ne saurais les compter. Et les calculs sont aussi différents. C'est un vrai casse-tête, car je dois prendre en compte encore plus de facteurs pour mes calculs d'unités d'insuline. Je dois prévoir l'effort physique, qui est une donnée variable et différente à chaque fois. Et bien souvent, il y a des erreurs, et je dois rectifier tout au long de mon parcours. Je prévois avant de partir en diminuant mon protocole. Souvent, j'arrête ma pompe à insuline pendant quelques heures au départ ou pendant la marche et je me resucre sur le chemin. Tout ceci s'effectue parce que je surveille ma glycémie continuellement. Mon capteur en continu est le Dexcom G6, dont j'ai l'application sur mon portable. Et j'ai la chance d'avoir une montre connectée qui m'indique aussi ma glycémie. Grâce à cela, ma surveillance et ma réactivité sont considérablement facilitées face aux hypoglycémies et aux hyperglycémies. Comme tu peux le comprendre, j'effectue un grand nombre de contrôles que je ne compte pas pendant mon activité physique. Les moments de stress de la journée. Un facteur très important, entrons compte dans une journée. C'est les moments de stress que je peux rencontrer. soit liée à mon travail, à mes activités, à ma santé et à mes décisions sur la gestion de ma maladie. Le stress fait fluctuer la glycémie et je vais devoir encore la surveiller et faire les bons choix. Tout ceci se passe le jour. Mais qu'en est-il de la nuit ? La surveillance nocturne de la glycémie s'effectue aussi. ce qui implique un sommeil souvent très perturbé, car cette surveillance me réveille plusieurs fois par nuit. Avant de me coucher, je contrôle ma glycémie. En fonction du résultat, je dois prendre une décision pour pouvoir passer une bonne nuit. Soit un arrêt de pompe pendant un certain nombre d'heures, soit un bolus, injection d'insuline en cas d'hyperglycémie, soit un resucrage en cas d'hypoglycémie. manger juste avant de se mettre au lit, je te laisse imaginer comme c'est agréable quand tu n'as pas faim, que tu as sommeil et que le fait de manger remet en marche certaines fonctions de ton corps. Sans compter qu'au milieu de la nuit, ce phénomène peut être renouvelé. C'est pour cela que sur ma table de nuit, j'ai toujours de quoi me resucrer. Une pomme pote et des madeleines. Car oui, En pleine nuit, l'alarme de mon capteur peut me réveiller pour m'informer que mon taux est soit trop haut, soit trop bas. À ce moment-là, je suis réveillée, je contrôle et je prends de nouveau une décision sur ma conduite à tenir pour finir ma nuit. Si d'autres alarmes ne viennent pas perturber mon si précieux sommeil. Je peux avoir des nuits tranquilles, rarement, et des nuits où je suis obligée de gérer plusieurs fois ma glycémie. Quelques fois, je comprends les raisons pour lesquelles je passe une mauvaise nuit. Parce que j'ai mal géré le repas du soir, parce que je n'ai pas bien pris en compte mon activité physique de la journée. Et certaines fois, je ne comprends pas. Peut-être le stress, une inflammation qui arrive, une fatigue, je ne sais pas. Tout ceci est difficile, car le matin, je me lève fatiguée. et cela impacte ma santé mentale et physique. Et une nouvelle journée commence et avec elle un nouveau challenge. Tout ceci amène à une importante charge mentale. Qu'est-ce que la charge mentale ? La charge mentale fait référence au fardeau mental et émotionnel associé à la gestion de plusieurs tâches ou responsabilité en même temps. Pour les personnes insulino-dépendantes, la charge mentale est particulièrement élevée, car elles doivent prendre en compte de nombreux facteurs pour gérer leur santé au quotidien. La gestion du diabète insulino-dépendant est complexe et génère une charge mentale considérable. La constante gestion des chiffres, des données liées à la maladie et la surveillance permanente font que le cerveau est continuellement en train de réfléchir sur notre état de santé et cela a un impact émotionnel sur la santé mentale. Mon casse-tête quotidien, taux de glycémie, fluctuation, hypo, hyper, contrôle, nombre de glucides, unité d'insuline, surveillance, correction, plage cible, équilibre, il est très très rare dans la journée où je ne pense pas à mon diabète, où je ne regarde pas mon application, où mon taux de glycémie apparaît pour me rassurer et rectifier. À chaque repas, quand je m'injecte de l'insuline, je prends une décision sur ma santé, sur ma vie. Car si je me trompe, une conséquence immédiate arrive. Si trop d'insuline, c'est une hypoglycémie. Si pas assez d'insuline, c'est une hyperglycémie. Le but ultime... c'est de rester dans la plage cible, dans l'équilibre. Je suis continuellement à la recherche de l'équilibre. La vie sociale en est impactée. La gestion du diabète s'applique bien évidemment dans la vie sociale, lors des sorties, des repas à l'extérieur et des événements familiaux et sociaux. À ces moments-là, Nous sommes confrontés à de nombreux préjugés. Par exemple, si je suis invité à un repas, on me demande ce que je ne peux pas manger. Je réponds que je peux tout manger et souvent les personnes sont étonnées et me regardent avec de grands yeux. Dans la rue, sur la plage ou autre, quand des personnes voient mon capteur, ils me demandent souvent si c'est un dispositif pour arrêter de fumer. Je réponds très sérieusement non, c'est mon antivol. Mais ensuite, je leur explique ce que c'est, car je ne rate pas une occasion de parler du diabète. Nous sommes confrontés à toutes sortes de réflexions. Car toutes les spécificités de cette maladie sont très peu connues et les questions pleuvent souvent quand les gens voient les manipulations, les calculs, etc. que nous devons pratiquer. Au travail aussi, cela peut être compliqué, surtout si la maladie n'a pas été expliquée. On peut être confronté à de l'incompréhension. Avec l'entourage familial, cela peut sembler plus facile, mais quelquefois, cela engendre des relations difficiles car peut-être on se lâche plus et on se laisse plus aller. En somme, la gestion quotidienne du diabète insulino-dépendant est complexe et exigeante. Elle est essentielle pour maintenir la santé et l'équilibre glycémique. Chaque jour est un nouveau défi à relever en prenant des décisions vitales pour notre bien-être. Le diabète nous force à repousser nos limites à être plus fort et plus résilient, et à apprécier chaque moment de santé et de bonheur. Et toi, comment gères-tu ton diabète sur 24 heures ? Je t'invite à me répondre par e-mail. Je serai ravie de partager ton récit dans l'un de mes futurs épisodes, si tu m'y autorises. Je te remercie pour ton écoute. Si cet épisode t'a plu, que tu souhaites soutenir le podcast, je t'invite à le partager autour de toi, à t'abonner pour être averti du prochain épisode, à laisser 5 étoiles et un avis sur ta plateforme d'écoute. Tu as la possibilité aussi de me contacter, soit sur mon compte Instagram, soit par e-mail que tu trouveras dans les notes du podcast. Je te dis à très vite pour un nouvel épisode de Vivre le diabète à la recherche de l'équilibre. Prends bien soin de toi.